Le viol collectif, un crime contre l’humanité !

CAROLLE ANNE DESSUREAULT :

Après avoir lu le courriel diffusé par l’équipe d’Avaaz – organisme qui se mobilise contre le viol dans le monde entier depuis plusieurs années – sur l’histoire au Kenya de Liz (nom fictif), âgée de seize ans, violée par six hommes à son retour des funérailles de son grand-père et jetée inconsciente après usage dans une fosse profonde de six mètres, je joins ma voix à celles de l’équipe et des centaines de milliers d’autres personnes pour exprimer mon désarroi et ma profonde révolte sur la manière dont les autorités ont traité ce cas, et surtout, sur la légèreté de la sentence donnée à ces six têtes folles !

En fait, les six hommes ont été à peine réprimandés, plutôt gentiment rabroués. On leur a demandé de tondre la pelouse du commissariat avant de prendre le chemin de la liberté ! Ce n’est pas une farce ! Une belle sentence paravent. Une manière de dire « Mes petits coquins, ne recommencez pas, hein, on s’entend ? » J’imagine qu’ils ont bien ri tous ensemble.

Un viol collectif est un crime très grave contre la personne humaine voire contre l’humanité puisque les séquelles et conséquences éclaboussent les proches de la victime en atteignant ses relations avec eux et en sabotant son avenir et ses chances d’épanouissement. Un viol individuel, déjà, c’est honteux, inacceptable. Un viol collectif, il n’y a pas d’excuses, on ne peut laisser passer sans souligner fortement. Chacun doit assumer ses actes dans la vie. Que des hommes utilisent en groupe une jeune femme comme un vulgaire bouchon pour assouvir leurs racines pourries de singe mal tombé de l’arbre, c’est un crime qui demande une justice droite et sérieuse.

Les crimes et violences commis en collectivité font peur. En groupe, la conscience d’une personne a tendance à diminuer. On se dit « L’autre le fait, moi aussi. S’il ne l’avait pas fait, je ne l’aurais pas fait … je ne suis pas coupable. » On se dit, ce n’est que de la justification. Le psychiatre Scott Peck, auteur de Le chemin le moins fréquenté, confirme que la conscience individuelle s’affaiblit en groupe.

Cette conscience affaiblie, parce que déresponsabilisée, peut se manifester au cours d’une grève, d’un événement joyeux. À preuve, rappellos-nous, ici au Québec, les soirées où le club de hockey Canadien remportait la coupe Stanley, il y avait du grabuge sur la rue Sainte-Catherine. On brisait les vitres des magasins, on saccageait les voitures, on détruisait, on lançait des insanités. On manifestait sa joie d’avoir gagné la coupe Stanley !

Je reviens au viol collectif de Liz qui l’a plongée dans les ténèbres et une souffrance morale et physique qu’elle vit depuis plusieurs mois. Elle n’est pas encore sortie de l’hôpital et a beaucoup de difficulté à marcher.

Sa mère raconte le manque d’aide apporté par la police qui, au lieu de soutenir sa fille en déposant sa plainte lui a demandé de passer le balai ! Les intervenants auraient enregistré le supplice qu’elle a vécu comme une simple « agression » et auraient demandé à la mère de la « nettoyer » détruisant ainsi les preuves-clés.

Cet incident tragique fait réagir le Kenya au complet qui demande que les responsables politiques ainsi que la police répondent de leurs actes. Toutefois, les groupes de défense des droits de la femme au Kenya ne se font pas d’illusions et croient que rien ne changera tant que la population mondiale ne fera pas pression sur le gouvernement.

Jusqu’à maintenant, dans cette affaire, personne n’est poursuivi, ni les violeurs ni la police. Celle-ci se justifie en disant qu’elle n’a pas les ressources et formations pour faire respecter la loi.

Au Kenya, il n’y a pas que l’affaire « Liz ». David Sievers, membre d’Avaaz, écrit : « l’histoire de Liz est un exemple extrême d’un problème beaucoup plus large. Au Kenya, deux tiers des écolières et la moitié des écoliers ont été agressés sexuellement au moins une fois. Récemment, une décision de justice historique a montré que la police ne faisait pas correctement son travail et a exigé des autorités qu’elles fassent respecter les strictes lois kenyanes contre le viol. Le viol est illégal partout, mais il est trop fréquent de voir que les hommes chargés de protéger nos filles ne font pas respecter la loi. Avec Liz, nous pouvons changer cela. »

Pas d’excuses pour les coupables. Aucune. Quelles que soient les conditions qu’une personne ait vécues, elle n’a pas le droit de ruiner l’intégrité d’une personne.

Le groupe Avaaz fait circuler une pétition pour que justice soit fait et que cessent ces viols inhumains. Déjà, 1 million huit cent quarante mille personnes ont signé la pétition. Si vous voulez vous joindre au mouvement, veuillez cliquer sur le lien suivant :

 Carolle Anne Dessureault

 

 

 

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Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d'argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l'épanouissement de la personne par la pratique de l'attention vigilante : la pleine conscience.

Une pensée sur “Le viol collectif, un crime contre l’humanité !

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    13 novembre 2014 à 11 11 50 115011
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    La justice Quebecoise est trop molle avec les prédateurs sexsuels,les violeurs et les pédophiles s:en sortent trop facilements avec des sentences bonbon,
    C est devenue une vraie farce. Ne vous surprenez pas si le monde ne croit plus en la justice, on dirait que les bandits de on plus de droits que les honnetes citoyens.
    A quand on aura des vraies lois pour proteger les bon des méchants.

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