CRISES ET LUTTE DE CLASSES


Par Nuevo Curso.  Le 15.01.2019.  Sur  Nuevo Curso. https://nuevocurso.org/crisis-y-lucha-de-clases/ Traduit de l’espagnole par Robert Bibeau pour le webmagazine http://www.les7duquebec.com  Publié le 23.01.2019.

 

THIS ARTICLE IS AVAILABLE IN FRENCH – ENGLISH – SPANISH – ITALIAN :
23.01.2019-English-Italian-SpanishCrises et lutte de classes


Le webmagazine Les7duquebec.com est fier de vous présenter ce texte fondamental de nos camarades espagnoles de Nuevo Curso. Tout prolétaire révolutionnaire devrait se faire un devoir de lire et d’analyser ce texte qui lève nombres d’ambiguïtés sur la question des crises économiques du capitalisme, des luttes de résistance de la classe ouvrière mondiale et de l’élaboration de la conscience de classe sous les conditions objectives et subjectives de la révolution sociale. À notre connaissance jamais depuis l’Opposition au sein de la IIIe Internationale un texte d’une telle clairvoyance n’a été publié en Occident.  Robert Bibeau. Éditeur http://www.les7duquebec.com


 

Les grèves et les luttes de classe peuvent-elles arracher des concessions qui durent dans le temps? Existe-t-il une possibilité d’améliorations « permanentes » ou au moins intergénérationnelles des conditions de vie et de travail de la classe ouvrière? La crise est-elle le moteur de la combativité ouvrière? Les luttes augmente-t-elles la puissance de la classe en arrachant des concessions? Que pouvons-nous apprendre du développement des grèves au cours des cinquante dernières années?

Est-il possible d’obtenir des concessions qui ne disparaissent pas immédiatement?

 

Le « miracle espagnol » n’était en rien différent des autres « miracles » de l’après-guerre. L’immense destruction de capital fixe suite à la guerre en Europe, au Japon et dans d’autres régions hautement industrialisées a rendu possible un long cycle d’accumulation qui s’est achevé dans les années soixante-dix. Depuis lors, les périodes de récession et de crise sont fréquentes et durent de plus en plus longtemps, traduisant la tendance permanente à la crise et à la décadence d’un capital qui ne trouve pas suffisamment de marchés pour réaliser la plus-value qui lui donne vie et ne trouve plus de placements profitables pour valoriser le nouveau capital accumulé. Un manque de débouchés dont le capital international ne sort que temporairement lorsqu’il parvient à pénétrer de nouveaux marchés (« l’expansion » latino-américaine des années 1980, l’expansion chinoise des années 1990 et l’expansion africaine en préparation. NDLT), fuyant vers le crédit facile et produisant une exubérance de capital fictif (le « boom » spéculatif des années 2000 et celui des années 2020 en préparation. NDLT).

Cela signifie-t-il que les salaires réels ont diminué? Non. Jusqu’à la crise actuelle, caractérisée par la plus longue période de baisse des salaires depuis l’après-guerre, les périodes de baisse des salaires moyens ont été compensées par des augmentations lors des périodes de croissance. (Image 1)

 

                               IMAGE 1

Bien sûr, il y a encore un élément: le chômage, qui a marqué le rythme des difficultés du capital. Après tout, le chômage est un pur gaspillage du point de vue capitaliste, la mesure de l’incapacité du capital à exploiter toute la main-d’œuvre disponible et donc à valoriser le capital et à accumuler. En termes relatifs par rapport au capital, ce qui a été constant est le recul des salaires, le capital variable. En d’autres termes, le pourcentage des salaires sur le total de la valeur de la production est de plus en plus bas et celui du capital constant (amortissement et matières premières) de plus en plus élevé.

 

                              IMAGE 2

Quelle est la conclusion? Le capital peut augmenter la masse salariale (capital variable), à condition que celle-ci diminue en termes relatifs par rapport au revenu du capital (plus-value et profit). Autrement dit, le capital peut accorder des concessions relativement durables en termes de salaires – pour ceux qui restent au travail – et même globalement (Mais le nombre de salariés sera réduit et cela suppose des hausses de productivité importante car la production devra augmentée même si le nombre de salariés diminue. NDLT)  La conviction que le capitalisme ne peut ni créer de richesse, ni octroyer de hausses salariales une fois qu’il a atteint sa phase de décadence, est en train de se transmettre de texte en texte, de ceux de Lénine et de Trotski à ceux de l’International et à d’autres groupes apparentés ou adversaires. Et depuis lors, encore et encore, les faits ont montré le contraire. Cela semblait vrai pendant un certain temps, dans l’intervalle des guerres impérialistes, mais cette seconde après-guerre a été témoin d’un énorme boom de capital fixe et de capital variable, c’est-à-dire de la masse salariale. Il y a eu une augmentation de la consommation de chaque travailleur, parallèlement à une paupérisation considérable par rapport à la totalité de la richesse sociale (ce que la petite-bourgeoisie caractérise comme l’injustice distributive du capitalisme qu’il faudrait réformer. NDLT). Nier une réalité c’est du pseudo-matérialisme, faire correspondre les faits à une idée préconçue est un préjugé.

 

Le désordre théorique révolutionnaire de 1973

 

Bien entendu, en période de crise, lorsque les revenus du capital diminuent, les salaires réels baisseront plus que proportionnellement et le chômage augmentera (inflation et dévaluation de la monnaie NDLT). Si à ces moments la résistance à l’usine et les combats de classes sont farouches, les concessions du patronat seront comme dans les années 70 grugées par l’inflation et les fermetures d’usines (chômage comme dans les années 80 et perte des « acquis » comme disent les bureaucrates syndicaux menacés dans leurs emplois de larbins. NDLT).

Existe-t-il une possibilité d’améliorations « permanentes »?

 

Le fait est que ces périodes de crise s’allongent et qu’après elles, il faut de plus en plus de temps pour récupérer les salaires et l’emploi perdu. Dans l’ensemble, le résultat observé est que, bien qu’il ne soit pas vrai que « rien ne puisse être créé ou concédé par le capitalisme« , les concessions et les améliorations obtenues par la classe dans son ensemble s’érodent gravement lors de crises de plus en plus longues, et elles ont tendance à disparaître. C’est pourquoi il ne faut plus croire cette vieille maxime : « les enfants vivent mieux que les parents et ceux-ci que leurs grands-parents« . Les tendances permanentes à la crise trouvent leur origine dans la nature même de la plus-value: le marché dont le capitalisme a besoin pour pouvoir réaliser la valeur créée et poursuivre l’accumulation est toujours plus important que celui généré par les salaires. Et en tant que système, il vient un moment ou le capitalisme n’a nulle part où «s’étendre». (Il a alors atteint la limite de ses capacités d’expansion – de valorisation productive du capital – cette loi est inscrite dans la nature de ses rapports de production sociaux et marque le début de sa décadence qui peut s’étendre sur nombre d’années et plusieurs crises de surproduction. NDLT).  Le capital ne peut que se dévorer, c’est-à-dire nous dévorer (les forces productives sociales devenues en partie inutiles. NDLT). Le capitalisme ne peut éviter les crises de la même manière qu’il ne peut empêcher sa propre forme d’organisation d’évoluer vers le capitalisme d’État provoquant une exacerbation des tendances à la guerre. Les périodes de crise s’allongent et mangent les améliorations précédemment obtenues par toute la classe. Comme il n’y a pas de réforme possible pour éviter les crises, nous ne pouvons penser à des améliorations intergénérationnelles pour les salaires ou les conditions de travail.

La crise est-elle le moteur de la combativité?

 

On a toujours tendance à penser que la crise, lorsqu’elle génère des réductions de salaires, des licenciements et des précarisations, est le facteur déterminant de la combativité. Mais la vérité est que ce n’était même pas le cas dans les années de «bonanza» d’après-guerre.

 

                       IMAGE 3

Comment se peut-il qu’en 1967 et 1970, les années de croissance économique sont celles d’une combativité accrue, même dans les conditions de répression du régime franquiste? La plupart des tendances politiques de l’époque ne le comprenaient pas et n’avaient même pas compris pourquoi, en 1962 en Espagne et en 1968 en France, sans crise, une vague mondiale de grèves de masse s’était ouverte. Ils ne comprennent pas qu’il peut ne pas y avoir de soulèvement du prolétariat et de l’insurrection populaire, mais une catastrophe économique qui produit nécessairement une conscience révolutionnaire chez des millions et des millions de travailleurs affamés. Ils envisagent la révolution comme une conséquence du non-fonctionnement du système, au lieu de la voir comme une réponse à son fonctionnement, dit avec plus de précision, une réponse à l’outrecuidance des caractéristiques fonctionnelles du capitalisme. Pour cette raison, parce qu’il est incapable de maintenir l’esclavage salarié à son niveau actuel, le capitalisme est déjà une sorte de civilisation néfaste qui menace l’avenir immédiat de l’humanité (et ceci n’a rien à voir avec le réchauffement climatique et l’empreinte écologique. NDLT). La décadence se manifeste en ce que les vertus d’hier deviennent, ainsi que ses défauts, autant de plaies purulentes qui revendiquent le fer cautérisant de l’action prolétarienne.

Désordre révolutionnaire. 1973

 

                                 IMAGE 4

De plus, la vague de soulèvement s’est maintenue avec la réapparition de la crise en 1973. Pourtant, dans l’histoire des grèves depuis 1975, nous constatons l’impact immédiat de la transition et de l’illusion démocratique sur la vague de grèves des années 1970, reprise dans les années 1980. Vague de grèves pour faire face aux reconversions-délocalisations et qui s’effondre devant le piège syndical de : « il n’y a rien à gagner si l’entreprise n’est pas rentable » pour récupérer, brièvement, dans une série de grèves qui ont orné la négociation des départs à la retraite anticipés de la deuxième reconversion industrielle des années 90.  Depuis lors, la corrélation avec le PIB disparaît, avec le chômage, avec les salaires réels, etc. Et ensuite qu’est-ce qui fait avancer la lutte des classes si les conditions objectives sont données? Ce sont les conditions subjectives.

 

Les conditions objectives et subjectives

 

Les conditions objectives de la révolution communiste ne suffisent pas pour garantir la victoire et les conditions subjectives ne seront pas nécessairement engendrées par la première. Les conditions subjectives ne sont rien d’autre que la conscience théorique de l’expérience précédente et des possibilités maximales offertes au prolétariat; c’est la connaissance désireuse de l’action humaine et prête à transformer son existence subjective en existence objective.

 

État-parti, stalinisme, révolution. 1976

 

Et ce qui fonctionne pour la révolution fonctionne tout au long du processus. Ce qui compte dans l’évolution des grèves des années 50 à aujourd’hui, c’est que l’élément principal de la lutte de classe aujourd’hui est la perspective, l’intuition, l’espoir matériel de ces « possibilités maximales offertes au prolétariat ». Mais alors… L’expérience des années 1960 nous montre qu’il n’existe aucune relation mécanique entre les épidémies de crise et les luttes de classe, notamment sous la forme de la grève ouvrière. Il n’y a pas de combativité sans l’intuition minimale d’une perspective qui dépasse (transcende NDLT) le capitalisme.

 

La conscience augmente-t-elle lors de l’obtention de concessions?

 

Une autre leçon de l’évolution des combats et de la combativité est que la conscience de classe n’est ni évolutive ni cumulative. Les leçons ne conduisent que les luttes dans leur propre sein, c’est-à-dire au cours de la même lutte ou de la même vague de luttes. La continuité et l’accumulation ne se produisent que dans la mesure où les groupes militants capables de servir d’enzymes sont mis en mouvement et servent d’accélérateurs dans le prochain mouvement, et ainsi de suite.  La combativité de la classe se gère irrésistiblement (explosive à certains moments plus calme à d’autres) de son propre contexte historique. Cela se cristallise dans des faits qu’elle (la classe) ne pense qu’après coup et elle lui donne sa base et son énergie pour de futurs progrès. Il procède donc, tant dans les faits que dans la conscience, par des sauts de développement, la continuité de la discontinuité que doit assurer son secteur délibérément révolutionnaire. La victoire décisive elle-même sera pour la majorité de la classe une réalisation plutôt qu’une intention consommée. Ce n’est pas en vain que la classe révolutionnaire s’est forgée par l’histoire malgré l’oppression et le dirigisme intellectuel qui l’accompagnent dans sa vie quotidienne. C’est pour cette raison que, dans le noyau des travailleurs révolutionnaires, il y a plus de 150 ans, une tâche décisive a finalement été prise en charge.

Conscience révolutionnaire et classe pour soi

 

C’est pourquoi Macron a joué pour faire des concessions avant l’éruption d’un mouvement de classe des « Gilets jaunes« , pour cette raison – et parce qu’il a un retard – de Sanchez à Bolsonaro à augmenter le salaire minimum. Pendant les périodes de non-crise, nous avons vu la même chose avec les syndicats à plusieurs reprises. L’important est, à ce stade de la décadence et de la crise capitaliste, plus le comment que le combien, plus le qui que le quoi. Il est préférable de perdre une lutte pour nous-mêmes qu’un « triomphe » syndical ou parlementaire qui sera tôt ou tard annulé par l’inflation, les coupures et la précarisation. Même une modeste revendication de salaire – tôt ou tard, si pas encore obtenue – a une signification diamétralement opposée, telle qu’obtenue par la représentation capitaliste-syndicale ou par une grève sauvage qui n’est pas prise en charge ni restituée à la société. L’importance de ces mouvements réside, beaucoup plus que dans leurs revendications, dans la mesure où ils contribuent à briser le lien qui les unit à leurs maîtres et à rendre au prolétariat son autonomie et son agressivité potentiellement invincible. Aujourd’hui les syndicats bloquent le chemin qui mène aux luttes révolutionnaires, la défaite d’une grève antisyndicale vaut mieux que toute victoire accordée par l’ennemi de classe.

 

 

 

avatar

Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

5 pensées sur “CRISES ET LUTTE DE CLASSES

  • avatar
    24 janvier 2019 à 0 12 57 01571
    Permalink

    @ Nuevo Curso

    On nous permettra quelques commentaires – questions – et réfutations malgré la qualité de cette analyse réellement matérialiste dialectique prolétarienne.

    1) D’abord nous avons adoré cette constatation : « Ils (la gauche et la droite) envisagent la révolution comme une conséquence du non-fonctionnement du système capitaliste, au lieu de la voir comme une réponse à son fonctionnement, dit avec plus de précision, une réponse à l’outrecuidance des caractéristiques fonctionnelles du capitalisme. » EXACT camarades – Le mode de production capitaliste ne s’effondrera pas parce qu’il fonctionnera mal par rapport à ses mécanismes et lois internes MAIS comme Marx l’a découvert et démontré PARCE QUE CE MODE DE PRODUCTION FONCTIONNANT PARFAITEMENT SELON SES LOIS ET MÉCANISMES INCONTOURNABLES SERA RENDU AU BOUT DE SES CAPACITÉS D’ACCROITRE LA PRODUCTION POUR DESSERVIR LA SOCIÉTÉ TOUTE ENTIÈRE. Il ne sera plus qu’un ogre affamé de profits qu’il ne parviendra même plus à générer même au prix de l’élimination d’une portion du prolétariat mondial.

    2) Par contre nous mettons en doute votre affirmation à l’effet que, et nous vous citons : « Les conditions objectives de la révolution communiste ne suffisent pas pour garantir la victoire et les conditions subjectives ne seront pas nécessairement engendrées par la première (!!!)
    Les conditions subjectives ne sont rien d’autre que la conscience théorique de l’expérience précédente et des possibilités maximales offertes au prolétariat (!!!).
    A) Il est VRAI selon nous que les CONDITIONS OBJECTIVES DE LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE sont absolument nécessaires mais aussi insuffisantes.
    B) Cependant nous pensons que les CONDITIONS SUBJECTIVES DE LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE (nous n’écrivons pas COMMUNISTE) SERONT nécessairement engendrés par l’évolution des conditions objectives qui feront qu’il ne sera plus possible à notre classe de continuer à vivre et à survivre sous ce système qui exigera leur disparition pour se perpétuer.
    C) Nous sommes d’accord avec vous que les conditions subjectives de la révolution prolétarienne SONT la conscience théorique (intuitive – métapsychique dirions nous également) de TOUTES LES expériences DE LUTTE de la classe

    3) Le point précédent (C) nous amène à questionner votre assertion « Léniniste-bolchevique » à l’effet que : « Une autre leçon de l’évolution des combats et de la combativité est que la conscience de classe n’est ni évolutive ni cumulative. Les leçons ne conduisent que les luttes dans leur propre sein, c’est-à-dire au cours de la même lutte ou de la même vague de luttes…. Les groupes militants ayant pour tâche de diriger – conscientiser – avant-gardiser la masse prolétarienne inculte. Ce type d’affirmation pouvait passer dans la Russie tsariste de 1917 mobilisant 135 millions de serfs analphabètes et moins de 3 millions d’ouvriers tout aussi illettrés.

    4) Nous affirmons sans ambage que la conscience de classe est CUMULATIVE ET ÉVOLUTIVE comme vous l’affirmez vous même dans le paragraphe précédent (les conditions subjectives sont la conscience théorique de l’expérience précédente) que nous avons modifié pour inclure la conscience intuitive – métapsychique- cristalliser dans le comportement général de la classe.

    5) Quel est le rôle des groupes militants de la classe prolétarienne révolutionnaire ? Ils sont parties intégrantes de la classe dans la mesure où ils sont solidement arrimés à la classe et totalement dévoué à son service (Pas la classe dévoué au service des apparatchiks agglutinés dans le Parti d’avant-garde de m… qui se distribue les sinécures= Du Déjà vu)
    La mission des militants comme nous est d »étudier constamment la conjoncture économique – politique – idéologique dans cette société décadente MAIS TOUJOURS TOUJOURS DU point de vue de notre classe – les autres classes sociales ne nous intéressent qu’en autant qu’elles interfèrent avec notre classe. (Notamment nous avons pour tâche en ce moment de fournir les mots – les arguments – les mots d’ordre aux Gilets jaunes prolétariens pour combattre la petite-bourgeoisie réformiste qui mène la guerre pour s’accaparer le contrôle du mouvement et le liquider)… Ce qui ne sera pas une tragédie = Les Gilets jaunes auront été une expérience de lutte de classe supplémentaire avec ses caractéristiques singulières qui prouvent à l’évidence que la conscience de classe évolue et s’accumule sinon comment expliquer que dans toute la France et ailleurs L’UNANIMITÉ PROLÉTARIENNE POUR REJETER LES VIEILLES FORMATIONS ET ORGANISATIONS DE GAUCHE COMME DE DROITE et cette peur panique de laisser s’infiltrer des REPRÉSENTANTS (sic) opportunistes venus faire carrière de notre misère

    Merci de votre patience camarade

    Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

    Répondre
  • avatar
    24 janvier 2019 à 1 01 37 01371
    Permalink

    Salut Robert
    Sur tes louanges habituelles estampillées matérialiste dialectique prolétarienne. Je reviens à charge sur la conception décadentiste du capital avec un extrait du GCI
    Outre évidemment, la grossière liquidation de la dialectique matérialiste – les visions décadentistes représentent une grave altération de la compréhension pratique de la lutte révolutionnaire elle-même. Si, en effet, c’est la société elle-même qui, à un point donné, décline, il n’y a presque plus aucune raison de voir une contradiction toujours croissante entre les classes antagonistes (pourtant nous avons vu que « l’Histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte de classes »…) puisque l’effondrement de la société est « automatique », inhérente même au processus naturaliste du « vieillissement » des sociétés. Il ne reste donc à la classe révolutionnaire qu’à attendre pacifiquement (comme les bourgeois attendent l’héritage de leur parents) la conclusion mortelle de ce vieillissement. C’est cela le « fatalisme » contre-révolutionnaire dénoncé par Bordiga. Mais, complémentairement à ce fatalisme gradualiste, existe le corollaire volontariste, tout aussi erroné que le précédent, propre notamment au décadentisme des trotskistes. Pour ces derniers, en effet, « les forces productives ayant cessé de croître » (en l’occurrence à partir de 1914 pour le capitalisme!), le système est déjà « objectivement » mort; il ne reste plus alors qu’à apporter la dernière touche « subjective » à cette mort, par la création volontariste d’une nouvelle internationale qui devrait donner le dernier petit coup de pouce pour que l’ensemble du système s’écroule. C’est ce qu’attendent depuis quarante ans, en s’agitant tous azimuts sur un programme contre-révolutionnaire, les « enfants du prophète » (4). Il est de plus à noter que l’affirmation « les forces productives ont cessé de croître depuis 1914 » (plus caricaturale chez les trotskistes – lambertistes du PCI et relativisée en un « ralentissement du rythme de développement des forces productives » chez les plus « malins », et notamment pour le groupe « Socialisme ou Barbarie » qui sur cette question aussi se matérialisa comme un précurseur du révisionnisme moderniste, tant dans les questions dites économiques que dans leurs implications politiques) est directement liquidée par le simple constat fait par certains décadentistes eux-mêmes:
    « La production industrielle mondiale, en 1848 dépassait de 36% le niveau de 1937 et de 74% celui de 1929. Entre 1878 et 1948, la production industrielle mondiale augmentait de 11 fois. Pendant la même période, la population de la terre passait de 1.500 à 2.300 millions d’habitants, soit une augmentation de 50% environ. »
    (Castoriadis: « La consolidation temporaire du capitalisme mondial », Socialisme ou Barbarie No.3 – 1949)
    On voit ainsi en quoi certains décadentistes (Castoriadis en l’occurrence) liquident eux-mêmes la base « matérielle », « objective » des théories décadentistes, il ne leur reste plus alors qu’à se rabattre sur la « décadence morale », de la même manière qu’un groupe tel que le FOR (« Alarme »). De la même manière, nous avions déjà souligné dans notre introduction à la polémique sur « Les causes des guerres impérialistes » (polémique entre Bilan-Prométéo et la majorité de la Ligue des communistes internationalistes de Belgique – tendance Hennaut) dans Le Communiste No.6, que la conception de la décadence est étroitement liée à celle de la défense du « caractère ouvrier de l’URSS », chère tant aux staliniens qu’aux trotskistes.
    « Ces deux thèses erronées étaient indissociablement liées: on ne pouvait soutenir que le capitalisme avait cessé de croître qu’en considérant l’URSS comme non capitaliste. (…) Pour que le lecteur puisse comprendre à quel point on vivait en 1936 l’apogée de la thèse stalinienne et trotskiste de « l’industrialisation socialiste » et de la « fin de la croissance capitaliste », il suffit de comparer les chiffres de la croissance de production industrielle de la « puissance capitaliste qui croissait le plus vite », des Etats-Unis, avec ceux de la croissance fantastique de l’URSS à la même époque. » (Cf. Le Communiste No.6)
    Il nous faut de plus noter que:
    « Sur les ruines de la seconde guerre mondiale, le capitalisme put momentanément rompre les entraves à son développement, augmenter sa domination à l’échelle mondiale. Un seul chiffre peut illustrer parfaitement son expansion fantastique: le PNB des USA, le mastodonte capitaliste, en 1952, atteignait 300 milliards de dollars, il triple et 20 ans plus tard, il atteignait un billion de dollars. » (Le Communiste No.6)
    « Jamais, dans toute son histoire, le capitalisme n’avait connu des rythmes de croissance aussi élevés. Pour la France, le taux moyen de croissance atteint 5,1% entre 1950 et 1972 contre 1,6% entre 1870 et 1913 et 0,7% entre 1913 et 1950. Pour l’ensemble du monde capitaliste, la croissance a été, au cours des vingt dernières années, au moins deux fois plus rapide qu’elle ne l’avait été de 1870 à 1914, c’est-à-dire pendant la période qui était généralement considérée comme celle du capitalisme ascendant. L’affirmation que le système capitaliste était entré depuis la première guerre mondiale dans sa phase de décrépitude et de déclin, est tout simplement devenue ridicule… »
    (P. Souyri, ancien membre de la tendance marxiste au sein de Socialisme ou Barbarie et fondateur de Pouvoir Ouvrier: « La dynamique du capitalisme au XXème siècle » – éd. Payot)
    oOo
    Encore une fois, le point commun de toutes les théories (et donc de la pratique sociale de ses défenseurs) décadentistes réside dans la négation/destruction de la méthode dialectique. Pour eux, après avoir déterminé arbitrairement une apogée à chaque mode de production, ils déterminent la phase progressive, « montante » de celui-ci, entérinant par là l’idéologie même de la classe dominante de cette époque (ce qui au niveau politique équivaut au soutien actif, non pas du communisme, mais du système en place, à son apologie sous prétexte de progressivité, c’est-à-dire à la négation/refus des intérêts des classes exploitées et donc du prolétariat révolutionnaire au sein de ce mode de production), puis ils déterminent la phase de déclin qu’ils argumentent, en parfaits moralistes qu’ils sont, par la « décadence des moeurs », par l’apparition (on se demande pourquoi à ce moment-là et pas à un autre) des contradictions de classes. Et tout cela, comme si dans la première phase, l’unité « mode de production » ne portait pas en elle sa propre négation, sa propre contradiction et que celle-ci n’apparaîtrait qu’au bout d’un certain temps! (combien?) Or, soyons clair: soit toute société de classe est basée en permanence sur un antagonisme de classe: c’est la thèse marxiste, soit pendant une phase ascendante propre à chaque mode de production, cette contradiction disparaîtrait (ou deviendrait « secondaire »…), et nous retombons inévitablement dans la thèse bourgeoise de l’évolutionnisme vers un toujours plus grand progrès, même si ce progrès est arbitrairement arrêté à telle ou telle date et/ou dans telle ou telle zone, en fonction de contingences opportunistes que nous expliquerons plus loin. Et ce n’est donc pas « par hasard » que nos décadentistes (toutes écoles confondues) se retrouvent dans un choeur commun avec tous les chacals réactionnaires hurlant à la « décadence de l’Occident », depuis les Témoins de Jéhovah jusqu’aux « nouveaux philosophes », en passant par les néo-nazis européo-centristes, jusqu’aux adorateurs de Moon! Et si les décadentistes se retrouvent en cette sinistre compagnie, c’est parce que dans la réalité, ils défendent la même perspective réactionnaire et contre-révolutionnaire du progressisme (positivisme du matérialisme vulgaire) d’une phase ascendante, devant donc, par la suite, argumenter antithétiquement la dégradation généralisée de ce qu’ils définissent comme phase descendante… Les décadentistes sont donc pro-esclavagistes jusqu’à telle date, pro-féodaux jusqu’à telle autre… pro-capitaliste jusqu’en 1914!!! Ils sont donc chaque fois, du fait de leur culte du progrès, opposés à la guerre de classe que mènent les exploités, opposés aux mouvements communistes qui ont le malheur de se déclencher dans la « mauvaise phase » car, d’après eux, il leur aurait fallu soutenir leurs exploiteurs considérés comme encore progressistes, comme les exploitant et les massacrant dans l’intérêt supérieur du développement humain! Le ridicule se transforme en tragique lorsque les décadentistes doivent prendre position, par exemple sur la Commune de Paris qui s’est, comme chacun sait, révoltée « en pleine phase ascendante du capitalisme ». En parfaits clowns, ils font une pirouette: « C’était un accident de l’histoire »… Babeuf et les Enragés, Blanqui, Marx et les milliers de combattants prolétariens aussi? Or, encore une fois, soit ces mouvements sont l’expression de la permanence de la guerre de classes et donc du mouvement communiste (à travers toutes les sociétés de classes et dont nous, communistes d’aujourd’hui, sommes les héritiers!), et la tâche invariante des communistes réside dans l’assumation de leur direction révolutionnaire, soit ces mouvements (à plus forte raison lorsqu’il s’agit du prolétariat porteur de la résolution communiste des antagonismes de classes) vont à contre-courant de l’histoire (les communistes ne seraient donc plus les héritiers de la lutte des classes exploitées de la préhistoire, mais ceux des exploiteurs!), et le mouvement communiste, dans chaque phase ascendante, deviendrait donc un mouvement réactionnaire! Au sein du mode de production capitaliste, le prolétariat existe et lutte invariablement comme classe lorsqu’il combat pour la défense de ses propres et exclusifs intérêts historiques. Lorsqu’il s’allie avec une quelconque faction bourgeoise, aussi progressiste et humaniste soit-elle, il n’existe plus en tant que classe et n’est plus qu’une masse de citoyens atomisés par la démocratie (c’est la tendance à n’être plus que « capital variable »), servant de masse de manoeuvre aux différentes factions bourgeoises (républicaine contre royaliste, fasciste contre fronts populaires…). C’est donc dès qu’apparaît le mode de production capitaliste, que la lutte des classes matérialise l’affrontement permanent entre les deux pôles de la contradiction capitaliste prolétariat/bourgeoisie. Le prolétariat dans sa lutte pour ses intérêts historiques est donc directement antagonique à toutes les fractions bourgeoises, est de manière invariante: anti-frontiste de principe, rejetant comme mortelle toute alliance avec une quelconque faction bourgeoise. C’est d’ailleurs ce qu’a démontré à chaque fois l’expérience des luttes ouvrières où, lorsque le prolétariat perdait son indépendance de classe pour s’allier avec telle ou telle faction bourgeoise, c’est de sang qu’il paie cette perte de perspective historique; que cela soit en 1789, en 1848, en 1871… en 1937 jusqu’à dernièrement au Chili…
    Dans la contradiction bourgeoisie/prolétariat (comme dans toute contradiction), la résolution qualitative (négation de la négation) n’est jamais l’affirmation unilatérale d’un de ses pôles. Ainsi, lorsque dans le rapport antagonique entre bourgeoisie et prolétariat, c’est la bourgeoisie qui parvient à s’affirmer (notamment, comme nous l’avons vu, lorsque le prolétariat perd son indépendance de classe) de manière presque entièrement totalitaire, d’un point de vue dynamique, la contradiction n’est jamais entièrement supprimée, le prolétariat, pôle négateur, n’est jamais entièrement « digéré », assimilable au « capital variable ». Il y a toujours contradiction, même si celle-ci est fortement atténuée par un rapport de force tel que c’est plus un pôle qui prédomine nettement sur l’autre. Mais inévitablement, la contradiction resurgit à un niveau d’affrontement plus fort, par une polarisation toujours plus marquée entre les deux éléments de la contradiction. Ce que le pôle bourgeoisie parvient donc uniquement à faire lorsqu’il parvient presque entièrement à détruire – par la guerre par exemple – son néggateur, c’est simplement reporter dans le temps l’échéance inévitable de la résolution communiste de la contradiction. La dialectique matérialiste est l’affrontement toujours plus développé, toujours plus antagonique entre les deux pôles de la contradiction, et ce jusqu’à, non pas une « apogée » suivie d’une « descente », mais jusqu’à la résolution de cette contradiction par l’apparition d’une « unité supérieure » (négation de la négation) – qualité supérieure n »ayant rien à voir qualitativement ni avec le pôle positif (thèse) ni avec celui négatif (anti-thèse). Le développement de la contradiction (= le mouvement) signifie donc toujours plus l’exacerbation (la lutte) des deux pôles se renforçant mutuellement dans leur affrontement, et ce jusqu’au moment dialectique de la résolution par la négation de la négation. L’affrontement de classe n’a rien à voir avec la logique vulgaire des « vases communicants » qui voient de manière inversement proportionnelle faiblir un pôle lorsque le premier se renforce; au contraire, d’un point de vue global, c’est un rapport de force toujours plus exacerbé, c’est un affrontement toujours plus antagonique… et ce jusqu’à sa résolution. La dialectique produisant, par un changement quantito-qualitatif, la « résolution » n’a donc rien à voir avec ni une simple addition des pôles de la contradiction ni avec l’affirmation unilatérale d’un de ses pôles. Au contraire, la « résolution » signifie bien une double négation dépassant la négation simple du pôle négateur au sein de l’unité contradictoire. Dans notre exemple, l’unité « capitalisme », au sein de laquelle la contradiction fondamentale est bourgeoisie (thèse)-prolétariat (anti-thèse), la résolution de cette contradiction n’est pas l’affirmation unilatérale du pôle négateur (une « société prolétarienne »!?), mais est le communisme (société sans classe) impliquant donc la double négation, le prolétariat niant la bourgeoisie et se niant lui-même en tant que négateur – l’auto-négation du prolétariat comme négation de la négation, comme résolution des contradictions de toutes les sociétés de classes dans et par l’apparition d’une société sans classe, le communisme, la communauté humaine mondiale.
    Toutes les conceptions décadentistes ont donc en commun une même vision bourgeoise du développement progressiste et évolutionniste de l’histoire humaine (même si celui-ci est, pour chaque mode de production, limité dans le temps à une date à partir de laquelle ce mode de production ne serait plus considéré comme « progressiste »). L’antagonisme de classe, existant, comme nous l’avons vu, de manière permanente et chaque fois plus développé, il ne reste plus aux décadentistes que la justification idéologique, que l’argumentation moralisatrice (et quelle morale peut exister si ce n’est toujours celle de la classe dominante! Le mouvement communiste ne développe pas une « nouvelle morale prolétarienne », mais bien une anti-morale, la négation en acte de toute morale de classe) d’une décadence superstructurelle reflétant (en parfait matérialiste vulgaire qu’ils sont) la décadence des rapports de production. « L’idéologie se décompose, les anciennes valeurs morales s’écroulent, la création artistique stagne ou prend des formes contestataires, l’obscurantisme et le pessimisme philosophique se développent ». La question à cinq francs est bien qui est l’auteur de ce passage, Raymond Aron? Le Pen? ou Monseigneur Lefebvre…? eh bien non, il s’agit de la brochure du CCI: « La décadence du capitalisme » Pg. 34! Le même discours moralisateur correspond donc à la même vision évolutionniste et ce dans la bouche de tous les curés de gauche, de droite ou « d’ultra-gauche ». Comme si l’idéologie dominante se décomposait, comme si les valeurs morales essentielles de la bourgeoisie s’écroulaient! Dans la réalité, l’on assiste plutôt à un mouvement de décomposition/recomposition chaque fois plus important: à la fois de vieilles formes de l’idéologie dominante se trouvent disqualifiées et donnent naissance à chaque fois à de nouvelles recompositions idéologiques dont le contenu, l’essence bourgeoise, reste invariablement identique. C’est ce que nous constatons dans la réémergence en force et au niveau mondial des idéologies (et de ceux qui dans la réalité les appliquent) religieuses: de la « renaissance de l’Islam » aux voyages du représentant de commerce Jean-Paul II, au développement multiple des sectes, au renouveau des religions orientales… matérialisant le double mouvement de décomposition et de recomposition de l’unité multiforme des structures idéologiques de l’Etat bourgeois mondial. De la même manière, si l’anti-fascisme fait un peu moins recette qu’avant la seconde guerre mondiale, nous assistons à la recomposition en force des mythes démocratiques et humanistes (5) (concrétisés matériellement par le retour de nombreux pays, anciennes « dictatures fachoïdes », au « libre jeux des droits et libertés démocratiques », Grèce, Espagne, Portugal, Argentine, Brésil, Pérou, Bolivie… ), de la défense des droits de l’homme (bourgeois) aux campagnes puantes de « touche pas à mon pote », des campagnes « anti-terroristes » à celles pour l’Ethiopie… il s’agit à chaque fois de campagnes préparant idéologiquement et pratiquement la tendance bourgeoise à une nouvelle boucherie mondiale, et ce par le maintien terroriste et totalitaire de la paix sociale qu’elles représentent et renforcent. L’idéologie dominante constitue une totalité (avec ses multiples et diverses expressions phénoménologiques) qui exprime la force relative de la classe qui la sous-tend. En ce sens, les idéologies – forces matérielles – sont des éléments actifs au sein de la lutte de classe, sont des armes qu’affûte la bourgeoisie dans son combat anti-prolétarien. Il ne peut donc être question de les considérer comme de simples « idées » planant dans la « sphère superstructurelle »; au contraire, la bourgeoisie, même avec sa vision limitée (limite du point de vue de son être social de classe), a tiré énormément de leçons du passé et a renforcé, affiné en conséquence l’utilisation de ses armes idéologiques. Au renforcement de la violence cinétique (terreur ouverte) correspond le renforcement complémentaire du développement de la violence potentielle (« idéologique ») qui, toutes deux, dominent de plus en plus intégralement, depuis sa naissance jusqu’à sa mort, le citoyen atomisé, l’individu bourgeois, libre, égal, électeur et supporter d’une équipe de foot…
    Les visions décadentistes, dans leur essence méthodologique bourgeoise, négation de la dialectique matérialiste, culte du Progrès, de l’Evolution, de la Civilisation, de la Science, de la Morale… sont donc des conceptions étrangères au point de vue communiste et sont donc directement des entraves à la compréhension et à la pratique invariante du prolétariat luttant pour la défense de ses intérêts historiques. Hier, aujourd’hui, demain, les communistes défendent (et se caractérisent) par la défense de l’invariance du programme révolutionnaire: révolution sociale mondiale, dictature du prolétariat pour l’abolition du salariat, communauté humaine mondiale.
    « Nous n’avons pas d’idéaux en commun, ni ne sommes issus d’un tronc commun de civilisation. Nous avons clairement dit « qu’on ne peut pas » s’appuyer sur votre revendication libérale, comme levier de la revendication sociale et économique. Ce n’est pas que le libéralisme s’arrête à mi-chemin, et que nous dussions continuer seuls: le libéralisme se trouve sur le chemin qui va contre notre but social et ce, dès le premier instant. »
    (A. Bordiga: Communisme et connaissance humaine)

    Répondre
    • avatar
      24 janvier 2019 à 3 03 33 01331
      Permalink

      Cher Gérard

      1) Je crois qu’il aurait été préférable que tu fasses de ce texte UNE PUBLICATION EN SOIT plutot qu’un commentaire d’un précédent article – car ce texte cohérent et solide mérite une analyse approfondie et un débat à sa mesure.

      2) Donne-moi la source d e ce texte et nous le publierons pour discussions

      3) J’amorce tout de même le débat avec COMME À MON HABITUDE UN EXTRAIT DU TEXTE À DÉBATTRE QUE VOICI : « puisque l’effondrement de la société est « automatique », inhérente même au processus naturaliste du « vieillissement » des sociétés. Il ne reste donc à la classe révolutionnaire qu’à attendre pacifiquement (comme les bourgeois attendent l’héritage de leur parents) la conclusion mortelle de ce vieillissement. »

      4) DANS CE COURT EXTRAIT L’AUTEUR confond « effondrement du mode de production » et « effondrement de la société » deux concepts très différent = Puis partant de cette CONFUSION – AMALGAME – il en conclut benoîtement que les prolétaires n’ont plus rien à faire qu’à attendre pacifiquement l’effondrement.
      D’un sophisme à un autre dirions-nous
      5) Le texte de Nuevo Curso est pourtant explicite camarade et je conseil de toujours s’en tenir au texte que tu souhaites critiquer pour faire avancer le débat. Nuevo Curso explique bien que c’est le bon fonctionnement même du mode de production dans ses finalités qui l’amène à ne plus remplir sa fonction qui N’EST PAS DE PRODUIRE DE LA PLUS VALUE OU DU PROFIT – cela étant l’appat – la carotte – qui fait avancer le cheval – mais d’accroitre la production pour sociale globale et de la rendre disponible à la société.

      6) Nuevo Curso dit bien que les conditions objectives (mode de production) et subjectives sont requises sans quoi l’insurrection populaire ne se transformera pas par magie = automatiquement = en révolution sociale prolétarienne. Notre position est donc comme ceci : OUI l’infrastructure du mode de production ira déclinant du fait même de son fonctionnement contradictoire = plus il est productif moins il parvient à valoriser puis écouler la marchandise capital, pourtant toujours moins couteuse à acquérir. Mais la superstructure sociale reposant sur cette infrastructure de production viendra à la rescousse pour lancer des guerres concurrentielles par exemple afin de prolonger la vie du système en décadence = quitte à tenter des réformes (exemple les accords de Bretton Woods en 1944) du système de production et de sa superstructure afin d’en prolonger la vie

      7) C’est ici qu’il faudra la conscience de la classe aliénée (contradiction en effet = une classe aliénée qui devra se désaliéner idéologiquement afin de se désaliéner physiquement – économiquement – politiquement) sans cela le système global se perpétuera pour un temps encore jusqu’a sa prochaine grande crise où tous le processus devra à recommencer … et je le crois :Il recommencera jusqu’à ce que la classe se décide à l’empêcher de renaître de ses cendres = il n’y a aucun atavisme dans notre proposition camarade.

      8) Pour conclure ce texte, du CGI dis-tu, se crée une mystique puis y répond pour son autosatisfaction.

      9) Je te propose une autre approche : PARTANT DU TEXTE DE NUEVO CURSON POURQUOI NE LE CRITIQUERAIS-TU PAS DIRECTEMENT PHRASE PAR PHRASE SI REQUIS.

      Merci beaucoup pour ton commentaire

      Répondre
  • avatar
    1 février 2019 à 8 08 25 02252
    Permalink

    Bonjour à tous… Voici les réponses aux questions de l’introduction: NON, NON, OUI et NON!

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *