Argent, pouvoir, manipulation: Construire le tombeau de l’humanité

ELYAN:

La consommation a un effet boule de neige. On crée l’envie, on installe le besoin (lequel devient souvent irréversible car plusieurs choses sont désormais ajustées en fonction de ces besoins) et notre consommation devenue habituelle crée à son tour l’amplification du besoin.

Il faudrait penser en termes d’arrêt brutal de consommation de certains biens, comme si ceux-ci n’avaient jamais existé si on souhaite vraiment mettre fin aux abus liés à la fascination de richesse de ceux qui contrôlent ainsi nos libertés.

Que retenir par exemple des révélations faites à La Commission Charbonneau, laquelle suscite de plus en plus des réactions mitigées de la part des citoyens dont plusieurs savent maintenant qu’ils ont parfois contribué eux-mêmes ou sinon l’auraient fait sans scrupule s’ils avaient pu? Pensons aux centaines de personnes qui durant des années ont obtenu des remboursements d’impôts pour des contributions à des partis politiques qu’elles n’ont jamais faites. Pensons à toutes celles qui ont inscrit dans leurs états financiers de fausses dépenses pour couvrir celles faites par les magouilleurs qui devaient blanchir l’argent détourné.

Pensons à ces innombrables personnes qui dépendent de l’état mais se croient justifiées parce qu’elles sont en tête de file, tirant parfois elles-mêmes la plupart des ficelles, écrémant le subside.

Pensons à toutes celles qui à travers le monde sont en quête du trésor qui les incitera à se poser en quelque lieu capable de satisfaire leur soif d’argent.

Entre les prétentions des uns et la réalité, il y a un monde fait de tromperies, d’égoïsme et de lâcheté extraordinairement bien rémunérés. Le succès ainsi obtenu réside dans la façon de briller, est encouragé par un incroyable mépris des autres et se manifeste par des pulsions incontrôlables d’avidité, car la puissance que procure «l’illégitimité légitime» servant de moteur de jouissance fait même croire à certaines personnes qu’elles sont nettement supérieures à celles qu’elles finissent par assassiner, non pas toujours de leurs mains, mais par leurs actions, combinées à celles de qui font comme elles.

Ces aspirants à  la richesse se lassent peu et sont appréciés de ceux qui sont capables de leur faire connaître les plaisirs de la complicité dans un monde où il leur suffit de voler pour être heureux..

On ne leur enlèvera pas tous ces voyages qu’ils ont pu faire, toutes ces bouffes orgiaques, tous ces spectacles et toutes ces choses qui ont facilité chaque jour de leur vie, leur principal travail consistant à polir leur éclat. Bien sûr tout n’est pas absolument facile. Il leur faut devenir très riches pour n’être plus que des simples salauds qui s’excitent à le devenir afin de parvenir eux aussi à vivre loin des visages trahis, leur morale étant qu’ils n’ont qu’une vie à vivre autant calculer d’en profiter même s’ils doivent faire mourir leurs prochains, le plus souhaitable étant pour eux de tout faire pour ignorer qu’ils aient pu y contribuer.

Infailliblement, il nous vient tous la même idée lorsque l’on voit le jeu, que l’on comprend ses règles et que l’on constate les effets plutôt positifs de l’enrichissement à tout prix pour qui le pratique: pourquoi être honnête? J’ai bien ma propre réponse, même si elle est teintée d’utopie et d’altruisme insupportables pour certains: parce que l’on évite de faire du mal aux autres. Et pourquoi cela doit-il primer sur nos propres intérêts? J’ai encore ma propre réponse, même si elle est égoïste: parce que l’on n’aime pas que l’on nous fasse du mal.

Il faut savoir quelles sont les étapes pour se hisser à même la vie des autres, ce qu’elles ont d’odieux pour chaque personne qui sert de marche, parce qu’il n’y a aucune ascension entreprise qui n’ait pour moteur celui que l’énergie des autres alimente.

Cette société est malade parce qu’elle ne sait plus avoir de valeurs. La disparition de ses valeurs affectera tous les individus, même ceux qui se croient dispensés de les mettre en pratique puisque que leur absence les a plutôt bien servis. Cette société est malade, parce qu’elle produit de plus en plus tout ce qui est nécessaire à son extinction, qu’elle perd de vue la nécessité de produire prioritairement les biens couvrant les besoins essentiels, qu’elle oublie son propre avenir en pillant sans cesse dans les réserves au lieu de les constituer et qu’elle travaille à oublier sa survie, laquelle passe d’abord par sa conscience de ce qui l’entoure.

L’élastique finira par se rompre. Pour certains cette survie se fait encore peu difficile, ce qui n’exclut aucun des signes qui la rendent réelle: qu’il s’agisse de l’économie, de l’environnement, de l’épuisement des ressources, de la disparition des droits et libertés. Pour d’autres, la survie est affaire de quotidien.

L’avidité qui conduit à brimer les libertés au terme d’un effet domino et à compromettre la survie de toute l’humanité est ce dont il faut apprendre à se libérer, qu’on la pratique ou qu’on la subisse.  Ce que nous n’acceptons pas pour nous, devient donc inacceptable pour quiconque.

Il n’y a aucun mur impossible que l’avidité place inexorablement derrière elle qui ne s’y retrouve sans la participation de tous à le déplacer.

Et tous, sans exception se retrouvent derrière le mur qui ne protège personne, quel que soit le côté du mur où l’on se trouve.

..

 

5 pensées sur “Argent, pouvoir, manipulation: Construire le tombeau de l’humanité

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    7 juillet 2013 à 7 07 34 07347
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    « Cette société est malade parce qu’elle ne sait plus avoir de valeurs. »

    André Lefebvre

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    7 juillet 2013 à 10 10 27 07277
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    Ce n’est pas qu’il n’y as plus de valeurs, elles ont changées tout simplement !

    Tout comme les véhicules servant a les transmettent.

    Les structures véhiculant les systèmes de valeurs nécessitent un consensus majoritaire permettant de les transmettrent de générations en générations.

    Ces structures ont changées de même que les véhicules et les principes de base ne sont plus les mêmes, non plus !

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    10 juillet 2013 à 10 10 48 07487
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    Bonjour, oui, malheureusement, les vertus doivent être enseignées, acceptées, intégrées; elles ne sont pas innées et naturelles. La loi de la nature est la loi du plus fort et comme on dit: chasse le naturel et il revient au galop…

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    11 décembre 2013 à 17 05 01 120112
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    Mon site http://poesie-gerzat.fr
    est gratuit . Il est ouvert à tous !
    « La poésie du cœur » – Auteur : Pierron Jacques

    Thèmes abordés :
    • L’amitié, l’Homme, l’HUMANITÉ ? l’Humanitude, l’Humilitude, les croyances, les cheminements de chacun vers un idéal : Le « TOUT ».
    • Visions sur la ville de GERZAT (Ville où réside l’auteur)
    • Points de vue personnels sur l’ART.

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    11 décembre 2013 à 18 06 43 124312
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    OUI. Le problème commence avec le consumérisme et on pourrait dire qu’il finira avec le consumérisme.

    Le vrai problème sera double: 1) restructurer les relations humaine et les hiérarchies, dans un monde dont le seul vrai but ne sera plus de prendre ou voler plus pour consommer davantage…. et 2) donner « des » sens a la vie a tous qui convergeaient vers ce seul but de consommer, qui, dorénavant auront des objectifs distincts et à qui il faudra même parfois en trouver un….

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2012/12/11/pere-noel-alias-santa-claus-abattre-sans-coup-de-semonce/

    Pierre JC Allard

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