Gauche et Minarchie

Dès que s’est amorcé sur ce blogue le débat entre Libertariens et Gauchistes, j’ai insisté pour qu’on y introduise une structure bidimensionelle.  Il y a une dimension partage et une dimension organisation. Il n’est pas innocent qu’on veuille les confondre.  Cette confusion maintient le pouvoir de ceux, bien peu nombreux – la liste en tiendrait sur une plaque à la Conciergerie –  qui font de ce monde un enfer.  Celui qui tiennent la Banque accusent de vouloir plus de pouvoir pour l’État ceux qui, en fait, veulent plus de pouvoir pour la collectivité… et accusent de refuser toute solidarité ceux qui veulent simplement que la solidarité soit un libre choix.  Un choix qui, pourtant, est nécessairement celui de quiconque vit en société !

Tout le monde veut une société de justice, tant rétributive que distributive, qui donne donc à chacun selon ses efforts, mais aussi selon ses besoins. Bien peu de gens soutiennent un totale anarchie permanente ; il faut donc bien une structure d’ordre qu’on peut appeler l’État.   Si cet État, toutefois, n’est plus l’expression démocratique de la collectivité, mais devient, par le contrôle de l’opinion et la corruption, le bras armé des Banquiers, il est l’ennemi. L’ennemi de tous sauf, bien sûr, des banquiers et de leurs suppôts qui profitent de cette gouvernance oligarchique.

C’est en manipulant le sens des mots, que les Banquiers sèment la zizanie entre ceux qui voient prioritairement les faces « liberté » et « initiative » d’une société progressiste et ceux qui en mettent en avant les aspects « solidarité » et « protection ».   Une Nouvelle Société doit offrir TOUS ces avantages : il sont complémentaires.  Je pense parfois que nous avons plus besoin d’un lexique que d‘un manifeste. Aujourd’hui je ne veux parler que de l’usage du mot  « Capitalisme ». Le mot qui crée des dissensions

Il y a une grande ironie à entendre les thuriféraires du système économique actuel faire simultanément l’apologie du capitalisme et de la libre entreprise, car si le néo-libéralisme a réussi à en faire les deux piliers complémentaires de notre structure économique, la réalité est que ce sont plutôt les deux pôles entre lesquels celle-ci oscille. Dire que les deux sont nécessaires est une évidence et décrit la tension dynamique qui prévaut dans la société aussi bien que la dichotomie gauche-droite qu’on utilise plus souvent.  Avec le même défaut, pourtant, de transformer parfois en alliés circonstanciels des concepts qui s’opposent, créant des dissonances cognitives comme la « dictature du prolétariat », des « autocrates de gauche » … ou la discipline musclée de certains mouvements de droite pour la défense de la liberté !

Une société peut être à la fois capitaliste et entrepreneuriale – la plupart des régimes actuels en sont des exemples – mais il faut comprendre qu’elle se déplace alors sur un axe et qu’un pas dans une direction éloigne toujours de l’autre. Avec l’avènement d’une structure  d’économie tertiaire, nécessirement plus entrepreneuriale, on va voir apparaître dans toutes son évidence la contradiction et l’antagonisme entre l’entrepreneuriat et le capitalisme… au détriment de ce dernier. Ce n’est pas une quelconque révolte de la classe ouvrière qui va faire reculer le capitalisme et le remettre à sa juste place, mais l’entrepreneuriat.

Hérésie contre le dogme marxiste ? Pour ramener la réalité dans le giron orthodoxe, il suffit d’accepter d’abord que l’entrepreneuriat est bien une forme de travail, puis de constater, que tout travail n’est plus qu’une prise de décision et donc une forme d’entrepreneuriat. L’entrepreneur n’est plus le « laquais du capitalisme » du florilège communiste, mais l’allié naturel des autres travailleurs. Il EST le travailleur. Le rapport de forces entre capitalistes et travailleurs-entrepreneurs s’est transformé. Pourquoi ? Parce que, dans un monde plus complexe, on a besoin de compétences dont chacune devient indispensable.

À l’origine, le capitalisme a manipulé l’entrepreneuriat. Le propriétaire terrien, avec ses sbires bien armés, allait se cueillir dans une razzia un « entrepreneur » qui lui ferait fonctionner une exploitation agricole. S’appuyant sur les mêmes arguments, il passait périodiquement quérir la plus grande partie des produits, ne laissant à l’ «entrepreneur » qu’un profit dérisoire. L’entrepreneur était l’un des exploités et, s’il l’était moins que les autres esclaves, c’est qu’on avait jugé que la liberté, en le motivant, en faisait un outil plus productif et qu’il était plus rentable de le rémunérer avec une part des résultats. Maintenant, complémentarité oblige et la structure de production se morcelle. L’initiative et la motivation jouent un tel rôle, que tous les travailleurs deviennent peu à peu des entrepreneurs. Les effectifs de l’entrepreneuriat augmentent… et aussi son importance relative.

Le rapport de force de l’entrepreneuriat au capital dépend de la vélocité du changement, car il incarne le rapport du passé au présent. Lorsque les facteurs de production sont assemblés, le capital – incluant la matière première qui, au départ, est le « capital » par excellence – représente le passé. C’est l’apport au projet de ce qui existe déjà – la richesse – par opposition au travail, qui est ce qu’il faut y ajouter. Le capital au départ est d’autant plus important qu’il est rare, alors que le travail est surabondant et ne vaut pas grand-chose. Mais avec l’abondance et le progrès, c’est une autre histoire…

Non seulement la richesse augmente objectivement, mais subjectivement les besoins tendent à être sur-satisfaits, ce qui diminue l’importance relative de la richesse. Pire, le progrès a pour effet d’accélérer la désuétude du seul capital qui soit vraiment actif, le capital dit « fixe », sous sa forme d ‘outil de production de biens et donc de richesse réelle. L’apport du passé s’effiloche donc de plus en plus vite ; c’est ce que l’on fait dans l’instant présent qui est important: le travail. Le travail, qui devient la ressource rare, chaque travailleur-entrepreneur devenant plus important avec la complexité qui augmente. Le rapport des forces entre entrepreneurs et capitalistes est donc transformé.

Attention ! Le capital ne disparaît pas ! Ce que l’on fait dans l’instant présent devient immédiatement, dès l’instant suivant, une partie du « passé »… Le passé se nourrit du présent et ce que l’on produit devient capital. On peut dire, à juste titre, que le pouvoir est toujours entre les mains de celui qui dans l’instant présent POSSÈDE ce capital, mais ce capital est évanescent et de plus en plus éphémère. Le pouvoir du capitaliste face à l’entrepreneur diminue, à mesure que décroît l’espérance de vie de son capital.  L’intérêt est là pour donner une permanence accrue au capital, en s’assurant qu’il ne s’évanouira, pas trop vite…

Le risque est grand, toutefois, qu’avec l’intérêt on créée discrétionnairement une pseudo richesse, purement monétaire, qui ne pourra convaincre qu’en grossissant les chiffres et ne convaincra donc que les naïfs. Quand la richesse devient ainsi virtuelle, quiconque en a besoin peut s’en créer lui-même, avec la complicité de l’État-banquier, distribuant des images en papier ; il s’est créé 20 000 banques en Russie après l’effondrement de l’URSS…

On maintient ainsi le capitalisme comme symbole d’une autorité, mais en le vidant de tout pouvoir réel. On parvient à le maintenir dans le miroir monétaire, mais le capital réel ne se dissipe pas moins, à mesure que le passé perd de son importance relative face aux nouveaux apports du travail-entrepreneuriat.

C’est le momentum même du changement qui détermine le rapport de force entre le travail et le capital, entre ce qui se crée maintenant et ce qui a été. Plus l’on décide d’évoluer rapidement, plus le travail- entrepreneuriat gagne en importance par rapport à ce qui a déjà été accumulé. Plus le rapport de l’importance relative de la compétence au capital change en faveur de l’entrepreneur, plus le pouvoir du capitaliste devient précaire, ce qui entraîne un changement de la hiérarchie sociale.

Quand son pouvoir fassèye, le capitalisme entre dans sa phase moribonde terminale et devient corporatisme. On a le corporatisme quand ceux qui ont le pouvoir politique cessent de se vendre à ceux qui ont l’argent et comprennent que, dans un univers de richesse symbolique virtuelle, celui qui a le pouvoir politique CRÉE l’argent et n’en est plus le serviteur, mais le maitre. L’argent  demeure le grand outil de gouvernance, par la corruption, mais dès que la création d’argent est discrétionnaire pour celui qui a le pouvoir politique, c’est ce seul pouvoir qui importe.. et il repose sur la force.

La Chine est déjà corporatiste. La crise financière actuelle – qui est à ruiner tous ceux qui prétendaient avoir le pouvoir par la seule richesse au profit de ceux dont la richesse leur est consentie par l’État – transformera les USA, puis le reste du monde dit démocratique en États corporatistes.   Nous y sommes presque. Dans ce contexte, parler de la Gauche contre la Droite, est une comparaison trompeuse… et un piège. L’État demeure nécessaire, mais doit être rendu minimal, car il ne représente PAS la collectivité.

Cette riposte au capitalisme corporatiste ne doit pas, toutefois, réduire la volonté ni la capacité de la collectivité de vivre la solidarité. C’est ça le défi à relever.  Une Nouvelle Société, c’est  un socle solide, consensuellement défini, de richesse et de services collectifs essentiels, sur lequel  se bâtit une société d’individus libres.  C’est ainsi que je comprends la Gauche. C’est ainsi, aussi, que je veux comprendre la Minarchie.

Pierre JC Allard

39 pensées sur “Gauche et Minarchie

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    18 janvier 2010 à 9 09 43 01431
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    Si la plupart des pays du monde ont déjà aboli l’esclavage, en est-il une autre plus subtile et plus efficace qui prenne place, soit l’esclavage économique ? Je cherche des textes comme la Convention européenne des droits de l’homme qui élaborent sur l’esclavage. Je pense que les banquiers et les gouvernements tolèrent ce type d’esclavage…

    http://books.google.ca/books?id=-VqJ4RR0TkMC&pg=PA131&lpg=PA131&dq=esclavage+charte+europe&source=bl&ots=vefBo8kRu2&sig=ZfU5elXnA3U0D3IcrhJzoJ1wSW0&hl=fr&ei=vl5US5HEL8yUtgf8qZ26CQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=5&ved=0CBcQ6AEwBA#v=onepage&q=esclavage%20charte%20europe&f=false

    On écrit dans ce texte; Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude…

    Il est certain que les impôts des particuliers n’ira éventuellement que pour payer les intérêts de la dette, insolvable en passant… Les multiples taxes augmenteront pour payer les services collectifs que l’on se donne encore. Ce sera comme payer l’impôt en double. On parle du service de la dette. C’est l’image d’une chaîne et un boulet. Dans une société en équilibre économique, c’est bien ce service-là que je me passerais ! C’est bien un ‘service’ qui nous conduit vers un assèchement économique. En pompant l’argent vers les intérêts de la dette, comment une économie saine pourrait-elle subsister ? Ceux qui m’inquiètent sont ceux qui ne remettent pas en question ce type d’esclavage. Présentement, aucun pays ne peut fonctionner en vase clos et faire bande à part pour se réinventer, mais ce qui est pourri finira bien par tomber, c’est certain ! C’est ma note d’optimisme !

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    18 janvier 2010 à 10 10 08 01081
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    Je persiste à dire que d’approcher ou de présenter les débats politiques comme gauche-droite, droite-gauche ne sert qu’à infantiliser les débats. Le spectrum politique est bien mieux définit si on contraste la liberté des individus avec les pouvoirs du gouvernement.

    À gauche, le gouvernement, avec la plénitude des pouvoirs qu’il croit posséder…

    À droite, le citoyen, et sa volonté d’affirmer et de défendre ses droits face à tous et chacun…

    (voir « Overview of America – part 2 » sur youtube.

    Et le combat se passe où?

    Dans la rue et les tribunaux.

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    18 janvier 2010 à 10 10 35 01351
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    Excellente réflexion M. Allard. Je crois que nous nous rejoignons sur beaucoup de points qui n’ont de divergence que le choix de vocabulaire.

    À son origine, le capitalisme n’était qu’un système de transactions libres qui permettaient une utilisation efficace des ressources et du capital afin de produire pour les consommation de masse. Le capitalisme à rendu possible aux masses d’augmenter leur niveau de vie de façon inédite dans l’histoire et a permis aux régions qui ont adopté ce modèle économique de développer une richesse jamais connue avant et qui est accumulée par la production, contrairement à auparavant ou la richesse était accumulée plutôt par la guerre et le pillage entre membres de la noblesse.

    Dans ce système original, les « capitalistes » étaient en fait quiconque économisait et investissait, ce qui inclue des gens comme vous et moi. Les entrepreneurs étaient ceux qui ensuite mettaient le capital ainsi à l’oeuvre afin de produire des biens et produire la richesse.

    Comme vous le dites si bien, ce système a été perverti ou détourné par un groupe de banquiers et d’industrialistes qui ont su obtenir le concours de l’état afin de s’enrichir au dépens des masses. Ce système ainsi perverti est devenu le capitalisme corporatiste que nous connaissons maintenant. Un système qui enrichit les puissants au détriment des masses. On n’a qu’à regarder les massifs transferts de richesses consentis au banques, sous prétexte de préserver le système bancaire d’une destruction imminente, aux frais des contribuables qui ont été opérés depuis le début de la présente crise économique; pour voir à quel point ce système est tordu. C’est pourquoi depuis le début de cette crise les libertariens comme moi ne cessent de hurler: « Ceci n’est pas du capitalisme« .

    Nous estimons qu’à la racine de ce problème est le contrôle de la monnaie et des intérêts par l’état et les banques. Un des grand mythe populaire de notre époque est la croyance que c’est l’argent qui fait la richesse. C’est faux. L’argent n’est qu’un intermédiaire et n’a d’utilité que dans la mesure où il peut être échangé contre des biens qui nous sont utiles. Si vous échouez sur une ile déserte avec un million de dollars, serez vous riche? Non! votre million ne serait bon qu’à bruler parce qu’il ne pourrait pas être utilisé comme médium d’échange pour obtenir quoique ce soit. Ceci étant dit, on en conclue que n’importe quelle commodité qui peut être échangée contre ce qu’on désire peut servir de monnaie d’échange. L’évolution de l’usage de la monnaie à partir du système de troc s’est opéré à travers des opérations de marché, non par décret gouvernemental. Alors pourquoi est-il nécessaire que ce soit l’état qui contrôle l’émission de monnaie? La réponse en fait est que ce contrôle n’est effectivement pas nécessaire et que c’est en grande partie de ce contrôle, et la délégation de celui-ci aux banques que proviennent les plus grandes injustices de ce monde.

    Quant à l’intérêt, il joue un rôle fondamental dans un marché libre. Chaque commodité dans une économie a un prix qui fluctue selon l’offre et la demande de cette commodité. Étant donné que l’argent est fondamentalement une commodité, il a également un prix et c’est l’intérêt. L’intérêt, c’est le prix qu’on doit payer pour acquérir un bien maintenant, plutôt que plus tard. Ses fluctuations sont un indicateur de la quantité d’argent disponible à l’emprunt. Plus les gens épargnent, plus le taux baisse, donnant ainsi au marché le signal que ces ressources sont disponibles. Lorsque la quantité de cet argent baisse, les taux remontent, encourageant ainsi les gens à l’épargne. Vu de cette façon, on constate que toute manipulation artificielle et arbitraire va fausser cet important signal de marché. C’est cette manipulation qui aujourd’hui est à l’origine de cycles économiques toujours plus violents.

    Les libertariens considèrent que de règlementer encore plus le système est contre-productif. Les corporatistes contrôlent les règlementations et les retournent toujours en leur faveur. Les dés règlementaires sont pipés. Il faut aller à la source. Cette source, c’est la collusion entre l’état et les corporatistes. L’état est le seul organe de la société ayant l’usage légal de la force. L’état est le seul qui peut offrir le monopole légal sur la création de monnaie et le contrôle des intérêt dont jouissent les banquiers et la main-mise règlementaire qui favorisent le Big business corporatif face au petit entrepreneur.

    C’est pourquoi nous voulons une réduction des pouvoirs de l’état. Que ces pouvoirs reviennent dans les mains du peuple. L’argent peut être créé de façon libre sans le concours de l’état et des banques. La pratique frauduleuse des réserves fractionnaires devrait être illégale. Les intérêts devraient retourner à leur rôle original de signal de marché, plutôt que de servir de levier au profit des corporatistes. Les règlementations qui servent les intérêts corporatistes doivent être abolies pour être remplacées par des règlementations plus justes qui assurent que tous restent égaux devant la loi.

    Pour moi et plusieurs comme moi, c’est ça la minarchie.

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    18 janvier 2010 à 11 11 34 01341
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    Bonjour Pierre et merci pour cet excellent texte.

    L’état est-il véritablement légitime? Doit-on y consentir pour qu’il nous gouverne ou sommes nous nés assujettis à l’état? L’état a-t-il besoin d’une constitution pour exister et doit-il agir conformément à sa constitution? Si un état a le pouvoir ce créer sa monnaie pour le bénéfice de ses citoyens en vertu de sa constitution, mais qu’il choisit de délèguer ce pouvoir à une banque centrale contrôlée par des intérêts étrangers, l’état cesse-t-il d’être légitime? La dette nationale ainsi créée est-elle légitime? Les citoyens sont-ils responsables des actes de l’état qui sont non autorisés ou qui contreviennent à sa constitution?

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    18 janvier 2010 à 19 07 43 01431
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    @ Tous

    Je crois qu’en répondant aux remarques de Philippe, qui sont les plus complètes, je vais répondre à celles des autres intervenants. S’il reste ensuite d’autres interrogations, j’y répondrai dès qu’on me soulignera qu’elles m’ont échappées.

    1. Nous nous rejoignons sur beaucoup de points qui n’ont de divergence que le choix de vocabulaire.

    Je crois que cela s’applique à toutes nos divergences. Ainsi, si on définit le capitalisme comme « un système de transactions libres qui permettaient une utilisation efficace des ressources et du capital afin de produire pour les consommation de masse », je n’ai pas de querelles avec ce capitalisme .

    Ce n’est pas, cependant, le sens courant que donnent au mot ceux qui le contestent. Ces derniers constatent que la rémunération du capital – « ce qui est là au départ » – prend une part du produit, réduisant d’autant celle de ceux ( travailleurs) qui ajoutent à la valeur de la matière initiale en la rendant conforme aux désirs de ceux qui utiliseront le produit.

    C’est la justification de cette ponction qui est critiquée, car elle repose : a) sur une appropriation initiale d’une ressource par la force, créant une rente qui est intrinsèquement illégitime, et b) sur l’allocation au propriétaire de l’équipement d’une part du produit qui n’est pas illégitime, mais exorbitante, car elle est perçue selon les termes d’un pacte léonin lui-même imposé par la force.

    Puis-je prendre pour acquis que vous êtes CONTRE le « capitalisme » ainsi défini ?

    2. Le capitalisme à rendu possible (…) produire la richesse.

    L’industrialisation a permis l’enrichissement. La formation de capital a permis l’industrialisation. Que l’accumulation du capital soit faite par des individus ou par la collectivité n’est qu’une modalité. Je suis d’accord avec le principe qu’un profit assure la motivation des décideurs, mais dès que l’investisseur n’est plus l’entrepreneur et que sa rémunération est dissociée (intérêt) des résultats de l’entreprise, il devient nuisible. Sa rémunération doit se limiter à une marge de fonctionnement. C’est l’entrepreneur (décideur) qui doit être récompensé.

    Êtes vous d’accord pour cette primauté à l’entrepreneuriat ?

    3. Ce système a été perverti…

    Et comment ! Mais dès qu’on accepte l’existence d’une richesse symbolique – et c’est la condition du dynamisme de l’économie – le risque est là qu’il le soit. Rien ne peut mieux surveiller ce lien entre symboles et réalité qu’une entité désignée par les citoyens et ayant le pouvoir suffisant pour gérer honnêtement la création de monnaie. Cette entité doit être ce qu’on appelle l’État.

    Le problème ne vient pas de ce que cette entité existe, mais de ce qu’elle ne soit plus « désignée par les citoyens » et qu’elle ne gère pas honnêtement la création de monnaie. Il n’y a pas de vraie démocratie.

    Êtes vous d’accord sur le fait que la monnaie – « quelque chose » qui n’a pas de valeur propre, mais seulement celle consensuelle des biens qu’il représente – est nécessaire ?

    Êtes vous d’accord sur le fait que cette monnaie doit être émise et contrôlée sous la responsabilité des citoyens ?

    4. « Ceci n’est pas du capitalisme ».

    C’est bien le problème lexical dont nous parlons. C’est pour ça que nous cherchons un accord sur la réalité… mais il faut bien lui donner un nom et l’acception que je vous propose est BEAUCOUP plus répandue que celle que les Libertariens en donnent.

    5. Pourquoi est-il nécessaire que ce soit l’état qui contrôle l’émission de monnaie?

    Ce n’est pas « nécessaire ». La preuve, c’est que l’État aujourd’hui ne le fait pas, mais délègue ce pouvoir à des banquiers. Mais l’État DEVRAIT le faire, car il faut que l’émission soit sous contrôle du pouvoir pour garantir que la monnaie soit universellement acceptée.

    Vous le soulignez vous même : l’argent n’est qu’un intermédiaire et n’a d’utilité que dans la mesure où il peut être échangé… Il ne peut être échangé que s’il a cette acceptation universelle que seule peut lui conférer le pouvoir de l’État.

    6. L’argent est fondamentalement une commodité.

    Encore une question de vocabulaire. La monnaie n’ayant pas de valeur intrinsque, mais étant uniquement un symbole dont la valeur est consensuelle, on ne peut la traiter comme une commodité. Autrement, elle serait la seule commodité dans l’univers dont on puisse disposer en quantité illimitée. Vous ne le croyez pas vraiment, n’est-ce pas ? Vous dénoncez vous-même la croyance que c’est l’argent qui fait la richesse.

    7. La délégation de (l’émission de monnaie aux banques) que proviennent les plus grandes injustices de ce monde.

    Oui

    8. L’intérêt (…) règlementer encore plus le système est contre-productif.

    Comme vous le dites, le taux d’intérêt est un indicateur : le manipuler directement est négatif : c’est branler le thermomètre pour dire qu’on ne fait pas de fièvre. Il faut réglementer l’émission de monnaie, cependant, l’État visant à ce que la quantité de monnaie représente bien la richesse réelle.

    Comme l’ajustement parfait est impossible, il faut surtout, concrètement, que l’État informe CONTINUELLEMENT la population de la monnaie en circulation. La richesse réelle étant largement subjective, c’est la monnaie qui doit être le point d’ancrage. C’est en faisant flotter ce point d’ancrage que le système a lancé l’économie à apparemment à la dérive… mais en fait avec le cap mis vers le mouillage des pirates.

    9. L’Etat est le seul qui peut offrir le monopole légal sur la création de monnaie et le contrôle des intérêt dont jouissent les banquiers et la main-mise règlementaire qui favorisent le Big business corporatif face au petit entrepreneur. 
C’est pourquoi nous voulons une réduction des pouvoirs de l’État.

    Nous voulons plutôt qu’il utilise ce pouvoir pour que ces pouvoirs reviennent dans les mains du peuple.

    10. Les règlementations qui servent les intérêts corporatistes doivent être abolies pour être remplacées par des règlementations plus justes qui assurent que tous restent égaux devant la loi. 
Pour moi et plusieurs comme moi, c’est ça la minarchie.

    


    Mais pour que l’État fasse ce remplacement, il faut bien qu’il existe et en ait le pouvoir. Vous voyez bien que nous sommes d’accord …

    Pierre JC Allard

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    18 janvier 2010 à 22 10 04 01041
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    « Si cet État, toutefois, n’est plus l’expression démocratique de la collectivité, mais devient, par le contrôle de l’opinion et la corruption, le bras armé des Banquiers, il est l’ennemi. L’ennemi de tous. »

    « Mais pour que l’État fasse ce remplacement, il faut bien qu’il existe et en ait le pouvoir »
    Je viens de lire une lettre de M. Landry sur Vigile.
    http://www.vigile.net/La-contrition-des-croyants

    « Le président Obama met de l’avant une série de mesures propres à discipliner le capitalisme. La France, l’Angleterre et d’autres sont aussi sur cette voie. La route sera longue certes, mais l’espoir est présent. »
    ________________
    Discipliner le capitalisme.
    C’est une formule. Ou alors encore une police (efficace? ou des polices) et des structures qui vont se perdre dans les « snipers » de la mondialisation.
    Désolé.Non.
    La première chose à faire serait de modifier grandement le système. Mais comme il est devenu le « divan » des élus, on ne peut compter sur eux, à part inter changer la cuillère et la fourchette.
    Ce qui n’arrange rien au plat…
    La seule manière qui m’apparaît plausible et efficace serait de créer une ossature de programme et « pénétrer » le pouvoir par une manoeuvre semblable à celle du BQ.
    Lancer ensuite une série de candidats indépendants, liés seulement à une entente de base simple.
    Le reste – et il y a un travail énorme – serait de rebâtir après avoir jeté à terre les murs du cachot dans lequel nous sommes présentement enfermés.
    Sinon, c’est le cachot pour longtemps. Et ce n’est que comme à Haïti qu’une délivrance se produira: il a fallu un tremblement de terre pour que les prisonniers d’une prison s’évadent.
    Longtemps, c’est au minimum une décennie.
    On ne peut parler de réglementation si personne n’est au pouvoir. Et pour avoir accès à ce pouvoir, il faut une ‘ »intrusion » démocratique.

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    18 janvier 2010 à 21 09 47 01471
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    Il me semble qu’on revient à la case départ, déléguons notre autorité innée à une fiction (l’état) pour que celle-ci adopte des lois pour nous régir.

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    18 janvier 2010 à 21 09 55 01551
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    @ PJCA

    Ce n’est pas, cependant, le sens courant que donnent au mot ceux qui le contestent.

    Leur définition est erronée mais je vous le concède.

    Puis-je prendre pour acquis que vous êtes CONTRE le « capitalisme » ainsi défini ?

    Absolument.

    Êtes vous d’accord pour cette primauté à l’entrepreneuriat ?

    Jusqu’ici nous sommes en parfait accord.

    Mais dès qu’on accepte l’existence d’une richesse symbolique – et c’est la condition du dynamisme de l’économie – le risque est là qu’il le soit. Rien ne peut mieux surveiller ce lien entre symboles et réalité qu’une entité désignée par les citoyens et ayant le pouvoir suffisant pour gérer honnêtement la création de monnaie. Cette entité doit être ce qu’on appelle l’État.

    C’est là que nous divergeons. Il semble que nous avons une conception différente de la monnaie et de comment elle doit être contrôlée ou si elle doit être contrôlée. Comme je le mentionnait dans mon commentaire ci-haut, historiquement, le choix d’une monnaie a toujours été une décision de marché. Que ce soit de l’or ou des coquillages, la monnaie est choisie par consensus des acteurs du marché à travers le temps. L’or n’est pas devenu une monnaie d’échange parce qu’un monarque quelconque s’est levé un matin et a décidé de frapper des pièces à son effigie de ce métal, il est devenu une monnaie parce qu’il était prisé par tous et qu’il était facilement divisible. Une monnaie imposée par l’état n’est pas une monnaie contrôlée par le peuple, c’est une monnaie contrôlée par des politiciens et une telle monnaie n’est pas libre.

    Alors pour répondre à vos questions:

    Êtes vous d’accord sur le fait que la monnaie – « quelque chose » qui n’a pas de valeur propre, mais seulement celle consensuelle des biens qu’il représente – est nécessaire ?

    Êtes vous d’accord sur le fait que cette monnaie doit être émise et contrôlée sous la responsabilité des citoyens ?

    La monnaie par définition n’est qu’une commodité que la majorité des gens accepteront en échange de leurs biens et services. Sa valeur est littéralement déterminée sur un marché libre par le jeu de l’offre et de la demande pour chaque transaction.

    Je suis d’accord que la monnaie soit émise et contrôlée par le peuple à travers un marché libre et consensuel et non par l’état.

    Comme l’ajustement parfait est impossible, il faut surtout, concrètement, que l’État informe CONTINUELLEMENT la population de la monnaie en circulation. La richesse réelle étant largement subjective, c’est la monnaie qui doit être le point d’ancrage. C’est en faisant flotter ce point d’ancrage que le système a lancé l’économie à apparemment à la dérive… mais en fait avec le cap mis vers le mouillage des pirates.

    Personne ne possède l’information nécessaire pour fixer la quantité de monnaie optimale dans une marché, ni d’en fixer la valeur. Comme pour toutes les commodités, le marché est la seul chose qui peut efficacement déterminer quantité et qualité selon la préférence du consommateur. C’est ça un véritable libre-marché.

    Nous voulons plutôt qu’il utilise ce pouvoir pour que ces pouvoirs reviennent dans les mains du peuple.

    Les politiciens on maintes fois prouvé que nous ne pouvons pas leur livrer ce pouvoir en toute confiance. La tentation serait trop grande d’imprimer de l’argent à outrance pour récompenser leurs amis et tout le bal corporatiste recommencera aussitôt.

    Mais pour que l’État fasse ce remplacement, il faut bien qu’il existe et en ait le pouvoir. Vous voyez bien que nous sommes d’accord …

    L’état, pour moi n’a qu’une fonction légitime: protéger ses citoyens et leur propriété du vol, de la fraude et des agressions. Dans ce sens, il peut voir à ce que les transactions respectent les règles, mais il ne doit contrôler rien dans l’économie, sinon les politiciens auraient de nouveau l’opportunité de faire du clientélisme.

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    19 janvier 2010 à 3 03 13 01131
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    @ A.L

    Pas tout a fait à la case départ. Nous avons établi une série d’accords et circonscrit les différences à quelques point que nous allons attaquer un par un.

    PJCA

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    19 janvier 2010 à 3 03 17 01171
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    @ Claudius

    Lien intéressant. Voleurs ? Encore une fois une question de vocabulaire… Mais ils nous prennent certainement tout ce qu’ils peuvent nous prendre…

    PJCA

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    19 janvier 2010 à 3 03 20 01201
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    @ Missive du texas

    Est-ce que la répresentation sur deux axes ne vous semble pas la meilleure ? Evidemment on pourrait introduire d’autres dimensions, mais le graphe serait complexe…

    PJCA

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    19 janvier 2010 à 3 03 24 01241
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    @ GP:

    Oui, mais « discipliner le capitalisme », est-ce que ce n’est pas justement rendre le pouvoir politique absolu en mettant à à profit son pouvoir de création infini de monnaie ? NWO. La nouvelle URSS.

    PJCA

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    19 janvier 2010 à 5 05 36 01361
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    L’initiative et la motivation jouent un tel rôle, que tous les travailleurs deviennent peu à peu des entrepreneurs. Les effectifs de l’entrepreneuriat augmentent… et aussi son importance relative.

    Je remarque que cette tendance vers l’entrepreunariat peut également provoquer des situations quelque peu perverses. C’est la triste réalité que l’on peut voir actuellement où plusieurs entreprises réduisent le nombre d’employés permanents en les remplaçant par des pigistes. Ces derniers, après avoir perdu leur emploi régulier, se voient forcés d’offrir leurs services à des firmes de consultation ou de placement qui négocieront pour eux des contrats de travail à court terme, pour des périodes allant généralement de 6 à 12 mois. Ces travailleurs autonomes n’ont plus accès aux avantages sociaux (assurance, congés payés, vacances, fonds de pension) mais doivent combler des postes permanents.

    Évidemment, je n’ai rien contre l’entrepreunariat, j’ai toujours eu et aurai toujours une certaine admiration pour ceux qui décident de se lancer en affaires. Cependant, ce que je constate autour de moi c’est l’effrittement de la masse des employés et leur remplacement par des pigistes. Qu’un individu décide du jour au lendemain qu’il veut être son propre patron est une chose. Mais qu’un employé qualifié qui remplit des fonctions nécessaires au sein d’une organisation perde son emploi et qu’il est remplacé par un pigiste me laisse extrêmement perplexe. Et je ne parle pas ici de recrutement ponctuel pour faire face à la demande. Je parle de postes permanents et essentiels qui sont abolis pour être remplacés par des ressources externes.

    Oui à l’entrepreunariat volontaire. Non à l’impartition abusive. Le libre marché doit permettre l’épanouissement des entreprises et la « création de richesses ». Le marché du travail de son côté doit assurer, en autant que c’est possible, l’épanouissement des employés. L’entrepreunariat doit donc être volontaire.

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    19 janvier 2010 à 6 06 20 01201
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    @ Lutopium

    La clef de voute d’une nouvelle structure de travail basée sur l’autonomie et l’entrepreneuriat est la mise en place d’un revenu-travail garanti. Pas une pitance, mais le plein revenu du travailleur selon sa compétence « certifiée ». Quand la sécurité du revenu est là, la sécurité d’emploi DOIT disparaître, car elle biaise l’optimisation de la réaffectation des travailleurs sur un marché du travail en constant réaménagement.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/04/03/lheure-des-entrepreneurs/

    PJCA

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    19 janvier 2010 à 7 07 32 01321
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    @ Gaëtan Pelletier

    Discipliner le capitalisme.
    C’est une formule. Ou alors encore une police (efficace? ou des polices) et des structures qui vont se perdre dans les « snipers » de la mondialisation.
    Désolé.Non.

    Quand Obama parle de discipliner le capitalisme, il parle d’établir de nouvelles règlementations favorisant une fois de plus la Réserve Fédérale et ses petits amis au détriment des contribuables. C’est ce qu’il fait depuis la seconde même où il a prêté serment.

    Les dirigeants de Goldman Sachs s’en lèchent déjà les babines.

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    19 janvier 2010 à 7 07 55 01551
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    @ P.D

    Je crois que nous avons identifié deux (2) divergences entre nous … et un commun rejet tant du rôle des banquiers que de l’ineptie et de la corruption de la gouvernance actuelle. Pourquoi ne pas tenter de concilier nos deux divergences ?

    Première divergence.

    Vous voyez la monnaie comme une denrée (commodité). Votre vision correspond à une phase historique où c’est une denrée qui a servi de monnaie: fer coquillages, chocolat, or…. mais ne sommes nous pas d’accord qu’aujourd’hui la monnaie n’est qu’une pure création symbolique, n’ayant pas d’autre valeur que celle que lui confère un consensus quant à l’autorité de l’État ?

    Nous sommes d’accord que cette approche a mené à une catastrophe et doit être revue. Je comprends que vous souhaiteriez que l’on revienne à la monnaie-denrée. Je préférerais que l’on encadre autrement l’émission de monnaie.

    Je ne pense pas que nous puissions régler en deux coups de cuiller à pot cette question, qui comporte des aspects techniques, mais je suis persuadé qu’il y a un terrain d’entente. Que penseriez vous de jeter un coup d’oeil sur quelques articles que j’ai écrits sur cette question et de me recommander quelques textes que je pourrais lire en toute ouverture d’esprit? On pourrait en discuter dans quelques semaines…

    Deuxième divergence

    Je suis d’accord avec vous que l’État ne doit pas intervenir dans le jeu économique; il y serait juge et partie. Je pense, toutefois, qu’une économie entrepreneuriale – la plus efficace et celle que je recommande – ne peut éviter une concentration de la richesse, socialement et économiquement néfaste.

    Ce n’est pas une excuse pour renoncer à l’entrepreneuriat, pas plus qu’on ne renonce à faire fonctionner un moteur parce qu’il produit de la chaleur. Mais de la même façon que cette chaleur doit être dissipée et le moteur refroidi, ainsi la concentration de la richesse doit être corrigée par une incessante « péréquation ».

    C’est à cette redistribution itérative de la richesse que je crois que les Libertariens s’opposent, alors que je la juge indispensable. Il y a des arguments moraux à l’appui de cette redistribution, mais je crois qu’ils ne sont pas nécessaires.

    Même dans une hypothèse de parfait égoîsme, le simple maintien de la demande effective me semble bien exiger qu’on remette des jetons aux perdants, si on veut que la partie continue. Que pensez-vous de ce texte et des deux (2) suivants ?

    PJCA

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    19 janvier 2010 à 9 09 00 01001
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    Que l’on soit en faveur de la monnaie en papier ou de la monnaie-commodité (or ou argent), à mon avis, le problème est plutôt que ceux qui contrôlent l’état utilisent le système finacier pour accroître leur pouvoir.

    Même si le système était fondé sur de réserves d’or ou d’argent, les dirigeants trouveraient le moyen de piller les réserves.

    À mon avis, il faut apprendre à vivre sans le système.

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    19 janvier 2010 à 11 11 24 01241
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    PJCA,
    Les textes de lois sont parfois incohérents ou redondant entre eux mais votre texte comporte des incohérences internes et erreur avec ce désir de généraliser propres au juriste de formation que vous êtes et qui s’essaye indirectement a philosopher. La philosophie et le raisonnement logique devrait être mieux enseigné comme on enseigne l’alphabet ou a compter. Imaginez qu’on enseigne l’écriture qu’au gens qui se destine a un travail d’écriture. C’est ce qui sa passe avec la philosophie telle qu’enseignée ou présentée, souvent trop doctrinale ou pompeuse. Et pourtant les mécanismes de base seraient si profitables a tous ces intellectuels qui philosophent sans avoir toute les bases nécessaires.

    Ce que j’apprécie chez PJCA, c’est son profil multi-disciplinaire avocat-économiste et son intérêt marqué pour la chose politique. Comme vous pouvez le remarquer il rédige très bien ce qui ne gâche pas le plaisir de le lire mais… Oui il y a un « mais ». Il manque quelque chose d’essentiel et au delà des problèmes de définition et de sémantique. Il manque une réflexion philosophique et logique plus approfondi pour bonifier tout ce riche terreau de connaissance et réflexion. Ça devient vraiment gênant quand l’auteur philosophe ou parle de projet politique avec des implications morales et philosophiques. Alors je suis très critique et il peut m’arriver de me moquer de philosophes professionnels.

    Ce texte se veut donc généraliste et il sonne parfois faux même si je comprend ce que veut exprimer l’auteur au de la de son expression. Si le cas auquel pense l’auteur était exposé, le texte serait moins « académique » certes mais probablement plus juste.

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    19 janvier 2010 à 15 03 37 01371
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    @Paul Napoli

    Vous êtes d’un ennui pas possible. C’est toujours la même remarque que vous répandez partout où vous passez, comme si vous étiez la référence en raisonnement logique. Quel égo vous avez…

    Si vous n’êtes pas capable d’expliquer votre point de vue, pourquoi ne pas simplement vous abstenir d’écrire ces commentaires condescendants et complètement inutiles?

    PJCA et les intervenants, ici, ont déjà beaucoup plus contribué à la réflexion et l’analyse que vous ne l’avez fait en des années de présence sur le web.

    Voilà ce qui serait un raisonnement logique, à mon avis.

    No hard feelings.

    François Marginean

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    19 janvier 2010 à 16 04 52 01521
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    Francois M.
    Oui, je suis la réference en raisonnement logique et de loin de tout ce que je lis autour de moi. C’est pas bien difficile sur le web ou les média de masse.

    Votre avis ne m’interesse que moyennement quand je lis vos déductions de vos articles tres documentés sur divers sujets.

    Figure toi, que je ne publie pas tout mes commentaires, car meme si la critique est juste ca n’aidera pas l’auteur et je passerai encore pour le mauvais canard. Ici je pense que j’ai donné un élement pertinent a PJCA. Eviter de vouloir théoriser outre mesure et ainsi tombé dans l’erreur et parler plus des faits. C’est une reflexion d’ordre methodologique que m’inspire la lecture de ce texte riche et interessant.

    Il y a un travail philosophique, psychologique a faire et qui n’a pas été suffisament fait a mon avis pour des gens qui veulent théoriser. Le discours flateur ne m’interesse pas ni le discours faussement théorique ou académique. Je dis les choses directement voila tout sans m’embarasser de toute les mieveries.

    Si PCJA a besoin de précision je lui donnerai.

    Mes remarques ne feront echo que sur l’esprit critique qui n’a un pas un égo gonflé. C’est ma maniere a moi de participer et j’y tiens.

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    19 janvier 2010 à 18 06 07 01071
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    @ P.N

    Je cherche sans cesse à approfondir ma réflexion philosophique. Nous devons tous en faire autant. Vous m’obligeriez en me donnant quelques exemples concrets d’incohérences internes dans mon texte. Je les corrigerai aussitôt.

    PJCA

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    19 janvier 2010 à 18 06 14 01141
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    @ F.M.

    Est-ce que le long match en 100 échanges, jadis, avec Kovac, notre jeune hasbari en formation, ne vous aurait par donné une infinie tolérance, même avec ceux qu’on pourrait croire les ennemis de la tolérance 🙂

    PJCA

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    19 janvier 2010 à 18 06 47 01471
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    D’accord PJCA, prenons cet extrait que je commente au niveau logique.

    « Si cet État, toutefois, n’est plus l’expression démocratique de la collectivité, mais devient, par le contrôle de l’opinion et la corruption, le bras armé des Banquiers, il est l’ennemi. L’ennemi de tous. »

    L’ennemi de tous moins les banquiers et tout les gens qui en tirent un bilan positif de maniere directe ou indirecte.
    Dans l’absolu, la collectivité peut élire un répresentant qui lui apporte plus d’inconvénients que d’avantages par simple incompétence. Quand on voit comment les gens votent on peut se poser des questions sur leur choix judicieux pour leur propre interet et celui de leur communauté et sans parler du controle de l’opinion. Celui qui fait fructifier ses interets ne va pas necessairement a l’opposé de l’interet de la communauté. il sert les interets d’une partie de cette communauté. Celui qui cherche a avantager tout le monde peut tres bien ne servir personne avec bénéfice.

    Un systeme que ce soit politique ou juridique va avantager certains et pénaliser d’autres personnes. On peut changer de systeme il y aurra presque toujours des gagnants et des perdants. Alors en politique, en philosophie ou en matiere judiciaire, il faut faire des choix qui sont des choix de société. Rien ou presque est « naturel » mais souvent culturel et idéologique. A chacun de bien comprendre ses interets et d’une communauté qu’il veut promouvoir.

    Tout cela est banal me dira sans doute Francois M. 😉

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    19 janvier 2010 à 18 06 48 01481
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    «Plus les gens épargnent, plus le taux baisse, donnant ainsi au marché le signal que ces ressources sont disponibles. Lorsque la quantité de cet argent baisse, les taux remontent, encourageant ainsi les gens à l’épargne.»

    Si bien que le fait d’avoir perverti la loi naturelle du marché en 2008 et 2009 avec la production et les dépenses massives par les gouvernements n’empêchera pas malgré ça, un de ces jours, la flambée des taux d’intérêts. Avec l’endettement populaire plus celui d’un bon nombre d’entreprises plus celui des états, l’Amérique n’est pas au bout de ses peines.

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

    P.S.S : Je fais maintenant partie maintenant de la communauté des blogueurs avec mon nouveau blog « eSolaris » : http://esolaris.wordpress.com/ .J’y ai déjà pondu mon premier article sur General Motors. Ça vaut le détour ! 😉

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    19 janvier 2010 à 22 10 44 01441
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    @Paul Napoli
    Effectivement, il y aura toujours des gagnants et des perdants dans n’importe quels système surtout si celui-ci comporte un très grand nombre d’individus. C’est pourquoi il faut se débarrasser des systèmes et vivre dans des groupes beaucoup plus petit.

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    20 janvier 2010 à 6 06 36 01361
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    @ PN:

    Merci. J’introduis la correction au texte. Vous comprenez que toute description littéraire comporte une part d’ellipse qui en rend la lecture plus agréable, mais suppose une hypothèse quant à ce dont dont on peut supposer que le lecteur moyen comprendra le sens sans que tous les éléments en soient formulés.

    Dans le doute, cependant, il vaut mieux expliciter plus que moins, ce qui permet d’augmenter le nombre de ceux qui comprendront sans difficultés. S’il y d’autres passages qui vous semblent ambigus, n’hésitez pas à me les souligner

    PJCA

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    20 janvier 2010 à 6 06 39 01391
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    @ Fraddé

    Bienvenu dans la blogosphère et longue vie à votre site.

    PJCA

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    20 janvier 2010 à 8 08 55 01551
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    Au niveau théorique,

    « Tout le monde veut une société de justice, tant rétributive que distributive, qui donne donc à chacun selon ses efforts, mais aussi selon ses besoins. »

    « Tout le monde » est de trop. Certains vont vouloir une société qui donne selon ses efforts ou ses avoirs (capitaux) quand les plus démunis voudront davantage selon ses besoins. Et puis tout dépend de la justice. Je sais bien que vous parlez d’une justice idéale mais peux t’elle exister ? Je regarde avec méfiance les ingérances de la justice dans le domaine privé. Quand on met en prison par exemple une mere qui aurait kidnappé son propre enfant. Les comptes rendus de divorce sont parfois aussi assez cocasse et triste à la fois avec des couples qui se disputent en place publique. La décision juste fait parfois le malheur de tous et le bonheur de personne comme celui qui couperait un cadeau en 2 pour etre équitablement juste. :mrgreen:

    Sinon la corruption qui est condamnable fait parfois moins de dégat que l’incompétence qui n’est pas illégale.

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    20 janvier 2010 à 18 06 38 01381
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    @ PN

    Même explication: l’ellipse est admissible. Je pense que dans ce dernier cas, toutefois, on franchit le seuil où vouloir préciser ferait sacrifier l’intérêt de la grande majorité au profit d’une petite minorité qui seule ne comprend pas la restriction implicite. On risquerait, comme le disait Marginean, un « ennui pas possible ».

    C’est pour la même raison que je ne perd jamais mon temps à relever les fautes d’orthographe. Ce sont des idées que nous échangeons et, s’il n’y a pas une risque d’ambiguïté, je laisse passer…

    PJCA

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    20 janvier 2010 à 18 06 47 01471
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    @ AL:

    La video ne fonctionne pas. Dommage. A retrouver, car ce comportement me semble une parfaite illustration de la dérive fasciste aux USA. Ajoutez l’élection du Massachusetts et ce pays est vraiment sans espoir a court terme.

    PJCA

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    21 janvier 2010 à 6 06 55 01551
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    @PJCA
    C’est joliment dit. Je suis sans doute trop rigoureux pour ce blog et je n’extrapole mais idées à « Tout le monde ».
    Ca serait réducteur et faux.

    Répondre

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