CANADIENS, BOYCOTTONS LES ÉLECTIONS FÉDÉRALES !

http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito13042011.html

Dans la plupart des pays capitalistes avancés une large portion des ouvriers et de leurs alliés ont fait une croix sur le processus électoral bourgeois. Pendant ce temps l’arrière-garde de la gauche s’échine à défendre la démocratie des riches, pour les riches et par les riches, à l’accréditer et à la promouvoir parmi les travailleurs. Dans la plupart des pays capitalistes avancés, les croyances religieuses sont en déclin et elles sont remplacées par les mystifications électorales, le nouvel opium du peuple que les sous-fifres de la « gauche plurielle » insufflent partout à la satisfaction de leur patron.

Dans tous les pays capitalistes avancés, l’enjeu des élections démocratiques bourgeoises est de choisir quelle fraction de la classe des riches et des puissants aura le privilège de diriger l’appareil d’État, de gouverner, de légiférer, d’administrer l’appareil judiciaire, de maintenir la société capitaliste en l’état et bien entendu d’imposer taxes et impôts dont les revenus seront redistribués à leur classe et leurs fractions de classe.

Pendant les élections fédérales canadiennes, la bourgeoisie demande individuellement à chaque électeur s’il préfère être dirigé par les impérialistes du pétrole et les industriels du bois de l’Ouest ou par les ploutocrates financiers de Toronto et de Montréal ; ou encore s’il préfère que l’appareil d’État soit administré par les barons de l’industrie de l’Ontario et du Québec et leurs alliés – les aristocrates syndicaux – ? Votez, chers électeurs, et choisissez… mais attention, aucune autre voie n’est permise… La fin des subventions gouvernementales aux banques et aux requins de la finance et la coupure des « aides » aux milliardaires de l’industrie ne font pas partie des options valides.

De toute façon que vous votiez bonnet blanc ou blanc bonnet, cela revient au même. Vous êtes une majorité à vous opposer aux interventions militaires canadiennes, elles se poursuivent quand même. Vous êtes une majorité à vous opposer au gaspillage inflationniste de milliards de dollars en armement, ce gaspillage militaire se poursuit quand même. Vous êtes une majorité à vous opposer à l’exploitation des gaz de schiste, elle se poursuit quand même. Vous êtes une majorité à vouloir du travail pour tous, le chômage endémique se perpétue quand même. Vous êtes une majorité à vous opposer à la privatisation des services publics, ils sont privatisés quand même. Vous êtes une majorité à souhaiter que tous les chômeurs aient droit aux prestations d’assurance-emploi, la moitié des chômeurs n’y ont quand même pas droit. Vous êtes une majorité à exiger de meilleurs services de santé et d’éducation, les services de santé se dégradent et les services d’éducation deviennent chaque jour moins accessibles.

Plusieurs partis opportunistes de gauche ont inscrit leurs candidats sur les listes électorales et ils sont présentés dans les médias, propriétés de grands conglomérats, comme des farceurs, sans moyens financiers et sans appui parmi la classe ouvrière qu’ils prétendent représenter.

Ces opportunistes « d’arrière garde » jouent le rôle que la bourgeoisie et l’État leur ont attribué : confondre une partie de l’électorat populaire en colère qui dirigera sa frustration vers les urnes plutôt que de la canaliser vers la rue. De fait, ces partis soi-disant de gauche obtiendront tous des résultats insignifiants le soir des élections attestant ainsi de leur ignominie, de leur non représentativité, et ils cautionneront la mansuétude de la bourgeoisie qui leur accorde le privilège de participer à la mascarade électorale des riches que la classe ouvrière et le peuple répudient de plus en plus massivement.

Et si d’aventure l’un ou l’autre de ces candidats d’opérette décrochait le pouvoir dans un comté quelconque, comme ce fut le cas pour Fred Rose en 1943 dans la circonscription de Cartier à Montréal, ou bien il collaborera gentiment aux travaux de la Chambre des communes à Ottawa sans rien déranger, ou s’il dérange, il sera emprisonné pour haute trahison comme Fred Rose en 1946.

Et si jamais des candidats qui ne font pas l’affaire des riches décrochaient la majorité des circonscriptions aux élections (ce qui est strictement impossible, je le sais, mais pourquoi pas une petite dose d’opium électoral pour un instant ?), alors la Constitution canadienne serait suspendue, ces députés récalcitrants emprisonnés et le pouvoir militaire des riches imposé, car le premier article de toute constitution stipule que nul n’a le droit d’abroger la constitution bourgeoise. L’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, le Chili, l’Algérie, la Côte- d’Ivoire et la Palestine ont déjà goûté à cette médecine ainsi que de nombreux autres pays démocratiques bourgeois de par le monde.

Des millions d’électeurs (plus de 40 % de l’électorat) répudient la mascarade électorale fédérale anti-démocratique. Joignons la population canadienne qui rejette la foutaise électorale. Le 2 mai je vais boycotter l’élection bidon.

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(1) Documentation et affiches pour le boycott des élections sont disponibles à cette adresse web : www.boycott2011.ca

5 pensées sur “CANADIENS, BOYCOTTONS LES ÉLECTIONS FÉDÉRALES !

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    14 avril 2011 à 3 03 30 04304
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    Je viens de voir le débat des chef en français. D’écouter les commentateurs se féliciter, aussi, de ce que peut-être on aura persuadé quelques citoyens de plus d’aller voter…

    J’en suis sorti au contraire plus convaincu que jamais de la totale immoralité de l’exercice et en regrettant qu’on n’ait pas aussi donné la parole à un représentant du groupe le plus nombreux des électeurs: les Abstentionnistes.

    Il aurait été intéressant que soient représentés ceux qui croient que cette loufoquerie a assez duré. Quelqu’un qui serait intervenu pour souligner les absurdités, les incohérences, les insignifiances de chacun des candidats, lesquels ont tous parfaitement raison en ce qu’ils se reprochent les une les autres, mais tout à fait tort dès qu’ils prétendent apporter une proposition constructive.

    Quelle honteuse entente tacite entre eux les empêche de de dire que NON, on ne créera pas des emplois en payant les dettes des banques et des bonis à leurs dirigeants. NON, on ne va pas sauver des civils en les bombardant, NON on ne travaille pas pour la démocratie quant on va soutenir des mercenaires en Libye pour faire main basse sur le pétrole, NON on ne travaille pas pour l’humanité quand on aide Ouattara a massacrer des villages d’ivoiriens pour venger ceux que Gbagbo aurait tués.

    Je ne suis pas fier de ce que fait l’armée canadienne en Afghanistan; j’ai plutôt une infinie compassion pour nos jeunes qu’on envoie mourir la-bas et il m’en reste aussi pour ceux qu’on les envoie tuer. Je n’ai pas de respect pour ces politiciens qui mangent tous à la même écuelle.

    Je suis heureux qu’une vaste majorité des jeunes ne votent plus; on n’a pas réussi à les abêtir complètement. C’est ça, l’espoir, car quiconque refuse de participer à ce processus pseudo démocratique pose le seul geste honorable qui discréditera finalement politiciens et médias à la solde d’une toute petite clique d’exploiteurs.

    La démocratie n’existe pas et elle ne se bâtira que quand on aura fait table rase des simagrées auxquelles on donne aujourd’hui ce nom.

    Annulation et abstention. C’est ça, la voie de la dignité.

    PJCA

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    14 avril 2011 à 8 08 21 04214
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    Il existe une tranche de la population qui ne partage pas ce pessimisme ambiant et ce défaitisme si caractéristiques à quelques bien nantis qui n’ont plus de soucis financiers.

    Plus de 120 jeunes ont répondu à l’appel du Forum jeunesse de l’île de Montréal et la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal, qui les a conviés hier au Pub Saint-Paul pour la soirée des débats.

    En plus de suivre le débat en direct devant un écran géant, les participants ont débattu de leurs idées et se sont entretenus avec quelques candidats venus passer la soirée à leurs côtés.

    (Source : Canoë)

    Pierre R. Chantelois

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      14 avril 2011 à 8 08 44 04444
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      Il ne faut pas vraiment prendre cela comme « significatif ».

      « Plus de 120 jeunes » sur l’ensemble de la jeunesse québécoise ne représente même pas le pourcentage de jeunes qui iront voter.

      Ceux que la politique n’intéresse plus parce qu’ils n’y croient pas, ne se sont pas présentés au Pub St-Paul et je ne peux pas considérer ce fait comme représentatif du désintéressement des jeunes envers la politique.

      le contraire n’est pas plus valable.

      Amicalement

      Elie l’Artiste

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        14 avril 2011 à 10 10 37 04374
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        Pessimisme de biens nantis!?

        C’est juger et présager que ceux qui s’expriment le font parce que sans soucis financiers.
        À la lecture de plusieurs intervenants qui ont dévoilé leur condition au fil des commentaires et discussions passés, j’y ai plutôt vu le courage et l’humilité en tête des caractéristiques d’une ambiance de réalisme.

        120 jeunes issus des facultés de science politique de Montréal qui en compte des milliers, plus préoccupés par l’aventure de leur carrière future auprès des candidats présents, est-il représentatif de toute la jeunesse du Québec, du Canada?
        120 n’est même pas représentatif des étudiants inscrits dans ce domaine spécifique.

        (source : UdeM UQAM McGill)

        DG

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    14 avril 2011 à 9 09 06 04064
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    Il est assuré que les futurs bureaucrates syndicaux, les futurs petits politiciens blocistes ou péquistes aglutinés dans la Fédération des associations étudiantes jouent leur rôle de faire valoir et invitent de pauvres étudiants à recevoir leur dose d’opium devant un écran géant où quelques insignifiants politicailleux viendront dire qu’ils n’y peuvent rien.
    Monsieur, suite à cette soirée sur écran géant au pub, ces étudiants ont-ils obtenus une engagement CLAIR, PRÉCIS, chiffré et crédible que les frais de scolarité serait diminués, jusqu’a disparaitre complètement (gratuité) et que le gouvernement fédéral accroitrait ses aides aux universités, à la recherche ( et surtout pas à la recherche militaire ). Et pour les emplois, pour ces futurs diplômés, qu’elles garanties ont-ils reçu d’emplois nombreux, de qualité et au service de la population ??? Rien de tout cela au cours de cette mascarade de bouffons politiques.

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