Âge sombre de l’Angleterre

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Je venais de terminer de relire un vieux roman traitant du roi Arthur et de Merlin, lors d’une panne électrique, quand l’idée me prit de connaître l’histoire des premiers habitants d’Angleterre. Je n’ai pas pu aller très loin avant de me rendre compte que la « nation » originale habitant l’île d’Angleterre était introuvable. Elle avait été « effacée » tout comme l’a été ma propre « nation canayenne ». Ce fut suffisant pour que je m’attache à cette recherche avec beaucoup d’entrain.

J’ai commencé par fouiller les débuts de son histoire qui nous est présentée par Jules César.

55 et 54 av J.C.

César tente d’envahir l’Angleterre. Il s’y prend en deux fois sans y parvenir. Le territoire ne tombe pas sous le joug de Rome. Ce sera l’Empereur Claude qui y prendra pied et finalement Hadrien qui réussira.

Les Pictes occupent déjà l’Écosse du Nord et de l’Est. Ils sont une confédération de tribus brittoniques. Il est généralement admis que ce terme dérive de « Qritani », ce qui est la version gaélique du brittonique « Pritani ». De là est venu Britanni, le nom romain utilisé pour ceux qui nous sont maintenant connus comme les bretons insulaires.

Il a été suggéré que Cruthin (Critani) était un nom utilisé pour se référer à tous les Bretons qui n’avaient pas été conquis par les Romains, c’est-à-dire ceux vivant au-delà de la Britannia romaine, au nord du Mur d’Hadrien. Donc, avant l’arrivée des romains, tous étaient Cruthins  ou plutôt « Qritanis » ou encore « Pritanis ». De sorte que ceux que nous appelons les Bretons étaient des « Pritanis » qui furent conquis par les Romains. Ceux qui résistèrent furent les « Pritanis » appelés les Pictes et Scots. En réalité, ces Pritanis étaient tous des «Celtes ».  D’ailleurs la langue « vieux celtique » est l’origine des langues cornique, bretonne, galloise, écossaise et irlandaise; ainsi que le cambrien qui, elle, n’a pas survécu aux différentes invasions. Dans toutes ces langues, le mot poète se dit « bard », « bardagh », « barth » et « barzh ». Le mot « trois » a les mêmes similitudes.

Ce n’est qu’à cause des romains qui envahirent la Bretagne (Angleterre) que la nationalité « Bretonne » apparue, tout simplement parce que les Romains, suite à l’information sur les « Pritanis », donnèrent à l’Ile le nom de « Bretagne ». Par contre il est établi que tous ces peuples insulaires étaient des Celtes. De sorte que les « Bretons » sont  un amalgame culturel de « Pritanis » et de Romains. Comme le furent les « Canayens », amalgame culturel « d’Amérindiens » et de Français.

Si l’on retient le critère de la langue vernaculaire, la culture celtique n’est attestée, par les sources romaines, qu’entre la Garonne et le Rhin et… en Grande-Bretagne.

Les Celtes possèdent une culture riche qui s’épanouit pendant l’Âge du fer. L’art celte tend vers l’abstraction; ce qui est assez nouveau à cette époque. Ne connaissant pas d’unité politique, les Celtes forment des tribus indépendantes les unes des autres. La société celtique possède néanmoins des lois, des coutumes, un culte celtique et des rites qui les rapprochent. Sans oublier cet art magnifique qui les caractérisent:

Un peuple capable de produire de tels œuvres d’art n’est certainement pas un peuple barbare, même s’il peut nous être difficile de comprendre ses us et coutumes.

C’est probablement leur incapacité à s’unir et à fonder des entités politiques plus importantes que la cité ou la confédération de peuples qui les a perdus (opinion basée sur la croyance qu’aujourd’hui nous sommes « sauvés »; ouf!). Il semble qu’à l’instar des Grecs archaïques, les Celtes aient eu horreur du centralisme et n’aient connu que des alliances temporaires. C’était également le cas des Amérindiens, chez nous. Il est assez remarquable que cette supposée « incapacité » se retrouve partout sauf au Moyen Orient où la notion « d’empire » est apparue en premier, autour de l’an 2000 av J.C. et plus ou moins 800 ans plus tard en Amérique centrale. Par contre, une exception assez spectaculaire se retrouve chez la civilisation de Caral, au Pérou, vers 3000 av J.C. qui démontre une centralisation complexe du gouvernement pour trente centres majeurs de population. Autres caractéristiques étonnantes chez eux, on n’y trouve aucune arme, ni fortification.

La civilisation celtique disparaît lors des conquêtes romaines au premier siècle avant notre ère sauf… dans les îles britanniques. De nos jours, les principaux vestiges de la civilisation celtique sont quelques langues celtiques parlées par une minorité dans les îles britanniques et en Bretagne continentale où les Bretons français sont originaires de Grande-Bretagne.

D’ailleurs, la preuve que les habitants de l’Angleterre primitive étaient des Celtes tient dans le fait que : «  Au Ier siècle de notre ère, l’île de Bretagne (aujourd‘hui  Grande-Bretagne) est conquise à son tour : dès lors, la civilisation celtique ne survit plus qu’en Irlande et dans le nord de l’Écosse». On doit souligner que les Romains n’avaient pas pu envahir la région plus loin que là où ils construisirent le mur d’Hadrien.

À noter : Les Celtes étaient convaincus de l’immortalité de l’âme. C’est la raison pour laquelle les guerriers n’éprouvaient aucune peur de la mort lors des batailles. Par contre, ils ne croyaient pas à une éventuelle résurrection à la fin des temps. Tout comme nos amérindiens, d’ailleurs.

La société celtique :

César nous informe que : « Dans toute la Gaule, il n’y a que deux classes d’hommes qui soient comptées pour quelque chose et qui soient honorées ; car la multitude n’a guère que le rang des esclaves, n’osant rien par elle-même, et n’étant admise à aucun conseil. […] Des deux classes privilégiées, l’une est celle des druides, l’autre celle des chevaliers » (Comme si c’était mieux dans la Rome de son époque).

Ce qui nous donne la hiérarchie sociale suivante :

1-La classe sacerdotale qui possède le Savoir et fait la Loi ; elle administre le sacré, la connaissance, la santé  et l’enseignement.

2-La classe guerrière qui gère les affaires militaires et civiles sous le commandement du roi. En Angleterre, ils combattent avec des chevaux (cavalerie) et des chars selon Dion Cassius. Ils sont armés d’une lance, de javelines, d’une longue épée et d’un bouclier.

3-La classe des producteurs (artisans, agriculteurs, éleveurs, etc.) qui doit subvenir aux besoins de l’ensemble de la société et en priorité à celui des deux autres classes.

Mais il faut ajouter qu’à la classe des Druides s’ajoutent les Bardes spécialistes des « Odes », qui sont la « mémoire » de la nation, et les « Vates » qui sont les devins. Par contre, il semble nécessaire de rectifier cette dernière division qui semble strictement intellectuelle, puisqu’être Druide demandait d’être Barde et Vate. Sinon comment pouvaient-ils enseigner (Barde) et conseiller (Vate).

L’instruction nécessaire pour devenir Druide prenait environ vingt ans à acquérir en tant qu’apprenti-druide. L’apprenti-druide ne paie pas d’impôt et n’est pas obligé de combattre. Ce qui ne l’empêche pas de devenir Druide-guerrier s’il le désire. Il semble évident qu’il n’a pas dû désirer payer des impôts; en tous les cas, personnellement je n’aurais pas payé.

Les druides étaient également chirurgiens, comme le suggèrent certains sites archéologiques contenant des instruments métalliques tels que des scies, scalpels, pinces, sondes, couteaux en bronze ainsi que des os ressoudés et des crânes trépanés. Connaissance qui semble avoir existé durant la préhistoire. (à suivre).

André Lefebvre

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Andre lefebvre

Mon premier livre "L'histoire de ma nation" est publier chez: http://fondationlitterairefleurdelyslibrairie.wordpress.com/ André Lefebvre

2 pensées sur “Âge sombre de l’Angleterre

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    7 janvier 2014 à 14 02 55 01551
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    @André Lefebvre

    Comme quoi tout peut naître d’une panne de courant …

    Félicitations pour cette nouvelle aventure qui sera passionnante, je connais votre souffle.

    Le druide ne payait pas d’impôt, le chanceux, il pratiquait la chirurgie, guidait.
    Il détenait un grand pouvoir : « dans le récit Táin Bó Cúailnge (Razzia des vaches de Cooley), le druide Cathbad provoque la mort d’un émissaire qui a parlé sans permission, car « Nul ne parle avant le roi, mais le roi ne parle pas avant son druide. »

    Donc, le druide avait un ascendant sur le roi lui-même. D’ailleurs, seul le druide avait le droit de pratiquer des sacrifices.

    On dit aussi sur Wikipedia (quelle bibliothèque) qu’un seul nom de druide historique nous est connu : Diviciacos, dont Jules César nous apprend qu’il fut vergobret des Éduens, mais c’est Cicéron, dont il fut l’hôte, qui nous renseigne sur sa qualité. Les autres druides dont les textes font mention relèvent de la mythologie celtique.

    Merci pour cette nouvelle saga.

    Carolle Anne Dessureault

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    7 janvier 2014 à 23 11 52 01521
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    « On dit aussi sur Wikipedia (quelle bibliothèque) … »

    Wikipedia est un bon départ pour une recherche; mais il faut tout vérifier ce qui est dit dans les livres anciens et rassembler tous les textes pour découvrir des interprétations plus précises. C’est là le plus intéressant.

    Amicalement

    André Lefebvre

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