D’AUTRES CHOCS FINANCIERS À PRÉVOIR DÉCLARE TRICHET !

Avez-vous déjà essayé de transformer un cercle en carré ou l’inverse ? Impossible n’est-ce pas ? Il y a toujours un trait ou un élément de trop…

Eh bien, l’invité d’honneur de la 17e Conférence de Montréal sur l’économie mondiale, M. Trichet, président de la Banque centrale européenne, est venu déclarer qu’il tenterait d’équarrir le cercle de ses patrons européens et qu’il y travaillerait très fort au cours des prochains mois. Lisez plutôt ses propos : « Le marché financier mondial, comme l’économie mondiale, a démontré une absence de résilience absolument frappante, a-t-il dit hier parlant de ces sombres jours d’automne 2008, (…) En l’espace de quelques jours seulement, l’ensemble de l’économie a semblé près de s’effondrer d’un coup. C’est le devoir des pouvoirs publics de dire au secteur privé: « nous sommes plus vulnérables que vous semblez le croire.  » » (1).

Nous avons maintenant suffisamment de matériel contradictoire pour pousser notre analyse plus avant. Le président de la BCE désespère de la faible résilience de l’économie mondiale. C’est pourtant faux, l’économie mondiale a résisté malgré les fraudes, les vols, les arnaques montées par ses patrons, les banquiers, et l’économie mondiale a survécu à la crise qu’ils ont provoquée. Il faut dire que l’expression « économie mondiale » est ici un euphémisme pour désigner la somme des activités humaines sur terre. L’activité humaine ne peut disparaître sur la planète tant que l’humain occupera cette sphère qu’il transformera par son labeur quotidien.

C’est donc d’autre chose dont nous entretient le sophistiqué président européen. En effet, dans la seconde partie de sa phrase, il raffine sa pensée, lui qui fut nommé à ce poste par les pouvoirs publics européens sur l’ordre des capitalistes monopolistes financiers, rappelle que les gouvernements ont un rôle très précis à jouer afin de bien réguler le système d’exploitation et d’esclavage salarié capitaliste, ceci dans le but d’en  assurer la pérennité. Il s’agit donc de faire comprendre leurs intérêts profonds et à long terme à ses patrons vautours financiers, il s’agit de contenir les usuriers à l’intérieur d’un jeu boursier limite qui, s’il n’est pas respecté par tous et chacun, entraînera l’effondrement de tous, non pas l’effondrement de « l’économie mondiale en général » mais l’effondrement de la structure d’exploitation capitaliste par les requins de la finance.

Le grand commis européens d’appeler, à l’occasion de sa conférence de Montréal, les caïmans financiers mondiaux à réfréner leur voracité cannibale par une plus grande discipline du « secteur privé » complètement intégré au « secteur public » afin d’accepter que « les réformes entreprises par les gouvernements sont nécessaires, n’en déplaise aux banquiers et autres gens d’affaires qui ont commencé à s’en plaindre. » (2).

Mais voilà que la vie réelle rattrape notre mystique banquier qui ne parvient pas plus que les autres à équarrir le cercle des contradictions capitalistes. « Comme la dernière crise est venue, cette fois-ci, des marchés financiers, plusieurs d’entre elles (les réformes NDLR) visent à en resserrer la supervision. Mais les futurs chocs pourraient venir de n’importe où, a-t-il expliqué: de l’évolution fulgurante des technologies, des changements constants dus à la mondialisation, de facteurs géopolitiques. » (3).

Dans cet extrait, l’employé de la banque centrale des capitalistes européens admet qu’il n’a pas pu empêcher ses patrons de se phagocyter et il prévient son auditoire de petits-bourgeois recherchistes et analystes universitaires que le prochain tsunami financier pourrait provenir de n’importe quel acteur du sérail, soit des ambitieux banquiers, soit des vicieux spéculateurs boursiers, soit des plantureux présidents de trusts (assurance, communications, services, commerces de détail) ; il pousse même sa voyance à sa limite en nous invitant à observer l’évolution des technologies de télécommunications (la spéculation boursière intercontinentale via Internet) et le repartage constant des marchés qu’il qualifie pudiquement de « mondialisation »; il se méfie même de la géopolitique (veuillez ici comprendre : les guerres de rapines comme celles en cours en Afghanistan, au Nord Pakistan et en Libye sous les bombes meurtrières de l’OTAN), toutes ces variables pourraient perturber la quiétude de l’évolution économique du monde impérialiste (évolution qui n’est jamais paisible, soit dit en passant) en décrépitude circulaire et cubique.

Il n’est pas facile pour le subalterne Trichet de commander aux politiciens européens, placés à leurs postes par ses patrons, qui en retour l’ont placé, lui, aux commandes de la Banque centrale européenne afin qu’il les oblige à se discipliner et à survivre tous ensemble, ce qui est en contradiction flagrante avec le système économique qu’il est censé préserver. Mesdames et messieurs vous assistez ici à la prestation d’un valet qui veut le bien de son maître qui, lui, veut les biens de tous les autres…et pour cela le président Trichet souhaite mettre de l’ordre dans un système économique qui est par essence anarchique…  Voilà ce qui s’appelle équarrir un cercle.

« La fameuse crise de la dette souveraine européenne est un problème de politique économique et budgétaire dans certains pays, dont la Grèce, a précisé celui qui réclamait, la semaine dernière, la création d’un poste de ministre européen des Finances capable d’apposer son veto au budget d’un pays membre qui compromettrait la stabilité financière de la zone euro. » (4)

Quoi qu’il en soit, un jeune « trader » qui sévit à la Cité de Londres, héros du film KRACH (2010) avoue candidement que quelque soit la réglementation  imaginé pour le contrer son travail consiste à la contourner (5).

Terminons l’analyse de l’oraison funèbre de l’impérialisme chanté par le thuriféraire des cardinaux de la finance européenne. Afin de forcer la main à certains « lâches gouvernements membres de l’Union » qui fuient leurs obligations de transférer le fardeau de la crise capitaliste sur le dos de leur peuple, et au premier chef de leur classe ouvrière qui rechigne à travailler toujours plus pour gagner toujours moins ; le diacre recommande la nomination de son pendant budgétaire suprême. Comme Trichet gère l’euro pour le bénéfice de ses suzerains financiers européens, un ministre des finances suprême aurait droit de vie ou de mort sur les budgets nationaux européens afin de sanctionner les lâches qui hésitent de façon opportuniste à frapper leur peuple des pires contraintes et des plus terribles restrictions, privatisation et liquidation des services publics imposées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) que gérait jusqu’à tout récemment un ex-candidat PS à la présidence française. Pourquoi prendrai-je ainsi un si malin plaisir à tourner le fer (numéro 7) dans la plaie « socialiste » française ?

« Il faut ce qu’il faut », quand l’on souhaite assurer le profit maximum à ses patrons alors que l’économie européenne est en phase descendante et léthargique soumise à la concurrence de ce dragon impérialiste venu d’Orient tous les moyens sont bons. En attendant, que la classe ouvrière européenne et mondiale se le tienne pour dit, les magouilles contre son pouvoir d’achat se raffinent en haut lieu et la contradiction Capital – Travail suit son cours inéluctable.

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(1) http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/324932/d-autres-chocs-surviendront-dit-jean-claude-trichet-les-etats-doivent-agir-de-maniere-preventive?utm_source=infolettre-2011-06-07&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

(2) Idem.

(3) Idem.

(4) Idem.

http://easytrade.leforum.eu/t65-KRACH-LE-FILM-BANDE-ANNONCE.htm

4 pensées sur “D’AUTRES CHOCS FINANCIERS À PRÉVOIR DÉCLARE TRICHET !

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    8 juin 2011 à 9 09 34 06346
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    «Il s’agit donc de faire comprendre leurs intérêts profonds et à long terme à ses patrons vautours financiers, il s’agit de contenir les usuriers à l’intérieur d’un jeu boursier limite qui, s’il n’est pas respecté par tous et chacun, entraînera l’effondrement de tous, non pas l’effondrement de « l’économie mondiale en général » mais l’effondrement de la structure d’exploitation capitaliste par les requins de la finance.»

    Je le sais bien! Et c’est pourquoi j’espérais en 2007-2008, que cela arrive! Meilleure chance la prochaine fois! À nous de jouer à vrai dire! Les gens veulent du changement et nous devons leur offrir cette alternative économique, qu’est le socialisme comme base pour un dessein encore plus profond et plus véritable, que serait le communisme.

    «« La fameuse crise de la dette souveraine européenne est un problème de politique économique et budgétaire dans certains pays, dont la Grèce, a précisé celui qui réclamait, la semaine dernière, la création d’un poste de ministre européen des Finances capable d’apposer son veto au budget d’un pays membre qui compromettrait la stabilité financière de la zone euro. » (4)»

    Asservissement par l’endettement, où est passée la démocratie, si les seules bonnes options pour l’UE, ne sont que capitalistes? Des conneries! Il faut en finir, ici aussi, avec le fédéralisme! Nous n’avons pas, pour notre part, à nous taper la bêtise humaine collective de l’ouest canadien. L’indépendance est une nécessité au Québec, plus que jamais. Nous éviterions cet exemple, car n’oublions pas que nos conservateurs pro-terrorismes vont nous enfoncer un plan économique de droite, un plan d’austérité. Il pourrait mettre fin à nos services sociaux, qui font pourtant notre renommée partout dans le monde.

    Vous avez raison, c’est ce qu’ils préparent pour nous, un asservissement total, par l’endettement. Il faut renverser le capitalisme, il faut l’abolir. La dictature des minorités parasitaires bourgeoise a assez causé de torts comme ça.

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    8 juin 2011 à 10 10 03 06036
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    OH boy… Voilà le chauvinisme – étroit petit bourgeois (Québécois de souche) qui ressurgit magouillant et mêlant – DÉMOCRATIE et SOUVERAINETÉ – et FÉDÉRALISME – et quoi d’autre ??? La bêtise humaine elle est ici dans l’EST au Québec avec ces ‘BOBOS’ qui nous emmerdent avec leur souveraineté de quatre sous – visant à placer la pourrite MAROIS – qui vient d »en prendre sur la gueule justement – au poste de commande et la croit-on le peuple québécois sera libre et indépendant … OUI libre de se faire exploiter par ANCORMITAL (ou je ne sais quel nom pardonnez-moi) qui monte au NORD spolier le fer et les inuits pour les impérialistes de l’INDE…

    NON de grâce n’utilisez pas cet espace pour répandre vos mystifications de petit bourgeois que le peuple québécois solidaire du prolétariat du reste du Canada a rejetté lors de la dernière élection fédérale de façon NON ÉQUIVOQUE. Le BLOC et le PQ retirez vous de ce corps satan. (:-)))

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    8 juin 2011 à 10 10 23 06236
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    Je ne suis pas nationaliste, soit dit en passant, mais aucunement. Je suis solidaire de mes camarades au Canada, mais pas au point de couler avec eux, et les conservateurs ayant choisi cette voie que le capitalisme sauvage.

    Je suis pour l’abolition du capitalisme, tout en étant conscient qu’en attendant, je dois me taper le moins pire, tant au Fédéral qu’au provincial, et je me fais conséquent sur la question.

    J’ai voté NPD, tout en considérant ce parti comme un parti capitaliste, juste moins pire que les autres.

    J’ai voté Q-s au Québec, tout en étant conscient qu’il n’était pas un parti révolutionnaire.

    Je suis conséquent.

    Ne m’accusez pas de ce nationalisme crasse qui couvre tous ces beaux parleurs des partis que vous citez, pour lesquels je ne vote pas.

    D’autre part, je ne crois pas que les électeurs se soient fait cohérents lors des dernières élections, et qu’ils aient rejeté l,indépendance du Québec, comme je ne crois pas qu’ils se soient viré vers la gauche en votant pour le NPD. Il ne faut pas non plus, voir la conscientisation des travailleurs «Coast to Coast» comme un évènement avéré. Ce n’est pas le cas, cher Robert.

    L’indépendance, elle est pour moi une stratégie du moment et non un souhait des plus chers, un rêve quoi. Je suis indépendantiste par opportunisme, oui. Je ne suis pas nationaliste. Je ne crois même pas aux races, ni aux frontières virtuelles que les hommes se donnent, en guise de détermination de leur pays. Mais c’est quand même le cas en attendant et le Québec et ses habitants est néanmoins ce que l’on en pense, plus à gauche que le reste du Canada. Il peut être le talon d’Achile, en Amérique du Nord.

    Imaginez un Québec prouvant que le socialisme peut exister et que tout ce qui peut empêcher le socialisme de se développer, c’est le capitalisme et son impérialisme.

    Vous m’avez accusé trop vite je crois, vous auriez pu poser la question tout simplement. Par ailleurs, je milite au sein du CIO et collabore avec mes camarades de l’ouest du Canada, comme avec ceux aux États-Unis d’Amérique ou en Israël.

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    8 juin 2011 à 10 10 27 06276
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    Vos accusations me glissent sur le dos… Je me demandais même si vous me causiez.

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