François Legault, le carossier de papier


Gaëtan Pelletier

Connaissez-vous la différence entre l’éducation et l’expérience ? L’éducation, c’est quand vous lisez tous les alinéas d’un contrat. L’expérience, c’est ce qui vous arrive quand vous ne le faites pas. Pete Seege

Comme disait Jeanne d’Arc en grimpant au bûcher : l’essentiel c’est d’être cru.
Frédéric Dard

***

L’ex-ministre de l’Éducation, François Legault, propose un virage radical pour doter le Québec d’un «des meilleurs systèmes scolaires au monde» d’ici 2020. Canoe

Le plan Legault?

Ce qu’il y a de flatulent dans le « bout de la chaîne de montage », c’est encore et toujours …une abstraction. Le grand échec du système scolaire c’est d’avoir tenté de réparer un tuyau avec une bande de pédagocrates et d’administrateurs dont la seule imagination est d’ajouter de l’argent et de grossir les structures en avalant les petites… qui ne fonctionnent pas, ou mal.

Extrait :

A) Plus d’autonomie aux parents.

B) Plus d’autonomie aux directeurs. ( C’est méconnaître totalement le système actuel qui, justement, accorde à ces administrateurs tous les pouvoirs… Ceux qu’ils n’ont pas, ils le prennent en déjouant les règles).

C) Alléger les structures administratives. ( Un copier-coller des fusionnements des villes. Dix petits organismes pour en faire un gros. Plus il est gros, plus il est important, plus il faut payer…) .

« Cela signifie que le taux de diplomation passerait à 85 % au secondaire, à 75 % au cégep et à 80 % à l’université. »

C’est ce qu’on tente de faire en ce moment en faisant travailler les profs, ces incompétents coupables qui devraient être virés. On les force à aplanir les notes pour « faire passer » les élèves. Pour réussir le plan Legault sans passer par le plan Legault on a qu’à fixer le taux d’échec à 12% au lieu de 17%. Et si ça ne fonctionne pas, on aplanira jusqu’au plancher.

Qu’on se donne la peine d’aller fouiller dans les structures de financement des commissions scolaires, dans l’application des administrateurs « poussés » par le ministère et, souvent, dans le petit monde retors des batailles de pouvoirs ou du lustre.

Qui sont les incompétents qui ont engagé des pédagogues chorégraphes-peintres qui se copient-collent entre eux dans une toile constituée d’une floraison d’organigrammes à donner des nausées.

C’est de l’éducation ou de la peinture?

On pourrait sans doute vendre ces œuvres sur la Rue du Trésor à Québec, aux touristes en mal de petits tableaux « made in Québec ».

Les concepteurs de programmes

Curieusement, M. Legault n’en parle pas. Au lieu d’aller voir l’ingénieur de la Ford-T, il décide de virer les travailleurs de la ligne de montage…

Le plan Legault, c’est le syndrome du gars qui pousse son chariot accoté à un mur et qui pense aller loin et vite.

Qu’on demande à ceux qui sont en éducation ce qui ne fonctionne pas en éducation.

Quand vous voulez améliorer votre pelouse, téléphonez-vous à un philosophe?

Lettre au Devoir

Voilà une lettre d’un enseignant retraité.

perro blanco
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mercredi 13 avril 2011 09h42

Réforme Legault, son inspiration, sa méprise

La réforme Legault est directement tirée de l’extrême droite américaine et considère l’école comme une entreprise, les enseignants comme des chefs d’entreprises soumis aux lois de la concurrence, de la productivité et de la rentabilité, et les élèves, comme de la matière qu’ils peuvent façonner à leur guise, des cruches qu’on remplit plus ou moins vite, de la plasticine qu’on transforme, bon gré mal gré, en électriciens, mécaniciens, informaticiens, ingénieurs, médecins, etc.
Si M. Legault voulait ainsi lancer un débat, il aura réussi, mais il aura réussi du même coup à montrer son ignorance et sa propre incompétence. IL EST DONC CONGÉDIÉ, L’IGNARE!
Comme enseignant retraité, je peux dire sans me tromper qu’on n’aurait rien ajouté à ma compétence, à mes performances et à mon rendement en ajoutant 15000$ à mon revenu annuel. À ma résistance physique et émotionnelle non plus, surtout si on m’avait suspendu une épée de Damoclès au-dessus de la tête et menacé à n’importe quel moment de congédiement si les cibles n’étaient pas atteintes, comme si l’élève, les parents, la société, les programmes, le manque de ressources de toutes sortes n’étaient pour rien dans l’atteinte ou non du succès.
Pas étonnant qu’enseignants, syndicats, ministres, commissions scolaires et même parents aient rejeté du revers de la main une proposition aussi stupide qu’injuste.
En effet, en offrant une si généreuse augmentation de salaire aux enseignants contre l’abandon de leur sécurité d’emploi et la soumission à des évaluations régulières selon des critères qui n’ont RIEN à voir avec leur compétence – comme si on congédiait un médecin pour ne pas avoir réussi à sauver la vie à un cancéreux – il se rendait coupable d’une méprise hautement condamnable, soit celle d’avoir eu comme prémisse que le problème, ce sont les profs.
Pas fort, Legault! Pour moi, t’es viré! Le Devoir, Éducation

La confession du viré

M. Legault a aussi dû expliquer pourquoi il n’avait pas mis en place les mesures qu’il prône aujourd’hui du temps où il était ministre de l’Éducation, entre 1998 et 2002. «En 1998, j’arrivais en politique, a-t-il répondu, j’avais tout à apprendre. J’ai commencé à semer, mais je pense que la décentralisation et la responsabilisation doivent aller une étape plus loin. Je prends une partie du blâme.»

Je suis désolé, mais M. Legault a encore tout à apprendre.

Si vous trouvez que le domaine de la construction au Québec est corrompu, vous devriez mettre les pieds dans une école. Je vous conseillerais de vous engager comme concierge.

Mon voisin est un concierge retraité, et vous seriez surpris de le voir analyser le système scolaire.

On fait ça, l’été, en regardant nos potagers chacun de notre bord de clôture.

À chaque fois je me demande comment un concierge peut en savoir autant sur l’école…

Probablement que la propreté est le fondement de sa pensée…

Et qu’il sait reconnaître une tache dans un ensemble de carrelages…

Il sait que la saleté se cache dans les recoins.

13 pensées sur “François Legault, le carossier de papier

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    19 avril 2011 à 18 06 29 04294
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    On est tellement « mélo-dramatique » au Québec, que ça en donne presque la naussée…

    Legault l’ignare, Legault l’incompétent, Legaut l’extreme droitiste Ricain. A bas Legault, Legault au bûcher !!!

    Calmez-vous M.Pelletier, vous allez avoir une attaque. Cessez de crachez de la sorte sur le « pion » politique qu’est Legault, vous allez finir par vous déshydratez.

    Bien sur que m.Legault n’apporte pas la solution miracle, ni même une proposition éclairée sur le sujet. Mais m.Legault n’est qu’un politicien et un médiocre par surcroit.

    Mais, bon sang, n’en faites pas un démon sanguinaire venant menacer d’anihiler le système d’éducation, fleuron Québecois. Vous en parlez comme si c’était lui le ministre actuel de l’éducation et qu’il était seul maître a bord, sur le point de sabrer dans le pauvre équipage.

    Ce pelleteux de nuage ( caractéristique propre à TOUT politicien ) ne fait qu’apporter une idée de plus, une opinion candide qui n’a pas le poids dont vous l’affligez. Je ne suis pas de son avis non plus, du moins dans la méthode. Mais il faut cessez de jouer a l’autruche et/ou a l’irréductible menacé d’extinction.

    Au lieu de crier aux loups, on devrait réagir en adultes responsables. Le système d’éducation Québecois ne fonctionne pas. Et c’est pas Legault qui le dit, ce sont les chiffres. Depuis des décennies, on laisse un tas de technocrates et de fonctionnaire , sans encadrement, sans vision, jouer avec le systeme a coup de réforme que personne ne veux appliquer. Ironiquement, dans un systeme qui carbure a l’inertie.

    Legault, n’a pas tort a tout les égards.. La « machine » est trop grosse, trop grasseuse, inerte , coûteuse et innéfficace. Les commissions sont a abolir, du moins dans leur forme actuelle. Il a raison de dire que les professeurs n’ont pas assez de liberté d’action. Il a raison aussi de dire que l’éducation, comme la santé ou tout autre service DOIT être encadré dans un modèle de ‘performance’ de base. Et que les efforts devrait être récompensé ( comme tout autre travail )

    M.Pelletier, voudriez-vous d’un chirurgien vous opérant a coeur ouvert qui ai obtenu son poste avec la note de passage il y a des décennies et qu’il n’ait eu aucune mise a jour, aucune formation supplémentaire, ni encadrement visant a assurer un MINIMUM de compétence car sa job serait assuré ?!

    Avant d’en arriver a un modèle capitaliste d’extrême droite ( faites moi rire ) avec nos enseignants, c’est le gros bon sens de s’assurer d’un certain niveau de compétence. Lequel serait établi par les règles de l’art et ceux qui l’exercent. On ne parle pas de liquider le groupe pour en extraire l’élite. On parle de s’assurer qu’ils y sont pour les bonnes raisons.

    Vous croyez que Legault est le seul ministre de l’éducation qui s’est planté dans sa tâche ? Ils se sont TOUS plantés… Aucun de ces pelleteux ( pelleteuses ) n’a fait preuve de gros bon sens, de responsabilité et d’efficacité depuis des lunes.

    La ministre actuelle fait mieux vous croyez ? Elle annonce une réforme du bulletin ( encore ) comme étant la solution parfaite que tous demandait et dans l’heure qui suit on apprend que les profs n’en veulent pas et que les parents ne comprennent pas ce qui en retournent. La solution idéale je ne l’ai pas plus que Legault, ni même que vous. Mais, cessons de criez aux loups et acceptont de commencer a quelque part : moins de burocratie et plus de lattitude aux maitres d’oeuvre ; les profs.

    Une fois comprise, faudrait s’assurer que ces derniers répondent, de manière constante, aux critères dont on est en droit de s’attendre de ceux qui ont un rôle si important dans l’avenir du Québec.

    P.S.: Mettre en référence un texte d’un enseignant a la retraite comme argument c’est une chose. Mais l’utilisation que vous en faites, trahi votre argument. C’est aussi sérieux que de demander a un Sénateur ce qu’il pense de l’abolition du Sénat.

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    19 avril 2011 à 19 07 36 04364
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    Je ne suis pas un spécialiste de l’éducation mais en gestion, mon expérience vaut bien celle de monsieur Legault. Or 40 ans de métier m’ont appris ceci: 1- avant de lancer des solutions, il faut être certain d’avoir bien cerné les problèmes 2- la plupart des systèmes d’évaluation de rendement fonctionnent mal et sont souvent des façons déguisées d’augmenter la rémunération (je ne calcule plus le nombre de fois où j’ai vu des personnes récompensées une année et congédiées l’année suivante) 3- il est important comme politicien ou gestionnaire d’aller chercher de la crédibilité en règlant un certain nombre de problèmes « crasses » avant de s’ attaquer à des changements majeurs.

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    19 avril 2011 à 21 09 11 04114
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    @ Sayan
    Je suis un enseignant à la retraite. Le texte de « l’autre  » enseignant à la retraite donne une certaine part de réalité. Mais le problème est bien plus complexe et la dégradation des 15 dernières années fait en sorte que penser à le « panser » de deux ou trois manières ne change rien si on ne redresse pas ce qui a failli.

    Je ne crache pas sur M. Legault à m’en déshydrater, je me demande comment font les politiciens pour avoir des visions aussi courtes et des solutions de « réparation » d’un système bon pour la ferraille.
    On pourrait cracher sur M. Ryan qui dès son entrée avait promis en ricanant de changer le système. Raté.
    Et celle qui est là, dont on dit du bien, elle pourrait bien faire ce qu’elle veut, elle ne réussira pas à défaire les années perdues à chercher des systèmes « aériens »…
    Qu’on se dise également qu’il y a une réalité humaine avec des talents divers. Tout le monde n’a pas 150 de QI. Et on ne peut pas ne faire que des universitaires.
    Et ainsi de suite…
    Pour ce que j’ai vu en éducation, pour ma part, je considère qu’il est déjà trop tard.
    Il faudra deux décennies avant de trouver ou de retrouver une formule un peu mieux balancée. Et cesser de rêver…
    Dans les années 60, les profs avaient des Brevets A et B. Ce qui signifie 13 ou 14 ans de scolarité.
    Je pense que l’organisation scolaire était différente et qu’on demandait aux élèves un effort. Et non pas un effort aux profs pour faire passer les élèves…
    Bien drôle celle-là.!

    gillac,
    C’est un peu ce que je dis… Avant de plastronner le système, ne vaudrait-il pas mieux remettre certaines choses à leur place en étudiant ce qui ne va pas? Et en le demandant à ceux qui oeuvrent dans le milieu…
    Dans le domaine de la santé , il y a presqu’ autant d’administrateur que de travailleurs sur le plancher.
    Et pour résumer: si les ministres passent et repassent sans que rien ne change, on pourrait sans doute s’en prendre à toute la structure – y compris les commissions scolaires – pour cerner le problème.
    Qu’est-ce que la politique change?
    Il faudrait avoir le courage de les changer ses structures. La proposition de M. Legault à ce sujet est nouvelle. C’est à se demander si grossir les structures, mais en avoir moins, change réellement quelque chose…
    Il me semble qu’on a fait la même chose avec les villes.
    À Québec, on a enlevé les petits administrateurs payés 6,000$ par an pour les remplacé par un payé 60,000$.
    Je ne vois pas le gain…

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    19 avril 2011 à 21 09 27 04274
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    Gaetan,

    J’ai bien aimé ton article, même si Sayan n’a pas tort non plus.

    Je vais mettre mon lien habituel en matière d’éducation, soit le livre écrit par Charlotte Iserbyt qui était la 2e ou 3e plus haut placée dans le départerment fédéral de l’éducation aux USA et qui, en faisant des recherches, a compris que le système d’éducation était dirigé par les globalistes de l’UNESCO et de l’ONU et que l’enseignement était uiformisé et utilisé aux fins de conditionnement de masse et, comme le titre diu livre l’indique, pour abrutir l’Amérique.

    Le Québec suit le même modèle, sans aucun doute. On le voit même à la télé, toutes les émissions cheaps américaines maintenant réalisées en Québécois, comme Le Banquier. Misère!

    La volonté politique d’apporter des solutions concrètes, qui sont pourtant simples, n’existe pas.

    Voici le lien vers le livre de Charlotte Iserbyt en PDF.

    http://www.deliberatedumbingdown.com/MomsPDFs/DDDoA.sml.pdf

    L’origine du système d’éducation moderne remonte à la Prusse (Allemagne de l’Est) au début du 18 e siècle qui utilise l’éducation des jeunes enfants pour créer une population soumise.

    Voici un vidéo à ce sujet :

    http://www.youtube.com/watch?v=B_mD8GKn4ls&feature=related

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    19 avril 2011 à 21 09 29 04294
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    Je siège sur des conseils du réseau de la santé depuis 10 ans. J’ai été un témoin privilégié du passage de Legault à la santé avec ses théories de gestion: il a installé surtout une gigantesque technocratie de rendre compte remplie d’indicateurs farfelus ( par exe. il n’y a pas de liens entre les résultats attendus et les moyens fournis). Si c’est ça qui attend l’éducation: good luck!

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    19 avril 2011 à 22 10 29 04294
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    @ Aimé,
    Merci! Je vais y jeter un oeil.
    @gillac
    Merci pour votre apport. Pour moi, il indique une chose: il est extrêmement difficile d’expliquer à quelqu’un en dehors du « système » tous les détails qui font en sorte que ça ne marche pas.
    ÉVALUER LES PROFS: JE SUIS COMPLÈTEMENT D’ACCORD
    @ Sayan,
    Vous faites une erreur, car vous croyez que les enseignants craignent d’être évalués. Je ne crois pas que ce soit le cas. Ça se fait ailleurs.
    P.S.: Mettre en référence un texte d’un enseignant a la retraite comme argument c’est une chose. Mais l’utilisation que vous en faites, trahi votre argument. C’est aussi sérieux que de demander a un Sénateur ce qu’il pense de l’abolition du Sénat.
    ***
    L’éducation, comme la santé, ça se fait en équipe. On veut virer les profs incompétents? Tant mieux… Il faudra commencer par virer ceux qui ont de gros égos et qui sont incapables de travailler en équipe. Bonne chance!
    On est une civilisation de culture d’égos.
    Si on avait viré des profs incompétents – non pas pour la matière – mais pour leur incapacité de travailler avec « d’autres que soi », bien des dommages auraient été évités.

    Savez-vous ce qu’on nous a demandé en 1994, je crois?
    D’écrire à tous les 15 minutes ce qu’on faisait. Pour s’assurer qu’on faisait quelque chose.
    Le problème est qu’on en faisait tellement qu’on avait pas le temps d’écrire ce qu’on faisait.
    Alors on perdait du temps à écrire ce qu’on faisait.
    Alors, je vais prendre l’argument de gillac sur les « théories de gestion ».
    C’est comme ça qu’un jour on nous a demandé de connaître la forme d’intelligence de l’élève pour « développer » celle-ci.
    Il y a une montagne de livres sur les formes d’intelligence. Et ils n’ont pas encore percé le mystère de l’intelligence. Est-ce qu’un prof a le temps d’étudier le cerveau d’un élève?
    En théorie…

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    19 avril 2011 à 23 11 51 04514
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    Très bon article M. Pelletier.
    J’avais déjà lu dans le devoir la contribution de M. Blanco et j’étais passablement d’accord avec lui. D’ailleurs, ces modes de gestion par résultats sont appliqués dans bien d’autres ministères et comportent de nombreuses lacunes. Pour les boîtes de petits pois, ça peut aller, les résultats sont facilement quantifiables, mais quand on parle d’humains, d’apprentissage, de santé, c’est un modèle un peu trop simpliste.

    En ce qui concerne l’évaluation des professeurs, je suis d’accord s’ils peuvent à leur tour évaluer leurs évaluateurs. Des incompétents, il y en a aussi chez les directeurs et les gestionnaires. L’évaluation devrait toujours se faire dans les deux sens. Ça éviterait les abus de certains « petits boss de bécosses ».

    Quant à la sécurité d’emploi des professeurs, si elle ressemble à celle des fonctionnaires d’aujourd’hui, je crois que M. Legault enfonce des portes ouvertes. Il y a de plus en plus de gens, chez les employés du secteur public, qui vont de contrats occasionnels en contrats occasionnels. On les appelle les occasionnels de longue durée. Malgré qu’ils occupent des postes à plein temps et que leurs contrats soient renouvelés année après année, ils se retrouvent après six, sept ou huit ans avec l’épée de Damoclès de voir leur « contrat » non renouvelé. Ils ne peuvent non plus demander de mutation ou avoir accès à une promotion. Selon une enquête publiée par la Commission de la fonction publique du Québec en mai 2010, ce serait plus de 50% des employés occasionnels qui seraient ainsi de « faux occasionnels ».

    Pour avoir lu des témoignages d’enseignants sur d’autres blogues qui parlaient de dix ans pour avoir accès à un poste permanent, il semble que cette problématique soit généralisée dans plusieurs secteurs. Pas de quoi envisager l’avenir avec sérénité et conserver sa motivation. On te déplace au gré des besoins et si ça ne te convient pas, tu te fais dire par le gestionnaire que si tu n’es pas content, tu peux toujours t’en aller. Après sept ou huit ans, c’est dur à prendre.

    L’enquête de la Commission de la fonction publique ici:
    http://www.cfp.gouv.qc.ca/images/pdf/occasionnel_longue_duree_mai2010.pdf

    Commencez-vous à comprendre pourquoi autant de personnes quittent ces emplois que certains continuent à présenter comme étant dotées de conditions mirobolantes qui n’existent plus que dans les légendes?
    Il faudra bien, pourtant, que M. tout le monde se réveille un jour et se rende compte que ces secteurs d’emplois ne sont plus du tout ce qu’ils ont déjà été. La précarité à vie, ça ne motive personne et ça ne fait pas des institutions fortes! Ça ne fait que contribuer au délitement général.

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    20 avril 2011 à 0 12 07 04074
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    Terez,

    À moins que je me trompre, il y a véritablement deux classes de fonctionnaires. Ceux qui ont commencé il y a plus longtemps, qui peuvent avoir un niveau d’éducation moins élevé, mais qui gagnent des meilleurs salaires et ont de meilleurs avantages, et sont aussi souvent dans des postes cadres, et les autres engagés plus récemment qui ont des conditions beaucoup moins avantageuses, comme ce que tu décris.

    Ça n’a évidemment aucun bon sens, mais la gammik vise d’abord à prendre soin de ses petits zamis. Donc, on créé beaucoup de job bidons, et ça nous donne une bonne raison de faire un chèque au chum de ma cousine, qui est un vrai con, mais qui va voter du bon bord aux prochaines élections.

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    20 avril 2011 à 15 03 15 04154
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    Le fédéral vous paye pour salir le Quebec?

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    20 avril 2011 à 18 06 08 04084
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    Ne t’inquiète pas Aimé, ça fait un moment que j’ai compris que, tout comme pour les juges, il faut voter du bon bord pour avoir un emploi régulier au public! Je peux imaginer d’ici le genre de détournement qu’il pourrait y avoir dans « l’évaluation » des profs. Peu importe où l’on regarde, la corruption semble généralisée.

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    20 avril 2011 à 23 11 16 04164
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    @ Terez,
    Merci de votre apport, car on ne peut pas traiter de toutes les nuances en quelques lignes
    SÉCURITÉ D’EMPLOI
    La sécurité d’emploi, telle qu’on la concevait il y a 30 ou 40 ans n’existe plus.
    Pour vous donner un exemple, vers la fin des années 60, dans la Polyvalente, ici, il y avait près de 1200 élèves. Les facteurs démographiques jouaient évidemment à l’embauche et à des possibilités de permanence et de facteurs administratifs pouvant absorber sur une certaine durée, les « permanents ».
    Aujourd’hui, il y 327 élèves d’inscrits. Le chiffre peut varier sensiblement, mais vous voyez la différence?
    De par les conventions collectives, il y a des procédures d’embauche à longue durée tout dépendant des « risques ». On ne peut pas tablette un enseignant… Ces règlements sont aisément contournables aisément de diverses façons.
    Bref, on a tout le pouvoir et la latitude d’en tasser un pour en faire entrer un autre. Je connais la recette… Il faut deux ans à temps plein pour un enseignant pour que celui-ci soit engagé dans une permanence.
    La même chose existe dans les universités où la précarité a devancé celle du système des écoles secondaires. Les chargés de cours…
    Donc, il n’y a pas de « menace » dans ce problème…
    CEUX QUI QUITTENT
    Après 5 ans, il y a près de 30% qui quittent. On dit 25 %, mais comme dans tout, il y a des nuances. Entre autres, ceux qui se sont engagés dans un processus en étudiant pour devenir enseignant.
    Le nombre qui lâche avant même d’avoir été dûment qualifié d’enseignants est énorme. Ils changent d’orientation. Ils ne sont même pas dans les chiffres.
    Je vais encore répéter ma litanie :
    J’ai deux enfants enseignants. Leurs conjoints sont enseignants.
    Niveaux cégep et secondaires.
    Je sais ce qu’ils vivent non pas par les lettres au Devoir, mais par ce qu’ils me livrent comme témoignage.
    ÉVALUATION DES DIRECTEURS ET …AUTRES
    On a du chemin à faire…
    Si quelqu’un croit que les enseignants devraient être évalués, demandez donc à votre « patron » d’être évalué. Personne n’y a pensé.
    ÉVALUATION DES PROGRAMMES
    Quelqu’un a-t-il noté que les programmes sont évalués …par ceux qui les ont bâtis.
    J’ai vu un enseignant se faire dire un jour que s’il n’embarquait pas dans la réforme on allait s’arranger pour qu’il s’en aille.
    Que pensez-vous que les autres ont fait?
    Silence.
    LES PETITS ZAMIS
    Eh! oui. Dans ces postes cadre, il existe des zamis.
    L’ENSEMBLE
    Il existe de bons directeurs et d’excellents enseignants. Surtout des gens de bonne volonté et travailleurs.
    Comme dirait l’autre, c’est sans doute le système qui est pourri.
    Mais cela va dans le mouvement actuel des changements: dans les années à venir, personne ne peut s’attendre à travailler 30 ans au même endroit.

    P.S. J’aurais aimé faire un article meilleur. Mais pour faire le tour du problème, il faudrait un rapport d’environ 100 pages avec des gens en dehors du système.
    Les corps de police enquêtent sur un autre corps de police. C’est déjà beaucoup. Mais imaginez une enquête indépendante sur le système scolaire avec tout ce que ça implique.
    C’est rêver…

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    22 avril 2011 à 10 10 03 04034
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    @ Gaëtan Pelletier

    Vos commentaires apportent quasiment plus d’infos que votre texte initial. Ce que je vous reprochais surtout, c’est l’importance que vous me sembliez porter aux propos « simpliste et mal-fondés » de Legault. On est d’accord sur ce point. Tout comme celui du besoin d’évaluer les enseignants. ( Je crois que c’est le gros bon sens, d’autant plus de l’importance de la profession. )

    Et non, je ne crois pas que les enseignants craignent d’être évalués… Du moins la grande majorité d’entre eux. Comme dans tout autre domaine, ce sont les pommes pourrites qui craignent l’inspection du panier. Et comme dans tout autre domaine, il y a des « génies » et des perles de l’enseignement, il y a des ordinaires et il y a des pommes pourries.

    Mon point était simplement de souligner que Legault n’était pas en poste et ses idées ne sont que des idées… Et que bien que « a côté de la track » a la bases il y a des début de réflexion :
    – Plus de libertés aux prof.
    – Les encourager a donner le meilleur d’eux
    – Cibler ceux qui ne devraient pas y être pour ne pas diluer l’effort de l’ensemble. ( Le même principe devrait s’appliquer a tout rôle important dans la société. On ne veut pas plus d’un policier sans jugement, un médecin insoucieux. )
    – Favoriser les professionels, sur le terrain. On a beaucoup trop de bureaucratie au Québec, dans le domaine public.

    Ce ne sont pas a eux de « pondre » une autre réforme. C’est aux enseignants de cibler les problèmes, transmettre l’info aux spécialistes et ensuite laisser les profs enseigner a leur méthode, les objectifs décidés de pairs. Ça sera long en effet, mais faut bien commencer…

    Et selon mon humble avis, laisser faire le ministère et condamner Legault comme s’il était en train de saboter l’idée du sciècle n’est pas l’attitude a prendre si on veut, un jour, rendre enviable notre système d’éducation.

    Malheureusement, comme c’est trop souvent le cas, on se retrouve avec un possible débat important et la ‘masse’ se sent obliger de prendre parti. Je veux dire par là, que c’est ( selon l’opinion de trop de gens ) soit Legault, soit la ministre actuelle. Pour eux, impossible qu’ils aient tous deux tort. Ou que les torts soient ailleurs.

    ( Comme dans la saga Bellemare / Charest. Comme si TOUT les autres personnes ayant servi dans ce processus n’existait pas et qu’il ne pouvait y avoir de nuances. Dans leur vision; un seul disait tout vrai, l’autre tout faux. )

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    22 avril 2011 à 21 09 40 04404
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    @Sayan,
    Dans un plan Legault, il y a au moins une bonne idée: démembrer ou revisiter certaines structures.
    Il faudrait aussi visiter le MELS pour voir s’il n’y pas lieu d’enlever le crémage sur le gâteau et de revenir sur le plancher des vaches.
    Avant de réaliser une idée, il faut savoir ce qu’il faut faire pour la rendre possible dans son application.
    À se demander – et peut-être que je me répète – qu’il ne faudrait pas un bon rapport d’une sorte de comité complètement indépendant pour voir clair dans le fouillis actuel.
    Quelqu’un osera-t-il s’attaquer à la hiérarchie qui domine, souvent d’une façon hautaine, dans le MELS?
    En plus, si certaines parties du « renouveau pédagogique » sont applicables au primaire et au secondaire, ça ne signifie pas qu’il le sont dans les cégeps et à l’éducation des adultes, ou encore en formation professionnelle.

    Si vous vous intéressez à l’éducation, je vous conseille de suivre ou de revoir une jeune journaliste dont c’est pratiquement la spécialité. Très bien fait… Daphnée Dion-Viens, du Soleil.
    Un, entre autres:
    http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/201104/06/01-4387237-la-detresse-des-enseignants-est-bien-reelle-dit-une-sociologue.php

    Bonne journée!

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