Les exercices physiques fractionnés, courts et intenses, meilleurs pour la santé

 

 

CAROLLE ANNE DESSUREAULT :

Dans un article paru dans Santé Nature Innovation il y a quelque temps, Jean-Marc Dupuis remettait les pendules à l’heure en ce qui concerne les bienfaits des exercices physiques.

Selon lui, plus importants encore que l’entraînement régulier du jogging, les longueurs de piscines ainsi que tout sport d’endurance, les exercices physiques fractionnés, courts et intenses, seraient plus efficaces pour la santé que les exercices d’endurance ! Pour la plupart d’entre nous, même souffrant d’une maladie cardiaque, de diabète ou de maladie pulmonaire, l’effet serait supérieur pour notre bien-être.

Le Dr Jonathan P. Little, spécialiste de la physiologie du sport à l’Université de Colombie Britannique (Canada), dans le journal New York Times [1] déclarait « Trop de gens s’imaginent que les exercices à haute intensité sont réservés aux athlètes. Résultat, l’infarctus leur pend au nez ». Les personnes qui ont des problèmes de santé, surtout des problèmes cardiaques, imaginent en général qu’il est dangereux pour eux de faire des efforts violents, et qu’il vaut mieux faire un sport calme, voire pas de sport du tout.

C’est le contraire qui apparaît aujourd’hui : Pousser votre corps au bout de ses capacités, pendant un bref instant, est sans danger, et plus efficace pour prévenir et même pour inverser le cours de ces maladies.

Précisons qu’en cas de maladie sérieuse ou à risque élevé d’accident, il sera préférable de faire ces exercices sous surveillance médicale. Sinon, c’est aujourd’hui le moyen  reconnu le plus efficace pour améliorer l’élasticité de nos artères,  de notre capacité pulmonaire, de la force de notre cœur ainsi que de la  la vigueur de nos muscles.

Comment faire ?

On peut courir, danser, nager, faire du vélo, ramer, faire des pompes, enfin, tout ce qu’on veut. Le principe à suivre est toujours le même, soit :

 faire l’exercice à fond, au maximum de nos capacités, pendant 30 à 60 seconde

s’arrêter pour reprendre notre souffle, pendant le même intervalle de temps

– recommencer HUIT FOIS cette séquence

En faisant cela trois fois par semaine, on optimisera nos fonctions cardiovasculaires, respiratoires, métaboliques et mécaniques.

Un entraînement plus rapide

En comptant les 10 minutes d’échauffement au départ, l’entraînement ne prendra que 25 minutes par séance.

Il y a là un gain important en temps par rapport aux interminables séances de piscine, de vélo d’appartement ou de jogging.

Une étude publiée dans la revue Plos One révèle que les gens trouvent cette façon de faire du sport plus amusante que les sports d’endurance [2], augmentant ainsi leurs chances de tenir leurs bonnes résolutions et de continuer par eux-mêmes.

Des bienfaits pour le diabète

Les exercices fractionnés à haute intensité améliorent la sensibilité à l’insuline, la capacité du corps à brûler de l’oxygène, et l’élasticité des artères.

Une étude danoise a montré que les exercices fractionnés à haute intensité sont plus efficaces que l’endurance pour aider les personnes diabétiques à contrôler leur taux de sucre sanguin, même à dépense de calories équivalente.

Des bienfaits pour le coeur et les artères

En dilatant les artères, ces exercices améliorent le système cardiovasculaire. Au bout de deux semaines déjà, il y a une amélioration de la consommation maximale d’oxygène et une dimimnution d’un risque de thrombose (caillot qui se coince dans les artères).

La consommation maximale d’oxygène est la quantité maximale d’oxygène que l’organisme peut prélever, transporter et consommer par unité de temps. C’est une mesure fréquemment faite chez les insuffisants cardiaques, parce qu’elle est un critère majeur de pronostic d’accident et de décès.

Une grande étude française, suisse et canadienne, a rapporté en 2012 que « les exercices fractionnés à haute intensité apparaissent plus sûrs et mieux tolérés par les patients que les exercices d’endurance » et plus efficaces pour améliorer la consommation maximale d’oxygène, la flexibilité des vaisseaux sanguins, et la capacité de pompage du cœur [3].

Des bienfaits pour les poumons

Les personnes souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive ne peuvent pas faire d’exercice physique prolongé. D’autre part, selon une étude faite à Athènes, elles peuvent pratiquer les exercices fractionnés à haute intensité avec moins d’essoufflement et de souffrance [4].

Des bienfaits en cas d’AVC

Selon une étude préliminaire réalisée à Trondheim, en Norvège, les personneso qui souffrent de séquelles provoquées par un AVC (attaque cérébrale) verront leurs fonctions cardiovasculaires et leur santé s’améliorer plus vite grâce aux exercices fractionnés à haute intensité qu’avec les sports d’endurance (5).

S’ils les pratiquent pendant six semaines, les améliorations persisteront pendant des mois ensuite, selon les chercheurs.

Des bienfaits en cas de Parkinson

Des chercheurs polonais ont montré que les exercices fractionnés à haute intensité pouvaient soulager et relaxer les tensions musculaires excessives chez les patients atteints de la maladie de Parkinson, et qui provoquent des difficultés à bouger leurs jambes et leurs bras.

En pratiquant ces exercices trois fois par semaine pendant huit semaines, ils ont amélioré leurs fonctions corporelles, aussi bien dans le haut que dans le bas du corps.

La gratuité

Évidemment, l’avantage estimable des exercices fractionnés à haute intensité est qu’ils sont grauits.

Où que nous soyons, et quel que soit le temps, nous pouvons sortir pour les pratiquer, et même les faire à l’intérieur.

De plus, nulle obligation de faire chaque fois le même exercice. Bien au contraire, il est conseillé de varier d’une séance à l’autre.

Pour ma part, j’ai commencé ce genre d’exercices – deux à la fois – à ma routine habituelle. J’avoue que les exercices fractionnés à haute intensité demandent du souffle. En fait, c’est exactement pour cela que je les fais, pour augmenter mon oxygénation et mon bien-être.

Sources de cet article :

[1] Why Your Workout Should Be High-Intensity

[2] Where Does HIT Fit? An Examination of the Affective Response to High-Intensity Intervals in Comparison to Continuous Moderate- and Continuous Vigor ous-Intensity Exercise in the Exercise Intensity-Affect Continuum

[3] High-Intensity Interval Training in Cardiac Rehabilitation

[4] Effectiveness of Interval Exercise Training in Patients with COPD

[5] Interval training-induced alleviation of rigidity and hypertonia in patients with Parkinson’s disease is accompanied by increased basal serum brain-derived neurotrophic factor

 

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Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d'argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l'épanouissement de la personne par la pratique de l'attention vigilante : la pleine conscience.

Une pensée sur “Les exercices physiques fractionnés, courts et intenses, meilleurs pour la santé

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    9 mars 2018 à 4 04 26 03263
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    Il faut juste avoir le courage et surtout le temps pour faire tous ces exercices

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