À propos de l’Oubli

YSENGRIMUS   L’OUBLI. est un phénomène complexe et c’est aussi –surtout- un mal à combattre. L’oubli c’est ce réseau de tuyaux de bois résinés bien étanche qu’on a retrouvé à Saint Fabien (compté de Rimouski) en construisant la nouvelle autoroute. C’est ce qui pousse à élire Thatcher et Reagan cinquante ans seulement après avoir élu Mussolini et Hitler. C’est la technologie du vitrail médiéval. C’est le secret pourtant non gardé de l’invention de la batterie. C’est la genèse historique du pain et l’origine géographique des nouilles. C’est l’acte manqué des psychanalystes. C’est le sort de Louis XVII et le faciès du Masque de Fer. C’est ce qui amène à négliger la friction entre les parties d’un mécanisme le jour où il s’avère que cette friction est non négligeable. C’est ce quelque chose qui fait que le pont s’est effondré, que le rendez-vous a été raté. C’est pratiquer le kendo comme un art alors qu’à l’Ère Edo on le pratiquait comme une technique guerrière. C’est la biographie toujours ultra-sélective du faux génie Alexandre Soljenitsyne. C’est souhaiter de tout son coeur (pour des raisons légitimes, du moins moralement) ne pas rééditer cette ordure intellectuelle de Mein Kampf. C’est la quasi-impossibilité de se rendre aussi près du Pôle Sud que le fit James Cook, même en mobilisant des technologies dont James Cook ignorait tout. C’est le mystère indéchiffrable de la langue étrusque. C’est le vrai visage de Samuel de Champlain. C’est la nouvelle mode branchée du lait cru. C’est trouver que Mario Dumont est un bon gars. C’est le son du Jazz et de la bastringue en 1896. C’est l’invention graduelle et vernaculaire du baseball. Ce sont les Statues de l’Île de Pâque. Ce sont les papesses, les soldates, les flibustières, les éclaireuses, les bûcheronnes de l’Histoire. C’est l’existence de la gastronomie sur une planète où tout le monde a faim. C’est se faire surprendre pour la troisième fois par un choc pétrolier et pour la trentième fois par un krach boursier. C’est la quasi-intégralité de notre enfance. C’est le fait absolument terrible que qui a bu, boira. C’est le Soldat Inconnu, sa guerre lointaine et le nerf de cette guerre. L’oubli, c’est l’instrument d’oppression et de sujétion par excellence. Tous ensembles, il faudrait ne jamais rien oublier.

Et je constate, avec tristesse, qu’il y a quelque chose de vachement non dialectique dans certains développements de la gnoséologie (théorie de la connaissance) marxiste autour de questions de ce type. Certes elle établit que la connaissance humaine peut, par delà les artefacts de la subjectivité et des conflits d’opinions, parvenir à fouiller, à capter, à saisir la complexité du monde matériel extérieur à nos consciences individuelles et collectives (on se rappellera les discussions par Lénine des positions de Kant dans Matérialisme et Empiriocriticisme). Par contre, on sombre dans le positivisme le plus béat aussitôt qu’on affirme que la connaissance humaine tend irréversiblement vers l’illimité sans perte en chemin (Lénine, Engels et aussi Mao Zedong, De la Pratique). Je n’ai trouvé nulle part dans le marxisme classique ce concept, pourtant fondamental en gnoséologie, qu’est l’oubli. La prise en compte de l’oubli dans l’évolution (tant ontogénétique que socio-historique) de la connaissance va inévitablement de pair avec une autre démarche absolument indispensable à notre époque: la dénonciation du triomphalisme scientiste. Il y a encore bien du travail à faire pour comprendre tout cela.

La vérité, la vérité, la vérité, la vérité, c’est une poignée de sable fin qui glisse entre les doigts (Raoul Duguay).

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Ysengrimus

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7 pensées sur “À propos de l’Oubli

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    14 mars 2014 à 3 03 17 03173
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    Bonjour

    L’oubli c’est avant tout croire que nous sommes ce corps, ce contenant, cette créature, cette mémoire, cette connaissance, ce contenu, cette vie, alors que nous sommes tous au-delà des Êtres Créateur, au-delà de tout contenant, au-delà de tout contenu, mais incluant tout contenant comme tout contenu.

    L’oubli c’est l’éloignement de notre Être qui est la causalité de tous nos maux, de toutes nos souffrances. Celui qui meurt à sa mémoire humaine falsifiée, inutile, superflue, celle de l’âme travestie en personnalité, est un indice qu’il commence déjà à réintégrer son Être Essentiel.

    Aucune connaissance, comme aucune mémoire, comme aucune expérimentation ne conduiront jamais à l’Être. Tout ce bagage de connaissance ne fait que nourrir la personnalité de l’homme, et lui donne le sentiment, l’impression d’être plein, alors qu’il est vide de son Être ; il s’agit donc d’un faux plein temporaire, un palliatif nécessaire, une fausse identité, qui l’éloigne de la Vraie. Toute la connaissance humaine n’est rien à comparer avec notre Être.

    L’oubli d’un savoir déjà acquis en tant que mémoire ne fait que nous confirmer que la connaissance humaine est éphémère et qu’elle meurt un jour avec le corps, et donc qu’elle n’a rien à voir avec l’Essentiel qui est notre Être, qui lui est Éternel. Présence et Permanence!

    Et révéler l’Être que nous sommes, élimine l’oubli, élimine tout oubli. Là se trouve la Véritable Connaissance où l’oubli n’existe pas, n’existe plus, où tout est plein, où tout est vide, où tout Est, de toute Éternité.

    Le seul oublié véritable c’est notre Être. Et cela sous-tend tout le reste ! Régler le cas de l’Être, c’est réglé l’Essentiel, c’est réglé tous les cas !

    Et au-delà de l’Être, c’est l’Ultime qui est là, c’est l’Absolu que nous sommes tous ! Intégrer notre Être c’est oublié l’oubli!

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      14 mars 2014 à 6 06 08 03083
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      On oublie mais pourtant on SAIT qu’on oublie… et on compense.

      La connaissance humaine dispose donc aussi de cette aptitude « théorique » sur l’oubli, profondément auto-corrective…

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        14 mars 2014 à 10 10 16 03163
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        Bonjour !

        C’est Ça, quelque part derrière, notre Essence nous rappelle à sa Présence, c’Est ce Savoir Réel, au Centre, au Cœur, toujours Présent, malgré notre éloignement temporaire et temporelle.

        Cet éloignement a traduit la nécessité de compenser avec de l’éphémère afin de remplir le vide laissé par la croyance de l’absence de l’Être.

        Lorsque l’Être prend le relais de la mémoire, il laisse la Vie en sa Présence, l’Intelligence du Sacré en Elle, ce Feu, insondable pour ce que nous croyons être, décidé de ce qui est encore utile de conserver de cette mémoire humaine pour l’instant, et de ce qui est superflu maintenant.

        L’inutile s’efface naturellement, le besoin de l’autocorrection également, l’Essentiel suffit, et se révèle, transparaît, à mesure que l’éphémère disparaît de notre conscience, simplement, ici et maintenant, c’est l’Éternel Présent, l’Instant, où tout Est là, au-delà, c’Est l’Être, et Ultimement l’Absolu que nous sommes tous !

        L’Être et à la Vie, s’occupe de tout, de par l’Intelligence de la Lumière, que nous sommes tous, lorsque ce que nous croyons être s’abandonne à Elle.

        Il faut que je disparaisse pour que Je me révèle, mais il faut que Je me révèle pour que cela disparaisse !

        Bonne journée

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            15 mars 2014 à 10 10 58 03583
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            Merci de votre commentaire!

            De votre point de vue, vous avez sans doute raison!

            Bonne journée!

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