Brexit, on ne vote pas ! Ça ne nous concerne pas !

Robert Bibeau. Producteur.  http://www.les7duquebec.com

 

 

Depuis quelques temps la gauche bourgeoise européenne exulte à propos du duel que se livre deux factions de la bourgeoisie britannique, une faction en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, l’autre faction en faveur de l’âpre renégociation du traité de l’Union. Tout ceci serait navrant si ce n’était que la gauche bourgeoise profite de l’opportunité pour mystifier la classe ouvrière britannique et européenne laissant croire que ce conflit au sein de la bourgeoisie l’interpelle.

 

On nous dira qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil et que depuis un siècle, depuis la Première Guerre mondiale, la gauche bourgeoise mobilise le prolétariat en faveur de l’une ou de l’autre des factions capitalistes en conflit. Si la gauche bourgeoise avait à cœur les intérêts du prolétariat européen elle se demanderait : « Pourquoi le BREXIT ? » Pourquoi ce référendum mené par Cameron, un pion politique du capital britannique, pour soi-disant sortir son pays de l’Union européenne ? Ça ressemble à la mère qui renie ses petits ! Ça ressemble avons-nous écrit, mais il faut se méfier des apparences. Le prolétariat mondial connait les manigances des riches.

 

L’analyste politique stipendié doit savoir que le capital financier du Royaume-Uni est intimement lié au capital financier étatsunien via la City de Londres que Wall Street accrédite comme deuxième place financière mondiale. L’analyste politique grassement payé doit savoir que le Royaume-Uni répond aux ordres de ses alliés de Washington et qu’il a toujours été le Cheval de Troie au sein de l’Union européenne, au service de ses vis-à-vis de Wall Street.  Sachant ces prémisses élémentaires, l’analyste clairvoyant comprend que David Cameron a reçu mission de ses patrons de rassembler le grand capital européen autour de ses compagnons de disgrâce américains en prévision du grand affrontement qui se prépare entre l’Alliance atlantique (OTAN) en débâcle, contre l’alliance montante russo-chinoise. Évidemment, cet affrontement en préparation exigera des sacrifices – telles une énergie plus couteuse pour l’Allemagne qui s’approvisionne en Russie – la perte de certains contrats militaires pour la France – la perte de contrats d’investissements pour l’Italie –, etc. mais la mise au pas de l’ogre Russe avant le repli du dragon chinois seront à ce prix.

 

Le « BREXIT » vise à faire monter les enchères pour le maintien de l’Union, sachant que le retrait du Royaume-Uni entrainerait d’autres replis, la Grèce est à deux doigts de suivre ses pas… et combien d’autres ? Dans cette guerre économique et politique préparatoire à la guerre militaire qui suivra, il semble que la gauche bourgeoise, comme à son habitude, ait pris fait et cause en faveur de la faction capitaliste favorable à l’âpre renégociation de l’Union en opposition à la faction capitaliste monopoliste favorable au maintien du marché commun et de l’Euro en l’état.

 

En quoi ce choix de la gauche bourgeoise est-il anti-prolétarien ? Après tout ce sont surtout les capitalistes moins fortunés qui sont dans le camp du « BREXIT » – et de l’âpre renégociation de l’Union –  alors que les plus grosses fortunes d’Europe – les capitalistes monopolistes transatlantiques – sont eux dans le camp de l’Union coute que coute. C’est que la gauche bourgeoise mystifie ainsi la classe prolétarienne qui doit défendre ses propres intérêts de classe et refuser de jouer les thuriféraires du capital comme la gauche bourgeoise le lui a toujours suggéré.

 

D’abord, tout prolétaire conscient sait que la mondialisation de l’économie est inscrite dans les gènes du capital comme Marx nous l’a enseigné. Le refus de l’Europe, de l’euro, de la mondialisation, de l’internationalisation des échanges, est une futilité à laquelle seuls le petit capital non monopoliste et ses affidés de la petite bourgeoisie gauchiste croient mordicus. Le choix pour la classe ouvrière ne se pose pas dans les termes de « pour ou contre l’Europe », mais bien en termes de « Quelle Europe voulons-nous ? » L’Europe du capital ou l’Europe du prolétariat international ? Une certaine gauche bourgeoise présente l’alternative dans ces mots, sauf qu’elle laisse entendre que l’Europe du prolétariat peut s’ériger par la conquête électoraliste des parlements capitalistes à grand renfort de bulletins de votes et de plébiscites. RIDICULE. L’Europe prolétarienne nécessite de détruire de fond en comble l’Europe capitaliste, ses parlements, et ses États bourgeois et de socialiser la totalité des moyens de production, d’échanges et de communication.

 

Le référendum britannique sur le « BREXIT » offre-t-il cette alternative aux ouvriers britanniques ?  Non, évidemment !  Il propose aux prolétaires britanniques de se ranger derrière la clique des capitalistes financiers de la City pour obtenir une renégociation douce des clauses de l’alliance avec la bourgeoisie européenne, ou de se ranger derrière la clique des capitalistes manufacturiers afin de renégocier âprement les clauses de l’Union. Car seuls les bobos de la gauche bourgeoise croient que le grand capital britannique songe sérieusement à quitter l’Union européenne alors que les capitalistes monopolistes états-uniens attendent de leurs associés britanniques qu’ils poursuivent leur excellent travail de sape à l’intérieur de l’Union.

 

Le prolétariat britannique n’est pas dupe de cette mascarade référendaire du « BREXIT ». Il n’a rien à faire dans cette galère entre les deux factions moribondes du capital et il doit rejeter ce référendum sans intérêt pour ses intérêts… de classe.

 

 

7 pensées sur “Brexit, on ne vote pas ! Ça ne nous concerne pas !

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    15 juin 2016 à 11 11 12 06126
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    je suis en désaccord.

    l’Europe est irréformable. Le fait que la population la rejette est une bonne nouvelle, et ceux pour plusieurs raisons:
    les gvts ne serviront plus de l’argument « c’est pas notre faute c’est à cause de l’Europe » alors que l’Europe c’est aussi eux.

    Tous les conquis sociaux ( retraite, secu, code du travail) sont sur la base nationale. C’est un fait incontestable. L’europe elle ne nous a pas apporté de ces choses là. Par contre c’est grâce a ses beaux principes qu’elle nous détricote intégralement.

    Mettre de la distance entre le peuple et les centre de décisions sont forcement néfaste a la démocratie.

    De plus on peut faire une révolution dans un pays (c’est déja arrivé, et cela arrivera de nouveau) mais il est impossible de la faire dans tous les pays simultanément. Car dans un état supranational intégré ils joueront un pays contre un autre.

    Un anecdote tres revelatrice. en france il y a une region « le nord pas de calais » où historiquement le PCF a été longtemps fort (mine et textile). Pendant longtemps le PCF de cette région, a était franchement anti européen alors que dans le reste du pays le PCF national s’est accoutumé du fait que la fumeuse idée de l’europe sociale était possible. Le PCF a continué son déclin alors qu’en « nord pas de calais » le PCF se maintenait. Quand le PCF local a aligné sa position européenne sur celle du national, le PCF local s’est effondré. Et il s’est effondré au profit de qui ????? du front national (extreme droite) qui dans l’imaginaire collectif était contre (meme si le FN defend le grand capital). Car les gens n’ont pas compris que la lutte de classe était la matrice de notre société mais ils ont compris que l’Europe contribué à leur maux. Je pense qu’être marxiste dans ce cas la c’est être CONTRE, sinon on sera inaudible apres. A nous de dire ce que l’on veut derriere. Le brexit ne sera pas un aboutissement mais un point de depart.

    L’europe : le 4eme REICH.

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      15 juin 2016 à 16 04 09 06096
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      Un grand méli-mélo votre réaction Mivila.

      1) Dans notre esprit, Il n’est nullement question de RÉFORMER l’Union européenne. Nous écrivons d’ailleurs ceci  » L’Europe prolétarienne nécessite de détruire de fond en comble l’Europe capitaliste, ses parlements, et ses États bourgeois et de socialiser la totalité des moyens de production, d’échanges et de communication. » Réalisez-vous ce que signifie cette phrase – Ce n’est pas l’Europe que l’on obtient mais un nouveau mode de production sociale n’ayant rien à voir avec le mode de production actuelle. Plus de classe bourgeoise, plus de propriété privé…

      2) Le « conquis sociaux » on dit ici au Canada les « acquis sociaux » – Fumisterie. Ca n’existe pas des « acquis sociaux » pour la classe ouvrière dans notre société de classe. Tout ce qui existe ce sont des privilèges temporaires que le capital concède et qu’ils travaillent très fort à arracher CONSTAMMENT. ACTUELLEMENT avec les politiques d’austérités ils y travaillent avec acharnement et il sera impossible de les stopper sans les renverser du pouvoir économique ET politique.

      3) Il est vrai que le PCF un parti de la gauche bourgeoise a flirter avec les deux VERSANTS DE la bourgeoisie – la PRO-UNION EUROPÉENNE et la PRO-RÉFORMETTES de l’UNion européenne et qu’ils s’est finalement effondré d’un côté comme de l’autre

      4) C’est d’ailleurs à cause de la politique de la gauche bourgeoise que de nombreux travailleurs croient bêtement que le BREXIT VISE À briser l’UNION. C’est faux les capitalistes britanniques ne veulent que négocier plus dur leur adhésion à l’UNION = obtenir d’autres avantages. Le prolétariat est le dindon de la farce.

      5) Je ne sais pas ce que c’est que d’être marxiste, PCF ou marxiste-léniniste sinon que d’être de la gauche bourgeoise. ETRE Révolutionnaire prolétarien c’est mépriser souverainement la démocratie bourgeoise – la rejeter comme un hochet que l’on brandit devant les ouvriers pour leur faire croire qu’on leur demande leur avis = FUTILITÉ POUR enfermer les ouvriers dans le cercle (pour ou contre telle ou telle modalité de leur aliénation – choisissez le choléra ou la peste)

      6) Le peuple est un concept bourgeois qui date de la révolution bourgeoise française 1789 l’histoire de l’humanité est l’histoire de la lutte de classes voila ce que nous croyons nous RÉVOLUTIONNAIRE PROLÉTARIEN QUI NE SOUHAITONS QU’UNE CHOSE ABOLIR LE SALARIAT, LES CLASSES, L’ÉTAT DANS TOUTE L’EUROPE ET AILLEURS.

      Robert Bibeau Producteur Les7duquebec.com

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  • Ping :Le Petit Journal de Karim – La Voix De La Libye

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    16 juin 2016 à 6 06 44 06446
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    avec ces éclaircissement, je suis un plus d’accord avec toi.

    Ce que je dis c’est quand la 1ere guerre mondiale a commencé, les capitalistes ne se sont pas dit: on va risquer de creer un pays qui defend les ouvriers et les paysans, sauf que c’est ce qui s’est passé. Des evts en ricochets ne sont maitrisable par personne. Celui la peut en etre un. en effet les capitalistes tirent chacun la couverture a eux, mais ce sont sur ces bisbilles que notre classe sociale peut retourner l’édredon.

    conquis sociaux est plus judicieux car ce que l’on a conquis peut etre perdu et l’europe joue ce role la a la perfection. Mais l’etat peut le faire aussi je suis d’accord. et puis conquis ca montre l’origine de cette acquisition temporaire.

    bien a toi

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    18 juin 2016 à 3 03 52 06526
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    ha ben bravo… on sent bien les débiles profonds en quête de dirigeants pour les soigner d’eux mêmes… faites déjà la différence entre les capitalistes financiers et les capitalistes productifs et votre révolution commencez par la faire dans votre tête. Vous êtes bourrés d’idéologies. Quand au PCF sont système collectiviste, il est tellement bien qu’ils n’en veulent pas pour eux préférant les régimes spéciaux. Le libéralisme pour eux en écrasant de tout leur poids les créateurs de richesse.
    Ce blog est d’une débilité sans nom.

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      18 juin 2016 à 8 08 46 06466
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      EVA

      Si vous n’étiez pas d’une débilité sans nom sauriez que nous sommes anti-PCF – que nous ne sommes ni communiste – ni marxiste-léniniste – nu maoiste – ni anarchiste – ni trotskyste et rien qui ressemble à la gauche bourgeoise. Mais pour vous en rendre compte il faudrait que vous lisiez AVANT DE COMMENTER –

      Nous ne sommes pas en quête de dirigeants surtout pas même pas de gourou anarcho-syndicaliste.

      Capitalistes financiers et capitalistes productifs – oui et après – Tentez de lire un ou dix de nos analyses économiques et si vous en comprenez une seule revenez nous voir… pour poser des questions on vous répondra http://www.les7duquebec.com/author/robertbibeau/

      Les créateurs de richesses dont vous parlez – qui est-ce selon vous ?????????????

      Robert Bibeau Producteur Les7duquebec.com

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    25 juin 2016 à 18 06 07 06076
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    La concurrence entre les USA et l ‘ UE pour s ‘ emparer des richesses mondiales à franchi une étape.
    La.crise dù système, les difficultés grandissantes qu a le capital aussi bien à produire de la plus-value qu à la réaliser (la transformer en profit et donc en capital additionnel) le contraint à agir sur deux.plans.
    L ‘ UE s ‘ est constituée pour exercer une pression plus grande sur la classe ouvrière qui au sortir de la guerre mondiale acceptait difficilement les efforts de reconstructions exigés par le capital (cf les grandes grèves ).
    La nouvelle organisation du travail (le fordisme) prenait son essor et parcellisait le travail,détruisant du même coup les savoir faites et les anciennes catégories de travailleurs qui avaient résiste à ce te phase de la.mondialisation capitaliste. Il fallait donc accroître l ‘ exploitation augmentant la productivité. Celle ci s ‘ avère tres efficace jusqu’à la fin des années 70 quI vit les limites de cette augmentation avec un accroissement à la fois du crédit, une concentration accélérée du capital crédit et du même coup du capital productif entre des mains de moins en moins nombreuses.
    C ‘ est le début de la décroissance c ‘ est à dire du rendement décroissant des gains de productivité qui aujourd’hui plombent au contraire le capital dans son ensemble et freinent l ‘ augmentation du taux de profit jusqu a le diminuer.
    Sur le second plan, il s ‘ agit de s emparer à moindre coût des ressources.
    C ‘ est la décolonisation car entretenir des colonies devenait un fardeau pour les États capitalistes.
    C est là phase d ‘ expansion moderne avec des Etats centraux qui dominent des Etats compradores.
    Les ressources sont pillees mais à moindre coût. Ce qui est la situation actuelle avec comme conséquence un rétrécissement des marchés du fait de l ruine consécutive à ce pillage et de la guerre économique et militaire qu engendre la concurrence.
    Je pense que la montee du nationalisme est irrémédiable dans ce contexte de concurrence exacerbée.
    Il s ‘ agit à la fois de procurer une main d ‘oeuvre à bas coût dans tous les pays qui aspirent à figurer dans le palmarès des Etats impérialistes (aveC au sein même de ces pays des zones franches livrées au marché sans aucuns « garde-fous », ce qui a pour conséquence d ‘ accroître l ‘ exploitation et la disparition des maigres « acquis sociaux  » dans les pays voisins).
    Pour les Etats dominants il s ‘ agit d ‘ être celui qui aura les meilleures parts de marché d ‘ être le plus grand pilleur de la planète devant tous les autres.
    Voilà pourquoi aussi bien le FN que le FG réclament un État fort,capable de « développer l ‘ économie  » n ‘ hésitant pas à tenir un discours volontariste et musclé à l ‘ égard des concurrents.
    Le capitalisme C ‘ est la guerre disait notre regretté Maurice Lionnet, directeur de Regroupement Communiste.
    Il ne peut se survivre qu en écrasant ceux qui lui résistent.
    Mais Unis, les prolétaires peuvent profiter de la maladie structurelle du capitalisme qu est la crise liée à la baisse du taux de profit (du fait de la devalorisation brutale et irréversible de la valeur d ‘ échange – monnaie,capital productif et financier, tour ce qui exprime le blocage de ces echanges sur le marché ) en lui donnât le cou de grâce qui pourra l ‘ achever après une révolution politique puis sociale indispensable pour s ‘ emparer de tous les moyens de productions de la vie.

    Pierre Lehoux

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