Construire sur nos expériences négatives

 

CAROLLE ANNE DESSUREAULT  J’ai le goût de partager avec vous aujourd’hui une légende que j’ai lue dans un des livres de Peter Deunov, celle de la création de la neige.

La légende de la création de la neige

Après la création du ciel, de la terre, du feu, de l’eau, des animaux, et de bien d’autres éléments dans la nature, apparut un matin la neige qui n’avait encore jamais été manifestée dans le monde de la matière.

Un beau tapis de neige blanc recouvrit de grandes surfaces dans un paysage calme et ensoleillé. Une neige fraîche, blanche, pure, légère, un véritable enchantement.

Vint à passer un bœuf qui aperçut la neige qu’il trouva très belle. Le bœuf n’avait encore jamais vu de neige. Il tomba instantanément amoureux d’elle. Il se dit qu’il serait bon de se promener dessus.

Le bœuf alla donc s’y promener. Avec ses gros sabots, il fit des trous dans la neige, salissant sa blancheur, laissant des taches de boue. Il se rendit au milieu du paysage, s’installa confortablement, trouva l’endroit s’y rafraîchissant qu’il y fit ses besoins. Il trouva cela bon. Repu, il se leva et repartit en faisant d’autres trous dans la neige neuve tout le long de son parcours.

Après le départ du bœuf, la neige se sentit très insultée par son comportement. Elle se sentait souillée et impure, et maintenant inutile. Elle ne voulait plus vivre. Elle implora le soleil de la faire disparaître, car elle disait qu’elle ne voulait plus exister, sa honte était trop grande.

Le soleil obéit à sa demande. Il la fit fondre et la neige disparut. Elle s’évapora dans l’air et dans la terre.

Au bout de quelques mois, voilà qu’apparut, à l’endroit même où la neige salie avait été évaporée, un tapis de fleurs et de plantes d’une grande beauté.

Transmuter nos expériences douloureuses

Tout comme la neige qui s’était sentie souillée et qui avait si honte qu’elle voulait disparaître, mais que son essence même se transforma en un jardin de fleurs et de plantes, utilisons nos erreurs, nos échecs et nos aspects moins beaux pour les transmuter en quelque chose de plus conscient et de meilleur. Considérons nos expériences difficiles comme un jardin qui donnera une récolte plus mature de notre personne, meilleure, plus humaine, plus consciente.

Nos expériences douloureuses nous transforment malgré nous, non pas pour devenir une autre personne, au contraire, mais pour enlever le superflu, les illusions et les conditionnements qui cachent la splendeur de notre nature profonde.

Ainsi, construire sur nos expériences – ne pas en avoir honte – c’est une terre dans laquelle nous pouvons semer les graines de nos aspirations.

Pourquoi pas se demander après une expérience difficile : «Qu’est-ce que cette expérience m’a appris que je ne savais pas sur moi? En quoi suis-je plus fort ou meilleur, y a-t-il quelque chose que j’ai développé ou maîtrisé et qui avait besoin de l’être?»

Les expériences douloureuses chassent une partie de nos illusions. C’est comme enlever un peu de buée sur une vitre, on voit plus clairement par la suite.

Devenir un être humain meilleur, individuellement et collectivement

J’aime me rappeler le mot de Saint-Vincent-de-Paul : «Si aujourd’hui, vous n’êtes pas meilleur qu’hier, c’est que vous êtes pire.» Il est vrai, par contre, qu’il n’est pas aisé d’être aujourd’hui meilleur qu’hier. Pourtant, en avoir l’intention va déclencher un mouvement en soi dans cette direction.

Exprimer le meilleur en soi dans toutes les situations, pas seulement pour vivre plus en harmonie, mais aussi pour les autres, notre entourage immédiat et la société en général.

On dit que le battement d’aile d’un papillon influence le climat en Australie …. (n’est-ce pas un peu exagéré, quoiqu’il y ait une profonde vérité qui s’y cache), ainsi nos pensées se transportent dans l’éther et influencent les autres, tout ce qui existe.

Les situations difficiles sont aussi des expériences qui nous renseignent sur nos forces manquantes et à développer. L’important est de ne pas résister à nos expériences – pas trop – parce que la résistance augmente la souffrance et le processus de l’expérience. Comme le dit un vieux proverbe : «On se mouille moins en marchant qu’en courant sous la pluie.» C’est une question de résistance.

William Blake disait : «On devient ce que l’on contemple.» D’où l’importance de maîtriser nos pensées. Celles-ci circulent en nous sans arrêt, et si nous ne pouvons en contrôler le flux ininterrompu, nous pouvons d’autre part ne pas nous y identifier. Simplement être observateur de tout ce qui se passe, sans restrictions, ce qui développe la lucidité.

Les trois murs qui nous séparent de la vérité des choses

Voici un extrait inspirant tiré du livre La Voie invisible de Reshad Feild – cheminer de clarté en clarté. Abattre ces trois murs exige beaucoup de lucidité.

L’ENVIE

Le premier mur, souvent très subtil, engendre la cupidité, l’avarice et cette sorte de sentiments – ce sentiment d’envie qui nous fait tenter de vivre l’expérience de quelqu’un d’autre. L’envie nous fait courir non seulement après quelque chose qui ne nous appartient pas, mais qui n’a pas de réalité. Ainsi, ce que nous ressentons n’est qu’une approximation de l’expérience d’un autre. Ne jamais essayer de copier autrui. Si on s’en tient à sa propre réalité, nous aurons quelque chose de réel à apporter à notre prochain.

LA RANCUNE

La rancune serait partout. Il n’est qu’à regarder comme nous sommes mécontents des autres ou de notre propre situation. Ne sommes-nous pas constamment en train de modifier les données de la vie, de ce qui est? En constatant notre impuissance, nous devenons fâchés, frustrés! La rancune vient de ce que nous tentons d’influer sur ce qu’il ne nous appartient absolument pas de modifier. Tout comme les autres murs, celui-ci a été érigé par les chocs que nous avons subis dans notre vie.

L’ORGUEIL

L’orgueil est proche du sentiment de notre importance, issu, quant à lui, de notre ignorance. La racine du mal provient d’un choc et le résultat en est que nous tentons de nous défendre et que nous devenons arrogants. Personne ne vaut mieux qu’un autre. Nous sommes également exceptionnels.

Vivre l’instant présent

On en revient toujours à l’instant présent … qui est d’accepter pleinement ce qui est, même si ce n’est pas notre premier choix. C’est dans l’instant présent que nous pouvons être heureux. C’est aussi dans l’instant présent que nous bâtissons les conditions futures de notre existence, simplement par les émotions et les pensées que nous transportons et qui vont magnétiser leur équivalent à l’extérieur, pas toujours dans la forme que nous le souhaitons, mais selon ce qui sera.

En conclusion, ce n’est pas ce qui arrive qi détermine notre vie, mais plutôt ce que l’on choisit de faire avec ce qui arrive. En fait, c’est la façon dont on choisit de réagir intérieurement à ce qui nous arrive qui importe le plus.

Je souhaite que vos expériences vous apportent des semences saines.

Carolle Anne Dessureault

avatar

Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d’argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l’épanouissement de la personne par la pratique de l’attention vigilante : la pleine conscience.

10 pensées sur “Construire sur nos expériences négatives

  • avatar
    8 novembre 2012 à 18 06 49 114911
    Permalink

    J’ai déjà expliqué à un de mes fils, né à la Fréderick Leboyer, que parfois un beau cheval blanc doit passer dans un trou de vase et qu’il suffit d’un bonne douche pour lui rendre sa couleur immaculée. C’est une chose.

    C’est une toute autre chose que cet histoire d’un garçon de 10 ans qui pendant 60 jours de classe a reçu 5 coups de martinet par main le matin en entrant, avant de sortir pour la récré, au retour de la récré, avant le départ pour le diner, au retour du diner, avant de sortir pour la récré, au retour de la récré et finalement avant de partir à la fin de la journée. Faites le calcul !

    Prenez en considération que les mains sont directement reliées à l’hémisphère opposé.

    Dans toute votre candeur, expliquez donc à cet enfant de 10 ans quel est le rapport avec son crime : avoir demandé ce que veut dire « mamelon » et la mise au corridor de son pupitre sans aucun livre, en plus du martinet. Lui, premier de classe jusqu’alors, devient doubleur en 5ième année.

    Cet enfant devenu grand continue de recevoir les excréments des « ruminants ». Le phosphore ça étouffe.

    (F)

    Répondre
    • avatar
      9 novembre 2012 à 15 03 58 115811
      Permalink

      Bonjour,

      Il n’y a rien à expliquer vous le savez bien. La vie est implacable.

      Je sens dans votre texte la souffrance, l’injustice vécue, le pouvoir dont abusent certaines personnes en position de force.

      L’horrible, c’est que la personne innocente (enfant ou adulte) qui se fait injustement faire mal, doit vivre avec les conséquences. Comme si quelqu’un avait vidé ses déchets intérieurs, sa laideur, sur elle – pour se décharger sans doute de sa propre souffrance qui a fini par l’endurcir. C’est souvent un cercle vicieux.

      Tout ce que je sais, c’est que PERSONNELLEMENT, je tente de me nettoyer des blessures provoquées par autrui en ne les entretenant pas ni mentalement ni émotivement. Ce n’est pas facile, mais c’est une voie.

      Je fais une comparaison. Si une personne entre par effraction chez vous et brise des objets, salit les lieux, n’allez-vous pas par la suite nettoyer ou faire nettoyer les lieux, même si vous n’en êtes pas responsable? C’est injuste, mais c’est ainsi.

      je vous souhaite paix et sérénité.

      CAD

      Répondre
    • avatar
      9 novembre 2012 à 15 03 59 115911
      Permalink

      Oui, je le vois dans votre sourire humain, lumineux.

      CAD

      Répondre
    • avatar
      9 novembre 2012 à 16 04 19 111911
      Permalink

      Merci,

      Vous me faites un beau reflet.

      Cela me rappelle la guerre des moutons et des fleurs. St-Ex. Le petit prince.

      L’envie, la rancune et l’orgueuil, je ne crois pas PERSONNELLEMENT.

      (F)

      Répondre
    • avatar
      9 novembre 2012 à 16 04 24 112411
      Permalink

      @Gaétan,

      « Nous sommes également exceptionnels ».

      C’est ce qui nous différencie. Cela semble déplaire à beaucoup de monde.

      Répondre
      • avatar
        9 novembre 2012 à 19 07 13 111311
        Permalink

        Certains aiment bien que les gens ne découvrent pas trop leur différence…
        L’éducation est parfois un moyen d’aplanir… Et l’orgueil de croire qu’un mauvais avocat est mieux qu’un bon plombier 🙂
        P.S.: Je vous trouve exceptionnel…
        Je dis souvent que les gens laissent leur empreinte dans leurs écrits ou leurs commentaires.

        Répondre
        • avatar
          9 novembre 2012 à 20 08 21 112111
          Permalink

          @Gaëtan,

          Vous m’inquiétez là !;-)

          Précisez SVP.

          Répondre
  • avatar
    9 novembre 2012 à 3 03 45 114511
    Permalink

    Il nous serait agréable d’avoir vos réponses sur Les Voix.

    Dans la mesure ou vous en ayez envie……

    Amicalement,

    Le Panda (F) (F)

    Répondre
  • Ping : Construire sur nos expériences négatives | LA VIDURE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *