HAUSSER LE SALAIRE MINIMUM POUR LES CHÔMEURS !

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Le salaire minimum à 15$ l’heure et pourquoi pas à 25$ l’heure ?

 

Lors d’une récente assemblée militante, deux représentants syndicaux progressistes ont proposé de mener campagne en faveur du salaire minimum à 15 dollars l’heure. Il faut savoir que le salaire horaire minimum est présentement de 10,35 $ au Québec, trop peu élevé pour assurer la reproduction de la force de travail de presque 300 000 salariés soumis à ce régime de famine. Ainsi, nombre de travailleurs doivent assumer deux emplois pour parvenir à joindre les deux bouts. Nous nous sommes opposés à ce que le regroupement de militants avance cette revendication réformiste. Une telle revendication laisse croire aux ouvriers que la lutte de classe sur le front économique consiste à quémander la charité à l’État policier qui dans sa  magnanimité peut sinon exaucer cette supplique du moins en concéder la moitié. Tout ceci n’est que mystification de la fonction de l’État bourgeois en régime capitaliste.

 

Cette revendication puérile est de nature à calmer la mauvaise conscience de la gauche réformiste impuissante à obtenir quelque concession que ce soit de la classe capitaliste en période de crise économique systémique. Bureaucrates syndicaux et gauchistes craignent que les payeurs de taxes syndicales en viennent à se questionner  sur l’utilité de ces affidés bien payés.

 

La lutte de classe sur le front économique

 

La classe ouvrière ne doit pas dilapider ses énergies à supplier la bourgeoisie de lui consentir des accommodements salariés raisonnables. Ces arrangements entre capitaines d’industrie et boss syndicaux ne règleront rien à la détresse de la classe ouvrière surexploitée et paupérisée. La lutte de classe sur le front économique est toujours une lutte de résistance qui s’oppose aux sévices commis par la classe capitaliste.

 

Ainsi, tant mieux si le grand capital ordonne aux députés à sa solde de hausser le salaire minimum. Mais la tâche de la gauche révolutionnaire sera aussitôt d’attirer l’attention de la classe ouvrière sur les malversations des capitalistes qui tentent de retirer de la main droite ce qu’ils ont parcimonieusement concédé de la main gauche.

 

Ainsi, au Québec, alors que le salaire minimum est haussé de quelques sous chaque année, le dollar canadien est dévalué sur les marchés boursiers. Le huard se négocie à 0,79 $ CAD par rapport au dollar américain et à 0,70 $ CAD par rapport à l’euro. Ce qui signifie que depuis quelques semaines à peine le pouvoir d’achat des salariés canadiens et québécois a chuté de 10 %,  bien davantage que la hausse du salaire moyen ou que l’augmentation du salaire minimum en mai 2015 (10,55 $ ou +0,1 %).

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Les motifs de la dévaluation d’une devise

 

Les économistes bourgeois aiment à rappeler que la dévaluation du dollar favorise les exportations canadiennes. En effet, les capitalistes monopolistes canadiens profitent des chutes de prix pour tenter de «dumper» un maximum de marchandise à vil prix. Mais ce n’est là qu’un effet de courte durée et sans grand avantage pour l’économie nationale globale puisque ce bradage génère peu de profits, la raison d’exister du capital. La conquête de nouveaux marchés n’explique pas le motif réel de cette glissade du huard sur les marchés boursiers.

 

La baisse de la valeur du dollar canadien a des effets pervers extrêmement pénalisants pour les travaillants, mais très profitables pour les spéculateurs et les «banksters».

 

Premièrement, la dévaluation du huard constitue une dépréciation du pouvoir d’achat – du  salaire nécessaire – de tous les travailleurs et travailleuses canadiennes. Le prix des produits importés – souvent sans équivalent au Canada – augmente d’autant que la hausse de valeur des devises concurrentes (ici le dollar américain, le yuan chinois, l’euro et le Yen japonais).

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Deuxièmement, la chute du dollar canadien attire les devises étrangères sur le marché boursier canadien parasitaire, et entraine le rapatriement des profits des entreprises multinationales ayant leur siège social au pays.

 

Troisièmement, la baisse de la valeur du dollar augmente la dette souveraine des gouvernements canadiens et leur charge d’intérêts sur emprunts. N’oublions pas que les salariés canadiens assument directement entre 60% et 70% des charges fiscales de l’État. Le pouvoir d’achat des travailleurs sera donc éventuellement réduit d’autant par des hausses de taxes ou d’impôts.

 

L’ensemble de ces effets positifs pour les profits des riches et négatifs sur le salaire nécessaire des ouvriers devrait normalement entraîner une hausse de la valeur du huard, n’eût été la Banque du Canada qui ne soutient pas sa devise et laisse les cambistes deviser contre le dollar canadien dans l’intérêt des tondeurs de coupons de la spéculation.

 

À la lumière de ces informations, que ne soupçonnent même pas les militants progressistes et les syndicalistes, devrait-on proposer de revendiquer le maintien de la valeur du dollar canadien sur le marché des changes internationaux ? Évidemment non! L’État bourgeois ne porte aucune attention aux revendications de la classe ouvrière et ce n’est pas le rôle des révolutionnaires de laisser croire le contraire. L’État sert uniquement ses maîtres capitalistes qui trouvent avantage à ce chantage spéculatif sur la devise. Quant à nous, nous ne souhaitons pas réformer le capitalisme, qui ne peut en aucun cas être réformé ni réchappé. Nous souhaitons remplacer le capitalisme par le socialisme.

 

Nous appelons à la résistance de la classe ouvrière contre l’exploitation et la spoliation dont elle est victime et cette résistance sur le front de la lutte économique n’a qu’une voie c’est la grève générale qui fera reculé la Banque canadienne et ses maîtres capitalisés.

 

 

MANIFESTE DU PARTI OUVRIER : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

Une pensée sur “HAUSSER LE SALAIRE MINIMUM POUR LES CHÔMEURS !

  • avatar
    6 mai 2015 à 15 03 07 05075
    Permalink

    je vote pour un salaire minimum a 15$ de l’heure au quebec.
    vous devriez faire voter les quebecois pour savoir ce qu’ils en pensent.

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