CRITIQUE DE L’ANALYSE COMMUNISTE DES CLASSES SOCIALES

bibeau.robert@videotron.ca            Éditeur    http://www.les7duquebec.com

2013-01-08lutte-classe-sociopro

 

Dans les années soixante-dix et quatre-vingt du vingtième siècle, la gauche petite-bourgeoise s’est répandue à travers le monde, en Occident particulièrement. À l’appel du Grand Timonier (sic), nombre de partis marxistes-léninistes « feux follets » sont apparus, telles des étoiles filantes au firmament troublé du monde capitaliste bouleversé, puis se sont étiolés tels des éphémères au déclin de leur destin. Tout ceci serait triste et pathétique si ces organisations bourgeoises n’avaient laissé des artéfacts de leur passage que d’aucuns se complaisent à exhumer pour les remettre sur le marché de l’agitation sociale populiste. Le collectif du webmagazine Les7duquebec.com a reçu un tel fossile imprimé et nous avons pris la peine de l’étudier afin de comprendre les motifs de l’anecdotique existence de ces sectes marxistes-léninistes. Le lecteur trouvera ci-dessous le chapitre trois du Programme et des statuts du Parti Communiste Ouvrier (Marxiste-Léniniste) du Canada tel que publié en 1979. Nous avons émaillé le texte de nos critiques et de nos commentaires (en lettres italiques, mises entre parenthèse, et signées de notre adresse web. Les caractères gras sont de nous). Le lecteur attentif comprendra pourquoi ces organisations petites-bourgeoises n’ont jamais constitué une alternative pour le prolétariat révolutionnaire canadien, ni international.  http://www.les7duquebec.com


Source : 20161122- Parti Communiste Ouvrier du Canada. Programme et statuts – Chapitre 3-classes.docx   diffusé par Reconstruction communiste Canada – Courriel : pueblo@sympatico.ca – Tél. : (514) 737-7817.   Ce texte est diffusé par les Cercles d’études marxistes-léninistes.


 

Chapitre 3 – Les classes sociales dans la société canadienne

Programme et statuts – Parti Communiste Ouvrier (marxiste-léniniste)

Montréal (Qc) Canada, septembre 1979


 

Afin de bâtir un puissant mouvement révolutionnaire qui mettra fin au capitalisme, la classe ouvrière doit déterminer qui sont ses amis et qui sont ses ennemis dans la lutte pour le socialisme.  Une analyse de classe dans ses grandes lignes est un outil important pour répondre à cette question cruciale. S’il comprend bien les rapports de classe au Canada, le prolétariat pourra concrètement choisir comme cible ses principaux ennemis et gagner tous les alliés possibles à sa cause.  Ainsi, en regroupant tous ceux qui ont un intérêt à combattre la bourgeoisie, la classe ouvrière pourra concentrer la plus grande force possible, la grande majorité du peuple, contre la petite clique de profiteurs qui domine notre pays.  La bourgeoisie, et les révisionnistes et opportunistes, ne cessent de déformer la réalité des classes au Canada afin de saper le mouvement révolutionnaire et l’entrainer dans un cul-de-sac.  La bourgeoisie voudrait nous faire croire qu’il n’y a, dans notre pays, qu’une poignée de dépourvus et que ceux-ci sont responsables de leur propre sort.  Elle prétend par exemple que la majorité des gens se situeraient dans une soi-disant classe moyenne, indépendamment de leurs rapports aux moyens de production, une « classe » qui n’aurait pas intérêt à combattre le système capitaliste, bien sûr.

 

Plusieurs sociologues bourgeois, révisionnistes ou opportunistes, propagent de multiples thèses sur les soi-disant classes modernes.  D’après certains d’entre eux, la classe ouvrière serait de moins en moins nombreuse et n’aurait donc pas la force de mener la révolution. D’autres veulent nous faire croire que les professionnels, les techniciens, les ingénieurs, les intellectuels et autres groupes petits-bourgeois font partie de la classe ouvrière.  L’objectif de ces déformations antimarxistes est de liquider le rôle dirigeant de la classe ouvrière, la seule classe révolutionnaire conséquente, et ainsi de la détourner de sa mission historique qui est de renverser le capitalisme.

 

(La mission stratégique de la classe prolétarienne n’est pas de renverser le capitalisme. C’est de construire le mode de production communiste (non pas le mode de production socialiste –, mais le mode de production communiste) pouvant éventuellement requérir le renversement tactique du mode de production capitaliste si celui-ci ne s’effondre pas de lui-même. La construction d’un puissant mouvement révolutionnaire prolétarien sera un phénomène spontané émergent de l’énorme frustration de la classe prolétarienne révoltée suite à d’immenses souffrances, conséquente à l’évidente faillite du mode de production capitaliste à assurer la reproduction de l’espèce humaine. L’agitation futile de la petite bourgeoisie communiste du Canada (leur pays, écrivent-ils) ne peut en aucun cas générer un puissant mouvement révolutionnaire prolétarien comme l’histoire de toutes les sectes sociales démocrates, socialistes, communistes, anarchistes, trotskistes, marxistes-léninistes, maoïstes, écosocialistes, altermondialistes, etc. l’a démontré depuis plus d’un siècle. Ndlr. http://www.les7duquebec.com)

 

 

Le parti de la classe ouvrière doit armer celle-ci d’une analyse juste des classes de son pays, s’il veut la guider à la victoire. V.I. Lénine nous donne la définition de base des classes : «On appelle classes de vastes groupes d’hommes qui se distinguent par la place qu’ils occupent dans un système historiquement défini de production sociale, par leur rapport (la

plupart du temps fixé et consacré par les lois) vis-à-vis des moyens de production, par leur rôle dans l’organisation sociale du travail, donc, par les modes d’obtention et d’importance de la part des richesses sociales dont ils disposent.» (Œuvres, Tome 29)  

 

 

(Lénine falsifie ici la définition matérialiste dialectique des classes sociales. La part des richesses sociales dont disposent une classe sociale ou un individu d’une classe sociale n’est pas un facteur d’adhésion à cette classe, mais la résultante de cette appartenance. De cette falsification naitra le concept de « classe moyenne » classe imaginaire qui serait moyennement riche – à revenus moyens – moyennement exploité et moyennement aliéné (sic) diront les sociologues américains, oubliant qu’en phase de croissance impérialiste le mode de production laisse tomber davantage de miettes de la table des riches. L’on sait depuis l’intensification de la crise systémique du capitalisme que le « revenu moyen » peut fondre comme neige au soleil de l’inflation capitaliste entrainant la paupérisation de cette classe « moyenne », mais pas nécessairement sa prolétarisation – nombre de petits bourgeois plongeant dans les basfonds du lumpenprolétariat criminel et du gangstérisme. Enfin, contrairement à ce que prétend Lénine, il est faux de suggérer que le prolétariat ait un « rôle dans l’organisation sociale du travail ». Le prolétariat ne possède que sa force de travail à vendre et il ne possède aucun pouvoir pour orienter « l’organisation du travail » qui lui échappe totalement. Pour nous révolutionnaire prolétarien, la classe prolétarienne ne contrôle aucune organisation sociale (même pas les syndicats bourgeois), et ne possède que sa force de travail qu’elle ne peut que vendre socialement (aliéner) pour assurer sa reproduction élargie. Appartient à la classe prolétarienne le travailleur qui par sa force de travail produit du surtravail exproprié, source de plus-value. Le prolétariat n’est pas « moyennement » exploité ou aliéné (sic)  Ndlr  http://www.les7duquebec.com)   

 

 

Il y a deux classes fondamentales dans la société canadienne, la bourgeoisie et le prolétariat.  La bourgeoisie détient le pouvoir d’État et elle constitue notre ennemi principal.  Le prolétariat est la force principale et dirigeante dans la lutte révolutionnaire.

 

(Il est vrai que la bourgeoisie détient le pouvoir d’État et contrôle l’appareil de gouvernance sociale et politique, mais ceci est une conséquence de cela. Une conséquence du fait que la classe capitaliste détient la propriété des moyens de production, d’échanges et de communication – y compris de la force de travail qu’elle s’approprie contre salaire – voilà l’assise économique et sociale du contrôle politique du pouvoir étatique bourgeois. Cette juste présentation des rapports matérialistes dialectiques entre pouvoirs économiques fondement du pouvoir politique subordonné entraine que la classe prolétarienne ne doit pas d’abord s’attaquer au pouvoir étatique bourgeois, mais à son pouvoir économique. Par la grève, la classe prolétarienne doit tactiquement détruire le pouvoir et la richesse des riches et ensuite tactiquement leur confisquer le pouvoir politique, militaire, diplomatique, juridique, etc. afin d’accomplir sa mission stratégique, construire le mode de production communiste sur les reliquats du capitalisme.  Ndlr. http://www.les7duquebec.com )

 

Entre les deux se trouve la petite bourgeoisie.  C’est une classe complexe et variée.  Sa couche inférieure ainsi que des éléments de ses couches moyennes et supérieures peuvent être gagnés à la lutte pour le socialisme.

 

(Nous ferons ici un commentaire général qui concerne l’ensemble de ce programme électoral petit-bourgeois. Le matérialisme dialectique du prolétariat révolutionnaire ne repose pas sur le prêchiprêcha d’une secte éclectique qui se serait donné pour mission de « convaincre » et « d’évangéliser » les païens non croyants des bienfaits de la révolution prolétarienne (vous aurez noté que nous n’écrivons pas la « révolution socialiste ni la révolution communiste »), car la révolution sera prolétarienne du nom de la classe qui l’accomplira et le mode de production qui s’ensuivra sera communiste du nom du système social qui le chapeautera. Les révolutionnaires prolétariens ne peuvent « gagner » ni la classe ouvrière ni certains éléments de la petite bourgeoisie parasitaire à la révolution. Cette révolte et ce soulèvement de classe seront spontanés comme résultante de l’immense misère qui leur sera imposée – patientez, vous n’avez encore rien vu des souffrances de notre classe camarades – ce n’est qu’au moment de ces soulèvements populaires spontanés que se posera la question de la direction et de l’orientation de la révolution. Pas avant. Il sera alors crucial que la classe prolétarienne se soit totalement affranchie des influences néfastes des idées petites-bourgeoises, idéalistes, réactionnaires, nationalistes et réformistes de tout acabit, et de toutes les organisations de la gauche sectaire, dogmatique et opportuniste qui assombrissent le paysage révolutionnaire prolétarien. Fort heureusement, le Parti Communiste Ouvrier s’est désintégré ce qui en fait un de moins à contrer. C’est la raison pour laquelle notre slogan pour toute la période prérévolutionnaire est le suivant : Camarade, garde-nous de cette pseudo « avant-garde » de gauche, nos ennemis de classe on s’en charge. Ndlr. http://www.les7duquebec.com)

 

 

La bourgeoisie

 

La bourgeoisie canadienne est la classe dominante de notre pays.  C’est notre ennemi principal dans la lutte pour le socialisme.  La bourgeoisie est la classe des capitalistes qui possède et contrôle les moyens de production et vit des profits, de la plus-value qu’elle extorque à la classe ouvrière.  La bourgeoisie canadienne est une bourgeoisie impérialiste. En plus des propriétaires d’industries, de mines, etc., la bourgeoisie comprend : les capitalistes qui possèdent et contrôlent les systèmes de transport, les banques, les compagnies d’assurances et autres institutions financières, les biens immobiliers commerciaux, les grandes fermes capitalistes; les gérants à la tête des grandes compagnies et les plus hauts politiciens bourgeois, fonctionnaires de l’État et les officiers supérieurs des forces armées. Cette petite poignée d’exploiteurs ne forme que 2 ou 3% de la population de notre pays, mais c’est elle qui contrôle toutes ses richesses.

 

(Une bourgeoisie n’est pas impérialiste. Dans son évolution normale, tout mode de production en arrive à une phase d’évolution où il cherche à s’étendre à toutes les sociétés connues et accessibles. À détruire et à absorber les anciens moyens de production et les rapports de production antérieures. Le mode de production capitaliste en est rendu dans son évolution normale à cette phase impérialiste où il tente de soumettre toutes les espaces et les sociétés restantes – encore sous mode de production semi-féodale comme au Népal, en Afghanistan, en Papouasie, en Amazonie, et dans certaines régions reculées d’Afrique (la conversion de la Chine et de l’Inde étant avancées) – à son mode d’exploitation et de production de la plus-value. Les idéalistes du PCO pensaient qu’une classe sociale détermine un mode de production alors que le matérialisme dialectique prolétarien nous enseigne que c’est le mode de production qui détermine les rapports de production et les classes sociales antagonistes qui l’habitent. Ainsi, il faut plutôt écrire que le Canada est régit par le mode de production capitaliste à sa phase impérialiste d’évolution économique ce qui signifie que la classe capitaliste canadienne est entièrement intégrée à l’écheveau complexe des interrelations financières multilatérales, de cooptation et d’imbrication du capital international. Voilà les caractéristiques des rapports de production impérialistes assujettis aux forces productives capitalistes. Depuis Lénine, Boukharine et les bolchéviques, la gauche bourgeoise définie l’impérialisme comme une politique agressive et volontariste – d’expansionnisme économique – et guerriers de grands États bourgeois agressifs ayant résolus de dominer le monde, alors que la réalité est plutôt que l’impérialisme est d’abord un état d’évolution économique contraignant une politique expansionniste comme solution désespérée à la baisse tendancielle et inexorable du taux de profit, d’où l’impossibilité de valoriser (reproduire) le capital et dégénérescence du système conomique. En d’autres termes l’impérialisme est la matérialisation de la démarche d’obsolescence du mode de production capitaliste moribond qui ne parvient plus à remplir sa mission historique d’assurer la reproduction de l’espèce humaine ce pour quoi il faut l’éradiquer pour construire un nouveau mode de production planifié, cohérent et efficient (2). Ndlr. http://www.les7duquebec.com )

 

 

Le programme du PCO poursuit : la bourgeoisie ne forme qu’une seule classe, mais elle peut être divisée en deux fractions principales, la bourgeoisie monopoliste et la bourgeoisie non monopoliste ou moyenne bourgeoisie. La bourgeoisie monopoliste, qui s’est développée en même temps que le capitalisme monopoliste, est le noyau dominant et dirigeant de la bourgeoisie.  C’est la petite poignée de capitalistes financiers contrôlant les grandes banques, les institutions financières et les compagnies monopolistes qui domine la vie économique du Canada. Paul Desmarais de Power Corporation, Jean De Grandpré de Bell Canada, Peter Gordon, président de Stelco, Alfred Powis de Noranda, Conrad Black d’Argus, les Bronfman, les Weston, ces hommes sont tous des représentants typiques de la bourgeoisie monopoliste.  En tout, la bourgeoisie monopoliste constitue moins d’un quart de 1% de la population au Canada.  La moyenne bourgeoisie est formée des plus petits capitalistes.  On les retrouve souvent dans les secteurs le plus arriérés de la production et ils sont fréquemment associés à des intérêts régionaux.  Ils sont concentrés dans la petite industrie manufacturière, le commerce au détail de même que la petite spéculation financière. Très souvent, elle essaie d’arracher encore plus aux travailleurs afin de concurrencer les gros monopoles.  Ces dernières années, les travailleurs canadiens ont mené d’âpres luttes pour défendre leur droit à la syndicalisation contre ces capitalistes, comme à Fleck en Ontario ou à Commonwealth Plywood au Québec.

 

Pour chaque capitaliste monopoliste, il y a des dizaines de plus petits capitalistes.  Chaque année, particulièrement en temps de crise, plusieurs petits capitalistes sont ruinés à cause de la concurrence, tandis que les monopoles continuent leur poussée pour concentrer et centraliser le capital. II y a plusieurs contradictions au sein de la bourgeoisie canadienne : il y a des contradictions entre les fractions monopoliste et non monopoliste et entre les différents groupes monopolistes eux-mêmes.  Certains capitalistes canadiens, comme les principaux gestionnaires des monopoles américains au Canada, servent d’agents de l’impérialisme américain et d’autres sont étroitement liés aux intérêts américains. D’autre part, certains éléments de la bourgeoisie canadienne adoptent une position plus indépendante vis-à-vis l’impérialisme américain tandis qu’un nombre a adopté une position fortement nationaliste. La contradiction la plus aigüe au sein de la bourgeoisie aujourd’hui se situe entre la bourgeoisie monopoliste et la bourgeoisie nationaliste québécoise.  Mais malgré leurs différends, les capitalistes sont unis dans leur soif de profits, leur volonté d’exploiter la classe ouvrière, leur peur et leur haine de la révolution socialiste.

 

(Toujours le même dogmatisme infantile, puéril, caractéristique des organisations monistes de types communistes et gauchistes, présentant la classe capitaliste comme une bande de brigands, des mécréants, bêtement « assoiffés de sang et d’argent », des méchants poursuivant le mal pour le plaisir d’être malveillants – réunie dans leur haine du « socialisme », pourtant devenu tellement insignifiant depuis l’effondrement du camp socialiste (ce camp socialiste qui ne fut jamais un camp prolétarien révolutionnaire en voie d’édification du mode de production communiste, sinon via la construction du social-capitalisme d’État). Le matérialisme dialectique prolétarien nous enseigne que la classe capitaliste accomplit sa mission historique en cherchant à valoriser son capital. Les lois de l’économie-politique capitaliste sont inexorables et le capitaliste qui n’accomplit pas cette mission impérative et laisse son capital improductif – en jachère bancaire – disparait ou est absorbé par ses concurrents. Il n’y a jamais d’unité à long terme entre les capitalistes, tous soumis aux lois du marché et de la concurrence qui ne fait que s’exacerber sous la phase impérialiste du capitalisme des monopoles. Le matérialisme dialectique prolétarien nous enseigne que ce n’est pas la félonie des capitalistes qui entrainera leur perte, mais le fait que le mode de production capitaliste empêtrée dans ses contradictions insolubles ne trouvera pour seul remède que d’accroitre l’oppression et l’exploitation de la classe prolétarienne au-delà de ce qu’elle pourra endurer, la forçant à disparaitre ou à se révolter pour survivre en tant que classe sociale, puis à ériger un nouveau mode de production social – communiste – pour assurer la reproduction élargie de l’humanité. Alors curés, abbés, mollahs, imams et rabbins communistes et gauchistes repente-vous, la révolution prolétarienne viendra à son heure quand le grand cirque économique capitaliste aura fait son dernier tour de piste rocambolesque et s’effondrera alors le prolétariat saura-t-il s’affranchir de vos jérémiades électoralistes et réformistes ? Ndlr. http://www.les7duquebec.com )

 

 

Le prolétariat

 

La classe ouvrière est la classe révolutionnaire la plus conséquente au sein de la société canadienne.  C’est la force principale et dirigeante dans la lutte pour le socialisme. La classe ouvrière est la classe la plus nombreuse au Canada et constitue les deux tiers de la population du pays.  C’est du labeur de ces millions de travailleurs que les capitalistes se sont engraissés. Les ouvriers ne possèdent aucun des moyens de production et ils sont forcés de vendre leur force de travail aux capitalistes pour survivre.  Les ouvriers reçoivent un salaire qui correspond en gros à la valeur de la force de travail.  Leur travail en surplus accroit ou aide à accroitre le capital.  La classe ouvrière n’a aucun rôle de direction dans la division du travail et elle est sujette à la discipline rigide de la production capitaliste (passons sur cette description approximative. Ndlr).

 

Avec le développement du capitalisme et de l’impérialisme, la classe ouvrière n’a pas cessé de grandir et elle est devenue plus complexe.  Aujourd’hui, le prolétariat comprend différents groupes de travailleurs.  II y a les ouvriers industriels dans les mines, les usines, les chemins de fer et ainsi de suite (par exemple un mineur d’Inco à Sudbury ou un ouvrier d’une ligne d’assemblage de GM à Oshawa); il y a les travailleurs de commerce comprenant les employés des entreprises financières et commerciales (un vendeur d’Eaton, un commis de la Banque de Montréal), les travailleurs des services dans les services de l’État et du secteur privé (comme une aide-malade dans un hôpital) et finalement les travailleurs agricoles sur les fermes (un travailleur agricole des Prairies).

 

 

(L’exposé ci-haut présente le capitalisme et l’impérialisme comme deux modes de production différents signifiant ainsi l’adhésion de ce parti à la thèse bolchévique de l’impérialisme; à contrario de Lénine, il admet que la classe ouvrière n’a aucun rôle de décision dans la division sociale du travail, ce que nous avions souligné précédemment ; et il confond classe ouvrière et classe prolétarienne. Ainsi, les ouvriers agricoles – producteurs de plus-value – font intégralement partie de la classe ouvrière, fer de lance révolutionnaire de la classe prolétarienne dans son ensemble. Ndlr. http://www.les7duquebec.com)

 

 

Des divers types de travailleurs, c’est le prolétariat industriel qui est le plus déterminé et résolu dans la lutte révolutionnaire. Les travailleurs industriels produisent les richesses de la société.  Ce sont eux qui vivent le plus directement l’exploitation capitaliste. C’est leur travail qui fait tourner la roue de l’industrie moderne. Concentrés dans les secteurs de pointe de la grande industrie, ils sont les travailleurs les plus disciplinés, les plus expérimentés et les mieux organisés (sic). Ils se sont toujours tenus à la tête de l’armée de la classe ouvrière dans la lutte contre les capitalistes, par exemple, durant les luttes pour la syndicalisation des années 30 ou pendant les luttes contre le gel des salaires au milieu des années 70. Il y a environ deux millions et quart d’ouvriers industriels au Canada, d’après les statistiques de 1971*.  Familles incluses, le prolétariat industriel englobe près de 30% de la population**. Dans les rangs de la classe ouvrière, nous devons inclure également la vaste majorité des chômeurs, des assistés sociaux, de même que ceux qui ne peuvent pas travailler à cause d’accidents ou de maladies.  Ils forment une énorme armée de réserve d’où les capitalistes peuvent tirer une force de travail en période d’expansion économique.  Les patrons se servent aussi de cette réserve pour faire baisser les salaires et les conditions de vie de tout le prolétariat en temps de crise. Le prolétariat canadien est un prolétariat multinational de travailleurs de plusieurs nationalités de même que de travailleurs immigrants. Pourtant, malgré les nombreuses différences qui peuvent exister entre les travailleurs – entre les diverses catégories de travailleurs, entre ceux qui travaillent et ceux qui sont sans emploi, entre hommes et femmes, et entre travailleurs des différentes nationalités – tous ont le même intérêt fondamental à renverser le système capitaliste. En forgeant l’unité la plus grande possible dans ses rangs, le prolétariat peut réussir à se libérer.  À la longue, la petite minorité d’exploiteurs ne pourra faire face à la puissance organisée de la classe ouvrière dirigée par son parti communiste.

 

Mais pour faire la révolution, le prolétariat doit gagner à sa cause d’autres forces.

 

La petite bourgeoisie

 

Entre la bourgeoisie et le prolétariat, on retrouve une classe importante et variée, la petite bourgeoisie.  Quelques-uns de ses membres possèdent de petits moyens de production, d’autres sont des professionnels : ils remplissent des emplois qui exigent une instruction plus élevée ou participent à l’administration ou à la direction de la production capitaliste. Les petits-bourgeois ne vivent pas principalement en exploitant le travail des autres, mais ils ne font pas non plus partie de la classe ouvrière. La petite bourgeoisie est une classe extrêmement diversifiée.  C’est une classe instable, constamment en changement.  Plusieurs petits-bourgeois sont en train de se prolétariser, alors qu’ils sont forcés de grossir les rangs de la classe ouvrière.  Un petit nombre réussit à s’élever jusqu’à la bourgeoisie.  La mentalité de petit propriétaire et un esprit corporatiste étroit caractérisent la petite bourgeoisie.

 

Prise comme un tout, cette classe – contrairement au prolétariat – n’est pas une force révolutionnaire conséquente. Un fermier indépendant, un artisan ou petit commerçant, un scientifique, un enseignant ou un médecin, un contremaitre ou administrateur d’un échelon inférieur, tous font partie de la petite bourgeoisie.  Au total, cette classe englobe près du tiers de la population du Canada. Selon la façon dont ils gagnent leur vie, ils sont soit des petits propriétaires, des professionnels ou des employés petits-bourgeois. Ce qui est le plus important pour la classe ouvrière, c’est de pouvoir, en tenant compte des différentes conditions de vie et de travail de la petite bourgeoisie, diviser cette classe en plusieurs couches qui joueront chacune un rôle différent dans la lutte pour le socialisme.

 

La couche inférieure de la petite bourgeoisie est formée de ceux qui vivent et travaillent dans des conditions proches de celles du prolétariat.  Les petits fermiers, les pêcheurs, les commerçants de même que les petits employés font partie de cette couche. Cette section de la petite bourgeoisie souffre sous le système capitaliste.  Les petits propriétaires sont écrasés sans pitié par les monopoles.  Chaque année, des centaines de petits fermiers, pêcheurs ou petits commerçants sont ruinés, tandis que d’autres sont forcés de prendre un deuxième emploi pour survivre.  Par exemple, entre I951 et 1971, sur une période de vingt ans seulement, le nombre de fermes au Canada est passé de 623 000 à 366 000, soit une chute de plus de 40%.  Souvent, le niveau de vie des petits propriétaires est plus bas que celui du prolétariat. Les employés petits-bourgeois font face à une vie de plus en plus dure.  Ils sont touchés par l’inflation, les bas salaires, la détérioration des conditions de vie et de travail et les autres effets de la crise au même titre que la classe ouvrière.

 

La couche inférieure de la petite bourgeoisie n’a pas intérêt à maintenir le système capitaliste.  Elle peut devenir une ferme alliée du prolétariat dans la lutte pour le socialisme.

 

La couche moyenne de la petite bourgeoisie jouit de bien meilleures conditions de vie et de travail.  Ceux qui en font partie possèdent habituellement plus de propriétés, sont plus instruits ou encore, jouent un rôle de direction de la production capitaliste.  Cette couche varie des fermiers à l’aise aux cadres inférieurs du gouvernement et des compagnies. Malgré son niveau de vie plus élevé, une bonne partie de la couche moyenne peut être ralliée à la cause du socialisme.  D’autres éléments peuvent être neutralisés. La couche supérieure possède une partie beaucoup plus considérable de la richesse et tire des privilèges certains du système capitaliste.  Plusieurs professionnels, comme les médecins, les avocats, les fermiers riches tout comme les cadres moyens du gouvernement ou des compagnies font partie de cette couche.

 

Cette couche supérieure possède les liens les plus étroits avec la bourgeoisie.  Elle a le plus de chances d’accéder à la bourgeoisie.  Plusieurs personnes de la petite bourgeoisie supérieure sont de fidèles défenseurs des capitalistes.  Certains de la couche supérieure peuvent être gagnés au socialisme, d’autres peuvent être neutralisés, tandis que certains vont s’opposer directement à la révolution socialiste. Avec le développement du capitalisme, le système a un besoin croissant de personnes impliquées dans le travail intellectuel.  L’intelligentsia est composée de personnes qui accomplissent un travail intellectuel.  On y retrouve des gens e différentes classes.  Les enseignants, les scientifiques, les écrivains, et autres font tous partie de l’intelligentsia.  Certains intellectuels, comme les auteurs à succès, font partie de la bourgeoisie.  Mais la grande majorité appartient aux diverses couches de la petite bourgeoisie. Les intellectuels peuvent servir soit le prolétariat, soit la bourgeoisie.  Ils peuvent défendre ou bien le progrès ou bien la réaction.  Tandis que certains vont devenir les fervents défenseurs de la bourgeoisie, plusieurs pourront être gagnés à la cause du prolétariat.

 

 

(Quel charabia indigeste, quelle comptabilité de « preachers » de sectes religieuses présentant une étude de marché des éventuelles clientèles à se partager sur le marché du militantisme petit-bourgeois. Tout est décrit et imaginé en fonction de « gagner-évangéliser » tel ou tel segment de la petite bourgeoisie (près du tiers de la population canadienne révèle ce plan d’affaires). D’où vient cette virtuosité des organisations petites-bourgeoises communistes et gauchistes à décortiquer le magma des segments de petits-bourgeois – leur « clientèle » privilégiée – afin de laisser croire que telle ou telle composante pourrait, disent-ils « être gagnés à la cause du prolétariat et du socialisme » ? Ces divagations petites bourgeoises proviennent de l’époque des révolutions socialistes de 1917 à 1980 environ, de l’époque des luttes de pseudo « libération nationale » pour le droit à l’autodétermination des peuples (notez que de socialisme et de prolétaires le Programme et ses statuts sont passés à la libération nationale par le « peuple », un amalgame de classes comprenant petite, moyenne et grande bourgeoisie patriotique). Étant donné que toute et chacune des révolutions sociales victorieuses qui se sont produites depuis 1917 souffrait énormément d’une insuffisance criante de prolétaires, tout un chacun de ces révolutions sociales se sont transformées en révolution démocratique bourgeoise s’appuyant fortement sur la paysannerie très nombreuse et sur la bourgeoisie commerçante, sur la petite bourgeoisie émergente et ultimement, là où les conditions le permettaient, sur un petit prolétariat vagissant (Russie, Chine, Vietnam, Cuba, Burkina Faso, Éthiopie, Angola, Mozambique, Corée (?), etc.) Faut-il redire que sans un prolétariat massif, nombreux, expérimenté, fortement développé, paupérisé, à la conscience de classe hautement développée, il n’y a aucune révolution prolétarienne imaginable ? Constatant ce fait indubitable, les différents chefs socialistes et communistes ont développé une problématique alambiquée de « recrutement » des différents segments de la petite bourgeoisie à la « cause » révolutionnaire bourgeoise. Quant à nous révolutionnaire prolétarien nous pensons effectivement que : « La mentalité de petit propriétaire et un esprit corporatiste étroit caractérisent la petite bourgeoisie. Prise comme un tout, cette classe – contrairement au prolétariat – n’est pas une force révolutionnaire conséquente. » Pire, à l’étape actuelle, préparatoire à l’insurrection populaire qui précèdera la phase franchement révolutionnaire prolétarienne, la petite bourgeoisie est le pire ennemi du prolétariat dont il faut totalement éradiquer l’influence réformiste néfaste, parmi la classe ouvrière d’abord, puis parmi l’ensemble du prolétariat ensuite. La petite bourgeoisie est réformiste par nature, par essence, ceci lui vient de sa situation sociale en tant que classe sociale parasitaire – non productrice de plus-value. Seules la paupérisation et la prolétarisation de la petite bourgeoisie – présentement en cours dans le monde occidental industrialisé – assureront sa rémission et son intégration en tant que force prolétarienne révolutionnaire à part entière. Cette intégration ne sera pas le résultat du prêchiprêcha des petits bourgeois des sectes communistes, mais celui d’un processus économicosocial inéluctable trouvant sa source dans la crise économique systémique du capitalisme. Aucun compromis avec la petite bourgeoisie, aucune alliance avec la bourgeoisie qui en aucun cas ne peuvent devenir des amis du mode de production communiste. NDLR http://www.les7duquebec.com (3).    

 

 

Les autres couches

 

À part les trois classes, la bourgeoisie, le prolétariat et la bourgeoisie, il y a, dans la société canadienne, un certain nombre d’autres couches importantes qui se situent à la frontière des principales classes. Entre le prolétariat et la petite bourgeoisie, il y a le semi-prolétariat.  Au Canada, cette couche est infime.  Elle est composée de ceux qui sont moitié ouvrier, moitié petit producteur, généralement en voie de prolétarisation ou entrainés dans la classe ouvrière.  Les petits fermiers et les petits pêcheurs qui sont forcés de travailler en tant qu’ouvriers pendant une partie de l’année font partie de cette couche.

 

Avec le développement de l’impérialisme, la bourgeoisie a réussi à corrompre un tout petit groupe dans la classe ouvrière : l’aristocratie ouvrière.  Ses membres deviennent les commis ouvriers de la bourgeoisie, sabotant les luttes des travailleurs et le mouvement syndical de l’intérieur dans le but de préserver le système capitaliste. L’aristocratie ouvrière est la mince couche supérieure des ouvriers qui a été achetée par les surprofits de l’impérialisme.  Elle sert d’agent à la bourgeoisie à l’intérieur du mouvement ouvrier. L’aristocratie ouvrière est composée des dirigeants syndicaux comme Dennis McDermot du CTC ou Laberge de la FTQ, qui ont vendu le prolétariat aux patrons et qui trahissent les buts du mouvement syndical, et aussi d’un très petit nombre de travailleurs hautement privilégiés. L’aristocratie ouvrière est la base et le principal appui social de l’opportunisme et du révisionnisme au sein du mouvement ouvrier.  Elle est l’ennemie de la classe ouvrière et son influence sur les travailleurs doit être détruite.

 

(Quelques mots à propos de cette soi-disant « aristocratie ouvrière », termes malheureux utilisés par Marx et repris à l’envie depuis par toute la petite bourgeoisie de gauche. Pour nous, révolutionnaire prolétarien, « l’aristocratie ouvrière » n’existe pas en tant que segment de classe du prolétariat. Il y a effectivement des éléments de la classe prolétarienne qui sont temporairement stipendiés par la bourgeoisie qui leur assure des sinécures, des emplois planqués, bien payés, hors du circuit de la production, la pléthorique bureaucratie syndicale bourgeoise en étant l’archétype. Mais alors ces éléments prolétariens, coupés de leur relation à la production de plus-value, perdent son statut de prolétaire et migrent vers un statut social de petit-bourgeois parasitaire. En ce qui concerne une certaine couche d’ouvriers socialement (et temporairement) mieux payés, ils continuent de faire partie de la classe ouvrière en tant que producteurs de surtravail et de plus-value. L’évolution du mode de production capitaliste en déclin se chargera bien de leur faire perdre les quelques avantages temporairement arrachés au capital comme l’ont appris des centaines de milliers d’ouvriers de l’automobile et du rail aux États-Unis. Ndlr. http://www.les7duquebec.com).

 

Le lumpenprolétariat est la couche inférieure de la société, le déchet de toutes les autres classes, qui vit en dehors du processus normal de production et d’échange.  Le lumpen vit du crime et de la corruption.  La petite pègre, les trafiquants de drogues, les prostituées et autres font partie de cette couche.  La grande pègre ne fait pas partie du lumpenprolétariat, mais de la bourgeoisie elle-même.  Il arrive que le lumpenprolétariat se lance dans quelques révoltes spontanées contre l’ordre établi.  Mais dans l’ensemble, il est une force réactionnaire susceptible d’être utilisée contre la classe ouvrière.  Les patrons utilisent souvent les éléments du lumpenprolétariat comme briseurs de grève par exemple.  Sa vie de crime et de corruption fait du lumpenprolétariat une force dangereuse sur laquelle le prolétariat ne peut se fier d’aucune façon dans sa lutte pour renverser le capitalisme.

 

Cette analyse scientifique des classes dans la société canadienne nous montre que les ennemis de la classe ouvrière sont en réalité une infime minorité isolée et que la classe ouvrière et le parti peuvent rallier sous leur bannière la vaste majorité de la population à la cause de la révolution socialiste.  L’analyse des classes en présence au Canada prouve que la classe ouvrière est la force principale et dirigeante dans la lutte révolutionnaire.  La couche inférieure de la petite bourgeoisie et le semi-prolétariat souffrent sous ce système d’exploitation.  Avec le prolétariat, ces couches forment le peuple travailleur canadien qui a intérêt à renverser le capitalisme.  Ces couches populaires des villes et des campagnes sont des alliés très précieux du prolétariat dans la lutte pour le socialisme. S’efforcer de gagner l’ensemble de ces couches populaires à la cause de la révolution est une tâche essentielle de la classe ouvrière.

 

(Les « couches populaires » ça n’existe pas en sociologie marxiste, pas plus que les « classes populaires », mais passons, une approximation supplémentaire dans ce programme et ces statuts indignent de l’appellation communiste et motif pour lequel nous évitons désormais cette appellation qui a été souillée par un siècle d’opportunisme et de réformisme gauchiste. Cette étude petite-bourgeoise non scientifique sur les classes sociales est totalement erronée et démontre que la classe ouvrière doit d’abord se dégager de l’emprise néfaste de la petite bourgeoisie réformiste, c’est-à-dire se libérer de l’influence de la go-gauche organisée dans une multitude de sectes dogmatiques portant le nom de Parti, Ligue, Alliance, Association, Comité, Cellule, Groupe d’avant-garde qui sont toutes devenues des entraves à l’avancement révolutionnaire de notre classe. La désintégration de ces groupuscules maoïstes à la fin des années quatre-vingt est la meilleure nouvelle que le mouvement ouvrier a connu. Il est dommage que les partis communistes issus de la IIIe Internationale n’aient pas connu le même sort. À la lecture de ce Programme et statuts il est aisé de comprendre pourquoi tous ces militants ont mal tourné ou sont restés de parfaits ignares dans le domaine de la révolution prolétarienne. Ndlr. http://www.les7duquebec.com )

 


*Ces chiffres proviennent d’une analyse de la population active d’après le recensement de 1971.

**Puisque la famille est l’unité économique de base de la société capitaliste, les membres d’une famille qui ne travaillent pas appartiennent généralement à la même classe que le soutien de famille.  C’est pourquoi les enfants et les ménagères font partie de la même classe que leur père ou leur mari puisqu’ils ont fondamentalement le même rapport aux moyens de production.

 

(1)    Nous publierons prochainement : L’impérialisme phase ultime d’un mode de production.  http://www.les7duquebec.com

(2)

(3)  Pour une description du segment de classe petit-bourgeois nous vous référons à ce texte :   http://www.les7duquebec.com/7-au-front/fute-le-proletariat-americain-comment-instrumentaliser-une-potiche/

 

24 pensées sur “CRITIQUE DE L’ANALYSE COMMUNISTE DES CLASSES SOCIALES

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    30 novembre 2016 à 7 07 08 110811
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    « Remerçions le camarade Pueblo de nous offrir ce texte du PCO de 1979, (parti petit bourgeois gauchiste aujourd’hui disparu) présentant leur définition des classes sociales au Canada »
    En fait depuis la mort de Marx – Engels, il ne s’est trouvé aucun théoricien(communiste) pour critiquer la fameuse thèse de Marx disant que la classe ouvrière est révolutionnaire (révolution communiste).

    De mon côté, le mouvement est clair: de la même manière que les paysans, artisans, se sont désagrégés pour former le salariat, de même sous nos yeux le salariat se désagrège pour former une classe sans classe c’est à dire une classe qui n’est classe que par opposition aux autres classes.Elle est l’expression matérielle, vivante, de la destruction de toutes les classes.Ce sont les véritables éléments subjectifs de la future société communiste.Je veux parler des chômeurs.

    Dans son étude du mouvement capitaliste, Karl Marx s’est limité simplement au mouvement intermédiaire de transformation des paysans et artisans en salariés au lieu de voir la finalité du mouvement.Pour lui, après la transformation de la majorité de la population en salariés, ces travailleurs seront obligés de faire la révolution communiste.

    Alors que le salariat n’est qu’un stade intermédiaire de transformation de l’homme.Le terme final étant le chômage sous le capitalisme.

    Touts les faits confirment ce mouvement.Prenons un pays capitaliste développé tel que la France.Dans ce pays en 1975, le taux de chômage était à 2 % ; aujourd’hui la catégorie A compte à peu près 13%(officiellement 10% un chiffre minoré puisque le nombre de chômeurs en catégorie A est 3,7 millions alors que la population active est 28,5 millions).Tous les chômeurs(catégorie A, B, C, D) forment plus de 20 % de la population active.

    Autrement dit, après les salariés, les chômeurs constitue la deuxième classe la plus nombreuse et on n’est qu’au début.Parce que lorsqu’on regarde le taux de chômage des jeunes, dans certaines villes comme Palerme en Italie, on trouve que 50 à 60 % des jeunes sont des chômeurs.

    etc..

    L’important, c’est de considérer ce mouvement dialectique sur une longue période: le salariat se désagrège, la classe chômeuse se renforce.Et dès qu’on voit cela, l’erreur de Marx-Engels devient clair.

    On voit alors que la classe ouvrière ne peut pas être révolutionnaire, mais conservatrice bien plus réactionnaire.Bien sûr, un salarié peut être révolutionnaire lorsqu’il se place au point de vue de sa position future de chômeur.

    Et lorsque je vois ce fichier ci-dessus(du PCO), je ne vois que des dogmatiques(et moi même je suis passé par là) ayant de graves lacunes en théorie.

    Mes salutations.

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      30 novembre 2016 à 7 07 34 113411
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      Camarade ALIBER tu oublies un facteur fondamental dans ton assertion.

      1) OUI la classe paysanne s’est desagregee pour constituer le proletariat – constituant ainsi le substrat social pour l’edification du nouveau mode de production CAPITALISTE. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous – revolutionnaire proletarien nous affirmons que la paysannerie ne peut en aucun cas participer a la construction du mode de production communiste – elle devra préalablement etre proletarisee – comme il fut fait dans tous les pays dit socialiste depuis 1917…

      2) Le proletariat ne peut se muter en une nouvelle classe sociale pour construire le nouveau mode de production communiste (pas socialiste nous le repetons mais COMMUNISTE) iL DOIT SIMPLEMENT RESTER CE QU’IL EST = LA CLASSE PROLETARIENNE = QUI inclut la mase des chômeurs = l’armee de reserve qu’utilise le capital pour créer concurrence et faire baisser le prix de la force de travail.

      3) Il est exact que l’armee de reserve s’accroit de façon magistrale – bien au-dela des besoins de concurrence et le capital se retrouve avec des masses oisives qu’il ne veux pas nourrir et ne sait que faire. Tout cela est la consequence des contradictions qui tourmente le mode de production capitaliste = jusqu’au point d’entrainer une nouvelle guerre mondiale prealable a son effondrement.

      4) Camarade LA VERITABLE QUESTION REVOLUTIONNAIRE N’EST PAS DE CHERCHER NOISE À MARX – QUI A FAIT DES ERREURS COMME TOUT ÊTRE HUMAIN – IL APPRENAIT EN FAISANT – et cela n’a pas d’importance pour la prochaine revolution ou la question sera = quelle ligne tactique et quel objectif strategique pour le proletariat ???? REFORMISTE OU REVOLUTIONNAIRE ?????

      Depense ton energie a repondre a cette question. Marx est dans notre camp camarade, avec ses erreurs et ses lacunes et avec son IMMENSE SCIENCE REVOLUTIONNAIRE.

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    30 novembre 2016 à 9 09 44 114411
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    En guise de réponse préliminaire et dans le but d’éviter le plus possible des dérapages théoriques byzantins de telle sorte que l’objet du débat ne soit même plus ce pourquoi nous avions convenu au départ de débattre, nous aimerions proposer un court extrait tiré de l’ouvrage de Karl Marx sur la question des approches théoriques de la lutte de classes sous l’angle du matérialisme dialectique et historique intitulé « Misère de la philosophie » et qui illustre en quelque sorte notre point de vue sur le débat que veut soulever le camarade Bibeau.

    Karl Marx in Misère de la philosophie:
    «La bourgeoisie commence avec un prolétariat qui lui-même est un reste du prolétariat des temps féodaux. Dans le cours de son développement historique, la bourgeoisie développe nécessairement son caractère antagoniste, qui à son début se trouve être plus ou moins déguisé, qui n’existe qu’à l’état latent. A mesure que la bourgeoisie se développe, il se développe dans son sein un nouveau prolétariat, un prolétariat moderne : il se développe une lutte entre la classe prolétaire et la classe bourgeoise, lutte qui, avant d’être sentie des deux côtés, aperçue, appréciée, comprise, avouée et hautement proclamée, ne se manifeste préalablement que par des conflits partiels et momentanés, par des faits subversifs.

    D’un autre côté, si tous les membres de la bourgeoisie moderne ont le même intérêt en tant qu’ils forment une classe vis-à-vis d’une autre classe, ils ont des intérêts opposés, antagonistes, en tant qu’ils se trouvent les uns vis-à-vis des autres. Cette opposition des intérêts découle des conditions économiques de leur vie bourgeoise. De jour en jour, il devient donc plus clair que les rapports de production dans lesquels se meut la bourgeoisie n’ont pas un caractère un, un caractère simple, mais un caractère de duplicité; que dans les mêmes rapports dans lesquels se produit la richesse la misère se produit aussi; que dans les mêmes rapports dans lesquels il y a développement des forces productives, il y a une force productrice de répression; que ces rapports ne produisent la richesse bourgeoise, c’est-à-dire la richesse de la classe bourgeoise, qu’en anéantissant continuellement la richesse des membres intégrants de cette classe et en produisant un prolétariat toujours croissant.

    (…)

    De même que les économistes sont les représentants scientifiques de la classe bourgeoise, de même les socialistes et les communistes sont les théoriciens de la classe prolétaire. Tant que le prolétariat n’est pas encore assez développé pour se constituer en classe, que, par conséquent, la lutte même du prolétariat avec la bourgeoisie n’a pas encore un caractère politique, et que les forces productives ne se sont pas encore assez développées dans le sein de la bourgeoisie elle-même, pour laisser entrevoir les conditions matérielles nécessaires à l’affranchissement du prolétariat et à la formation d’une société nouvelle, ces théoriciens ne sont que des utopistes qui, pour obvier aux besoins des classes opprimées, improvisent des systèmes et courent après une science régénératrice. Mais à mesure que l’histoire marche et qu’avec elle la lutte du prolétariat se dessine plus nettement, ils n’ont plus besoin de chercher de la science dans leur esprit, ils n’ont qu’à se rendre compte de ce qui se passe devant leurs yeux et de s’en faire l’organe. Tant qu’ils cherchent la science et ne font que des systèmes, tant qu’ils sont au début de la lutte, ils ne voient dans la misère que lit misère, sans y voir le côté révolutionnaire, subversif, qui renversera la société ancienne. Dès ce moment, la science produite par le mouvement historique, et s’y associant en pleine connaissance de cause, a cessé d’être doctrinaire, elle est devenue révolutionnaire»

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      1 décembre 2016 à 5 05 42 124212
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      MERCI beaucoup pour cette citation précieuse qui demande à être relue plusieurs fois.

      POUR MA PART – COMPTE TENU DE L’étape ou nous sommes dans la lutte de classe prolétarienne je retiendrai cet extrait que voici : « Mais à mesure que l’histoire marche et qu’avec elle la lutte du prolétariat se dessine plus nettement, ils n’ont plus besoin de chercher de la science dans leur esprit, ils n’ont qu’à se rendre compte de ce qui se passe devant leurs yeux et de s’en faire l’organe. Tant qu’ils cherchent la science et ne font que des systèmes, tant qu’ils sont au début de la lutte, ils ne voient dans la misère que lit misère, sans y voir le côté révolutionnaire, subversif, qui renversera la société ancienne. Dès ce moment, la science produite par le mouvement historique, et s’y associant en pleine connaissance de cause, a cessé d’être doctrinaire, elle est devenue révolutionnaire»

      1) L’Histoire marche dit Marx sans mentionner le parti il ajoute LA LUTTE DU PROLéTARIAT SE DESSINE
      2) Marx dit ILS (les intellectuels, les socialistes, les communistes) n’ont plus besoin de chercher de la science dans leur esprit – ILS n’ont qu’a observer le monde réel – la lutte de classe qui les entoure et à s’en faire L’ORGANE – LE DOCILE PORTE PAROLE – LE TéMOIN. J’espère que la Christ « D’avant-garde pétrifiée dans ses organisations sectaires – sans l’autorisation d participer à des débats comme celui-ci – pour cause de CENTRALISME ABSOLUTISME – comprendra Marx.
      3) La science vient de la classe – de la pratique de travail, de résistance, de lutte de la classe et non l’inverse.
      4) La christ d’avant-garde reclue dans ses monastères n’apporte pas la conscience et la connaissance à la classe – c’est la classe qui PRODUIT – ENFANTE – GéNÈRE – SON AVANT-GARDE – LES PLUS MILITANTS EXPERIMENTES combattants – que les intellectuels révolutionnaire doivent écouter puis transcrire et diffuser.
      5) Laissé à eux-mêmes les misérables COMMUNISTES INTERNATIONALISTES RECONSTRUCTEURS ETC. ne savent qu’imaginer des systèmes AU Québec ON DIT des PATENTES – DES MACHINS ubuesques… vous save ces gens qui voudraient que l’on décrive le MODE DE PRODUCTION COMMUNISTE que la classe prolétarienne n’a pas encore inventé et que seule ELLE SAURA INVENTéE.

      6) Et le génie Karl Marx finit en apothéose : Il écrit « Dès ce moment, la science produite par le mouvement historique, et s’y associant en pleine connaissance de cause, a cessé d’être doctrinaire, elle est devenue révolutionnaire » OUF!!! laisse-moi respirer un peu. Il écrit le génie LA SCIENCE PRODUITE PAR LE MOUVEMENT HISTORIQUE – pas produite par le parti – l’avant-garde de merde – les intellectuels merdeux – PAR LE MOUVEMENT HISTORIQUE – et s’y associant en pleine connaissance de cause (CA C’EST NOUS LES INTELLECTUELS PROLéTARIENS QUI SOMMES ICI INTERPELéS) CESSE D’ÊTRE DOCTRINAIRE (mais ce génie a-t-il vécu dans le futur en 1979 – au PCO, avec En Lutte, ou en 2016 ???)
      Elle est devenue révolutionnaire = la classe portant – forgeant ce mouvement historique le porte jusqu’à sa finalité – la révolution

      7) Ici une réflexion s’impose. La plupart des sectaires de ce monde croit que la RéVOLUTION dont parle Marx consiste a renverser le mode de production capitaliste = révolution = violence = destruction volontaire = renversement. TOUT CELA EST FAUX. Depuis 1870 et la COMMUNE on fait erreur. L’effondrement – le renversement du mode de production capitaliste ne sera pas d’abord l’oeuvre de la classe ouvrière mais le résultat de son autodestruction auquel la populace – le peuple comme aime l’appelé les maoïstes et les autres donnera le coup de grâce pour une destruction totale.

      8) Alors la RéVOLUTION PROLéTARIENNE POURRA COMMENCER dans ce sens que sera posée la question à résoudre – QUEL NOUVEAU MOD DE PRODUCTION CONSTRUIRE EN LIEU ET PLACE ? = LE MODE DE PRODUCTION COMMUNISTE RéVOLUTIONNAIRE EN CE SENS QUE PERSONNE NE CONNAIT NI NE CONNAITRA AVANT QUE LE PROLéTARIAT L’AIT CRéER DE SES MAINS.

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    30 novembre 2016 à 9 09 49 114911
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    Que Marx soit un communiste, cela est très clair.Ensuite je ne lui reproche pas d’avoir fait une erreur parce que pour moi, ce n’est pas un crime, en science, de faire des erreurs.

    Mais lorsque Marx fait une erreur, on ne doit pas le dire ? On doit prendre garde à ne pas transformer le marxisme en religion.

    Maintenant revenons à la science, à nos moutons.

    Vous dites:
    « iL DOIT SIMPLEMENT RESTER CE QU’IL EST = LA CLASSE PROLETARIENNE = QUI inclut la mase des chômeurs = l’armee de reserve ».

    1° Cette définition vient du 19 e siècle au moment où la différentiation entre salariés et chômeurs était à l’état naissant.Mais plus le capitalisme se développe, plus la durée de chômage augmente.D’armée industrielle, ils se transforment en chômeurs de longue durée.

    Lorsque Marx parle d’armée industrielle, ce sont des chômeurs dont la durée de chômage est courte(moins d’un 1 an) et qui sont ballottés entre industrie et chômage.

    Mais lorsque la majorité des chômeurs font plus de 2 à 3 ans au chômage, ils sont coupés du monde du travail.Et surtout, l’important est de considérer la dynamique de la durée du chômage, celle-ci s’allonge sans cesse.

    2° Depuis les années 1970 jusqu’à nos jours, le taux de chômage est en hausse tendancielle.C’est à dire que le nombre absolue des travailleurs salariés baisse, cela signifie que les salariés disparaissent ! Ils n’augmentent plus, ils disparaissent ! Et là ce sont les faits qui le disent.La classe salariée(ouvriers, employés,intellectuels) sont entrain de mourir et donne naissance à des chômeurs stables de très longue durée.

    Est-ce par plaisir qu’on fait ces recherches ? Est-ce par plaisir « DE CHERCHER NOISE À MARX  » Non, évidemment.Le mouvement dialectique qui se déroule depuis les années 70, signifie que bientôt les chômeurs représenteront la large masse de la population et que c’est eux qui seront à la tête de la révolution communiste.C’est eux qui feront la révolution.

    La partie précaire de la classe ouvrière pourra se joindre à eux mais cette classe vouée à l’extinction ne jouera pas de rôle révolutionnaire dans l’ histoire(que ce soit dans le passé ou dans le futur) tant qu’elle est majoritaire dans la population.

    Et par conséquent la stratégie et la tactique du parti communiste est à réviser complètement.C’est une stratégie basée sur les analyses de Marx datant du 19 e siècle.Ces analyses sont périmés et donc la stratégie aussi.

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      1 décembre 2016 à 6 06 10 121012
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      Camarade je te remercie infiniment pour ton intervention. Voici ma réponse

      1) Tu as totalement raison quand tu indiques les statistiques du chômage – porte attention cependant quand tu recueil tes données trop souvent les agences internationales ne tiennent compte que des statistiques occidentales et affirment que c’est LE MONDE ENTIER. Ainsi, en Chine et en Asie du Sud-Est et en Afrique le nombre de prolétaires augmentent considérablement pendant qu’il diminue en Occident.

      2) Le chômage de longue durée n’est pas un phénomène récent même en Occident. La Grande Dépression (1929-1939) en fut une illustration.

      3) De fait, un chômeur de longue durée devient souvent un miséreux, un lumpenprolétaire – Ainsi fait ce mode de production moribond. Je ne crois pas que le lumpenprolétariat même très nombreux ne soit une classe révolutionnaire – ils ne l’ont jamais été dans l’histoire. Les chômeurs de longue durée pour garder ta typologie même par millions et devenus bandits, dégénérés, mendiants, SDF n’ont plus de relation au procès de production ce qui leur enlève toute possibilité d’être ou de devenir RéVOLUTIONNAIRE dans le sens que j’explique

      4) Malgré le fait que la classe ouvrière diminuera en nombre à l’échelle mondiale après un dernier boum de croissance suite à l’mergence impérialiste des pays du BRICS – la classe ouvrière restera une classe importante en nombre (pas majoritaire tu as probablement raison) mais elle ne peut disparaître car dit MARX LE CAPITAL TROUVE SA VIE DANS LE TRAVAIL = SANS TRAVAIL PLUS DE CAPITAL ET DONC PLUS DE MODE DE PRODUCTION CAPITALISTE

      5) Venons en à la révolution prolétarienne. Je l’ai écrit plus haut – la révolution prolétarienne n’est pas le renversement du mode de production capitaliste et l’éradication de l’appareil d’état bourgeois = tout cela sera le fait du lumpenprolétariat, des paysans restants s’il en reste – de la petite bourgeoisie enragée d’avoir perdu ses prébendes, de la populace et de l’autodestruction du système lui-même sous le poids de ses contradictions insolubles. MAIS APRÈS avoir tout détruit – Quoi construire ? Alors commencera la RéVOLUTION PROLéTARIENNE du nom de la seule classe (minoritaire si tu veux = sans importance) organisée – structurée – encore dans les lieux de production des biens essentiels requis par tous et qui ne voudra pas recréer le mode de production capitaliste déchu. Les réformistes seront nombreux et dès aujourd’hui il faut apprendre à les contrés.

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    30 novembre 2016 à 11 11 31 113111
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    Tu écris :  » il est faux de suggérer que le prolétariat ait un « rôle dans l’organisation sociale du travail »
    Le prolétariat ne possède que sa force de travail à vendre et il ne possède aucun pouvoir pour orienter « l’organisation du travail » qui lui échappe totalement. Pour nous révolutionnaire prolétarien, la classe prolétarienne ne contrôle aucune organisation sociale (même pas les syndicats bourgeois), et ne possède que sa force de travail qu’elle ne peut que vendre socialement (aliéner) pour assurer sa reproduction élargie ».

    D’une part le prolétariat n’existe que lorsqu’il est organisé dans un parti qu’il fonde pour se reconnaître en tant que classe indépendante de la bourgeoisie. Ce qui n’est pas le cas actuellement mais le deviendra parce que tout le pousse à se détacher des partis bourgeois, en particulier l’incapacité pour cette bourgeoisie de nourrir les prolétaires qui doivent à leur tour les entretenir en produisant de la plus value.
    Lénine pensait bien sûr qu’après une révolution politique, le prolétariat devait contrôler la production ainsi que l’État prolétarien.
    Si les révolutions du XXème siècle n’avaient pas échoué sur l’écueil de la faible productivité (la quasi inexistence des forces productives dans l’industrie), elles auraient pu permettre de répartir le travail entre TOUS et autrement.
    Mais, comme l’on sait, les dirigeants de l’époque se sont employés à mettre en place un capitalisme d’État pour créer l’accumulation primitive nécessaire au développement économique industriel et agricole. Ce qui a exclu de fait les producteurs que l’on a exploité avec le recours au stakhanovisme et au plan dirigiste.
    C’est dans le cadre du capitalisme actuel et après une révolution politique qui chasse la bourgeoisie du pouvoir, que le prolétariat pourra répartir le travail autrement mais en s’alliant aux puissances intellectuelles (dans un premier temps) puis en libérant du temps de travail afin de maitriser par lui-même le procès de production au cours d’une lutte sans concession contre ce qui reste du pouvoir bourgeois dans les différents segments de cette production.

    Deuxièmement tu écris : « ce n’est qu’au moment de ces soulèvements populaires spontanés que se posera la question de la direction et de l’orientation de la révolution ».
    La dessus je suis certain qu’il n’y a rien de spontané…c’est la confrontation entre l’expérience et par là la vérification des théories en cours qui permet aux prolétaires de fonder leur propre mode de pensée.
    Ce que Marx appelait « la dialectique ». C’est ce va et vient entre le concret et l’abstrait, la théorie et l’expérience pratique qui fonde les bases de la révolution. Et la création d’un parti est indissociable dans ces moments révolutionnaires de l’avènement au pouvoir du prolétariat car il est à la fois une nécessité pour lui pour se poser en tant que classe au pouvoir, et ce qui reste des séparations sociales qui font que ce parti tout comme l’État sont EXTÉRIEURS aux prolétaires, ne font pas partis de leur vie privée.
    Mais c’est le propre de la politique tant que les classes sociales après une révolution perdurent.
    On ne peut parler d’individus communistes que lorsque ceux ci sont libres et vivant dans une SOCIÉTÉ COMMUNISTE !

    Tu écris ensuite : « l’impérialisme est la matérialisation de la démarche d’obsolescence du mode de production capitaliste moribond qui ne parvient plus à remplir sa mission historique d’assurer la reproduction de l’espèce humaine ».
    Il n’est que le fruit du développement normal du capital à l’échelle planétaire puisque celui ci n’a pas de frontière (surtout pas).
    Si le capitalisme est en crise ce n’est pas seulement parce qu’il s’étend au monde et par là ruine les producteurs relativement autonome pour les réduire à devenir prolétaires mais aussi parce que l’outil moderne de production (du fait d’une forte productivité) conduit à une surproduction / sous consommation énorme.
    Le capital ne reproduit pas l’espèce humaine mais le prolétaire qui est la seul « chose » dont il est besoin car celui ci lui procure la plus value qui « devrait » se métamorphoser en profit puis en capital, additionnel.

    Quant à « l’aristocratie ouvrière » elle existe bien car elle siège dans toutes les instances bourgeoises type sécurité sociale, où elle cogère les dérèglementations de toutes sortes et l’appauvrissement des prolétaires.

    Il convient de relire là encore Tom Thomas. Mais je suis persuadé que nous souffrons actuellement de la plus grande confusion théorique du fait de l’inexistence d’organisation capable de développer la propagande. pour cela il conviendrait de s’entendre sur des bases théoriques communes.
    Nous sommes prêts à en discuter à l’AAM.

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      1 décembre 2016 à 6 06 39 123912
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      Merci beaucoup pour ton intervention pour avoir oser t’exprimer alors que 95% des organsiations qui ont reçu le texte n’auront pas l’autorisation de leur GOUROU _ Comité central de centralisme démocratique de prendre la parole et de s’exposé.

      1) J en pourrai ré pondre a tous tes arguments mais allons-y avec un premier : Tu écris : D’une part le prolétariat n’existe que lorsqu’il est organisé dans un parti qu’il fonde pour se reconnaître en tant que classe indépendante de la bourgeoisie. » C’est du vieux Léninisme éculé camarade. Une classe sociale existe « en soi » du fait de son rôle dans le procès de production Retire la classe ouvrière INEXISTANTE PARCE QUE SANS PARTI DIS-TU Et comme JAO regarde les usines et les chantiers de construction, les aéroports et les communications fonctionnés… je croyais que ces choses étaient sues entre nous. La classe ouvrière le jour ou elle sera appelé par l’histoire à jouer son véritable role révolutionnaire et construire le communisme (pas le socialisme mais le communisme) oui elle aura probablement besoin d’un PARTI DE CLASSE OU ALORS d’une fédération des soviets ouvriers du monde entier (pas de bourgeois dans ces soviets – ni de paysans – ni de soldats)

      2) Tu ecris ceci  » Lénine pensait bien sûr qu’après une révolution politique, le prolétariat » Voila une erreur de LENINE pour ceux qui cherchent des erreurs de LENINE. L’insurrection – qui sera populaire et non pas proletarienne renversera le pouvoir politique-etatique de la bourgeoisie-capitaliste- mais c’est le proletariat qui s’emparant du reel pouvoir = LE CONTROLE DES MOYENS DE PRODUCTION – D’ECHANGE ET DE COMMUNICATION complètera le mouvement insurrectionnel et amorcera la veritable REVOLUTION PROLETARIENNE DANS L’INFRASTRUCTURE

      3) ICI tu feras plaisir a LUNITERRE Tu ecris Ce que Marx appelait « la dialectique ». NON ce que tu décris ci-haut c’est le processus de mûrissement de la conscience de clase du prolétariat. Et ce que tu décris – fort justement – est un processus holistique – de confrontation par essai erreur que je qualifie de SPONTANEE

      4) Je termine même si je sais que bien d’autres choses pourraient être écrites Tu écris ceci :
      «l’aristocratie ouvrière» existe ». J’ai écris spécifiquement que toute une frange d’ouvriers quitte la classe ouvrière et adhère à la petite-bourgeoisie – ce que MARX décrit et toi aussi ce n’est pas une aristocratie OUVRIÈRE mais des ouvriers ayant quitté le monde ouvrier pour devenir bandit syndical – James Hoffa gagnait quelques millions comme Président des Teamsters – ce n’était pas un ARISTOCRATE OUVRIER c’était un multimillionnaire capitaliste avec plein d’actifs

      Lis plus attentivement camarade avant d’argumenter.

      Robert Bibeau http://www.les7duquebe.com

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    1 décembre 2016 à 4 04 50 125012
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    Commentaire reçu par courriel et que je vous retransmet

    « un seul parti alors qu’on n est pas d’accord sur Hoxha, Staline, Mao, Castro, Ho Chi Minh, Kim il sung, etc …. ca limite dur …avant même d’ouvrir …faudrait quand même poser la question des erreurs commises par certains de ces saints personnages pour que les révisionnistes aient si massivement pris le contrôle de tant de ces partis à peine le dernier souffle du saint expiré….faudrait peut être remettre en cause la vision religieuse de nos icones …athées et de la vitalité de la lutte des classes au sein des partis églises.

    Bruno DRWESKI
    1.12.2016

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      1 décembre 2016 à 5 05 03 120312
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      MERCI BRUNO POUR CETTE REACTION QUI OUVRE UN DEBAT FORT IMPORTANT. QU’IL SERAIT BON QUE VOUS PORTIER À L’ATTENTION DE TOUS SUR http://www.les7duquebec.com/7-au-front/critique-de-lanalyse-communiste-des-classes-sociales/ AFIN DE PERMETTRE AUX AUTRES DE PARTICIPER SI LEUR MERCI BRUNO POUR CETTE REACTION QUI OUVRE UN DEBAT FORT IMPORTANT. QU’IL SERAIT BON QUE VOUS PORTIER À L’ATTENTION DE TOUS SUR http://www.les7duquebec.com/7-au-front/critique-de-lanalyse-communiste-des-classes-sociales/ AFIN DE PERMETTRE AUX AUTRES DE PARTICIPER si leur église le permet bien entendu.

      1) JE SUIS TOTALEMENT D’ACCORD AVEC LA REMARQUE A L’EFFET QU’UN SEUL PARTI EST UNE FOUTAISE – UNE ILLUSION – UNE MYSTIQUE QUE LE MOUVEMENT OUVRIER N’A JAMAIS CONNU DE SON HISTOIRE.

      2) JE SUIS ENTIEREMENT D’ACCORD AVEC LA REMARQUE à l’effet que CES PSEUDOS PARTIS QUI ONT TOUS déchus SANS AUCUNE EXCEPTION, SONT DEVENUS DES SECTES MYSTIQUES dégénérées VOUER à un gourou tyrannique DONT L’UN ENTRE AUTRE S’APPELAIT – POL POT ET LA DYNASTIE KIM IL SUNG ENTRE AUTRE.

      3) PAS D’ACCORD AVEC TOI BRUNO A PROPOS DES ERREURS à CONFESSER à PROPOS DE TEL OU TEL LEADER EXEMPLE STALINE – LENINE – MAO – ONCLE HO – CASTRO – ETC.

      JE M’EXPLIQUE : DEMANDER DES COMPTES A PROPOS DES ERREURS DE CES CAMARADES SERAIENT ADMETTRE IMPLICITEMENT QUE :
      A) UNE RéVOLUTION prolétarienne était POSSIBLE à LEUR EPOQUE DANS LEUR PAYS RESPECTIF
      B) QUE CES LEADERS ONT échoué DANS LEUR PROJET qui aurait été de construire le mode de production communiste. OR LA révolution prolétarienne était impossible DANS TOUS ET CHACUN DE CES PAYS féodaux arriérés convoqués au capitalisme et rien de plus.

      4) POUR UNE REVOLUTION PROLETARIENNE POUR LE COMMUNISME IL FAUT UN PROLETARIAT TRES NOMBREUX AGUERRI – EXPERIMENTE DANS LA LUTTE DE CLASSE AU SEIN D’UNE SOCIETE CAPITALISTE AVANCEE, robotisé, informatisé, rendue à l’aire de l’espace des nanotechnologies, etc. NOUS EN APPROCHONS à peine en 2016. Alors 1917 et les millions de moujiks ne pouvaient imaginés le mode de production communiste… à peine le capitalisme d’état. Et Staline n’y pouvait rien pas même Lénine ni Mao…

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

      1) JE SUIS TOTALEMENT D’ACCORD AVEC LA REMARQUE A L’EFFET QU’UN SEUL PARTI EST UNE FOUTAISE – UNE ILLUSION – UNE MYSTIQUE QUE LE MOUVEMENT OUVRIER N’A JAMAIS CONNU DE SON HISTOIRE.

      2) JE SUIS ENTIEREMENT D’ACCORD AVEC LA REMARQUE QUE DE FAIT CES PSEUDOS PARTIS QUI ONT TOUS DECHUS SANS AUCUNE EXCEPTION SONT DEVENUS DES SECTES MYSTIQUES DEGENEREES VOUER A UN GOUROU DONT L’UN ENTRE AUTRE S’APPELAIT POL POT COEUCESCU (LE ROUMAIN VOUS SAVE…) ET LA DYNASTIE KIM IL SUNG ENTRE AUTRE.

      3) PAS D’ACCORD AVEC TOI BRUNO A PROPOS DES ERREURS A CONFESSER A PROPOS DE TEL OU TEL LEADER EXEMPLE STALINE – LENINE – MAO – ONCLE HO – CASTRO ETC.

      JE M’EXPLIQUE : DEMANDER DES COMPTES A PROPOS DES ERREURS DE CES CAMARADES SERAIENT ADMETTRE IMPLICITEMENT QUE A) UNE RVOLUTION PROLTARIENNE ETAIT POSSIBLE A LEUR EPOQUE DANS LEUR PAYS RESPECTIF B) QUE CES LEADERS ONT ECHOUES DANS LEUR PROJET. OR LA REVOLUTION PROLETARIENNE ETAIT ABSOLUMENT IMPOSSIBLE DANS TOUS ET CHACUN DE CES PAYS FEODAUX A L’EPOQUE OU LE SOULEVEMENT POPULAIRE (NON PROLETARIEN) A EU LIEU.

      POUR UNE REVOLUTION PROLETARIENNE POUR LE COMMUNISME IL FAUT UN PROLETARIAT TRES NOMBREUX AGUERRI – EXPERIMENTE DANS LA LUTTE DE CLASSE AU SEIN D’UNE SOCIETE CAPITALISTE AVANCEE.

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    2 décembre 2016 à 17 05 01 120112
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    Robert, tu écris :
    « POUR UNE REVOLUTION PROLETARIENNE POUR LE COMMUNISME IL FAUT UN PROLETARIAT TRES NOMBREUX AGUERRI – EXPERIMENTE DANS LA LUTTE DE CLASSE AU SEIN D’UNE SOCIETE CAPITALISTE AVANCEE ».
    Comment les prolétaires qui sont enclins naturellement au réformisme dans leur lutte, peuvent ils s’engager dans une lutte communiste sans théorie ???
    Voici quelques éléments de réponses :
    Les prolétaires, comme tout un chacun, partent de leurs besoins immédiats. Ceux-ci sont variables selon les époques, les situations. Cela peut être le pain, la paix, le partage des richesses, les conditions de travail, la fin du chômage et bien d’autres choses encore.
    C’est lorsqu’ils réalisent, dans certaines situations, qu’ils doivent s’emparer du pouvoir pour avoir satisfaction qu’ils se forment alors en classe du fait qu’ils s’unissent contre l’État bourgeois. En tant que classe ils réalisent qu’ils peuvent et doivent être une puissance indépendante.
    Forts de cette puissance qu’ils ignoraient jusque-là, ils élèvent alors le niveau des besoins qu’ils veulent satisfaire et prennent conscience que les satisfaire, c’est prendre possession des moyens matériels, intellectuels, sociaux de leurs vies.
    Émergent ainsi avec la constitution des prolétaires en classe la conscience de la nécessité et de la possibilité d’une autre société satisfaisant des besoins radicaux jusque-là enfouis parce que considérés utopiques sous la domination de l’idéologie bourgeoise qui ne cesse de tonitruer sous toutes les formes, y compris universitaires et soi-disant scientifiques, l’acronyme thatchérien TINA, There is no Alternative que le capitalisme. Il est « la réalité » et c’est pure ignorance, pure folie que de la nier en s’opposant aux exigences de la valorisation du capital (de « la croissance »).

    Or, ce qui est historiquement nouveau dans la situation contemporaine, au-delà des multiples différences selon les pays, c’est que si les prolétaires sont toujours obligés de lutter pour assurer leur survie quotidienne contre « les empiètements du capital » comme le disait Marx, cette lutte se heurte à l’impossibilité pour le capital de se reproduire sans devoir accroître terriblement ces empiétements, dégrader toujours davantage leur situation.
    La lutte réformiste traditionnelle, tant dans ses formes que dans ses objectifs, ne peut aujourd’hui, au mieux, que freiner quelque peu, et momentanément, le développement de cette contrainte, pas en inverser la tendance.
    À l’époque contemporaine, celle de la sénilité du capital, soit les luttes prolétaires échouent quasi immanquablement si elles restent sur le vieux terrain réformiste d’une croissance de l’accumulation du capital accompagnée d’un « juste partage » des richesses ; soit, nourries de l’expérience et de la compréhension des causes de ces échecs, elles s’élèvent au niveau d’une lutte de classe révolutionnaire contre l’État, cet organisateur armé de l’existence, de la reproduction du capital, de plus en plus despotique et violent à l’époque de sa sénilité.

    Marx et Engels avaient prévu, dès 1848 dans Le Manifeste du parti communiste, que le capital arriverait un jour à ce stade de son développement historique où « la bourgeoisie ne peut plus régner parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage », incapable d’assurer l’existence du prolétaire dans le cadre du rapport salarial (des rapports de production capitalistes en général). Et voilà effectivement que cela est en train d’advenir.
    Voilà l’État définitivement impuissant à juguler la crise et l’accroissement de la misère sociale, qu’il doit au contraire promouvoir et organiser.
    Ses sommets sont occupés par diverses fractions bourgeoises, cliques et mafias aussi cyniques que parasitaires et corrompues, offrant tous les jours le spectacle insolent de leur course aux prébendes les plus grasses. Mais aussi, pour tout cela, de plus en plus déconsidérées et vomies par les peuples. Elles font comme si elles reprenaient le mot prêté à Louis XV : « après moi, le déluge ». Les concernant ce serait d’ailleurs plutôt « avec moi ».

    Mais malgré ce délabrement, ce pourrissement de son trône étatique, la bourgeoisie règne encore, n’hésitant pas à recourir plus ouvertement à des moyens dictatoriaux. C’est que ceux qu’elle écrase sont en plein désarroi, leur rage et leurs colères (laissons de côté ici pour cause d’insignifiance les beaux esprits « indignés » ou « atterrés ») sans lendemain, ne générant pas encore la force organisée qui permettrait de les transformer en puissance, en classe capable d’en finir avec ce règne.

    Aussi les prolétaires, dans de vieux pays capitalistes comme la France, sont dans une sorte d’entre-deux.

    D’un côté, ils sont toujours en grande majorité dominés idéologiquement par les vieux fétichismes engendrés par les rapports sociaux qui sont les fondements du capitalisme. Ce ne sont pas de simples fantasmes. Ils ont une base dans les apparences que prennent ces rapports à la surface. Apparences dont les racines sont ignorées, mais qui sont néanmoins réelles. Les intellectuels bourgeois, eux-mêmes profondément imbibés de ces fétichismes, prennent ces phénomènes apparents pour toute la réalité du capitalisme. Ce réel tronqué formerait selon eux un système rationnel, répondant notamment à des « lois économiques » qu’ils connaîtraient, et qu’on ne saurait enfreindre sans conséquences ruineuses pour tous.

    À propos de ces fétichismes, rappelons pour mémoire :

    – Le fétichisme de la marchandise, selon lequel « l’économie » ne serait pas politique, des rapports sociaux de production historiquement spécifiques, mais de simples rapports entre les choses apparentes (marchandises, capitaux, prix, profits, monnaies, etc.) qu’ils génèrent. Simples rapports entre choses et leurs quantités, elle pourrait donc être gérée scientifiquement.

    – Le fétichisme de l’argent, le comble du fétichisme selon Marx, selon lequel il pourrait créer de la richesse comme le poirier des poires. Il amène à critiquer « la finance » non pas en tant que telle, mais simplement pour ses « excès » qui seraient préjudiciables à la croissance. Il amène donc aussi à croire qu’en fournissant de l’argent quasi gratuitement et en grandes quantités aux capitalistes (pardon, « aux entreprises »), ceux-ci pourraient relancer la production, la croissance, alors que ce n’est pas l’argent qui leur manque, mais la possibilité de le transformer en moyens de produire de la pl.

    – Le fétichisme de l’État, selon lequel il représenterait l’intérêt général commun à tous, et pourrait donc gérer l’économie selon cet intérêt, puisque justement elle est rapports entre des choses.

    D’un autre côté, ces mêmes prolétaires expérimentent que ce qui les attachait au réformisme, l’amélioration de leur niveau de vie matériel, disparaît. Car ils subissent au quotidien cette réalité du capitalisme sénile qui est qu’il ne peut se survivre qu’au moyen d’une dégradation continue de leurs conditions d’existence. Tout espoir, non pas même d’améliorer leur niveau de consommation, mais ne serait-ce que d’empêcher cette dégradation, à la façon du vieux mouvement réformiste « de gauche », est voué à l’échec (en dehors de possibles succès localisés et éphémères). Au mieux les prolétaires ne peuvent, par un tel moyen, que la freiner, obtenir moins pire que pire pour un moment. Et il convient d’inclure dans ce moins pire l’avenir proche qui n’est guère pris en compte dans les consciences d’aujourd’hui : prochain krach plus destructeur que celui de 2008, désastres écologiques accrus, montée des extrémismes bourgeois, guerres, etc.

    La crise (le capitalisme sénile) engendre partout une instabilité politique et sociale grandissante, des récriminations, des luttes de classe, des guerres civiles. Mais, et notamment dans les principaux pays européens, la majorité des prolétaires y sont dans cet entre-deux qui vient d’être évoqué où règnent le flou, le désarroi, les frustrations qui se traduisent parfois, ici ou là, par de brusques accès de colère, aussi rageurs qu’éphémères, des émeutes sans lendemain.

    Chez beaucoup, la persistance des fétichismes inhérents au capitalisme tend, avec la crise, à les pousser vers les extrémismes bourgeois, tels le FN ou le FG en France, ou aussi les intégrismes religieux. À cela s’ajoute qu’il y a toujours, dans les périodes de crises aiguës, une réaction conservatrice dans une partie de la population qui se rattache au passé d’avant la crise, où « on vivait mieux ». Ce passé lui semble meilleur que le présent, et bien plus encore qu’un futur qui lui apparaît confusément rempli de menaces et de troubles effrayants.

    On pourrait penser que ces fétichismes persistant nécessairement peu ou prou puisqu’ils sont générés par les rapports sociaux capitalistes, ces extrémismes bourgeois seront la voie que la majorité des prolétaires choisira. Certes, c’est une possibilité, dramatique. Mais ce serait négliger les facteurs qui déjà permettent d’affaiblir cette domination idéologique, et se renforcent en même temps que la crise. Laquelle apprend, par l’expérience, que l’État est incapable d’en empêcher l’aggravation, ainsi que celle des conditions de vie des prolétaires qu’il doit au contraire dégrader pour maintenir l’existence de cette société fondée sur la valorisation du capital, ce pour quoi l’État existe lui-même. La crise enseigne beaucoup d’autres choses encore. De sorte qu’une multitude de faits, ou plutôt méfaits, viennent ainsi apporter la possibilité de saper l’idéologie bourgeoise dans le mouvement prolétaire. C’est ce genre de situation, où le présent paraît bien sombre, qui faisait dire à Marx, en 1843 : « Vous ne direz pas que je me fais une trop haute idée du temps présent, et si malgré tout je ne désespère pas de lui, c’est que sa situation désespérée est précisément ce qui me remplit d’espoir. » 

    La situation actuelle est donc particulièrement confuse, indécise. L’extrême faiblesse du mouvement prolétaire est évidemment aussi celle des communistes. Les deux vont toujours de pair. Les prolétaires sauront-ils se constituer en classe en s’unissant contre l’État ? Les communistes sauront-ils y contribuer ? C’est en tout cas l’objectif qu’ils se fixent.

    Le premier pas pour eux, aujourd’hui si peu nombreux et pourtant dispersés, est de s’unir. S’unir, c’est aussi se délimiter, en évitant ces deux écueils bien connus : le sectarisme et l’opportunisme. Ce qui impose de s’unir sur la base d’une analyse commune de la situation contemporaine, laquelle ne peut être produite aujourd’hui, dans cet état de faiblesse, que dans ses caractères généraux les plus essentiels (plus tard les analyses et les propositions d’action s’affineront, et les débats avec, en fonction des développements concrets, pratiques, du mouvement révolutionnaire). Cette première analyse commune minimum peut et doit comprendre :

    1°) Les causes spécifiques de la crise : épuisement des gains de productivité et de l’accroissement de l’extraction de la pl sous sa forme relative ; dépérissement de la valeur.

    2°) Les conséquences concrètes qui en découlent :

    a) Sur le plan des faits objectifs : épuisement définitif de la croissance capitaliste. Pour la survie du capitalisme, obligation d’un recours accentué à l’extraction de la pl sous sa forme absolue, à une aggravation de la destruction de la nature , à l’élimination d’une masse accrue de prolétaires par la misère, les maladies, les guerres.

    b) Sur le plan de la lutte politique, nécessité d’une opposition nette et combative aux extrémismes bourgeois d’apparence radicalement critique du capitalisme contemporain dit « libéral », type FN ou FG ; nécessité de la construction d’une organisation indépendante des partisans du communisme en vue de stimuler et d’orienter la lutte des prolétaires vers une destruction de l’État bourgeois ouvrant la voie vers une abolition des classes sur la base de l’augmentation du temps libre (« l’abondance ») utilisé pour abolir les divisions sociales du travail capitalistes qui fondent ces classes, c’est-à-dire généraliser le travail et les besoins riches pour tous, la maîtrise par tous des conditions matérielles, intellectuelles et sociales de la vie.

    Ce premier pas n’est pas celui de la création d’un parti communiste, lequel ne peut émerger et se constituer que dans un rapport dialectique avec un mouvement prolétaire se voulant anti-capitaliste. Mais il en est une préparation. Il est l’activité communiste possible dans la situation de grande faiblesse qui est celle des communistes aujourd’hui, en transition entre un ancien mouvement communiste qui a complètement dégénéré, et un nouveau à créer en appliquant notamment ce principe de construire le vrai contre le faux, la nouvelle organisation révolutionnaire contre l’ancienne réformiste, l’indépendance et la puissance du prolétariat contre l’influence des idéologies et organisations bourgeoises en son sein.

    Dans cet état de quasi-inexistence des communistes aujourd’hui, leur association ne peut dans l’immédiat que se fixer un premier but modeste : se faire entendre des prolétaires, y créer un courant d’opinion, aussi faible soit-il pour commencer, contre les fausses solutions étatistes. Pour cela il leur faut édifier un système médiatique (théorique et propagandiste) qui soit à la fois outil d’intervention auprès des prolétaires les plus curieux, les plus intéressés à élever le niveau des luttes, et outil d’unification et de progression politique de l’association au travers des débats et expériences.

    Les thèmes pour commencer ce travail ne manquent évidemment pas. Par exemple :

    Combattre l’idéologie des réformistes de gauche selon laquelle la crise pourrait se résoudre dans le capitalisme par la réduction des inégalités – effectivement pharaoniques – des revenus et des patrimoines, ce qui permettrait, soi-disant, de relancer la consommation et par là les investissements.

    Dans le même ordre d’idée, combattre l’idée fausse que c’est « la finance » qui, captant et retenant la richesse dans sa sphère, est seule responsable du blocage de la croissance et de l’emploi. Ou encore que l’emploi pourrait être préservé par des « accords de compétitivité », qui ne sont que des marchés de dupe.

    D’une façon générale combattre l’idée que la crise pourrait être surmontée au moyen d’une dégradation, terrible mais momentanée, des conditions de vie des prolétaires et des autres couches populaires, ou au moyen de l’État qui pourrait promouvoir un « bon capitalisme », vert, juste, patriote, nationaliste, selon les cas, en mettant « la finance » sous sa botte au service de tous, de « l’intérêt général ».

    Cette lutte contre cette idéologie bourgeoise trompeuse et corruptrice doit être en même temps accompagnée de propositions positives. C’est à partir des luttes immédiates, des préoccupations et besoins qu’elles manifestent qu’il faut combattre les fausses solutions soutenues par cette idéologie, en même temps qu’il faut montrer quelles seraient les réponses adéquates à ces besoins, leurs conditions de réalisation, qui sont aussi celles de leur nécessaire transformation en besoins riches.

    La critique communiste n’a pas pour objet de donner des leçons du haut d’une quelconque chaire « marxiste », mais de répondre à des besoins concrets tels qu’ils s’expriment spontanément dans les luttes. Elle ne dit pas que ces besoins seraient à rejeter parce qu’ils sont ceux du prolétaire tel qu’il est aujourd’hui dans ses rapports avec le capital, ceux du quotidien réifié et aliéné actuel. Elle dit « la vraie parole » de ces luttes, à savoir quels sont les voies, moyens et conditions pour satisfaire ces besoins , ce qui implique un processus au cours duquel ils se transforment, et donc au cours duquel les objectifs des luttes se transforment.

    Ce propos sur la transformation des besoins au cours du processus des luttes pour les satisfaire mérite qu’on s’y arrête un moment. Illustrons-le par quelques exemples :

    D’une façon générale, la satisfaction des besoins minimums du prolétaire pour vivre implique aujourd’hui qu’il doit prendre le pouvoir. Mais qu’est-ce à dire ? Si cela commence par la destruction de l’État bourgeois et de la propriété privée juridique et financière des conditions de la production, cela amène dès lors au besoin d’avoir le « vrai » pouvoir, c’est-à-dire le pouvoir sur tous les moyens (matériels, intellectuels, sociaux), dans tous les domaines (production, aménagement du territoire, urbanisme, logement, éducation, démographie, etc.) de la construction de sa vie, autrement dit au besoin d’abolir la condition de prolétaire.

    Plus particulièrement, les revendications d’un meilleur partage des revenus et des patrimoines viennent au premier plan devant des inégalités qui dépassent l’imagination. La question ne porte pas sur l’urgence évidente d’abolir ces inégalités, à tout le moins de les réduire très drastiquement, mais sur le fait que le capitalisme actuel ne le peut pas. Sa survie exige au contraire impérativement qu’il abaisse continûment le « coût du travail » et qu’il paupérise une masse accrue de travailleurs précarisés et de chômeurs. Il apparaît donc que ce besoin d’égaliser la richesse nécessite de s’approprier les moyens qui la produisent : c’est donc le besoin de possession de ces moyens, c’est-à-dire d’abolition des classes, des divisions du travail qui fondent les classes qui apparaît derrière le besoin d’égalité.

    Traiter correctement, c’est-à-dire en l’examinant au fond et sous tous ses aspects, cette question du partage des richesses, de l’équité ou de l’égalité dans ce partage, est d’autant plus important qu’elle est exacerbée par la crise. C’est d’ailleurs une revendication essentielle du mouvement prolétaire depuis ses origines, qui l’a amené bien souvent à s’affronter directement contre la bourgeoisie, d’abord au sein même des révolutions bourgeoises. Ainsi la lutte des « niveleurs » en Angleterre pendant la guerre civile (1647-1649). Ainsi les sans-culottes égalitaristes pendant la Révolution française, tels ceux de la section du Jardin des Plantes qui présenta en 1793 à la Convention la revendication « que le même individu ne pourra posséder qu’un maximum ; que nul ne puisse tenir à plus de terre qu’il faut pour une quantité de charrues déterminée ; que le même citoyen ne puisse avoir qu’un atelier, qu’une boutique. » 

    Babeuf prolonge la revendication qui, dans son fameux ouvrage La Conjuration des Égaux, propose la nationalisation de la propriété, que chacun travaille selon ses talents, et que les produits de tous soient mis en commun en vue d’une distribution égalitaire. Et la revendication se poursuivra et se perfectionnera de la Commune de Paris jusqu’à la Révolution culturelle chinoise, qui eût au moins ce mérite de l’élever jusqu’à la question radicale de l’abolition de la division capitaliste du travail entre
    « puissances intellectuelles » et « exécutants » dominés et désappropriés.

    Parlant de « la vraie parole » de ces luttes, Engels disait déjà que derrière la lutte pour l’égalité, il y avait celle de l’abolition des classes dominées et dominantes. Et effectivement, comme on vient de le voir, le partage des richesses a souvent été une revendication qui a amené une partie plus ou moins importante des prolétaires à transformer leurs luttes pour de meilleurs salaires et conditions de vie en luttes classe contre classe. Néanmoins, quand bien même elles prenaient ce caractère révolutionnaire, elles restaient des luttes de l’époque de la domination du travail contraint et répulsif, où il ne pouvait au mieux s’agir que du partage de ce travail et de ses produits – « de chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail » –, non de son abolition, du moins pas avant une phase de développement des forces productives.

    Aujourd’hui en revanche, ce qui est caractéristique c’est l’épuisement de cette quantité de travail contraint, prolétaire. Elle reste à partager pour ce qu’il en subsistera après la révolution politique, comme cela a été rappelé précédemment, ainsi bien sûr que les richesses correspondant aux nouveaux besoins produites en abondance par une machinerie ultra-perfectionnée (et qui pourra l’être encore plus puisque les gains de productivité ne seront plus freinés par la dictature des taux de profit). Le temps libre, comme rappelé ci-dessus, sera le moyen de l’appropriation par tous des conditions de la production, c’est-à-dire de l’abolition de la condition de prolétaire. C’est dire qu’aujourd’hui derrière la lutte pour le partage, pour l’égalité, il y a de façon immédiate la lutte pour le temps libre comme temps de lutte pour cette abolition (ce qui n’était pas le cas à l’époque d’Engels).

    Ce disant, on rejoint un autre exemple de transformation des besoins et objectifs dans le cours des luttes : la question de la lutte pour plus de travail, pour l’emploi coûte que coûte. Cette transformation est que la « vraie parole » du besoin spontané de plus de travail peut et doit faire place au contraire à l’affirmation du besoin de moins de travail, et d’un autre travail, un travail riche.

    Dans les luttes pour l’emploi les communistes ne se contentent pas de s’opposer aux accords dits de compétitivité, aux fausses solutions nationalistes, protectionnistes, xénophobes, étatistes, avancées par les divers extrémismes bourgeois. Ils montrent que le capitalisme ne peut plus faire autrement aujourd’hui que détruire des emplois tout en dégradant ceux qui subsistent, et en ruinant la planète. Mais plus encore, ils montrent cette « vraie parole » de la lutte pour l’emploi, seule, formidable, magnifique perspective, et seule solution pour sauver l’humanité, que rend absolument nécessaire et tout à fait possible l’état même du capitalisme contemporain.

    Il s’agit donc bien, pour les communistes, de partir des besoins immédiats, urgents, des prolétaires, mais en se fixant pour tâche, à travers la confrontation de l’expérience et de la théorie, de la liaison du particulier avec le général, des apparences avec leurs racines, de contribuer à ce que ces luttes s’engagent sur le chemin qui mène à l’abolition du prolétariat par lui-même. Populariser, faire comprendre, organiser la lutte pour ce but, c’est rompre avec le vieux mouvement ouvrier réformiste. C’est reprendre cette proposition de Marx, il y a cent cinquante ans, que les nouvelles circonstances permettent, et commandent donc impérativement de mettre à l’ordre du jour du mouvement prolétaire : « Au lieu du mot d’ordre conservateur : un salaire équitable pour une journée de travail équitable, ils [les prolétaires] doivent inscrire sur leurs drapeaux le mot d’ordre révolutionnaire : abolition du salariat. » 

    Certes, un tel objectif communiste peut paraître bien utopique dans l’état de terrible faiblesse du mouvement prolétaire aujourd’hui, perdu dans cette situation d’entre-deux où il lui faut abandonner ses habitudes du passé et inventer un nouveau qu’il ne perçoit pas encore. Mais, à l’inverse, il est réaliste de considérer que le capitalisme sénile engendre et engendrera toujours plus les circonstances qui permettront de sortir de cet entre-deux, sa crise s’aggravant l’amènera à prendre des mesures qui susciteront des mouvements de révoltes toujours plus intenses et massives. Mais seront-elles radicales ? C’est là bien sûr le problème à résoudre. En effet, le passage des prolétaires à des positions et activités révolutionnaires ne se fait pas automatiquement sous le seul effet de conditions objectives favorables. C’est pour cela qu’il faut un parti communiste, et, pour commencer, l’unité, l’association des communistes sur une base élémentaire et une forme souple, ainsi que cela a été esquissé ci-dessus.

    Pourquoi pas immédiatement un parti communiste sur le modèle bolchevick du passé disent certains, le considérant comme immuable. Parce que :

    1°) Un parti qui n’aurait, dans les conditions actuelles, quasiment aucune liaison avec les masses prolétaires, en leur sein, cela ne serait qu’un ridicule groupuscule auto-proclamé, une imposture.

    2°) Pour que cette liaison existe, il faut aussi qu’il existe dans le prolétariat un besoin correspondant, un besoin de dépasser les traditionnelles luttes salariales et pour l’emploi, de rechercher et construire une réelle alternative qui permette de sortir des reculades et des défaites de la période actuelle, qui rompe donc avec les partis et syndicats du système bourgeois. Sans l’émergence et l’affirmation de tels besoins, les propositions communistes ne rencontreraient qu’indifférence et hostilité .

    3°) Enfin, et pour rester bref, quel parti ? Ceux du passé qui ont réussi à avancer sur le chemin du communisme avant d’échouer ne sont pas nécessairement un modèle. L’organisation communiste doit répondre à une situation qui n’est pas la même aujourd’hui qu’hier, et elle se modifie selon les différentes étapes du processus révolutionnaire, ou se sclérose. Elle n’a donc rien d’immuable quelles que soient les circonstances, ni dans ses objectifs stratégiques et tactiques, ni dans ses formes, ni dans les moyens qu’elle met en œuvre.

    On ne discutera donc pas ici de la question de créer un parti puisqu’elle ne se pose pas encore. Celle qui se pose, c’est d’en préparer la création pour ce qui dépend des communistes eux-mêmes dans cette gestation. Tel devrait être le but d’une association souple des communistes qu’il faut aujourd’hui créer. Elle devra en particulier, et pour commencer :

    1°) Se donner les moyens – notamment celui d’une revue théorique – de poursuivre les analyses et les débats sur les questions importantes sur lesquelles l’unité reste à perfectionner.

    2°) Fournir ainsi aux différents membres de l’association, plus ou moins dispersés et autonomes, une base commune pour leurs activités.

    3°) Organiser une centralisation des expériences pratiques afin d’en tirer, en rapport avec l’analyse théorique et son perfectionnement, une synthèse permettant de perfectionner les activités et la tactique de l’association, de nourrir le débat critique, d’améliorer la liaison avec les prolétaires. Cela jusqu’au moment où les résultats obtenus seront suffisamment probants pour pouvoir fonder un nouveau parti communiste, selon une doctrine, une forme, des objectifs qui pourront alors être déterminés par tout ce travail préalable.

    En examinant les révolutions passées, finalement échouées, puis la situation actuelle du capitalisme, nous voyons finalement que deux conditions que Marx posait comme conjointement nécessaires au succès d’un processus révolutionnaire communiste d’abolition de la condition de prolétaire sont aujourd’hui réunies, qui ne l’étaient pas autrefois. À savoir :

    1) l’épuisement de l’accumulation (de la croissance) capitaliste, qui condamne les prolétaires à engager ce processus, ou à subir une descente aux enfers d’une ampleur, d’une violence destructrice sans précédent.

    2) l’existence de conditions matérielles indispensables à son succès.

    Reste à inventer et à construire la force organisée consciente « des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien » , le parti communiste adéquat à cette époque nouvelle.

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      4 décembre 2016 à 6 06 59 125912
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      Oulala – ce que je trouve cela interessant…

      On écrit « Comment les prolétaires qui sont enclins naturellement au réformisme dans leur lutte, peuvent ils s’engager dans une lutte communiste sans théorie ??? »
      1) Les prolétaires ne sont pas des paiens a évangéliser camarade.
      2) Ils ne sont pas enclins « naturellement » (qu’est-ce que la NATURE vient faire ici ? – l’innée et l’acquis versus l’appris ??) Ils sont confrontés = poussés inexorablement par l’exploitation qu’ils subissent à resister et ils le font sur le premier front d’agression du système (que la bourgeoisie ne contrôle pas incidemment) a se battre sur le front économique
      3) Cette pression économique qui s’exerce sur eux – indépendamment de la volonté de la bourgeoisie qui est forcé de les exploiter = les poussera ces prolétaires a intensifier leur lutte ou à périr.
      4) Pourquoi Les prolétaires devraient-ils s’engagés dans la lutte pour les rêves des sectes communistes – etc ?
      5) Les prolétaires renforceront leur lutte réformiste (pour sauver leur conditions de vie et de travail ) et en viendront par la force des choses a remettre en cause l’existence même du mode de production capitaliste (qui de toute facon sera fort mal en point ne pouvant plus valoriser le capital)
      6) ALORS le prolétariat cherchera une issue entre le MPC décadent – fini et des solutions réformistes pour revamper le MPC = impossible = alors il cherchera l’alternative ultime – UN NOUVEAU MODE DE PRODUCTION – pas le prêchi-prêcha pseudo communiste dont nous abreuve les pseudos communistes basés sur les soi-disant expérience « socialistes russes et chinoise et autres »

      7) Les communistes seraient mieux aviser plutôt que D’emmerder les prolétaires de faire le BILAN d’un siècle de prêchi-prêcha « socialiste » qui a partout finit en capitalisme décadent pire que le capitalisme classique dans les pays du vieux capitalisme traditionnel.

      Merci beaucoup camarade pour ton intervention.

      Robert Bibeau

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      6 décembre 2016 à 7 07 01 120112
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      MERCI POUR CETTE LONGUE NCITATION DE TOM THOMAS AVEC LAQUELLE JE SUIS EN PHASE

      Et toi qu’en penses-tu personnellement de tout cela – en tant que communiste ???

      Robert Bibeau

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        6 décembre 2016 à 17 05 32 123212
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        Que tu prends les communistes pour des imbéciles sûrement !
        Je lis Tom Thomas come tu peux le constater et lui au moins est clair…
        je te remercie d ‘ avoir pris le temps de le lire mais qu en tires tu vraiment ?
        Moi aussi j ‘ écris (voir notre blog) et je n ‘ ai pas honte de prendre ce qu il nous donne car à la vérité les.lignes que je t ‘ ai adressées sont un concentré édifiant de l ‘ évolution attendue. Le.fameux dépassement du capitalisme.
        il n ‘ y a jamais rien de SPONTANÉ !!!

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    7 décembre 2016 à 6 06 33 123312
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    Ne te fache pas camarade. On doit indiquer sa source. Je ne prends pas les communistes pour des imbeciles tu divagues. Je prends les communistes pour des fossiles vivants. Ils devraient dissoudre leurs organisations et reprendre l’analyse actuelle comme le fait d’ailleurs TOM THOMAS qui ne se presente ni comme communiste ni comme marxiste-léniniste NI MAOISTE NI TROST NI REIN DE TOUT CELA… EXCATEMENT COMME MOI.

    Pour ce qui est du long extrait – citer de Tom Thomas j’ai quelques commentaires que je presenterai en EDITORIAL la semaine prochaine. Merci de cet extrait fort utile et pertinente.

    Robert Bibeau

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    7 décembre 2016 à 9 09 35 123512
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    Alors là je ris ! Tom Thomas fait référence plus d’une fois à la création du Parti Communiste. Il y a consacré toute sa vie et je le connais personnellement ! !

    Il n’y a pas plus COMMUNISTE que lui !!!

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      7 décembre 2016 à 10 10 03 120312
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      Alors je te dois des excuses – je me fiais à ses écrits ou je n’ai pas vu qu’il se réclamait communiste membre d’une organisation.

      Je me suis trompé et je m’en excuse – Je suis donc le seul NON gauche non communiste – non marxiste-léniniste non trot non anarchiste – non mao non le reste dans les débats prolétariens révolutionnaire

      Merci de l’information.

      Robert Bibeau

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    8 décembre 2016 à 12 12 18 121812
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    Tu es le Roi nu….comme disait Lénine :
    « Sans théorie révolutionnaire pas de mouvement révolutionnaire. .. »

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      9 décembre 2016 à 13 01 20 122012
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      Salut camarade

      Je suis peut-être « NU » mais jamais demuni – rassure-toi.

      Pour ma part etant materialiste dialectique proletarien – plutôt qu’idealiste petit-bourgeois comme l’etait Lenine je dis exactement le contraire de LENINE

      « Sans mouvement proletarien revolutionnaire pas de theorie revolutionnaire proletarienne  » (:-))))

      Sans rancune VIENS NOUS VISITER ICI ET DONNE NOUS TON OPINION http://www.les7duquebec.com/7-au-front/salaire-minimum-et-revenu-minimum-garanti-quels-fumisteries/

      Robert Bibeau

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      14 décembre 2016 à 20 08 39 123912
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      mERCI BEAUCOUP MONSIEUR Lehoux de nous avoir refere ce texte sur votre blog

      La lecture de ce texte fort interessant m’amène une question. Marx ecrit ceci :

      « De même qu’en d’autres époques une partie de la noblesse passa à la bourgeoisie, de nos jours, une partie de la bourgeoisie passe au prolétariat et, notamment, cette partie des idéologues bourgeois qui se sont élevés jusqu’à l’intelligence théorique de l’ensemble du mouvement historique ». Manifeste du Parti Communiste.

      Mais Dites-moi M. Lehoux ou sont ces bourgeois passer au proletariat et meme au communisme ??? Sont-ils au PCF ? Avec Melanchon ?? avec le PCRF ? Ou sont-ils er que font-ils pour la revolution ???

      Je note que dans l’ensemble de ce texte on passe constamment dans le propos de la conscience de classe proletarienne à la conscience COMMUNISTE… Les deux choses sont-elles identiques ??? Si OUI alors ou sont les gens à la conscience communiste dans la lutte de classe du proletariat présentement ? Comment les reconnaître ? Que font-ils ??? Ou sont-ils ?

      Merci de votre patience Monsieur Lehoux

      Robert Bibeau

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    14 décembre 2016 à 20 08 55 125512
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    M. LEHOUX

    J’ai tire cet extrait de votre BLOGUE ou il est ecrit  » « Si la classe ouvrière lâchait pied dans son conflit quotidien avec le capital, elle se priverait certainement elle-même de la possibilité d’entreprendre tel ou tel mouvement de plus grande envergure. En même temps, et indépendamment de l’asservissement général qu’implique le régime du salariat, les ouvriers ne doivent pas s’exagérer le résultat final de cette lutte quotidienne. Ils ne doivent donc pas se laisser absorber par ces escarmouches inévitables…Il faut qu’ils comprennent que le régime actuel, avec toutes les misères dont il les accable, engendre en même temps les conditions matérielles et les formes sociales nécessaires à leur émancipation. Au lieu du mot d’ordre conservateur: “un salaire équitable pour une journée de travail équitable”, ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire: “Abolition du salariat”. Dans “Salaire, Prix et Profit” (Chapitre: La lutte entre le Capital et le Travail et ses résultats).

    Il faut repondre a MARX qu’il est IMPOSSIBLE que la CLASSE OUVRIERE LACHE pied dans sa lutte quotidienne sur le front economique de la lutte de classe car LA BOURGEOISIE ne lui laisse pas le choix. La classe capitaliste est forcee de mener la charge contre la classe ouvrière afin de maintenir et renforcer la valorisation de son capitale SA RAISON D’ETRE d’où le proletariat n’a pas non plus le choix, il riposte ou il meurt – d’inanition et disparaît. La lutte de classe n’est pas un choix – que l’on peut prendre ou refuser
    En ce qui concerne le slogan ABOLITION DU SALARAIT la classe proletarienne n’y viendra qu’a la fin – quand elle aura teste – sonde toute les autres alternatives réformistes qui se seront toutes revelees inopérantes – inefficaces – inadéquates. Quand la classe inscrira ce slogan sur ses bannières c’est que l’Insurrection populaire sera tres avancee et la revolution proletarienne amorcee – la conscience DE CLASSE – NON PAS COMMUNISTE COMME LE PROPOSE VOTRE TEXTE – COMMUNISME N’EST PAS UNE CLASSE SOCIALE – LA CONSCIENCE DE CLASSE PROLETARIENNE sera alors arrivee a maturite prete a construire le mode de production communiste.

    Merci de tes propos
    Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    15 décembre 2016 à 17 05 50 125012
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    C’est bien ce que je pensais…tu es anticommuniste et tu ne comprends rien à Marx ce qui va ensemble.

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  • Ping : Insurrection populaire et révolution prolétaire – les 7 du quebec

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