Aviez-vous remarqué…

Jean Gagnon Dossier Actualité économique

…que le gouvernement américain a fait un profit

Goldman Sachs vient de rembourser l’investissement de 10 milliards que le gouvernement américain avait effectué dans l’entreprise l’automne dernier durant la crise  financière. Les dividendes versés sur ces actions privilégiées et le rachat des warrants (options d’achat d’actions) que la compagnie avait octroyés au gouvernement ont totalisé 1,4 milliards, ce qui constitue un rendement annualisé de 23 % pour les payeurs de taxes américains. Intéressant, direz-vous.

C’est Goldman Sachs elle-même qui en a fait l’annonce mercredi par voie d’un communiqué dans lequel le président de la compagnie, Lloyd Blankfein disait: “ Nous sommes reconnaissants des efforts faits par le gouvernement “.

On le serait à moins. Lorsque que le gouvernement a fourni 10 milliards à Goldman Sachs pour l’aider à se sortir de la crise, les actions de la compagnie valait 50 $. Elles valent aujourd’hui 160 $. Un rendement annualisé de 330 %. Le gros lot, c’est rarement pour les payeurs de taxes.

…que les syndicats tentent de sauver les meubles chez Air Canada

Air Canada, dit-elle, a un urgent besoin d’un prêt de 600 millions pour faire face à ses obligations et survivre d’ici à ce que les conditions économiques s’améliorent.

Évidemment, la confiance ne règne pas chez les prêteurs qui ne se précipitent pas à la porte et qui demandent de solides garantis. Malheureusement, Air Canada n’a plus beaucoup de biens qui ne soient pas déjà nantis. Resteraient certains droits portuaires, c’est-à-dire ces espaces où elle peut garer ses avions atterrissant dans les différents aéroports internationaux. Ces droits vaudraient plusieurs centaines de millions de dollars.

Plusieurs syndicats des employés du transporteur implorent le gouvernement de consentir lui-même le prêt de 600 millions afin qu’Air Canada n’ait pas à donner ses droits portuaires en garanti collatérale pour le prêt.

Si les syndicats veulent que la compagnie préserve ses actifs de valeur, c’est probablement parce qu’ils sentent que la faillite pour bientôt. Il faudra alors restructurer, et ces actifs de valeur rendront cet exercice moins douloureux pour tous ceux qui ont un intérêt quelconque dans l’entreprise, dont évidemment les travailleurs.

Une nouvelle faillite d’Air Canada, la deuxième en 6 ans, semble vraiment inévitable. À preuve Jacques Kavafian, un analyste chez Research Capital qui suit de près les destinés d’Air Canada depuis des années, parlait lundi de la façon dont la compagnie devra se restructurer, concluant déjà que les actions de la société ne vaudront bientôt plus rien. Si même des analystes, qui sont généralement plutôt des “ cheerleaders “ d’entreprise que de véritables critiques, parlent de faillite, c’est que la probabilité doit être vraiment très élevée.

…et que Vincent Lacroix est libre

Vincent Lacroix a retrouvé sa liberté. Du moins une partie, car il devra quand même demeurer en résidence et participer à des travaux communautaires pendant un an et demi.

L’homme est apparu amaigri après son séjour derrière les barreaux. Mais cela n’a pas atténué le désir de vengeance auquel la population en général, et les investisseurs floués en particulier, semblent être en proie.

Ceux-ci se consolent à l’idée qu’une nouvelle poursuite, celle-là devant la Cour criminelle, débutera le 14 septembre, et pourrait renvoyer Lacroix en prison, cette fois pour plus longtemps.

Toutefois, ils ne devraient pas se réjouir trop vite, car rien n’est gagné. La maladresse de l’Autorité des financiers (AMF) pourrait jouer en faveur du fraudeur. La poursuite au pénal qu’a intentée l’AMF n’aurait pas dû précéder celle au criminel, comme c’est généralement le cas. À cause de la précipitation de l’AMF, qui tentait par-là de préserver son image sévèrement ternie par toute la saga Norbourg, Vincent Lacroix tentera de faire abandonner les procédures, prétextant qu’il serait alors jugé deux fois pour la même faute. Et il pourrait avoir gain de cause et conserver sa liberté.

Peu importe la conclusion de cet imbroglio juridique, pour ceux qui ont été détroussés de leurs épargnes, par contre, rien n’est perdu. Ils auront la chance de récupérer leur argent grâce au recours collectif dont les procédures devraient débuter en 2010. C’est ce procès qui en réalité est le plus important. Il permettra peut-être aux victimes d’obtenir justice, tout en faisant la lumière sur ce qui s’est vraiment passé. Je pense surtout au rôle joué par l’AMF. Celle-ci a réussi à éviter une commission d’enquête, mais elle ne pourra pas se soustraire à l’examen rigoureux de la poursuite lorsque les procédures du recours collectif commenceront.

Une pensée sur “Aviez-vous remarqué…

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    24 juillet 2009 à 12 12 11 07117
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    Pourquoi est-ce que le nom de l’auteur ne figure-t-il pas au-dessus du texte, comme pour la plupart des sites?

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    24 juillet 2009 à 13 01 54 07547
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    1- Je suis d’accord avec Simon, ce n’est pas toujours très clair. Aujourd’hui, qui a écrit ce texte ? Jean Gagnon ?
    2- Le comportement des banques américaines est dégueulasse…
    3- Air Canada devrait être nationalisé plutôt que subventionné…
    4- Je ne dis plus rien sur Vincent Lacroix, ça n’en vaut pas la peine…

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    24 juillet 2009 à 14 02 13 07137
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    1- Les Gouvernements devraient tout simplement laisser les Banques fermer leurs portes… Ce n’est pas une grosse perte, et de toutes façons, ces gars-là sont pas mal plus riches que nous, même après avoir « tout perdu »!

    2- Le sort d’Air Canada est le dernier de mes souçis. Un seul de leurs avion pollue comme ça se peut pas, et tout ça pour le « plaisir » des gens fortunés qui fuient leurs problèmes en voyageant? Hahaha! Qui crèvent Air Canada!

    3- Vincent Lacroix… LA joke des médias. Comme si Vincent Lacroix était vraiment SI important que ça dans les corruptions. Comme si c’était un LEADER dans le domaine. Comme s’ils avaient réussi à stopper réellement la corruption (comme l’histoire d’hier ou avant-hier concernant le « merveilleux » coup de filet de la police à New York ou au New Jersey, impliquant des rabbins Juifs) Come on. Les vrais bandits courent toujours, et l’on entendra bien entendu JAMAIS leur nom nulle part dans les médias, précisément comme les illuminati les plus importants.

    Du moins, c’est mon opinion.

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    24 juillet 2009 à 17 05 12 07127
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    Si on prends le recours collectif intenté contre Loto-Québec comme base de comparaison, on pourrait s’attendre à un délai de près de 8 ans avant l’audition du procès. Par la suite, un appel est possible.

    Et qui paiera la note quant tout sera terminé?

    Quel merveilleux système.

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    24 juillet 2009 à 18 06 14 07147
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    Je ne sais pas si je vois la même chose que vous sur mon écran, mais je vois bien Jean Gagnon comme auteur.

    Comment suggérez-vous que nous l’indiquions ?

    Pierre JC Allard

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    24 juillet 2009 à 18 06 19 07197
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    Je fais le parallèle dans un article sur mon site hier, entre le 18 mois de prison pour Lacroix qui a fraudé et ruiné des milliers de petits épargnants, et Michel Dumont, un innocent qui a fait trois ans de prison pour rien et a qui on a mis 18 ans à dire qu’il n’avait pas convaincu le juge qu’il méritait un dédommagement.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/07/23/lacroix-18-mois-dumont-18-ans/

    Pierre JC Allard.

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    25 juillet 2009 à 7 07 39 07397
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    @ Pierre JC Allard: Lacroix est un «bandit d’affaires» et Dumont un pauvre innocent; voilà pourquoi l’un est puni très légèrement et l’autre ne recevra rien.
    Au Québec, on respecte les bandits, pas les pleurnichards …..

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    25 juillet 2009 à 8 08 53 07537
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    Au Québec, on aime tellement le crime qu’ils font une « exposition » dans un musée sur le crime!

    Wow.

    Ça c’est fort. Pis ça donne une belle image des Québécois-Français!

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    25 juillet 2009 à 8 08 54 07547
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    Je voulais dire:

    ils font une « exposition » sur le crime dans un musée.

    Ça changeait le sens de la phrase pas mal.

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    25 juillet 2009 à 9 09 21 07217
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    Connaissez-vous Frédéric Bastiat?

    Frédéric Bastiat : Homme politique et économiste français (1801-1850). Ennemi du socialisme, hostile au protectionnisme, sa pensée économique se place sous l’influence de l’industriel anglais Richard Cobden. Ce dernier fut à l’origine du libre-échange et réussi à faire abolir les mesures protectionnistes en Grande-Bretagne. Élu député des Landes en 1848, Bastiat deviendra un membre influent à l’Assemblée nationale au sein de laquelle il préside à plusieurs reprises le comité des finances. En 1849, il croise le fer avec Proudhon dans une série d’articles où Bastiat défend contre le penseur socialiste la légitimité de l’intérêt sur le capital. Il soutient dans les revues et dans ses ouvrages, dont le plus célèbre sont les Harmonies économiques, restées inachevées, des vues étonnament modernes qui ont fait dire à Friedrich von Hayek qu’il était «le plus génial promoteur du libéralisme économique.» On cite souvent cet aphorisme de Bastiat sur l’État, «la grande fiction à travers la quelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde.»

    Bastiat a aussi écrit ce qui suit :

    « Si la vaste machine gouvernementale se renfermait toujours dans le cercle de ses attributions, une représentation élective serait superflue ; mais le gouvernement est au milieu de la nation un corps vivant, qui, comme tous les êtres organisés, tend avec force à conserver son existence, à accroître sa puissance et son bien-être, à étendre indéfiniment sa sphère d’action. Livré à lui-même, il franchit bientôt les limites qui circonscrivent sa tâche ; il augmente outre mesure le nombre et la richesse de ses agents ; il n’administre plus, il exploite ; il ne juge plus, il persécute ou se venge ; il ne protège plus, il opprime… »

    … »Peut-il exister de la liberté là où, pour soutenir d’énormes dépenses, le gouvernement, forcé de prélever d’énormes tributs, se voit réduit à recourir aux contributions les plus vexatoires, aux monopoles les plus injustes, aux exactions les plus odieuses ; à envahir le domaine des industries privées, à rétrécir sans cesse le cercle de l’activité individuelle, à se faire marchand, fabricant, courrier, professeur, et non-seulement mettre à très-haut prix ses services, mais encore à éloigner, par l’aspect des châtiments destinés au crime, toute concurrence qui menacerait de diminuer ses profits ? Sommes-nous libres, si le gouvernement épie tous nos mouvements pour les taxer, soumet toutes nos actions aux recherches des employés, entrave toutes les entreprises, enchaîne toutes les facultés, s’interpose entre tous les échanges, pour gêner les uns, empêcher les autres, et les rançonner presque tous ? »

    .Sources :
    http://herve.dequengo.free.fr/Bastiat/Bastiat_bio.htm
    http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Frederic_Bastiat

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    26 juillet 2009 à 11 11 43 07437
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    « Goldman Sachs vient de rembourser l’investissement de 10 milliards que le gouvernement américain avait effectué dans l’entreprise l’automne dernier durant la crise financière. »(Jean Gagnon)

    Ce n’est pas l’information que j’ai eu, moi.

    Celon mes informations, Goldman Sachs a remboursé 1.5 milliards (de ses profits) sur son prêt de 10 milliards.

    J’ai dificulté à concevoir des profits lorsqu’on doit encore 8.5 milliards.

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    26 juillet 2009 à 22 10 09 07097
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    @Gébé
    Le 10 juin, le gouvernement américain annonçait qu’il permettait à 10 banques qui en avaient fait la demande de rembourser les 68 milliards de fonds reçus dans le cadre du plan de sauvetage du système bancaire (TARP). Goldman Sachs faisait partie de ce groupe. Et vous pouvez être sûr qu’elle s’est empressée de le faire afin de pouvoir poursuivre ses opérations sans avoir de compte à rendre au gouvernement, sauf ceux que la réglementation des banques exige, bien sûr. Goldman Sachs a aussi versé un peu plus de 300 millions en dividendes au gouvernement, en plus de racheter pour le warrants (droits d’achats), ce qui totalisait environ 1,5 milliards.

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