Au-delà du spectaculaire

Jean Gagnon Dossier Actualité économique

L’année 2009 avait commencé avec la spectaculaire assermentation du président Barack Obama. L’image que projetait le nouveau président et sa famille, et l’espoir du renouveau que son élection nourrissait avaient tellement captivé l’imagination des américains que son assermentation le 20 janvier avait été suivie par les médias et la population comme jamais auparavant.

Faut dire que les États-Unis, et à ce compte l’ensemble des pays industrialisés, étaient plongés dans une grave crise économique et financière. C’est quand ça va le plus mal que l’on cri désespérément au changement.

Le nouveau président n’a pas déçu. En quelques mois, toutes les mesures de sauvetage et de stimuli de l’économie étaient en place, et l’espoir d’un assainissement du système financier était bien vivant. Sa popularité était à son zénith.

Mais dès l’automne, le taux de chômage avait atteint un nouveau sommet, et les banquiers semblaient être vite retombés dans leurs vielles habitudes. La popularité du président avait déjà fortement décliné, si bien qu’il semble alors avoir décider d’effectuer un blitz de fin d’année.

D’abord, il multiplie les coups d’éclats médiatiques, telles les apparitions à l’émission 60 Minutes du réseau américain CBS, où il explique comment l’économie est retombée sur ses deux pieds et où il traite les banquiers de “ fat cats ” devant un auditoire national.

Ensuite, il atterrit à Copenhague quelques heures avant la fin de la conférence de l’ONU sur le climat et joue le rôle de sauveur en ficelant à la dernière minute une entente avec l’aide de la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud.

L’arrivée d’Obama lors du dernier jour de la conférence et l’entente qui en a suivi ne m’impressionnent guère. Son entrée en action tardive n’aura permis que de créer l’illusion de cette influence de l’homme que l’on décrit toujours aux États-Unis comme le plus puissant du monde. D’ailleurs, cette conférence qui avait commencée dix jours avant l’arrivée d’Obama, s’est avérée un échec retentissant selon l’avis de la majorité des observateurs indépendants. L’accord de dernière heure n’y a rien changé.

Enfin, j’ai trouvé particulièrement agaçant cette volonté de faire adopter absolument la réforme des soins de santé avant Noël. J’ai de plus en plus l’impression qu’il s’agit là d’un autre coup d’éclat qui ne servira pas nécessairement la réforme. Dans un dossier de cette importance, il m’apparaît dangereux d’établir une date butoir comme on l’a fait, car cela invite à trop de compromis pour ne pas rater le rendez-vous.

Le mois prochain, comme c’est la tradition à chaque année en janvier, Barack Obama prononcera devant le Congrès et le Sénat réunis son premier discours sur l’état de l’union. J’ai peur que l’exercice serve principalement à relater les coups d’éclat, tels la relance économique, la conférence de Copenhague, la réforme des soins de santé.

J’espère sincèrement que ceux qui jugeront les propos du président verront au-delà du spectaculaire.

14 pensées sur “Au-delà du spectaculaire

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    30 décembre 2009 à 9 09 43 124312
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    L’indice de popularité d’Obama indique à quel point il a déçu. De 69% à son zénith, il est maintenant à 52%.

    Le pourquoi est très simple. Les américains attendaient du changement et se sont retrouvés avec du pareil au même. La plupart des politiques d’Obama sont des continuations des politiques de l’administration Bush.

    Sur le plan économique, Obama a eu beau traiter les banquiers de Wall Street de « fat cats », mais il s’est empressé de bourrer leur poches au détriment du contribuable alors que tout ce qu’ils méritaient était de faire faillite. Pourquoi maintenant sommes-nous surpris que ces banquiers retournent au « business as usual »? Pourquoi changeraient-ils de tactique en étant très à l’aise avec la notion que peu importe ce qu’ils feront, le trésor américain et la réserve fédérale viendront socialiser leurs pertes? Et après on vient blâmer le capitalisme! Si nous avions eu un marché véritablement libre, tous ces fat cats seraient à la rue!

    Tous les plans de stimulus du monde ne remettront jamais l’économie sur les rails. Ils ne font que détourner les ressources vers des projets non-viables à long-terme plutôt que de laisser l’économie réallouer ces ressources selon les préférences du marché. Le taux de chômage témoigne de l’échec cuisant de ces mesures.

    La réforme de la santé? Une farce qui forcera désormais les américains à obtenir une assurance-santé, sous peine d’une amende, qu’ils jugent qu’ils en ont besoin ou non, car voyez-vous, le petit peuple est incapable de prendre ce genre de décision selon les bien-pensants.

    Le fameux accord de Copenhague est une coquille vide, ce dont je me réjouis finalement. Il n’aura servi qu’à sauver la face.

    Le prix Nobel de la Paix n’aura pas non-plus empêché Obama de dépêcher plus de troupes en Afghanistan, ni de mettre un terme à Gitmo et aux innombrables prisons secrètes où on y pratique la torture.

    Il est temps de se rendre compte que Barack Obama n’est en fin de compte qu’un vulgaire chanteur de pommes.

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    30 décembre 2009 à 18 06 46 124612
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    Il faut dire aussi que l’immense majorité de son cabinet est composé de membre de think-tank globaliste et néo-con, comme le Bilderberg et le Council on Foreing Relation, tout comme les cabinets des deux Bush l’était aussi, ainsi que celui de Clinton et de Reagan.
    Bref, tout ce qui y a changé c’est que le président à la peau foncée.
    Clinton lui aussi scandait le changement, à croire que le changement c’est vendeur, surtout lorsque le pays est dans la merde.

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    30 décembre 2009 à 20 08 31 123112
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    @Philippe
    Vos propos m’agacent. Si vous disiez que des bêtises, je rigolerai et ne prendrez pas la peine de répondre. Ça fait déjà plusieurs fois que je veux signaler les erreurs. Maintenant ce qui est dangereux pour le néophyte qui vous lit c’est qu’il y a des choses justes et qui malheureusement peuvent rendre honorable les amalgames et autres erreurs de votre discours. Le site mini-anarchiste avec son auteur économiste fait aussi de grossiers amalgames qui le discrédite au niveau du discours général même si les détails techniques sont exacts. Apprenez a raisonner correctement ou taisez-vous ca vaudra mieux.

    @M. Gagnon
    Je suis d,accord avec votre analyse mais n’oublions pas que Obama est avant tout un politique et que s’il est puissant il a besoin du vote d’une majorité de députés et sénateurs pour voter ses lois. Que le jeu médiatique et les électeurs poussent a ses coups d’éclats.

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    31 décembre 2009 à 10 10 00 120012
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    @ Paul Napoli

    Si vous trouvez des erreurs dans mon discours, veuillez avoir l’obligeance de préciser vos propos, sinon l’exercice est futile. Je ne modifierai certainement pas mon opinion d’Obama simplement parce qu’elle vous agace.

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    31 décembre 2009 à 14 02 03 120312
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    Obama n’est rien qu’un bouffon, un de plus… un clown médiatique sur lequel tout le monde a capoté parce qu’il semblait incarner un renouveau après Bouffon Jr … or , que ce soit en économie, en agriculture, en santé avec la guerre, les prisons, les drones qui pilonnent les civils, le monde se rend bien compte qu’il n’est qu’une continuité des autres malades et deleurs politiques et non un changement tel que promis…
    Maintenant Paul, si t’as un probléme avec ce que je viens d’écrire, ben léve ton tit cul de bourgeois de ton siége et détaille nous ton experience ….

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    31 décembre 2009 à 21 09 35 123512
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    @Philippe
    J’ai relu votre long commentaire pas « le futile » et j’ai souris. Ce qui m’agace ou parfois m’amuse; c’est certains discours idéologique « chretins » sur le libéralisme économique qui transparait a travers ce commentaire et les précédents. J »ai un peu de mal a le commenter sérieusement tant je perçois le coup de gueule.

    > Si nous avions eu un marché véritablement libre, tous ces fat cats seraient à la rue!

    oui la belle affaire 😆 il y aurait eu une cascade plus grande de faillites de banques. Comme un état, les entreprises et les particuliers ont besoin de banques, de credit et que les professionnels expérimentés ne courent pas les rues j »imagine qu,ils retrouveront un emploi dans les nouvelles banques.

    Le problème avec les gens qui critiquent une solution gouvernementale c.est que assez souvent leur solution a un bilan pire.

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    31 décembre 2009 à 22 10 07 120712
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    Concernant Obama, je suis tiraillé entre deux (2) explications pour ce qui m’apparait, en effet, comme du spectacle plutôt que du changement.

    La premiere est que Obama, porte étendard de l’Establishment en version adaptée au nouveau zeitgeist, ne commet aucune erreur. Tout est prévu, arrive à son heure et on se retrouvera dans une régime corporatiste pur dont le capitalisme aura été exclus et qui ressemblera assez à celui de l’URSS avant la trahison Gorbatchev, mais en plus bienveillant, puisqu’on a aux USA les moyens du paternalisme.

    Ma deuxieme explication , c’est qu’il y a une « guerre civile » au sein de cet Establishment, que tout le monde n’y veut pas une New World Order et que cette guerre civile peut être mise a profit… par n’importe quoi et n’importe qui… Le spectaculaire n’est plus là, alors, pour donner le change, mais parce qu’on improvise, c’est alors plus « intéressant », mais pas du tout rassurant.

    Pierre JC Allard

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    1 janvier 2010 à 1 01 52 01521
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    @ pierrejcallard:

    Je dois avouer -humblement- que j’ai sous-estimé votre intelligence… et votre sagesse de coeur (et je vous lis depuis un certain temps).

    Je reviens avec plus de détails, ‘si dios quiere’ (ce n’est pas du latin, mais ça y ressemble à s’y méprendre)

    😉

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    1 janvier 2010 à 7 07 53 01531
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    @ Paul Napoli

    oui la belle affaire 😆 il y aurait eu une cascade plus grande de faillites de banques. Comme un état, les entreprises et les particuliers ont besoin de banques, de credit et que les professionnels expérimentés ne courent pas les rues j”imagine qu,ils retrouveront un emploi dans les nouvelles banques.

    Le problème avec les gens qui critiquent une solution gouvernementale c.est que assez souvent leur solution a un bilan pire.

    La faillite est la façon dont l’économie se débarasse des pommes pourries. Enlevez le risque de faillite et il ne reste aucun frein à l’avidité. À long-terme, ce n’est pas très sage. Le problème avec les solutions étatiques est que l’horizon des politicien ne va que très rarement au-delà de la prochaine élection. Les bailouts ne font que pelleter le problème par en avant et sèment les graines de la prochaine crise.

    En l’occurence, nous allons bientôt assister à une crise dont les proportions feront paraitre la dernière comme un vulgaire pétard. Les prochains à faire faillite seront les états eux-même plutôt que les banques. Enfin peut-être qu’alors on réalisera leur futilité, mais je ne retiens pas mon souffle.

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    1 janvier 2010 à 10 10 17 01171
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    Les propos d’Obama seront sûrement dictés par le cercle de la maison blanche.
    Obama s’est rendu à Copenhargue probablement à la demande de l’Angleterre qui ne voulait pas voir la Chine faire avorter la conférence.

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    1 janvier 2010 à 18 06 00 01001
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    @Philippe David
    Oui l’intervention de l’État est délicate pour ne pas favoriser de mauvais comportements et la faillite est nécessaire mais on peut remarquer qu’elle n’a pas été suffisante pour prévenir cette crise ou cette avidité. Le risque c’est surtout la banque qui le prend et moins le banquier cadre qui peut partir avec un joli parachute doré comme on a pu l’observer. Et puis avec la concurrence avait il le choix le banquier d’être plus prudent avant cette crise et avoir une performance moindre et courir le risque perdre son emploi a court terme ? Le cadre juridique de la société anonyme pose aussi des problèmes avec certains évènements. Nul besoin d’être un financier expérimenté pour s’apercevoir de ces lacunes avec le système actuel.

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    2 janvier 2010 à 12 12 29 01291
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    Les USA sont une dictature militaire et Oussama Barak Obama est simplement une erreur de parcours internet.
    Tout ce qu’il a fait à date, Bush aurait pu le faire et ce qu’il a fait est pire que Bush sur plusieurs plans . ( Avortements, Afghanistan, Pakistan, Assurance maladie bidon , Israël, Pétrole, militarisation accentuée , protectionnisme commercial , Murs entre les USA le Canada et leMexique etc..)

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    3 janvier 2010 à 11 11 05 01051
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    Il faudrait se demander qu’est-ce qui a causé cette crise qui va empirer et durer une dizaine d’années si la 3ième guerre mondiale n’a pas lieu??????????????
    C’est la maladie du « CRÉDIT » qui a été mise au monde par les mêmes personnages qui veulent diminuer la population mondiale des 2/3 en se servant de toutes sortes de moyens inhumains.
    On a inventé les fonds de pensions sachant qu’un jour on pourra les récupérer en se servant des gouvernements qui ont tous les pouvoirs en faveur des riches et qui « OUBLIENT » la justice « égalitaire » en faveur de la population.

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