Guerre des clans ou clan des guerres en Algérie?

Par Mesloub Khider   Sur  http://www.les7duquebec.com

« L’apothicaire ne sent pas ses drogues. » Proverbe belge
J’ajoute pour ma part : Le politicien est un homme homérique, héroïque : il ne lâche jamais sa lâcheté.

 

De guerre des clans il n’y a point. Du clan des guerres, il est sur tous les fronts.

 

Régulièrement, la scène médiatique  algérienne diffuse les mêmes scénarios politiques dans lesquels les grandes célébrités du pouvoir rejouent le même film d’empoignade au collet  ou plutôt d' »empoignarde » dans le dos. Et chaque saison de rediffusion est marquée par l’annonce de grands orages dans le ciel du  sommet du régime déclaré moribond. Le suspense est à son comble. Tout le monde tremble. La chancellerie algérienne chancelle.

 

Selon les experts de l’ombre, l’avenir de l’Algérie est sombre. L’Algérie dans le chaos sombre.

 

Sur fond d’arraisonnement d’un bateau encombré déraisonnablement de viandes sau-poudrées de blanches intentions, la scène politique algérienne s’agite. C’est une poudrière.  D’aucuns dirigeants, blanchis sous le harnais gouvernemental, balancent  des accusations de blanchiment.  D’autres, en guise de blanchissement, rétorquent que c’est de la poudre aux yeux.

En tout cas, la scène politique algérienne s’agite. Au sommet du pouvoir ça swingue. Ça tangue. C’est la valse des ministres. Ce ballet ministériel ressemble à un coup de balai dans l’écurie présidentielle. A une volonté d’écurer l’écœurante confrérie politique gouvernementale.

Avec une tonitruante indélicatesse, le dernier feuilleton a tenu ses promesses. Dans une ambiance politique courroucée,  des têtes couronnées sont tombées. Aussitôt remplacées par des sosies du régime. Des clones. Des clowns. À observer ce énième scénario, on découvre le même écran de fumée. Le même clan enfumer la scène politique par ses prétendues bisbilles.

À regarder la scène médiatique, le palais présidentiel serait en flamme. Les torchons brûlent entre les « servietteurs » de l’Etat jamais en état de marche. Et certains  pompiers claniques pyromanes seraient à l’œuvre pour attiser le feu à l’aide de leurs manigances incendiaires.

Dans la débandade, dérobade, chacun tente de sauver son Riad. Sauver ses meubles, ses immeubles. Chacun tente de se meubler un avenir radieux toujours au sein de cet immeuble luxueux présidentiel.

Ainsi, selon nos fins connaisseurs critiques du cinéma politique algérien, le dernier film présidentiel met en scène des acteurs politiques engagés dans une impitoyable lutte clanique mortelle. L’épilogue risque d’être sanglant. Les rebondissements saignants. Les péripéties périlleuses. On nous dit que c’est digne du Clan des siciliens.

En vérité, au sommet de l’Etat, c’est le Clan des silences liens, masqués par de prétendues dissensions bruyantes. Les médias aboient que le clan présidentiel serait aux abois. Il broie du noir. Il boit la tasse. Il se noie. Il se murmure qu’il se meurt. Déjà on s’organise car il agonise. On se prépare au drame car il rendra l’âme. On creuse déjà la tombe pour enterrer ce régime qui tombe. C’est ce qui s’appelle nager dans les eaux troubles de l’actualité polluée par la désinformation. Cette presse nous inonde de nouvelles falsifiées, faisandées.

Elle nous fait croire que le pouvoir est déchiré par la lutte des clans. La guerre des clans est déclarée. Cette presse focalise sur la prétendue guerre des clans pour nous faire oublier le clan des guerres. En effet, l’Algérie ne souffre pas de la guerre des clans, mais du clan des guerres. Des guerres sociales menées contre tout le peuple algérien par le clan du pouvoir, représenté par tous les dirigeants de l’Etat.

La prétendue guerre des clans vise à camoufler le vrai clan des guerres. Des guerres sociales, économiques, politiques, culturelles, intellectuelles, existentielles que le Clan Uni du pouvoir  mène contre le Peuple Divisé algérien.

En réalité le clan du pouvoir se porte à merveille. Et sur le peuple toujours il veille. Au moyen d’informations hypnogènes qu’il distille et surveille. Pour éviter que le peuple se réveille.

L’opacité du pouvoir ne triomphe que par l’aveuglement du peuple. De la capacité du peuple à ouvrir les yeux dépend le crépuscule de la rapacité de pouvoir de ce clan de l’horreur, et l’aurore du pouvoir du peuple de l’honneur dans la clarté.

L’Union fait la force, dit le proverbe. En Algérie, la farce fait l’union.

Mesloub Khider

 

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