«Je suis un leader…. une question d’attitude » (2)

CAROLLE ANNE DESSUREAULT

Revenons à la suite des extraits du livre de Yvan Gingras « Je suis un leader… une question d’attitude ».

Ainsi, le lien entre le leadership et l’attitude constitue la base du succès. Si je me remémore mes lacunes en tant que leader dans un emploi que j’occupais où je me sentais à l’aise dans les relations publiques, le développement de l’image de la société, et aussi la gestion administrative, je ne l’étais pas en tant que responsable des ressources humaines, une tâche qui me dérangeait. Pourquoi ? Je comprends maintenant après une prise de conscience que mon attitude découlait du besoin d’être appréciée du personnel, besoin qui biaisait mon jugement. 

Aujourd’hui, dans une autre situation de leadership, je me sens bien. Ma vision d’harmonie et d’entraide éclaire mon jugement. Je laisse de la place aux autres, comme je me fais de la place. Je me sens créative, et j’ai la fermeté nécessaire pour rétablir les égarements. Rien n’est parfait, je ne cherche donc pas la perfection, mais la plus grande efficacité possible. Surtout, j’accepte qu’on puisse faire les choses autrement qu’à ma manière. L’important est le résultat.

Voici le deuxième article du livre ci-dessus mentionné.

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« LE LEADER »

« Le leader, en général, est sensé être quelqu’un qui a de bonnes connaissances à propos des gens et des conditions environnantes. Mais parfois, certains occupent des postes de leadership surtout pour assouvir leur soif de pouvoir qui est plus grande que la moyenne. Donc, ils ne possèdent pas nécessairement l’habileté à diriger ou encore la connaissance requise. C’est pourquoi il est difficile d’être un leader authentique car il faut vivre et diriger selon des valeurs et des principes. Comme on dit dans le milieu du travail : « Tu peux tromper ton supérieur, mais pas ceux que tu diriges ».

 LE LEADER ET LE GESTIONNAIRE

Pour certains, le rôle du gestionnaire peut paraître secondaire ou très administratif et, par le fait même, une fonction ingrate et ennuyeuse. Pour d’autres, c’est un titre dont ils sont fiers et c’est tout. Toutefois, en réalité, le gestionnaire est le ciment qui soutient l’entreprise. C’est lui qui gère son service, son secteur : projets, service à la clientèle, équipement, ressources, budgets, inventaire, etc. Dans toute entreprise, le poste de gestionnaire est une fonction clé, à la condition que l’individu élève d’un cran son niveau de conscience individuel, professionnel et d’affaires. La façon de le faire sera en manifestant du leadership dans le cadre d’une grande aventure. Le gestionnaire n’est pas nécessairement un leader, mais le leader est un excellent gestionnaire.

Intégrer le leadership

Pourquoi parle-t-on d’intégration du leadership ? On nous dira : « On est leader, ou on ne l’est pas. » C’est faux ! Il est impératif de s’enlever de la tête le mythe du « leader-né ». Est-ce qu’on naît médecin ou si on devient médecin ? On pourrait continuer ainsi pour tous les métiers et professions. Il est indéniable que venir au monde dans un milieu particulier peut favoriser l’intérêt et les qualités requises pour un certain genre de travail. Toutefois, pour revenir à l’exemple du médecin, il n’y a aucune garantie que ses enfants seront de bons médecins, s’ils le deviennent.

Chaque individu possède déjà en lui les qualités d’un leader, et c’est uniquement dans ce sens que nous sommes tous venus au monde leader –  les qualités existent et nous avons la liberté d’en faire ce que nous voulons. Par contre, la façon dont nous avons été éduqués a littéralement étouffé ces qualités extraordinaires de leader, alors que l’emphase a été placée sur le développement de l’intellect. Le défi est d’aller à l’intérieur de soi pour prendre conscience de nos aptitudes et de les intégrer dans notre rôle de professionnel

Être un leader ne relève pas du mystère. Chacun de nous a occupé une position de leader à l’occasion, ne serait-ce que diriger une réunion, ou encore être chef de famille (père ou mère). Alors, comment avons-nous pu étouffer nos aptitudes naturelles de leadership ?

Enfants, nous fonctionnons beaucoup par intuition. Les seules connaissances intellectuelles nous viennent des sens : vue, goûter, toucher, écoute, odeur, et sourire. Vers l’âge de cinq ans, à l’école, nous mettons l’emphase sur les connaissances et la mémoire et nous conditionnons l’inconscient en lui imprégnant tout ce bagage mental. Or, l’inconscient est aussi responsable de faire passer le message intuitif du Moi authentique, appelé l’âme. Alors, c’est comme si il y avait moins d’espace pour les messages transmis intuitivement ; du moins l’écoute en est réduite de façon importante, car l’attention est mise sur l’extérieur plutôt que l’intérieur. Résultat, la naissance de la connaissance de l’extérieur cause l’affaiblissement des sens intérieurs, soit notre vraie nature. Donc, pour développer notre leadership, qui relève de notre vraie nature, et l’intégrer dans notre carrière professionnelle, dans notre fonction de chef et d’homme ou de femme d’affaires, il faut éveiller notre conscience, devenir conscient de l’inconscient.

La vraie question à se poser est donc : « Est-ce que je veux être un leader ou non ? »

 Le développement d’un leader

Jeffrey Immelt, Chairman CEO, General Electric citait à propos du leader: « Le plus important est de trouver les meilleures personnes, peu importe d’où elles viennent,  et de les développer et les former afin qu’elles puissent diriger de grosses entreprises, peu importe où sont situées ces entreprises. Tout est question de personnalité et non pas d’environnement de lieux. On forme les gens pour des responsabilités de direction puis on leur confie le poste. » (2)

Michael Marks, CEO de Flextonics pour sa part, déclarait: « Le critère le plus important pour le leader en affaires c’est qu’il (elle) soit libéré(e) de tout jugement biaisé à propos des gens. Je me suis rendu compte qu’à tous les endroits où nous opérons, dans tous les pays, les gens veulent bien exécuter leur travail, ils ont simplement besoin de formation. Souvenons-nous que les gens en général se ressemblent tous, peu importe où ils habitent. Toutefois, il se peut qu’on ait à entraîner les gens différemment d’un pays à l’autre. »(3)

Ces gens très expérimentés comprennent très bien la dynamique pour former des leaders au sein de leur entreprise respective. Ce sont des qualités développées qui permettent de mettre en évidence le leadership d’un individu. Bien sûr, on ne peut nier l’avantage d’être né dans un milieu propice au développement de ces mêmes qualités.

Ce qui peut contribuer à développer un leader

Il y a lieu de se demander ce qui pourrait favoriser le développement d’un leader, ce qui pourrait contre-influencer l’effet négatif de l’éducation sur les habiletés intuitives essentielles au leadership.

Dans un premier temps, on peut parler de situations qui permettent de faire face à l’adversité tels que conflits personnels ou professionnels, conflits familiaux ou de couple ou autres. Ces situations, quoique parfois désagréables, peuvent tout de même constituer des points positifs si on sait en retirer les leçons positives sous-jacentes.

Également, il y a les situations marquantes dans la vie d’un individu comme une infirmité à la suite d’un accident grave, une maladie congénitale, une rupture importante ou encore un deuil important. Ces situations peuvent créer le sentiment d’être distinct, différent par rapport à la masse. D’ailleurs une étude réalisée auprès de 300 personnes, qui ont bien réussi dans la vie, des gens tels que F.D. Rosevelt, Churchill, Einstein, Ellen Keller… a démontré que 25 % de ces personnes avaient un handicap physique majeur et que 75% d’entre elles étaient nées soit dans la pauvreté, soit dans un foyer désuni ou avaient vécu des situations extrêmement tendues ou perturbées. Il est donc admis que le leader est façonné davantage par son vécu que par sa scolarité.

L’engagement, l’intégrité et l’ardeur au travail sont aussi des facteurs importants pour façonner le leadership. À cet effet, une anecdote vaut la peine d’être racontée. Un étudiant universitaire américain faisait une étude sur les caractéristiques communes aux leaders. Il réussit à obtenir une entrevue avec le millionnaire du pétrole Jean-Paul Getty. Une fois qu’il s’est introduit, le jeune homme demanda à M. Getty qu’elles étaient les qualités indispensables pour réussir et devenir un bon chef de file. Getty lui répondit : « Se lever tôt le matin et travailler fort. » Puis, ce fut le silence. Alors l’étudiant un peu étonné de la réponse et convaincu qu’il y avait plus que cela, demanda : « N’y a-t-il pas autre chose que vous voudriez ajouter ? » Et Getty répondit par la négative. Le jeune homme se leva, déçu, et se dirigea vers la sortie du bureau lorsque Getty lui dit : « Au fait, j’aurais une troisième chose à mentionner : Trouver du pétrole ! ». Cette anecdote montre bien que les occasions ne sont pas suffisantes, il faut y mettre l’effort.

Finalement, on peut affirmer que tout bon leader a été indéniablement un bon « dirigé », c’est-à-dire qu’il est souvent le dirigé d’un autre leader — mentor -, occupant un poste plus élevé, et c’est ce qui confirme encore une fois, que le leadership est appris et non inné.

Trois grandes expressions du leader

Sans affirmer qu’il y a des caractéristiques universelles communes à tous les leaders, il n’en demeure pas moins que quelques-unes semblent faire partie intégrante du leadership.

Le leader est un type qui, en général, sort des sentiers battus. Il cherche de nouvelles façons de faire, c’est ce qui le rend exceptionnel, distinctif et unique ; nous sommes tous uniques de nature, mais encore faut-il manifester cette unicité.

 Une deuxième caractéristique est le fait que le leader voit ce que les autres ne voient pas ; il a une vision. Il voit au-delà des apparences qui est souvent une illusion « On trouve l’extraordinaire dans les profondeurs de l’ordinaire. » Par exemple, tout semble aller bien, mais les moments difficiles sont à venir si on maintient le cap actuel… si on ne se recentre pas. En fait, le leader ne se laisse pas piéger par la routine. Il porte intérêt aux idées nouvelles, il est ouvert d’esprit. C’est pourquoi il questionne continuellement. Il se remet en question et se préoccupe constamment de son évolution.

Enfin, une dernière caractéristique qui nous apparaît essentielle à tous les leaders, c’est le respect de la personne. Ceci se traduit par le fait qu’il ne manifeste aucune haine, ni méfiance, ni mesquinerie envers personne. Il crée un climat de confiance en aidant les autres à progresser. Il responsabilise les gens.

Il accepte que les choses puissent être faites différemment. Ses jugements portent sur les circonstances, les faits, et non sur les gens ; il accepte les gens pour ce qu’ils sont. Il remercie la loyauté de ses subalternes en leur accordant le droit de faire des erreurs.

Il fait en sorte de ne jamais donner aux autres le sentiment de honte ou de culpabilité. Il soulage les gens, leur rend la vie plus agréable et plus facile, sans exécuter la tâche à leur place. Il améliore un tant soit peu les choses comme, par exemple, les conditions de travail. Son efficacité est basée sur le principe qu’il aime les gens plus que lui-même.

À cet effet, voici une déclaration très significative de Frank VanderSloot, président et CEO de Melaleuca, une société de réseau de distribution directe très florissante mondialement, sans cesse en croissance depuis son existence, soit 21 ans : « Je ne saurais dire comment cette culture est née. Ce phénomène est tout simplement survenu grâce à la générosité des gens qui donnent leur temps sans compter et qui savent exprimer gentillesse avec des mots et des pensées. J’ai recherché des explications possibles sur ce qui pourrait faire ressortir cette bonté chez les gens, mais il ne semble pas y avoir d’élément commun parmi les aspects auxquels on serait naturellement porté à penser. »

Par exemple, l’éducation ne semble pas constituer le facteur commun, il en va de même pour ce qui est de l’origine ethnique, de la religion, de la communauté au sein de laquelle habitent les différentes personnes ou même de l’intelligence. D’après mes observations je dirais que les personnes exceptionnelles viennent de partout, de tous les continents et qu’elles ne peuvent rien avoir en commun. Toutefois, il existe une caractéristique commune : ces personnes se préoccupent toutes du bien-être des gens qu’elles côtoient, parfois même plus que leur propre bien-être. Et c’est lorsque nous tenons plus aux autres qu’à nous-mêmes que des choses merveilleuses arrivent. » (5)

Un leader dort en chacun de nous

En résumé, le leader est un agent de changement qui préconise l’orientation objectifs / résultats tout en favorisant la constance dans la démarche car, à bien servir, on ne peut que performer­. C’est pourquoi il enseigne le « où » et le « comment », mais aussi et surtout le «pourquoi. »

Le leadership est avant tout relié aux caractéristiques de celui qui l’exerce, puis à ses comportements et à la situation. C’est le caractère de base d’une personne qui détermine le style de leadership. Nous pouvons donc tous être des leaders. D’ailleurs, il est reconnu que, placées dans une même situation, des personnes avec des traits de caractère différents, peuvent connaître les mêmes succès. Il n’existe donc pas de caractéristique universelle de leadership propre à tous les leaders ni pour toutes les situations. Personne n’est plus puissant qu’un bon leader.

 

À SUIVRE

 

Références de l’auteur

Je suis un leader, une question d’attitude, Yvan Gingras

site web – www.coachingmanagement.ca

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Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d'argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l'épanouissement de la personne par la pratique de l'attention vigilante : la pleine conscience.

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