95 234 infirmières

C’est la cohorte des nouvelles de cette année, dont la plupart recevront imminemment leur permis de pratique aux Philippines.  On n’en manque pas. On s’inquiète surtout de celles qui s’ajouteront aux 200 000 qui sont déjà sans emploi.   Chez-nous, bien sûr on en manque.  Le système de santé du Québec ne s’est jamais remis de la grande saignée de 30% de effectifs que l’apprenti-sorcier Lucien Bouchard lui a fait subir en 1996 pour équilibrer le budget.  L’année  où l’on est devenu un pays en voie de sous-développement…

Evidemment, ce ne sont pas les milliers d’infirmières qui ont été poussées vers la porte en 1996 qui nous manquent  aujourd’hui ; elle seraient à leur retraite. Il nous manque celles que l’on n’a pas formées, parce qu’on a affamé le système pour qu’il accoutume de vivoter dans l’indigence, qu’il prenne l’allure chétive d’un réseau du tiers-monde et qu’on s’en trouve satisfait.

Ce qui a été fait… Ce qui faisait scandale est devenu normal. On pavoise quand les taux d’occupation descendent sous 100% dans les urgences, qu’il faut moins de 20 semaines pour voir un spécialiste et moins de 4 heures pour voir un apprenti urgentologue entre deux réanimations, dans un hopital où ne peut être prioritaire que ce qui est terminal.   Nous avons appris a vivre de peu, au risque de mourir de pas grand chose.

Quelques centaines d’infirmières philippines nous feraient beaucoup de bien… Pourquoi ne les avons-nous pas ?  On peut parler des programmes, de formation linguistique, de différences culturelles…  Je publie parfois des articles de fond de 50 ou 100 pages où j’explique le pourquoi des choses.   Mais, il est bon, de temps en temps, de dire les choses simplement : nous n’avons pas ces quelques centaines d’infirmières qui seraient une bouffée d’oxygène, parce que nous sommes gouvernés par des politiciens corrompus et sans aucun intérêt pour le bien public, assistés de fonctionnaires sans  motivation, sans imagination, vautrés dans le loisir parkinsonien comme des hippopotames dans la boue tiède d’une rivière d’Ouganda.

Aimé Laliberte, qui intervient souvent sur ce blogue  et est fort bien renseigné nous parlait, il y a quelques jours d’une nouvelle politique  pancanadienne qui permettra de faciliter le permis d’exercer aux ressources professionnelles que nous importons parce que nous n’avons pas l’intelligence de former les nôtres.   Parmi ces ressources, des infirmières, bien sûr.  Je n’irai même pas lire cette politique.

Je ne la lirai pas, parce que, pour brillamment qu’elle soit énoncée, elle ne pourra terminer qu’en connerie, car elle est tarée du péché originel : l’absence de volonté d’action et de changement.

Le projet dont notre technocratie a accouché lundi dernier a été conçu en janvier dernier. Il se voulait une réponse à un problème de reconnaissance des acquis  professionnels qui pourrit depuis des décennies.   Il devait être prêt en septembre. Il arrive avec trois mois de retard, mais quelle importance…

Aucune importance et je SAIS, parce que j’ai trainé si longtemps dans cette mouvance de fonctionnaires, de conseillers, de consultants et de politiciens, que PERSONNE, à aucun moment, n’a cru qu’il était important de respecter cette échéance, n’a programmé un calendrier qui aurait laissé penser qu’on pût la respecter… ou n’a éprouvé la moindre surprise ou regret qu’elle ne le soit pas.  TOUT LE MONDE S’EN FOUT.

Comme de tout le reste d’ailleurs.  Chaque politicien pense à la prochaine élection, aux avantages qu’il peut retirer de sa fonction et à son plan de retraite.  Chaque fonctionnaire pense à son plan de carrière, à ses prochaines vacances… et à son plan de retraite. En attendant, on tue le temps dans des réunions où il ne se règle rien, en attendant des décision prises « en haut », venant en cascades de paliers plus hauts, par des gens qui ne sont vraiment décisionnels qu’au niveau où leurs agendas sont complètement déconnectés des problémes dont on voudrait qu’ils décident.

Personne ne nous gouverne et l’on ne nous administre que le moins possible. L’alpha et l’omega de notre gouvernance est éteindre les feux, de garder les gens tranquilles et de garder ouverts les chenaux qui permettent le flux vers une petite coterie de financiers d’une richesse monétaire qui n’a plus qu’un lointain rapport avec la production  réelle.  Pas d’idéal, pas de projet de société. Personne à l’horizon qui aurait les méninges et les couilles  de faire un révolution… et donc pas d’espoir.

Que faudrait-il faire pour nous avoir, disons 500 infirmières philippines ?

1.  Choisissez le test DISPONIBLE le plus représentatif de la compétence que l’on veut d’une infirmière au Québec. (3 jours)

2.a  Agencez 10 équipes, composées chacune d’une infirmière praticienne d’expérience, d’une infirmière bachelière qui connaît bien les méandres de la profession et d’une formatrice/docimologue (2 semaines)

2.b  Envoyez sur place à Manille 3 personnes compétentes – je pourrais vous les trouver – qui respectivement : a) prépareront une campagne de presse et de pub pour inviter les infirmières à se présenter à un concours pour emploi permanent au Québec, b) aplaniront les formalités avec l’administration, et c) organiseront la logistique des entrevues  ( 2 semaines, en parallèle à 2.a)

3.a  Mettez vos 10 équipes au travail en préselection sur la base d’une lettre de présentation des candidates : 50 dossiers par jours par équipe = 2500 en 5 jours et en retenir 1 000 (1 semaine)

3.b  Les « 3 personnes compétentes »  continuent d’aplanir les difficulté pertinentes aux enquêtes de securité et forrmalités générales d’émigration ( 1 semaine, en parallèle à 3.a)

4.a Entrevues individuelles 30 minutes x 1 000 candidates  (2 semaines)

4.b On aplanit les difficultés pertinentes  aux enquêtes de securité et forrmalités d’émigration pour les 500 candidates retenues ( 2 semaines, en parallèle à 4.a)

5.a  Formalités et transport vers le Québec(1 mois) ( Avec l’aide des « 3 personnes compétentes »)_

5.b  Les 30 ressources ( infirmieres  praticiennes d’expérience, infirmières bachelières et formatrices/docimologues) se répartissent les tâches et produisent un programme permettant, en  3 mois de formation intensive – à 4 heures par jour  de cours  + 4 heures de travail pratique – le meilleur arrimages des compétences des candidates à celles requises pour leur travail au Québec ( 1 mois au Québec, en parallèle à 5.a)

6a   Les  30 ressources ( infirmieres  praticiennes d’expérience, infirmieres bachelieres et formatrices/docimologues) se répartissent les tâches et voient à la formation des candidates (3 mois)

6b Les « 3 personnes compétentes » voient au placement et à la logistique d’intégration des infirmières philippines au Québec.

Tout ça se fait en moins de 6 mois, avec une confortable marge de manœuvre.  Changer Québec par « Madrid » et Philippines par « Andalousie » et c’est ce que faisait le PPO espagnol, dans les années 60…

Cela, en supposant que c’est une entreprise privée qui le fait et qu’on lui obtient  les documents necessaires des gouvernements du Canada et du Québec.

On peut essayer de le faire dans la structure du fonctionnariat. Ajoutez seulement au départ deux ou trois ans d’arguties et d’inepties diverses avant de commencer le travail, puis multipliez tous les temps d’exécution par trois (3).

Pierre JC Allard

26 pensées sur “95 234 infirmières

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    7 décembre 2009 à 1 01 22 122212
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    À Taiwan, je n’ai jamais attendu plus longtemps que 30 minutes pour voir un docteur. Ici, on se tiers-mondialise à grands pas…

    Bon plan, Pierre. Évidemment, cela restera complètement ignoré, comme d’habitude. On dirait que l’imbécilité corrompue est un pré-requis pour être politicien.

    Bien le bonjour à vous, à Manille!

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    7 décembre 2009 à 4 04 27 122712
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    Bonjour François.

    Nous faisons fausse route vous comme moi, et tous ceux qui pensent qu’en parler entre nous peut regler quoi que ce soit. Je vois devant moi ce que sera le monde dans 20 ans. Pas des situations extremes,comme Calcutta ou Bagdad. Le monde ordinaire de Peel & St- Catherine, ou Rosemenont. Et je suis prêt à mourir pour que ce ne soit pas ça.

    Dernier essai: j’ai un prix de C$ 500 dollars pour quiconque réussira à amener à une discussion rationnelle et de bonne foi quiconque a une certaine autorité dans les domaines de la gouvernance, de la démocratie, de l’éducation, de la finance, du travail, de la santé, la production, ou de l’administration publique.

    Je suis prêt à provoquer et je puis avoir un vocabulaire assez ordurier pour surprendre… mais c’est un dernier essai avant de regarder les autres options.

    PCJA

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    7 décembre 2009 à 7 07 20 122012
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    Votre dernier paragraphe est éloquent : au privé, ça bougerait et deviendrait réalité mais au public, la volonté n’est pas au rendez-vous….

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    7 décembre 2009 à 10 10 02 120212
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    Les infirmieres et aussi les médecins spécialistes. Savez vous quel est temps d’attente pour une 1ere visite chez un physiatre, un medecin assimilable a un rhumathologue ? 3 mois pour une urgence et 1 an sinon a Montréal.
    Avec une population jeune pas de probleme mais avec une population vieillisante et la glace l’hiver, c’est un sérieux handicap à remonter.

    Le tourisme médical va se développer. J’envisageais d’écrire un article dessus avant de commenter votre coup de gueule, Pierre 😉 Une operation de hanche coute de mémoire $100.000 aux USA et 10 fois moins en Chine.

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    7 décembre 2009 à 10 10 40 124012
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    Vous citez Lucien Bouchard mais vous oubliez de parler de sa ministre de sa santé qui a fait du zèle. Oui je veux parler de l’actuel leader PQ, Pauline Marois. Tout un symbole…

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    7 décembre 2009 à 13 01 22 122212
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    Bonjour, sans prétendre avoir la connaissance ou plus de sagesse qu’un autre, je crois que nous avons plus un problème de conscience sociale. Bien qu’il y ait eu des coupures en 1996, il ne faut pas oublié que nous avions un déficit de plusieurs milliards à régler rapidement à cet époque. Avec le recule, on s’aperçoit que ce n’était pas la meilleure option. Bien malin celui qui, en ces temps, aurait pu prévoir moins pire en ayant les cordons du pouvoir entre les mains. Il ne suffît pas de dire « Je vous l’avais dit » pour ainsi prétendre que la solution était connue. Le temps m’a aussi appris que ce n’est parce que l’on sait, que l’on est capable de faire.

    Concernant le financement de la santé, il ne faut pas oublier que l’on y met la moitié de tout ce que nous avons et ce, à chaque année. Lorsque j’entends ou comprend que l’on ne met pas assez d’argent dans le service de la santé, j’ai envie de crier de toutes mes forces! Il me semble que les acteurs du système de santé, autant le personnel opérant, le personnel de soutien et/ou technique et sans oublié les professionnels, ont un devoir de bien administrer les sous qu’on leurs confits et peu de personnes osent dénoncer ce côté de la médaille. Je crois que le jour ou chaque corps de métier aura le courage d’admettre qu’il est bien rémunéré lorsque c’est le cas, il y aura bien moins de tension au niveau de nos ressources financières collectives. Je m’excuse mais quand j’entends un médecin dire qu’il est sou payé ici, j’ai juste envie qui sacre son camp aux États-Unis. Je suis certain que la majorité sinon la totalité n’a pas le « guts » d’être conséquent jusqu’à ce point. C’est bien plus facile de dire « je pourrais gagner beaucoup plus ailleurs ». Ben vas-y ailleurs! Parce que ce n’est pas une raison valable pour dire que 350 000 $ dans le luxe de notre pays, que c’est mal payé!

    Nous vivons le même phénomène au niveau de l’environnement mais là, au lieu de vouloir être payé plus, on veut pouvoir consommer toujours d’avantage dans notre confort et sans responsabilité.

    Nous avons le même défaut pratiquement à tous les niveaux. Les géants de la bourse qui veulent que des records de milliards à tous les ans. Tous les roitelets qui trouvent inconcevable que gagner 70% de sa meilleure année de salaire jusqu’à sa mort, n’a pas d’allure, etc., etc.

    Quand est-ce une grève pour nous dire « Merci de si bien nous payer! ». Ou un communiquer d’une banque pour nous dire : « Les actionnaires tiennent à vous remercier pour ces décennies de profits gargantuesques! ». Peut-être aussi, un documentaire du système de la santé nous disant que, « La moitié de tout vos avoirs nous ont permis de tous vous soigner. Merci de nous faire confiance. »

    Il faut rester positif!

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    7 décembre 2009 à 15 03 06 120612
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    @ PN:

    Je parle ailleurs du problème des spécialistes et souvent de Pauline Marois 🙂

    PJCA

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    7 décembre 2009 à 15 03 20 122012
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    @ Benoit Massy:

    Je l’ai dénoncé à l’époque avec beaucoup de véhémence, ce qui m’ a valu des froncements de sourcils. Le faire était alors plus méritoire qu’aujourd’hui, car j’étais encore actif sur le marché de la consultation et le gouvernement pouvait être un client….

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/043-le-prix-mengele/

    Je ne me suis pas contenté de dénoncer, toutefois; j’ai proposé alors une esquisse de solution qui depuis est devenu un projet que vous pouvez lire ci en 80 articles, si vous avez le temps…

    http://nouvellesociete.wordpress.com/s-80-essais-sur-la-sante/

    Si vous le lisez, vous verrez que je suis aussi critique que vous des sommes investies en Santé Et ma première cible dans le présent billet est l’incurie des politiciens et fonctionnaires.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/12/07/made-in-the-phillipines/

    PJCA

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    7 décembre 2009 à 20 08 09 120912
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    En passant une petite perle Pierre que je dois ecrire sur mon blog.

    C’est marrant de voir les assistants des pharmaciens au canada comptaient les pillules. Les médicament coute plus cher au Quebec, sans doute pour payer ce comptage là ou en France on vous donne rapidement une boite de 30 comprimés confectionné et étiquété par un industriel du médicament. C’est beau l’artisanat mais ca coute plus cher et c’est plus long. 😆

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    8 décembre 2009 à 1 01 19 121912
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    à Paulge

    Je ne suis pas si sûre que le comptage des pillules soit plus coûteux. Parce que dans l’exemple dont tu parles, si la boîte de 30 comprimés est chère vu que le fabricant a fait un effort de packaging, que le patient n’a pas besoin de plus de 8 comprimés, ‘( ce qui signifie que la sécu lui rembourse trois fois trop par rapport à ce qu’il a réellement besoin ) , je pense que le système anglo saxon serait au contraire un sacré bon moyen de faire des économies. En passant, juste pour rigoler, la france a dépensé pour la grippe A plus de 1,5 milliards d’€ en vaccins ( potentiellement plus dangereux que la maladie, de l’ordre de 1000 fois plus …. ) en masques, en Tamiflu etc…. ce qui représente la coquette somme d’environ 10% du déficit de la sécurité sociale.

    On ne cesse de dérembourser les médicaments homéopathiques qui sont très peu onéreux mais on poursuit les remboursements à tour de bras des médicaments les plus chers, ( antidépresseurs, somnifères, antibiotiques, chimiothérapie ) y compris quand ces mêmes médicaments ne sont soit pas efficaces, soit ont des effets secondaires désastreux. Pour mémoire, sans que la sécu ne soit jamais donné la peine de chercher la raison, suite au vaccin de l’hépatite B dûment remboursé
    alors qu’il coûtait environ 75€ par vacciné , pour laquelle soudain le nombre de déclaration annuelle de sclérose en plaques est brutalement passé de 25 000 par an à 80 000 par an. 65 000 personnes de plus ayant une sclérose en plaques, ça coûte très cher à la sécurité sociale, ça . Mais on continue. De la même manière je dis que il est carrément absurde de limiter le montant d’un remboursement d’une visite chez un généraliste à 22 € , puisque cela le conduit à prescrire des tonnes d’examens, analyses, radios, échographies, IRM et j’en passe pour essayer de faire une diagnostic sur des bases « scientifiques » , surtout afin de se couvrir en cas de procès, et en prime bien sur, le médecin doit revoir son patient une seconde fois après les examens pour lui donner une interprétation. POur la sécu encore une fois, ça fait 2 fois 22 € + tous les coûts de ces examens. On ferait peut être mieux de rémunérer correctement les visites pour les médecins puissent avoir le temps d’ausculter leurs malades, sans devoir demander à leur femmes de jouer les secrétaires bénévoles pour prendre les RDVS avec les patients, ou de prendre un malade toutes les 10 minutes ce qui devient au final une médecine de brousse pour riches qui coûte bien plus cher qu’une médecine humaine qui fait de la vraie prévention et pas de la vaccination type à l’africaine dans les années 70, d’une part, et qui prend en compte la personne dans son entier et non pas comme une voiture chez le garagiste sur laquelle on pourrait changer les pièces indéfiniment.
    Au final, nos assurances santé ont été une véritable manne pour les industriels pharmaceutiques depuis quelques décennies, cessons de leur laisser ce pouvoir totalement abusif, et nous nous en porterons que mieux, nos finances publiques aussi.

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    8 décembre 2009 à 6 06 33 123312
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    Ce qui semble avoir été oublié du constat de notre système de santé en piteux état c’est que, en 1994, il y a eu une réforme canadienne dont les conseillers siégeaient tous sur des CA de banques, compagnies d’assurances et pharmaceutiques.

    C’est là que fut décidé l’avenir du système c’est à dire, le moins performant possible, pour que l’idée que le privé devienne un meilleur choix. Bouchard a suivi les ordres, comme le pleutre qu’il fut et le démantèlement ensuite la désorganisation furent accompli.
    Notre système de santé doit être boiteux si les profiteurs de la santé veulent que les gens aillent au privé. Les assureurs ne veulent pas de service public parce que le Canada devient alors la plus important compagnie d’assurance des canadiens et évidemment, c’est incompatible avec le capitalisme.

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    8 décembre 2009 à 7 07 06 120612
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    @décembre
    des escros et des égoistes on en trouve dans tous les systèmes, c’est dans la nature humaine. il faut en tenir compte dans les contre-pouvoirs et « garde-fou ».

    @Sophie,
    Encore une fois, viens faire un tour au Québec et on reparle. Je te garantis que ta vision du système de soins français va changer. Et dans le cas contraire je t’offre une caisse de champagne. La marque ? celle que tu préfères.

    Ton argument ne tient pas quand je vois un assistant couper un paquet pour retirer les pillules en trop. Que va t’il en faire de ce surplus ? c’est invendable en l’état. Pour les paquets, le nombre correspond souvent au dose prescrite par les medecins. Economie ? 😆 non plutot un vieux systeme d’apothicaire que la France a du laissé de coté apres 1945.

    Ca me fait penser que certaines réflexions des écologistes francais sont ridicules et inadaptées. 😆

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    8 décembre 2009 à 7 07 57 125712
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    à Paul

    Les médicaments en vrac c’est nécessairement moins cher au prix de revient qu’emballé avec des blisters, des boîtes en carton + la notice. Il suffirait que le pharmacien donne la notice sur papier imprimé au fur et à mesure, +le nombre exact de cachets correspondant à la prescription, et non c’est complètement faux de dire que le conditionnement correspond à la prescription en général.

    On peut diviser ainsi le prix de vente des médicaments de près de 50%, quand on connaît un tout petit peu les prix des emballages, de boîtes de couleur bien vendeuses etc…

    Je sais pertinement que le système de santé au Québec est bien malade mais je crains qu’en france il ne se dégrade fortement , exactement pour les mêmes raisons qu’au Québec ; la réelle volonté politique derrirère est de tout faire pour inciter le plus de gens possible à passer au privé ( ce qui revient à dire que ce ne sont que les gens qui ont de l’argent qui pourront se soigner, donc carrément à l’opposé de la volonté des fondateurs de la sécu au lendemain de l’après guerre. )

    Il est tout de même singulier qu’au coeur des années 40 50, alors que la france sortait d’une guerre dévastatrice, on ait eu les moyens de mettre en place ce système réellement solidaire( à l’époque sans déficit ) et qu’il nous suffise d’une tendance politique à droite et ultra libérale à la Sarko pour mettre par terre un tel système…

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    8 décembre 2009 à 10 10 18 121812
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    @sophie
    > On peut diviser ainsi le prix de vente des médicaments de près de 50%, quand on connaît un tout petit peu les prix des emballages, de boîtes de couleur bien vendeuses etc…

    et le salaire des assistants on peut le diviser aussi. :mrgreen:
    Ici le prix des médicaments est souvent supérieur de 50% aux médicaments emballés en France. Et parfois 100% dépendant du médicament.

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    8 décembre 2009 à 14 02 50 125012
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    Il n’y a jamais eu de mises-à-pieds forcés sous Lucien Bouchard. Toutes les retraites furent volontaires et c’est les syndicats qui ont demandés au gouvernement de procéder ainsi. Dans le temps, il y avait trop de médecins et trop d’infirmières.

    Il y avait bien eu une baisse des quotas concernant les admissions dans le secteur mais dès 1998 ils revinrent à ce qu’elles étaient avant même elles ont augmentées …sous Mme Marois.

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    8 décembre 2009 à 15 03 39 123912
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    > Dans le temps, il y avait trop de médecins et trop d’infirmières.

    A quel époque mon gars ? 😆

    A un ambulancier a qui je parlais des longs temps d’attente aux urgences, me disait « ca a toujours existé »…

    Oui trop par rapport au budget public en santé touché par les restrictions budgétaires fédérales du gouvernement libéral de Jean Chrétien. L’objectif du déficit 0 s’est fait aux détriments (entre autres) des malades, des chomeurs et des familles. Au QC, les subventions et carottes fiscales pour les entreprises étaient au beau fixe à cette époque. Ce sont des choix de société.

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    8 décembre 2009 à 19 07 54 125412
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    @ Astidastineux:

    Il n’y a pas eu de mises a pied. On a acheté la démission des professionnels. Cher. Je connaissais personnellement un chirurgien qui, à 60 ans, a reçu 300 000 $ pour prendre sa retraite stat.

    Calcul simple: l’éspérance statistique était qu’on lui payerait plus de 300 000 d ‘honoraire avant qu’il ne quitte de son plein gré. Le fait qu’il aurait alors été payé pour traiter la population n’entrait pas dans l’équation.

    Il n’y avait pas trop de médecins ni trop d’infirmières; on en a aussitôt manqué cruellement. Les responsables de cette décision de réduire les effectifs sont des criminels et je serais volontaire pour exécuter personnellement la sentence si un tribunal décidait de leur mettre une balle dans la nuque.

    Voyez mon lien plus haut sur le « Prix Mengele » qui explique le stratagème et aussi celui-ci, de la même époque, mais qui est moins brutal…

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/015-et-un-petit-bridge-avec-ca/

    Pierre JC Allard

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    8 décembre 2009 à 21 09 35 123512
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    @pierre

    Vous ne croyez pas que ces problèmes de mauvaise gestion du système de santé sont explicable du fait que les politiciens sont dépassés par l’ampleur de la tâche à apprendre. Que les budgets à gérer sont astronomique et que les personnes impliqués sont trop nombreuses. Que leur mandat sont beaucoup trop court pour développer une compétence.

    Je crois que la solution réside dans la privatisation totale du système de santé. Et que les soins soient subventionner pour les personnes n’ayant pas les moyens. Il faudrait créer un maximum de concurrence pour qu’il n’y est pas de collusion sur les prix. Les sociétés devraient avoir leur siège social au Québec et y verser la totalité de leur impôts ici. Cette argent serait alloué au fond d’indemnisation des personnes à faible revenu. Pour chaque visite, il y aurait un ticket modérateur afin d’éviter les visites inutiles qui doivent bien représenter au moins 50%. En d’autres mots, le gouvernement oblige toute la population à payé un minimum pour consulter un médecin (qui serait finalement disponible aussi rapidement que le vétérinaire!)

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    9 décembre 2009 à 2 02 18 121812
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    iota

    Ce que vous préconisez là est le pire scénario qui se puisse imaginer pour les revenus modestes. Autrement dit, les gens démunis ne pourraient sans doute pas toujours payer le ticket modérateur, et repousserait à plus tard des soins parfois indispensables, ce qui ferait que quand ils viendraient enfin se faire soigner, le mal aurait parfois eu le temps de faire bien plus de dégâts. ( exemple : si vous repoussez éternellement des visites chez le dentiste, ce n’est plus une carrie qu’il faut traiter, mais un abcès dentaire à soigner avec une dent à extraire, donc cela suppose un traitement antibiotique et de poser une prothèse ce qui coûte infiniment plus cher que de traiter les carries au fur et à mesure ; pour les prothèses, en général les systèmes de prises en charge sont tels que cela est dissuasif pour les plus petits budgets, ce qui veut dire en clair que ces personnes se retrouveraient progressivement édentés ; par la suite, une personne qui ne peut plus mastiquer correctement peut avoir de gros problèmes digestifs par exemple, tout ça à la base grâce au ticket modérateur )
    Dans tout système solidaire, il existe des personnes qui abusent, et pas toujours les plus modestes. Le tout est de savoir si on préfère à la base un système solidaire pour améliorer la qualité des soins et l’accessibilité à tous pour que l’ensemble de la population se porte mieux , ou si on préfère comme vous le préconisez un système à plusieurs vitesse, qui fait que, pratiquement seuls les personnes fortunées seraient à même de se soigner correctement. Je vous rappelle pour mémoire qu’au Québec, 40% de la population à l’heure actuelle a des revenus si bas qu’elle n’est pas imposable. Libéraliser la santé totalement, cela veut dire qu’on laisse sur le côté du chemin donc 40% minimum de la population pour accéder à des soins corrects.( il ne s’agit pas de luxe, nous sommes bien d’accord, il s’agit de soins permettant au plus grand nombre d’améliorer sensiblement sa santé )

    Dans le même ordre d’idées ( libéraliser les systèmes d’assurances maladies ) les personnes considérées comme coûtant plus cher, (fumeurs, alcooliques, obèses, personnes ne faisant pas se sport, etc… ) devraient donc payer plus cher d’assurance maladie que ceux prenant toutes les précautions pour se maintenir en bonne santé. On arrive à des absurdités telles qu’aux USA, par exemple , où les médecins ne font pas d’acte si ils n’ont pas l’assurance que la compagnie prenne en charge les soins; je connais une femme qui , ayant un cancer du pancréas, du négocier avec la compagnie pour qu’ils paient l’opération lui permettant d’avoir une pompe à morphine. Au bout de X semaines de négociation, elle obtint gain de cause, mais ô surprise, la compagnie n’avait pas donné son accord pour payer la … morphine à mettre dans la pompe. Donc, renégociation pour quelques semaines de plus, alors qu’elle avait subit l’opération et qu’elle souffrait de plus en plus. Je trouve ça littéralement indécent d’imposer à une personne dans de telles conditions de NEGOCIER pour ne pas souffrir pour les dernières semaines de sa vie. Voilà exactement à quels excès délirants conduisent la privatisation des remboursements des soins. Je précise que cette personne ne faisait pas partie des Américains n’ayant même pas les moyens de se payer une assurance maladie; si cela avait été le cas, elle n’avait plus qu’à endurer sa souffrance jusqu’à son agonie. En serrant les dents si possible pour ne pas trop déranger autour sans doute.

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    9 décembre 2009 à 2 02 39 123912
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    @Sophie
    Relis attentivement ce qu’a écris iota.

    > Et que les soins soient subventionner pour les personnes n’ayant pas les moyens.

    Sinon j’allais dire qu’un monopole privé est pire qu’un monopole public en santé avec le modele US. Et puis en y réfléchissant plus généralement j’ai ajouté « probablement » et puis en y réfléchissant davantage j’ai supprimé ma phrase. Au fond nous n’en savons rien, tout dépendra du contexte et des modalités utilisées même si des exemples nous montrent des possiblités.

    @Iota
    > Il faudrait créer un maximum de concurrence pour qu’il n’y est pas de collusion sur les prix.

    pour qu’il y est une bonne concurrence, il faut assez d’offres de soins donc de medecins (ce qui en passant ne sera pas le cas au QC avant longtems avec la pénurie actuelle et la pyramide des âges) mais ca ne suffira pas quand je vois les tarifs des dentistes a Montréal. Il faut que l’état veille au grain et impose des règles pour faciliter une saine concurrence qui profite aux patients et moins aux entreprises privées de soins. Il ne faut pas que le ministre de la santé soit en conflit d’interet par ses activités.

    Une meilleure gestion n’est pas également suffisante, quand je sais qu’une personne peut consulter plusieurs fois avec l’incurie des medecins qui ne trouvent pas. Quand je vois que des physiautérapeutes peuvent blesser davantage qu’ils ne soignent. Il y a un suivi de qualité à faire et par l’état pour supprimer les mauvais médecins comme on retire le permis d’un chauffard de la route.

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    9 décembre 2009 à 13 01 41 124112
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    Pierre,
    as tu cette nouvelle de radio-canada qui m’ennerve sans me surprendre outre mesure.

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2009/12/09/002-medecins_arm.shtml

    voici un extrait :

    Selon l’AFE, un médecin québécois voulant exercer en pratique privée en France doit tout simplement déposer son dossier auprès du Conseil de l’Ordre du département français dans lequel il veut s’installer et se soumettre à quelques démarches administratives.

    Le médecin français doit pour sa part se soumettre à un long et coûteux processus, soutient l’AFE. Il doit d’abord participer à une semaine d’observation (300 $), préalable à un stage d’évaluation de trois mois (12 000 $) dans un cadre universitaire ou réglementé. Il doit ensuite passer un examen. S’il réussit, il se verra délivrer un permis restrictif d’exercice d’un an dans un établissement public, au terme duquel il doit passer un autre examen. Il peut aussi recevoir un permis restrictif de cinq ans qui n’est pas assujetti à un examen.

    « L’Ordre des médecins français a parfaitement joué le jeu de la transparence et de la réciprocité « permis sur permis » », affirme un conseiller élu de l’AFE, François Lubrina, dans un communiqué publié mercredi. « Ce n’est pas le cas du Collège des médecins du Québec qui, une fois encore, s’ingénie à compliquer l’accès aux diplômés français ».

    M. Lubrina souligne qu’il « regrette vivement ce corporatisme médical qui nuit à la mobilité professionnelle », mais précise qu’il demeure un ardent promoteur de l’entente France-Québec de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles signée le 17 octobre 2008 à Québec.

    —-

    🙁

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    9 décembre 2009 à 13 01 45 124512
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    Pierre,
    il faudrait expulser ce College des médecins québécois aux Philippines pour qu’ils foutent un beau bordel là bas. :mrgreen:

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    9 décembre 2009 à 14 02 47 124712
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    @ Iota et PN: Tout fonctionne mieux dans une société entrepreneuriale… mais sans solidarité il n’y a pas de société. Un gouvernement efficace concilie ces deux exigences. Notre structure politique et celle de notre système de production ne le permettent pas. La gestion de la santé est emblématique de cet échec.

    Je ne puis que vous renvoyer aux articles que j’ai écrits sur la santé et qui répondent à toutes ces questions…. et au projet de Nouvelle Société dont, hélas, on ne peut dire la même chose 🙂

    Ainsi, pour les coûts de la santé, la fragmentation des spécialités, les interventions payées par capitation, la définition consensuelle de l’aire de gratuité et la nationalisation de l’industrie pharmaceutique, reglent le plus gros du problème.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/s-80-essais-sur-la-sante/

    http://nouvellesociete.wordpress.com/une-nouvelle-societe-12-min/

    PJCA

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    9 décembre 2009 à 14 02 49 124912
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    @ PN:

    Les Philippines, c’est à Cayo Coco. Vous ne saviez pas ? :-))

    PJCA

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