CONTRE LA RÉÉDITION DU «MANUEL DE FORMATION»

Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com

petit livre

 

La revue  http://www.Les7duQuébec.com  publie aujourd’hui la Préface de la réédition de 2015 – Éditions étoile rouge – du Manuel de formation du marxisme, du léninisme et de la pensée Mao Tsé-toung afin de fournir un exemple de ce qu’il ne faut pas faire en ces temps de crise économique de l’impérialisme, en ces temps d’agitation sociale et politique conséquente à cette crise systémique, et en ces temps de confusion politique conséquente à cette agitation que les divers courants gauchistes, sectaires et dogmatiques s’affairent à épandre parmi la petite bourgeoisie et la classe ouvrière.

De nombreux aspects nous opposent à ces écrits :  1) d’abord, nous pensons que le temps n’est pas à l’étude dogmatique d’écrits théoriques détachés du contexte actuel des luttes de classes contemporaines. Ce type d’activité intellectuelle ne peut qu’engendrer la confusion, et le dogmatisme et le sectarisme parmi la classe ouvrière et renforcer le contrôle des organisations gauchistes sectaires et dogmatiques sur le mouvement ouvrier. Le mouvement précède la conscience, et c’est à travers le mouvement de la lutte de classe concrète, et l’analyse concrète des luttes de classes, tant sur le front économique, que sur les fronts politique et idéologique, que s’approfondira la conscience du prolétariat.

2) La « Pensée Mao Tse Toung » (sic) ne doit pas être présentée comme une contribution quelconque à l’idéologie marxiste prolétarienne. Mao Tse Toung fut un révolutionnaire progressiste nationaliste chinois ayant assuré le renversement du mode de production féodal archaïque et l’édification du capitalisme d’État en Chine. Mao Tse Toung n’a d’ailleurs jamais caché qu’il n’avait jamais lu Karl Marx et qu’il ne connaissait pas l’idéologie marxiste prolétarienne. En cela, Mao Tse Toung avait raison et les épigones de Mao devraient respecter la volonté de leur gourou.

3) De plus, le texte de la Préface du soit disant « Manuel de formation » indique que « De 1921 à 1943, le Parti communiste du Canada, qui réunit l’avant-garde du prolétariat, joue un rôle exemplaire ». Le Parti communiste du Canada a été créé sur les bases de la bolchévisation des organisations communistes – du sectarisme et du dogmatisme – et n’a probablement jamais été une organisation révolutionnaire prolétarienne.

4) Enfin, laissant de côté une série d’assertions erronées à propos des activités gauchistes au sein du mouvement ouvrier, entre 1943 et 1982, nous réfutons l’idée que les groupuscules gauchistes bourgeois En Lutte et PCO se sont dissouts pour : « (A) avoir suivi la Chine au moment où la bourgeoisie nationale chinoise domine au sein du Parti et de l’État chinois, écrasant la ligne prolétarienne, et la «Théorie des trois mondes», qui propose un front uni pour défendre les intérêts de la bourgeoisie nationale Chinoise; (B) le fait de n’avoir pas créé, au Canada, un Front populaire, réunissant toutes les forces politiques et sociales contre le capitalisme-impérialisme, le fascisme et la guerre. » (sic). Le Parti communiste chinois était dirigé par la bourgeoisie chinoise et ce parti a toujours été une organisation au service des capitalistes chinois. Le PCC a toujours appliqué la « Théorie des Trois mondes » ; une théorie visant à établir l’hégémonie de l’impérialisme chinois sur les luttes nationalistes bourgeoises dans les pays du soi-disant tiers-monde. De même, dans le passé, la stratégie des Fronts unis et des Fronts populaires a entrainé la classe ouvrière dans le marécage de la collaboration de classes et elle a servi à démobiliser et à désarmer le prolétariat face aux bourgeoisies chauvines nationalistes et face au grand capital international. La résultante fut que des millions de prolétaires sont morts comme chair à canon sur les champs de bataille de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. En vertu du principe que les mêmes actions entrainent, les mêmes conséquences, la création de Fronts populaire (sic) contrent le fascisme et pour la paix, et pour réformer le capitalisme, ne peuvent mener qu’à une 3e Guerre mondiale dont la classe prolétarienne internationale fera encore les frais.
L’échec de toutes les tentatives de renverser le mode de production capitaliste et de construire le mode de production communiste procède du fait que ni les conditions objectives de pourrissement de cette   société décadente, de crise économique et sociale de ce système ; ni les conditions subjectives politiques et idéologiques n’étaient réunies. La réédition de ce « Manuel de formation maoïste » ne peut que contribuer à la confusion. Les énergies des révolutionnaires marxistes prolétariens doivent se concentrer à préparer l’insurrection populaire et à se préparer à la transformer en révolution prolétarienne.

Robert Bibeau. Directeur.  http://www.Les7duquebec.com

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PRÉFACE DE LA RÉÉDITION DE 2015

Éditions étoile rouge / Red Star Publishers

Montréal et New York, le 09 décembre 2015

mao

Nous rééditons le «Manuel de formation du marxisme, du léninisme et de la pensée Mao Tsé-toung», publiée par la Ligue communiste (marxiste-léniniste) du Canada (LCMLC) en 1978, utilisé par des centaines de sympathisants et de membre des cellules.  Nous le publions aujourd’hui, 37 années plus tard, dans un contexte de crise, de fascisme et de guerre encore plus grave, pour poursuivre le travail de formation et de diffusion du marxisme-léninisme, mais aussi pour proposer des débats en vue (1) de l’unification des marxistes-léninistes et de la reconstruction du mouvement communiste au Canada et dans le monde; et (2) de la formation d’un Front populaire au Canada, réunissant toutes les forces politiques et sociales contre le capitalisme-impérialisme, le fascisme et la guerre.

 Ce manuel contient des textes de Marx et Engels, de Lénine et de Staline et de Mao Tsé-toung sur les questions suivantes : (1) la lutte de classes et la révolution prolétarienne; (2) l’économie politique: l’exploitation et la crise; (3) l’État et la révolution; (4) La lutte contre l’opportunisme et le révisionnisme moderne; (5) Le Parti communiste; (6) L’agitation et la propagande; (7) Les syndicats ouvriers; (8) La question des femmes; (9) L’impérialisme et la révolution prolétarienne; (10) La question nationale; (11) La conception marxiste du monde; (12) Le style de travail marxiste; et (13) L’attitude de classe prolétarienne.  Ce manuel contient, à la fin de chaque chapitre, des questions permettant aux lectrices/eurs d’évaluer d’approfondir leurs analyses.

 Ce manuel explique les principes marxistes-léninistes qui ont guidé les Partis communistes et le Mouvement communiste international au long de leur longue et héroïque histoire : (1) pour la défense des intérêts immédiats du prolétariat, des peuples et des nations; et (2) pour le renversement du capitalisme par la révolution socialiste, l’instauration de la dictature du prolétariat, la confiscation des moyens de production des mains de la bourgeoisie et l’édification de l’économie et de la société socialistes comme première étape avant la société sans classe et sans État, le communisme.

 Au Canada, le mouvement communiste naît du développement des syndicats et de la diffusion des principes du socialisme scientifique, élaborés par Marx et Engels.  Il se précise et se renforce avec la Révolution d’Octobre (1917), dirigée par Lénine et le Parti communiste bolchevik.  En 1918, pour défendre la Russie des Soviets de l’intervention militaire de 14 puissances impérialistes, dont le Canada, des marxistes et des progressistes fondent le mouvement «Hands Off Russia!» («Ne touchez pas à la Russie!»).  En 1921, plusieurs groupes marxistes-léninistes s’unifient et fondent le Parti communiste du Canada (PCC), conformément aux «Conditions d’admission des Partis dans l’Internationale Communiste», établies par Lénine (1920).

 De 1921 à 1943, le Parti communiste du Canada, qui réunit l’avant-garde du prolétariat, joue un rôle exemplaire.  Des milliers de cadres et de militants communistes dirigent les luttes des ouvriers, des fermiers et des chômeurs et appliquent le principe de l’internationalisme prolétarien.  Ses réalisations sont considérables : syndicalisation de millions de travailleurs, constitution du Front uni contre le fascisme et la guerre, mise sur pied du Bataillon McKenzie-Papineau, membre des Brigades internationales, envoi de 1 300 volontaires antifascistes et communistes canadiens combattre, durant la guerre civile d’Espagne, les fascistes espagnols, les tanks italiens et l’aviation allemande, enrôlement, pendant la Seconde Guerre mondiale, de communistes dans les Forces armées alliées, appui à la Révolution chinoise, aux luttes de libération nationale, défense des peuples, des nations et des gouvernements progressistes attaqués par les puissances impérialistes pendant la Guerre froide.

 En 1943, cependant, le PCC adopte la ligne révisionniste d’Earl Browder, dirigeant du PC des États-Unis.  Le PCC rectifie sa ligne, mais, à partir de 1956, adhère à la ligne révisionnisme de Khrouchtchev, qui conduira à la restauration du capitalisme en URSS, à la transformation des partis communistes en partis révisionnistes et à la scission au sein du Mouvement communiste international en deux.

 En effet, à partir de 1960, sous la direction d’Enver Hoxha et de Mao Tsé-toung, les partis communistes d’Albanie et de Chine et d’autres partis qui ne sont pas au pouvoir entreprennent la lutte contre le révisionnisme et pour la réaffirmation des principes marxistes-léninistes.  De 1960 à 1970, dans un grand nombre de pays, des organisations et des partis réaffirment les principes marxistes-léninistes, s’opposent aux partis révisionnistes liés à l’URSS révisionniste et social-impérialiste (socialiste en paroles mais impérialiste dans les faits), prônent la voie révolutionnaire vers le socialisme, la dictature du prolétariat et l’édification du socialisme et préparent le prolétariat et le peuple à la révolution socialiste.

 Au Canada, les organisations suivantes sont fondées tour à tour : (1) en 1963, Hardial Bains fonde le mouvement des Internationalistes, qui sera l’ancêtre du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) (PCCML); (2) en 1972, Charles Gagnon et l’Équipe du Journal publient la brochure «Pour le parti prolétarien», créent EN LUTTE! en 1973; (3) en 1975, trois groupes, la Cellule militante ouvrière, la Cellule ouvrière révolutionnaire et le Mouvement révolutionnaire des étudiants du Québec, après des débats de ligne, publient le «Document d’entente politique pour la création de la Ligue communiste (marxiste-léniniste) du Canada» (LCMLC), comme première étape pour la création d’un parti communiste authentique.  La LCMLC entreprend une série de débats avec d’autres organisations (Mobilisation, Agence de presse libre du Québec, entre autres) en vue de l’unité idéologique (théorie), politique (programme) et organisationnelle des marxistes-léninistes en un et un seul parti communiste.  Ces organisations se dissolvent, et les militantes/ants qui veulent adhérer à la LCMLC suivent une formation de rééducation.  De 1976 à 1977, EN LUTTE! essaie d’unifier les marxistes-léninistes canadiens, mène des débats avec la LCMLC, mais cette tentative échoue.  En 1979, EN LUTTE! devient l’«Organisation marxiste-léniniste EN LUTTE» (OMLC-En Lutte).  De son côté, en 1979 également, la LCMLC, ayant rempli les conditions qu’elle s’était données, se transforme en Parti communiste ouvrier (PCO), publie son programme et ses statuts et diriger un grand nombre de luttes importantes.

 Mais en 1982, en raison de leurs erreurs de ligne, l’OMLC-En lutte et le PCO s’effondrent.  Les causes sont entre autres, selon nous : (1) le fait d’avoir suivi la Chine au moment où la bourgeoisie nationale chinoise domine au sein du Parti et de l’État chinois, écrasant la ligne prolétarienne, et la «Théorie des trois mondes», qui propose un front uni pour défendre les intérêts de la bourgeoisie nationale chinoise; (2) le fait de n’avoir pas créé, au Canada, un Front populaire, réunissant toutes les forces politiques et sociales contre le capitalisme-impérialisme, le fascisme et la guerre.

 Après la chute de l’OMLC-En lutte et du PCO, des marxistes-léninistes entreprennent à nouveau la reconstruction du mouvement communiste.  En 1986, le Groupe action socialiste (GAS) se forme, regroupant, entre autres, d’anciens membres d’EN LUTTE! et du PCO.  En 1997, une scission survient dans le GAS au sujet, entre autres, du syndicalisme.  Deux groupes se forment : (1) l’organisation qui deviendra, en 2007, le Parti communiste révolutionnaire (PCR), de tendance maoïste, et (2) le Groupe communiste ouvrier (GCO), fondé en 1998, qui fusionnera avec le PCC et deviendra le Parti communiste du Québec (section du PCC).

 Dans le contexte de plus en plus catastrophique du monde actuel, nous croyons (1) que les débats pour la reconstruction du mouvement communiste au Canada et dans le monde sont urgents; (2) qu’ils doivent être nécessairement basés sur les trois principes marxistes-léninistes mentionnés (voie révolutionnaire; dictature du prolétariat; et édification de l’économie et de la société socialiste comme première étape avant le communisme); (3) qu’il ne peut exister qu’un et un seul Parti communiste dans chaque pays, et qu’un et un seul Mouvement communiste international.

 Au sujet de Mao Tsé-toung, nous considérons qu’il fut un grand dirigeant révolutionnaire, que jusqu’en 1949, il a appliqué correctement le marxisme-léninisme pour définir la conduite de la Révolution chinoise et la tactique de front uni contre le fascisme adoptée par l’Internationale communiste, en s’alliant à la bourgeoisie nationale chinoise pour libérer la Chine des envahisseurs impérialistes japonais (1949), que ses essais philosophiques et ses textes didactiques se distinguent par leur profondeur, leur justesse et leur clarté, qu’il a joué un rôle primordial dans la dénonciation du révisionnisme soviétique lors du «Débat sur la ligne générale du Mouvement communiste international» (1963-1964).  Après 1949, cependant, pour construire la Chine, Mao Tsé-toung a maintenu l’alliance du Parti communiste avec la bourgeoisie nationale chinoise et a instauré la «Démocratie nouvelle» plutôt que le socialisme, contrairement à Lénine et à Staline, qui ont éliminé la bourgeoisie en tant que classe.  Acceptée dans le cadre de la «Démocratie nouvelle», la bourgeoisie chinois a graduellement accru son influence au sein du Parti et de l’État et pris le contrôle de la Chine, qui comme l’URSS à partir de Khrouchtchev, est devenue révisionniste et social-impérialiste, c’est-à-dire socialiste en paroles mais impérialiste dans les faits.  La Conférence internationale des partis et des organisations marxistes-léninistes (CIPOML), à ses séminaires annuels à Quito, en Équateur, invite fraternellement les maoïstes dans un esprit de front uni.

 Au sujet d’Enver Hoxha, les organisations et partis marxistes-léninistes soulignent, comme le PCCML l’a fait, la justesse de la lutte constante de ce grand dirigeant contre les révisionnismes yougoslave (1848), soviétique (1956), chinois (1977) et « eurocommunistes » français, italiens et espagnols.  Alors que les maoïstes considèrent le maoïsme comme une étape supérieure du marxisme-léninisme, les marxistes-léninistes estiment que Staline et Hoxha sont des marxistes-léninistes qui n’ont pas créé d’étape supérieure.

 Les «Éditions étoile rouge / Red Star Publishers» publient des ouvrages en anglais, en espagnol et en français.  Sur le plan international, elles diffusent la revue «Unidad y Lucha» / «Unity and Struggle» / «Unité et lutte», organe central de la Conférence internationale des partis et des organisations marxistes-léninistes, qui regroupe une vingtaine de partis et organisations.

Éditions étoile rouge / Red Star Publishers

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Une pensée sur “CONTRE LA RÉÉDITION DU «MANUEL DE FORMATION»

  • avatar
    23 décembre 2015 à 10 10 48 124812
    Permalink

    @ tous
    Prenez la peine de lire cette préface d’un autre âge – une préface qui aurait pu être écrite en 1970 – au moment du Petit livre rouge des maoïstes, Mais qui fait anachronique en 2015.

    Pourquoi ??

    Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com

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