De la régression de l’dée de la démocratie dans le Monde arabe, huit ans après le printemps arabe

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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Texte de l’intervention de l‘auteur au colloque «La démocratie à l’Est de la Méditerranée», organisé par L’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR) Genève 22- 23 Septembre 2018.

Le millénaire avait pourtant bien commencé, annonciateur d’une ère nouvelle de liberté, de créativité, d’épanouissement individuel et d’élan collectif à l’effet de compenser un demi-siècle d’humiliation, de soumission, de résignation, d’impuissance et de défaites.

La période transitoire entre le décès du président syrien Hafez Al Assad, qui avait monopolisé le pouvoir pendant trente ans, et son successeur, en l’occurrence son propre fils Bachar Al Assad, en vertu des règles en vigueur dans une république monarchique, avait favorisé l’éclosion d’un «printemps de Damas» où des forums surgissant de nul part donnaient voix à des paroles longtemps bridées, à des consciences muselées. La fin de l’état d’urgence était exigée avec son corolaire la libération des prisonniers politiques, le pluralisme politique, le multipartisme. Jamais la Syrie n’avait connu une séquence civile aussi euphorique.

Une deuxième grosse bouffée d’oxygène a soufflé sur le Monde arabe cinq ans après, en 2005, dans la foulée de l’assassinat du premier ministre libanais Rafic Hariri, provoquant, chose inimaginable à l’époque, le retrait de l’armée syrienne du Liban dans la séquence dite de la «Révolution orange».

Le troisième grand souffle de liberté est intervenu dix ans après le «printemps de Damas», en 2011 avec la séquence dite du «printemps arabe», marquant le soulèvement populaire des peuples arabes contre les régimes dictatoriaux dans les deux versants du Monde arabe, au Maghreb en Tunisie, l’étincelle du printemps arabe, contre Zine el Abidine Ben Ali, et, au Machreq, en Egypte contre Hosni Moubarak.

Hormis ces trois frémissements, en vingt ans, du «Printemps de Damas» au «Printemps arabe», la démocratie n’a cessé de régresser dans le Monde arabe, entrant dans une ère de glaciation, de même que l’idée même de démocratie, du fait d’une triple imposture:

  • L’imposture d’une fraction importante des démocrates arabes,
  • L’imposture des grandes démocraties occidentales,
  • L’imposture de l’idée même des révolutions arabes.

L’imposture d’une fraction importante des démocrates arabes:

Les dissidents de la vieille garde: Abdel Halim Khaddam, Mouncef Marzouki, Azmi Bishara, Michel Kilo, Borhan Ghalioune, Walid Joumblatt

Les dissidents de la vieille garde: l’exemple d’Abdel Halim Khaddam

Le printemps de Damas sera ainsi de courte durée. Moins qu’une période normale de gestation. Huit mois. Par le fait du prince.

La fin de la partie sera en effet, paradoxalement, sifflée par celui qui était à l’époque vice-président de la République Abdel Halim Khaddam, lequel, se vivant en gardien du temple baasiste, redoutait une Perestroïka à la Boris Eltsine, hyper capitaliste, ultra libérale, qui aurait menacé les privilèges de la caste dominante.

Le coup d’arrêt avait été expliqué alors par la crainte d’un débordement, une dérive selon le schéma algérien, une «Algérisation» (Jazzara, selon le terme de Khaddam), dans une zone ployant sous l’arbitraire bureaucratique, alors que la Syrie était prise en tenaille, entre Israël et la Turquie, par une alliance de revers entre ses deux partenaires stratégiques des Etats Unis, de surcroît en butte à l’hostilité du régime rival baasiste irakien.

L’invasion américaine de l’Irak et l’adoption de la Syrian Accountability Act, en 2002, constitueront a posteriori une justification complémentaire de la neutralisation du «printemps de Damas».

La Syrian Accountability Act puis dans la foulée le Hezbollah Accountability Act, en 2003, avaient pour fonction de déclencher le compte à rebours visant à la déstabilisation de la Syrie, seul pays arabe du champ de bataille» avec le Liban, encore en état de belligérance contre Israël.

Le bien nommé Khaddam -dont la signification de son nom correspond au terme français de laquais-, avait renié son militantisme après avoir abusivement ponctionné le Liban opérant par cupidité la plus retentissante conversion de l’histoire contemporaine.

Marginalisé au congrès du parti Baas, son vœu secret de succéder à son mentor Hafez Al Assad, contrarié, Abdel Halim Khaddam quitte Damas pour Paris et fonde avec ses anciens ennemis, les Frères Musulmans, «Le Front de Salut National». Une démarche qui a retenti comme un véritable défi pour les adhérents à la «Déclaration de Damas» en ce que l’un ses principaux signataires, les FM de Syrie, y avait souscrit, tout en s’engageant, parallèlement, dans une alliance avec un ancien cacique du régime baasiste, sans consultation préalable des autres adhérents. Un parfait exemple de la duplicité dont la confrérie est coutumière et qui sera désastreuse pour la suite des événements.

Elle a été vécue comme un fait accompli de deux acteurs de la scène syrienne, face à un bloc qui constituait la coalition la plus large possible. Elle se révélera suicidaire pour l’ancien dirigeant baasiste et frappera de suspicion les intentions des Frères Musulmans syriens.

Le partenariat ainsi scellé entre les anciens frères ennemis (Khaddam+ Frères Musulmans) va donner lieu à un débat intense au sein du Front Intérieur de l’opposition portant sur l’opportunité des alliances à nouer avec la vieille garde du régime baasiste et le degré de confiance à leur accorder de même qu’à la branche syrienne de la confrérie. Le débat, houleux, entraînera la démission d’une large fraction des signataires du texte fondateur. Devant l’ampleur des divergences, deux personnalités éminentes de l’opposition syrienne, -le communiste Riad Turk et le libéral Riad Seif, anciens prisonniers politiques des geôles syriennes-, décideront alors de mettre en veilleuse le projet de constitution d’un large «Front Intérieur» dans l’attente que se décante la situation.

Le «Front de Salut National» volera en éclat dans la foulée de l’agression israélienne de Gaza, en 2008-2009, alors que le Hamas, la branche palestinienne des FM, faisait face à une offensive visant à son anéantissement en l’absence de toute réaction arabe, notamment des pétromonarchies du Golfe, les nouveaux parrains idéologico-financiers d’Abdel Halim Khaddam. L’homme, il est vrai, avait anticipé le primat saoudien sur l’ordre domestique arabe se projetant, le premier, dans l’ère post soviétique et le monde unipolaire américain.

Conséquence majeure de cette alliance entre partenaires si antinomiques, le «Front de Salut National» a entravé la mise sur pied d’un large Front des Forces Intérieures de l’Opposition Syrienne», déblayant largement la voie aux ingérences extérieures.

Sa mission accomplie, plutôt son forfait, Abdel Halim Khaddam, factotum de son coreligionnaire sunnite libanais, sera relégué aux oubliettes de l’histoire, lâché par tous, y compris par ses nouveaux et encombrants alliés, l’organisation des «Frères Musulmans», celle-là même qui s’était lancée à l’assaut du pouvoir en Février 1982, en vue de faire trébucher le régime baasiste dont il était un des piliers, à quatre mois de l’invasion israélienne du Liban. Rétrospectivement, Abdel Halim Khaddam a démontré par ses alliances rotatives la fragilité du projet démocratique au sein d’une large fraction de l’opposition syrienne. Une fragilité qui éclatera au grand jour après le 18 mars 2011, date généralement considérée comme le début du soulèvement populaire syrien.

De Michel Kilo, ancien prisonnier des geôles syriennes et futur commensal du Prince Bandar Ben Sultan, le chef de la contre révolution arabe, aux universitaires Borhan Ghalioun et Basma Kodmani, des bi nationaux franco-syriens opérant comme des supplétifs de leur ancienne puissance coloniale dans la destruction de leur pays d’origine, ainsi que Georges Sabra, Riad Turk, Riyad Hijab, Kamal Labwani, Souhair Al Atassi…. l’ambiguïté du programme et des alliances, de même que le suivisme témoigné par ceux qui se révéleront des comparses, éclatera au grand jour à l’explosion volcanique qui a carbonisé la sphère arabe à partir de 2011.
De surcroît, l’ahurissante mutation de certaines figures de proue démocratiques du Monde arabe en mercenaires cupides, un phénomène qui a bourgeonné à l’occasion de ce mal nommé printemps, y compris parmi des personnalités perçues alors comme d’authentiques démocrates, -de Walid Joumblatt (Liban), à Mouncef Marzouki (Tunisie), au parcours sinueux, à Borhan Ghalioun (Syrie), auteur du «Manifeste pour la Démocratie», mais homme avide de pouvoir et d’argent, ainsi qu’Azmi Bishara (Palestine)-, a constitué un cas manifeste de trahison des idéaux de la révolution et de la démocratie. Une défaite de la pensée. Une insulte à l’intelligence. Une défaite de la liberté.

Pour aller plus loin sur ce thème

B- Mouncef Marzouki: Une mystification, la grande déception des démocrates arabes.

Neurologue, réputé pour sa ferme opposition à la dictature Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie, Mouncef Marzouki plongera dans la consternation ces compagnons de lutte dans sa précipitation à pactiser avec la branche tunisienne des Frères Musulmans pour satisfaire des ambitions présidentielles dévorantes, sans la moindre garantie. Une culbute idéologique qui demeurera, bien qu’il s’en défende, une tâche noire dans son parcours auparavant respectable, la marque d’un opportunisme à tout crin, d’un amateurisme désastreux pour la crédibilité du combat démocratique arabe.

Pourtant ce lauréat de l’Académie des Sciences de Washington, titulaire de la «Médaille des Droits de l’Homme» en tandem avec l’opposant syrien Haytham Manna, avait clairement affiché ses opinions et ses démarches dans un opus co-signé avec des démocrates d’autres pays arabes, au titre prémonitoire et intitulé:» Comment faire avancer la question de la démocratie et des Droits de l’Homme dans le Monde arabe» ?
En fait, l’ouvrage constituait un relevé des conclusions établies trois ans auparavant à Vienne par l’opposant tunisien en compagnie de ces camarades de lutte arabes, avec lesquels il avait fondé, en 1998, la «Commission Arabe des Droits Humains (ACHR), notamment l’écrivain palestinien Mohamad Hafiz Yakoub, l’égyptien Mohamad Sayed Said, la libanaise Violette Daguerre et le Syrien Haytham Manna.

La démarche, telle qu’elle a été consignée dans cet opus, spécifiait que le Monde arabe se devait de «construire un projet théorique et politique d’une démocratie libérée de toute influence occidentale, fondée sur les principes universels des Droits de l’Homme». Considérant que «tous les projets de transition pollués par la violence avaient eu pour effet de renforcer le système autoritaire», l’étude prônait en conséquence «la résistance civile et le changement pacifique» et posait comme condition sine qua non l’INDEPENDANCE de leur action.

Un beau palmarès: Une petite encyclopédie des droits de l’homme, un volume de 2550 pages, en trois volumes, des ouvrages sur la «Deuxième Indépendance» (la démocratie), sur la résistance civile et les droits de l’homme en Tunisie, en Egypte, en Arabie saoudite en Irak, au Maroc, en Syrie, sur la violence et l’intégrité physique et morale. Une quarantaine de chercheurs arabes et internationaux ont participé à ce projet éditorial.
Curieux hasard: L’un des plus récents ouvrages de la Commission portait pour titre «la Tunisie de demain», édité en 2001, préfacé par Haytham Manna avec la participation des trois personnalités qui formeront une décennie plus tard la troïka tunisienne: Rached Al Ghannouchi, Moncef Al Marzouki, Moustafa Ben Jaafar.

Sans surprise, les idées avancées dans ce livre en vue de l’édification d’une démocratie sociale seront foulées au pied, trahies par ceux-là même qui en étaient les auteurs, le trio précité, selon l’adage bien connu selon lequel «les promesses n’engagent que ceux qui y croient».

Patent a été le décalage entre le rêve démocratique arabe et les contraintes de l’exercice du pouvoir: Des concessions aux parrains financiers de la troïka tunisienne, les deux Hamad, -Hamad Ben Khalifa, Emir du Qatar et Hamad Ben Jassem, son ministre des Affaires étrangères, aux compromis avec les Occidentaux, en superposition à l’influence omniprésente du Cheikh Youssef Al Qaradawi sur Al Nahda, notamment à propos de la Libye et de la Syrie, où le Mufti qatari de l’Otan implorera les pays occidentaux de bombarder la Syrie, un pays qui a pourtant mené quatre guerres contre Israël, dans une démarche qui révèle un rare cas de défragmentation mentale……la liste est longue des forfaitures qui conduiront le premier président post dictature de la Tunisie, Moncef Marzouki à accueillir à Tunis la «Conférence des Amis de la Syrie», le groupement des conjurés pétro-monarchiques et du pacte atlantiste de la guerre de Syrie, carbonisant au passage son parcours historique.

Ce militant jadis respecté sera renvoyé à ses pénates par une coalition de certains de ses anciens admirateurs et rejeté dans un oubli réparateur, nonobstant les dégâts qu’il aura infligés au projet dont il a été un des concepteurs: la promotion de la démocratie dans le Monde arabe qu’il a, paradoxalement, durablement sinistré.

Mouncef Marzouki passera à la postérité comme une mystification, la grande déception des démocrates arabes.

C- Azmi Bishara.

Figure de proue de la contestation progressiste arabe, Azmi Bishara, ancien député palestinien du parlement israélien, a opéré une reconversion spectaculaire faisant allégeance au Roi Dollar et aux vertus lubrifiantes des pétro-dollars.

Issu d’une famille chrétienne palestinienne, membre fondateur du parti BALAD- farouche défenseur de la laïcité par opposition au concept d’«État juif», membre de la Knesset (1996-2007), Azmi Bishara se ralliera à la frange la plus obscurantiste de l’Islam, l’Islam wahhabite. Il se fourvoiera en public, en direct, depuis les écrans de la chaîne du Qatar Aljazeera, en suggérant au présentateur du journal, hors antenne mais micros ouverts, de négliger les troubles de Bahreïn, à l’époque violents, pour se focaliser sur la Syrie et l’Egypte, «aux événements prometteurs», avait-il prédit depuis son exil pétrodollarisé de Doha.

Boudé désormais par l’intelligentsia arabe, Azmi Bishara s’est replié sur son nouveau fief, pays le plus antinomique de la laïcité qu’il préconisait contre Israël, pour diriger le nouveau porte-voix de la principauté, le journal «The New Arab» (Le Nouvel Arabe), qu’il souhaite façonner sans doute à son image: Reptile et Servile.

D- Michel Kilo

De son parcours de militant, son statut de prisonnier politique sous le régime syrien, son patriotisme bien ancré, son expérience affirmée des luttes politiques, de même que son ancrage sur le terrain et son assise populaire…. Tout destinait Michel Kilo à devenir le phare d’une révolution qu’il devait éclairer de son expertise et de ses sacrifices, à l’effet de lui conférer l’éclat dont l’avait privé le terne duo supplétif de l’administration française, les binationaux Borhan Ghalioune-Basma Kodmani. Tout destinait ce chrétien syrien à rallier le camp de l’opposition démocratique, et non l’opposition commanditée pétro monarchique. Tout, son intégrité, sa sobriété, son expertise, son prestige, sa légitimité. Tout, sauf que le diable se niche dans les détails.

Sa commensalité nouvelle avec Bandar Ben Sultan, du temps de la splendeur du chef du djihad mondial, dont il empruntait régulièrement le jet privé pour des consultations dinatoires, tous ses reniements successifs le conduiront à sa participation au «Weinberg Founders Conference», fatale à sa réputation.

En marge de son entretien avec John Kerry, le secrétaire d’état américain, dans la foulée du colloque organisé le 8 mai 2014 par le Washington Institute, une émanation de l’AIPACC, le plus influent lobby juif américain, Michel Kilo aurait fait passer un message à Ehud Barack visant à le sonder sur la possibilité d’une intervention militaire israélienne contre la Syrie.
Suprême humiliation, l’israélien a décliné l’offre de l’ancien chef de file du combat nationaliste de Syrie, révélant au grand jour sa fêlure mentale. Une fêlure fatale à son destin. Le récit sur ce lien, notamment l’offre de Michel Kilo aux Israéliens:

E- Borhan Ghalioune

La propulsion de cet ancien militant de la gauche radicale syrienne à la tête de l’opposition off-shore pétro monarchique a fait office de révélateur des ambitions de cet universitaire besogneux, en même temps qu’elle révélait sa cupidité et sa désorientation mentale en ce que son parachutage à la présidence de cette coalition hétéroclite, noyautée par les Frères Musulmans, s’est faite sous le double parrainage de la France et de la Turquie, les deux pays complices du démembrement de la Syrie au XX me siècle (Affaire du district d’Alexandrette) et la caution des personnalités les plus philo-sionistes de France: Bernard Henry Lévy, Bernard Kouchner et Laurent Fabius, le petit télégraphiste des Israéliens dans les négociations sur le nucléaire iranien.

Expulsé de son pays pour avoir émis des critiques sur la pratique religieuse dans les pays arabes, Borhan Ghalioune, nouvel allié des islamistes, se livrera, avec jubilation, au dogme néoconservateur, s’engageant à rompre avec l’Iran et à couper les voies de ravitaillement du Hezbollah Libanais. Invraisemblable posture qui a renvoyé dans l’imaginaire arabe au destin funeste d’Ahmad Chalabi, l’ancien chef de file de l’opposition irakienne pro américaine, rejeté dans les poubelles de l’Histoire une fois son forfait accompli.

Une abdication qui lui vaudra d’ailleurs un volet de bois vert de la part de certaines des plus importantes figures de l’opposition syrienne et arabe. «Il n’est pas permis de sacrifier l’unité des révolutionnaires de Syrie pour la tranquillité de Hilary Clinton», secrétaire d’état américain, lui assénera Haytham Manna, une des figures les plus respectées de l’opposition syrienne, dans un libelle intitulé «Conseils gratuits pour une politique étrangère» paru le 10 décembre 2011 dans le journal libanais «As Safir», tandis que le chroniqueur d’Al Qods Al Arabi, Rachad Abou Chawar, s’étonnait que la priorité de l’universitaire franco syrien porte sur le châtiment des deux pôles victorieux de la résistance à l’hégémonie israélo-américaine.

Qu’un universitaire français, par ailleurs auteur du «Malaise arabe», Bourhane Ghalioune, parachuté par la France à la tête de l’opposition off -shore syrienne, fasse joujou, aux premiers jours du soulèvement anti-Assad, avec un fusil mitrailleur, en compagnie du porte-parole d’un groupement djihadiste terroriste en Syrie, Mohammad Al Adanani, résume à lui seul la mystification occidentale et l’imposture des révolutionnaires du «printemps arabe» en Syrie.

II – L’imposture des démocraties occidentales

Au-delà de la souillure morale représentée par l’alliance contre nature scellée avec les régimes les plus antinomiques à leurs principes, les pétro monarchiques obscurantistes, de même que le téléguidage à distance des bouleversements sociaux du Monde arabe, les «grandes démocraties occidentales» se sont livrées à une opération de manipulation de l’opinion publique visant à détourner un mouvement authentiquement populaire au départ (les soulèvements de Tunisie et d’Egypte) de ses objectifs initiaux, projetant au rang de symboles des instruments de leur politique.
Deux faits majeurs illustrent l’imposture des grandes démocraties occidentales, et leur manipulation de l’opinion publique pour la satisfaction de leurs desseins: Waddah Khanfar et Tawakol Karman.

A – Waddah Khanfar

Lauréat 20011 de la revue «Foreign Policy», au même titre que Rached Ghannouchi (An Nahda) et Bernard Henry Lévy, le chef de file de la guerre médiatique israélienne anti arabe sur le théâtre européen, le parcours de Waddah Khanfar résume à lui seul la confusion mentale arabe, la duplicité de son employeur, le Qatar, et l’imposture occidentale. Mais cette distinction honorifique masque une odieuse supercherie en ce que sous l’ère Waddah Khanfar, AlJazeera est passé sans coup férir d’un des prescripteurs de l’ordre mondial de l’information en lanceur d’alerte des menées islamo-atlantistes contre les pays arabes. Un «indic» en somme.
Ancien journaliste de la chaine gouvernementale américaine «Voice of America», ce palestinien natif de Djénine, en Cisjordanie occupée, était parent par alliance de l’ancien premier ministre jordanien Wasfi Tall, surnommé le «boucher d’Amman» pour sa répression des Palestiniens lors du septembre noir jordanien (1970), dont il a épouse la nièce. Cet Islamiste notoire était aussi un interlocuteur des services de renseignements de l’US Army. Une opacité typique du comportement du Qatar. Propulsé à la direction de la chaîne Al Jazeera par son ami libyen, Mahmoud Jibril, il sera remercié de la chaîne, en 2011, au terme de l’épisode libyen, mais gratifié de la distinction américaine. Maigre consolation. L’homme a quitté la scène publique, avec de substantielles indemnités, sans bruits, emportant avec lui ses secrets et sa part d’ombre, les raisons de sa gloire et de sa disgrâce.
Il dirige désormais l’édition arabe du Huffington Post, après un bref passage à l’«Open Society» de George Soros.

B- Tawakol Karman, Prix Nobel de la Paix 2011, la plus grande escroquerie intellectuelle et morale du Printemps arabe

Première femme arabe et deuxième femme musulmane (après Shirine Ebadi – Iran en 2003) à être nobélisée, la yéménite Tawakol Karman constitue une imposture ambulante. Cette activiste est en fait membre du Parti Al Islah, la branche yéménite de la confrérie des Frères Musulmans et son ONG «Women Journalist Without Chains» émargeait sur le budget de la National Endowement for Democracy, la NED, fondée en 1983 par le président ultra-conservateur américain Ronald Reagan. Un sous-marin de l’administration américaine en somme.

Sœur de Safa Karman, journaliste à Al Jazeera, la chaîne transfrontière arabe du Qatar, chef de file de la contre révolution néo-islamiste dans le Monde arabe, l’activiste yéménite s’était distinguée par ses critiques incisives contre le royaume saoudien et ses ingérences permanentes dans la vie politique du Yémen, ainsi que pour son rôle dans le soulèvement contre le précédent régime du Général Ali Abdallah Saleh. Elle fera sensation, en 2004, en ôtant le Niqab dans un geste spectaculaire dé défi et de libération, lors d’une conférence sur les droits humains.

Mais sous le voile de la liberté perçait la supercherie: lors du lancement de la guerre pétro monarchique contre le Yemen, la lauréate du Nobel de La paix 2011 fera des offres de service à l’agresseur de son propre pays, commettant une triple imposture, sans le moindre rappel à l’ordre.

En tant que Prix Nobel de la Paix, elle a donné sa caution à une guerre;

En tant que femme, elle a rallié le pays le plus régressif en matière des Droits de la femme;

En tant que yéménite, elle a rallié les agresseurs de son propre pays, la coalition des pétromonarchies, les pays les plus riches du Monde arabe, contre le plus pauvre d’entre eux. ….La plus grande escroquerie intellectuelle et morale du Printemps arabe. Du fait occidental.

III – L’imposture de l’idée même de révolutions arabes
A- La Révolution des Cèdres: Une vaste fumisterie. Une révolution nullement spontanée mais téléguidée.

La Révolution du Cèdre au Liban (2005) est apparue rétrospectivement comme une vaste fumisterie. A l’image du présumé chef du camp socialiste Walid Joumblatt, dont le parcours sinueux et tortueux a révélé son imposture idéologique.

Une révolution nullement spontanée, mais téléguidée par le CANVAS (Center For Applied Non Violent Action and Stratégies) sous la houlette de son président Srdja POPOVIC qui la dirigeait depuis……… Belgrade.
Le plus grand succès de Canvas dans la région MENA (Middle East North Africa), la révolution orange servira de prélude au «printemps» arabe. Bien orchestrée, elle avait été planifiée un an avant l’assassinat de Rafic Hariri, qui lui servira de déclencheur.

La cellule de décision comprenait un noyau d’activistes formé par un trio d’amis: Elie Khoury, un expert en communication et marketing chez Quantum et Saatchi & Saatchi, le journaliste Samir Frangieh, ainsi que Nora Joumblatt, l’épouse du chef féodal druze, Walid Joumblatt, Asma Andraous, Gébrane Tuéni, directeur du journal An-Nahar et Samir Kassir, le parfait représentant de la génération de la gauche mutante de l’anti-impérialisme vers l’ultra conservatisme.

B – Walid Joumblatt: Le fossoyeur de l’idéal socialiste et progressiste au Liban et dans le Monde arabe.

Le féodalisme est sa marque de fabrique et son monde opératoire. Le chef druze du parti socialiste progressiste (PSP) a succédé à son père Kamal Joumblatt, assassiné en 1977, sans la moindre concurrence, selon les pires règles de la féodalité clanique.

Son héritage le destinait à la stature d’homme d’état, mais de par sa cupidité il s’est laissé happé par les sirènes de la Dolce Vita et de la combinazione, ultime pirouette d’une girouette. Et son parcours en pâtira inexorablement.
La décennie, pourtant, avait été prodigieuse. Comme larrons en foire, sous la houlette de la Syrie, l’ancien chef de file de la coalition palestino progressiste de la guerre civile libanaise, auréolé de la gloire de son père, s’est mû en partenaire d’affaires du milliardaire libano saoudien Rafic Hariri, avec la caution du pro consul syrien au Liban, Abdel Halim Khaddam pour mettre le Liban en coupe réglée, dans la grande tradition de la mafia. Un trio maléfique pour le Liban, la Syrie, l’Arabie Saoudite et la France, les parrains politiques du crésus libanais.

Dans la griserie de l’époque, le laxisme ambiant, la veulerie des uns, la couardise des autres, la gloutonnerie des uns et des autres, l’alliance contre nature entre un pur représentant du pan capitalisme pétro monarchique et le chef d’un des rares partis politiques arabes se réclamant du socialisme a pu surprendre en termes de cohérence idéologique, mais non en termes de drainage financier.

Celui qui sera par la suite l’un des plus sévères censeurs de la tutelle syrienne sur le Liban avait été pendant douze ans, de 1992 à 2004, le meilleur gestionnaire de la mainmise syrienne sur son pays, déléguant à la Syrie, le pouvoir régalien sur le plan diplomatique et militaire, en contrepartie de la mainmise du trio sur le Liban. Un acte de haute forfaiture commis, néanmoins, en toute impunité, avec les encouragements de leurs tuteurs internationaux, particulièrement la France, si prompte par ailleurs à se draper dans la dignité bafouée dès lors que ses intérêts patrimoniaux sont en jeu.

Homme lige des Saoudiens, chef de file du combat occidental au Liban en partenariat avec le plus grand criminel de la guerre libanaise, Samir Geagea, par ailleurs catapulté «faiseur de Rois» par les médias occidentaux dont il était devenu la coqueluche, la promotion de Walid Joumblatt a signé par les reniements qu’elle impliquait, la deuxième mort de son père, Kamal Joumblatt, le chef charismatique du Mouvement National Libanais.
Bureaucrate de la révolution, ce saltimbanque aura finalement été le fossoyeur de l’idéal socialiste et démocratique au Liban et dans le Monde arabe. Une abjection.

Pour aller plus loin sur le thème de la «révolution orange au Liban», ces liens

A propos de Gébrane Tuéni et de Samir Kassir, le tandem qui sera déchiqueté par des attentats dans une année marquée par l’assassinat de Rafic Hariri, le retrait syrien du Liban consécutif à cet assassinat, privant «la Révolution des Cèdres» de deux de ses principaux animateurs.

C – Les quatre principaux griefs des démocrates libanais à l’encontre de la Syrie.

Mandatée par la Ligue arabe pour servir de force d’interposition entre les belligérants libanais durant la guerre civile libanaise (1975-2000), la Syrie exercera une tutelle politique de fait sur le Liban, ponctionnant abusivement son voisin sur le plan financier au prétexte de subventionner les frais de stationnement des 30.000 soldats syriens au Liban, qui en sortira exsangue au terme d’une lourde présence syrienne de 19 ans.
En dépit de nombreux griefs des libanais à l’égard du pouvoir syrien, le Liban via le Hezbollah, volera au secours de la Syrie, remportant de batailles décisives à Al Qoussayr et Al Qalmoun, alors qu’une large fraction de l’élite syrienne devenait mercenaire des pétromonarchies et participait à la destruction de son propre pays.

Les principaux griefs

1- Le choix d’Abdel Halim Khaddam par Hafez Al Assad comme pro consul de Syrie au Liban, conduisant à la conclusion d’un pacte affairiste sunnite entre Khaddam et Hariri, en vue du pillage systématique du Liban.

2- La décision de Hafez Al Assad d’autoriser Rafic Hariri, dans le but de complaire à l’Arabie saoudite, de mettre la main sur le centre ville de Beyrouth pour une bouchée de pains, 75 millions de dollars, en vue de déblayer les destructions et édifier à la place de luxueux immeubles, valorisant la fortune de Hariri, d’u coup de 7, 5 milliards de dollars. Le centre Beyrouth est désormais le socle de la puissance financière de Hariri, qui font de la famille Hariri un élément incontournable de la vie politique  libanaise. AU PROFIT DE l’Arabie saoudite.

3 -Le choix de Ghazi Kanaan, comme commandant en chef du contingent syrien, qui passera une transaction honteuse avec Rafic Hariri: l’octroi de la nationalité libanaise à 40.000 arabes sunnites de la plaine de la Beka’a, faisant perdre à la ville de Zahlé son caractère de grande ville chrétienne du Liban, devenant une ville mixte. Il aurait perçu 800 millions de dollars pour prix de cette transaction, dont il paiera de sa vie cette manipulation. Bachar Al Assad lui aurait en effet demandé de se suicider lors de l’enquête sur l’assassinat Hariri, les officiels syriens craignant que Ghazi n’emprunte le même chemin de la trahison que Khaddam.

Au début de la guerre de Syrie, en 2011, les sunnites naturalisés se sont alliés aux djihadistes de Syrie pour favoriser des attentats visant à déstabiliser le Liban, conduisant le Hezbollah à lancer six offensives dans le secteur Ersal Brital (frontière syro libanaise) pour maitriser la situation et assécher le marigot.

4 – Autre forfaiture, l’alliance du pouvoir baasiste durant la guerre du Liban avec les milices phalangistes, les meilleurs alliés d’Israël dans la zone, contre les Palestiniens, particulièrement lors du siège de Tall Al Zaatar, Juillet-Août 1976.

Rafic Hariri, Walid Joumblatt et leur factotum syrien, principaux bénéficiaires du pouvoir baasiste se retourneront contre lui. Se posant en héraut de l’Indépendance libanaise, ils rallieront l’opposition off-shore pétro monarchique pour favoriser la chute du régime syrien, en une pathétique conjuration des cloportes.

D- La Libye et le jeu trouble du Qatar pour imposer Abdel Hakim Belhadj comme gouverneur de Tripoli.

Mahmoud Jibril, Premier ministre du gouvernement rebelle libyen, et témoin de premier plan de la période transitoire post Kadhafi, est formel: Qatar et l’Otan ont facilité la prise de pouvoir de Tripoli par le chef des djihadistes libyens, Abdel Karim Belhadj, qu’ils ont combattu pendant dix ans en Afghanistan, sans se poser la question de la pertinence de leur stratégie, notamment leur partenariat avec un personnage situé aux antipodes de leurs valeurs, de la cohérence de leur discours moralisateur et de la crédibilité de leur politique.

De l’aveu même de Mahmoud Jibril, «Doha a voulu, dès le départ, intronisé l’Emir des groupements islamiques combattants libyens en Afghanistan (GIGL), Abdel Hakim Belhadj, comme le chef des révolutionnaires libyens (…). Parachuté à Tripoli depuis l’Afghanistan, Abdel Hakim Belhadj a été présenté aux chefs d’état-major de l’Otan lors d’une réunion des chefs militaires de la coalition à Doha, en Août 2011, où il a fait un briefing sur la situation militaire en Libye, en prélude à l’offensive contre Tripoli.
«Le quartier général des opérations a été alors transféré de l’Ile de Djerba en Tunisie, déjà sous l’autorité du parti islamiste An Nahda de Rached Ghannouchi, ami du Qatar, vers Zintane, dans le Djebel Nefoussa, dans le secteur occidental de la Libye. Le Qatar a usé de procédés dilatoires pour retarder la conquête de Tripoli et permettre à Belhadj de s’en emparer en premier, en même temps que de son arsenal». – Fin du témoignage de Mahmoud Jibril.

Le témoignage complet de Mahmoud Jibril sur ce lien

E – DETOURNEMENT et DEROUTEMENT du cours de la Révolution du fait de l’Otan, le foyer des «grandes démocraties occidentales».

Passons sur la dérive sectaire et mortifère du Hamas, unique mouvement de libération nationale sunnite, qui abandonnera en rase campagne ses compagnons de lutte, à l’origine de son encadrement militaire et de ses succès, pour s’abriter à Doha, à 30 km de la base du CENTCOM, la plus importante base américaine du tiers monde.

Passons sur la DETOURNEMENT du cours d’une révolution authentiquement populaire en Tunisie et en Egypte, au moyen du flux financier considérable du Qatar, au profit des protégés islamistes des pétromonarchies du Golfe, notamment la confrérie des Frères Musulmans, la roue dentée de la stratégie atlantiste durant les guerres de libération nationale du Monde arabe.

Passons sur le DEROUTEMENT d’une révolution authentiquement populaire contre l’arbitraire monarchique à Bahreïn, en Février 2011 et sa déviation vers les rives républicaines de la Méditerranée (Libye, Syrie), deux pays sans endettement extérieur, afin de prémunir les dynasties décriées de cette zone hautement inflammables du Golfe. Et ne nous étonnons pas, dès lors, à l’instar d’un intellectuel dévoyé par ses présupposés idéologiques, qu’il n’y ait «Pas de Printemps en Syrie».

Idiot utile du terrorisme islamique, cet islamophiliste, ancien résident français à Damas, François Burgat dit Burka en raison de ses œillères idéologiques, aurait du se pénétrer de cette réalité évidente que s’il n’y a pas eu de printemps en Syrie, c’est qu’il n’y a pas eu de printemps ni à Bahreïn, ni en Arabie Saoudite, le «Royaume des ténèbres» absolu de l’époque contemporaine.
A propos du rôle des intellectuels français dans la guerre de Syrie

Epilogue: De la Démocratie et de la parodie de démocratie.

La démocratie ne saurait être à sens unique, exclusivement dirigée contre les pays arabes à structure républicaine. Initiée par des autocrates, sous protectorat atlantiste, contre les aspirations légitimes des peuples.
Une telle stratégie aberrante a débouché sur la régression de la démocratie dans le Monde arabe, la régression de l’idée même de démocratie, perçue désormais comme une machination de l’Occident pour perpétuer sa domination dans la zone. Voire même une répulsion de l’Occident par les authentiques démocrates arabes. Un contre sens stratégique absolu.

Phénomène majeur de la période contemporaine, le «printemps arabe» a marqué le retour du néo colonialisme occidental en terre arabe, sous couvert de démocratie, en partenariat avec une constellation de pétromonarchies parmi les plus répressives et les plus régressives de la Planète, révélant au passage une cohorte d’êtres de «nulle part (+anywhere+), hors sol, cupides, veules, vils et serviles; l’illustration la plus criante de la fragilité des convictions intellectuelles des élites arabes, de leur vulnérabilité aux pétrodollars et, dernier et non le moindre, leur prosternation devant le diktat de la doxa officielle occidentale.
Une fêlure mentale absolue, alors qu’en contrechamps l’opinion occidentale, supposée être le moteur de la démocratie, révélait sa docilité, voire sa domestication, dans la plus formidable opération de conditionnement de l’opinion, se croyant vivre dans une démocratie qui n’est en fait qu’une apparence de démocratie. Une parodie de démocratie.
Le Monde arabe a été le plus grand perdant du «printemps arabe» avec pas moins de six pays totalement désarticulés (Libye, Soudan, Syrie, Irak, Yémen, Somalie), la Palestine, phagocytée par Israël, la trésorerie arabe exsangue.

Depuis le début de l’histoire de l’humanité, il est admis que les êtres humains marchent sur leurs pieds et réfléchissent par la tête. Pour des raisons qui échappent à l’entendement, sans doute le double effet euphorisant de la flatterie occidentale et des effluves des royalties, les Arabes ont pris l’option inverse: marcher sur leur tête et réfléchir comme un pied.

Au terme de ce désastreux emballement de démence, il est temps que les Arabes retrouvent le chemin de la décence. Le chemin de la rectitude. Le chemin de la dignité et du respect de soi.

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René Naba

Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l'AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l'information, membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme et de l'Association d'amitié euro-arabe. Auteur de "L'Arabie saoudite, un royaume des ténèbres" (Golias), "Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire français" (Harmattan), "Hariri, de père en fils, hommes d'affaires, premiers ministres (Harmattan), "Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David" (Bachari), "Média et Démocratie, la captation de l'imaginaire un enjeu du XXIème siècle (Golias).

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