La bonne conscience

On parle de criminalité, d’un dérapage de l’éthique, du prix de bâtir de nouvelles prisons… mais on évite toujours soigneusement l’élement le plus important. La première condition de la sécurité publique, c’est un soutien inconditionnel de la loi qui n’est possible que si une majorité effective de la population croit que la loi est juste.

Ceci est encore plus vrai au sein d’une démocratie: le citoyen moyen a besoin de se sentir dans son bon droit. Il se veut du côté des anges et l’ordre n’est maintenu que s’il existe un large consensus quant à la légitimité du pouvoir et quant à l’équité fondamentale de la loi. Ce consensus est le basilaire, le palier “0″ sur lequel on peut construire l’édifice de la sécurité publique.

Dans la société actuelle, les assises du basilaire sont lézardées et ce soutien inconditionnel n’existe plus, pour deux (2) raisons fondamentales. La première, c’est que notre société est gérée par un système dont les règles sont perçues intuitivement comme iniques puisqu’elles mènent à des injustices intolérables et croissantes. Dans le contexte de misère qui prévaut presque partout, il n’est plus toujours évident de déterminer qui, du “criminel” ou de la société, a le bon droit de son côté. Doit-on faire trébucher l’enfant qui fuit avec un quignon de pain ou le gendarme qui le poursuit ? Ce dilemme est une réalité quotidienne dans les marchés publics des trois-quarts des villes du monde.

Ce n’est qu’un exemple entre mille. Comment demander au citoyen moyen d’être ABSOLUMENT contre le vol, s’il y a des millions d’individus dans la société pour qui le vol est l’unique accès aux besoins essentiels à leur survie? Notre société a bien raison d’avoir mauvaise conscience, parce qu’elle ne fait pas ce qu’elle devrait faire pour assurer droits, gîte, couvert, services et espoirs à tout le monde.

Parce qu’elle ne le fait pas, on ne peut lui reconnaître le droit moral ABSOLU de sévir contre ceux qui transgressent la loi, puisqu’il en est qui ne le font que pour en pallier les criantes injustices. Le mot-clef, ici, est “absolument”. Aussi longtemps que les conditions sont telles que la société et ses lois ne sont pas perçues comme absolument justes, le droit moral absolu pour une société de faire respecter ses lois est remis en question et cède la place à une casuistique.

Nul ne sachant plus très bien si chapardeurs, fraudeurs d’impôts, travailleurs au noir et contestataires n’ont pas le bon droit de leur côté, chacun s’arroge le droit de décider au cas par cas du soutien qu’il doit accorder à la loi. Comment intervenir si on ne sait plus qui a tort de celui qui s’enfuit ou de celui qui le pourchasse, que ce dernier, d’ailleurs, porte ou non un uniforme ?

Quand on entre dans le champ de la casuistique, on ne peut attendre du citoyen le soutien inconditionnel de la loi. Il en prend et il en laisse. Comme il laisse tout ce pan de la loi qui s’attaque aux “crimes sans victimes” et qu’il accueille avec une immense tolérance les écarts à toutes les prohibitions qui voudraient interdire à des adultes des choix qui ne concernent qu’eux.

La première lézarde dans les assises de la loi est l’iniquité de la société qui transparaît dans la misère qu’elle crée; la deuxième est l’ingérence indue de la loi dans des domaines où elle apparaît si bête qu’on ne peut que penser qu’elle sert des intérêts sordides. La population a mauvaise conscience et ne soutient plus la loi. Parce qu’elle ne la soutient plus, la sécurité publique semble devenir la seule responsabilité des professionnels de la police et du droit, ce qui fait peu à peu de ceux-ci un élément étranger dans le corps social.

Cette absence de complicité entre les citoyens ordinaires et ceux qui doivent assurer l’ordre est le premier pas vers la fin de la démocratie. Une sécurité publique qui n’est plus l’affaire de tous n’apporte plus la sécurité qu’on voudrait. La population a peur et, de plus en plus, doute de la capacité même de l’État à faire respecter la loi. Pourquoi ceux dont c’est le rôle de protéger la société, résisteraient-ils à la tentation de la corruption, quand le système qui régit la société semble gérer une opération de rapine institutionnalisée?

Si ceux dont c’est la mission de maintenir la sécurité publique ne peuvent plus avoir la conviction d’être du côté du bien, pourquoi ne participeraient-ils pas à la curée en utilisant le pouvoir dont ils disposent? Dans l’imaginaire populaire, les politiciens deviennent corrompus, les gestionnaires vénaux, les policiers pourris et ce n’est plus de la société que vient la protection: la justice est trop lente et trop faible.

Cela conduit à la recherche de solutions de rechanges: port d’armes, gardes privés, villes murées. Les modèles d’imitation changent. Les héros de la télévision sont les justiciers privés: les policiers et militaires qui défient le système et font triompher la justice MALGRÉ les ordres reçus. Cela conduit aussi à une mutation des valeurs, celles-ci s’accommodant d’une nouvelle réalité qui n’est plus tout à fait celle d’un État de droit.

Une part croissante de la population, aujourd’hui, ne fait plus confiance à la police ni aux tribunaux. Il n’existe donc plus de solidarité active contre les éléments criminels dynamiques, gangs et mafias de tout genre, pour qui le désordre est une opportunité. L’État de droit n’est plus soutenu que du bout des lèvres et, sans nous en rendre compte, nous allons ainsi droit vers un dilemme entre fascisme et anarchie.

Un système de sécurité publique ne peut fonctionner correctement dans une démocratie que si tous les citoyens ont bonne conscience, sont essentiellement d’accord avec la loi et se sentent solidaires des gestes posés pour assurer son application. Une société doit inspirer le respect et ses lois doivent jouir d’un soutien inconditionnel. C’est à ces conditions qu’une société, dès lors perçue comme légitime, peut mettre en place une structure efficace de maintien de la sécurité publique.

Ce soutien inconditionnel de la loi exige deux conditions. D’abord, que les lois expriment une volonté collective de justice conforme à la morale des citoyens; le crime, n’étant plus jamais nécessaire, peut et doit toujours être perçu comme odieux. Ensuite, que la loi, se bornant à interdire ce qui porte atteinte aux droits et à la liberté ne se discrédite plus en consacrant la plus grande partie de ses ressources à imposer des prohibitions futiles. On ne peut respecter une loi qui s’attaque en priorité à la culture du pavot plutôt qu’au viol des enfants.

Pierre JC Allard

29 pensées sur “La bonne conscience

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    1 février 2010 à 8 08 15 02152
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    PJCA,
    Je laisse le ‘soutien inconditionnel’ aux imbéciles. Je suis pour la loi quand elle correspond à MA ‘bonne conscience’ et je peux participer à son soutien comme citoyen. Oubliez-moi pour tout ce qui est droit d’auteur et droit des grand-parents.

    Le plus important dans une société c’est que l’éducation permette d’avoir des citoyens qui savent réfléchir par eux-même et ne laissent pas avoir par des discours officiels mensongers ou de propagande.

    Nous ne pouvons pas toujours parler de la crise économique même si elle est prioritaire. Ceci dit il serait interessant d’avoir des discussions avec cette perspective. Comme les soins de santé, il y a un probleme d’efficacité. La justice à tout prix avec des appels qui font durée des proces une eternité devra etre une chose du passé pour deux raisons 1. ca apporte un stress parfois indu aux victimes et coupables 2. ca signifie des couts supplementaires intolérables dans notre situation. Cet argent devrait etre investi ailleurs ou ne pas grossir l’endettement de l’etat. L’etat californien a envisagé de libérer des prisonniers faute d’assez d’Argent.

    Cordialement,
    Paul,

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    1 février 2010 à 11 11 14 02142
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    @PJCA

    « Ensuite, que la loi, se bornant à interdire ce qui porte atteinte aux droits et à la liberté ne se discrédite plus en consacrant la plus grande partie de ses ressources à imposer des prohibitions futiles. On ne peut respecter une loi qui s’attaque en priorité à la culture du pavot plutôt qu’au viol des enfants. »

    Votre conclusion sonne très libertarienne!
    J’aime bien….

    La loi serait beaucoup plus simple si elle se concentrait sur cette simple règle.

    Cependant, le gouvernemaman veut plus de pouvoir et veut nous dire quoi faire à tous les égards, dans toutes les sphères de nos vies.

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    1 février 2010 à 14 02 00 02002
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    Un grand nombre d’entre nous n’hésitera pas à transgresser une loi lorsque la portée du geste ne semble pas, à première vue, faire mal à autrui.

    Fumer un joint. Travailler au noir. Commettre l’adultère. Rouler à 140 km/h. et quoi d’autre…

    Lorsqu’on se détache du collectif et que nous portons une attention démesurée envers nos propres besoins individuels, tout semble permis. Nous ne comprennons pas toujours l’impact direct ou indirect de nos gestes.

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    1 février 2010 à 16 04 16 02162
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    @ Lutopium

    Un grand nombre d’entre nous n’hésitera pas à transgresser une loi lorsque la portée du geste ne semble pas, à première vue, faire mal à autrui.

    Fumer un joint. Travailler au noir. Commettre l’adultère. Rouler à 140 km/h. et quoi d’autre…

    Si je fumais un joint entre mes quatre murs à la maison, ou que je commettais l’adultère (pas que je fasse ni un ni l’autre, mais supposons), Comment est-ce de vos affaires ou celles de l’état? Pourquoi serait-ce un crime?

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    1 février 2010 à 17 05 35 02352
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    @ PeN:

    On confond deux choses, que je croyais pourtant avoir justement dissociées. A) la nécessité d’un appui inconditionnel à la loi pour que l’ordre règne, et B) l’absence justifiée de cet appui dans la situation présente… raison principale pour laquelle aujourd’hui l’ordre est si difficile à faire régner.

    Vous me dites que vous n’êtes pas « inconditionnel »; moi non plus. Cela ne nie pas la nécessité que nous dussions l’être, mais souligne seulement que la loi est imparfaite, ce qui est bien mon propos. L’éducation, bien sûr, permet de mieux constater l’imperfection de la loi.

    « Nous ne pouvons pas toujours parler de la crise économique ». J’essaie de m’en écarter, comme l’expression de mon affection ne se limite pas à mettre des XXX avant ma signature…. Mais je suis conscient qu’il y a une dimension économique à presque tous les problèmes.

    PJCA

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    1 février 2010 à 17 05 56 02562
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    @ Minarchiste.

    Mais je SUIS très libertaire ! Je ne suis pas membre du Parti et je ne fais pas mes Pâques à Vienne, uniquement parce que je répète l’évidence apparemment blasphématoire qu’il n’y aurait aucune raison de vivre en société si on ne veut pas s’aider les une les autres, que si la société existe, c’est que l’on a compris que si on ne s’entraide pas on y perd tous et que, dans une société complexe, il faut bien gérer cette entraide sans quoi on se tire dans le pied.

    Sous le piano nobile libertaire il faut un étage d’action collective qui est le domaine de la démocratie. Un jour, on ne comprendra pas comment des gens ont pu en douter. On fera la part du feu pour l’incontournable limite à la liberté qu’impose la grégarité et on laissera la main invisible tout entière à sa délectation morose.

    http://nouvellesociete.org/709.html

    PJCA

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    1 février 2010 à 18 06 08 02082
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    @ Lutopium:

    Oui, il y a l’inconscience, et aussi l’égoïsme, mais ces pulsion sont aggravées si on fait des lois pour défendre un régime inique et qu’on introduit des prohibitions abusives insensées. On ésiterait peut être plus a rouler à 140, si un panneau-piege dans un virage ne disait pas 25, avec pour intention évidente d’extorquer une amende… Et on ne travaillerait pas au noir dans un régime de travail-revenu garanti…

    PJCA

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    1 février 2010 à 18 06 19 02192
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    @ Marc

    Le désir de se rendre intéressant le dispute à celui d’emmerder. Légiférer ou réglementer, pour qui a un peu de pouvoir, est l’équivalent de se plaindre dans les blogs et sur les lignes ouvertes pour celui qui n’en a pas.

    PJCA

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    1 février 2010 à 18 06 49 02492
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    @Philippe,

    Je tentais de faire référence aux impacts indirects que peuvent avoir des gestes « illégaux » qui nous semblent inoffensifs. Par exemple, vous fumez un joint, pas de mal là-dedans. Mais vous encouragez peut-être le crime organisé et la misère de quelqu’un d’autre. Vous commetez l’adultère, pour votre plaisir éphémère. Mais vous détruisez peut-être la vie de vos proches. Vous êtes peut-être bon conducteur et libre comme l’air à 140 km/h. Mais vous pourriez causer un accident et tuer quelqu’un.

    Je ne cautionne pas la validité des lois actuelles mais je tente d’explorer ici les impacts d’une trop grande liberté invdividuelle…

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    1 février 2010 à 19 07 24 02242
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    Une des causes principales qui fait qu’il n’y a pas d’appui inconditionnel de la loi par la population est tout simplement le fait qu’est elle trop grande, la loi s’applique à trop de gens.
    Par exemple, les inuts dans leur société traditionnelle, ils avaient des règlements mais toujours voté à l’unanimité ou la quasi-unanimité, donc chacun était toujours d’accord les règlements et ils pouvaient les changé de façon flexible quand cela ne convenait plus, ce qui est long et difficile avec les états modernes. Ils pouvaient facilement se permettre cela, car ils vivaient en petite bande de quelques familles.
    Ici faire concilier des millions de personne ensemble c’est presque impossible. En plus, avec la démocratie directe des inuts ceux qui votaient, appliquaient, faisaient et « subissait » les lois étaient les mêmes personnes. Ce qui est très différent des états modernes avec leur démocratie représentative, un électeur qui a voté libéral peut être en total désaccord une ou plusieurs lois voté (par exemple l’alcoolémie maximum à 0.05 au volant), donc cela renforce évidemment des penchants à transgresser la loi.
    Le fait d’être une petite société faisait aussi en sorte que toute le monde se connaissaient, alors un crime passait rarement inaperçu, contrairement aux grandes villes modernes ou le sentiment anonymat est renforcée. Des études psychologique ont démontré que lorsqu’un sujet se sent anonyme et qu’il a l’impression qu’il ne se fera pas prendre, alors il beaucoup plus de chance de commettre un crime.
    La société inuits n’avait pas non plus de sentence fixe pour un « crime ». Souvent cela prenait la forme d’un duel chanté avec des règles fixes qui permettait au deux antagoniste de canaliser leur frustration l’un envers l’autre. Bref, l’accent était mis sur la réconciliation que sur la punition.

    L’inégalité dans les sociétés modernes est un grand facteur de criminalité et cela était inexistant dans les sociétés inuts, il n’y avait pas d’accumulation de richesse ni de propriété privé sauf les quelques effets personnels, que chacun pouvaient se faire soit même. La nourriture était partagé de façon égale et ils étaient nomade. Alors, le vol était quasiment-inexistant.

    Donc, je crois qu’une décentralisation massive de l’état et de l’économie serait un pas dans la bonne direction pour enrayer le crime et l’inégalité.

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    1 février 2010 à 20 08 31 02312
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    @ pierrejcallard:

    J’aime pas mal votre texte d’aujourd’hui.

    *

    @ lutopium

    Si les autoroutes étaient privées, les limites [de vitesse] seraient gérées de façon intelligente… i.e. pas comme en ce moment…

    En tout cas, même certaines autoroutes publiques, absence de limite de vitesse = moins d’accidents.
    😉

    Pour ne plus « encourager le crime organisé et la misère de quelqu’un d’autre »(sic), suffit de rendre légal et non étatique (donc pas de loi qui ‘encadre’ ce commerce non-plus), toutes les droyes…

    Pour l’adultère je suis d’accord avec vous… tant que cela « ne cautionne pas la validité des lois actuelles » ou l’ajout de nouvelles lois…

    Vous parlez d’une trop grande liberté individuelle ?
    Pour moi cela n’existe pas…

    Plus les gens sont libres (i.e. vraiment libres de toutes oppressions), plus ils sont responsables.

    C’est une loi de la nature humaine qui est IMMUABLE, selon moi.
    😉

    p.s.
    Il y a un de mes messages qui est en attente de modération sur votre blogue.

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    1 février 2010 à 21 09 35 02352
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    « On parle de criminalité, d’un dérapage de l’éthique, du prix de bâtir de nouvelles prisons… mais on évite toujours soigneusement l’élément le plus important. La première condition de la sécurité publique, c’est un soutien inconditionnel de la loi qui n’est possible que si une majorité effective de la population croit que la loi est juste. »
    Je vais essayer d’exprimer la frustration de la population: le Droit s’occupe de faire respecter le Droit avant la justice.
    On a développé toute une « expertise » en matière de procédure de façon à ce que la sentence soit parfois éloignée ou injuste, ou perçue telle..
    Avant Noël, un cas assez étrange: un type accusé 36 fois d’avoir conduit en état d’ivresse.
    On pensait le coincer. Plouf! Le juge n’est plus là.

    C’est comme le dollar que l’on donne à l’impôt: il se promène dans un labyrinthe de rats, et il n’en sort au bout, qu’après frictions et autres « méthodes d’usure » plus ou moins honnête, qu’une infime partie.

    La grande erreur: c’est compliqué, c’est bon.

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    2 février 2010 à 0 12 04 02042
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    L’homme n’est pas fait pour la loi, la loi est faite pour l’homme. Aujourd’hui, les hommes sont assujettis aux lois, et elles sont légion…Ces lois que nous n’aimons pas, changeons-les. Pareil pour les politiciens.

    La seule loi qui vaille c’est celle du coeur. Ne pas faire à autrui ce que je n’aimerais pas qu’il me fasse. Faire à autrui ce que j’aimerais qu’il me fasse. C’est simple… oui très, qui l’applique? Probablement un certain nombre…je veux le croire.

    Savoir pardonner, en commençant par soi-même. Savoir nous amuser, aimer, comme des enfants. Et comme disait Bordalou…le bonheur n’est pas une destination, mais un chemin.

    Bonne nuit!

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    2 février 2010 à 0 12 15 02152
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    Bourdalou, l’orateur des rois. (1632-1704) Non pas Bordalou, désolé.

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    2 février 2010 à 10 10 34 02342
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    @Jc « Le désir de se rendre intéressant le dispute à celui d’emmerder. »
    Comprends pas… ????

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    2 février 2010 à 14 02 55 02552
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    Bonjour à tous,

    Voici un passage de la Bible du roi James qui traite de la loi et de la foi. Je le cite en entier, vu sa pertinence. C’est tiré de Galates (version française Galatians)

    Galates 3

    1 Ô Galates insensés, qui vous a ensorcelés, pour que vous n’obéissiez plus à la vérité, vous, devant les yeux de qui Jésus Christ a été si manifestement dépeint, crucifié au milieu de vous ?

    2 Je voudrais seulement apprendre ceci de vous : Avez-vous reçu l’Esprit par les œuvres de la loi, ou par l’audition de la foi ?

    3 Êtes-vous si insensés ? Ayant commencé en l’Esprit, parviendriez-vous maintenant à la perfection par la chair ?

    4 Avez-vous souffert tant de choses en vain ? Si toutefois c’est en vain.

    5 Celui donc qui vous procure l’Esprit, et qui produit des miracles parmi vous, le fait-il par les œuvres de la loi, ou par l’audition de la foi ?

    6 De même comme Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté comme droiture.

    7 Sachez donc que ceux qui sont ceux de la foi, ceux-là sont les enfants d’Abraham.

    8 Et l’écriture, prévoyant que Dieu justifierait les païens par la foi, a d’avance prêché l’évangile à Abraham, disant : En toi toutes les nations seront bénies.

    9 Ainsi donc ceux qui [sont sur le fondement] de la foi sont bénis avec le fidèle Abraham.

    10 Car tous ceux qui sont [sur le fondement] des œuvres de la loi sont sous la malédiction ; car il est écrit : Maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la loi pour les faire.

    11 Et que nul homme ne soit justifié par la loi devant Dieu, cela est évident, car : Le juste vivra par la foi.

    12 Et la loi ne procède pas de la foi, mais L’homme qui fait ces choses vivra par elles.

    13 Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant fait malédiction pour nous ; (car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois).

    14 Afin que la bénédiction d’Abraham puisse venir sur les Gentils par Jésus Christ, afin que nous puissions recevoir la promesse de l’Esprit par la foi.

    15 Frères, je parle selon la manière des hommes. Bien qu’une alliance soit d’un homme, cependant si elle est confirmée, nul homme ne l’annule, ni n’y ajoute.

    16 Or c’est à Abraham et à sa semence que les promesses ont été faites. Il ne dit pas : Et aux semences, comme [parlant] de beaucoup ; mais comme d’une [seule]. Et à ta semence, qui est Christ.

    17 Et je dis ceci, que l’alliance, qui auparavant a été confirmée par Dieu en Christ ; la loi, qui est venue quatre cent trente ans après, ne peut pas l’annuler, ce qui rendrait la promesse sans effet.

    18 Car si l’héritage vient de la loi, il n’est plus de la promesse ; mais Dieu l’a donné à Abraham par promesse.

    19 À quoi donc sert la loi ? Elle a été ajoutée à cause des transgressions, jusqu’à ce que vienne la semence à laquelle la promesse avait été faite, et elle a été ordonnée par des anges, par la main d’un médiateur.

    20 Or un médiateur n’est pas un médiateur d’un [seul], mais Dieu est un [seul].

    21 La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu ? À Dieu ne plaise ; car s’il avait été donné une loi qui puisse donner la vie, la droiture viendrait véritablement par la loi.

    22 Mais l’écriture a estimé tous sous le péché, afin que la promesse, par la foi de Jésus Christ, puisse être donnée à ceux qui croient.

    23 Mais avant que la foi vienne, nous étions gardés sous la loi, enfermés jusqu’à la foi qui devait être révélée plus tard ;

    24 C’est pourquoi la loi a été notre précepteur pour nous amener jusqu’à Christ, afin que nous puissions être justifiés par la foi ;

    25 Mais la foi étant venue, nous ne sommes plus sous un précepteur,

    26 Car vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en Christ Jésus.

    27 Car vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ.

    28 Il n’y a ni Juif, ni Grec ; il n’y a ni [homme] asservi, ni [homme] libre ; il n’y a ni mâle, ni femelle car vous êtes tous un en Christ Jésus.

    29 Or si vous êtes de Christ, vous êtes donc la semence d’Abraham, et héritiers selon la promesse.

    Source :
    http://www.kingjamesfrancaise.com/48_Galates.htm

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    2 février 2010 à 15 03 50 02502
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    @Aimé, est-ce que vous vous considérez comme un homme de foi et un libertarien?

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    2 février 2010 à 16 04 24 02242
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    Lutopium,

    Oui, j’ai la foi, mais je n’utiliserais pas le terme  »libertarien » pour me décrire. Je ne crois pas qu’une  »étiquette » puisse véritablement décrire qui que ce soit.

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    2 février 2010 à 17 05 01 02012
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    Ça doit faire un choc à certains de lire que selon la Bible, la loi est une malédiction…

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    3 février 2010 à 20 08 26 02262
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    @ lutopium:

    Essayez-vous de « catégoriser’ certains libertariens et/ou certains chrétiens (ou « homme de foi »)?

    Si oui et d’après mes observations, la plupart, sinon la majorité des chrétiens(homme de foi), sont des étatistes autoritaires de droite et la plupart, sinon la majorité des libertariens sont des athées…

    En tout cas, c’est pas ça la réalité au Canada…

    Si non, j’aimerais bien savoir pourquoi vous posez cette question:

    « @Aimé, est-ce que vous vous considérez comme un homme de foi et un libertarien? »

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    3 février 2010 à 20 08 28 02282
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    « En tout cas, c’est pas MAL ça la réalité au Canada… »

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    4 février 2010 à 8 08 38 02382
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    Sebas,

    Je crois que tu confonds chrétiens et catholiques. Ce n’est pas la même chose.

    Probablement que 99 % d’entre vous n’avez jamais pris le temps de lire la Bible, et certainement pas la version King James, car ce n’est pas la version de l’église catholique.

    Dans la Bible, version King James, c’est très clair que Jésus Christ n’est pas un étatiste, au contraire.

    Plusieurs vont à la messe, disent croire en Dieu et en Jésus Christ, mais n’ont jamais pris le temps de lire la Bible, donc tout ce qu’ils connaissent leur a été raconté par d’autres (prêtres). Ils disent croire, mais ils ne connaissent pas le véritable message du Christ, qui est paix, amour et liberté , et tout-à-fait le contraire de la pensée étatiste.

    Tous les états sont fondés sur une loi (rédigée par des hommes).

    Relisez le passage ci-dessus?

    21 La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu ? À Dieu ne plaise ; car s’il avait été donné une loi qui puisse donner la vie, la droiture viendrait véritablement par la loi.

    22 Mais l’écriture a estimé tous sous le péché, afin que la promesse, par la foi de Jésus Christ, puisse être donnée à ceux qui croient.

    23 Mais avant que la foi vienne, nous étions gardés sous la loi, enfermés jusqu’à la foi qui devait être révélée plus tard ;

    24 C’est pourquoi la loi a été notre précepteur pour nous amener jusqu’à Christ, afin que nous puissions être justifiés par la foi ;

    25 Mais la foi étant venue, nous ne sommes plus sous un précepteur,

    26 Car vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en Christ Jésus.

    Le Christ nous permet d’être justifié par la foi, plutôt que par la loi, laquelle est une malédiction. La droiture ne vient pas de la loi, nous dit-on. La promesse faite à Abraham et à sa semence profite également à ceux qui ont la foi en Jésus Christ. Dieu a promis à Abraham que toutes les nations issues de sa semence seraient bénies.

    La Bible ne dit pas comment intervient cette bénédiction, mais on sait que la loi est une malédiction. Donc, la bénédiction est certainement le fait de ne pas être sous l’emprise de la malédiction (la loi), ce qui nous ramène à la 1ère page de la Bible (Genèse), c.-à-d. que Dieu a créé l’homme souverain sur Terre (c.-à-d. non soumis aux textes de loi des gouvernements).

    C’est parfaitement logique.

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    4 février 2010 à 9 09 04 02042
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    @ Antoine:

    Il est naturellement plus difficile de gérer une société populeuse et complexe, mais ce n’est pas un choix, c’est une donnée. Une Nouvelle société a une solution a ce probleme, mais elle dépasse largement le cadre de cet article. Si ça vous intéresse… vous pouvez lire le texte en lien et me faire vos commentaires.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/08/31/la-gouvernance-eclatee/

    PJCA

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    4 février 2010 à 10 10 01 02012
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    @ Aimé Laliberté:

    Ah, mais je suis d’accord avec votre lecture des Évangiles/Bible…

    Et j’aurais du préciser que j’ai bien aimé lire ‘vos’ passages bibliques, qui sont un bel apport à cette discussion. Les lois humaines, seraient pour ceux qui ne comprennent/vivent pas la transcendance de la « loi » de l’amour… ?

    Et la fameuse phrase: « The rule of law, not the rule or the jungle »… de papa Bush, prend tout son sens ici… vous ne trouvez pas ?
    😉

    En tout cas, je constate seulement que la majorité des chrétiens occidentaux (cathos, protestants, etc), sont pour que l’état impose UNE morale, UNE armée, etc, à tous, par l’entremise de lois… et ce, contrairement à la façon que vivaient/pensaient les premiers chrétiens (sous le joug de Rome).

    En passant, voici une petite analyse personnel de la philosophie libertarienne vs Jésus:

    -Au plan terrestre et philosophique, Jésus libertarien.
    -Au plan strictement juridique (ou de la LOI humaine), Jésus est plus libertarien que les libertariens. 😉
    -Au plan spirituel, Jésus est beaucoup plus qu’un libertarien.

    Et pour terminer en beauté:

    Paul déclare : « La fin de la Loi, c’est le Christ. »

    et

    « Jésus n’a donc jamais renié la Loi de Moïse. Mais il a montré qu’elle était au service de l’homme et non l’inverse. Il a déclaré lui-même qu’il était venu non pour abolir la Loi, mais pour l’accomplir, c’est-à-dire lui donner sa plénitude de sens. Cela ne pouvait se réaliser que dans la liberté de la conscience et dans la prééminence d’un amour fraternel respectueux de l’autre autant que miséricordieux. Comme le dira son disciple saint Paul : « L’accomplissement parfait de la Loi, c’est l’amour ».

    et

    « Car je vous le dis : si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des Pharisiens, non, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. »

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    4 février 2010 à 10 10 10 02102
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    @ pierrejcallard

    Je suis pour une gouvernance libertarienne:

    « La démocratie, c’est moins le gouvernement par le peuple que le gouvernement par les politiciens.

    La réalité est que l’État n’est pas composé d’hommes plus vertueux que le reste de la société que chacun des acteurs du marché politique, votant, politicien ou bureaucrate, cherche à maximiser son bien-être plutôt que le bien commun. La pratique de la course aux faveurs doit être perçue comme un trait permanent du processus de décision politico-bureaucratique. Nous sommes donc justifiés de conclure que l’État ne réalise pas le bien commun et donc qu’on n’a pas les gouvernements qu’on mérite. On a les gouvernements qu’imposent des majorités successives mal informées et des groupes d’intérêt dominants. »

    Suite:
    http://www.quebecdroite.com/search/label/Jean-Luc%20Migu%C3%A9

    Tiré du livre:
    « On n’a pas les gouvernements qu’on mérite »
    http://www.quebecdroite.com/2009/12/jean-luc-migue.html

    Qu’en pensez-vous?

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    4 février 2010 à 13 01 11 02112
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    Sébas,

    Très bon commentaire, ça fait plaisir de lire que je ne suis pas le seul à voir ce que je vois…

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