LA CRISE ÉCONOMIQUE SYSTÉMIQUE EXPLIQUÉE

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    Après lecture de ce texte, vous connaîtrez les causes de la crise économique systémique du capitalisme et les raisons pour lesquelles cette crise ne peut être résorbée, ni le capitalisme réformé. Vous saurez pourquoi il n’y a que deux choix, soit la crise, la guerre et la barbarie, face à une seule alternative, l’économie socialiste planifiée et la paix.

 

Comment le capital se reproduit-il ?

 

Le capital pour devenir du Capital (C) doit d’abord devenir de la marchandise (monnayable). Étant devenue marchandise (M), il sera commercialisé et une fois vendu il redeviendra argent (A), mais pas encore du capital. Il redeviendra Capital quand cet argent servira à acheter des moyens de production (Cc) et des forces productives (payer des salariés ou Cv) et ainsi redevenir du capital productif (C), prêt à s’engrosser de plus-value (pv) source de toutes les richesses en système capitaliste. Ainsi se poursuit le cycle du capital qui assure l’accumulation  – l’accumulation n’étant qu’un moment dans le cycle continuel de reproduction du Capital – dont la fonction souveraine est de se reproduire en plus grand, de façon élargie. Cependant, pour se reproduire en plus abondant le Capital doit passer entre les mains des ouvriers qui seuls peuvent y injecter leur labeur, la précieuse plus-value – c’est-à-dire du surtravail non payé – source unique de capital revivifié.

 

La crise systémique du capitalisme

 

Quand s’enraye ce cycle de reproduction élargie du Capital productif, le Capital devient improductif, autant dire qu’il devient du capital mort et inutile. Il n’est plus du Capital en fait, au sens marxiste du terme, car il ne sert plus à produire de la plus-value et donc à se reproduire en plus grand (C -» C’). Ce qui enraye ce mécanisme de reproduction élargie – ce mécanisme de reproduction du capital – c’est la surproduction (relative) des marchandises. En effet, le mode de production capitaliste est le premier mode de production dans l’histoire à produire trop de moyens de production (de forces de travail et de forces productives) par rapport à ses capacités de «contenir, gérer et générer» – faire fructifier – ces moyens de production.

 

Crise de surproduction capitaliste

 

Comment une telle «surproduction» est-elle possible au milieu de la famine ? C’est que in fine, le modus operandi  de ce mode de production et d’échanges n’est pas de produire de la richesse, des biens et des services, à distribuer parmi la population en aisance ou en indigence  (dépendant du continent). La finalité du capitalisme est de produire et de reproduire du capital par le moyen de l’exploitation de la force de travail et l’expropriation de la plus-value. Pour arriver à ses fins, de reproduction élargie, le mode de production capitaliste, un peu comme un immense organisme vivant, a «imaginé» produire de la valeur d’échange monnayable à partir de la valorisation de la valeur d’usage (donner de la valeur marchande à une matière première n’ayant pas à l’origine de valeur d’usage. Exemple, de la roche de fer qui une fois ouvrée devient l’ossature d’acier d’une automobile). Pour que l’opération soit profitable, qu’elle ne se résume pas à échanger un euro français contre un dollar américain, une marchandise au prix d’un euro doit coûter un certain prix en dessous du prix initial. L’autre partie de la valeur produite par le travail salarié (seule et unique source de valeur marchande) sera expropriée par le propriétaire privé des moyens de production.

 

La plus-value source des profits

 

Cette portion de la valeur créée par le travail s’appelle la plus-value d’où émarge l’ensemble des profits déclinés sous différentes appellations telles que profits industriels, dividendes, rentes et bénéfices commerciaux. Tant que ce processus de création de valeurs d’échange  [de plus-value, de capital à réinvestir, en capital constant (Cc ou moyens de production) et en capital variable (Cv ou salaire, ou temps de travail nécessaire) pour faire produire une nouvelle plus-value aux travailleurs salariés exproprier] le système capitaliste est en santé et fonctionne normalement. Le système économique reproduit le Capital en plus abondant ce  qui est sa finalité. On dit alors qu’il y a accumulation du capital dans les mains des capitalistes qui poursuivent leur quête incessante de nouveaux profits [de nouvelles richesses, de nouvelles valeurs marchandes, de nouvelles puissances].   Le profit c’est l’appât   Le profit constitue l’appât (du gain) sur lequel s’appuie idéologiquement ce mode de production et les rapports de production qu’il génère. Le problème économique (la crise) surgit au moment où ce processus de reproduction élargie du Capital s’enraye. Enrayer signifie ici que la classe des capitalistes, dont c’est la mission d’accumuler et surtout de faire fructifier (valoriser) le capital n’y parvient plus. La classe capitaliste a beau imaginer des subterfuges, des arnaques financières, la création de produits boursiers dérivés sulfureux, le Capital productif ne se reproduit plus et en lieu et place c’est de l’argent fictif – des papiers de changes – des chiffres virtuels dans un chiffrier électronique d’entreprises financières – qui s’accumulent dans les livres de comptabilité et les portefeuilles de dividendes des rentiers jusqu’au jour de l’éclatement de la bulle financière qui explose  et affiche soudainement la vacuité de cette activité de thésaurisation  de valeur-action virtuelle et irréelle, c’est-à-dire de papiers et actifs utopiques adossés à aucune valeur réelle tangible et «marchandisable».   Attention, vous devez bien comprendre que ce ne sont pas les marchandises, ni la richesse, ni les biens, ni les services, que les capitalistes, en tant que classe sociale, cherchent à accumuler et à reproduire. C’est le Capital productif, unique source de plus-value, et finalement de profits, que la classe capitaliste cherche à accumuler non pas du tout pour le thésauriser, mais pour le réinvestir en capital vivant = en capital variable = et en capital constant = mort = et ainsi lui faire accomplir un nouveau cycle de reproduction élargie.

 

À chaque cycle de rotation du Capital, davantage il y a de capital vivant (salaire ou Cv) mis à contribution et moins il y a de capital mort (capital constant ou Cc), ou de moyens de production déjà capitalisés et déjà additionnés dans la comptabilité  globale mondiale, plus il y a valorisation et donc profitabilité de l’opération de production. En d’autres termes, plus il y a production de plus-value plus il y a valorisation et reproduction du capital.   On dit qu’il y a surproduction quand dans le cadre du mode de production capitaliste l’opération d’investissement – de valorisation – du capital n’en vaut plus la peine. C’est-à-dire quand le fait de placer son argent en nouveaux moyens de production (usines, énergie, matières premières) et en force de travail (salaires) ne procure aucun profit ou procure un profit moindre par rapport à d’autres formes de placements-investissements. Les économistes en herbe qui subodorent à propos du dilemme «investissement et croissance versus austérité et décroissance» attestent simplement qu’ils ne connaissent rien à l’économie capitaliste. L’option investissement et croissance n’est pas offerte.

 

La monnaie – l’argent

 

Ainsi, la monnaie, à l’origine un simple moyen d’échange facilitant le commerce des marchandises et la comptabilisation des investissements et des profits, s’est métamorphosé en capital financier, source utopique de profits virtuels alambiqués à partir de papiers de commerce – d’actifs – sans valeur marchande. Nous reviendrons sur  l’argent entremetteur que les capitalistes en déroutent ont transformé en talisman dans leur fuite en avant face à la crise économique systémique du capitalisme. L’argent, ce «Dieu» mythique, est lui-même marchandise abstraite et universelle. L’argent n’est Capital que s’il se convertit en marchandises concrètes, telles que machines, matières premières, énergie, forces de travail, dans un procès de valorisation et de reproduction élargie géniteur de plus-value.

 

Le commerce et l’échange comme révélateur de la crise

 

La probabilité d’une crise économique que nous savons exister dans la forme élémentaire de l’échange simple se retrouve «contenue dans le mouvement du capital, pour autant qu’il est aussi marchandise et rien d’autre que marchandise» disait Marx (1). Car le mouvement de l’argent-capital est fait d’échanges de marchandises, transformées en  argent. Il est évident que les échanges doivent équilibrer les achats et les ventes pour pouvoir s’effectuer sans ambages. Les déficits de la balance commerciale annuelle de nombreux pays sont l’assurance d’une crise économique profonde et irrésoluble. Chaque échange est donc un moment de possibles perturbations, un «saut périlleux» comme l’écrit Tom Thomas (2).

 

Plus se complexifie la division du travail dans l’usine et dans l’économie en général et plus se multiplient les diverses branches spécialisées de la production industrielle anarchique, et plus se segmentent le processus de production, réparti entre les différentes unités de production éparpillées dans plusieurs pays, et plus s’accroît la masse et la diversité des produits, et plus se multiplient aussi les possibilités de disproportions dans les volumes de marchandises produits offerts et les volumes demandés – entre l’offre soldée et la demande solvable – et plus se multiplie les variations de prix que cela entraîne, ou que les variations de la valeur de l’argent (devises) entraînent également, d’un pays d’exportation à un pays d’importation. Cet écart dans la valeur des différentes monnaies étant un révélateur du déséquilibre des échanges de marchandises dont nous parlions précédemment. Ce n’est pas la monnaie qui entraîne les écarts et les déséquilibres des balances commerciales. La valeur de la monnaie ne fait qu’enregistrer et révéler ces écarts.

 

« Pour faciliter l’exposé de ces possibles perturbations, nous distinguerons les disproportions entre les  branches de production, et celles dues à une surproduction de biens destinés à la consommation finale (ou, autre façon de le dire, due à la sous-consommation de la population laborieuse). Il ne faut pas oublier que le commerce international concerne autant les échanges entre entreprises de production que l’approvisionnement de la consommation finale » (3).

 

Disproportions entre branches de production

 

Ces disproportions entre branches de production consistent en goulots d’étranglement dans une branche d’activités dont les produits sont nécessaires à d’autres branches. Le prix de ceux-ci s’élève. La production des branches est freinée par la pénurie des intrants nécessaires. Il y a double dévalorisation du capital ; 1) par la diminution de la plus-value du fait du renchérissement des intrants c’est-à-dire du capital constant par rapport aux salaires ; 2) et par l’inutilisation de plus en plus grande, quantité de capital fixe (machinerie et installations diverses) du fait de la pénurie d’intrants (matières premières, produits semi-finis, énergie) et de la nécessité de hausser la productivité du travail. L’ensemble de ce processus produit une hausse de la composition organique du capital dont la conséquence inéluctable est la baisse des taux de profits moyens par secteur industriel et par zone géographique de production.   Du capital inemployé ne produit évidemment pas de plus-value, ce n’est plus du Capital, c’est une déprédation du capital. « Dans la mesure où le procès de reproduction s’arrête, le procès de travail se ralentit ou est, par endroits, complètement paralysé, c’est du capital réel qui est détruit. Le travail qui n’est pas exploité est autant dire de la production perdue. Des matières premières qui restent inemployées ne sont pas du capital. Des bâtiments qu’on n’occupe pas, tout comme des machines et  des marchandises qui pourrissent dans les entrepôts, tout cela c’est de la destruction de capital » (4).

 

Sous-capacités de consommation d’un côté est toujours surcapacités de production de l’autre. L’ensemble produit non seulement une sous-utilisation des machines, mais crée aussi des stocks de marchandises invendues, des forces de travail inutilisées et licenciées, une baisse de la consommation et une baisse de l’investissement, et in fine des entreprises en faillites. Ces réactions en chaîne sont bien connues et peuvent transformer une perturbation localisée en une crise généralisée et systémique.   Mais pourquoi chaque branche industrielle ne produit-elle pas exactement selon les besoins des autres ? Pourquoi la société ne peut-elle répartir « comme selon un plan ses moyens de production et ses forces productives, selon le degré et dans la mesure qu’il faut pour satisfaire ses divers besoins, de sorte qu’échoit à chaque sphère de la production la quote-part du capital social requise pour satisfaire le besoin auquel cette sphère correspond ? » demande Marx.   Nous connaissons la réponse, qui peut se formuler par la question suivante : « Comment, sur la base de la production capitaliste où chacun travaille pour soi (…) la péréquation et la cohérence nécessaire des diverses sphères de la production, la mesure et la proportion entre elles, pourraient-elles se faire autrement que par la constante abolition d’une constante disharmonie ? » (5) En réalité, « les péréquations sont toutes fortuites », et s’opère de manière anarchique, par la confrontation de l’offre et de la demande, directement sous la loi du marché capitaliste, ce qui oblige à ajuster les quantités et les prix à la demande constatée toujours après coup. L’aveuglement des choix privés est corrigé et éclairé par cette confrontation bancale dans un immense charivari économique que les banquiers et les barons de l’industrie ne contrôlent absolument pas. Cette péréquation arrive toujours trop tard, après qu’ils aient été effectués dans  l’immense carnaval de la concurrence qui entraîne un règlement violent des disproportions : destructions de capitaux dans une branche et transfert de capitaux dans une autre plus rentable. Chômage ici et pénurie de main d’œuvre là-bas.

 

Le déséquilibre de l’offre et de la demande révèle l’inadéquation du système

 

La permanence de ces ajustements que ce mouvement des capitaux est censé réaliser « présuppose aussi la permanente disproportion qu’il doit égaliser en permanence, souvent violemment » par des crises, du chômage, l’inflation des prix et l’érosion du pouvoir d’achat, que le bourgeois présente comme inéluctables et dont il subit les effets lui aussi. « Ce phénomène de « l’anarchie de la production » comme conséquence de la propriété privée des moyens de production et cause des crises a fait l’objet de très nombreuses analyses de la part de spécialistes ahuris. Nous verrons que les disproportions que génère le capital, et qui aboutissent à des crises de plus en plus violentes, ne se réduisent pas, loin de là, à des problèmes d’équilibres quantitatifs de productions entre les diverses sphères de l’activité économique. Nous verrons aussi que ce ne sont pas ces disproportions quantitatives en tant que telles qui sont le fait le plus important, mais les dévalorisations de capitaux, la tendance générale à la baisse du taux de profit à laquelle elle concoure. Ce qui est posé ici à ce stade encore général de l’analyse des crises, c’est que le capital ne se développe qu’à travers des destructions, des dévalorisations permanentes, qui sont pour lui le moyen de donner une cohérence sociale à la productivité privée.   La crise est le moment paroxystique de ce mouvement chaotique. C’est le moment de l’unité quand l’anarchie à son comble est devenue un obstacle à la survie. L’anarchie capitaliste apparaît toujours comme disproportions. Mais celles-ci se manifestent évidemment sous des formes différentes au fur et à mesure du développement (valorisation) du capital et de ses transformations. Par exemple, elles se manifestent comme pénuries de marchandises dans telle ou telle sphère d’activité et de surproduction dans d’autres au stade de la petite ou moyenne production éparpillée du capitalisme ascendant. Mais elle se manifestera comme excédent généralisé de forces productives et de capital financier, une surproduction généralisée de capital sous toutes ses formes, au stade contemporain du capital concentré, hyperproductif et mondialisé [au stade de l’impérialisme décadent NDLR]» (6).

 

Taxer comme façon de redistribuer la richesse qui tend à s’accumuler

 

Une surproduction n’est que l’envers d’une sous-consommation. C’est la deuxième forme de disproportion que nous allons examiner. Il ne s’agit pas que d’un problème d’équilibres pouvant relever d’une planification rationnelle de l’économie. Ces disproportions manifestent une contradiction inhérente au mode de production capitaliste entre le développement des forces productives et la paupérisation relative de la population salariée à l’exception d’une couche de privilégiée (moins de 1% de la population totale).   Ceci signifie comme vous le verrez bientôt qu’il est totalement futile d’intervenir pour intervertir le processus d’accumulation concentrique des fortunes entre les mains d’une minorité afin de tenter de redistribuer la richesse avec équité. Amorcer un tel procédé amènerait la destruction du capitalisme et jamais les capitalistes au pouvoir ne laisseront leurs laquais politiciens les assassiner. Seule une révolution sociale retirant le pouvoir politique et le monopole de la violence légale à l’État bourgeois pourra permettre d’exproprier les moyens de production, d’échange et de communication.

 

Disproportion entre production et consommation

 

« La production peut se diviser arbitrairement en deux grandes branches : la production des moyens de production (secteur I) et celle des biens de consommation (secteur II). Mais c’est évidemment cette consommation finale, donc essentiellement celle des masses populaires qui détermine en dernière instance l’équilibre de l’ensemble, la production du secteur I ne pouvant pas trouver sa finalité en lui-même » (7). En effet, c’est au moment où la marchandise (comprenant les biens et les  services) est achetée qu’elle transforme les salaires et les revenus des particuliers en argent pouvant redevenir du capital productif selon le procédé que nous avons explicité ci-haut. On constate que le capital développe davantage la production générale (secteur I) que la consommation finale (secteur II). Les hurlements des capitalistes à propos de leurs difficultés à écouler leurs produits, les usines fermées bien qu’en bon état de fonctionnement, et les stocks de marchandises invendues, détruites ou bradées font foi de cette évidence.   La sous-consommation est une explication de la crise souvent invoquée.

 

Notamment par les keynésiens qui en concluent qu’il suffirait d’augmenter les dépenses publiques et les salaires pour que la consommation augmente et la production par la suite. Ainsi convergeraient harmonieusement les intérêts bien compris du capital et du travail salarié grâce à l’accroissement de la dette et de la masse monétaire en circulation ! Quarante années d’endettement souverain démentiel n’auront pas suffi à mettre fin à ce refrain. Seuls les réformistes propagent encore ce fumage à l’effet que l’endettement collectif et individuel est une solution à la crise économique systémique.   Avant le mode de production capitaliste, il n’y avait pas, en dehors des périodes de guerres, de destructions massives des moyens de production, de forces  productives (des travailleurs) et des marchandises. Il y avait des moyens de production trop frustes, une production trop faible et trop sensible au moindre aléa climatique, d’où la pauvreté et de fréquentes famines. Cette pénurie n’était pas créée par le système social, il l’aggravait seulement par les prélèvements des classes sociales supérieures

À suivre ici même  mercredi prochain…

À LIRE EN COMPLÉMENT de ce texte. MANIFESTE DU PARTI OUVRIER :  http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

19 pensées sur “LA CRISE ÉCONOMIQUE SYSTÉMIQUE EXPLIQUÉE

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    3 octobre 2014 à 1 01 10 101010
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    L’économie socialiste planifiée résoudrait les contradictions de l’économie capitaliste débridée, mais elle ne résoudrait pas nécessairement le problème de l’humanité car il me semble que cette solution s’attaque davantage aux conséquences du problème qu’à sa cause.

    Le « mal de vivre » des êtres humains ne se résume pas à la difficulté de leurs conditions de vie matérielle. C’est plus profond que ça.

    L’appât du gain fonctionne parce que des individus qui se sentent mal maintenant croient que le gain en question leur permettra de se sentir mieux plus tard. Mais comme l’explique Eckhart Tolle dans « The power of Now », c’est justement le fait de reporter notre bonheur à plus tard qui crée ce « mal être » affligeant et qui selon moi favorise le « capitalisme ».

    Le mal de nos sociétés modernes ne vient pas tant de la mauvaise répartition des efforts et des fruits du travail, que de la séparation de l’activité humaine en catégories : ceci est du travail, ceci n’en est pas, ainsi que de la séparation des objets en catégories : ceci est à moi, ceci ne l’est pas.

    L’être humain fait partie de l’univers, il n’en est pas séparé. Et cela crée un déséquilibre et une rupture quand une partie quelconque de l’univers (nous par exemple) prétend en posséder une autre partie (un terrain par exemple). Que la partie qui prétend posséder quelque chose soit privée (capitaliste) ou publique (socialiste) n’y change rien.

    Les humains ne peuvent se donner eux même le droit de se donner à eux-mêmes le droit de se donner le droit de posséder ce qui ne leur appartient pas. Ça tourne en rond et ça n’a aucun sens. C’est pourquoi je dit que la propriété n’est pas un « droit » qui peut se défendre sur le plan de l’éthique, mais un pouvoir, une usurpation, un déséquilibre.

    Bien sur la vie matérielle serait plus agréable sous un mode de production socialiste planifié, mais ce ne sont pas les modes de production qui créent les personnes, ce sont les personnes qui créent les modes de production. Un mode de production socialiste ne peut fonctionner avec une population essentiellement capitaliste. L’utilisation de la force n’y changera rien. Pour changer le mode de production, il faudrait d’abord que les gens arrêtent de compenser leur « mal être » par l’acquisition de cossins, sur une échelle allant du « consommateur compulsif » au « multimilliardaire insatiable ».

    Tant que les gens se démarqueront les uns des autres par la quantité de cossins qu’ils possèdent, ils trouverons le moyen de mettre en place une sorte de système capitaliste pour y arriver. À partir du moment où ils valoriseront davantage le moment présent et la qualité des relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres, les besoins pour un système capitaliste s’estomperont et un mode de production plus socialiste s’installera naturellement.

    Le « mal de vivre » se soigne par le « goût de vivre ».

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    3 octobre 2014 à 11 11 17 101710
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    Lisez les analyses et propositions faites sur notre mini-site :Vous y trouverez un programme de transition établit pour la France( comme point de départ) et susceptible de s’appliquer en réunissant les suffrages des électeurs des deux extrêmes .
    Ce n’est pas un programme idéal mais un compromis que nous pensons réaliste destiné à éviter le chaos prochain avec révolution violente qui risque de tourner à la dictature…
    Cordialement

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    3 octobre 2014 à 21 09 27 102710
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    Je ne suis pas certain que vous compreniez la gravité de ce que nous vivons présentement. je crois que la plupart des gens pensent que c’est une autre crise économique comme nous en avons vécu des dizaines depuis la fin de la seconde guerre mondiale et que tout se résorbera après une courte récession et surtout qu’eux s’en sortiront – la misère c’est pour les autres.

    Erreur
    Un lecteur écrit «Un mode de production socialiste ne peut fonctionner avec une population essentiellement capitaliste».

    Exact mais la question est justement de savoir d’où vient cette mentalité capitaliste de cette population capitaliste ? Je ne crois pas qu’elle soit innée ni transcendante. Je cois que cette mentalité est apprise – acquise. Si c’est vrai cet axiome signifie que ce sont les systèmes économiques – les modes de production qui forge les mentalités des hommes et non pas les hommes qui forgent les modes de production du mloins pas aussi mécaniquement qu’on voudrait nous le faire croire.

    Ce ne sont pas des modifications – des réformes pour sauver le système que je préconise et que je crois nécessaire.

    Comme en 1789 nous sommes à la croisée des chemins et nous abattrons l’ancien système social décadent et nous en construirons un neuf ou nous périrons avec eux. La décadence ou la révolution vous devez bien comprendre que c’est là ou nous en sommes.

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    3 octobre 2014 à 21 09 55 105510
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    Je suis tellement conscient de la gravité de ce que nous vivons présentement que j’en ai beaucoup de mal à faire mon travail quotidien. Je suis sidéré quand je marche dans la rue de voir tout le monde continuer comme si de rien n’était.

    C’était hier l’anniversaire du massacre de Tlateleco au Mexique (http://youtu.be/Tw2KsKXrF5o). J’ai un ami mexicain qui y était. Les mitraillettes, ça ralentit les ardeurs révolutionnaires d’une foule désarmée.

    Ça fait longtemps que je suis prêt pour la révolution, mais c’est quoi le plan d’attaque ?

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    4 octobre 2014 à 7 07 31 103110
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    @Sansalure
    Vous écrivez ceci «C’était hier l’anniversaire du massacre de Tlateleco au Mexique (http://youtu.be/Tw2KsKXrF5o). J’ai un ami mexicain qui y était. Les mitraillettes, ça ralentit les ardeurs révolutionnaires d’une foule désarmée.»
    Vous avez totalement raison de souligner que les armes de la répression policière et militaire des riches frappent durement les salariés et le ouvriers.

    Nous devons en tenir compte dans notre plan de campagne pour renverser les bourgeois.
    1) La première chose à considérer c’est que l’État de l’économie va continuer de se détériorer malgré ce que postillonne les Gérald Fillion de la terre.
    2) Cette détérioration des conditions de vie et de survie des ouvriers et autres salariés va les pousser à la révolte en grand nombre – massivement, tellement nombreux que les flics auront du mal à les contenir -Bref, n’y réussiront pas.
    3) Se lèveront alors par centaines des pseudos gauchiste, des social-réformistes – des chefs syndicaux à la grande gueule et au gros portefeuilles, des Naomi et des Noam et toute un coterie de pseudos révolutionnaires qui aboieront pour des réformes contre leur paupérisations et pour que l’on revienne au bon vieux capitalisme de la prospérité….partie en fumé.
    4) Ils sont déjà à l’œuvre et vous invite à manifester et à chanter des cantiques pacifistes – de pauvreté volontaire – se restreindre et revenir aux rites anciens. Dans le temps les ancêtres d ces catéchumènes professaient le «retour à la terre» aujourd’hui ils susurrent à propos de la misère volontaire, ou des «Occupy» qui n’occupent rien. LAISSEZ-LES BRAIRE et se complaire dans leurs marches citoyennes.
    5) Quand la coupe prolétarienne sera pleine les millions d’ouvriers dans la ru érigeront des barricades de GRÈVES générales illimitées… ce sera le signal de l’insurrection et leurs canons qui nous coûtent tant se tairont devant la révolution.

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    6 octobre 2014 à 17 05 57 105710
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    Cher ami
    Avant la crise de 2007-2008 la bourse était au plus haut – juste avant le crash

    Mémoire

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  • Ping :LA CRISE ÉCONOMIQUE DÉMYSTIFIÉE (2) | Les 7 du Québec

  • Ping :LA CRISE ÉCONOMIQUE SYSTÉMIQUE DÉMYSTIFIÉE (2) » Le blog de Chérif Abdedaïm

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    14 octobre 2014 à 2 02 44 104410
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    Pour répondre à Sanzalure, je lis actuellement Eckhart Tolle et son « pourvoir du moment présent ». Celui-ci fait un constat de la société qui est fort juste.
    Dans la société capitaliste chaque individu est animé par l’avoir plutôt que par l’être.
    Ce sont les apparences qui dominent, on ne connaît pas sa véritable nature.
    Mais comment cela pourrait-il être différent même si l’on créait ipso facto une micro société avec des règles opposées à celles en vigueur (l’exploitation humaine) ?
    Ce sont justement les divisions propres à ce système qui empêchent les individus de s’emparer de toute leur puissance sociale. Ils ne sont associés que comme peuvent l’être les galériens et leur capitaine dans la même galère.
    Les divisions sont très nettes entre ceux qui ont tout (la maîtrise des conditions de la production donc des sciences et des techniques, l’argent qui dessaisit les producteurs de ce qu’ils produisent pour pouvoir survivre et qui confère à la bourgeoisie sa place de classe dominante) et ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre.
    Tolle rejette sur les individus leur manque de compréhension des phénomènes qui conduisent la société à son déclin, mais cette société n’est pas réformable !
    Le capitalisme sera détruit par la classe que la bourgeoisie a créé pour la servir mais qui ne peut plus la nourrir (obligée qu’elle est de les nourrir à minima si elle veut poursuivre sa domination).
    Le capitalisme est sénile. La classe prolétarienne est universelle et cette universalité est aussi le cas des moyens de productions. Il n’y a plus qu’à les fusionner lorsque le prolétariat ,poussé par la nécessité d’en finir avec ce travail harassant, répugnant voudra maîtriser les sciences pour soulager sa peine et réduire ce travail contraint (travailler Tous, Moins et Autrement !)
    La les individus découvriront leur véritable nature dans des activités riches de leurs qualités qu’ils pourront échanger au lieu de se tuer au travail pour survivre.

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    14 octobre 2014 à 12 12 11 101110
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    Devrait-on dire prolétariat ou précariat?

    Soyons vraiment révolutionnaires et disons précariat!

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      14 octobre 2014 à 17 05 18 101810
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      Bien sûr que la précarité est devenue une règle pour le capitalisme qui peut de moins en moins salarier devant les difficultes qu’ il a à relancer le processus de l accumulation (transformer la plus value en profit puis à nouveau en moyens de production).
      Le travail, tel que le conçoit le capitaliste ne peut que disparaitre du fait du haut niveau de productivite atteint.
      C est aussi une chance pour les proletaires quo pourtont se nattre pour le diminuer encore en luttant pour sa repartition entre tous.
      Car c est ce travail repugnant qui reste necessaire qui maintient la classe laborieuse dans son etat de dependance à la bourgeoisie
      La première etape revolutionnaire est d abattre l État qui organise l exploitation.
      Ensuite c est une autre repartition du travail qui sera necessaire Par des luttes très dures contre ce qui restera du pouvoir bourgeois dans leur maitrise des moyens de production (je pense aux puissances intellectuelles associees à la bourgeoise).

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    15 octobre 2014 à 1 01 46 104610
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    «Le mal de nos sociétés modernes ne vient pas tant de la mauvaise répartition des efforts et des fruits du travail, que de la séparation de l’activité humaine en catégories : ceci est du travail, ceci n’en est pas, ainsi que de la séparation des objets en catégories : ceci est à moi, ceci ne l’est pas.»

    Ce texte ci-haut frappe au bon endroit en effet. Le malheur c’est que l’auteur pense que de telles idées et les autres idées qu’il expose – qu’il manipule – sont issue de nul part ou de sa tête inopinément sans substrat concret. C’est faux.
    Le matérialisme a depuis longtemps prouvé que les idées émergent de la vie concrète – du mode de production et de ses rapports de production.

    Les idées individualistes naissent du mode de production individualiste bourgeois.

    Le mal de la société capitaliste moderne n’est pas le mal de vivre – il est l’impossibilité de vivre qui engendre le mal de vivre chez le petit bourgeois en cours de paupérisation et qui a peur d’être un jour appelé sous les drapeaux pour aller sacrifier sa petite vie dans les tranchés (ou leur équivalent XXIe siècle) pour le bénéfice des riches qui se disputent les marchés et expédie notre petit bourgeois à l’église ou au bistro ou au théâtre ou devant la télé pour le consoler.

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      16 octobre 2014 à 7 07 55 105510
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      Moi, je suis le plus grand de tous les bourgeois fascistes même si j’ai travaillé comme ouvrier en usine depuis le début de ma carrière d’adulte et que je vis depuis mon accident de travail avec des moyens réduits pour ne pas dire « pauvre » ou ‘pauvreté » car c’est indécent au Québec et en Amérique de l’affirmer. Je refuse le choix idéologique entre marxiste-léninisme et capitalisme, il y a d’autres alternatives que le conservatisme réactionnaire extrémiste de gauche et de droite. En réalité je suis sceptique et j’ai de bonnes raisons mais je n’ennuierai pas les lecteurs de ce blog avec l’histoire de ma vie d’ouvrier.

      P.S. Les ouvriers, je les connais, j’ai travaillé des dizaines d’années avec eux et partagé leurs espoirs et leur pessimiste ce qui n’est pas ton cas Robert Bibeau, petit bourgeois déchut.

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    16 octobre 2014 à 9 09 07 100710
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    @ Le funeste

    Veuillez conserver un ton poli et vous à tenir à l’échange d’information ou d’opinions sur le contenu des articles.

    Je ne vous insulte pas et nous n’accepterons pas que vous insultiez les gens sur ce webmagazine.

    Merci de partager vos connaissances avec nous Monsieur Le funeste (:-))

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