Autopsie du Mouvement des Gilets jaunes

Par Robert Bibeau et Khider Mesloub.

This article is available in five languages on this webmagazine:
2.10.2019-Autopsy-English-Italian-Spanish-Portuguese

 

Septembre 2019.  L’Harmattan.  Paris. 18 euros.

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Nous aborderons tous les aspects de la révolte des Gilets jaunes en mettant l’accent sur la vision et l’action de la classe prolétarienne, distinguant ses attitudes, son comportement et ses activités de ceux de la classe petite-bourgeoise très active dans ce mouvement populiste qui, finalement, ne se sera jamais transformé en mouvement d’insurrection populaire. Notre objectif n’est pas de relater, de décrire ou de présenter les évènements (…) Notre objectif est de tirer des enseignements de ce mouvement innovant, enseignements que la classe prolétarienne conservera comme enrichissement de sa conscience de classe et comme apprentissages à réutiliser lors des prochaines manches de cette guerre à terminer entre le salariat prolétarisé et le grand capital financiarisé.

 

La révolte des Gilets jaunes le démontre: l’économie est le fondement et le ferment de tout mouvement social. Cette vision de l’économie politique et de la réalité sociale a été combattue par les intellectuels de gauche et de droite empêtrés dans leurs analyses superficielles de la conjoncture politique, juridique, diplomatique, médiatique, idéologique, sociologique et militaire.

La crise économique du capitalisme a donné naissance à de nombreux mouvements de révolte sociale, notamment au Québec (Carré rouge), en Tunisie et en Égypte (Printemps arabe), en Argentine (Piqueteros), en Grèce (contre la Troïka), en Afrique du Sud (grèves des mineurs), en Iran, en Italie (Cinq Étoiles), en Haïti (grève générale), au Venezuela, en Algérie (dégage Bouteflika) et en France (Gilet jaune), pour n’en citer que quelques-uns. Le Mouvement des Gilets jaunes présente, dans un contexte économique spécifique, plusieurs des caractéristiques sociologiques, politiques et idéologiques que l’on retrouve éparses dans l’un ou dans l’autre de ces mouvements (…) Lénine écrivait ceci, à propos de la Révolution:  «La révolution socialiste en Europe ne peut pas être autre chose que l’explosion de la lutte de masse des opprimés et des mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement – sans cette participation, la lutte de masse n’est pas possible, aucune révolution n’est possible – et, tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs.»

Lénine avait raison, la révolte populiste spontanée, disparate, discordante, et à première vue désorientée, sera le fait de classes et de fractions de classes, que l’éventuelle hégémonie de la classe prolétarienne sur le Mouvement permettra de transformer en insurrection populaire, puis en révolution prolétarienne, encore faudra-t-il que les conditions objectives et subjectives soient à maturité. (…)

Dix caractéristiques marquantes. Le Mouvement des Gilets jaunes a pris des formes inédites qui s’expliquent, pour une partie, par l’évolution de sa composition de classe. Nous y reviendrons. Nous identifions dix caractéristiques, souvent présentes dans les différents mouvements et soulèvements populaires :

Mouvement de révolte populiste spontané, inorganisé et cohérent ;
Forte implication du prolétariat et de la petite bourgeoisie ;
Rejet de l’appareil d’État et de ses appendices, syndicats, ONG ;
Scepticisme vis-à-vis des partis de gauche et de droite  (…)

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Composition de classe du Mouvement

Le groupe Robin Goodfellow a présenté un portrait de la composition sociale du mouvement. Ils écrivent :  « Le mouvement des gilets jaunes a commencé à l’initiative de représentants de la petite bourgeoisie (classe moyenne) des régions dites « périurbaines » passionnés d’automobile ! La classe moyenne, au sens marxiste du terme, prédomine dans la direction du mouvement. Il en va de même, et c’est bien plus important, de l’alignement politique. Au-delà de la composition sociale de la direction du mouvement, le prolétariat se place sous la direction politique de la petite bourgeoise au sens générique du terme (classe moyenne et petite bourgeoisie capitaliste) […]»[i]

Les dix caractéristiques ont été source de frictions et de tensions entre les militants issus de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie et ceux originaires de la classe ouvrière et du prolétariat, attestant de la vitalité et de l’ancrage populaire de ce mouvement spontané. Par ces luttes internes, chaque classe témoignait de ses origines sociales, de ses expériences et de ses tactiques de lutte, de ses revendications, de ses intérêts et de l’objectif stratégique ultime de son combat. Par leur engagement la moyenne bourgeoisie et les petits-bourgeois protestaient contre le sort qui leur est réservé sous la crise économique du capitalisme. Bourgeoisie et petite-bourgeoisie ne cherchaient nullement à déboulonner le système capitaliste, mais plutôt à utiliser la révolte des prolétaires (chair-à-manifester, chair à patron, chair-à-voter, avant d’être chair à canon) pour secouer le système économicopolitique (…)  On peut caractériser l’engagement de la bourgeoisie comme un effort pour réformer le système capitaliste et ainsi le consolider. Le ras-le-bol de la bourgeoisie française marquait sa révolte inconsciente contre les lois économiques du mode de production, exprimé par de futiles efforts pour faire tourner à l’envers les lois de la valorisation, de l’accumulation et de la concentration du capital. Pour chacune des caractéristiques que nous avons énumérées, la position de la petite-bourgeoisie militante évolua dans le sens du compromis et des accommodements avec le pouvoir étatique, d’où le fossé entre ce fragment de classe et les militants d’origine prolétarienne et ouvrière. Les revendications de la petite-bourgeoisie viseront le « repartage » du pouvoir politique par le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) (voir les 42 revendications en annexe).

Le prolétariat engagé dans le mouvement ne partageait pas les mêmes expériences de lutte ni ne poursuivait les mêmes objectifs tactiques et stratégiques que la bourgeoisie en révolte. Par ses revendications le salariat réclamait la valorisation de la force de travail : hausse des salaires, du SMIC, indexation des retraites, fin du travail détaché, davantage de CDI et des baisses d’impôts pour maintenir le pouvoir d’achat et la valeur marchande de la force de travail, soit une diminution de la portion du surtravail expropriée et la réduction de l’accumulation de la plus-value. Autant de revendications visant la revalorisation de la force de travail et le maintien du pouvoir d’achat. (…) Il ne faut pas oublier que l’État bourgeois a pour mission de soutenir le pouvoir d’achat populaire s’il veut maintenir l’écoulement des marchandises par lequel se réalise le profit.

Cette dichotomie entre la petite bourgeoisie et le prolétariat s’est manifestée non seulement au niveau des revendications, mais aussi au niveau des actions. La petite-bourgeoisie privilégiait les actions percutantes, mais sans grandes conséquences sur l’économie et les profits, telles que les manifestations-parades, ponctuées de « casses » urbaines futiles, les pétitions inutiles, les poursuites judiciaires ridicules, l’appel dérisoire aux institutions internationales, les conférences de presse, les appels à la mythique « opinion publique » et aux médias dont ils avaient pourtant tellement à se plaindre. Les Gilets jaunes prolétariens, quant à eux, privilégiaient le blocage des rondpoints, la fermeture des ports, l’arrêt du transport des marchandises et des salariés, la grève générale et la paralysie de l’économie, autant d’actions qui attaquaient les profits des capitalistes, grands et petits (…)

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Apolitisme et conscience de classe

Les intellectuels bourgeois ont dit des Gilets jaunes qu’ils étaient apolitiques du fait de leur refus de se laisser brider, enrégimenter et instrumentaliser par les vieilles formations politiques bourgeoises de gauche comme de droite. Par leur refus d’être instrumentalisés, les Gilets jaunes ont amorcé une nouvelle voie politique : la voie prolétarienne d’action n’ayant rien en commun avec la gauche classique organisée en groupuscules sectaires et dogmatiques. (…) Le soulèvement populiste – prélude à l’insurrection populaire; prologue à la révolution prolétarienne – ne s’ordonne pas. Notre tâche révolutionnaire n’est pas d’amorcer le soulèvement, mais de l’orienter stratégiquement. (…)

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Conscience de classe prolétarienne

À propos de la conscience de classe et de son incidence sur le mouvement populaire spontané, Kropotkine écrit ceci à la suite de la Révolution russe de 1918 : « La révolution que nous avons vécue est la somme totale, non pas des efforts individuels séparés, mais c’est un phénomène naturel, indépendant de la volonté humaine, similaire à un de ces typhons qui se lève soudainement sur les côtes de l’Asie orientale. Des milliers de causes, parmi lesquelles le travail d’individus séparés et même de parties entières n’ont été que des grains de sable, chaque petit souffle de vent local a contribué à former le grand phénomène naturel, la grande catastrophe qui soit renouvèlera ou détruira, voire les deux, détruira et reconstruira.»[ii]

Selon Kropotkine, la conscience de classe révolutionnaire n’est pas apportée de l’extérieur, mais elle jaillit au sein même de la classe en révolte. La révolte de classe est intrinsèque à l’existence même de la classe dans ses contradictions et sa lutte contre la nature pour lui arracher ressources, moyens de production et biens de consommation, et dans son combat social inévitable contre la classe capitaliste exploiteuse, qui, elle aussi, mène son combat contre la nature et contre la classe prolétarienne afin de la forcer à valoriser le capital, et ainsi assurer l’accumulation capitaliste et la reproduction de l’espèce humaine (…)

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Réformisme ou révolution, socialisme ou communisme?

Au XXIe siècle, ce que la gauche appelle la « Révolution socialiste » est un anachronisme des siècles derniers (XIXe et XXe siècles), l’époque héroïque des mouvements syndicaux progressistes et des organisations politiques de la gauche réformiste et revendicatrice, qui a eu pour mission historique d’arracher des concessions démocratiques, des réformes sociales, de meilleures conditions d’exploitation de la force de travail et la décolonisation des populations vivant sous l’oppression directe du féodalisme et des puissances colonialistes, afin de les faire accéder au capitalisme. Pour les salariés, les limites de ces conquêtes sont aujourd’hui atteintes, tout comme sont atteintes les limites économiques et géographiques de l’expansion du mode de production capitaliste (…) Sous le mode de production capitaliste, la guerre de classe se résume à ceci : chaque classe sociale se bat pour accroitre sa portion de la valeur produite par la force de travail salarié, génératrice de plus-value. (…)

Ce faisant, le grand capital accapare une part grandissante des budgets de l’État, au détriment du petit capital national, grevant ainsi les marchés qui dépendent des clientèles populaires aux allocations sociales compressées par les politiques d’austérité. Et ainsi va la spirale infernale du capital en débandade. (…)  Au commencement d’un mouvement de résistance contre les agressions du capital et de son État, il est normal que la petite-bourgeoisie et le prolétariat à travers ou par-delà leurs organisations de collaboration de classe (syndicats subventionnés, ONG stipendiées, partis et organisations politiques électoralistes) organisent la résistance selon des principes et des méthodes de combat éculés : manifestations de types processions, jérémiades, gesticulations et pétitions bidon, votations de « protestation », jusqu’à ce que les manifestants du weekend se rendent compte de l’inefficacité de leurs actions, car elles ne pénalisent que la populace et la bourgeoisie marchande. (…)  Néanmoins, le 10 décembre, le gouvernement, par ses minimes concessions, a brisé le « Front uni » de la moyenne bourgeoisie, de la petite bourgeoisie et du prolétariat. Aussitôt, le petit capital national s’est retiré de l’alliance de front uni réformiste comme nous l’avions subodoré. (…)

Le premier échec est advenu à l’Acte I, au moment où l’on substitua à la paralysie de l’économie et à l’occupation des rondpoints barricadés, les manifestations-processions ponctuées de casses urbaines. Ces quelques places municipales (Paris, Toulouse, Marseille, Bordeaux, Nice, Lyon, Lille, Rouen) se révélèrent le cimetière des regroupements militants où la flicaille put verbaliser et arrêter les plus engagés. Le pire n’étant pas dans ce charivari de la petite bourgeoisie et de son « Black bloc »

Le deuxième échec survint quand les bureaucrates syndicaux proposèrent un simulacre de grève générale encadrée et organisée pour liquider toute grève insurrectionnelle. Le prolétariat ne se mobilisa pas autour de cet appel sachant par expérience que ces agiotages syndicaux mènent toujours à la défaite. (…) la gauche éclectique qui y verront des mesures «liberticides» (toujours cette mystique petite-bourgeoise de la démocratie et de la liberté sous l’esclavage salarié) et qui ergoteront sur les façons de faire perdurer ces actions de prosternation. (…)

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Le front uni interclasses

La question du « Front uni interclasses », que nous différencions du « Front uni prolétarien », n’est pas une question subjective ou métaphysique. Comme toute autre question stratégique et tactique, c’est d’abord un dilemme économique. Qui contrôle les cordons de la bourse dirige l’orchestre social. N’attendez pas de la moyenne bourgeoisie d’affaires qu’elle se sacrifie pour le salut de la petite-bourgeoisie ou du prolétariat. À la première occasion, elle trahira le soi-disant Front uni pour préserver ses avantages, même s’ils paraissent bancals. (…)

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L’organisation révolutionnaire: fruit de la révolution

L’évolution du Mouvement nous renseigne sur cette orientation inédite, illustrée par le rejet radical de l’appareil d’État, de ses appendices organisationnels syndicaux, ONG et partis politiques. De l’expérience des gilets jaunes il faut déduire que le soulèvement populiste spontané sera pris en charge par le prolétariat révolutionnaire, cette « avant-garde » qui aura germé dans le giron de la guerre de classe prolongée. (…) le parti révolutionnaire de classe ne préexiste pas au mouvement révolutionnaire, il surgit spontanément comme la cristallisation d’une lente fermentation des divers groupes et associations militantes. L’action insurrectionnelle transformera le mouvement populiste spontané en une insurrection populaire organisée, visant non plus à réformer, mais à détruire le système, son appareil d’État bourgeois, et à renverser le mode de production capitaliste, pour appeler à la construction du nouveau mode de production communiste prolétarien. (…)

La conscience de la classe révolutionnaire, ainsi que ses organisations révolutionnaires, ne sont pas des éléments préconstitués, enfermés dans un cocon qu’il suffirait d’extirper. La conscience de classe ne peut être apportée de l’extérieur de la classe comme une vérité révélée – cette conception thomiste relève de la mystique religieuse. La conscience de classe est un construit – une production de classe, au même titre qu’une œuvre d’art, un objet à la fois concret (l’idée matérialisée dans un projet de société en progrès) et abstrait (les rapports sociaux de production) issu de l’activité de la classe aspirant à l’émancipation, non pas comme un désir mystique – théologique – mais comme une nécessité impérative (…)  De ces principes, il découle que ce sont les conditions économiques et sociales objectives qui provoqueront le mouvement insurrectionnel spontané. Ce n’est pas la classe qui crée le mouvement insurrectionnel, c’est le mouvement insurrectionnel spontané qui consolide la classe, à commencer par ses éléments les plus militants engagés dans le mouvement. (…) la dictature du prolétariat n’est pas une loi d’airain qu’impose une organisation centralisée sur la classe révolutionnaire spontanée et sur la société transformée en goulag social. (…)

À l’étape révolutionnaire du mouvement, la spontanéité s’estompe, le niveau de conscience de la classe murit, puis s’affermit dans et par le processus révolutionnaire, favorisant ainsi la consolidation du projet révolutionnaire global. De ceci, il découle que l’insurrection populaire n’est pas la Révolution prolétarienne, elle en est la prémisse nécessaire à la fois objective et subjective.  Chaque révolte populaire, quel que soit le pays où elle se produit, est une vague lancée à l’assaut du pouvoir bourgeois. Vague qui, souvent, vient mourir aux pieds de la citadelle étatique du grand capital. La Commune fut un coup de tonnerre – un défi – que la classe prolétarienne parisienne, encore embryonnaire, lança au pouvoir étatique bourgeois en pleine expansion. À cette époque, l’immaturité évidente des conditions objectives et subjectives de la révolution prolétarienne mondiale (l’immaturité de la classe révolutionnaire) entraina la défaite inévitable de cette insurrection populaire. (…)


 

Pour lire l’intégralité de ce volume (190 pages)

Cliquez ici

 

Pour Feuilleter ce livre    http://liseuse.harmattan.fr/978-2-343-18435-7


 

NOTES

[i] Robin Goodfellow. (2019) http://www.les7duquebec.com/7degarde2/laluttedesclassesenfrance20182019giletsjaunes/

[ii] http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/la-lutte-des-classes-en-france-2018-2019-gilets-jaunes/

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

23 pensées sur “Autopsie du Mouvement des Gilets jaunes

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      2 octobre 2019 à 9 09 22 102210
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      @ do

      Effectivement DO, la grève générale sauvage – spontanée – illimitée sera la prochaine étape nécessaire, même si à mon avis le Mouvement actuel des Gilets jaunes n’en sera pas l’initiateur … Ce qui n’a aucune importance… Le mouvement a su ne pas se transformer en secte dogmatique et c’est l’une de ses grandes gloires.

      Nous l’écrivons en préface et nous en traitons dans le livre : « Le deuxième échec survint quand les bureaucrates syndicaux proposèrent un simulacre de grève générale encadrée et organisée pour liquider toute grève insurrectionnelle. Le prolétariat ne se mobilisa pas autour de cet appel sachant par expérience que ces agiotages syndicaux mènent toujours à la défaite. (…)  »

      Merci pour ton post camarade
      Robert Bibeau

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  • Ping :Les Voix du PANDA » Blog Archive » Autopsie du Mouvement des Gilets jaunes

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    3 octobre 2019 à 11 11 56 105610
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    Plein de bonnes choses dans le texte ci-dessus. MAIS comment qualifier d’autopsie une analyse quand de fait le mouvement n’est pas mort? Et en faire un livre ?
    Jusqu’à nouvelle information, le drapeau rouge, avec la faucille et le marteau, est, avec d’autres, dans toutes les manifestations des travailleurs , y compris celles des Gilets Jaunes.
    andré Comte, Montpellier, France

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      4 octobre 2019 à 10 10 12 101210
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      @ Comte et à SAM

      Excellente remarque qui me permet de clarifier un point = Le plus important = du volume.

      Ce livre veut présenter une analyse de classe PROLÉTARIENNE de ce mouvement populiste historique.
      Nous indiquons dans ce livre dix caractéristiques de ce Mouvement populiste du point de vue de la classe PROLÉTARIENNE et de son combat de classe.

      L’une des ces caractéristiques est justement LE REJET TOTAL DES ANCIENNES organisations politiques sectaires et dogmatiques réformistes de gauche comme de droite. Alors la présence de drapeau rouge ou des avatars – faucille et marteau ou drapeau national chauvin français – indique bien que le PROLÉTARIAT a délaissé ce Mouvement qui a été complètement noyauté – récupéré par la petite-bourgeoisie aigrie qui s’agite d’une parade-procession à la suivante… (à l’exemple des parades-processions des enfants de l’urgence climatique hystérique).

      DONC, pour la classe prolétarienne ce Mouvement est mort et peut et doit faire l’objet d’une autopsie afin d’en tirer les enseignements importants afin de préparer la prochaine ronde qui arrive à grand pas.

      Nous expliquons tout cela dans le volume. Vous n’avez ici que 5 des 190 pages du volume (:-))

      Merci pour vos posts

      Robert Bibeau

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    3 octobre 2019 à 14 02 25 102510
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    Je relève la même contradiction, pourquoi parler d’autopsie si le mouvement n’est pas mort pour autant ? à moins que l’on parle d’une certaine mort médiatique peut-être ou une simulation de mort pour échapper à la vindicte du système !

    Intéressant billet en passant !

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    4 octobre 2019 à 11 11 41 104110
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    Bonjour ou bonsoir,
    je ne partage pas toutes les opinions. Il est fort possible de faire « Une autopsie » car certaines personnes en sont mortes. Nous savons tous à divers degrés, que ce mouvement apporte un plus et en d’autres pays porte une appellation différente. Cela sur l’ensemble de L’Europe. Le billet « article » parue en divers lieux sur deux continents, ne sera porteur à mon sens que si nous sommes à sa lecture convaincu de la valeur des « batailles » se mesure à divers niveaux. La préface de l’ouvrage parle en sa faveur, il y a toujours des relents du passé pour tenter d’avoir un présent porteur.

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    4 octobre 2019 à 12 12 59 105910
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    Autrement dit, à moyen terme, au XXe siècle, ce sont les mencheviks qui ont eu raison …Il fallait atteindre le capitalisme à l’échelle du monde entier et pousser la baisse tendancielle des taux de profit à son stade ultime avant de pouvoir passer à la révolution prolétarienne internationale.

    Pourquoi pas ? ….L’essentiel étant qui a raison pour le futur.

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      4 octobre 2019 à 13 01 00 100010
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      Tu as parfaitement compris

      Ce sont les conditions objectives qui sont déterminantes = un mode de production s’écroule quand il a permit de développer la totalité des moyens de production et des forces productives qu’il est capable d’engendrer (de contenir disait Marx) = c’était le cas du mode de production féodale dans les différents pays Angleterre puis France – Allemagne – Italie – Russie – Chine A partir de ce moment il devient une entrave et doit être remplacé c’est l’objet de la révolution prolétarienne anti-capitaliste qui est enfin mûre objectivement mais pas encore subjectivement

      Merci pour ton commentaire

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    4 octobre 2019 à 15 03 22 102210
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    Pour ma part, je me sens concerné par l’action des gilets jaunes sans en avoir porté la bannière, la raison en est que la leiv motiv de ce mouvement est basée sur le manque de pognon…. or ce manque de pognon est actuellement ce qui sauve la planète de notre folie de consommation effrénée… alors oui, je ne suis absolument pas d’accord pour que 0.1% de la population possède 99% des biens…. mais je ne suis pas non plus d’accord avec tous ceux qui croient qu’on peut continuer à pondre passé les 6 milliards d’individus, voire même promouvoir la natalité à la seule fin de continuer a toucher de bonnes retraites! alors même que la durée de vie s’allonge. Pour moi, la solidarité PEUT ET DOIT faire ce travail (sachant que ces 6 milliards d’individus, ne sont que pour une faible part des consommateurs privilégiés comme nous occidentaux bien gras, bien accro à nos petits privilèges) Quand on voit tous les désastres écologiques que notre planète a subi en 100 ans par notre avidité, je dis bien NOTRE, pour moi le consommateur bien gras est tout aussi responsable que le criminel qui a instauré ce mode d’économie, y trouvant son compte. je ne cherche donc pas de coupable mais pointe une solution..Pour moi la vrai réponse à la crise actuelle réside dans l éducation des peuples, prendre conscience que la régression démographique est une évidence absolue, adopter le plus de jeunes africains possible pour compenser le manque d’éducation et d’argent de ces peuples et contrebalancer nos populations vieillissantes…
    D’autre part à l ‘ ère ou les USA ont déja proposé le vote électronique, démonstration est faite que la démocratie peut s’exercer via le net?! Si tel est le cas, je ne vois pas ce qui empêche le citoyen d ‘exercer pleinement son pouvoir de décideur, en se passant d élus grassement payés….Quelques sites dédiés à l exercice de la démocratie / éducation /armée / justice /écologie /infrastructure publique suffiraient à mon humble avis. Certes de nombreux métiers disparaitraient.. encore de nouveaux chômeurs me criera – t-on! Ma réponse est continuez à penser avec votre porte monnaie plutôt qu avec votre coeur, et soit la guerre règlera le problème à votre place, par manque de ressource ou d éducation, soit les problèmes sanitaires liés à la pollution, je vais ajouter une thèse pour les amateurs sf, un bon vieux coup de laser stellaire pour chasser la puanteur cosmique que l on doit dégager à coup sur!!!!!

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    4 octobre 2019 à 21 09 44 104410
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    @ Géologik

    « Pour moi la vrai réponse à la crise actuelle réside dans l éducation des peuples, prendre conscience que la régression démographique est une évidence absolue, adopter le plus de jeunes africains possible pour compenser le manque d’éducation et d’argent de ces peuples et contrebalancer nos populations vieillissantes… »

    Dites ça sur un plateau télé, et Éric Zemmour écrira son prochain livre sur vous :)))) il l’appellera  »Enfants noirs adoptés, le grand désaveux » et il utilisera votre pensée pour apporter l’eau à son moulin du grand remplacement !

    Il n’y aura ni régression démographique, ni moins de pollution, l’homme continuera de se multiplier jusqu’à bouffer l’herbe qui pousse sur les montagnes, les arbres, les chiens et les chats, et probablement sa propre espèce sous la forme de biscuits une fois morts, comme dans ce vieux film de SF  »le soleil vert » : pendant que les riches et puissants seront encore 1% vivant dans des tours et des oasis gardées et défendus comme des forteresses, le 99% restant, vivra comme des rats qui bouffe des biscuits de chair humaine qu’on leur distribue par engins volants ! et lorsque le cœur n’en peut plus de supporter cette vie de parasite, et que vous vous portez volontaire pour mourir et vous transformer en biscuit, on vous prend en charge, on vous sert un vrai repas, et vous fait visionner à quoi ressemblait la terre quand elle était verte, on vous fait écouter de la musique classique et hop, on vous administre la mort tout de suite après, direction l’usine de biscuits ! :)))

    C’est fou ce que les auteurs de SF peuvent être cyniques et visionnaires… ! espérons qu’ils n’auront jamais raison !

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  • Ping :Différence entre un mouvement populiste bourgeois et un soulèvement populaire ouvrier – les 7 du quebec

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    11 octobre 2019 à 2 02 11 101110
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    Merci Monsieur Bibeau pour cet article. J’ai bien reçu votre courriel m’informant de cet article, ainsi que du lien vers Amazon (ce bon employeur) pour acheter votre bouquin.

    Vous pourriez être un bon épicier, voire un bon capitaliste, en tout cas vous savez comment marche le commerce. Tiens c’est comme Ingrid Levavasseur (si son nom oui, elle, ne bégaye pas), qui a écrit un livre sur son engagement, vous le trouverez facilement, il se trouve en tête de gondole de toute les bonnes librairies.

    Votre verbiage d’une autre époque, me fait doucement sourire ; il est bien dans la doctrine, une bonne messe finalement. Malheureusement, vous, comme vos semblables, devez déployer une masse d’efforts afin d’expliquer comment la réalité se conforme à votre carcan car tout événement est inclus dans votre bible marxiste.

    J’invite malgré tout, tout un chacun à voir, ou revoir, le film sur le Jeune Karl Marx d’Auguste Diehl, qui est très bien fait, très intéressant.

    N’allez pas dire que je vomis le mouvement des gilets jaunes, au contraire, car je le soutiens dans sa démarche mais pas dans sa violence. Ce mouvement a sauvé notre économie, par l’injection monétaire des aides reçues dans l’économie, environ 15 milliards annoncés ? Et oui, cette aide a été directement injectée dan l’économie, car ceux qui l’ont reçue, avaient faim ou besoin de dépenser pour vivre, voire survivre. Ce sont des acteurs économique de premier plan, car nombreux.

    Ceux qui me débectent, ce sont ces révolutionnaires de pacotille, ces bourgeois bohème, habillés négligés, mais toujours avec des fringues de marque. Ces anarchistes romantiques qui apprécient la tranquillité de leurs appartements cossus des quartiers populaires, car bien gardés, par des policiers tiens donc !

    Ce qui serait intéressant de dire, c’est comment une politique ultra-libérale, mot qui ne veut rien dire selon ceux-ci, car eux seuls peuvent choisir le sens des mots, comme l' »économie de l’offre », a pu s’appliquer dans notre pays démocratique, par quelles courroies de transmission ? Comment, malgré toute notre armada administrative, judiciaire, législative, ce mouvement autoritaire, exclusif, fasciste a pu s’imposer sans aucune résistance. C’est là votre travail Monsieur Bibeau, à vous de dire.

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      11 octobre 2019 à 11 11 32 103210
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      @ Pradet

      1)Vous faites erreur en début de propos en m’assimilant aux bibliophiles marxistes. Je suis prolétaire – révolutionnaire surtout pas de gauche ni de droite et surtout pas marxiste-léniniste-anarchiste-trotskyste-maoiste-socialiste-communiste = non rien de cela. Il vous faudra lire notre bouquin au complet pour percevoir la différence fondamentale.

      2) Vous avez totalement raison de souligner que le Mouvement des Gilets jaunes a forcer (par son amplitude et par sa violence économique quand il bloquait les ronds points) l’État anti-démocratique bourgeois à jeter du leste et à satisfaire quelques demandes des révoltés. Ce qu’il faut saluer MAIS en restant réaliste… les deux pieds sur le plancher

      3) Vous devriez vous rendre compte que comme à chaque fois que le prolétariat obtient quelques concessions du capital – ce dernier s’empresse de récupérer = c’est ce que fait Macron avec sa non indexation des retraites – sa réforme de l’assurance emploi et sa réforme des régimes de retraite et le reste.

      4) NON vous avez tout faux quand vous rêvez un instant que l’économie de la France a été « sauvée » de l’effondrement – à peine l’effondrement a-t-il été retardé et il poursuit sa route comme vous pourriez le constater si vous lisiez les articles que nous publions chaque jour sur ce webmagazine.

      5) Incidemment, cette récession économique et cette dévaluation des monnaies seront mondiales et pas seulement Français… vous devez regarder hors de l’hexagone…

      6) Pour répondre à votre question sur « l’économie de l’offre » – vous devez d’abord vous départir de vos illusions « démocratiques » et ensuite – ayant ouverts vos yeux sur la réalité de la dictature du capital sur l’ensemble de la société mondiale – vous serez dans l’état d’esprit de comprendre que le mode de production capitaliste de l’économie de l’offre et de la demande et de la main invisible des marchés et de l’impératif de la concurrence et de l’argent roi etc. etc. est rendue au but de son rouleau – à la fin de sa vie utile et qu’il faut renverser – éradiquer – ce mode de production. Seul le prolétariat pourra fare cela – violemment malheureusement.

      Ce que nous expliquons dans les 190 pages de notre bouquin qui vous réserve bien des surprises (:-))

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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    11 octobre 2019 à 23 11 36 103610
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    @bibeau.

    Votre réponse est un peu à l’emporte pièce, vous me définissez sans me connaître, c’est-à-dire comme vous voulez me voir. Je trouve que votre verbiage est encore bien marxisant.

    Je regarde hors de l’Hexagone, même si cela peut vous surprendre, et j’attends avec impatience la chute du dollar. Vous devriez vous inquiéter, vous, leurs voisins. Bien sûr cette chute entraînera bien du monde, toutes les économies indexées seront libérées et perdront leurs repères, toutes les économies créancières des États-Unis perdront leurs avoirs, d’où l’intérêt d’avoir autant de dettes que ces derniers, pour les jeter en même temps qu’eux. Savez-vous que le dollar n’est pas la monnaie des États-Unis mais une monnaie privée ? On peut imaginer toutes les conséquences inhérentes, non ?

    En ce qui concerne mes illusions démocratiques, ce sont elles qui font que je ne m’arme pas d’un fusil mitrailleur et nettoie tout ce qui bouge de l’autre côté de la barrière, alors, étant follement amoureux de la liberté, je préfère les garder. Mais je vous redemande de ne pas biaiser, de ne pas nous ressortir vos antiennes bien huilées « la dictature du capital », de nous dire qui est derrière tout ça et comment ces derniers sont tenus. Vous serez écouté.

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      12 octobre 2019 à 10 10 58 105810
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      @ M. Pradet

      Je suis totalement d’accord avec vous quand vous écrivez : « Bien sûr cette chute entraînera bien du monde, toutes les économies indexées seront libérées et perdront leurs repères, toutes les économies créancières des États-Unis perdront leurs avoirs, d’où l’intérêt d’avoir autant de dettes que ces derniers, pour les jeter en même temps qu’eux. »

      Vous avez parfaitement compris ce qui oriente les politiques nationales des pays capitalistes (soumis à la dictature du capital) – et en effet c’est à qui émettra le plus de crédit en euro ou en livre sterling ou en dollars canadiens pour ensuite déprécier ces monnaies en même temps que le dollar US et piller les fonds de pension et les petits épargnants

      Cependant je ne suis pas d’accord quand vous écrivez : « Savez-vous que le dollar n’est pas la monnaie des États-Unis mais une monnaie privée ? » Le dollar US est la monnaie de référence et de réserve du capital international (pour encore quelque temps – l’or le remplace peu à peu) et le fait que ce soit une banque privée qui imprime cette monnaie ou émette du crédit basée sur cet argent n’a justement aucune incidence sur l’économie mondiale. La récession ne sera pas provoquée par le fait que le FED est privée ou publique.

      Pour le reste je vous invite à lire régulièrement nos écrits sur Les7duquebec.com où nous publions nos opinions sur ces questions.

      Merci pour votre post

      Robert Bibeau

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        13 octobre 2019 à 14 02 31 103110
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        « La récession ne sera pas provoquée par le fait que le FED est privée ou publique.  » La récession n’a rien à voir avec cela, il s’agit de mauvaise gestion, je sais aussi bien faire qu’eux. Il suffit de dépenser l’argent que l’on a pas et de ne pas rembourser ses dettes.

        L’anecdote vaut son pesant d’or (sic !) § Alors qu’à la création de la Federal Reserve System c’est l’outil monétaire des États-Unis, ceux-ci l’ont utilisé à tord et à travers pour leur politique expansionniste. Vous donnez encore aujourd’hui vos produits aux étatsuniens contre du papier qu’ils produisent à la demande. A l’époque de la colonisation de l’Afrique les européens donnaient des cauris, qu’il récoltaient sur les plages d’Océanie, en échange de produits et d’esclaves.

        Aujourd’hui la FED est un établissement indépendant ; c’est bien joué non ?

        Et si cette monnaie est devenue la monnaie de référence, c’est parce qu’elle est toujours basée sur l’économie de la zone monétaire des États-Unis, bien que la masse monétaire ne soit plus en rapport. Sans économie de référence, pas de monnaie. Voyez la difficulté que rencontre le bitcoin pour s’imposer, c’est parce qu’il n’est basé sur rien. Vous ne pouvez nier l’importance de ce fait.

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