Débattons, de l’insurrection à la révolution

Aux militants et aux progressistes et à tous ceux qui s’intéressent à la politique prolétarienne,  la classe sociale appelée à une grande destinée.

En juin 2015, nous avons publié ici même un essai intitulé « Les conditions de la révolution prolétarienne  1 et 2 » accessible à cette adresse :  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-conditions-de-la-revolution-proletarienne-2/

 

 Ce texte ayant suscité nombre de commentaires nous souhaitons les  partager.

Vous trouverez  ci-dessous en caractères :

noirs réguliers,  notre texte original

noirs italiques,  les commentaires et questions de lecteurs

(entre parenthèses et signées),  nos réponses à ces commentaires

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Notre premier interlocuteur, un ex-syndicaliste militant, écrit ce qui suit:

 

 » Que de mots, de termes, de concepts… Le plus souvent obscurs et incompréhensibles pour un  prolétaire! Voir comme exemples  Poulantzas, who cares? Pourquoi pas Althusser, Habermas, Gramsci, Rosa Luxembourg, ou Piotte, ou Louis Gill, ou Gagnon ou Gilles Bourque ou Bock-Cœté ou Jean Lapierre?   Si tu trouves un prolétaire qui comprend ce que  tu dis, c’est un génie. Fais l’enfermer au plus vite, de peur qu’il se mette à penser par lui même ou qu’il se prenne pour un révolutionnaire non orthodoxe ou un impérialiste sur le déclin,  affamé.  Il faudrait que tu dises ta pensée plus simplement, c’est trop scolastique! »

 

(Ce camarade a raison, notre essai est complexe, car il traite de concepts et d’événements complexes. Nous devons accepter que certains textes s’adressent à ceux qui sont plus conscients et plus intéressés parmi la classe. Présentement, avec la montée de la réaction mondiale et du totalitarisme, la classe prolétarienne étant de plus en plus agressée nous devons nous adresser à ceux susceptibles de se mobiliser. Robert Bibeau).

 

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D’autres interlocuteurs que nous appellerons  Ésaïe, de jeunes militants des pays du Sud, écrivent:   » Excellent  travail, mais pourquoi le marxisme – communisme – a-t-il échoué partout ? »

 

(Ce sont ces questions que se posent les jeunes, eux qui n’ont connu du marxisme-communisme que ce que la bourgeoisie et les médias à la solde leur ont rapporté. Nous avons un devoir de mémoire envers eux. Nous ne pouvons simplement leur dire qu’un méchant monsieur nommé Staline ou encore  Mao Tsé-Dong ont dévoyé à eux seuls le cours de l’histoire mondiale.  Ou que de  plus méchants encore ont fomenté des coups d’État détruisant en un instant le socialisme solidement implanté dans deux pays grands comme des continents. Le premier étudiant venu vous répondra que si le socialisme est aussi fragile et peut être ainsi inversé par deux contre-révolutionnaires patentés il ne vaut vraiment pas la peine de se faire tuer pour cette fumisterie alambiquée. Le monde peut et doit être étudié grâce au matérialisme dialectique et historique qui ne laisse aucune place au « conspirationnisme » et à l’idéalisme bourgeois.  C’est dans la lutte de classe que nous devons chercher l’explication de l’échec répété de chacune des insurrections incapables de se transformer en révolution prolétarienne réussie. Robert Bibeau).

 

Sans théorie révolutionnaire pas de révolution prolétarienne

 

  1. Sous un mode de production quelconque quand les rapports sociaux de production entravent le développement des moyens sociaux de production, notamment des forces productives vivantes, c’est que ce mode de production en crise systémique a fait son temps historique et qu’une révolution sociale et économique se prépare.

 

Esaïe écrit : mais il ne suffit pas d’affirmer qu’une révolution se prépare. Il faut qu’il y ait une forte conscience de cette possible  révolution et que les acteurs qui en sont  conscients (quelle que soit leur nature) y travaillent en réunissant les conditions et moyens conséquents du déclenchement de cette révolution. Car mine de rien celle-ci ne se produira pas comme une génération spontanée sans intelligence humaine et sans effort humain déployé. Ce serait encore une fois de l’utopie que de penser ainsi.

 

(@ Esaïe, vous devez distinguer la phase insurrectionnelle de la phase révolutionnaire qui suivra ou pas. La phase insurrectionnelle risque elle-même de se développer en deux mouvements : la première partie sera marquée par des soulèvements populaires, étudiants, jeunes chômeurs, assistés sociaux, immigrants et réfugiés, employés des services de proximité, à laquelle succédera une deuxième partie où le prolétariat sortira dans la rue alors là on reconnaîtra l’insurrection prolétarienne sur laquelle vont se ruer tout ce qui existe de groupuscules gauchistes, de groupes féministes, et d’ONG de l’industrie de la charité et de l’écologie altermondialiste dépitée. La phase insurrectionnelle sera spontanée, désorientée. Elle procédera d’une réaction instinctive de survie des couches populaires et de la classe ouvrière face aux attaques répétées des mesures de « rigueur et d’austérité », suite à la misère imposée à d’immenses populations démunies, victimes de la misère organisée par un mode de production déjanté.  Personne ni à gauche ni à droite, ne contrôlera ces soulèvements et ces grèves spontanées, sauvages. Les communistes n’auront qu’à se joindre à la parade des enragés afin d’y apporter leur vision révolutionnaire radicale. Pendant toute la phase prérévolutionnaire, les communistes devront faire un intense travail de propagande afin de transformer ces révoltes anarchiques – instinctives en mouvement prolétarien révolutionnaire pour le renversement de l’État bourgeois (pas pour obtenir des postes dans les parlements capitalistes). Attendez-vous alors à ce que les nervis de la  bourgeoisie, dans les ONG subventionnées et dans les syndicats bourgeois bien payés se déchaînent afin de prendre le contrôle du mouvement prolétarien afin de remplir leur mission de diversion. Robert Bibeau).

 

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  1. Toute révolution socialeest le processus par lequel la classe porteuse des nouveaux rapports sociaux de production, qui libéreront les moyens de production et donc les forces productives, établit sa domination  économique, politiquesociale et idéologique sur l’ensemble de la société. La révolution prolétarienne n’échappera pas à cette condition, mais ses facteurs de réalisation et son contenu différeront des révolutions antérieures. Les révolutions sociales précédentes (de l’esclavagisme au féodalisme et du féodalisme au capitalisme) se trouvaient à la charnière de deux modes de production dominés par la pénurie et ces révolutions (féodales puis bourgeoises) avaient pour fonction de substituer la domination d’une classe exploiteuse  – la noblesse par exemple – par la domination d’une autre classe exploiteuse – la bourgeoisie par exemple – chargée de résoudre la contradiction fondamentale du système antérieur et d’établir un nouveau mode de production performant fondé sur deux nouvelles classes antagonistes et interdépendantes.

 

  1. Cependant, la révolutionprolétarienne aura pour but de remplacer des rapports de production basée sur la pénurie (relative) par des rapports de production fondée sur l’abondance. C’est en cela qu’elle signifiera la fin de toute forme de propriété privée, de privilèges et d’exploitation de classe (1).

 

Esaïe écrit : quelles sont les conditions de production de cette abondance, qui éviteront la voie capitaliste ou celle de la capitalisation ? Énoncé en toute différence de celles qui entretiennent le capitalisme et sa dictature, ces conditions nouvelles révéleront l’originalité du nouveau projet révolutionnaire, prolétarien.

 

(Je suis incapable de décrire ce futur communiste qui sera l’oeuvre non pas du Parti du prolétariat (cela nous le savons grâce aux exemples de la Révolution bolchevique et de la révolution chinoise), mais l’oeuvre du prolétariat, de la classe elle-même. Les communistes ne sont pas des devins. Nous savons simplement que de grands pans du nouveau mode de production communiste gisent déjà dans le ventre de la bête capitaliste au stade impérialiste décadent. Nous savons qu’un mode de production produit son venin et son antidote – son contraire – qui le renverse pour le remplacer. Nous savons seulement que c’est la classe prolétarienne qui en mettant fin aux tourments de la classe capitaliste mettra fin à sa propre aliénation de classe – qu’elle ne peut faire autrement et qu’elle devra aller au fond de son affliction avant de se résigner à tout bouleverser. La classe prolétarienne a pour mission de mettre fin à l’exploitation de classe et donc à sa propre existence en tant que classe… loin de ce que l’on a pu observer en URSS et en Chine et en Albanie « communistes ». Robert Bibeau).

 

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  1. Ces différences confèrent à la révolution prolétarienne les caractéristiques suivantes:

 

A) Elle sera une révolution sociale de dimension mondiale qui ne pourra atteindre ses objectifs qu’en se produisant au moment où l’ancien mode de production décadent aura atteint son plein épanouissement économique, au moment ou il ne lui sera plus possible de contenir davantage de capital valorisable et de forces productives exploitables avec profit (production de plus-value ouvrière).

 

Esaïe écrit : mais qui peut nous dire avec exactitude le moment de l’arrivée de ce temps limite de ce capitalisme dit moribond ?

 

(Personne ne peut aviser la classe ouvrière de l’effondrement imminent du mode de production capitaliste. Qui aurait pu prédire le crash de 2008-2009? Personne. Les communistes savent que cela se produira puisque cela est inscrit dans les gènes du mode de production. C’est inévitable. Lénine a écrit un jour que la révolution empêcherait la guerre mondiale ou la guerre mondiale amènerait la révolution. Pour qui n’est ni sectaire – ni dogmatique – force est de constater que par deux fois la guerre à précédé les conditions de la révolution et pourtant nous ne vivons toujours pas sous mode de production communiste. La guerre précédera encore une fois la révolution qui sera d’autant plus terrible et radicale que la guerre aura été terrible et radicale. Robert Bibeau).

 

Marx soulignait qu’un mode de production – une formation sociale – ne disparaît « jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu’il est assez large pour contenir » (2). Lénine a repris cet axiome marxiste dans cet écrit :  «Le socialisme est impossible sans la technique de la grosse industrie  capitaliste, technique organisée selon le dernier mot de la science moderne; il est impossible sans une organisation méthodique réglée par l’État et qui impose à des dizaines de millions d’hommes la stricte observation d’une norme unique dans la production et la répartition des produits. Nous, marxistes, l’avons toujours dit ; quant aux gens qui n’ont pas compris même cette vérité (tels que les anarchistes et une bonne moitié des socialistes révolutionnaires de gauche) (…) » (3).  La révolution prolétarienne ne peut donc survenir que lorsque le mode de production capitaliste aura atteint son stade impérialiste  décadent, c’est-à-dire, le stade où il ne peut plus valoriser, ni  reproduire, ni concentrer, davantage de capitaux. Le capitalisme a aujourd’hui atteint cette limite systémique et il rejette la classe prolétarienne en dehors du circuit productif entraînant son autodestruction.

 

Esaïe écrit: en considérant ces mots de Lénine, on pourrait dire qu’en ce sens, le socialisme manque d’originalité et que sa survie ne tient qu’à l’existence même de ce capitalisme qu’il combat.

 

(Le socialisme ne tient pas sa survie de quoi que ce soit puisque le socialisme n’a « survécu » nulle part sur Terre. Par contre, le prolétariat doit sa survie au capitalisme et c’est justement parce que le capitalisme rejette le prolétariat hors de la sphère de production utile et productive et le contraint à la misère que le prolétariat s’enragera un jour contre le capitalisme (dépité de ne pas être exploité-aliéné) et qu’il se lancera à la conquête du pouvoir afin d’éradiquer l’ancien mode de production et d’en construire un nouveau. C’est à ce moment précis – au moment du basculement de l’insurrection spontanée à la révolution consciente que l’existence d’une organisation révolutionnaire d’avant-garde – non sectaire – non dogmatique – respectant le droit de tendance et de fraction sera décisive.  Nous en sommes loin pour l’instant. Reprenons, la contradiction qui tue le capitalisme est justement qu’il doit écarter le prolétariat afin de réduire la part du salaire nécessaire et augmenter la part du surtravail générateur de plus-value, ce faisant le capitalisme tue sa vache à lait, asphyxie la classe qui le fait vivre. Le capitalisme scie la branche sur laquelle il est assis. C’est la raison pour laquelle nous savons que le renversement du capitalisme est inéluctable quoiqu’il sera très difficile.  Robert Bibeau).

B) Elle sera la première révolution qui ne puissent atteindre ses buts qu’en se généralisant à tous les pays– à plus ou moins long terme – puisqu’en abolissant la propriété privée la révolution prolétarienne devra abolir l’ensemble des législations, des frontières et des cadres juridiques et administratifs sectoriels, régionaux, nationaux et internationaux bourgeois qui structurent et imposent le pouvoir du capital international.

 

Esaïe écrit : comment l’abolition de la propriété privée pourra-t-elle être possible lorsque l’on sait que le désir de possession individuelle est inhérent à la nature humaine et qu’aucun moyen n’est, dans cette humanité, possible pour déraciner cette caractéristique de l’être humain ?  Ne serait-ce pas là une poursuite inutile du vent ? Ce serait alors vouloir instaurer une nouvelle forme de dictature contre nature qui sera à son tour aussi vouée au fiasco.

 

(On nous permettra de ne pas rigoler sur les propos d’Esaïe sur: « le désir de possession individuelle est inhérent à la nature humaine ». Esaïe devrait savoir que le désir de possession individuelle est enfanté par la rareté et par l’accaparement privé des biens – devenus marchandises monnayables sous le capitalisme – bien après l’Australopithèque et après le communisme primitif. Ce sera justement le rôle du mode de production communiste de mettre fin à la rareté et à la convoitise qui accompagnent la rareté, la famine, la disette, la misère et la guerre de rapine. Ce sont les curés et autres clercs qui répandent ces balivernes  à propos des tares divines de la race humaine (sic)).

C) Pour la première fois dans l’histoire,la classe révolutionnaire sera l’ancienne classe exploitée dans le mode de production antérieure. La classe révolutionnaire prolétarienne ne pourra s’appuyer sur ses richesses accumulées ou sur un pouvoir économique quelconque dans sa conquête du pouvoir politique. La classe prolétarienne n’aura aucun intérêt économique spécifique à défendre si ce n’est l’intérêt économique de la société tout entière. Ce sera la première révolution dans l’histoire où la prise de pouvoir politique précédera la prise en charge de toute l’économie sociale, d’où le nom d’économie prolétarienne communiste.

D) Pour la première fois, la classe exploitée sera la classe révolutionnaire. Ceci implique que la lutte comme classe aliénée ne peut en aucun cas être dissociée de la lutte comme classe révolutionnaire. Comme le marxisme l’a toujours affirmé contre les théories socialistes utopistes et petites-bourgeoises réformistes, le développement de la lutte révolutionnaire est conditionné par l’approfondissement et la généralisation de la lutte de classe du prolétariat mondial.

 

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Claude, un camarade québécois – nationaliste et se disant tout de même communiste,  écrit  à propos du point 4 ci-haut  ce qui suit : « La lutte révolutionnaire est conditionnée par l’approfondissement et la généralisation de la lutte de classe du prolétariat mondial –  je souligne,  écrit Claude,  par voie de conséquence donc du prolétariat de chaque nation dans ses luettes contre sa bourgeoisie de chaque nation vers la prise de pouvoir dans chaque nation, soumises aux conditions objectives et spécifiques à chaque nation dans sommes d’accord!  » 

 

(Claude croit que la révolution, sinon mondiale, du moins Nord Américaine, prendra  naissance au Québec pour s’étendre ensuite à l’Amérique du Nord et au monde entier. Cette vision chauvine a peu de crédibilité. Le Québec avec sa population de 8 millions d’individus, dont une portion souffre de chauvinisme-réactionnaire-nationaliste aiguë n’a pas le poids démographique, économique, politique pour amorcer la révolution mondiale parmi 8 milliards d’individus. Nous savons que les premiers soulèvements insurrectionnels se produiront dans un contexte,  je ne dirais pas national, je dirais d’avantage urbain. De grandes villes canadiennes comme Toronto, Vancouver et Montréal risquent certainement d’amorcer l’insurrection au Canada – ces grands centres urbains étant  probablement stimulés par des soulèvements analogues survenus dans les grandes mégalopoles américaines surchauffées, au prolétariat bafoué et paupérisé depuis des années, incapables de réintégrer le circuit d’exploitation capitaliste et amère de leurs « acquis sociaux » en lambeaux. La question nationale chauvine québécoise, qui n’a déjà plus grand incidence sur la jeunesse ni sur la classe ouvrière du Québec, n’aura aucune influence sur ce mouvement insurrectionnel de classe métropolitaine mondiale. La classe prolétarienne est internationaliste concrètement et obligatoirement. C’est le capitalisme en phase impérialiste moribonde qui façonne ainsi la classe ouvrière au Québec, dans le reste du Canada et dans le monde entier. C’est la conjoncture de crise économique systémique mondiale qui créera les conditions de l’insurrection spontanée et anarchique mondiale. C’est précisément au moment ou l’insurrection prolétarienne mondiale prendra son envol que le rôle des quelques communistes conscients (organisés de préférence, et non sectarisés et respectant le droit de tendance interne) – s’ils sont parvenus à sortir de leur torpeur, de leur sectarisme et de leur dogmatisme –  sera crucial pour empêcher les chauvins nationalistes de dévoyer l’insurrection contre le mode de production capitaliste tout entier en une chicane pour remplacer une clique de capitalistes par un autre parlant je ne sais quel dialecte vernaculaire dont nous n’avons que faire.  Robert Bibeau).

 

(Pour en finir avec la question nationale en général. La question nationale – la lutte de libération nationale – est strictement une question bourgeoise et n’est jamais une question prolétarienne (même si le prolétariat sert de chair à canon dans la résolution de ces querelles interbourgeoisies comme on le voit en Palestine notamment). Je sais que Marx et Lénine ont écrit des pages célèbres à propos des luttes de libération nationale progressistes. J’indiquerai simplement qu’ils ont écrit ces pages au moment ou l’humanité sortait péniblement du mode de production féodale et s’engageait douloureusement dans le mode de production capitaliste. Ce temps est révolu et l’expérience historique du mouvement ouvrier au cours des cent dernières années démontre qu’aucune lutte de libération nationale n’a donné naissance à une société socialiste en marche vers l’édification du mode de production communiste.  Robert Bibeau).

 

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L’insurrection sera prolétarienne, la révolution prolétarienne sera communiste

 

  1. Au cours de ce mouvement qui va des soulèvements populaires spontanés, en de nombreux pays et régions, à l’insurrection globalisée, à la révolution prolétarienne mondialisée, puis à la consolidation de la dictature mondiale du prolétariat (non pas la dictature d’un appareil bureaucratique de parti) s’impose peu à peu le rôle moteur et dirigeant de la classe prolétarienne – l’éloignant de tous contaminants petits bourgeois, paysans, populistes, citoyens, communautaires et communalistes, et autres appellations derrières lesquelles la gauche bourgeoise dissimule les classes et fragments de classe pseudo révolutionnaires cherchant ainsi à dévoyer la révolution prolétarienne pour qu’elle serve leurs intérêts et non pas ceux de la classe prolétarienne. Lénine a écrit des textes célèbres à propos de l’absolue nécessité de ne jamais arrimer la Révolution bolchevique au char des « masses » de la paysannerie russe et de la petite bourgeoisie menchevik.

 

« Dans une perspective révolutionnaire le prolétariat dans son ensemble, et au premier rang ses grandes concentrations, reste la seule force sociale capable, par son rôle central dans les rapports de production, d’unifier les revendications sectorielles ou catégorielles d’autres couches sociales, de les empêcher de dégénérer en révoltes corporatives, de les diriger dans la voie de la lutte pour le pouvoir et de la prise en main de la production par les producteurs eux-mêmes […]. Les explosions ouvrières existent, se répètent, et le capitalisme n’a pas pu les éviter depuis plus d’un siècle. C’est un fait têtu, dont le retour est inscrit dans la structure même des rapports de production capitalistes. À partir de là, la question n’est pas de se désespérer parce que la classe ouvrière n’est pas quotidiennement révolutionnaire, mais de chercher dans quelles circonstances exceptionnelles elle peut le devenir, comment s’y préparer et y contribuer » (4) ?

 

  1. Afin d’identifier les conditions de la révolution prolétarienne communiste, il faut préciser les conditions d’évolution du mode de production capitaliste (MPC) et ne jamais oublier qu’en tout tempsl’instance économique de la lutte de classe reste dominante, alors qu’en contexte de crise insurrectionnelle prolétarienne les instances idéologique et politique peuvent devenir déterminantes momentanément. Elles ne le deviennent pas mécaniquement ni spontanément. C’est du niveau de conscience révolutionnaire de la classe prolétarienne « pour soi« , combinée à l’existence d’organisations révolutionnaires – éventuellement regroupées en Parti politique de classe nationale et internationale – que dépend cette évolution de l’insurrection inorganisée de la résistance économique spontanée vers la lutte révolutionnaire de classe consciente visant la conquête de tout le pouvoir politique d’abord, économique ensuite et idéologique enfin.

 

Esaïe écrit : dans la pauvreté et la précarité mêmes qui menacent la solidité et la stabilité sanitaires, les moyens d’imposer cette conscience révolutionnaire prolétarienne aux niveaux national et international sont-ils garantis, voire évidents ? Le scepticisme n’est pas exclu.

 

(La victoire de l’insurrection prolétarienne spontanée – ce qui signifie sa transformation en révolution prolétarienne consciente pour la conquête du pouvoir d’État – la destruction du pouvoir bourgeois, la propriété publique de tous les moyens de production, d’échanges et de communication (temporairement,  le temps de la transition vers le mode de production communiste) ne sont pas assuré à court terme – ils ne le sont qu’a long terme dans un horizon d’un, deux ou trois siècles. Nous y reviendrons. Robert Bibeau).

 

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  1. C’est par un contre-exemple – tiré de l’oeuvre d’un intellectuel de gauche que nous poursuivons cette étude des conditions requises pour uneinsurrection prolétarienne spontanée nécessaire, et une révolution prolétarienne consciente réussie pour l’édification du mode de production communiste à travers une phase de transition socialiste (!)

 

Nous réfutons l’argumentaire révisionniste qui prétend que : « Le mode de production « pur », tel que Marx l’a construit à partir de la formation sociale anglaise du XIXe siècle n’existe pas dans la réalité. Il constitue un objet abstrait formel, un archétype avec lequel aucune formation sociale concrète ne coïncide. » Et pour cause, Nicos Poulantzas considère dans son ouvrage Pouvoir politique et classes sociales une formation sociale comme «le chevauchement spécifique de plusieurs modes de production “purs” (5)». Nicos Poulantzas  ajoute : «La formation sociale constitue elle-même une unité complexe à dominante d’un certain mode de production sur les autres qui la composent.» La crise révolutionnaire que nous étudions n’est donc pas la crise d’un mode de production, parce qu’entre modes de production il y a transformation et non crise. La seule crise dont il peut être question est celle d’une formation sociale déterminée où les contradictions du mode de production prennent vie et s’actualisent au travers des forces sociales réelles qui y sont impliquées «l’histoire tout entière est formée d’actions de personnalités qui sont des forces agissantes» (6)

 

Quand une formation sociale – le produit d’un mode de production dominant – constitue,  comme l’écrit l’auteur «le chevauchement spécifique de plusieurs modes de production – une unité complexe à dominante (…)» c’est que ce mode de production capitaliste (MPC), dans cette formation sociale bourgeoise spécifique, n’a pas encore atteint son stade suprême – impérialiste « pur » et décadent – ce moment où plus aucune solution n’émerge de cette gangue économique, sociale et politique putride qui ne trouve son « salut » que dans son autodestruction guerrière. En d’autres termes, cela signifie que la première et la seconde condition fondamentale pour une révolution prolétarienne réussie ne sont pas réunies, ce qui fut le cas en Russie nationaliste et plus tard en Chine nationaliste.

 

Pour ce qui concerne le rôle des «personnalités révolutionnaires, forces agissantes (…)», nous,  communistes prolétariens, pensons sincèrement que les personnalités sont forgées et placées à l’avant-scène du mouvement social dans la mesure où elles correspondent aux nécessités des tâches historiques du moment. Ce ne sont ni les partis politiques ni les chefs charismatiques et populistes qui forgent l’histoire des classes sociales, ce sont les classes sociales qui façonnent leurs chefs selon les besoins et les contingences de l’époque historique.

 

Esaïe écrit : mais les classes sociales sont une constellation des masses conscientes ou non de leurs conditions de vie difficiles. Pour que les masses prennent de décisions concertées et bien orientées, il faut des leaders efficaces et parfois charismatiques, pas forcément populistes, qui sachent les guider dans la mesure où elles-mêmes n’ont pas toujours la capacité de se guider. Ce point de vue qui excluent l’assomption de la direction révolutionnaire par des leaders ou des chefs, politiques soient-ils, me semble moins réaliste sinon frôle l’illusion.

 

(Nous devons lutter farouchement contre la tendance petite-bourgeoise d’aduler des leaders charismatiques et contrôlants – et parfois contrôler. La classe prolétarienne a payé très cher pour avoir dévié de ce chemin en 1917, 1923, 1949, 1959, preuve en soi de son immaturité politique. Mais en fait, la classe prolétarienne avait-elle le choix, coincé au fond de l’impasse semi-féodale et devant enfanter le mode de production communiste avant même d’avoir procréé le mode de production capitaliste? Cependant, l’organisation d’une avant-garde consciente – disciplinée – structurée – respectant le droit de tendance – faisant la somme des expériences passées de la classe révolutionnaire est nécessaire à la transformation de l’insurrection prolétarienne spontanée en une révolution prolétarienne consciente. Robert Bibeau).

 

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La contradiction fondamentale apporte la crise systémique qui apporte l’insurrection

 

  1. Le développement systémique et systématique du mode de production capitaliste « pur » implique le développement total de la contradiction principale du MPC, à savoir la contradiction entre le capital et le travail, la contradiction entre la classe bourgeoise et la classe prolétarienne, la contradiction entre la propriété privée des moyens de production et d’échange et les forces productives sociales collectives. Cette contradiction pousse le système capitaliste en avant et lui donne sa vie et son mouvement jusqu’au jour où le capital ne rencontre plus les conditions de sa valorisation – de sa reproduction élargie – d’où l’impossibilité pour lui de se réaliser en tant que profit capitaliste. Du capital non valorisé – non enrichie de plus-value – c’est du capital mort et c’est du capitalisme moribond, une formation sociale en putréfaction dégénérative. C’est ce que l’on appelle la crise économique systémique insoluble du capitalisme en phase impérialiste.

 

  1. L’incapacité du mode de production capitaliste d’accomplir son cycle reproductif amène les forces du capital à imaginer des solutions bidon comme de propager le crédit à profusion; d’émettre quantité de monnaie sans valeur; d’imposer (ou de faire imposer via ses gouvernements inféodés) des mesures, des programmes, des politiques d’austérité afin de modifier la répartition du capital entre l’achat de la force de travail vivant nécessaire (le salaire) et la « rémunération » (sic) du capital (le profit). Le partage conflictuel constant entre salaire nécessaire et surtravail (plus-value) amène les capitalistes à détruire eux-mêmes les bases de l’exploitation des salariés – le capitaliste est amené malgré lui à égorger la poule aux oeufs d’or afin de lui arracher davantage de profits. Sachant par ailleurs que les dépenses de l’État bourgeois sont essentiellement des dépenses visant à assurer les conditions de valorisation du capital, c’est l’ensemble du budget de l’État qui est mobilisé par cesmesures d’austérité généralisées  que le prolétariat est amener à contester, mais en vain. L’époque de l’État providence a fait son temps – voici le temps de l’État policier-austérité qui créera les conditions de l’insurrection prolétarienne spontanée tant souhaitée.

 

  1. Hum écrit : «  Quant à la contradiction qui mène le capitalisme à sa chute, ce n’est pas les crises systémiques liées à son mode de production, mais à son incapacité à répondre aux enjeux environnementaux que tout le monde peut identifier, même un bourgeois. Le capitalisme est un mode de production expansionniste qui ne peut se résoudre en mode de production contrôlé, raisonné, car cela détruit la concurrence et la recherche du profit à tout prix. Et s’il n’y a plus de plus-value à tirer de l’exploitation d’autrui, la propriété perd tout son intérêt, toute sa valeur. »

 

(À M. Hum, la contradiction n’est pas la crise en effet, il faut éviter la tautologie que pratique les économistes bourgeois. Une crise – même systémique – n’est jamais que la manifestation de la contradiction. Par ailleurs, la contradiction du mode de production capitaliste (MPC) n’est pas son « utilisation outrancière de l’environnement« .  Les hommes construisent des  modes de production afin de s’organiser collectivement pour tirer de la nature par leur travail les  biens et les services – devenus marchandises sous le mode de production capitaliste – pour satisfaire leurs besoins individuels et collectifs  exactement comme les fourmis construisent la fourmilière à cet effet. La destruction outrancière de l’environnement planétaire  est une conséquence des rapports de production capitaliste  – mais pas une conséquence du développement des forces productives capitalistes. Il existe des méthodes, des procédés pour réduire l’empreinte écologique des sociétés humaines sur l’environnement. Mais  comme ces moyens – méthodes – techniques et procédés sont des faux frais au sein des rapports de production privés capitalistes dont le moteur est la production de plus-value (surtravail non payé) alors, le système économique mercantile rejette ces méthodes et procédés « coûteux » en faux frais et en profits non accumulés.  Notez que le système essaie de récupérer cette contrainte et de l’intégrer de façon à en faire une source de Plus-value sous la forme de l’industrie et du commerce « vert – écologique » sur lesquelles parasitent une petite fraction de capitalistes à la charge sociale de l’ensemble des autres capitalistes. Mais l’incapacité du système à s’autoreproduire – c’est-à-dire à générer, davantage de plus-value ne permettra pas au secteur vert « parasitaire » de s’étendre bien longtemps. Leurs concurrents capitalistes y verront. Robert Bibeau).

 

Esaïe écrit : le cas de la Grèce est inspirant à ce sujet pour plusieurs pays qui sont dans la situation de la Grèce. . Mais tous les pays soumis à cette souffrance, à ce diktat insupportable (austérité) du  grand capital sont-ils prêts à se liguer et à aller en guerre contre leurs bourreaux ? Surtout que les détenteurs des gros intérêts capitalistes ont des complices dans et parmi ces pays en souffrance du fait de leur accorder des faveurs imméritées – des crédits sans la plus-value ou sans gros intérêts – dans le but de s’aliéner leur vigilance et leur réaction virulente ! La révolution n’est-elle pas déjà, à cet effet, étouffée à la racine et par conséquent compromise ?

 

(Il est indubitable que de l’ensemble des salariés, de la petite bourgeoisie enragée parce que paupérisée – et de la classe prolétarienne elle-même – surgiront des opportunistes, des réformistes, prêts à se vendre pour quelques deniers. D’autres qui se croiront sur le bon sentier alors qu’ils auront adopté la voie du compromis afin de donner une autre chance au capitalisme. La classe ouvrière laissera faire – laissera braire – tant qu’elle n’aura pas été poussée à bout par la misère – par son rejet même de la sphère d’exploitation – et tant que la classe n’aura pas le sentiment confus qu’une phase nouvelle – en terme insurrectionnel – ait été ouverte et que la nouvelle phase demande un leadership plus radical, plus draconien, plus conscient et plus ouvert (non sectaire). Nous ne pouvons éviter cet apprentissage par la classe. Nous devrons accompagner la classe prolétarienne dans cet apprentissage afin que toutes les solutions réformistes et de compromis soient explorées puis rejetées et que seule la voie révolutionnaire radicale totale reste libre et obligatoire. Le prolétariat grec est parfaitement conscient de ses moyens limités (Grèce = 10 millions d’habitants, 2% du PIB européen). Il sait qu’il ne peut à lui seul affronter l’impérialisme mondial alors il gagne du temps. Il tergiverse en ce moment.  Il attend  que le prolétariat espagnol, portugais, italien, français, allemand se mette en marche et alors on verra réellement ce qu’il a dans le ventre le prolétariat grec expérimenté (ce n’est pas le jeune prolétariat russe de 1917 ou celui de Chine de 1949). Il  fait ses classes prérévolutionnaires en ce moment le prolétariat grec.  À lire:   http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lechec-du-capitalisme-de-gauche-en-grece-referendum-5-7-2015/. Robert Bibeau).

 

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  1. Ici une explication s’impose. Tous auront observé les mouvements de protestation et les manifestations populaires qui se multiplient et prennent de l’ampleur telle les mouvements étudiants, salariés, chômeurs, désœuvrés, pauvres, assistés sociaux, migrants de la pauvreté et de la misère, expatriés et réfugiés des guerres impérialistes, agriculteurs, paysans sans terres, travailleurs de la fonction publique, féministe, petits bourgeois en cours de paupérisation, moyens bourgeois sur le bord de la faillite, et nous en passons. Ces mouvements de protestation multiples contre les effets les plus criants de la crise économique systémique sont nécessaires, mais insuffisants. Nous dirions même qu’ils dirigent le mouvement de contestation à l’inverse de sa destinée manifeste, puisque dans leurs objectifs même ces mouvements visent à ramener le mode de production capitaliste vers le passé – au temps où il fonctionnait et permettait d’accorder des « acquis sociaux », des avantages et des privilèges à certains contre l’exploitation de tous.

 

Tant que la classe prolétarienne, en tant que classe consciente « en soi » ne sera pas mise en marche pour la défense de ses conditions de vie et de travail, tant que la classe prolétarienne ne se sera mise de la partie dans de vastes mouvements de grève générale rien ne sortira de toute cette agitation que les communistes ne doivent pas tenter de diriger. La gauche prolétarienne communiste n’est intéressée que par les activités révolutionnaires de la classe et non pas de fédérer et « d’unifier les revendications sectorielles ou catégorielles d’autres couches sociales, de les empêcher de dégénérer en révoltes corporatives » ce qu’elles sont (corporatistes) dès l’origine et il ne peut en être autrement. Tous ces mouvements de protestation à l’échelle locale, nationale et même internationale (Occupied, les indignés, etc.) sont utiles en ce qu’ils créent certaines conditions de l’insurrection prolétarienne à venir que nous allons maintenant examiné.

 

  1. Contrairement à ce que prétendent les économistes de la gauche universitaire, syndicale et populiste, il n’est pas d’importance pour le bon fonctionnement du régime capitaliste monopoliste que le pouvoir d’achat des salariés soit fauché par les coupures des salaires directs versés aux employés et par les restrictions imposées aux versements de transfert social, et par la diminution des dépenses gouvernementales en achat de biens et d’équipements. L’État pourrait tout aussi bien expédier un chèque de plusieurs milliards de dollars aux banquiers et le capital réaliserait ainsi son profit. Il suffit de penser que lors de la crise des « subprimes » et des produits dérivés aux États-Unis (2008-2009), le gouvernement américain n’a pas versé ses crédits aux petits propriétaires afin qu’ils maintiennent leur pouvoir d’achat et paient leurs arriérés d’hypothèques. Le gouvernement américain a versé des milliards de dollars directement aux banques, aux trusts et aux grandes multinationales industrielles et il a ainsi réussi à colmater temporairement l’hémorragie des profits. Il en est de même de la crise de la dette souveraine et de la crise des dettes privées qui plombent l’ensemble de l’économie impérialiste globalisée et mondialisée. N’eût été que le capital international ne parvient plus à se valoriser, toutes ces dettes combinées pourraient parfaitement continuer à s’empiler sans que le système économique et social ne s’effondre. C’est quand un mode de production ne parvient plus à se reproduire – quand par son fonctionnement naturel il se dirige vers sa paralysie dégénérative que la situation de crise endémique prend des proportions pandémiques.

 octobre

Hum écrit : La classe ouvrière est heureuse de son sort et ne cherche pas la révolution. l’aristocratie ouvrière ne cherche qu’à maintenir son niveau de vie et de consommation, à maintenir ses « acquis sociaux », ses « privilèges » locaux, sectoriels, nationaux, etc. La révolution prolétarienne est impossible sans révolutionnaires prolétaires.

 

(@ Hum, en effet, la réaction des prolétaires face à la crise qui entraîne le chômage (15% à 20% de chômage structurel aux États-Unis. Il est de 50% en Grèce); qui entraîne la déperdition de la classe dans de petits boulots insuffisants pour vivre décemment; qui entraîne la précarité dans l’emploi face à la concurrence des travailleurs immigrants capables de survivre avec moins que rien, les ouvriers crient à la concurrence déloyale. Ils exigent d’être réintégré aliénés dans le processus d’exploitation capitaliste. Les prolétaires quémandent: exploitez-moi plutôt que le chinois, le bengali ou le souffre-douleur, arriver tout droit d’Algérie, du  Mali ou de Syrie. Mais le capitaliste n’entend pas sa supplique et le capitaliste continue de surexploiter le berbère peu coûteux. Alors, le prolétaire se sent trahi, abandonné, laisser pour compte – misérable et aliéné. C’est cela le sens du mot aliéné = celui qui cherche à retrouver son statut d’exploité et de chair à canon en perdition croyant que c’est son destin. Sonne la fin de la partie quand le capitaliste ne peut même plus utiliser le travail salarié pour reproduire le système économique dépravé. C’est ici que nous  marxiste – communiste – nous attendons le prolétaire pour lui suggérer de renverser ce monde archaïque et de construire un monde utopique n’ayant rien à voir avec le Goulag. Robert Bibeau).

 

Esaïe écrit : toute la question est savoir si le prolétariat a les moyens de pousser les détenteurs du capital à sa crise endémique et à son gouffre pour permettre le déclenchement de la révolution prolétarienne? Car s’il faut simplement attendre hypothétiquement l’auto-essoufflement du capitalisme, cette révolution prolétarienne rêvée ne risque-t-elle pas d’être une illusion? Car de la même façon qu’on espère et qu’on attend que le capitalisme moribond s’essouffle de lui-même en atteignant sa crise endémique, de la même façon la contradiction entre les forces sociales dans ce parcours dominant du capitalisme peut produire une nullité de révolution prolétarienne tout en permettant une survie permanente du capitalisme.

 

(Le capitalisme moribond est déjà essoufflé, au bout du rouleau, sans solution aucune pour se sortir de ses contradictions endémiques que j’ai largement décrites dans de nombreux articles. On n’attend pas ce qui est déjà advenu. Qu’attendons-nous alors? Aucun parti politique, aucun leader charismatique – personne – ne contrôlent le soulèvement insurrectionnel spontané et anarchique de la classe. Seule la bourgeoisie par ses restrictions – son austérité – ses attaques incessantes, ses agressions contre une couche puis contre une autre des salariés peut créer les conditions objectives – concrètes – de ce soulèvement massif et spontané. Quand ils auront suffisamment sévi, que les ouvriers en auront assez, nous l’apprendrons comme les autres. Les ouvriers seront dans la rue et sur les barricades et devant les usines fermées et devant les « Head Office » saccagés et alors la partie se jouera entre la go-gauche réformiste et la gauche communiste révolutionnaire. De grâce, que l’insurrection ne vienne pas trop tôt. Quand nous voyons l’État d’immaturité chronique de la gauche communiste – nous n’aurions aucune chance de l’emporter pour non pas contrôler le mouvement (ce qui n’est pas notre mission), mais pour l’orienter dans la bonne direction pour le renversement du capitalisme. Robert Bibeau).

 

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  1. Toutes ces dettes accumulées, ce crédit gigantesque et insolvable n’ont aucune importance du point de vue de la reproduction élargie du capital. Aucune importance dans le sens qu’ils ne sont pas déterminant, il ne constitue pas l’essence ni l’eau dans l’essence du système. Ce crédit – ce néant de valeur d’usage – n’est qu’un indicateur du niveau de paralysie qu’a atteint le système financier censé réguler le fonctionnement de l’ensemble du système de reproduction élargie du profit. Personne n’a identifié un seuil numérique d’endettement au-delà duquel un système financier s’enraye. Le jour venu, le capital international effacera cette dette surfaite d’un trait de plume comme le fit l’Allemagne, en 1923-1924, quand l’empire germanique a dévalué le Mark (6). Même chose pour le Franc français en 1945-1948 et 1949 (trois dévaluations consécutives) (7).

 

  1. C’est dire que la première et la plus fondamentale des conditions nécessaires de l’insurrection prolétarienne sont inéluctables. Que les gauchistes excités cessent de s’agiter, telle la mouche du coche autour de l’attelage prolétarien – la tempête est au large et le rafiot bourgeois s’y dirige tout droit. Il faut laisser aller cette agitation puérile – ces manifestations en série pour dénoncer ceci et s’indigner de cela, signer les pétitions contre ceci et s’offusquant de cela. Laissons la petite bourgeoisie s’y éreinter, pendant qu’elle s’agiote de la sorte elle se donne de l’importance et elle se croit en position pour la prochaine curée des paumés. Si la petite bourgeoisie est une sous-classe numériquement importante sous le mode de production capitaliste à son stade impérialiste, c’est aussi une sous classe appelée à s’étioler au fur et à mesure de l’approfondissement de la crise systémique ce que le petit-bourgeois sent confusément, et il s’indigne, lui qui a une si grande estime de sa personne narcissique. Il ne comprend pas que les politiciens et leurs milices publiques et privées ne se rendent pas compte de son mérite et de son pouvoir de nuisance qu’il a déjà manifestés lors des événements de Mai 1968 en France et ailleurs en Occident. Il peut recommencer pense-t-il si on ne lui donne pas sa pâtée bien méritée (sic).

 

  1. Ainsi, le mode de production capitaliste, à son stade impérialiste, poursuit sa descente aux enfers par la baisse tendancielle du taux de profit moyen et contrairement à la mystique véhiculée par les petits bourgeois de gauche comme de droite aucun État-nation ne peut inverser cette tendance inscrite dans les gènes du mode de production capitaliste moribond.La question n’est pas de rester ou de sortir de « l’euroland », mais de rester ou de sortir du « capitalismeland ». L’État bourgeois ne peut être le moyen d’une solution de la crise systémique du capitalisme et de ses politiques d’austérité pour la raison que l’État bourgeois ne peut pas être autre chose que l’organisateur et l’administrateur de la reproduction du capital, d’abord en assurant la reproduction de la force de travail. L’État est un organisateur de plus en plus essentiel au fur et à mesure de son développement historique. Pire, tout renforcement du rôle de l’État-nation ne peut être qu’un renforcement de la dépossession des travailleurs des moyens de leur existence, un renforcement de la dictature bourgeoise et de la domination sur eux du capital étatisé et privé et de ses représentants, larbins bourgeois que Marx appelait « les fonctionnaires du capital » parce qu’ils ne font qu’exécuter les lois – ou voter des lois – rendant l’exploitation et la spoliation plus aisée. Toute cette mystique utopiste se fera sous les cris de la « démocratie participative, citoyenne, laïc et républicaine dans l’État sacré » et autres sottises démagogiques. Cet étatisme contemporain  transcendant les luttes de classes n’est pas un fait du hasard ni un choix parmi d’autres, il manifeste une tendance au totalitarisme inhérente à l’essence même de l’État capitaliste sur lequel repose le sort de la petite bourgeoisie désemparée et le sort de la grande bourgeoisie désespérée, en cette époque où l’impérialisme a atteint sa complète maturité, sa décadence immanente (9).

 

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Un camarade de Reconstruction Communiste nous demande de répondre à Lénine et à Rosa Luxembourg et de répondre à Marx et Engels qui ont écrit au milieu du XIXe siècle. C’est dissimulé derrière ces sommités – que ce camarade  cite en quantité – qu’il nous enjoint de répliquer à leurs arguments.

 

(Nous refusons  de répondre à Lénine ou à Marx  ou à Rosa Luxembourg  (1840-1923), mais nous allons répondre à ce camarade égaré dans un dédale intellectuel qu’il semble affectionné, mais qui ne peut que le désorienter).

 

RC écrit :  « Or, nous partageons quand même tous les deux cette même conception marxiste des conditions objectives qui permettent une révolution sociale. Quand tu dis notamment que: » … suit une longue citation de notre essai que le camarade dit approuver.  Soit…passons alors au point suivant et nous le citons intégralement :  « Nous sommes en parfaite symbiose jusque-là. Toutefois, nous pensons, à Reconstruction communiste, comme Lénine, que les communistes, bien que ce ne soit pas leur tâche principale de prendre le leadership des mouvements ouvriers et de masses en tant que luttes économiques, doivent s’impliquer dans leur mouvement pour atteindre les ouvriers et les masses, diffuser la propagande et les sensibiliser au matérialisme dialectique. »

 

(La tâche des communistes n’est pas de former « les masses » (sic) théoriquement au matérialisme dialectique.  Le mouvement ouvrier international n’est pas une université bourgeoise.  Le rôle des communistes est de présenter à la classe (pas aux « masses ») des analyses – des mots d’ordre – des points de vue fondés sur le matérialisme dialectique et qui décrivent et expliquent et répondent aux impératifs de la lutte de classe à un moment précis de la lutte. Tout cela étant une application concrète du matérialisme dialectique – les ouvriers (et non pas les « masses ») qui le voudront apprendront ainsi. Robert Bibeau).

 

RC : « Le matérialisme dialectique est l’arme par lequel le prolétariat révolutionnaire peut comprendre son rôle de classe révolutionnaire dans les transformations sociales que les communistes souhaitent apporter à la société (sic); et la mission historique immanente qui leur est confiée  pour le développement d’une société sans classes par le biais d’une praxis révolutionnaire que les communistes ont le devoir d’exercer conjointement et solidairement (sic) avec le prolétariat révolutionnaire, si tu me permets d’utiliser cette expression. »

 

(NON, je ne te permets pas camarade. Tu flottes en pleine « université populaire pour petits  bourgeois solitaires ». Les communistes ne sont pas « solidaires » de la classe ouvrière comme ces gauchistes qui viennent appuyer les ouvriers sur les lignes de piquetage et tenter de faire la grève en lieu et place des ouvriers. Les communistes sont la classe – la conscience avancée de la classe – l’émanation de la classe, pas à côté, mais au coeur de la classe (et non pas au coeur des « masses »).  Le coeur d’un individu est-il « solidaire » de son foie, de ses reins et de ses artères? Quand donc serons-nous libérés de ces « preachers » de la délivrance moralisante solidarisante? Robert Bibeau).

 

RC,  écrit :  « Or, nous n’arriverons à développer de manière matérialiste dialectique la conscience révolutionnaire du prolétariat qu’en organisant leurs actions pratiques devant mener au renversement de la classe dominatrice et dirigeante et par son remplacement en tant que classe dominante elle-même la société, sinon personne d’autre ne le fera dans la société capitaliste. »

 

(Du charabia! Si les communistes organisent les actions pratiques devant mener (…)  alors les communistes prennent la place de la classe prolétarienne – le Parti prend la place de la classe et nous nous retrouvons comme en 1917 – et nous aboutirons au même résultat qu’en 1917 – et dans un siècle ils seront encore à discuter quand et pourquoi la révolution prolétarienne est devenue la révolution du Parti communiste et de ses apparatchiks. La Révolution d’octobre nous a enseigné que l’on ne peut se substituer à la classe et que la paysannerie ne peut remplacer la classe prolétarienne et forcer la main du destin. Le rôle des organisations révolutionnaires est d’apporter la conscience révolutionnaire à la classe afin de la guider dans la réalisation de sa mission historique, quoiqu’en pensent les anarcho-syndicalistes.  Robert Bibeau).

 

RC écrit: « Plus concrètement, je dirais, camarade, que tu fondes ton analyse sur l’idée erronée selon laquelle nous devons séparer les deux luttes, l’économique de celle du politique, tout comme les anarchistes le concevaient, les unes des autres, tels des vases clôt, alors que nous devons faire exactement le contraire. La lutte économique syndicale fait intrinsèquement partie du mouvement révolutionnaire ouvrier, bien qu’elle précède les luttes politiques.  Karl Marx en avait d’ailleurs conclu que le parti ouvrier révolutionnaire surgirait du mouvement syndical. Sinon, quelle est l’autre option que tu proposes pour organiser la classe ouvrière et préparer la révolution sociale devant nous mener au communisme ? »

 

(Par ses remarques notre camarade montre qu’il ne parvient pas à assimiler les enseignements des cent dernières années de lutte prolétarienne. Marx a-t-il écrit que le Parti révolutionnaire surgirait des syndicats ouvriers ?  C’est possible. Mais cela n’a aucune importance que Marx l’ait écrit ou non. Le dogmatique attache une grande importance aux écrits et aux déclarations des maîtres de leur dogme. Le communiste lui, étudie l’histoire du mouvement ouvrier et il en tire des enseignements. Au cours des cent dernières années un parti vraiment révolutionnaires, ayant dirigé une lutte révolutionnaire prolétarienne communiste, et érigée un pays socialiste a-t-il émergé d’un syndicat quelconque?  Que sont devenus les syndicats dans la société capitaliste contemporaine, en Afrique du Sud par exemple, en France et aux États-Unis ?  Qui sont les chefs syndicaux – que font les apparatchiks syndicaux et quelles politiques préconisent-ils ?  À toutes ces questions, nous devons répondre à la lumière des faits, des données disponibles sous nos yeux, aujourd’hui. Ni Marx ni Lénine ne nous sont d’aucuns secours pour observer la politique contemporaine.  Les syndicats sont dirigés par des anticommunistes endurcis, ou des mafieux dégénérés, ou des arrivistes dévergondés (d’ex-ML des années soixante-dix), ou des opportunistes assoiffés de pouvoir prêt à se vendre pour quelques deniers – futurs petits patrons dans les institutions gouvernementales ou financières (caisses de retraite et Fonds de placement de « solidarité » capitalistes, etc.).  Marx s’il l’a écrit ne l’écrirait certainement plus aujourd’hui. Cependant il est vrai qu’une articulation très précise doit relier les luttes dans l’instance économique de celles menées dans l’instance politique et idéologique, mais absolument pas via les syndicats.  Robert Bibeau.).

 

RC écrit : « Commençons d’abord avec la tactique elle-même, la tactique syndicale par excellence, la grève. Étudions donc la grève générale ou de masse comme moyen pour que la classe ouvrière se soulève contre la classe dirigeante afin de permettre aux communistes de matérialiser leur tâche historique qui consiste à mener la société, à savoir la classe ouvrière révolutionnaire, vers le communisme. Disons d’abord que cette praxis révolutionnaire dont Lénine fut un fructueux instigateur a permis la Grande Révolution bolchevique d’octobre 1917 et fait la quasi-unanimité parmi les communistes contemporains. Toutefois, cette tactique ne fut pas toujours interprétée de la même manière ni même utilisée de la même façon, ayant même connu un certain nombre de développements contradictoires en raison de facteurs antagonistes immanents à cette tactique.« 

 

(La grève spontanée – sauvage – généralisée est effectivement un moyen de lutte très important, mais le mouvement ouvrier devra surmonté l’opposition des apparatchiks bourgeois, des hommes d’affaires syndicaux – quand il aura syndicat – ce qui est de plus en plus rarissime. Les communistes n’ont qu’à laisser faire et comme en Afrique du Sud des milliers de travailleurs trouveront la solution à ce problème de corruption. Puis ce camarade cite à nouveau longuement  Rosa Luxembourg et des tas de révolutionnaires ayant fait face à Bakounine et Kropotkine.  N’étant pas  Bakounine et ne vivant pas sous le tsarisme, nous ne sommes pas vraiment interpellés par ces propos – hors propos. Le camarade conclut ces citations par l’étrange remarque que voici.  Robert Bibeau).

 

RC écrit : « L’histoire a donc donné raison aux idées marxistes contre celles issues de l’anarchisme et du Grand soir et créée la possibilité d’appuyer et de diriger les grèves»  Lénine in «La maladie infantile du communisme, le gauchisme» : http://classiques.uqac.ca/classiques/lenine/maladie_infantile_du_communisme/maladie_infantile.html  »

 

(Nous écrivons « étrange », car à notre connaissance il ne reste plus rien de la Révolution bolchevique d’Octobre 1917 – pas même l’État soviétique – transformée en État soviétique  stalinien, puis khrouchtchévien, puis gorbatchévien, puis poutinien que personne n’osera appeler un État socialiste nous l’espérons bien. C’est sur la durée que l’on doit évaluer le succès  ou l’échec d’une révolution. Pour ce qui concerne les grèves, nous sommes très favorables aux grèves ouvrières – surtout celles qui ne respectent pas les lois bourgeoises, et qui ne se laissent pas entraver par la justice bourgeoise. De nos jours, les ouvriers  n’attendent pas l’assentiment ni les maigres ressources des communistes, presque disparus de la scène économique et politique de la lutte de classe, pour mener leurs grèves économiques pour lesquelles nous avons le plus grand respect.  Puis,  suit une série de citations tirées de Rosa Luxembourg et de Lénine  qu’il serait beaucoup trop long de replacer dans leur  contexte du XIXe siècle finissant. Le camarade  conclut de sa plume ce qui suit. Robert Bibeau).

 

RC écrit : « Il peut certes se produire, comme nous l’avons observé,  des dérives en cours de route, puisqu’il appartient à la dialectique de la nature des mouvements de développer ses contradictions internes les amenant ensuite à les résoudre en effectuant les transformations nécessaires.  L’économisme en est une. Lénine conclut de façon générale en précisant sa pensée avec la critique de l’économisme in « Que faire? » »

 

 

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Les camarades NELLY  et Rum quant à eux ont écrit ceci :

 

« La résistance civique  (sic) à l’ordre bourgeois ne provient nullement  d’une négation aux  valeurs intellectuelles et morales communes à un groupe social . Pour ce qui me concerne, il s’agit d’une rupture d’ordre sémantique, mais, également idéologique, liée au rapport gauche/droite.  Les travailleurs ont massivement abandonné le monde de la pensée à la bourgeoisie technocratique et à ses intellectuels. »

 

(Ceci est en grande partie exact – quoique les vrais communistes, même peu nombreux, n’ont pas baissé les bras devant les assauts de la bourgeoisie sur le front idéologique de la lutte de classe. Nous avons gardé le fort et aujourd’hui se pose la question de comment utiliser la lutte de résistance que notre classe prolétarienne intensifie sur le front économique pour lui redonner l’initiative sur le plan politique et idéologique? Pour ma part je crois sincèrement que le combat que nous menons contre le sectarisme et le dogmatisme dans nos rangs fait partie des préparatifs à cette bataille titanesque qui s’en vient. Robert Bibeau). 

 

Nelly poursuit :  « Alors qu’ils sont au cœur de la contradiction capitale/travail,  leur humanité aux prises avec l’exploitation, dans l’unité du procès de travail et du procès de valorisation, les ouvriers et les salariés, c’est-à-dire aussi les scientifiques, les ingénieurs, les techniciens, ont refusé de penser le monde qu’ils produisent. Par leur absence silencieuse, ils ont accepté le discours de l’autre. Les prolétaires ont laissé les intellectuels penser à leur place, même si quelques-uns parmi eux ont voulu leur fournir les armes intellectuelles nécessaires. Cet abandon de la pensée est au cœur de la défaite ouvrière qui permet une fois de plus à la bourgeoisie d’imposer sa vision de la société.« 

 

(L’immense défaite de la lutte de la classe ouvrière sur le front économique (1917-1923) – puis son immense défaite sur le front politique de la lutte de classe – dont  la dislocation de la IIIe Internationale (1943) fut la manifestation la plus éloquente et la plus nécessaire. Elles ne pouvaient avoir comme conséquence que le recul de la pensée prolétarienne révolutionnaire – remplacée par le sectarisme et le dogmatisme qui s’est étendu sur toute la gauche – même et surtout parmi la gauche communiste révolutionnaire la plus meurtrie et donc celle qui due se défendre davantage pour survivre en petites chapelles repliées et isolées. Ne jamais oublier que l’instance économique est dominante et déterminante et c’est seulement en phase révolutionnaire que les  instances politique et idéologique deviennent temporairement déterminantes dans la lutte de classe. Nous reverrons ces jours heureux sous peu.  En attendant, le prolétariat qui se tue à la tâche pour survivre quotidiennement a bon dos pour les petits bourgeois paupérisés et frustrés. Robert Bibeau). 

 

Les camarades Nelly  et Rom complètent : «Le spectacle, écrit Debord, n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images»; la «société du spectacle» n’est pas seulement l’hégémonie du modèle médiatique ou publicitaire, mais, au-delà, le «règne autocratique de l’autonomie marchande ayant accédé à un statut de souveraineté irresponsable, et l’ensemble des nouvelles techniques de gouvernement qui accompagnent ce règne».  Le livre majeur de cette ultime période, c’est sans doute les Commentaires sur la société du spectacle, de 1988, où Debord étend et approfondit ses analyses de 1967, en nous livrant le diagnostic le plus pénétrant qui soit sur le monde contemporain, et les principales clés permettant de le comprendre. Un an avant la chute du mur de Berlin, il pressent que l’opposition entre la forme «concentrée» du spectacle (les régimes communistes) et sa forme «diffuse» (le capitalisme occidental) est sur le point d’être surmontée, fondue dans un «spectaculaire intégré» régnant désormais planétairement sans partage. Ses traits caractéristiques ? Le «renouvellement technologique incessant » (par exemple, la marchandise informatique imposée, transformant tout utilisateur en client assujetti) ; la «fusion économico-étatique» (l’absorption de l’État dans le marché) ; le « secret généralisé » (les vraies décisions sont inaccessibles, le modèle mafieux triomphe dans l’instance politique) ; le «faux sans réplique» (pour la première fois, les maîtres du monde sont aussi ceux de ses représentations) ; le «présent perpétuel» (abolition de toute conscience historique). »

 

(Ci-haut Debord intellectualise et formalise comme un intellectuel bourgeois sait le faire la perception qu’il a des choses réelles concrètes qui l’entourent. Exemple : Le renouvellement technologique incessant plafonne en ce moment et il y a en cela  justement une des causes de l’impossibilité de valoriser davantage le capital ce qui est  source de toutes les crises économiques et sociales. Exemple  – la fusion économico-étatiqueDebord ne comprend pas que ce n’est qu’un réflexe de survie de la bête capitaliste atteinte au fond de sa tanière et incapable de résoudre la crise systémique qui l’emporte au cimetière, alors elle s’accroche de la sorte à un faux espoir de  salut qui ne viendra pas. Le totalitarisme n’a pas sauvé l’empire URSS et ne sauvera pas  l’empire Atlantique et ne sauvera pas davantage l’empire du Milieu réincarné (sic). Robert Bibeau).

 

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La seconde condition de la révolution prolétarienne

 

  1. La contradiction fondamentale du mode de production capitaliste étant pleinement développée comme nous l’avons examiné précédemment la classe capitaliste internationale ne trouvera plus d’autres façons pour survivre que de se lancer dans de multiples guerres pour le partage des zones d’influence, pour le partage des secteurs de ressources, des zones d’exploitation de la main-d’oeuvre et pour le partage des marchés, afin, espérera chacune des alliances impérialistes concurrentes, de relancer le processus de reproduction élargie de son capital en panade. Ces guerres de rapines se mèneront d’abord aux marges des zones d’influence de chacune des alliances, dans les Balkans, dans le Caucase, en Ukraine, au Moyen-Orient et en Afrique pour une des alliances; au Nicaragua, au Venezuela, en Colombie, en Afrique, au Népal, au Vietnam, au Myanmar et en Corée du Nord pour l’autre alliance. Le monde vit sous cette conjoncture de guerres locales plus ou moins larvées, plus ou moins contrôlées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (au moins 200 interventions militaires américaines entre 1945 et 2015). Puis, les conditions de reproduction et de valorisation du capital se détériorant encore davantage,  puisque ces guerres ne feront rien pour relancer la valorisation du capital, les différentes alliances impérialistes en viendront à s’affronter directement, le chaos et l’anarchie de la Troisième Grande Guerre mondiale forgeront la seconde condition objective pour le déclenchement de l’insurrection prolétarienne.

 

La révolution empêchera la guerre ou la guerre entraînera la révolution

 

  1. Au cours du siècle passé, les communistes ont espéré que la révolution prolétarienne pourrait empêcher le déclenchement d’une guerre mondiale et ils ont été déçus à deux reprises. C’est difficile à admettre, mais seule la détresse provoquée par une guerre internationale meurtrière – apocalyptique – , l’appauvrissement de la classe ouvrière et des masses paysannes en pays sous-développés – la destruction d’une grande quantité de moyens de production (de capitaux), la dislocation anarchique des rapports de production capitalistes, convaincra le prolétariat, si souvent trompé, si souvent trahi, si souvent bafoué, si profondément aliéné à se présenter sur la scène de l’histoire pour imposer son alternative ultime à la déperdition capitaliste.

 

  1. Les organisations de la gauche bourgeoise et prolétarienne n’ont aucune prise sur le processus insurrectionnel prolétarien spontané. La responsabilité de la gauche communiste révolutionnaire refusant la bolchevisation de leur organisation, le sectarisme et le dogmatisme qui l’accompagne et accordant le droit de fraction ; sera de bien comprendre le processus insurrectionnel spontané et désordonné, d’en apprécié correctement le développement, et au moment opportun, de proposer une direction révolutionnaire via les mots d’ordre appropriés. Surtout, aucun mot d’ordre réformiste comme le feront des dizaines et des dizaines d’organisations de la gauche bourgeoise opportuniste déjà excité à l’idée de se partager l’assiette au beurre du pouvoir bourgeois « rénové » (sic).

 

Lénine a dû se résigner à proposer des mots d’ordre réformistes comme le slogan « Pain, paix et terre » , car le gros des forces révolutionnaires bolcheviques était composé de moujiks, de petits bourgeois et de salariés de l’État. Le prolétariat russe, minoritaire, manquait d’expérience et de maturité révolutionnaire.  Ce compromis sera non seulement inutile dans les conditions de la prochaine insurrection prolétarienne, mais il serait un crime et une trahison contre la révolution. La prochaine insurrection prolétarienne mondiale ne fera pas dans les conditions d’un mode de production de transition entre le féodalisme paysan et le capitalisme ouvrier ascendant. La prochaine insurrection prolétarienne spontanée se fera dans les conditions extrêmes de l’impérialisme décadent et agonisant, mais encore dangereux.

 

Guerre mondiale puis insurrection prolétarienne internationale

 

  1. La guerre mondiale est donc la seconde condition de la crise qui provoquera les soulèvements sociaux, qui enclencheront à leur tour l’insurrection prolétarienne mondiale, qui, nous l’espérons, pourra provoquer l’avènement de la révolution prolétarienne communiste. Voilà l’ordre de mise en place de la révolution mondiale. Voilà la troisième condition d’une insurrection prolétarienne réussie se transformant en révolution prolétarienne communiste à l’échelle planétaire. La société socialiste de transition entre le mode de production capitaliste et le mode de production communiste ne peut absolument pas se construire dans un seul ou dans quelques pays isolés comme l’a démontré l’échec du pseudo « camp socialiste ». Cette édification devra se faire dans un très grand nombre de pays simultanément sinon les capitalistes mèneront une guerre de destruction contre le ou les jeunes états socialistes encore instables et désorganisés. Mais comment une insurrection prolétarienne spontanée et mondialisée peut-elle se transformer en révolution prolétarienne mondiale communiste ?

 

  1. Nous avons vu précédemment que ce scénario révolutionnaire a effectivement été réalisé en 1917 dans le cadre de la Révolution bolchevique qui frappa toutes les Russies. Pourtant, cette Révolution ne fut pas une Révolution prolétarienne communiste jusqu’au bout parce que l’insurrection populaire qui là précédé s’appuyait surtout sur les masses paysannes en révolte. La Première condition fondamentale d’une Révolution communiste mondiale c’est qu’elle origine d’une insurrection qui si elle n’est pas prolétarienne au début – le devienne rapidement par la suite – sans quoi – l’insurrection populaire sera récupérée par d’autres classes ou segments de classes sociales non révolutionnaires intéressées par la défense de leurs intérêts privés. Le Parti bolchevique a dû se substituer à la classe prolétarienne et imposer sa dictature de parti afin de mener à bien le renversement de l’État féodal tsariste. Une telle confusion ne doit pas se reproduire.

 

  1. Qui dit classe prolétarienne pense mode de production capitaliste monopoliste d’État largement développé, productiviste, moderne, mécanisé, numérisé, informatisé, à très haute productivité, globalisé, internationalisé et interdépendant mondialement en un procès de développement inégal (d’un pays à un autre) et combiné (d’un secteur économique à l’autre, d’une zone industrielle à une autre). Bref, la classe prolétarienne est la classe sociale internationale qui exprime par son développement mondial le niveau de développement du capitalisme à son stade impérialiste décadent le plus avancé. Marx a expliqué que sous le capitalisme les deux classes sociales antagonistes – prolétariat et bourgeoisie – étaient intimement liées l’une à l’autre dans la phase ascendante – durant la phase d’apogée – et dans la phase déclinante – impérialiste – du mode de production capitaliste. Les idéologues marxistes ont ajouté que seule la classe prolétarienne développée, moderne, formée, consciente et combative serait la classe sociale totalement et pleinement révolutionnaire jusqu’au bout. Les moujiks russes analphabètes, les paysans illettrés des rizières de Chine, du Vietnam, du Cambodge, les paysans affamés des hauts plateaux du Népal, les fellahs égyptiens paupérisés, les éleveurs touaregs nomades du Sahel, les  agriculteurs indiens  paupérisés, les paysans sans-terre de Cuba, d’Amazonie, ou du Congo, etc. ne peuvent en aucun cas enclencher une insurrection prolétarienne mondiale.

 

La quatrième condition pour une révolution prolétarienne communiste

 

  1. Crise systémique, guerre nucléaire généralisée, insurrection prolétarienne spontanée, entraîneront comme l’écrivait Lénine « L’impossibilité pour les classes dominantes de maintenir leur domination sous une forme inchangée […] impliquant que la base (sociale) ne veuille plus vivre comme auparavant et que le sommet [bourgeoisie] ne le puisse plus». De plus « L’aggravation, plus qu’à l’ordinaire, de la misère et de la détresse des classes opprimées  entraîneront plus qu’à l’habitude des soulèvements populaires en série. D’où l’accentuation de l’activité populaire des masses »  et éventuellement la révolution prolétarienne consciente pour l’édification du mode de production communiste (10).

 

  1. L’expérience lamentable des collusions de fronts unis inter classes entre des segments de la bourgeoisie dite « démocratique – libérale » et la classe prolétarienne (du Front populaire à la Seconde Guerre impérialiste, en passant par la guerre d’Espagne républicaine bourgeoise) nous a enseigné à rejeter ce type de compromis opportuniste où la classe se met au service d’une section de la bourgeoise – totalitaire libérale – afin de l’aider à imposer son hégémonie aux autres fragments de la bourgeoisie totalitaire « non libérale » (sic) et sur la classe ouvrière tout entière, cette dernière ne servant que de chair à canon dans ce marché de dupes. Aucune union interclasses antagoniste ne tient la route. Ils sont tous pareils, pendant les élections «démocratiques» bourgeoises, comme chez leurs banquiers, et devant leurs officiers de l’armée.

 

  1. La réciprocité de ces prémisses est évidente : plus le prolétariat agira résolument et avec assurance, guidé par des mots d’ordre pertinents et révolutionnaires (sans compromis) et plus il aura la possibilité d’entraîner sous sa direction les couches intermédiaires, plus la classe dominante sera isolée, plus la démoralisation s’accentuera chez elle. Par contre, la désagrégation des appareils de la gouvernance capitaliste (dont l’État bourgeois est la pièce maîtresse) est obligatoire, d’où la nécessité pour les communistes de rejeter tout recours, tout appel au renforcement des lois et de la gouvernance de l’État bourgeois. C’est la raison pour laquelle les communistes ne participent pas aux ralliements pour demander à l’État bourgeois de sortir de l’OTAN, de renforcer l’État national bourgeois, de sortir de l’Euro ou de l’ALENA, et ne signent pas de pétitions pour réclamer la clémence de l’État et renforcer la « sécurité ». Les communistes savent que c’est l’État bourgeois qui est le premier responsable de l’insécurité et du terrorisme.

 

Le parti prolétarien révolutionnaire communiste

 

  1. L’intervention d’un ultime vecteur, qui unifiera les différents facteurs et matérialisera, leur interaction corrige, les dangers de « volontarisme révolutionnaire ». Certains marxistes le considèrent comme la condition dernière dans le dénombrement, mais non dans l’importance de la conquête du pouvoir par la classe prolétarienne le parti révolutionnaire, en tant qu’avant-garde unie et trempée de la classe respectant le droit de fraction, ou alors un regroupement d’organisations communistes révolutionnaires aura la tâche de faire en sorte que la classe prolétarienne prenne pleinement conscience de sa mission historique qui n’est pas de corriger les injustices du capitalisme, ni d’enrayer la destruction de la planète, mais de créer un nouveau mode de production – communiste qui enrayera la destruction de la planète. Quant à Lénine, il fait de cette dernière condition le point de différenciation entre la révolution prolétarienne communiste et la crise révolutionnaire insurrectionnelle sans lendemain «La révolution ne surgit pas de toute situation révolutionnaire, mais seulement dans le cas où, à tous les changements objectifs énumérés, vient s’ajouter un changement subjectif, à savoir : la capacité, en ce qui concerne la classe révolutionnaire, de mener des actions de masse assez vigoureuses pour briser complètement l’ancien gouvernement, qui ne tombera jamais, même à l’époque des crises, si on ne le fait choir. » (10).

 

**********

 

 

Pour en savoir plus sur notre projet politique :  Robert Bibeau (2014) Publibok.  http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

(1) Plateforme du Courant Communiste International (CCI) adopté par le Premier congrès. (1975) http://fr.wikipedia.org/wiki/Courant_communiste_international

(2) K. Marx (1859)  Contribution à la critique de l’économie politique.

(3) Daniel Bensaïd, « Mémoire de maîtrise, La notion de crise révolutionnaire chez Lénine », 1968, à retrouver sur ce site : http://danielbensaid.org/La-notion-de-crise-revolutionnaire

(4)  http://danielbensaid.org/La-notion-de-crise-revolutionnaire

(5) Nicos Poulantzas (1974) Pouvoir politique et classes sociales, éditions Maspero, p. 11.

(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_R%C3%A9publique_de_Weimar et http://fr.wikipedia.org/wiki/Reichsmark

(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Franc_fran%C3%A7ais#IVe_R.C3.A9publique

(8) Tom Thomas (2011) Étatisme contre libéralisme ? Éditions Jubarte. Paris. Page 1.

(9) Lénine, Œuvres, tome I, éditions de Moscou, p. 175.  et  http://danielbensaid.org/Une-introduction-revisitee

(10) Lénine, Œuvres, tome I, éditions de Moscou, p. 175.  et  http://danielbensaid.org/Une-introduction-revisitee

5 pensées sur “Débattons, de l’insurrection à la révolution

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    8 juillet 2015 à 7 07 52 07527
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    Bien évidemment, plus les évènements progressent, plus les thèses sur l’aspect eschatologique de la catastrophe civilisationnelle que nous sommes en train de vivre se confirment dans leur diagnostic final selon leurs diverses composants et variantes, selon leurs divers points de vue, plus secondaires deviennent ces composants, variantes et divers points de vue qui forment les explications ou tentatives d’explication du déroulement du phénomène (le “comment ?”), et plus se dessine la question fondamentale de la Cause Première de ce destin (le “pourquoi ?”).

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    8 juillet 2015 à 23 11 22 07227
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    @ HUET, JE NE SUIS PAS ASSEZ INSTRUIT POUR COMPRENDRE VOTRE COMMENTAIRE DÉSOLÉ DE NE POUVOIR RÉPLIQUER

    « eschatologique de la catastrophe civilisationnelle » C’EST QUOI ESCHATOLOGIQUE ÇA RAPPORT AVEC VOTRE BREAKFEAST DU MATIN ???

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    9 juillet 2015 à 6 06 16 07167
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    Où l’on constate que l’insurrection prolétarienne, attendu par ce mouvement ouvrier, tiens à un activisme de sous-prolétaires (étudiants, jeunes chômeurs, assistés sociaux, etc..). Pas de révolution sans insurrection , pas d’insurrection sans sous-prolétaires. C’,est minable comme projet de société: attendre l’opportunité créée par quelqu’un d’autre.
    @Bibeau
    vos textes ont le même tonneau que le commentaire de Huet, curieux que vous les ayez écrits vous-même.

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    9 juillet 2015 à 11 11 00 07007
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    La haine, la peur, les désirs, les passions sont des conditionnements affectifs implantés par le marché de la culture, ils infectent votre système nerveux et vous font prendre les mauvaises stratégies qui profitent qu’aux intérêts « supérieurs » de l’oligarchie.

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    18 juillet 2015 à 12 12 30 07307
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    Au début était donc le combat contre les puissants, contre la monarchie et pour le peuple, contre le capitalisme et pour le prolétariat. Sauf que depuis, comme l’on sait, le Marché a triomphé. Mais plutôt que de s’aliéner des esprits somme toute bien faits et devoir les combattre, le Marché a préféré leur trouver du boulot. Mais comment les incorporer tout en flattant leur égo ? Comment les faire trahir tout en leur donnant l’illusion de ne point le faire et de servir encore la noble cause de leurs pères? Tout simplement en leur jetant des causes marginales et insignifiantes à ronger dans le désormais sacro-saint champs du sociétal. Et dès lors la magie peut opérer. Tout en soutenant désormais le Marché-Système tout puissant, notre intelligentsia de gauche peut donc s’offrir «l’illusion d’une fidélité aux luttes d’antan et d’une permanence de sa fibre révolutionnaire», en jouant dans le pré-carré des combats sociétaux choisis par le Système pour le profit du Système.

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