Drogué à 12 ans

Drogue et école

Gabriel Alexandre Gosselin,  Dossier AlcoolToxicomanie

drogue-jeune-toxicomane-toxicomanie-jeunes-consommation-pot À la préadolescence, Maxime est amer envers la vie. Renfermé et sensible, il oublie ses sentiments dans la drogue. Il témoigne aujourd’hui pour expliquer la réalité de ces adolescents prisonniers d’un monde illusoire.

À 12 ans, Maxime (nom fictif) ne vit que pour le patinage de vitesse. Il est le meilleur de son équipe et s’apprête à participer à une compétition de grande envergure. Mais des problèmes au sein de son équipe de patin obligent Maxime à ne plus pratiquer le sport qu’il aime tant. C’est la fin d’un rêve et le début d’une période difficile.

Son moral est à terre. Il vient de perdre sa passion, lui qui manque déjà de confiance et peine à se faire des amis. Une connaissance l’entraîne vers ses premières consommations de cannabis: «Je m’étais toujours dit que je n’en fumerais jamais. Trente secondes après en avoir consommé, je savais que j’allais en reprendre», se souvient Maxime. Il n’en faut pas plus pour que le jeune garçon renfermé et influençable plonge dans le monde de la drogue.

Très vite, sa consommation s’intensifie. À 14 ans, Maxime sort en cachette la nuit pour se rendre chez un vendeur où il peut fumer gratuitement. Il vend à l’école pour ce dealer qui l’accueille dans ses escapades nocturnes. Il fume de 6 à 8 joints par jour, ne dort pas sans avoir consommé et se gèle à l’école. Maxime récolte malgré cela de très bons résultats scolaires; sa conscience est tranquille face à ses enseignants et à ses parents.

Quand consommer devient problème

À cette époque, Maxime vit une période où il se rend compte de sa dépendance. Il décide de faire une pause de consommation d’une durée indéterminée. «Après deux semaines à ne rien prendre, un ami m’a dit que je semblais aller mieux. J’ai recommencé à consommer sur le champ. Pour moi, ça voulait dire que mes problèmes étaient réglés!», raconte Maxime.

À 15 ans, son style de vie l’attire vers une autre drogue: le PCP. «La première fois, j’ai pris une ligne, puis une autre, parce que la première n’avait pas fait effet. Une demi-heure après, j’étais complètement défoncé dans l’autobus scolaire», se souvient-il. Ses camarades de classe le remarquent, et avertissent Maxime du danger. Il ignore leurs conseils. Le lendemain, il rachète une dose et se fait illico une ligne sur la table de la cafétéria.

Le PCP devient sa nouvelle drogue. «J’étais tout le temps gelé. Il m’arrivait de me tenir aux murs pour marcher ou même d’avoir des black-out», avoue-t-il. Avec le PCP, Maxime mélange à quelques reprises de la codéine, un dérivé de l’opium. «Quand tu prends du PCP, tu es juste fucké. Mais la codéine, c’est pas pareil. C’est plaisant. Cette drogue aurait pu signer mon arrêt de mort si elle avait été plus accessible», admet Maxime.

Drogue et école

À 15 ans, il connaît une année scolaire difficile. Une première à vie! Ses notes baissent, il est en retard à presque tous ses cours et répond de haut à ses professeurs qui critiquent son comportement. «Parfois, j’étais tellement stone que je n’arrivais même plus à écrire», se rappelle le jeune homme qui ne comprend pas aujourd’hui ce qui le motivait à se droguer à l’école.

Sa grande consommation de PCP commence à lui donner des envies suicidaires, symptôme connu de cette drogue: «Quand tu es dans un down sur cette drogue-là, tu as mal à la vie. J’avais même planifié sniffer une grande quantité de drogue pour faire une overdose.» Il ne passera pas à l’acte. Mais il n’est plus question pour lui d’arrêter sa consommation, «c’était devenu trop difficile de passer même une journée sans drogue.»

Ironie du sort, c’est en prenant une ligne de PCP avec une fille en rechute que Maxime se laisse convaincre de passer un test d’habitude de consommation. «Elle me décrivait la thérapie qu’elle avait suivie, et me parlait avec des mots qui me rejoignaient», souligne Maxime, marqué par cette rencontre. Une semaine après le test, l’intervenant de son école lui donne le verdict. Maxime est abasourdi: «J’avais besoin d’une thérapie de 8 semaines en centre d’accueil. Je n’arrivais pas à le croire!»

Thérapies pour jeunes

Maxime suivra 3 thérapies fermées. Les 2 premières constituent des tests radicaux pour le jeune homme qui doit arrêter net sa consommation et comprendre qu’il a un sérieux problème: «Je ne m’endurais pas. Le pire, c’était la nuit. J’avais l’impression que les murs et le plafond allaient m’avaler», se souvient douloureusement Maxime.

Suite à ces 2 thérapies, il fait son entrée au cégep…et panique. Il n’est pas encore prêt pour une vie sobre en société. De son propre gré, il entreprend une 3e thérapie. C’est lors de ce dernier séjour en lieu clos qu’il apprend enfin à reconnaître son caractère de consommateur: «Je suis un gars très anxieux, rêveur et perfectionniste. La drogue me permettait de ne pas faire face à la personne que j’étais. Je ne vivais que pour ma consommation.»

«En thérapie, ils nous disent que pour arrêter de consommer, il faut fournir autant d’énergie qu’on en mettait pour se trouver de la drogue. Si tous les consommateurs agissaient comme ça, le monde irait bien!» de s’exprimer l’ancien toxicomane qui consacre aujourd’hui tous ses efforts à ses études universitaires. Maxime a découvert au fil du temps que le bonheur se trouve ailleurs que dans la drogue: «J’ai finalement compris qu’avant, ce n’était pas moi qui faisait tout en fonction de la drogue. C’est la drogue qui me faisait tout faire en fonction d’elle.»

Le cannabis

Une consommation à long terme de cannabis peut engendrer de nombreuses complications: manque de motivation, difficulté à se concentrer, réduction de la capacité d’apprentissage, panique. En cas extrême, ces problèmes peuvent dévier vers la paranoïa ou l’hallucination. La marijuana est aussi reconnue pour aggraver ou provoquer les symptômes chez les personnes vivant avec des troubles psychiatriques.

Le PCP

La phencyclidine, mieux connue sous le terme PCP, est une drogue synthétique qui se consomme sous forme de poudre cristalline. Elle peut être inhalée, sniffée, bue ou injectée et crée une relaxation. Le manque de coordination est aussi une caractéristique du PCP. Les utilisateurs réguliers de cette drogue sont reconnus pour être violents.

D’abord utilisée dans le domaine de la médicamentation il y a plus de 40 ans, la substance, qui a une valeur psychotrope trop forte, a été par la suite proscrite. Le PCP est aujourd’hui utilisé comme anesthésiant dans le domaine vétérinaire et est assez puissant pour apaiser les souffrances d’un cheval!

La codéine

Produit dérivé de l’opium, la codéine procure un sentiment de bien-être extrême ainsi qu’une insensibilité à la douleur. Elle est utilisée dans certains médicaments prescrits au Canada. On la retrouve dans des sirops contre la toux et dans des médicaments puissants contre le mal de tête.

Autres témoignages ALCOOLTOXICOMANIE

9 pensées sur “Drogué à 12 ans

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    24 octobre 2009 à 15 03 31 103110
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    Quel est le but de cet article?

    Affirmer que le cannabis mène aux drogues dures?

    Affirmer que fumer du cannabis peut gâcher une vie?

    Affirmer que les jeunes ne devraient pas consommer de drogues?

    Ces débats sur les drogues me titillent légèrement, car on parle souvent du jeune qui fumait du pot et qui par la suite, s’est mit aux drogues dures, et cela dans le but de salir la plante de cannabis.

    Mais oh!, comme par hasard!, pas de débat quant aux dangers des drogues légales (caféine, cigarette, ALCOOL, médicaments pharmaceutiques); elles sont légales, pas la peine d’en parler! Elles ne sont pas très nocives, de toutes façons, hein?

    Personnelement, il est clair que fumer à 12 ans n’est pas l’idéal. Je préfèrerais que mes enfants ne fument pas. Si toutefois ils décident de fumer du pot, je leur permettrai de le faire modérément, et seulement à compter de 16 ans (âge auquel j’ai commencé à fumer) mais je n’ai aucun contrôle sur ce qu’ils feront à l’extérieur, et c’est pourquoi certains parents préfèrent faire fumer leur ado eux-même, afin d’avoir au moins un contrôle sur la qualité de l’herbe.

    Il est évident que nous devrions tous être à jeun en tout temps, mais le monde dans lequel nous vivons nous fait souffrir, et nous prenons souvent le chemin de la bouteille, du joint, ou des drogues dures.

    Personnelement, je trouve que la consommation de cannabis est la consommation la moins dramatique, mais je sais aussi quels effets négatifs sur la vie sociale elle peut avoir lorsqu’elle est abusive…

    Une chose est sûre: la modération a bien meilleur goût!

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    24 octobre 2009 à 18 06 57 105710
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    Bonjour M. Lefebvre.

    Nous avons des témoignages de personnes qui ont eues des difficultés avec la drogue, l’alcool, la cigarette, le jeu compulsif…

    Dans certains de ces témoignages, les jeunes ont passé du pot à d’autres drogues. Dans d’autres témoignages, on n’y trouve que les difficultés avec le pot.

    Certaines personnes peuvent consommer sans tomber dans une consommation abusive. Mais ce n’est pas le lot de tous. Un des objectifs d’un tel texte est d’aider à reconnaître les signes avant-coureurs d’une consommation abusive et les ressources qui peuvent aider.

    Un autre objectif est aussi d’aider les gens à éviter la banalisation de la consommation d’une drogue, qu’elle soit légale ou non.

    Comme le souligne Maxime, quand la consommation d’une drogue ne sert qu’à camoufler ce que l’on vit, comme l’anxiété et autres émotions, le risque d’aboutir avec un mode de vie et une consommation abusive est élevé.

    Raymond.

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    24 octobre 2009 à 21 09 30 103010
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    Bonjour Raymond,

    Normalement, je ne commenterais pas ton article mais, comme Simon, je me demande ou exactement tu veux en venir.

    Des jeunes en difficulté ou qui perdent la mappe, il y en a partout, et pour toutes sortes de raisons.

    Je suis en désaccord total avec ton analyse du cannabis et de ses effets  »hallucinogènes ». Je trouve que tu charrie un peu pas mal beaucoup.

    Ce que tu pourrais dire, c’est que le pot est souvent shooté avec des engrais chimiques, ce qui augmente l’effet toxique …

    Le pot, en soi, n’est pas dangereux, et ne mène pas au PCP ou à quoi que ce soit d’autre.

    Je trouve ton analyse très simpliste, même si je ne doute pas de l’histoire racontée par le jeune Maxime.

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    25 octobre 2009 à 9 09 17 101710
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    Bonjour M.Viger.
    Le témoignage de Max est très réaliste,moi même ayant passé par des étapes similaire,pot,hash,TH,acide,pcp,cocaine ensuite thérapie,NA,CA,AA et tout ce qui fini avec un A,sans jamais toutefois allé me chercher un jetons de 3 mois,même si je m’impliquait dans le mouvement, mon mal de vivre étant trop encré profondément en moi.
    Vous savez ce qui m’a finalement fait sortir de ce monde infernal,c’est lors d’un meeting AA,quand nous avons fait le « Notre Père »il y a eu une lumière qui a finalement pénétré dans mon coeur,et depuis ce temps je chemine,ce fut mon dernier meeting.
    Je suis aussi d’accord avec Simon,la modération a bien meilleur gout,et ce qu’Aimé dit en rapport avec le chimique qui boost le pot.
    Pour moi fumé un joint est préférable que de boire une bière,car je sais aujourdhui qu’une bière va inévitablement m,emmener à une autre,je suis fait ainsi et je l’accepte.

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    27 octobre 2009 à 7 07 45 104510
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    La drogue touche les jeunes de plus en plus vite…
    J’ai vu un reportage en France qui présentait plusieurs enfants de 12 et 14 ans qui avait déjà essayé le LSD…
    L’heure est grave…
    Gael

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    27 octobre 2009 à 12 12 19 101910
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    En relisant, je viens de trouver plus précisément ce qui me chicote: c’est cette association de mots drogue / cannabis.

    Pour moi, une drogue c’est quelque chose de néfaste, qui a des effets négatifs sur mon corps physique.

    Parlez-moi de LSD, parlez-moi de coke, parlez-moi de PCP, d’ectasy, de speed, même d’alcool, qui sont toutes des drogues populaires qui détruisent la vie des gens.

    Mais de grâce, laissez la plante de cannabis tranquille!

    Si vous ne pouviez disposer que d’une seule plante, ce serait elle que vous choisiseriez logiquement car à elle seule, elle peut presque tout faire…

    Il ne faut pas cracher sur une « sauveuse »…

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    27 octobre 2009 à 12 12 57 105710
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    Mon opinion sur ce sujet est que certaines « substances » peuvent être bénéfique pour l’individus ou lui être carrément nuisible. Ça dépend du but recherché par la consommation de substance.

    Je pense entre autre au LSD qui était utilisé de façon contrôlé pour des thérapies en psychologie. Ou comme l’Ayahuasca, qui est utilisé par les Ayahuaskeros pour leurs rituels chamaniques.

    Le problème, c’est qu’en Occident, dans notre société vide de sens, les gens prennent surtout ces substances pour se geler….

    Comme dans toute chose: il y a un équilibre à respecter. Si tu es équilibré physiquement et mentalement et que tu prends une substance de façon modéré, dans un but de recherche intérieur, tu peux vivre des expériences fantastiques. Très spirituelles, même. Encore une fois, c’est une question d’équilibre (modération).

    Par contre, si tu veux juste te geler, vivre un trip pour fuir la réalité, tu peux aussi tomber dans une spirale infernale. À ce moment là, tu te places en situation de manque et tu peux développer facilement une dépendance.

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    27 octobre 2009 à 13 01 26 102610
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    D’accord avec toi, Rémi.

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    30 octobre 2009 à 6 06 57 105710
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    Je suis d’accord avec vous que ce n’est pas le produit qui est le problème, mais la relation que j’établis avec celui-ci.

    Peu importe la drogue, une consommation occasionnelle, dans un contexte méditatif est très différent d’une consommation pour étouffer nos émotions.

    Il ne faut cependant pas se leurrer, la très grande majorité des consommateurs établissent une mauvaise relation avec une drogue.

    Les grands philosophes avaient souligné qu’une personne ne devrait consommer aucune drogue avant l’âge de 21 ans. Ensuite, avec modération seulement pour une autre période. Peut-on s’attendre que des jeunes de 12 ans aient le discernement nécessaire pour établir une relation saine et équilibrée avec une drogue quelconque?

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