« AMERICA COMES FIRST AGAIN ! » RÉALITÉ OU UTOPIE ?

Bibeau.robert@vidotron.ca       Éditeur  http://www.les7duquebec.com

 

Pendant toute la campagne électorale, Donald Trump a martelé le slogan « America Comes First Again ! », sous-entendant ainsi qu’avec lui et par lui les États-Unis allaient redevenir la première puissance industrielle de la planète, ce que les États-Unis ne sont plus depuis belle lurette, dépassée en cela par la Chine « émergente » et immense. D’ailleurs, le Président Trump ne s’y est pas trompé et abandonnant la croisade militaire Obama-Clinton contre le russe, deuxième de peloton, il darde ses ogives vers la mer de Chine (1).

 

Pour réussir une « réindustrialisation », à supposer que l’Amérique soit « désindustrialisée » – ce qui n’est pas assuré comme nous le verrons bientôt – l’économie américaine doit parvenir à maintenir un équilibre précaire entre six variables fluctuantes et interdépendantes, sur lesquelles l’appareil d’État capitaliste – quels que soient les titres du Président en titre – a souvent peu d’emprise. La première variable est la monnaie, sa valeur et son taux de change par rapport aux monnaies concurrentes. Cette variable est un révélateur de la santé économique d’un pays et elle influe sur les autres variables comme nous le verrons tantôt. La deuxième variable est la fiscalité, le cout des taxes et des impôts nationaux, reliée à l’équilibre budgétaire et à la dette souveraine, ce qui révèle que cette deuxième variable est fortement corrélée avec la première. La troisième variable concerne les marchés intérieurs et extérieurs pour ces marchandises à commercialiser. Via la balance commerciale cette troisième variable influe fortement sur la monnaie – sa valeur – son taux de change, qui a son tour conditionne l’accès aux marchés. La quatrième variable est le cout des moyens de production, notamment de la main-d’œuvre (le prix de la force de travail qui produira la plus-value seule raison de l’opération) et de l’énergie. Cette variable aussi est connectée à la première. La cinquième variable avec laquelle l’administration Trump devra jongler est la productivité du travail. Cette variable influe sur les salaires, et le pouvoir d’achat des légionnaires de la consommation, et elle dépend des investissements dans les domaines de la formation de la main-d’œuvre, mais aussi de la mécanique, de la robotique, de l’informatique, et du numérique. Enfin, pour coiffer le tout, une sixième variable non pas déterminante, comme le pense la gauche incompétente, mais déterminée, résultante des précédentes, les législations commerciale, fiscale, et du droit du travail, qui prennent la forme d’accords de libre-échange qui viendront, non pas organisée ou structurée l’ensemble de ces variables, mais les validées. C’est d’ailleurs une erreur majeure des économistes « scandalisés » et des analystes à la solde d’avoir prétendu que Donald Trump et la clique qui l’a porté au pouvoir souhaitaient abroger les accords de libre-échange négociés par les administrations précédentes (Démocrate et Républicaine). L’establishment économique qui a placé leur protégé à la Présidence sait très bien que ces accords ne font qu’entériner les rapports de force économique, politique et militaire et qu’il faut d’abord modifier ces rapports de force internationaux avant d’espérer rouvrir les négociations pour obtenir de nouvelles concessions de ses alliés et concurrents. C’est ainsi qu’avant même d’être intronisé, le tonitruant Président est déjà en campagne d’intimidation vis-à-vis le véritable adversaire de l’Amérique, la Chine impérialiste (2).

 

Qui attire les capitaux ?

 

Examinons d’abord le niveau d’attractivité industrielle des différents pays concurrents de l’Amérique. La carte 1 indique l’importance de chaque pays et donne un indice de sa force attractive en termes d’accueil des opérations (production, informatisation, gestion, distribution, communication, recherche/développement) externalisées et/ou délocalisées. Il est aisé de remarquer que la Chine et l’Inde s’arrogent la part du lion, mais il est à noter aussi que depuis 2011 l’Inde est plus attractive que la Chine en termes d’externalisation/délocalisation des pays fortement développés vers les pays appelés « émergents », délogeant la Chine qui pour se créer un marché intérieur laisse augmenter les revenus de ses salariés. De plus, les capitalistes chinois s’intéressent de moins en moins à la production de babioles et montent leur production en gamme nécessitant des employés mieux qualifiés et mieux payés (3).

 

Carte 1

La taille du pays représente sa force attractive en termes d’externalisation/délocalisation des opérations de production, gestion ou commercialisation.

 

image

 

La variable monétaire.

 

Si l’on considère la variable monétaire, le dollar américain est en fort mauvaise position pour soutenir les ambitions du locataire de la Maison-Blanche. Nonobstant la phase de frénésie spéculative qui s’est emparée des cambistes américains au lendemain de l’élection : « Non seulement Wall Street n’a pas enregistré les reculs prédits, mais a enchainé les hausses. Au lendemain de l’élection, l’indice total du marché américain Dow Jones Wilshire 5000 (noté W5000) clôturait en hausse de 1,41%, l’indice des 30 « blue chips » américaine Dow Jones Industrial Average (noté DJI) gagnait 1,40%, tandis que l’indice des valeurs technologiques Nasdaq (noté IXIC) se contentait d’un gain de 1,11%. Deux semaines après l’élection, les gains enregistrés depuis le 8 novembre s’établissent à respectivement +4,13%, +3,77% et +3,71% pour ces trois indices » (4). Il est à noter que la hausse des cours boursiers aux États-Unis est spéculative puisqu’aucune augmentation des capacités de production n’a été enregistrée au pays depuis le 8 novembre dernier.

 

Pour leur part, la plupart des bourses européennes et asiatiques ont adopté un cours baissier : « Les places financières ont réagi de manières dispersées au lendemain de l’annonce de la victoire de Donald Trump. Les Asiatiques ont reculé : plus de 5% de perte pour les indices Nikkei à Tokyo et Hang Seng à Hong Kong.  Les Européennes ont boudé oscillant entre -0,4% à Madrid et +1,99% à Zurich, le BEL20 et le CAC40 s’appréciant de respectivement +1,42% et +1,49% » (5). Dans le même temps l’or résistait dans son rôle de valeur refuge et s’appréciait de plus de 5 %, signe que les investisseurs ne partagent pas l’optimisme des boursicoteurs américains.

 

Le dollar est surévalué par rapport à ses principaux concurrents, et cela même si l’euro approche de la parité, et même si le yen n’en finit plus de dégringoler, de même pour la livre sterling et le yuan que les autorités chinoises laissent déprécier : « Les autorités chinoises ont clairement dit qu’elles jugeaient une dépréciation de leur devise nécessaire tout en prévenant qu’elles veilleraient à ce que le processus ne soit pas désordonné » (6). « Nous sommes en ce moment à 6,90 yuans pour un dollar, même si le yuan devait baisser jusqu’à 7,25 contre le dollar, la dépréciation ne serait que de 4% par rapport à ses niveaux actuels quand le yen a cédé 16% contre la devise américaine au cours des cinq dernières semaines » (7).

 

Incidemment, la hausse relative du dollar a l’effet d’une bascule et permet de réduire la chute du yuan. La hausse du dollar est de mauvais augure puisqu’elle restreint les perspectives d’exportation pour les entreprises américaines dont les installations de production sont situées aux États-Unis. Cette hausse de la devise est par contre avantageuse pour les entreprises américaines dont les installations de production sont à l’extérieur du pays. Elles pourront, via les paradis fiscaux, rapatrier leurs profits libellés en yuan, ou en yen et les renchérir en les transformant en dollars. Mais pour cela les taux d’intérêt devront être majorés.

 

Ainsi, la Réserve fédérale américaine vient d’annoncer une hausse de son taux directeur afin de colmater l’hémorragie de devises qui s’enfuient du pays. D’autres augmentations sont prévisibles. On peut anticiper que la hausse du loyer de l’argent entrainera la faillite de millions de foyers américains – semblable à ce que le pays a connu en 2008. De nombreux ménages seront incapables d’effectuer leurs paiements, d’où une baisse des ventes, des surplus d’inventaires et des faillites d’entreprises incapables d’écouler leurs produits, et ultimement une baisse des profits généralisés, y compris pour les entreprises américaines établies à l’étranger.

 

Le Président Trump a beau multiplier les mises en garde à ses fidèles alliés comme l’Arabie Saoudite et les Émirats du golfe Persique, rien n’y fait, ils se débarrassent de leurs dollars plombés. Même l’Iran, qu’Obama était parvenu à mettre au pas, est l’objet de menace du Président élu qui voudrait que ce pays calme sa frénésie et cesse de se débarrasser de son monceau de dollars par l’achat d’avions dispendieux et pour qu’il continue de vendre son énergie en pétrodollar (8).

 

Conclusion, du côté de la monnaie les conditions ne sont pas réunies pour attirer les investissements industriels ni le capital argent dans l’antre de la « démocratie » capitaliste mondialisée. Analysons les conditions de la deuxième variable, la fiscalité.

 

La variable fiscale.

 

Les capitalistes étatsuniens ont toujours eu un rapport antagoniste avec le fisc et ceci est particulièrement évident depuis que l’économie américaine a amorcé son déclin inéluctable à la fin des années soixante-dix. Si au cours des années cinquante le taux d’impôt sur les profits des entreprises dépassait les cinquante et les soixante pour cent, il y a longtemps que l’évasion fiscale, couplée à la réduction du taux d’impôt amorcée sous l’ère Reagan, a fait fondre les recettes de l’administration centrale.

 

Dès l’époque des Présidents Nixon et Reagan, les politiciens de gauche comme de droite ainsi que les économistes dits « néolibéraux » prétendaient que les baisses de taxes et d’impôts libéraient du capital pour l’investissement générant de la croissance et des revenus accrus pour l’État. Cette tactique pourrait se justifier si le problème de l’économie américaine était le manque de liquidités pour développer, mais il n’en est rien. Le capital est surabondant, il y a surproduction dans la plupart des secteurs et la Chine pourrait doubler son offre de produits si requis. C’est le marché domestique qui est paralysé d’où l’équipe Trump l’ayant compris lance de vastes programmes d’investissements publics qui créeront temporairement de la demande.

 

Cette aversion vis-à-vis la taxation est tellement incrustée dans la mentalité américaine que le Tea Party en a fait son thème privilégié, et Donald Trump, le multimilliardaire s’est vanté à la télé d’être un « smart guy » et de n’avoir rien payé au fisc pendant des années. Le Président élu a d’ailleurs promis de réduire l’impôt sur le revenu tout en garantissant qu’il augmentera considérablement les investissements publics dans les infrastructures et les dépenses en armement. Notons cependant que si les investissements en infrastructure sont productifs, les dépenses en armement sont économiquement in productives. Doit-on en conclure qu’il y a là une variable favorable à la réindustrialisation de l’Amérique ?

 

Pas du tout. Le budget fédéral tout comme celui des autres niveaux de l’administration publique (États et municipalités) est déficitaire depuis des décades, ces baisses de revenus prévues couplées à l’augmentation des dépenses annoncée entraineront la dette souveraine dans des profondeurs abyssales. D’autant plus que la hausse de la valeur relative du dollar, associée à la hausse des taux d’intérêt feront augmenter le prix des obligations d’épargne gouvernementales, la Réserve fédérale se substituant au marché pour acheter ces obligations flouées, accroitra d’autant la quantité de dollars de pacotilles en circulation. Cette conjoncture catastrophique poussera dans le sens d’une dévaluation drastique du dollar après une remontée spectaculaire suite à une spéculation boursière frénétique comme avant chaque krach boursier. C’est la raison pour laquelle la Chine, notamment, se débarrasse de ses dollars : « De plus, même si Japon a ravi à la Chine le rang de premier détenteur de bons du Trésor américains selon des données officielles publiées jeudi 15 décembre et détenait en octobre 1 131,9 milliards de dollars contre 1 115,7 milliards accumulés par la Chine continentale (hors Hong Kong), Pékin garde un levier de pression sur le financement de l’endettement américain » (9).

 

Pour conclure, disons qu’avec la mondialisation de l’économie, chaque pays concurrence son voisin sur le plan de la fiscalité si bien que cette variable n’a plus qu’une incidence secondaire sur la localisation des investissements.

 

La variable marché domestique et marchés étrangers.

 

Dans une économie impérialiste globalisée et intégrée, il est difficile de contrôler l’ensemble des variables pouvant assurer la relance industrielle et commerciale. Ainsi, l’injection de dollars US dans le circuit financier international a maintenu la puissance du dollar (monnaie de réserve) et nourrit la spéculation boursière avec du numéraire de pacotille, c’est-à-dire de l’argent non adossé à du capital concret (moyens de production, d’échanges ou de communication). D’un autre côté, cet argent a provoqué l’inflation (surtout pour les biens de consommation courants) et réduit d’autant le pouvoir d’achat des travailleurs américains. Ainsi, depuis la crise de 2008 aux États-Unis, des milliers de familles vivent dans les parcs ou dans leur voiture et le tiers des jeunes ménages sont retournées vivres chez leurs parents. C’est dire que la valeur de la marchandise « force de travail » s’est effondrée en même temps que la valeur réelle de la monnaie. La dévaluation d’une devise a toujours un cout pour les salariés et constitue toujours une façon de transférer le poids de la crise économique sur le dos de la classe ouvrière ce qu’aucun économiste-coolie n’osera confirmer. Ainsi, depuis quelques mois l’euro n’est plus supporté par la Banque Centrale européenne (BCE) et ce sont les ouvriers européens qui en paieront le prix.

 

Quand on pense que 70 % du PIB américain repose sur la consommation (contre 40% du PIB chinois), tout ceci a un impact direct sur le marché domestique et d’exportation. Les travailleurs consommateurs voient leur pouvoir d’achat s’étioler comme peau de chagrin pour cause d’un trop-plein d’argent en circulation entrainant la dévaluation de ce capital-argent. Comme il est impératif que la marchandise soit mise en marché – vendue et consommée – pour réaliser la plus-value, unique objectif de l’activité économique, les capitalistes internationaux ont donc imaginé un subterfuge, le crédit, la dépense anticipée du salaire du prolétaire – et du revenu du rentier – qui ne sera peut-être jamais versé ni encaissé. Ce faisant, les capitalistes creusent plus profondément les catacombes de leurs ambitions, provoquant davantage d’inflation et la dépréciation de la monnaie réduisant encore la consommation, les marchés, et les possibilités d’écouler la production. Il est alors facile d’imaginer que faute de marché, la production s’arrête, et ce faisant cesse la valorisation du capital finalité de l’activité économique capitaliste.

 

deficit1-300x214

Depuis 1976 les États-Unis enregistrent chaque année un déficit de leur balance commerciale (10). En 2015 ce déficit astronomique atteignait 530 milliards de dollars US soit 3% du PIB américain (11). Ces données reflètent le manque de compétitivité de l’appareil de production étatsunien dans le secteur des biens de consommation courants, mais elles dissimulent des excédents dans les secteurs de haute technologie (armement, informatique, communication, services de haut niveau, etc.). Quoi qu’il en soit, une économie nationale ne peut survivre indéfiniment en vivant aux crochets de pays étrangers avec lesquels elle accumule dettes et déficits répétitifs. Il est facile de prévoir que les créanciers de ce débiteur insolvable finiront par refuser de le financer. C’est alors que le danger d’un affrontement militaire atteindra son apogée.

 

Il faut se rappeler qu’il ne peut y avoir vente de marchandises s’il n’y a pas production de marchandises et qu’il ne peut y avoir capitalisation s’il n’y a pas d’abord production et ensuite commercialisation. Comme on le constate la variable marché domestique et/ou marché d’exportation est une variable dépendante dont le sort dépend de l’évolution des variables indépendantes qui sont en amont. Incidemment, la variable monétaire dévoile ici sa sensibilité relativement aux couts des moyens de production et particulièrement au prix social de la force de travail conditionné par le niveau de productivité du travail, productivité qui fixe la rentabilité de l’investissement capitalistique que nous allons maintenant examiné.

 

Les variables couts des moyens de production – énergie et main-d’œuvre.

 

On aura noté que le candidat Trump et sa faction de l’establishment avaient un véritable programme de campagne. Ces gens poursuivent un but très précis et vous remarquerez que pour chacune des variables énumérées ils présentaient des propositions, tout comme l’équipe Clinton incidemment – blanc Bonnet est pareil à Bonnet blanc évidemment.

 

En ce qui concerne l’énergie, l’équipe Trump repousse les billevesées écologiques et entend relancer la production de charbon, de gaz et de pétrole de schiste, la construction des oléoducs Canada-USA, etc. Le prix du baril de pétrole devra cependant augmenter. Vous comprenez maintenant la raison des admonestations du Président élu à l’endroit de son fidèle allié saoudien à l’effet que l’Amérique entend réduire son approvisionnement énergétique vis-à-vis des régions excentriques comme le golfe Persique où elle contrôle de moins en moins la situation se repliant sur ses alliés canadien (40 pour cent de son approvisionnement) et mexicain. Pourtant, tout ce fatras politique et diplomatique n’empêche pas de constater que les États-Unis n’ont aucun problème d’approvisionnement énergétique et que quelques mesures d’économie d’énergie pourraient facilement engendrer des surplus… Mais depuis quand l’économie d’énergie entraine-t-elle l’accroissement des profits ?

 

Le cout des transports.

 

L’affaissement du cout des transports intercontinentaux (par paquebots, conteneurs et vraquiers) explique également la facilité avec laquelle les usines peuvent se déplacer d’un pays à un autre, d’un continent à un autre. Il y a quelques années, un scandale alimentaire à propos de viande avariée en Europe a démontré que pour produire un simple plat surgelé pas moins de six entreprises et usines situées dans six pays différents étaient mises à contribution dans la fabrication-commercialisation de ces portions. Cependant, avec la mondialisation de la production cet avantage est international et n’avantage pas davantage les États-Unis que les autres pays.

 

Par contre, l’impérialisme américain performe plus que les autres dans la gestion des flux physiques et matériels dont la circulation exige un immense et complexe système de transport, de stockage et d’expédition. Aux États-Unis, la logistique emploie 3,5 millions de personnes, dont 85% dans les zones urbaines. Les « clusters », bases de réception, de préparation et de distribution de Los Angeles, Chicago et New York regroupent chacun environ 100 000 salariés. UPS en emploie 20 000 à Louisville et Fedex 15 000 à Memphis (12). On le constate, les États-Unis sont restés un pays industrialisé à forte productivité.

 

Salaires, cout de la force de travail et productivité.

 

Il faut d’abord spécifier que salaire et cout de la force de travail ne sont pas des équivalents. Le salaire ne comprend que la rémunération brute encaissée par le salarié, comprenant les impôts qu’il devra verser, alors que le cout social de sa force de travail comprend les taxes et les frais indirects requis pour assurer sa reproduction élargie (allocation de revenu fourni par l’État, services de santé, d’éducation, culturel et sportif et autres services étatiques).

 

Salaires et cout de la main-d’œuvre voilà une variable importante que l’équipe Trump a abordée avec célérité. Depuis les années quatre-vingt, la bourgeoisie américaine mène une guerre de tous les instants contre la classe prolétarienne américaine et elle y connait de grands succès. Ainsi, aussi peu que 11,3 % de la main-d’œuvre salariée est syndiquée. La syndicalisation est extrêmement difficile et maints ouvriers étatsuniens jugent qu’il est inutile de se syndiquer aux vues des luttes économiques liquidées par l’aristocratie petite bourgeoise et la bureaucratie syndicale.

 

« La précarité n’est qu’un aspect de la dégradation générale des conditions de travail et de vie de la majorité des salariés américains : baisse des salaires réels horaires et hebdomadaires, aujourd’hui inférieurs au niveau de 1972 ; impossibilité pour 30% des travailleurs de vivre sans recourir à des aides publiques ; déséquilibre du rapport profit/salaire, la part du capital dans le revenu national étant passé entre 1979 et 2010 de 18,8% à 26,2% » (13). La précarité c’est aussi le nombre de salariés en contrat court ou à temps partiel forcé qui est passé de 18,7 millions en 1995 à 21,6 millions en 2005. On dénombre plus de 22 millions de travailleurs en position vulnérable (c’est-à-dire plus vulnérable encore que les autres) ce qui crée une pression à la baisse des rémunérations et l’aggravation des conditions de travail pour l’ensemble des salariés. Démagogue, Trump a surfé sur cette désespérance ouvrière en attribuant la cause aux travailleurs immigrés alors que les immigrants illégaux ne peuvent même pas prétendre à ces postes de mauvaise qualité. Ils se contentent de boulots encore plus misérables. Certes, là où 27% des salariés du privé travaillaient en usine en 1980, ils ne sont que 11% en 2010. « Mais pourquoi 5 millions d’emplois de ce type ont-ils disparu ? Et où ? Surtout dans les secteurs traditionnels comme l’acier et le textile. Seul le cinquième de ces 5 millions d’emplois détruits l’ont été par les importations venues de pays à bas salaires. Délocalisation et sous-traitance n’expliquent pas tout. Dans les produits Made in USA, la part des composants fabriqués sur le sol étatsunien (…) est estimée à 85-90% » (14).

 

« En termes réels, la production industrielle étatsunienne a crû de 131 % entre 1982 et 2007 (avant la crise de 2008), soit de 5% par an : une croissance ralentie comparée à celle des années 1960, cependant la différence est bien moindre qu’on l’imagine (les « Trente Glorieuses » s’enorgueillissaient d’une augmentation annuelle de 6%). Cette progression a été effectuée par une main d’œuvre nettement réduite, mais les pertes d’emploi ont surtout eu lieu pendant les quatre grandes récessions : moins 2,5 millions d’emplois lors de la crise de 1980-82, moins 725.000 lors de celle de 1990-92, moins 678.000 lors de celle de 2000-2003, et 2 millions de moins après 2008 » (15).

 

Pour ce qui a trait au mouvement féministe petit-bourgeois supporteur inconditionnel de la multimillionnaire et criminel de guerre Hillary Clinton, disons que de 1990 à 2010, 8 millions de femmes supplémentaires se sont « libérées » pour travailler dans des « sweats shops » à pratiquer des métiers manuels, pénibles et mal payés créant une pression supplémentaire à la baisse sur les salaires.

 

En 2016, le Président Obama a haussé de quelques sous le salaire minimum pour les employés sous-payés de l’État fédéral. C’est que l’État capitaliste s’est aperçu de deux choses : d’une part, le niveau des salaires est si bas aux États-Unis qu’il ne permet plus à une portion de la classe ouvrière d’assurer sa reproduction élargie (reproduire sa force de travail et celle de sa famille), ce qui provoque des pénuries d’employés dans certains secteurs d’activités entrainant une pression à la hausse sur les salaires. Ensuite, le niveau dérisoire des salaires entraine l’abandon du travail légal par une portion des salariés qui préfèrent offrir leurs services sur le marché illicite et pour les activités du monde interlope. Le banditisme et le crime contre la personne explosent aux États-Unis, ce qui coute cher en assurance, en service de police répressif, et encombre le système de justice ainsi que le système carcéral. Enfin, la diminution constante du salaire moyen et médian réduit globalement le marché de consommation solvable pour une portion de plus en plus grande des salariés qui aujourd’hui surendettés ne trouvent plus à emprunter et cessent de consommer d’où l’explosion des friperies, des soupes populaires et autres œuvres caritatives absolument non lucratives pour le grand capital.

 

En 2015-2016, l’administration Obama a implanté la loi sur l’assurance maladie obligatoire pour tous les employés, loi qui vise à soutenir la consommation de produits de santé et la tonte des brebis ouvrières par le grand capital pharmaceutique, les services médicaux privés et les compagnies d’assurance. Sous prétexte de fournir à chaque ouvrier une assurance pour ses soins de santé l’industrie des soins médicaux a imaginé taxer directement les ouvriers afin de remplir ses goussets et ceux des compagnies d’assurance. Les petits bourgeois et les plumitifs compassés ne comprennent pas pourquoi les ouvriers étatsuniens, qui auparavant étaient assurés par leurs employeurs, se rebiffent contre le fait que l’État Démocrate « progressiste » a déchargé les grandes entreprises de cette responsabilité pour la mettre sur le dos des salariés alors que les employés qui n’étaient pas assurés n’ont toujours pas les moyens d’assurer leur santé au travail avec ces tarifs prohibitifs. Incidemment, le candidat Républicain Donald Trump a surfé sur cette insatisfaction lors des élections. Sitôt élu il a trahi sa promesse d’abolir ce programme très avantageux pour les capitalistes de l’assurance, de la santé et de la pharmacologie et promis de simplement modifier la législation. Ainsi, les ouvriers ont pu confirmer au cours de cette élection bidon que Républicain ou Démocrate c’est du pareil au même et que les élections bourgeoises sont des « pièges démocratiques ».

 

Au final, comme le démontre ces données, la première cause du déclin économique américain n’est pas la délocalisation, qui ne constitue qu’une forme d’adaptation du capital productif aux conditions d’expansion (géographique) et d’intensification (physique) de l’exploitation de la force de travail mondial, mais l’augmentation de la productivité, c’est-à-dire l’intensification systématique par la mécanisation, la robotisation, l’informatisation de l’exploitation de la force de travail, ce qui signifie que les mesures préconisées par l’équipe des ploutocrates dirigeant le gouvernement de Donald Trump pourront éventuellement provoquer une expansion de la production sans générer pour autant un accroissement de l’emploi, mais plutôt une intensification de l’exploitation de salariat pourtant déjà surexploité.

 

11-04-deloc_72-381x300

La variable des accords de libre-échange.

 

Nous l’avons indiqué précédemment, cette variable est dépendante, en ce sens qu’elle ne s’impose pas au début du processus de délocalisation industrielle ou de « réindustrialisation » forcée comme l’appellent les « économistes indignés ». Elle survient à la fin du processus de redéploiement industriel, quand les oligopoles multinationaux ont finalement redéployé leurs activités afin d’exploiter la « force de travail » local dans chacune des régions du globe où elle s’avère la plus « exploitable ». Ainsi, la production d’avions ne sera pas délocalisée au Vietnam, mais elle le sera en direction de la Chine si cette contrée peut offrir une main-d’œuvre hautement formée et qualifiée (aux frais du prolétariat local), mais à un prix déclassifié. Les accords internationaux de libre-échange viendront cristalliser ces rapports de force et pacifier ces rapports de production entre puissances internationales alliées et concurrentes. L’ennemie ultime de chacun de ces belligérants impérialistes n’est pas le concurrent capitaliste, mais la classe prolétarienne de chacun de ces pays prétendants aux profits d’investissement. Nous sommes ici au cœur du mode de production capitaliste rendu à sa phase impérialiste. Toujours se rappeler que l’impérialisme n’est pas une politique hégémonique de grande puissance comme on le pense depuis Lénine, mais un stade de développement économique affectant l’ensemble d’un mode de production et produisant conséquemment des comportements sociologiques, politiques, militaires et diplomatiques spécifiques… des comportements de survie d’un mode de production décadent voué à disparaitre.

 

Les législations douanières, tarifaires, du droit du travail, et du droit fiscal que se sont façonnées (ou qui ont été forgées par les fonctionnaires de Bruxelles, de Washington, d’Ottawa et de Canberra) les multinationales présentes dans l’espace de Schengen, dans l’aire de l’ALENA et dans la sphère de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) assurent que la force de travail salarié, au plus bas prix payé, sera exploitée par les multinationales apatrides et qu’ensuite leurs profits pourront migrer sereinement vers les paradis fiscaux afin de se soustraire à l’impôt et aux charges sociales toujours considérées comme exécrables par ceux qui ont vocation de recueillir le maximum de profit à redistribuer aux actionnaires avides de réinvestir ce capital pour un nouveau cycle de reproduction élargie, et ainsi va la vie économique sous l’impérialisme décadent.

 

La classe prolétarienne.

 

En définitive, le problème de l’Amérique n’en est pas un de délocalisation industrielle, de profusion de main-d’œuvre immigrante apatride, de médiocrité d’alliés affamés, ou de concurrence déloyale de pays capitalistes « émergents », mais strictement un problème de valorisation du capital surabondant dans une économie mondiale ayant atteint sa maturité et une forte productivité grâce au travail robotisé. Si le capital revenait aux États-Unis ou dans tout autre pays amis ou ennemis – mais toujours concurrents – c’est que le taux de profit y aurait été rétabli à l’avantage du capital international et la situation ne pourrait être que temporaire puisque la composition organique du capital ne pourrait que recommencer à se détériorer jusqu’à la prochaine guerre généralisée.

 

Comprenez-moi bien, le problème de l’Amérique est celui que connaitront tous les capitalistes de ce monde impérialiste, il se présente avec plus d’acquittés en Amérique parce que ce capital est plus avancé que les autres dans la maturation de ses contradictions. Ce qui se passe aujourd’hui en Amérique préfigure ce qui se passera partout ailleurs dans quelques années.

 

Deux voies s’offrent au prolétariat du monde entier, enfin mondialisé : soit, suivre l’exemple de certains salariés étatsuniens et vendre leur force de travail en dessous du prix de revient – sous le seuil de reproduction élargie – jusqu’à leur extinction en tant que classe d’exploitation ; ou alors, résister de toute leur force à la disparition, refuser les fermetures d’usines et les baisses de salaires, faire grève jusqu’à participer à l’insurrection populaire qui surviendra inexorablement, renverser et détruire l’État policier et ne pas en prendre le contrôle ou la direction comme le propose les gauchistes, prendre la direction de l’insurrection en tant que classe « en soi » et « poursoi » et enclencher la révolution prolétarienne, ou périr, car n’ayez aucune illusion camarades, les capitalistes seront poussés jusqu’à la guerre nucléaire pour s’accrocher à ce mode de production moribond.

 

 

NOTES

 

(1)               Robert Bibeau (2016)  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/aggravation-de-la-guerre-monetaire-preparant-la-guerre-nucleaire/

(2) Luc Mampaey directeur du GRIP. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/trump-et-wall-street-anticipations-positives-pour-le-secteur-de-larmement/

(3) Robert Bibeau (2015) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-entreprises-americaines-delocalisent-aux-etats-unis/

(4) Luc Mampaey directeur du GRIP. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/trump-et-wall-street-anticipations-positives-pour-le-secteur-de-larmement/

(5) Luc Mampaey directeur du GRIP. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/trump-et-wall-street-anticipations-positives-pour-le-secteur-de-larmement/

(6) https://investir.lesechos.fr/traders/forex-infos/la-baisse-du-yuan-revient-hanter-les-marches-1620385.php#57emqAUS442pVoGs.99

(7) http://www.boursorama.com/actualites/enquete-le-yuan-a-la-baisse-avec-le-dollar-et-les-sorties-de-capitaux-e510052236dbdb909c05d3430fa99b5f http://investir.lesechos.fr/traders/forex-infos/la-baisse-du-yuan-revient-hanter-les-marches-1620385.php

(8) http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0211584683296-liran-achete-80-avions-a-boeing-2049567.php

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/12/11/97002-20161211FILWWW00041-l-iran-a-signe-avec-boeing-l-achat-de-80-avions.php

(9) http://www.boursorama.com/actualites/enquete-le-yuan-a-la-baisse-avec-le-dollar-et-les-sorties-de-capitaux-e510052236dbdb909c05d3430fa99b5f

(10)           http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/USA/fr/NE.RSB.GNFS.ZS.html

(11)           http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/USA/fr/NE.RSB.GNFS.CD.html

(12)           D’après https://ddt21.noblogs.org/?page_id=1260.  Référence Kim Moody, US Labor : What’s New, What’s Not ? 2016. Kim Moody a participé à l’International Socialist Organisation, et fondé et longtemps animé la revue Labor Notes. Parmi ses livres : US Labor in Trouble & Transition, Verso, 2007.

(13) D’après https://ddt21.noblogs.org/?page_id=1260. Référence Kim Moody, US Labor : What’s New, What’s Not ? Kim Moody a participé à l’International Socialist Organisation, et fondé et longtemps animé la revue Labor Notes. Parmi ses livres : US Labor in Trouble & Transition, Verso, 2007.

(14)           D’après https://ddt21.noblogs.org/?page_id=1260  « Selon le Ministère du Commerce américain, en 2014, « Le contenu interne [domestic content] se montait à 51 cents pour chaque dollar dépensé par les consommateurs et les entreprises dans l’achat de produits manufacturés. » Cette statistique indique une moyenne, la proportion variant fortement, de 79% pour les produits alimentaires à 7% pour le tabac. Chiffres sensiblement différents de ceux de Moody, mais qui en tout cas ne confirment pas l’idée d’un raz-de-marée désindustrialisateur » http://www.esa.doc.gov/sites/default/files/whatismadeinamerica_0.pdf

(15) D’après https://ddt21.noblogs.org/?page_id=1260. Référence Kim Moody, US Labor : What’s New, What’s Not ? Kim Moody a participé à l’International Socialist Organisation, et fondé et longtemps animé la revue Labor Notes. Parmi ses livres : US Labor in Trouble & Transition, Verso, 2007.

 

 

17 pensées sur “« AMERICA COMES FIRST AGAIN ! » RÉALITÉ OU UTOPIE ?

  • avatar
    6 janvier 2017 à 4 04 26 01261
    Permalink

    « L’establishment économique qui a placé son protégé à la Présidence sait très bien que ces accords ne font qu’entériner les rapports de force économique, politique, diplomatique et militaire et qu’il faut d’abord modifier ces rapports de force internationaux avant d’espérer rouvrir les négociations pour obtenir de nouvelles concessions de ses alliés et concurrents »

    Balivernes, manipulations et surtout, aporie. Si l’oligarchie est mondiale, c’est qu’elle ne se fait pas concurrence (et pour cause, ils sont actionnaires des mêmes multinationales) ou alors, uniquement contre les réfractaires, mais ces derniers ne sauraient êtres divisés selon leur nationalité, mais uniquement selon leur vison contraire à l’intérêt de l’oligarchie mondiale. Orwell l’explique dans 1984, mais aussi les grands argentiers qui financent quasi systématiquement les guerres et les industriels qui arment tous les belligérants.

    On ne peut pas s’allier pour se faire la guerre, même économique, sauf si ladite guerre est un leurre. Guerre vendu aux salariés, prolétaires économiques pour les maintenir dans la soumission et la peur. Mais qu’un supposé gauchiste, un vrai de vrai comme toi, prétendant faire la leçon, reprenne et soutienne ce genre d’escroquerie lui ôte (de ma part) toute crédibilité.

    tu veux débattre ? De quoi ? De dire aux gens en guise de conclusion que la seule issue pour eux n’est ni le socialisme, ni le communisme, ni l’anarchisme, mais le chaos total où il n’y à plus rien à garder, donc, où tout doit être détruit ? Comment crois tu pouvoir convaincre quiconque de passer à l’insurrection alors qu’au bout du compte il n’y a rien ?

    Tu serais payé par ces mêmes oligarques pour faire accroire qu’en dehors du capitalisme moribond et décadent il y a pire, c’est à dire, l’insurrection pour la destruction de toute la société, mais que c’est la seule voie possible ne m’étonnerai pas.

    Tu va me dire que tu ne répond pas à ceux qui parle de la sorte et je te répondrais que c’est normal, vu que tu n’a rien d’autre à dire que laisser penser qu’il n’y a rien d’autre que le chaos, parce que si on te demande comment sera la société idéale sortie de ce chaos, tu répond…. LE NEANT !

    Tu utilise donc la méthode du parfait petit VRP, donner une vérité pour faire passer un gros mensonge et vendre de la merde.

    Répondre
    • avatar
      6 janvier 2017 à 10 10 35 01351
      Permalink

      Merci pour ton commentaire très apprécié Hervé. Il me permettra de clarifier des choses

      Allons-y par étape

      1) OUI la classe capitaliste monopoliste est devenu mondiale – internationale – globale et inter reliée depuis que le MPC est entrée dans sa phase IMPÉRIALISTE. Il se coopte aux conseils d’administration – se prète de l’argent – du capital – s’entraide – se vendent des armes, etc.

      2) Tout ce que je viens d’écrire n’empêche pas que malgré leur grande volonté de coopérer – de s’entraider pour exploiter les prolétaires salariés – ils sont de ce fait en concurrence féroce – d’autant plus féroce qu’ils sont au sommet de la hiérarchie des puissants économiquement. Exemple les français qui veulent bloquer l’achat des chantiers de St-Nazaire parles milliardaires chinois.

      3) C’est le mode de production – dans sa logique de fonctionnement qui les pousse inexorablement à se confronter – concurrencer pour s’absorber afin de faire face à l’autre concurrent plus gros ou plus petit mais en apptit et agressif – etc.

      4) Cette GUERRE ÉCONOMIQUE ET COMMERCIALE ET ENFIN FINANCIÈRE ET MONÉTAIRE avant que d’être MILITAIRE inexorablement (deux déjà et on va vers la 3e) est inévitable et je n’y peut rien je me contente d’en aviser le prolétariat et les petits-bourgeois pour qu’ils voient venir.

      5) Voient venir et quand le chaos – que je n’ai pas souhaiter – ne pas tirer sur le messager parce que vous n’aimez pas le message – deux choses seront possibles alors

      6) L’anarchie et la classe capitaliste en profite pour se refaire une virginité et reprendre la timonerie – comme MAO en Chine (1949)

      7) L’insurrection populaire (qui ne sera pas encore prolétarienne et donc pas encore une RÉVOLUTION) CAR le capital peut faire le chaos – le peuple peut faire L’INSURRECTION, mais seul LE PROLÉTARIAT PEUT FAIRE LA RÉVOLUTION – et si le prolétariat le comprend – et prend ses responsabilités historique (conscience de classe en soi et pour soi) il changera le monde non pas en détruisant -le mode de production capitaliste – cela le chaos de la guerre et l’insurrection populaire l’auront très largement accompli – LA RÉVOLUTION consiste non pas à détruire – démanteler – renverser – comme Lénine – les bolchéviques et toute la gauche marxiste l’a cru pendant longtemps

      8) LA RÉVOLUTION CAPITALISTE a consister à construire le nouveau mode de production capitaliste sur les cendres du mode de production féodale que les CITOYENS PAYSANS FRANÇAIS AVAIENT DÉTRUIT.

      9) LA RÉVOLUTION ROLÉTARIENNE consistera à construire le MODE DE PRODUCTION COMMUNISTE sur les cendres du MODE DE PRODUCTION CAPITALISTE

      10) De quoi aura l’air c nouveau mode de production ??? Marx si est essayé par quelques allusions mais je crois qu’il ne pouvait le dire (1860 ??? laissons le capitalisme mûrir) Je n’ai pas l’intelligence ni l’expérience ni la connaissance suffisante pour te dire ce que sera le mode de production communiste – Mais parait-il que des traces de ce MPC préexiste sous le capitalisme

      MERCI DE ME LES INDIQUER

      Robert Bibeau Encore merci pour ton intervention.

      Répondre
      • avatar
        7 janvier 2017 à 5 05 19 01191
        Permalink

        Bonjour Robert

        Il y a deux manière de penser l’avenir du capitalisme pour les capitalistes. Celle mondialisée et celle nationaliste, or, le capitalisme ne peut survivre que limité aux nations, mais ne peut survivre à la mondialisation effective de l’économie. Pourquoi cela ? Tout simplement parce que le capitalisme ne peut se justifier aux yeux des prolétaires que dans un monde en concurrence perpétuelle. Là où nous ne sommes pas d’accord, c’est sur le fait que le but du capitalisme n’est pas la concurrence ou la guerre, mais l’exploitation d’autrui à son profit exclusif. Seulement, pour atteindre ce but, la concurrence et la guerre sont les seuls moyens pour imposer ce système inique d’exploitation. Autrement dit, les gens confondent la fin et les moyens !

        Ainsi, la concurrence entre capitalistes au niveau international ne se situe pas ou plus au niveau de la concurrence économique, celle ci, même illusoire comme dans 1984 d’Orwell, étant nécessaire pour maintenir l’oppression sur le prolétariat, mais sur le meilleur moyen de maintenir le système en place, soit par la mondialisation, soit par le nationalisme, or, seul le nationalisme permet ce maintien car il perpétue l’idée de la concurrence et de la soumission des prolétaires là où la mondialisation le dilue de manière mécanique.

        Le progressisme ne peut pas consister à agir en réaction à la politique d’autrui car c’est, par définition, être réactionnaire. Le progressisme, ne peut consister qu’à fonder sa politique sur son propre raisonnement, sa propre philosophie qui seule permet de dépasser celle qui agit dans le présent (le capitalisme). Ainsi, lutter contre le N.O.M n’est pas être progressiste, mais réactionnaire, le progressisme consiste bien au contraire à penser le N.O.M selon sa propre analyse.

        Et dans cette analyse, le prolétaire n’est prolétaire que dans le système capitaliste, mais pas ou plus dans le système communiste ou plutôt anarchiste (qui n’est pas le chaos), tout simplement parce que si la propriété économique disparaît, alors, le prolétaire disparait avec lui. Autrement dit, continuer à parler de prolétariat pour parler de communisme ou d’anarchisme est une aporie qui interdit l’idée même du communisme de surgir. Bref, tu t’interdit toi même de penser le communisme !

        Voila pourquoi je parle depuis le début de responsabilité. Je ne vais pas m’étendre plus, j’ai écris des articles l’introduisant et pour comprendre plus finement ce que je dis, il faut d’abord comprendre le principe de relation de causalité et tant que je ne l’ai pas expliqué, je ne peux m’en prendre qu’à moi même si personne n’arrive à me suivre. J’avais promis de l’expliquer pour la fin de l’année, je ne l’ai pas fait pour des (mauvaises) raisons qui me sont propres, mais je ne peux plus continuer à rester silencieux…

        En attendant, je t’ai maintes fois invité à lire mes articles traitant de la responsabilité et pour l’instant, tu semble n’en avoir lu qu’un seul. Tu y trouvera, entre autres, la réponse à ta dernière question. Ainsi, tandis que je lis tes articles, tu n’a lu qu’un seul article de moi, bien que tu ai reconnu la justesse d’analyse contenu dans cet article, tu n’a pas eut la curiosité d’en savoir un peu plus. D »autant que la solution y est écrite, certes indirectement, mais tout bon économiste ou personne doué d’une forte capacité d’analyse et d’un faible conditionnement, peut en déduire le développement logique.

        Bonne journée…

        Répondre
        • avatar
          7 janvier 2017 à 12 12 16 01161
          Permalink

          En effet nous divergeons fondamentalement de vision HERVÉ

          1) Le capitalisme ne peut demeurer NATIONAL (sur le plan économique) Le capitalisme n’est déjà plus national sur le plan économique toujours – et son développement mondial – international inéluctable force les politiciens – les militaires – les gouvernements à s’aventurer de plus en plus profondément dans les affaires politiques internationales – les ententes – les traités mais les guerres également. Tout ceci n’est que la manifestation dans les différentes instances de la mondialisation inévitable de l’instance économique.

          2) La phraséologie nationaleuse n’est que la complaintes des désespérés qui voudraient s’accrocher au passé. Ce n’est pas parce qu’ils font beaucoup de bruit qu’ils pourront ramener le navire impérialiste mondialisé à quai

          3) Il y aurait tant à répondre mais je me limiterai à un point pour terminer EN EFFET L’ABOLITION DES RAPPORTS DE PRODUCTION CAPITALISTES NOTAMMENT DE L’ÉTAT bourgeois et de la propriété privé des moyens de production, d’échanges et communication abolira le prolétariat ÉVIDEMMENT dans les faits mais pas immédiatement dans les têtes l’instance idéologique retarde toujours sur l’instance économique et politique

          4) La classe prolétarienne s’auto-libérera s’auto-désaliénera ce qui signifie s’auto-détruira en se constituant comme le peuple – sans classe sociale – le peuple mondial – ce processus dépendra de la vitesse – du temps de construction du nouveau mode de production communiste

          Je ne crois pas que cela se fera instantanément – pas plus que le mode de production capitaliste s’est construit en 1789

          Il faudra reprendre cette discussion passionnante HERVÉ.

          Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

          Répondre
          • avatar
            7 janvier 2017 à 19 07 03 01031
            Permalink

            Je crois que nous en avons déjà parlé, le capitalisme pousse « naturellement » vers la mondialisation de l’économie, ceci est évident et n’est pas ce que je conteste. Ce que je dis, c’est que c’est ce qui le pousse à sa perte. C’est là, la deuxième contradiction fondamentale du capitalisme, le fait qu’elle se pousse elle même vers sa propre fin et la seule manière d’y échapper est la guerre pour interdire le communisme, qui lui ne peut être effectif qu’en étant mondialisée. Pourquoi ? tout simplement parce que c’est dans leur définition propre ! Le capitalisme se nourrit de la confrontation et donc de la division, pour pouvoir gouverner par la terreur et exploiter, là où le communisme se nourrit de la coopération et donc de l’union. Donc, un monde divisé pour le capitalisme et un monde uni pour le communisme.

            Le mode de production capitaliste ne s’est certes pas construit d’un seul coup en 1789, il s’est construit bien avant dans ses fondements, soit, avec la souveraineté territoriale qui fut, comme nous le rappelle Rousseau, l’acte fondateur de la propriété. Le capitalisme fut donc d’abord terrien et sa souveraineté avant de devenir industriel et sa propriété avec l’ère bourgeoise.

  • avatar
    6 janvier 2017 à 8 08 37 01371
    Permalink

    Ce qui est remarquable avec les analyses économiques qu’elles soient classiques ou marxistes est qu’elles font toujours totalement abstraction de ce qui rend la civilisation possible, et donc autant le capitalisme que le marxisme possible. Elles font toujours abstraction du fait que le concept de civilisation implique de placer l’homme sur un piédestal non seulement par rapport à la femme, mais aussi par rapport à l’ensemble du vivant et du non-vivant. Un tel concept n’a jamais été et ne sera jamais durable, et encore moins quand la civilisation devient industrielle.

    Dans un tel contexte élargi, le prolétaire devient le soldat d’élite de la civilisation industrielle, celui qui construit les routes qui traversent les forêts de façon indécentes pour y amener toutes les autres nuisances de la civilisation, celui qui extrait les matières premières dans les mines, et qui contribuent ainsi à l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables et aux pollutions et destructions causées par ces industries. Nous pouvons multiplier ce genre d’exemples, mais de toutes façons je ne me fait pas d’illusion, quand un exemple ne suffit pas à convaincre, 100 exemples ne le peuvent pas d’avantage.

    Nous savons tous que nous vivons en direct la sixième extinction massive de l’histoire de la Terre et que celle-ci est causée par notre mode de vie. 200 espèces disparaissent pour toujours de la surface de la Terre chaque jour, et les politiques ne savent que nous dire que l’économie a toujours raison et en pratique et tous partis confondus, ils implémentent toujours les mêmes politiques fascistes. Même les écolos ne savent rien dire de mieux que grâce aux technologie vertes nous pouvons continuer à polluer, cette fois-ci avec de la pollution durable.

    Car les deux seules choses durables avec leur mode de vie sont la destruction systématique de la nature et sa pollution globalisée. Ceci pour dire que nous vivons une époque fantastique où l’espoir à disparu. Même les dieux ne font plus recette quand leurs représentants mettent des ceintures d’explosifs sur des gamines de 8 ans pour les expédier au paradis. Il ne reste donc plus que le désespoir. Et cela est super car face au désespoir l’être humain réagi de deux façons, soit en se suicidant ce qui laisse de la place aux autres, soit en combattant les causes de ce désespoir, c’est-à-dire en faisant la révolution.

    Et c’est là que cela devient intéressant, mais encore à la condition de ne pas se tromper d’ennemi. La véritable cause de nos problèmes n’est pas le capitalisme ni le marxisme mais ce qui rend possible ces deux frères ennemis: la civilisation.

    Répondre
    • avatar
      6 janvier 2017 à 10 10 59 01591
      Permalink

      @ Dominique deux remarques si tu le permets

      1) TU écris ceci « Même les dieux ne font plus recette quand leurs représentants mettent des ceintures d’explosifs sur des gamines de 8 ans pour les expédier au paradis. Il ne reste donc plus que le désespoir. »

      Sais-tu que tu manifestes ainsi TON ADHÉSION et ton aliénation à cette civilisation occidentale que tu dénonces ??? En effet, tu répète ce que les médias bourgeois radotent à l’envie. A) Pourquoi de tels agissements selon toi ??? B) Pourquoi n’as-tu pas choisit plutôt l’exemple des avions de l’OTAN qui en Afghanistan, en Irak, au Yémen, en Syrie tirent de bombes à neutron ou des bombes avec plutonium appauvri et ont tuer plus d’un million de gens dans ces 4 pays réunis depuis 2012 environ ??? Parce que les médias mainstream n’en parle pas alors ça n’existe pas

      Tu t’inquiètes de la disparition des espèces et pourquoi ne pas t’inquiéter de la disparition de l’espèce humaine ???

      2) NON l’ennemi ce n’est pas LA CIVILISATION = DE FAIT la civilisation qu’est-ce que c’est ??? C’est le nom que l’on donne au mode de production le plus récent = la civilisation capitaliste qui n’est pas un ennemi – mais une réalité qui organise la civilisation qu’il nous faut changer pour survivre comme espèce

      3) Pardonne-moi de me préoccuper des hommes et des fememsdes êtres humains avant de me préoccuper des chats et des pit bulls.

      Répondre
      • avatar
        7 janvier 2017 à 5 05 41 01411
        Permalink

        Bonne réponse Robert !

        choisir l’enfant poseur de bombe artisanale qui tue en premier l’enfant, plutôt que le soldat, bien plus manipulé et conditionnée qu’un enfant et dont les bombes ne tue que par accident le lanceur de bombe est en effet, symptomatique du conditionnement dans lequel on vit et montre la faiblesse des esprits, abrutit par une propagande usant à satiété des méthodes sophistes.

        Dominique, la véritable raison de « nos » problèmes est la volonté d’appropriation du temps de vie d’autrui (de toutes les espèces vivantes) à son profit et dont le moyen d’y parvenir est le système capitaliste. Une des grande prouesse des thuriféraires du capitalisme est d’avoir su imprégner dans l’esprit des gens, l’idée que le communisme était un interdit de penser, exactement comme le fit avant eux les religieux sur l’héliocentrisme, où la Terre devait être absolument le centre de l’Univers. Ton commentaire en est un exemple parmi tant d’autres !

        Répondre
        • avatar
          7 janvier 2017 à 12 12 30 01301
          Permalink

          Nous divergeons évidemment d’opinion et cela FONDAMENTALEMENT sur ce point HERVÉ
          Tu écris :  » est la volonté d’appropriation du temps de vie d’autrui (de toutes les espèces vivantes) à son profit et dont le moyen d’y parvenir est le système capitaliste. »

          Mon hypothèse est comme les fourmis ne savent chacune ne faire qu’une chose – l’ouvrière – la guerrière – la reine – les nourricières elles le font inlassablement et tant que la fourmilière fonctionne elles ne se questionnent jamais – quand survient un changement dans l’environnement deux réactions possibles = 1) Incapable de s’adapter elles disparaissent avec la fourmilière 2) Elles modifient tranquillement leur comportement s’adaptant aux nouvelles conditions de l’environnement et elles survivent mais différemment

          Plus l’animal vit dans un monde – société – complexe – et gigantesque -plus l’adaptation est compliquée – difficile – risquée, mais avec de bonnes chances d succès. Les dinosaures solitaires ne pouvaient le faire immenses avec d’immenses besoins sur une terre ravagée.

          Le petit mammifère sociabilisé, sous terre avec de petits besoins et des rapports de production élaborée a réussit = je ne crois pas que ce soit une conséquence du temps de vie usurpé mais du temps de vie consacrée à assurer la reproduction élargie de la vie.

          Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

          Répondre
          • avatar
            7 janvier 2017 à 19 07 49 01491
            Permalink

            Robert, je ne vois pas où est l’opposition ?!

            Surtout, ton exemple est vide, il ne veut rien dire par rapport à la phrase que tu conteste.

            Je te parle de la raison d’être du capitalisme et toi tu viens me parler des fourmis et des dinosaures ! Tu te fous de moi ?

            D’ailleurs, essai donc de me montrer où est le rapport entre le but du capitalisme définit ici et l’adaptation des fourmis ou des dinosaures à un environnement changeant ? absurde !

            D’autant plus absurde, que ce n’est pas au capitalisme de s’adapter à quoi que ce soit, mais aux êtres qui le font vivre, d’aller vers le communisme pour s’adapter aux changements des conditions sociales. Toujours à confondre l’objet du sujet, la fin des moyens. Là, c’est ton conditionnement qui est en cause et faut en « féliciter » les maîtres sophistes du capitalisme, qui ont si bien su faire passer des vessies pour des lanternes, que plus personne n’est capable d’un raisonnement cohérent dès qu’on aborde le sujet économique et politique. Du grand art de manipulation des esprits dont tu es une vrai caricature. mais rassure toi, tu es malheureusement la norme…

            Reprend donc la phrase que tu conteste et argumente dessus, si tu en es capable, ce que je doute fortement. En fait, je n’ai encore rencontré personne qui soit capable de la contester sur le fond sans tomber dans le ridicule ou faire appel au sophisme.

            Conteste donc cette définition de la monnaie comme « la mesure de la valeur du temps de vie dédié à autrui ou détenu sur autrui ». Sans faire appel aux fourmis et autres dinosaures !

  • Ping : REALITY OR UTOPIA ??? - Generale Russo VenausGenerale Russo Venaus

  • avatar
    7 janvier 2017 à 14 02 09 01091
    Permalink

    D’abord, si je cite cet exemple d’enfants envoyés à la mort par des fondamentalistes qui leur promettent le paradis, c’est pour montrer que même les croyants ne croient plus au paradis, ceci car s’ils y croyaient, ils mettraient eux-même ces ceintures d’explosifs afin de pouvoir aller au paradis et, dans le cas des islamistes, s’envoyer en l’ai avec ses 32 vierges.

    De plus pour moi le communisme est une mauvaise réponse à un vrai problème. C’est une mauvaise réponse car si je considère que le capitalisme est un mauvais système de société, je considère aussi que se débarrasser du capitalisme sans se débarrasser de ce qui le rend possible, la civilisation, n’a aucun sens. Les communistes proposent une révolution prolétarienne, or les prolétaires ne sont rien d’autre que les soldats d’élite de la révolution industrielle. Ce sont eux qui creusent les mines et qui, pour se faire, détruise l’environnement de régions entières. Ce sont eux qui construisent les routes qui traversent les forêts et y amènent toutes les autres nuisances de la civilisation (pour chaque kilomètre de route construite dans la forêt amazonienne et dans la forêt du delta du Niger, 3 kilomètres de routes illégales y sont construites par des gens et des sociétés qui n’ont d’autre but que d’exploiter les ressources de la forêt et qui pour cela la détruise). Ce sont les prolétaires qui font tourner les usines de la civilisation industrielle.

    Quand aux écolos ils sont généralement encore pire car toute leur communication peut se résumer en une phrase: « Polluer durable ! »

    De plus, les peuples non civilisés qui existent encore sont en train d’être détruit par la civilisation industrielle. Or ces peuples sont les preuves vivantes que l’humanité a su développer des formes de sociétés durables et ceci hors de toute civilisation. L’histoire nous apprend également que de toutes les civilisations qui nous ont précédées, aucune n’a été durable et toutes ont disparu. Les scientifiques d’aujourd’hui nous apprennent aussi, même si les médias ne parlent que du seul réchauffement climatique, que notre mode de vie, c’est-à-dire la civilisation industrielle, est en train de tuer le vivant sur Terre. Le désavantage de ce constat est que l’ennemi à abattre qu’il nous désigne, la civilisation industrielle, est le mode de vie dans lequel nous sommes nés, qui nous a conditionné (éduqué) et qui nous fait vivre. Il est donc très difficile d’imaginer des alternatives, ceci même si nous savons que ce mode de vie est de toutes façons condamné et que sa fin fera moins de dégâts si nous l’arrêtons qui si nous le laissons terminer la vie sur Terre.

    L’avantage de ce constat est qu’il désigne le bon coupable, la civilisation, ce qui ne laisse pas de faux espoir. Face au désespoir, si certains ne se relèvent pas et se suicident, d’autres trouvent des ressources et font la révolution. Les alternatives existent et une seule est durable:

    Répondre
    • avatar
      7 janvier 2017 à 16 04 38 01381
      Permalink

      Bonjour Dominique. Merci pour ton intervention très courageuse

      1) Ton exemple est très mal choisie Dominique. Le jeune de 8 ou 10 ans qui se fait sauter devant un poste de police ou de l’armée n’a rien à faire de 32 vierges surtout si c’est une jeune fille elle-même vierge. Ils ou elles le font pour venger un père ou une mère assassiné par l’armée étrangère – via un drone téléguidé depuis MIAMI en Floride sur écran radar – le tueur bien planqué et ayant hâte de finir sa journée de meurtre pour aller aux danseuses dans le bar d’à côté

      2) Tu dois nous donner ta définition de CIVILISATION car pour moi le capitalisme est la civilisation dominante en ce XXIe siècle et je milite farouchement pour abolir le capitalisme – une civilisation qui a fait son temps et ne peut plus servir à faire progresser l’humanité (ce qu’il a fait pendant deux siècles au prix de grands sacrifices).

      3) OUI tu as raison le prolétariat construit tout – tu diras détruit tout – mais nourrir – habiller – loger – 7 milliards d’être humains est à ce prix. Mais je crois que si le profit n’était pas la boite de Pandore du mode de production hégémonique ces 7 milliards d’humains trouveraient une façon plus harmonieuse de tirer les ressources requise de la planète sans la détruire mais en la transformant

      4) Oublie le rêve du retour au communisme primitif qui est là où il persiste et qui était à l’époque une vie de misère où l’espérance de vie misérable affamée était de 33 ans environ dans le froid et la terreur de tout, les esprits malins, les forces de la nature, le chaman, etc.

      Robert Bibeau

      Répondre
    • avatar
      7 janvier 2017 à 20 08 15 01151
      Permalink

      Dominique, il est impossible de dire que le communisme est une mauvaise réponse à la crise de la civilisation humaine actuelle, tout simplement parce que personne n’a encore donné le système économique communiste. Autrement dit, on ne peut accuser quelque chose qui n’existe pas encore, même si la présomption de culpabilité semble devenir une idée en vogue !

      Enfin, la civilisation est ce qui définit une société, donc, dans son principe, même une tribu isolée d’Amazonie est en elle même une civilisation, dès lors où elle existe en tant que tissu social, doté de moeurs. En d’autres termes, si vous pensez que c’est la civilisation qui pose problème, alors, il faut que l’humain s’interdise de vivre en société !

      Ce n’est donc pas la civilisation en tant que telle qui est en cause, mais ce que les êtres composant ladite civilisation en font. Bref, vous confondez l’objet du sujet, tout comme Robert et pratiquement tout le monde, sauf ceux qui gouvernes le monde, eux, ils se trompent rarement, ceci, parce qu’ils on surtout appris à tromper les autres pour mieux les abuser.

      Répondre
  • avatar
    7 janvier 2017 à 19 07 53 01531
    Permalink

    Zut…

    1 seule est durable: revenir au local et développer des communautés capable de vivre en utilisant uniquement les ressources locales. Celles qui seront capables de le faire dureront, les autres iront en périclitant.

    Enfin, je ne me fais pas d’illusion car comme le disait déjà des écologistes bien informés dés les années 60: Il est déjà trop tard. Malheureusement, ce qui se passe aujourd’hui avec 200 espèces animales qui disparaissent chaque jour pour toujours de la surface de la Terre leur donnent raison: la sixième extinction de masse a déjà commencé et elle est à la fois la plus globale et la plus rapide des 6. Mais entre le rêve que nous distillent médias et politiques ou la réalité, je préfère encore affronter la réalité.

    Répondre
    • avatar
      8 janvier 2017 à 15 03 28 01281
      Permalink

      Dominique, votre raisonnement est une aporie, car il est impossible de « : revenir au local et développer des communautés capable de vivre en utilisant uniquement les ressources locales. » ceci, car l’inertie mènera toujours vers le système capitaliste. Mêmes causes, mêmes effets ! Or, on ne change pas un effet par ce même effet, mais uniquement en changeant la cause.

      Ce que vous dites, c’est la métaphore de Matrix, où lorsque le système atteint son point de rupture, tout est détruit et tout recommencer au stade de l’age de pierre, donc, « des communautés capable de vivre en utilisant uniquement les ressources locales » pour ensuite recommencer le même processus d’exploitation du vivant. Car vous oubliez un détail, c’est qu’il n’est possible de revenir à cet état primitif, qu’en détruisant totalement la civilisation actuelle et la plonger dans l’oubli. Condition sans laquelle il est impossible de revenir à cet état primitif.

      La seule manière de faire pour que cela n’arrive pas, c’est la connaissance/conscience du processus et certainement pas de replonger l’humanité dans l’oubli par la destruction globale.

      Quant à la solution, elle est évidente en elle même, mais pour la voir, il faut ôter la chape de plomb imposé par les maîtres du système actuel et à laquelle vous êtes soumis (tout comme Robert) et qui vous interdit de penser autrement et en dehors du système. On apprend de ses erreurs qu’à la condition d’en garder le souvenir vivace et non en oubliant tout. Sans cela, l’Univers en serait toujours à son état primordial et n’aurait jamais pu évoluer tel que nous le vivons.

      Ce que j’écris est simple, mais ses conséquences ontologiques font que la majorité des personnes ne sont pas capable de le supporter. Sauf que la situation actuelle ne laisse guère de choix, soit l’humanité évolue en conscience, c’est à dire, accepte d’évoluer en conséquence de cette nouvelle conscience, soit il sera effectivement réduit à néant.

      Répondre
  • avatar
    7 janvier 2017 à 20 08 16 01161
    Permalink

    Robert bonjour,

    J’appelle civilisation tout système de société basée sur l’exploitation du vivant et du non-vivant. Le capitalisme n’est que la dernière version de ce système généralisé d’exploitation. Si nous regardons l’évolution de la civilisation, elle a toujours évolué vers plus d’efficacité et le capitalisme n’échappe pas à cette règle. Dans un tel contexte, je ne vois pas comment une révolution prolétarienne pourrait échapper à cette règle, surtout que l’exemple de la Russie des soviets/URSS nous montre qu’elle n’y échappe pas: s’il a fallu 300 ans aux capitalistes pour éliminer la résistance au cri de la révolution industrielle « On n’arrête pas le progrès », 60 ans après la révolution de 1917, il ne restait rien des nombreux peuples autochtones qui peuplaient alors ce qui devaient devenir l’URSS. Ils avaient tous disparus civilisés et industrialisés de force.

    Cette définition de la civilisation inclut toutes les civilisations qui se sont succédées depuis que l’agriculture à quitter le jardin potager pour aller engraisser des villes. Qui dit villes dit sociétés autoritaires et voies de communications, ce qui permet de faire des empires. Or toutes les civilisations se sont toujours développées à la mesure de leur voies de communication, et dés qu’il y a eu des problèmes d’approvisionnement de la métropole, elles ont périclité jusqu’à disparaître.

    Bible page 2, l’homme reçoit son ordre de mission de la bouche de dieu: « Tu domineras la Terre et toutes ces créatures.  » Nous voyons aujourd’hui où une telle idéologie d’exploitation globalisée du vivant (ses créatures) et du non-vivant (la Terre), idéologie basée sur une abjection raciste et suprématiste qui consiste à mettre l’homme sur un piédestal par rapport au reste de la création, nous mène: à l’extinction.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *