Angleterre vers 400 ap J C!!!

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Sur la carte nous voyons le territoire des « Bretons-romanisés ». Ce qui nous indique que le reste du territoire était occupé par des « Bretons-non-romanisés ».

Mais qu’en était-il d’avant l’arrivée des Romains?

Les Bretons, c’est-à-dire les anciens habitants de Grande-Bretagne, à l’époque située immédiatement avant la conquête romaine, étaient des Celtes comme nous l’avons vu précédemment. Il semble qu’ils soient arrivés dans l’île durant la « mouvance  » celte autour du 4e siècle av J.C. Par contre, une forteresse celte imposante, nommée Maiden Castle, remonte au VIe siècle av J.C. Ce qui mêle un peu les cartes et qui ramène cette « mouvance » au VIIe siècle av J.C.

Ce que nous savons sur la préhistoire de la Grande-Bretagne est que depuis 5,500 ans av J.C. des hommes habitent l’île (en fait, des néandertaliens y habitent il y a 230,000 ans mais la date la plus vieille démontrant l’occupation certaine de l’île est de 24,000 ans). Ce sont eux qui ont construit Stonehenge vers 3,000 av J.C. Sa construction s’est échelonné jusqu’en 1600 av J.C.

Avant le premier millénaire, une société très bien organisée y est installée. On y trouve plusieurs exploitations de mines pour différents minerais qui servent au commerce et à la métallurgie du bronze (2100 av J.C. jusqu’en 700 av J.C.). L’âge du fer arrive du continent, semble-t-il; parce qu’on ne retrouve pratiquement aucune période du Halstatt en Angleterre. Ce qui indique que les celtes sont peut-être arrivés en Angleterre à partir de la fin du 2e millénaire av J.C. Mais ce n’est pas assuré puisque le commerce a pu tout simplement faire pénétrer le fer sur place sans les Celtes. L’archéologie nous indique que les hommes de cette époque, -3,500,  fabriquaient des bateaux de plus de 50 pieds de long, à tonnage important, qui pouvaient voguer sur la mer.

Les tumuli dit « allongés » (long barrows) apparaissent vers 3,500 av J.C. Ce sont des sépultures communautaires. La construction de tumulus est répandue en Écosse, en Irlande et dans toute l’Europe. Dans ces tumuli allongés, on y découvre exclusivement des crânes longs et étroits pendant que dans les tumuli rond, on trouve des crânes rond. Les tumuli ronds sont plus individuels et apparaissent à l.âge du Bronze. Ces deux sortes de crânes appartenaient, semble-t-il à deux périodes différentes; les longs à l’âge de pierre et les ronds à l’âge du bronze. Mais ce serait étonnant puisqu’on ne peut pas faire disparaître une race d’un seul coup. Il est donc assez probable que ces crânes ont pu occuper la même époque. À remarquer que sur 250 tumuli de l’âge de pierre, on n’en retrouve que 18 qui démontre des « provisions » pour une existence dans l’au-delà. Ce qui affaiblit beaucoup la conviction que ces gens croyaient à un au-delà. Par contre, cela n’élimine aucunement la croyance en la réincarnation. On a également découvert qu’au début de l’âge du bronze, un immigration venant de la région de la Suisse s’est manifestée.

Les tumuli plus tardif de l’âge du bronze seront remplis d’armes, de bijoux et d’autres artefacts qui démontrent la richesse du décédé. Plusieurs de ces derniers tumuli contiennent également des objets en pierre. Il est donc impossible de vraiment trancher sur une différence de races chez les constructeurs de tumuli. D’ailleurs, il n’y a qu’en Amérique et en Australie qu’on ne retrouve pas de tumuli. Partout ailleurs, on en trouve.

Autre détail: les morts dans les tumuli de l’âge de pierre sont assis, les genoux relevés. Ceux de l’âge du bronze sont tous incinérés.

Les premiers villages apparaissent vers 1200 av J.C. ainsi que les premières voies de circulation. (comme si les habitants précédents étaient des oiseaux. Ah ces « spécialistes »!) Les Celtes arrivent vers 700 avant J.C. et la population autochtone est repoussée vers les pays de Galles, la Cornouaille et le Nord. Voilà! Nous venons de découvrir que les « Welsh » sont les habitants autochtones de l’Angleterre depuis des millénaires. Remarquez que de nos jours, le « Welsh » est, soit une « langue », soit un « poney anglais ». On a pratiquement effacer le « peuple Welsh/Gallois ». Il faut comprendre que les Anglo-Saxons ont toujours eu de la difficulté avec les « Welsh » depuis leur arrivée sur le territoire de Grande-Bretagne.

À la fin du IIIe siècle avant l’ère chrétienne, des émissions de monnaie ont lieu dans le sud de l’île de Bretagne, aucune monnaie (pour la période correspondant à la période préromaine de l’île de Bretagne) n’ayant été découverte en Irlande. Par contre, la métallurgie du fer existe dans les deux îles. À la même époque, la « société bretonne/celtique » (nous devrions dire: Galloise/Celtique) nous donne de nombreux indices d’une hiérarchie très forte, dominée par une classe aristocratique capable d’importer du continent. En fait il existe un commerce assez important entre l’île et les « Vénètes » du continent qui sont de grands commerçants sur la mer.

« Les Bretons sont également à distinguer de peuples ou de groupements de peuples connus à travers les sources antiques à la période romaine et dont le caractère celtique est incertain ou faux ». Ce qui confirme que les Bretons sont des Celtes.

Dès le IIe siècle av. J.-C., des Atrébates (Celtes de Belgique) s’installent dans l’île de Bretagne (SussexBerkshireHampshire…). Depuis le 4e siècles,venant de Germanie, ils avaient envahi le nord de la Gaule . Le royaume atrébate de Grande-Bretagne est complètement conquis par les Catuvelloni en 15 ap J.C. Les Catuvellauni sont des celtes voisins au nord-est (leur capitale était Verlamion (ville des marécages) située à 35 km au nord de Londres), et leur chef militaire Caratacus ou Caratacos est ce roi celte insulaire qui a dirigé la résistance à la conquête romaine de la Bretagne lors de l’invasion de Claude Ier en 43 ap. J.-C. jusqu’à sa capture en 51.

César mentionne que la Grande-Bretagne avait été envahie en 75 av J.C. par les Belges. En réalité la migration des Belges vers l’Angleterre commence vers 200 av J.C. avec les Atrébates qui ne semblent pas être considérés comme des envahisseurs, à l’époque.  Ce qui ne change rien au niveau de l’ethnie de cette époque de la Grande-Bretagne, puisque les Belges étaient, eux aussi, des Celtes.

Alors arrivent les envahisseurs Romains.

43 ap J.C. à 47 ap J.C.

L’Empereur Claude envoya Aulus Plautius envahir l’Angleterre avec 40,000 hommes. Une importante armée britannique/celtique, conduite par Caratacos, livra bataille aux légions romaines près de Rochester, sur la rivière Medway. La bataille fit rage pendant deux jours et étant donné son rôle crucial dans la victoire, le romain Osidius Geta reçut les ornements triomphaux. Les « Britanniques » furent chassés au-delà la Tamise par les Romains avec de lourdes pertes. En bref, les Romains conquirent et balayèrent le sud-est de l’île, prenant la capitale Colchester. Alors que Caratacos s’enfuyait vers l’Ouest pour continuer la résistance, l’empereur romain Claude revint à Rome pour obtenir le titre de Britannicus.

Voici ce qu’en dit Dion Cassius né vers 155 ap J.C. auteur de : « Histoire Romaine »

Il (Aulus Plautis)  vainquit d’abord Cataratacus, et puis Togodumnus, tous deux fils de Cynobellinus, car Cynobellinus lui-même était mort. Leur fuite lui procura la soumission d’une partie des Boduni qui obéissaient aux Catuellani; et, après y avoir laissé garnison, il poussa plus loin. Quand on fut arrivé à un fleuve que les barbares croyaient les Romains incapables de passer autrement que sur un pont, et sur la rive opposée duquel ils étaient, pour cette raison, campés sans précaution, Plautius détacha les Celtes, habitués à traverser facilement à la nage, avec leurs armes, les courants les plus rapides. Ceux-ci, fondant sur les ennemis qui ne s’y attendaient pas, au lieu de frapper les hommes, blessèrent les chevaux qui traînaient les chars, et, portant ainsi le désordre dans leurs rangs, ils enlevèrent toute espèce de sureté à ceux qui les montaient; Plautius envoya en outre Flavius Vespasien qui, plus tard, fut empereur, avec son frère Sabinus, placé sous ses ordres : ceux-ci, ayant également passé le fleuve, firent un grand carnage parmi les barbares pris ainsi à l’improviste. Le reste, néanmoins, loin de prendre la fuite, engagea de nouveau, le lendemain, une lutte dont le succès fut balancé, jusqu’au moment où Cn. Hosidius Géta, qui avait failli être pris auparavant, les vainquit si complètement qu’il reçut les ornements du triomphe, bien qu’il n’eut pas été consul. Les Bretons s’étant de là portés vers la Tamise, à l’endroit où elle se jette dans l’Océan et forme port à son embouchure, et ayant passé le fleuve sans difficulté, grâce à leur grande connaissance des endroits fermes et praticables, les Romains en les poursuivant éprouvèrent là un échec; mais les Celtes, traversant une seconde fois le fleuve à la nage, et d’autres corps de troupes passant par un pont situé un peu au-dessus de l’ennemi, fondirent sur lui de plusieurs côtés à la fois et en firent un grand carnage; puis, poursuivant le reste sans précaution, ils tombèrent dans des marais inextricables, où ils perdirent beaucoup de monde.

Cette perte, jointe à ce que, malgré la mort de Togodumnus, les Bretons, loin de céder, ne s’en soulevaient qu’avec plus d’ardeur de toute part pour le venger, ayant inspiré des craintes à Plautius, il ne s’avança pas plus loin, il se contenta de veiller sur les parties conquises et manda Claude ; car il lui avait été prescrit d’agir ainsi, s’il survenait quelque accident ; entre autres ressources préparées en abondance pour cette expédition, on avait réuni des éléphants. Quand la nouvelle parvint à Claude, il remit les affaires intérieures et même les soldats à L. Vitellius, son collègue (il lui avait donné le consulat pour six mois entiers, sur le pied d’égalité avec lui), et partit lui-même pour la guerre. S’embarquant pour Ostie, il gagna Marseille, et de là, voyageant tantôt par terre, tantôt sur les fleuves, il parvint à l’Océan, d’où, passant en Bretagne, il rejoignit, sur les bords de la Tamise, son armée qui l’attendait. A sa tête, il passa le fleuve, et, engageant l’action avec ceux qui avaient pris les armes en masse à son approche, il les vainquit en bataille rangée et se rendit maître de Camulodunum, résidence du roi Cynobellinus. Ayant, à la suite de ce succès, réduit, les uns par composition, les autres par force, un grand nombre de peuples sous sa puissance, il fut, contre les usages des ancêtres, proclamé plusieurs fois imperator (il n’est, en effet, permis à personne de prendre ce titre plus d’une fois pour la même guerre) ; il enleva les armes à ces peuples dont le gouvernement fut par lui confié à Plautius, avec ordre d’achever la soumission du reste du pays. Puis il se hâta de retourner lui-même à Rome, où il fit apporter d’avance la nouvelle de sa victoire par ses gendres Magnus et Silanus.

Ajoutons que le séjour de l’Empereur Claude en Grande-Bretagne fut de 16 jours pour pouvoir retourner à Rome en « triomphateur » et recevoir le surnom de « Britannicus ».

En 60, les romains durent subir la révolte de Boadicée, reine des Iceni, où ils risquèrent de tout perdre. Ils lui avaient fait « péter les plombs » après l’avoir fouettée et violé ses deux filles (mes plombs auraient pété moi aussi). Elle ne fut une « femme battue » que très momentanément. Ce fut la plus grande révolte celte de toute l’histoire (Je ne sais si c’est important au niveau du caractère, mais elle était « rousse »).

Boadicée parvient à réunir plusieurs autres « royaumes celtes » et alors commence sa vengeance. On tue, on égorge, on décapite, on noie (des milliers de corps flottent dans la Tamise), on rase et incendie tout, incluant la colonie de Camulodunum ainsi que son récent sanctuaire impérial, le municipe de  Verulamium et la ville de Londinium (Londres). C’est l’horreur absolue.

À Rome, Néron veut la tête de cette barbare (mais, pas aussi fou qu’on le dit, il ne vient pas lui-même la combattre). Il ordonne au gouverneur romain Suetonius Paulinus qui se trouve au nord du pays de Galles, de revenir à Rome, réunir des légions (la quatorzième et la vingtième), de les conduire en campagne en « Bretagne » pour combattre l’insoumise et surtout,  la ramener à Rome morte ou vive (Première version du poster  « Wanted Dead or Alive »; en latin, évidemment). La bataille contre Suetonius Paulinus aura lieu dans la plaine de Mancetter, toute l’armée celte sera anéantie.

La mort de Boadicée n’a pas qu’une seule version. Dans une première, en voyant la partie perdue, elle avale du poison pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi; dans une autre version, blessée et prisonnière, elle meurt de maladie peu de temps après son arrestation. De toute façon Néron n’aura pas le plaisir de connaître et de chanter ses balades à la belle rousse.

Pour ses filles, l’histoire diffère également : dans la première version, l’aînée et la cadette meurent au combat, dans la seconde version, l’aînée survit, et la cadette s’empoisonne. Mais pour l’histoire et les générations futures, Boadicée sera, à jamais, considérée comme la Vercingétorix bretonne; sauf qu’elle, elle ne se rendit pas (Vercingétorix ne devait pas être « roux »).

C’est à l’époque d’Hadrien que les romains assureront leur emprise solide sur une partie de la Grande-Bretagne en construisant un mur pour arrêter les « barbares ».

Ce mur fut construit en 122 ap J.C. (Mais voilà qui est curieux ??? Il semble encore aujourd’hui, en meilleure condition que le pont Champlain). Il a servit pendant tout près de 300 ans et les romains quittent la Grande-Bretagne en 410 ap J.C. Antonin en fera construire un autre en 140, en Écosse (Bin sûr, qu’on l’appelle  « le mur d’Antonin », weillons! Vous allez même le voir dans le deuxième prochain article).

André Lefebvre

 

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Andre lefebvre

Mon premier livre "L'histoire de ma nation" est publier chez: http://fondationlitterairefleurdelyslibrairie.wordpress.com/ André Lefebvre

5 pensées sur “Angleterre vers 400 ap J C!!!

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    28 janvier 2014 à 5 05 45 01451
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    Excellent, il y a tout, de l’histoire, de l’action, de la géographie, de l’humour, de la vengeance, du rythme, et une rouquine. La vengeance d’une rouquine pour être précis. 😀

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    28 janvier 2014 à 13 01 30 01301
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    @André Lefebvre

    Un récit très palpitant. J’aime les références aux « tumuli » ronds et allongés, aux coutumes qui changent. Je suis aussi fascinée par le besoin humain de rejoindre l’au-delà avec des provisions et trésors, effet de l’inconscient collectif sans doute.

    La rousse Boadicée avait du caractère ! Quelle femme ! Heureusement que le poison existait parce que les tortures des vainqueurs devaient être féroces.

    J’ai hâte de lire la suite.

    Carolle Anne Dessureault

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      28 janvier 2014 à 13 01 59 01591
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      Merci Carolle Anne.

      Amicalement

      André Lefebvre

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    28 janvier 2014 à 13 01 53 01531
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    Tr`s interressante histoire. Y’avait du monde d’impliqués là-dedans m’sieur ! Tumuli long, crane long. Tumuli rond, crane rond. Pas de tumuli carré ?

    On y retrouve aussi des coutumes Égyptienne sous forme de paradis fiscaux de l’au-delà . Une rousse qui fait rêver ne serais-ce que par son caractère et sa détermination. Pas un once de gras là-dessus en plus, surement. 🙂

    J’ai hâte de lire la suite.
    bonne journée

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      28 janvier 2014 à 13 01 58 01581
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      « Pas de tumuli carré ? »

      Non; il ne semble pas.

      Il faut comprendre qu’à l’époque de la conquête par les Anglais, la « mode » des tumuli était passée depuis longtemps.

      Merci du commentaire.

      Amicalement

      André Lefebvre

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