Allez, salope, fais-moi peur !

PIERRE JC ALLARD :

… Et les enfants tremblant,  livides, les yeux écarquillés regardent.   Ils voient la terrible ogresse, coutelas à la main, s’approcher en ricanant du grabat où repose nu, enchainé, le jeune missionnaire…  Va-t-il  abjurer sa foi ?  Le suspense est insupportable….   Pour les moins de 10 ans, bien sur.

Les plus vieux étouffent un bâillement, et Papa Obama, fort de l’appui tacite des adultes du système financier, surfe vers le canal des faits divers, pendant qu’on conduit au dodo les bambins  qui rechignent.  Il pourront continuer au lit leur délectation morose. On reprendra plus tard leur entraînement par étapes à la jouissance sado-maso de la vie made in USA.

C’est qu’il faut ben se préparer avec sérieux à une vie  où chacun veut  la peau de tout le monde. Une vie où l’on se déteste entre religions et entre races, entres jeunes et vieux, entre hommes et femmes, entre Démocrates et Républicains….  Ce n’est pas le premier venu qui peut comprendre spontanément que le but final de l’existence est d’accaparer et de gaspiller tout ce qu’on peut, d’écraser le faible, de trahir toute parole donnée, au nom d’une ambition qui permettra d’avoir, la richesse, la gloire … et un jour le Paradis, juste en répétant  le nom de Jesus…

On nait égoïste, mais on devient un fieffé salopard.   Il faut se former; Il faut un modèle et de la pratique. La gouvernance états-unienne a pris sur elle de se donner en modèle d’infamie.  Elle l’a  fait en engageant une lutte à finir, au Sénat et au Congres, pour des motifs minablement partisans. L’enjeu ?  Réussir in extremis à priver 50 millions d’Américains de toute couverture médicale.  Les plus déshérités, naturellement. Ceux qu’on a déjà privés de leur travail, en exportant les jobs en Asie pour engranger quelques milliards de plus pour les riches. Ceux qu’on a déjà expulsés des maisons qu’on leur avait vendues à des conditions frauduleuses.

« DONNER »  des soins a ces gens ?  Vous voulez rire ! On croit si peu aux USA qu’ils le méritent, qu’on peut calculer qu’il y a des points politiques à marquer en étant de ceux qui s’affichent comme les plus féroces adversaires de cette  « faiblesse » !

Le « Obamacare »,  tel qu’accepté l’an dernier, est déjà un pieuse hypocrisie; une abomination qui, loin d’aider vraiment les pauvres, les force a mettre la priorité sur une  protection médicale – aux coûts outrageusement gonflés au profit des médecins et des assureurs –  en rognant sur leurs autres besoins essentiels d’alimentation et de logement. L’Obamacare est une telle nauséabonde caricature d’un vrai régime de santé gratuite, qu’on comprendrait que se livre une farouche bataille pour le bonifier.

Mais quand on s’aperçoit que la farouche bataille à Washington ne se livre pas pour l’améliorer, mais pour le saboter, pour donner encore moins, partager encore moins, émasculer totalement ce régime qu’on voulait déjà impuissant dès le départ…. Quand on comprend ce qui est en jeu, toute sympathie disparait pour cette nation où l’on met toute sa fierté perverse à se faire du mal les uns les autres.

Les dernières traces de sympathie pour l’Amérique disparaissent.  Moment de soulagement, quand on croit qu’on pourra enfin accepter ce désamour et s’accorder le plaisir de ne plus  penser à cette excroissance maligne sur notre pauvre monde.  Mais çà ne dure pas.  Cette Amérique  revient nous pousser du coude et exiger que nous lui redonnions notre attention.  Ayant gagné notre antipathie, elle vient s’imposer à notre mépris.

Un indicible mépris. Car, à un niveau plus bas encore que faire le mal, il y a celui de vouloir le faire et de ne même pas y parvenir.  Tous ces politiciens qui se sont battus à Washington pour le triomphe de l’égoïsme et de la mesquinerie sont apparus ineptes dans la méchanceté.  Ils sont apparus instrumentés par ceux encore plus méchants, mais hélas bien plus retors, qui ne voulaient pas de cette provocation inutile de sabrer un peu plus dans cette apparence de solidarité réduite à sa portion congrue qu’est l’Obamacare

Les vrais méchants ne le voulaient pas. Les clowns à face de monstres du Parti Républicain n’ont pas été soutenus et n’ont donc pas pu livrer tout le mal qu’ils voulaient.  Ils se sont vautrés dans l’abjection et on ne les a même pas jugés dignes de faire semblant de croire à leurs gesticulations. Warren Buffett, l’oracle d’Omaha, s’est empressé de dire de cette « crise' »  : « Nous allons aller jusqu’au point extrême de l’idiotie, mais nous n’allons pas aller au-delà. »   Déjà, samedi, Baudouin Prot, le patron de BNP Paribas, avait assuré qu' »un défaut de paiement ne peut pas arriver. Je ne crois pas une seconde à ce scénario. » 

Ce spectacle était pour la plèbe, par pour ceux qui savent.  Les marchés financiers n’ont donc pas bronché.  Le guignol a épuisé sa malice factice puis s’est terminé.

À tous ceux qui ont joué cette ridicule farce  il ne reste qu’a offrir notre plus sincère mépris.  Comment le peuple américain peut-il supporter à sa tête, et feignant de le diriger, ces hâbleurs sans idées, sans dignité, sans véritable engagement ?   Si on ne peut créer un vraie démocratie, un corporatisme qui dit son nom  ne serait-il pas moins malsain que ce simulacre  qui est une insulte a l’intelligence ?

Et ne nous y trompons pas.  Quand on tient compte des idiotismes historiques et culturels, ce qui est vrai aux USA n’est-il pas vrai dans toutes les démocraties à l’occidentale ?   N’y a t-il pas partout une gouvernance salope qui cherche des façons de faire peur?  Peur de l’Islam, peur du fascisme, peur de la dette. peur d’agir et de changer …  Des guignols qui nous font peur et parfois bien du mal.

Pierre JC Allard

8 pensées sur “Allez, salope, fais-moi peur !

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    21 octobre 2013 à 6 06 45 104510
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    Dires qu’il y a des américains qui en sont fières. La folie chez ces américains semblerait être ultimement indépassable mais ne vous inquiétez pas d’autres ailleurs trouveront mieux comme folies. Israël, comme exemple, pourrait nous surprendre davantage dans un avenir proche.

    Je sais, je dois être sûrement anti-sémitique mais le judaïsme n’est en réalité qu’une idéologie qui préfigurait le nazisme. Le peuple élu de Yahweh ou la race supérieur, lequel préférez-vous?

    Humain, trop humain.

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    21 octobre 2013 à 8 08 20 102010
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    Bonjour PJCA,

    C’est sûr, jouer à de tels jeux si près du précipice, c’est donner à voir que des fous sont aux manettes et qu’ils sont capable du pire, jamais du meilleur. Ce sont eux-mêmes qui l’ont montré au Monde entier qui n’est pas rassuré et qu’il se retire comme la mer avant le Tsunami.

    Les suites sont toujours prévisibles en matière de catastrophes et d’enfers.

    Bonne journée

    Demy

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    21 octobre 2013 à 13 01 18 101810
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    « De même que les os, les muscles, les viscères et les vaisseaux sanguins sont entourés d’une peau qui rend la vue de l’homme supportable,

     » les émotions et les passions de l’âme sont de même enrobées dans la vanité: c’est la peau de l’âme. »

    « On se trompera rarement si l’on ramène les actions extrêmes à la vanité, les médiocres à l’habitude et les mesquines à la peur. »

    Nietzsche.

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    21 octobre 2013 à 20 08 04 100410
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    @Pierre JC Allard

    La présidence d’Obama aura prouvé que tous les humains se ressemblent. J’avais vu en lui un homme qui pouvait faire la différence pour plusieurs raisons, son charisme, son sens de la communication, ses discours annonçant son appui aux couches moins favorisées. L’entrée d’un homme de couleur à la Maison Blanche m’avait ému.

    Je me demande aussi si un président détient réellement le pouvoir ou s’il n’est pas réduit à un rôle de représentation, un grand rôle, mais sans le bâton du pouvoir!

    CAD

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      21 octobre 2013 à 20 08 17 101710
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      @ Carolle-Anne,

      En plein dans le mille.

      « Un représentant, un grand rôle. »

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    21 octobre 2013 à 23 11 35 103510
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    J’ai dit souvent que Obama était un extraordinaire communicateur, mais qu’il état bien douteux qui’l comprenne beaucoup ce qu’il lisait au « prompter ». D’ailleurs, il serait impossible qu’un être humainm quel qu’il soit, ait la compétence de gouverner et de décider pour une structure comme les USA. La gouvernance est devenue collégiale, chacun joue son rôle, et les décisions sont prises par une équipe… dont tous les membres nous sont sans doute complètement inconnus. Obama est la photo sur la couverture du magazine…

    PJCA

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      22 octobre 2013 à 8 08 41 104110
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      @PJCA

      Comme le Vatican ?

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    21 octobre 2013 à 23 11 36 103610
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    Obamacare c’est un début tout de même moin couteux que les cie d’assurance privé, auxquel c’est gens n’ont pas accès du tout !
    Et ceux qui peuvent se le permettre, a l’échelle la plus basse, sont refusés lorsqu’ils en ont besoin sous prétexte de condition pré-existente aussi loufoque les unes que les autres ( voyez le documentaire de Michael Moore a ce sujet).

    La droite religieuse, pro-sionniste tr`s active chez les républicains, veut la peau d’Obama qui refuse d’entrer en guerre contre l’Iran aux coté d’Israel et en Syrie.

    De plus le pipeline XL, dont les tuyaux attendent d’être assemblés, entreposés un peu partout, ne passe pas avec Obama et cela rend furieux ceux qui ont déja investi beaucoup d’argent dans ce projet ( je serais curieux d’avoir des noms) Ted Cruz en fait surement partie directement ou via ces amis Canadiens.

    Je donnerais pas le bondieu sans confessions a Obama, mais je crois que c’est un agneau en comparaison a Bush et sa gang du Texas.

    Je reste vigilant

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