FRAUDE ÉLECTORALE À MONTRÉAL, PQ

ROBERT BIBEAU   Les plumitifs petits-bourgeois montréalais s’en donnent à cœur joie en ce lendemain de campagne électorale municipale. Ils ont une fois de plus fait la preuve que la classe ouvrière ne compte pas, qu’elle est totalement inexistante, électoralement parlant s’entend, dans la politique municipale à Montréal.

Des mois d’une campagne électorale inintéressante, totalement déconnectée, hors de propos en ce qui concerne les problèmes réels, concrets et véritables de la population des quartiers déshérités, des quartiers ouvriers. Débranchée de la vie des chômeurs et des travailleurs menacés, à statut précaire, sous-payés, écrasés de taxes et de charges fiscales. Une campagne très loin des milliers d’ouvriers que les patrons malmènent ou jettent à la rue sans pitié. Et que dire des sans-abris, errant par les rues, de gourbi en taudis; suivis par les travailleurs appauvris, attablés aux restos de charité, fréquentant les comptoirs alimentaires dévalisés et les friperies dépenaillées.

Au milieu de cette misère populaire, Denis Coderre, héros-sauveur de la bourgeoisie (13% du vote populaire), et juste derrière l’énergumène, une dame en peine, madame Joly prénommée Mélanie. Les Bobos-scribouilleurs, auteurs de pages de publicité et de propagande, que leur maison d’édition ont le culot d’appeler des «infos» (La Presse, Journal de Montréal, Gazette, Métro, 24 heures) et les autres affidés de la télé, ne retiennent plus leur joie affectée  –  «Le coup fourré a fonctionné !».

C’est que la campagne électorale  s’annonçait fade au beau milieu de cette débandade de l’ancien Parti du Maire Tremblay –l’effarouché, chef des trafiquants ployant sous les coups des enquêteurs de la Commission Charbonneau– enquête de probité publique qui est une véritable «valeur authentiquement québécoise des riches de souche» et qui se répète tous les vingt ans environ; jusqu’à la prochaine dans vingt ans environ.

Ce n’est pas tout que de lancer une faction de la petite-bourgeoise montréalaise aux trousses d’une autre faction qui s’en est mis plein les poches pendant des années sans partager avec l’opposition. Le risque dans ces guerres de clans étant de discréditer toute la gent politique – le cynisme ambiant risquant d’emporter le bébé «démocratique» dénudé avec l’eau polluée du bain trop plein de purin.  Un certain décorum est requis au milieu de ces salmigondis si ces magouilleurs souhaitent que quelques badauds-électeurs croient toujours aux resquilleurs politiciens.

Derrière Denis Coderre, le rescapé de la politique fédérale (où ils ont leur charge de scandales), trottinait Marcel, le beau Brummell, sortit tout droit des officines de gestion occultes qui dirigent la politique municipale, provinciale et fédérale. L’un de ces hommes en gris, complet-cravate (qu’il retira le temps d’une campagne de fumisterie) se jetait donc  dans la mêlée utilisant comme marche pied Madame Harel et son parti Vision Montréal désemparé et floué.

Un mois après le saut dans le vide électoral, la patente à Marcel Côté ne décollait toujours pas. L’homme d’affaire, beaucoup trop compromis avec les vieux partis, ne parvenait pas à se donner une image de «virginité» fabriquée. Les stratèges,  fins-politiciens, sont trop malins pour se décourager pour un rien. De leur chapeau de magicien ils sortirent une Joly prénommée Mélanie. Et ce fut le début de  l’esbroufe. Une meute de faiseurs d’opinions, des paparazzis malappris, se jetèrent sur leur petite amie comme des vautours sur un cadavre flétri. La curée fut de courte durée, un sondage truqué, publié à point nommé, vint crédibiliser le petit minois de la politicienne roublarde avérée. Le frère de Justin vint même sacrer la prénommée du sceau des Trudeau… Même Coderre,  et ses exfiltrés-libéraux, ne méritèrent pas cette intronisation au temple de la renommée du Parti Libéral tout puissant.

Car vous devez comprendre, camarades ouvriers et travailleurs, que ces malfaiteurs nous révèlent que le Parti québécois, la CAQ et Québec Solidaire comptent pour presque rien sur la scène politique montréalaise. Depuis quelques temps ce sont les différentes factions du Parti Libéral qui s’entredéchirent et mènent le bal municipal. C’est une contradiction dans leur camp que nous devons exploiter. Nous, la classe ouvrière et nos alliés, ne sommes que les dindons de cette farce outrancière qu’orchestre des faiseurs d’élections et des groupies poltrons depuis leurs torchons, les studios de radio et de télévision où ces petits bourgeois des médias fabriquent l’opinion publique.

Le soir du 3 novembre 2013, il s’est avéré que la manigance électoraliste  a fonctionné. Très peu de gens se sont déplacé pour voter, alors que les commentateurs obséquieux parlaient d’une campagne électorale passionnante –pour 40% des électeurs à ce qu’il semble– mais l’important pour eux c’est que les petits-bourgeois se soient déplacés pour voter et tracer leur croix au bon endroit.

Le vieux politicien Coderre l’a emporté (13% des ayants droits de vote),  suivi de la soubrette forgée de toute pièce par la publicité des médias à la solde (un raz de marée de 11% des ayants droits de vote), dans l’indifférence totale des masses populaires dont une majorité ne s’est même pas déplacé pour voter (60%).  Le lendemain du scrutin chacun d’entre nous peinait à son boulot  sachant que rien d’important ne s’était produit la veille si ce n’est que la bourgeoisie montréalaise venait de signer une trêve entre ses différentes factions qui devront maintenant se partager la dépouille municipale, les pots de vins, les enveloppes brunes, les dessous de table, les contrats juteux-véreux, mais comme le disait l’ex-maire Vaillancourt de Ville de Laval, seulement après avoir imaginé un nouveau stratagème de prévarication généralisée. Soyez patients, ça viendra.

Que doit faire la classe ouvrière, les étudiants et les travailleurs ses alliés au milieu de cette galère dépareillée? La classe ouvrière doit poursuivre son chemin de résistance. Poursuivre partout sa guerre de classe dans les usines, les bureaux et sur  les lieux de travail. Faire grève chaque fois que nécessaire et chaque fois qu’avantageux pour elle. Défendre rageusement ses lignes de piquetage contre les assauts des scabs, des petits cadres, de la flicaille et de la justice des riches. Refuser les hausses de tarifs; exiger plus de services publics. Manifester souvent et bruyamment  comme les étudiants nos alliés l’ont fait (plusieurs petits-bourgeois paupérisés se joindront à nous pour manifester) et surtout,  les ouvriers doivent s’organiser dans les différentes «Assemblée Populaire Autonome» de quartier: http://apa-montreal.info/ afin de se concerter pour résister à tous les assauts idéologiques, politiques et économiques que ces serviles politiciens et leurs sous-fifres journalistes organiseront pour le salut de leurs maîtres des Chambres de commerce locales et régionales :   http://anouslaville.org/

Le résultat véritablement important de cette élection municipale à Montréal c’est qu’en majorité les ouvriers, les étudiants et les travailleuses ne croient plus à la fraude électorale bourgeoise et cherche une véritable alternative à ce jeu de coulisse bancal.

 

_______________________________

 

http://quebec.huffingtonpost.ca/melanie-joly/greve-etudiante-solution_b_1508751.html  et http://www.ledevoir.com/politique/montreal/391758/coderre-aux-commandes?utm_source=infolettre-2013-11-04&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

 

 

3 pensées sur “FRAUDE ÉLECTORALE À MONTRÉAL, PQ

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    6 novembre 2013 à 0 12 39 113911
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    « En majorité les ouvriers, les étudiants et les travailleuses ne croient plus à la fraude électorale bourgeoise et cherche une véritable alternative à ce jeu de coulisse bancal. »

    Quelle serait donc cette alternative ?

    Les mouvements Occupy ont bien essayé, mais la police et l’argent sont plus forts que les plus déterminés.

    Même avec l’éveil (!) que la commission Charbonneau provoque (??), le gros contenant a été élu. On peut faire élire ce que l’on veut, il suffit de lui adapter l’image au niveau d’inconscience que l’on maintient dans la population.

    Coderre à Mtl et Labombe à Québec.
    On n’a pas fini de les voir à la messe du dimanche soir.
    En parlant de messe du dimanche soir, on attend toujours Carl Campeau, vous savez Carl Campeau !

    Je m’ennuie de Carl Campeau, pourquoi donc est-il disparu ?
    Ou plutôt, pourquoi n’est-il jamais apparu ?

    Pour en revenir à M. Coderre, on dit qu’il va privatiser l’eau à Montréal.
    Enfin les montréalais vont avoir de l’eau pure. (FARCE, IRONIE)

    Serge Charbonneau
    Québec

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    6 novembre 2013 à 21 09 14 111411
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    Comme d’habitude, la classe ouvrière est la victime… La même qui se brutalise en lissant le Journal de Mouréal et qui parle de hockey. J’avais déjà prédit Coderre comme maire de Mouréal… Attendez-vous le pire… Le duo Couillard — Trudeau et l’affaire est réglé!

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    6 novembre 2013 à 23 11 53 115311
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    J’ai mené campagne pour le compte du parti Intégrité Montréal, une formation lancé à la sauvette par l’éditeur indépendant Michel Brûlé.

    Ayant pris mes distances d’avec le fondateur de cette formation impromptue, je demeure, néanmoins, un fervent nationaliste et un défenseur tout azimut du français au sein de notre métropole en perte de vitesse …

    Sachant que vous êtes un marxiste-léniniste qui ne semble pas porter dans son coeur les nationalistes, je suis, malgré tout, de votre bord en ce qui a trait à votre analyse de la dérive parlementaire.

    Comme candidat à un poste de conseiller de ville, j’ai tenté, à mon corps défendant de batailler pour le sort de mes compatriotes: les citoyens lambda.

    J’ai été défait et malmené par des nervis au service d’organismes communautaires proches d’une mouvance pseudo-anarchiste.

    Pourtant, je ne suis pas un «brun-rouge», ni un ponte de la droite patriotique ou un nostalgique de l’époque de certains populistes… mais, je vous laisse lire mon post mortem électoral qui sera en ligne, demain, sur le site des 7:

    http://quebec.huffingtonpost.ca/patricehans-perrier/post-mortem-electoral_b_4220446.html

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