Chroniqueur economique du Journal les Affaires a Reflet de Societe

Pourquoi un chroniqueur économique du Journal les Affaires se retrouve à Reflet de Société?

Raymond Viger Dossier Économie

Vendredi, 12 juin. Reflet de Société organise une conférence de presse pour officialiser le prix du magazine de l’année, présenter ses stages en journalisme et en journalisme international ainsi que sa nouvelle équipe journalistique 2009.

Une nouvelle équipe encore! Parce que les journalistes passent en coup de vent dans notre magazine. Quelques-uns n’ont eu le temps d’écrire que quelques articles avant de se retrouver au magazine L’actuallité, à Radio-Canada ou dans un autre média conventionnel.

L’industrie des médias

L’industrie des médias est en train de frapper un sérieux mur. Les principaux médias ont fait une première vague de mise à pied. Une deuxième vague de congédiement est en préparation. Les stages journalistiques ont été fermé autant à La Presse qu’à Radio-Canada….

Pendant ce temps, Reflet de Société augmente le nombre de ses journalistes, augmente le nombre de stages… Tout un contraste. L’avantage que nous avons pour l’instant est de pouvoir constituer une équipe qui sera stable pour quelques années.

Du journal Les Affaires au magazine Reflet de Société

Dans la conférence de presse que nous avons organisé, le chroniqueur économique Jean Gagnon a pris la parole pour présenter ses motivations à rejoindre l’équipe de Reflet de Société. Une présentation qui mérite d’être rendu public (au cas où les médias conventionnels n’en parlent pas). Cette présentation donne un bon topo de l’état des médias au Québec.

À tous ceux qui pratiquent le métier de journaliste, ou qui œuvrent de façon générale dans le monde de l’information, je n’ai pas besoin d’expliquer que l’industrie est en bien piètre état. Non pas en fonction du capital humain sur lequel elle s’appuie, mais plutôt en fonction des ressources financières, principalement celles provenant des revenus publicitaires dont la chute s’est accélérée dangereusement depuis le début de la crise économique.

Au cours des derniers mois, je me suis retrouvé au cœur de la tempête qui secoue le monde journalistique. À l’emploi de Transcontinental depuis 8 ans, plus spécifiquement au journal Les Affaires à titre de journaliste et chroniqueur, mon poste a été coupé le 18 février alors que l’entreprise procédait à une opération majeure de rationalisation. Ce jour-là, Transcontinental a mis à pied 1500 personnes, soit 10 % de sa force de travail. Imprimerie, magazines, hebdos, journaux, personne ne fut épargné.

Quatre mois plus tard, la situation ne semble pas s’être redressée, si bien que mes ex-collègues encore en poste craignent d’être frappés par d’autres coupures au cours des prochains mois.

Après avoir encaissé le coup du 18 février, ma première réaction fut de profiter des contacts établis durant les dernières années et d’aller rencontrer les gens des grands groupes de médias, soit la Presse canadienne, Gesca, Quebecor et Radio-Canada, le but étant de faire un bilan des avenues disponibles à la poursuite de ma carrière dans le monde de l’information.

J’ai vite réalisé que la situation était la même partout. Des restrictions budgétaires menaient immanquablement à d’importantes coupures chez tous ces groupes. L’ampleur de ces coupures m’est apparue dans toute sa dimension lorsque j’ai appris que Radio-Canada et Gesca coupaient jusqu’à leurs programmes d’embauche de stagiaires.

J’ai eu le sentiment que l’industrie de l’information était en guerre, qu’elle était envahie de toute part et qu’elle se demandait comment elle allait survivre.

Mais en même temps, désireux de lancer un blogue pour éviter de tomber dans l’inactivité, j’ai contacté Raymond Viger, de qui j’avais suivi une session de formation, afin d’obtenir un support technique. J’y ai trouvé beaucoup plus. J’ai découvert que si l’industrie de l’information était en guerre, chez la presse communautaire, on organisait la résistance.

Reflet de société est bien vivant. Le groupe a des projets. Les changements technologiques, tel l’avènement du numérique, ne l’effraient pas. Le développement se poursuit malgré les conditions économiques.

C’est avec grand plaisir que j’ai accepté de collaborer au magazine à titre de chroniqueur économique et de développer mon blogue à travers, et grâce à l’assistance du groupe de Reflet de société.

J’espère que ces chroniques permettront à un plus grand nombre de mieux comprendre l’évolution de la situation économique et d’en tirer avantage. Et je souhaite que le blogue devienne un endroit de débat sur toutes les questions économiques et financières qui impactent notre vie de tous les jours.

Une présentation de M. Jean Gagnon qui m’a touchée et émue. Toute l’équipe a bien appréçié son allocution.

Merci M. Gagnon pour votre présence et votre implication.

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Une pensée sur “Chroniqueur economique du Journal les Affaires a Reflet de Societe

  • avatar
    13 juin 2009 à 7 07 08 06086
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    Quel est l’impact du marché des quotidiens gratuits sur les recettes publicitaires de La Presse et du Journal de Montréal? Est-ce que ça fait l’affaire de Gesca, Transcontinental et Quebecor si les journalistes professionnels sont mis à pied et que ces nouveaux journaux de pacotille (Metro et 24 heures) utilisent les services d’agences de presse et de représentants de commerce?

    Pourquoi Power Corporation tient-elle à conserver ses quotidiens si ils sont déficitaires? Comme société, devons-nous accepter qu’un empire financier puisse contrôler l’information alors que l’activité n’est pas rentable?

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  • avatar
    15 juin 2009 à 15 03 12 06126
    Permalink

    Je n’ai pas de statistiques fragmentées comparant l’évolution des revenus publicitaires entre les quotidiens payants et gratuits. Mais intuitivement, je vous dirais que ça m’étonnerait que les grands quotidiens n’aient pas subi une diminution à cause des quotidiens gratuits.

    Est-ce que ça fait l’affaire de Gesca, Transcon et Quebécor ? Ce sont des entreprises capitalistes, donc le premier facteur qu’ils considèrent est la rentabilité. Et celle-ci dépendra de leur capacité à rencontrer la demande du public. Celle-ci continuera d’évoluer. Dans 5 ans, si ce n’est pas avant, probablement que ces quotidiens gratuits auront amorcé leur déclin au profit des nouvelles transmises par téléphone cellulaire. L’avènement des quotidiens gratuits a démontré qu’une partie importante des lecteurs des grands quotidiens n’étaient intéressés que par les deux premiers paragraphes des textes beaucoup plus longs que leur étaient offerts. C’est à ce phénomène que doivent s’adapter autant les entreprises de presse que les journalistes. La nouvelle courte et le contenu plus élaboré doivent se développer parallèlement.

    Pourquoi Power Corp tient-il à conserver ses quotidiens même s’ils sont déficitaires ? Bonne question. Je pense d’abord que l’on pense chez Power que l’on peut éventuellement rentabiliser l’affaire. Mais aussi, quand on est un baron de la presse, on veut le rester, même s’il faut y engouffrer quelques dollars. Power a les moyens d’être patiente.

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