La corruption à Québec et l’exemple de Jésus

 
 
 

 

Comme titre, j’avais d’abord pensé mettre : « Crasse : quand la saleté s’accumule ». Mais, comme disait le Juge Routhier sur musique de Calixa Lavallée, nous sommes nés d’une race fière, notre berceau a été béni et c’est le Ciel qui a marqué notre carrière… incluant, on présume, celle de nos carriéristes. Ne pas s’étonner, donc, si nos scandales au Québec – petit clin d’oeil à nos amis français – ne s’inspirent pas des histoires de vieilles dames au parfum avec de jeunes messieurs, ou de vieillards avec de jeunes femmes de chambre, mais directement de l’Évangile. Confessons-le…

Maintenant que tous les Québécois ont, comme le Premier Ministre Charest, lu quelques bribes du rapport confidentiel de Jacques Duchesneau sur la collusion dans l’industrie de la construction, ils sont à peu près tous convaincus que le Québec, son gouvernement et ses fonctionnaires, nagent dans la gabégie, la prévarication… et choisissez ici entre 42 synonymes pour « corruption».

Grande surprise ? Pas vraiment. On sait depuis les dernières élections municipales que ce sont des « politiciens » (inspirez vous au besoin des 42 synonyme ci-haut pour les qualifier) qui ont le haut du pavé dans la gouvernance et l’administration publique au Québec. Ils s’acoquinent au besoin avec la mafia, la pègre ou ceux qu’on soupçonne d’en être pour obtenir un peu d’expertise ponctuelle pour réussir une affaire, mais en dernière analyse et au fond des choses, ce sont eux, ceux que nous avons élus, solidement appuyés par ceux qui les financent et ceux qu’ils ont nommés, qui sont les pires criminels. Les « félons » qui ont obtenu notre confiance et qui l’ont trahie. (lien)

Pas de surprise, on savait déjà. On vient juste de préciser comment ils nous filoutent au rythme de MILLIARDS de dollars par année. Car il faut bien comprendre que, si les travaux de voirie au Québec coûtent 30% plus cher qu’ailleurs, ça fait 30% à donner aux copains. 4,4 milliard de travaux de voirie prévus à Montreal l’an prochain, par exemple, c’est plus de 1 000 000 000 $ à détourner vers les fraudeurs. Un hold-up d’un milliard. Allez, hop ! Videz vos poches ! Et ce n’est qu’un acompte…

Un acompte, car ce n’est pas un milliard qui fera perdre le Nord à notre Premier Ministre. Il a son Plan. Avec persévérance, il profitera de ce qui lui reste de mandat pour brader nos ressources naturelles, aux moins comme aux plus offrant d’où qu’ils viennent. Pourvu qu’ils construisent des routes…, et des ponts…, et des tunnels… et des viaducs qui ne tombent pas avant que John James Charest ne soit tombé. La destinée manifeste du Grand Nord québécois est devenue d’être couvert de travaux de voirie en 20 ans. Donneurs de pots-de-vin du monde entier, unissez-vous !

Dix milliards de dollars 10 000 000 000 $ de prébendes sur 20 ans pour les copains libéraux et leurs enfants ! Ça fait saliver, hein ? Les petits escrocs peuvent aller se rhabiller ! Quand à « ceux qui sont nus », comme disait l’Autre, on y pensera une autre fois. Ce qui me ramène au message du Christ. Avant d’aller apprendre comment faire des CDS et autres arnaques à Harvard, quiconque aspire à être une crapule devrait d’abord maîtriser l’Évangile.

Allez aux Évangiles, à Saint-Luc, Verset 16 :

1 Jesus dit aussi à ses disciples: un homme avait un économe qui lui fut dénoncé comme dissipant ses biens.

2 Il l’appela, et lui dit: Qu’est-ce que j’entends dire de toi? Rends compte de ton administration, car tu ne pourras plus administrer mes biens.

3 L’économe dit en lui-même: Que ferai-je, puisque mon maître m’ôte l’administration de ses biens? Travailler à la terre? je ne le puis. Mendier? j’en ai honte.

4 Je sais ce que je ferai, pour qu’il y ait des gens qui me reçoivent dans leurs maisons quand je serai destitué de mon emploi.

5 Et, faisant venir chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier: Combien dois-tu à mon maître?

6 Cent mesures d’huile, répondit-il. Et il lui dit: Prends ton billet, assieds-toi vite, et écris cinquante.

7 Il dit ensuite à un autre: Et toi, combien dois-tu? Cent mesures de blé, répondit-il. Et il lui dit: Prends ton billet, et écris quatre-vingts.

( Et c’est là que ça devient intéressant. GRC, FBI, la croix, la prison… ? Que non !)

8 Le maître loua l’économe infidèle de ce qu’il avait agi prudemment. Car les enfants de ce siècle sont plus prudents à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière.

9 Et moi, je vous dis: Faites-vous des amis avec les richesses injustes, pour qu’ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer.

Au cas où vous ne maîtriseriez pas l’exégèse, voici ce que ça donne au XXIe siècle:

Un systeme financier puissant avait des serviteurs, dont le peuple à l’occasion lui signifiait qu’il devait en changer. Ceux-ci se dirent : Qu’en sera-t-il de nous quand nous serons remplacés ? Car nous ne savons ni travailler, ni penser ni faire œuvre utile…. Nous savons ce que nous ferons!

Faisant venir chacun de ceux qui travaillaient pour l’État, les serviteurs leur dirent : « Que devriez vous donner et recevoir ? » L’un dit : « Livrer dix kilomètres de route et recevoir un million » Le serviteur lui dit : « Assied-toi vite et écris 8 kilomètres ». Il dit ensuite à un autre, qui avait le même engagement : « Prend to contrat et écris 1,3 million. »

Les financiers louèrent leurs serviteurs d’avoir agi prudemmnet. Car les fripouilles sont plus généreuses envers leurs semblables que ceux qui croient en un monde d’honnêteté et de justice.

Ils leur dirent : « Faites vous amis des firmes d’ingénierie et de construction en dilapidant les biens publics qu’on obtient en taxant ceux qui ont peu, afin qu’il y ait des postes de vice-présidents pour vous dans le secteur privé, quand le peuple lassé vous aura chassé ou qu’un salaire de fonctionnaire ne vous satisfera plus. »

Le message évangélique a bien des secrets ; lisez même ce qui est écrit en petits caractères. Assez pour aujourd’hui. La semaine prochaine – si Dieu me prête vie, car nous sommes si peu de chose… – je chercherai peut-être aussi dans les Saintes Écritures ce qu’il faudrait faire pour se débarrasser de la saleté qui s’est accumulée à Québec.

Si la vie ne me consent pas ce crédit, je suis persuadé que d’autres trouveront bien tout seuls comment faire le ménage. La grande surprise, en cette affaire, en effet, c’est que la population n’ait pas encore jeté à la rue, sans violence inutile, mais avec toute la force nécessaire, le gang de malandrins qui gouvernent le Québec.

Mais, comme chantait Édith Piaf, ça ne pouvait pas durer toujours.

Pierre JC Allard

14 pensées sur “La corruption à Québec et l’exemple de Jésus

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    19 septembre 2011 à 7 07 08 09089
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    C’est la pêche miraculeuse!
    Plus le poisson est gros plus longtemps tu vas survivre et plus il est con… Plus vite il est dans la poêle.
    Ça manque de sel?

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    19 septembre 2011 à 9 09 26 09269
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    Cher Maître Allard D.S.E,

    Vous, l’avocat qui à fait son possible pour ne jamais pratiquer le droit, me faites prendre conscience que pour que les Évangiles dénoncent cette psychologie de la « crasse », il fallait bien qu’elle existe déjà.

    Comme vous le dites encore si bien, les grandes Institutions servent à les former professionnellement.

    Heureux homme, vous serai délivré bientôt, enfin. Ceux qui resteront, comme moi, somme déjà triste à cette idée. Et surtout à celle de laisser derrière nous des enfants qui devront nécessairement apprendre à hurler avec les loups.

    En vérité, je vous le dit, les Évangiles sont réellement des enseignements à être compris non dans le sens des choses à éviter, mais plutot dans le sens de méthodes à pratiquer. Les Évangiles ne sont qu’un négatif photographique à développer en la manière d’Ayn Rand.

    Les maîtres sont tous des voleurs mais qui cherchent des serviteurs honnêtes. Les banquiers qui exigent des bilans vérifiés par des CA.

    L’exemple vient de haut.

    Cordialement.

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    19 septembre 2011 à 9 09 43 09439
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    Mon cher Pierre, comment s’étonner de voir de la corruption dans votre beau pays, alors que vous avez à vos portes un monstre d’égoïsme ou le déisme est une seconde nature, pour le nommer, les Etats Unis, qui racquettent à qui mieux mieux tous les peuples humains de la Terre pour des raisons de souveraineté, au nom de je ne sais quel tribun.

    Je conteste quant à moi l’existence de ce soi-disant Jésus, sur quoi notre Occident a fondé son empire. Je conteste d’ailleurs tout ce qui est par définition l’envolée de quelques illuminés voulant mettre le monde à leur service. Dire d’un objet, par exemple, qu’on peut le dater de ….avant J-C me révulse et m’inquiète pour notre quiétude. Car quoi que nous puissions dire, nos références sont à tout prendre fallacieuses, n’est-il pas ? C’est à mon sens d’ailleurs la première véritable escroquerie de notre histoire. Ne nous étonnons donc pas que notre monde évolue par escros interposés. Qu’en pensez-vous ?

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    19 septembre 2011 à 9 09 55 09559
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    Petit détail hors sujet:

    « Dire d’un objet, par exemple, qu’on peut le dater de ….avant J-C me révulse et m’inquiète pour notre quiétude. »

    On pourrait toujours baser notre calendrier sur le naufrage du Titanic, mais cela pourrait « révulser » et « inquiéter » ceux qui défendent l’amélioration technologique.

    Quant à la quiétude, si vous êtes déjà inquiet, c’est fichu.

    Amicalement

    André Lefebvre

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    19 septembre 2011 à 12 12 01 09019
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    Je trouve, cher Monsieur, que vous prenez les choses bien à la légère, étant donné la somme de dangers que nous fait porter la croyance. Depuis que nous avons le droit de dire qu’on se fout de Dieu et de ses saints, …pardon de ses seins, ou l’inverse, il serait temps que nous nous penchions sur les bases de notre civilisation, et enfin accepter que nos ancêtres se fourvoyaient méchamment en instaurant des croyances. Je vous rappelle que la croyance est l’inverse de la réflexion. Elle a palié les manques de connaissances de nos aînés, un point c’est tout. Et il est particulièrement antinomique de vouloir aller de l’avant en gardant ce genre de phylosophie.

    Mais peut-être suis-je hors sujet !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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    19 septembre 2011 à 13 01 36 09369
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    Le calendrier n’a rien à voir avec les croyances.
    Si vous préférez le calendrier de Rome, ajoutez 752 ans à la date actuelle.

    Le danger est beaucoup plus celui d’un système de « collusion » et de « corruption » installé sur l’ensemble du système social. C’est le sujet de mon article de ce soir.

    Le sujet de l’article ci-haut touche une « cancer social » qui nous a mené à la phase terminale. C’est beaucoup plus sérieux que ce que vous qualifiez de « manque de connaissance de nos aînés ». Au départ, nos aînés possédaient une conscience morale de base des plus solides qui empêchait que la corruption puisse être « institutionnalisée ».

    Mais je peux faire erreur évidemment.

    Amicalement

    André Lefebvre

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    19 septembre 2011 à 14 02 23 09239
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    La seule chose qu’on puisse reprocher à nos semblables, actuellement, c’est d’avoir opté pour la résolution des problèmes par la technologie, en oubliant effectivement ce qui fait notre société, à savoir son humanité. Mais en aucun cas l’humain d’aujourd’hui n’est moins moral qu’hier, quoiqu’on puisse en penser. Cela a créé des brèches dans l’organisation sociale et politique du monde, comme les frasques de Louis XIV ont amené la France au bord de l’asphyxie. Seules les lois édictées par nos sociétés humaines peuvent nous permettre d’aller de l’avant, à la condition qu’elles le soient pour le bonheur de l’ensemble et non pour quelques édiles seulement. Ce système n’est pas antagoniste à l’athéisme de notre époque. C’est tout ce que je voulais affirmer, mais je reconnais qu’il faut réfléchir beaucoup pour accepter cela. Notre société humaine a toujours eu, plus ou moins, le don de courte vue. En dehors de quelques visionnaires qui ont servi de moteur à nos congénères des siècles passés, notre esprit navigue toujours sur de tortueux espaces grouillant d’une vie si belle et unique que nous nous perdons à l’abîmer par nos désirs insensés.

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    19 septembre 2011 à 17 05 37 09379
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    Après avoir dit:
    « Je vous rappelle que la croyance est l’inverse de la réflexion. »

    Vous me dites:
    « En dehors de quelques visionnaires qui ont servi de moteur à nos congénères des siècles passés, notre esprit navigue toujours sur de tortueux espaces … »

    C’est donc dire que ceux qui réfléchissaient étaient strictement ces « quelques visionnaires » …moteurs. Par conséquent, les diffuseurs d’une morale de base solide.
    Merci

    Amicalement

    André Lefebvre

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    19 septembre 2011 à 22 10 37 09379
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    Je n’aime pas qu’on prenne une phrase et qu’on en face la résultante d’une pensée. Car dans ce cas vous allez à l’encontre de la mienne. Donc, dans ces conditions, on ne peut pas aller de l’avant dans la compréhension des phénomènes, quels qu’ils soient. On finit par tourner en rond. Si vous voulez qu’on aille plus avant dans ce dialogue, je vous en prie, prenez note de ce que je dis, au lieu d’affabuler sur une seule note. Je reconnais que ça demande un travail de réflexion plus important.

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    19 septembre 2011 à 23 11 45 09459
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    Dans une société basée sur la consommation , admettez que la tentation est plus forte que jamais. Quand je vois dans une revue la maison de Céline ou la collection de voitures de monsieur Saputo, honteusement mon désir s’accroit et si l’occasion se présentait…En passant j’ai accompagé quelques politiciens dans leurs aventures politiques. Je continue de croire en leur intégrité mais je ne donnerais pas le bon dieu sans confession à leur principal organisateur politique cependant.

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    21 septembre 2011 à 8 08 43 09439
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    Bonjour à tous et merci de vos commentaires, mais je répète que c’est sur CentPapiers – ou sont reproduits tous les articles des 7 – qu’il faudrait commenter. Je ne dis pas qu’un jour ce ne sera pas opportun d ele faire efficacement sur les « 7 » , mais pour l’instant ça crée des problèmes organisationnels et logistiques, ce qui fait que ouvent ici vous restez sans réponse alors que je réponds toujours au commentaires… quand je les vois.

    Aujourd’hui, très brièvement.

    @ AB: OUI 🙂

    @ Gaiagenaire: Tout est dans la nature humaine et elle ne change que lentement…

    @ Delpech: Il n’y a pas plus de corruption aux USA qu’ailleurs… mais pas moins. L’impact de la corruption aux USA est plus grand… parce qu’ils sont plus gros et parfois elle nous semble faite de façon plus raffinée parce que nous sommes plus proches d’eux culturellement. mais simple affaire d’adaptation. http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/09/19/corruption-a-quebec-et-l’exemple-de-jesus/

    @ @ l’Artiste. On devrait dater selon le calendrier E.P :-))
    http://nouvellesociete.wordpress.com/2010/06/19/de-merdre-a-gidouille-137-e-p/

    @ Gillac  » Qu’est ce que l’intégrité » – comme dirait Pilate…. ? Je n’ai vu d’intègres que les gens qui trouvaient leur intérêt ou leur plaisir à l’être

    PJCA

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    21 septembre 2011 à 8 08 55 09559
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    @ Maître Allard D.S.E.
    J’en prends bonne note.

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    21 septembre 2011 à 9 09 56 09569
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    Bonjour M. Allard
    Comme j’ai été un lecteur de la Cosmogonie d’Urantia plutôt que des évangiles, voici ce qui est écrit, entre autre, de ce que Jésus aurait dit sur les questions d’argent.

    http://cosmogonie-urantia.horsdutemps.info/fascicule_132.htm#5

    CONSEILS À L’HOMME RICHE

    Un riche Stoïcien, citoyen romain, s’intéressa beaucoup aux enseignements de Jésus, à qui il avait été présenté par Angamon. Après plusieurs entretiens particuliers, ce riche citoyen demanda à Jésus ce qu’il ferait d’une fortune s’il la possédait, et Jésus lui répondit: « Je consacrerais la richesse matérielle à élever le niveau de la vie matérielle, de même que j’offrirais ma connaissance, ma sagesse, et mes services spirituels pour enrichir la vie intellectuelle, ennoblir la vie sociale, et faire progresser la vie spirituelle. J’administrerais les biens matériels comme un sage et efficace dépositaire des ressources d’une génération pour le profit et l’ennoblissement des générations suivantes ».

    L’homme riche ne fut pas entièrement satisfait de la réponse de Jésus et s’enhardit à demander de nouveau: « Mais que crois-tu qu’un homme dans ma position devrait faire de sa fortune? Dois-je la garder ou la distribuer? » Jésus se rendit compte que cet homme désirait réellement mieux connaître la vérité au sujet de sa fidélité envers Dieu et de ses devoirs envers les hommes. Il développa sa réponse en lui disant: « Mon bon ami, je discerne que tu recherches sincèrement la sagesse et que tu aimes honnêtement la vérité; je suis donc disposé à t’exposer mon point de vue sur la solution de tes problèmes concernant les responsabilités de la fortune. Je le fais parce que tu m’as demandé conseil, et en te donnant mon avis, je ne m’occupe de la fortune d’aucun autre homme riche. Je te donne ces conseils uniquement pour ta gouverne personnelle. Si tu désires honnêtement considérer ta fortune comme un dépôt, si tu souhaites réellement devenir un gérant sage et efficace de tes capitaux accumulés, alors je te conseille de faire l’analyse qui vante des sources de tes richesses. Demande-toi, en faisant de ton mieux pour trouver la réponse honnête, d’où elles viennent. Pour t’aider à analyser l’origine de ta grande fortune, je suggère que tu gardes présentes à la mémoire les dix méthodes différentes suivantes pour amasser des biens matériels:
    « 1. La fortune héritée — les richesses provenant des parents et autres ancêtres.
    « 2. La fortune découverte — les richesses tirées des ressources inexploitées de la terre nourricière.
    « 3. La fortune commerciale — les richesses obtenues comme bénéfice équitable dans l’échange et le troc des biens matériels.
    « 4. La fortune injuste — les richesses tirées de l’exploitation inéquitable de tes semblables ou de leur réduction à l’esclavage.
    « 5. La fortune des intérêts — le revenu tiré des possibilités de rendement juste et équitable des capitaux investis.
    « 6. La fortune due au génie — les richesses récompensant les dons créatifs et inventifs de la pensée humaine.
    « 7. La fortune fortuite — les richesses tirées de la générosité de tes semblables ou prenant origine dans les circonstances de la vie.
    « 8. La fortune volée — les richesses obtenues par injustice, malhonnêteté, vol, ou fraude.
    « 9. Les fonds en dépôt — la fortune placée entre tes mains par tes semblables pour un usage spécifique actuel ou futur.
    « 10. La fortune gagnée — les richesses tirées directement de ton propre travail personnel, la juste et équitable rémunération de tes propres efforts quotidiens, mentaux et physiques.

    « Donc, mon ami, si tu veux être, devant Dieu et au service des hommes, un fidèle et juste gérant de ta grande fortune, il faut la diviser approximativement entre ces dix grands départements, et administrer ensuite chaque portion conformément à l’interprétation sage et honnête des lois de la justice, de l’équité, de la loyauté, et de la véritable efficacité. Cependant le Dieu du ciel ne te condamnerait pas si, dans des situations douteuses, tu te trompais parfois par considération miséricordieuse et désintéressée pour la détresse des victimes souffrant des circonstances malheureuses de la vie terrestre. Lorsque tu éprouves honnêtement des doutes sur l’équité et la justice de certaines situations matérielles, que tes décisions favorisent ceux qui sont dans le besoin. Efforce-toi d’aider les personnes qui, par malheur, souffrent de privations imméritées ».

    Après avoir discuté ces sujets pendant plusieurs heures, l’homme riche demanda des instructions plus complètes et plus détaillées, et Jésus développa ses conseils en disant en substance: « En t’offrant de nouvelles suggestions concernant ton comportement envers la fortune, je te recommande de recevoir mes avis comme donnés exclusivement pour toi et pour ta gouverne personnelle. Je ne parle que pour mon compte et à toi comme a un ami interrogateur. Je te conjure de ne pas dicter à d’autres hommes riches la manière dont ils doivent considérer leur fortune. Je te donne les conseils suivants:

    « 1. Comme gérant d’une fortune héritée, il faut considérer son origine. Tu es moralement obligé de représenter la génération passée dans la transmission honnête de la fortune légitime aux générations suivantes après en avoir déduit un péage équitable au profit de la génération présente. Mais tu n’es pas obligé de perpétuer une malhonnêteté ou un injustice impliquée dans l’accumulation non équitable d’une fortune par tes ancêtres. Si une partie de ta fortune héritée se révèle provenir de fraudes ou d’injustices, tu peux la débourser conformément à tes convictions sur la justice, la générosité, et la restitution. Quant au reste de ta fortune légitimement héritée, tu peux en disposer équitablement et la transmettre sans crainte en tant que dépositaire d’une génération pour le compte de la suivante. Une sage discrimination et un jugement sain dicteront tes dispositions testamentaires.

    « 2. Toute personne qui jouit d’une fortune provenant de découvertes devrait se rappeler que chaque individu ne vit sur terre que pendant un court laps de temps; en conséquence, il devrait prendre des dispositions adéquates pour partager le bénéfice de ses découvertes d’une manière utile avec le plus grand nombre possible de ses semblables. Le prospecteur ne doit pas se voir refuser toute récompense pour ses efforts de découverte, mais il ne doit pas non plus prétendre égoïstement s’arroger tous les avantages et bienfaits provenant de la mise à jour des ressources accumulées par la nature.

    « 3. Tant que les hommes choisissent de mener les affaires du monde par le commerce et le troc, ils ont le droit d’en tirer un bénéfice équitable et légitime. Tout commerçant mérite une rémunération pour ses services; tout marchand a droit a son salaire. La loyauté commerciale et le traitement honnête accordés aux membres des affaires organisées du monde créent toutes sortes de fortunes par bénéfices; ces sources de richesse devraient être jugées d’après les principes supérieurs de justice, d’honnêteté et d’équité. Un commerçant honnête ne doit pas hésiter à prendre pour une opération donnée le bénéfice qu’il accorderait volontiers à un collègue dans une affaire analogue. Bien que cette sorte de profits, quand les affaires se traitent sur une grande échelle, ne soit pas identique aux revenus gagnés individuellement, une fortune ainsi accumulée honnêtement confère à son possesseur un droit considérable à faire entendre sa voix quand il s’agit de la répartir.

    « 4. Nul mortel connaissant Dieu et cherchant à faire la volonté divine ne peut s’abaisser à exercer des contraintes au moyen de sa fortune. Nul homme noble ne s’efforcera d’accumuler des richesses et d’amasser une puissance financière par l’esclavage ou l’exploitation injuste de ses frères. Quand la richesse est tirée du labeur d’humains opprimés, elle est une malédiction morale et un stigmate spirituel. Toute fortune de cet ordre devrait être restituée à ceux qui ont été ainsi dépossédés, ou à leurs enfants et à leurs petits-enfants. On ne peut bâtir une civilisation durable sur la pratique consistant à frustrer les travailleurs de leur salaire.

    « 5. Le capital honnête a droit à des intérêts. Tant que les hommes emprunteront et prêteront, ils peuvent percevoir un intérêt équitable, pourvu que la somme prêté acquise légitimement. Apure d’abord ton capital avant de prétendre à des intérêts. Ne deviens pas mesquin et cupide au point de t’abaisser à pratiquer l’usure. Ne te permets jamais d’être assez égoïste pour employer le pouvoir de l’argent à gagner un avantage injuste sur tes semblables qui se débattent. Ne cède pas à la tentation d’exiger des intérêts usuraires de ton frère s’il a des embarras financiers.

    « 6. Si par hasard tu gagnes une fortune par des traits de génie, si tes richesses représentent la rémunération de tes dons inventifs, ne réclame pas une portion injuste de cette rémunération. Un génie est redevable de quelque chose aussi bien à ses ancêtres qu’à sa progéniture; de même il encourt des obligations envers la race, la nation, et l’entourage de ses découvertes originales; il ne doit pas oublier que c’est en tant qu’homme parmi les hommes qu’il a mis au point ses inventions. Par contre, il serait injuste de priver un génie de toutes les plus-values de sa fortune. D’ailleurs il sera toujours impossible aux hommes d’établir des lois et des règlements uniformément applicables à tous les problèmes de distribution équitable des richesses. Il faut d’abord reconnaître les hommes comme tes frères. Si tu désires honnêtement les traiter comme tu souhaiterais toi-même être traité, les impératifs ordinaires d’honnêteté et d’équité te guideront dans le règlement juste et impartial de tous les problèmes périodiques concernant les rémunérations économiques et la justice sociale.

    « 7. Sauf pour les honoraires justes et légitimes gagnés dans l’administration de ses biens, nul homme ne devrait émettre de prétentions personnelles sur la fortune que le temps et la chance peuvent avoir concentrée entre ses mains. Il faut un peu considérer les richesses accidentelles comme un dépôt de confiance à dépenser au profit de votre groupe économique ou social. Les possesseurs de cette fortune doivent avoir une voix majoritaire pour déterminer la distribution sage et efficace de ces biens non gagnés. Les hommes civilisés cesseront un jour de considérer tout ce qu’ils contrôlent comme leur propriété personnelle et privée.

    « 8. Si une portion quelconque de ta fortune provient de fraudes, si une fraction de tes biens a été amassée par des pratiques malhonnêtes ou par des méthodes inéquitables, si tes richesses sont le produit d’affaires traitées injustement avec tes semblables, hâte-toi de restituer tous ces gains mal acquis à leurs légitimes propriétaires. Répare entièrement tes torts et épure ainsi ta fortune de tous ses éléments malhonnêtes.

    « 9. La gestion des biens par une personne pour le compte de certaines autres est une responsabilité solennelle et sacrée. Ne hasarde pas ce dépôt, ne le mets pas en péril. N’en prélève pour toi-même que la fraction reconnue équitable par tous les honnêtes gens.

    « 10. La partie de ta fortune qui représente les gains dus à tes propres efforts physiques et mentaux — si tu as travaillé loyalement et équitablement — est véritablement à toi. Nul ne peut contester ton droit de détenir et d’utiliser cette fortune à ta convenance, pourvu que l’exercice de ce droit ne nuise pas à tes semblables ».

    Quand Jésus eut fini de qui donner ces avis, le riche Romain se leva de son divan et, en souhaitant le bonsoir à Jésus, il lui fit la promesse suivante: « Mon cher ami, je perçois que tu es un homme plein de sagesse et de bonté; dès demain je commencerai à administrer toute ma fortune conformément à tes conseils ».

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    21 septembre 2011 à 13 01 03 09039
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    Je ne sais pas ce que vous avez après ce soi-disant J-C, mais nous, on a eu Jacques Chirac aux affaires et c’était un modèle d’escroc bien rôdé à l’exercice. Apparemment, l’air d’outre Atlantique porte l’homme à se prosterner devant des textes qui n’ont pas plus de valeur que celle du bottin téléphonique. Je sais, je suis impertinente, voire plus, mais je suis née dans la patrie de Voltaire, et je fais honneur à la révolution française, me revendiquant « sans culottes » et bouffeuse de curés (épargnez-moi les jeux de mots faciles je vous prie). Mes références seront, quoiqu’il arrive, plus l’Encyclopédie Universalis que la bible ou le coran qui sont pour moi la négation de l’esprit humain, car ils ont toujours freiné la réflexion, pour des raisons dogmatiques d’une grande vulgarité.

    Je pense, donc je suis ! Cette phrase, je ne l’ai comprise vraiment que récemment. C’est à cette occasion que j’ai largué les amarres déistes et « va-t’en guerre ». C’est avec Mozart que j’ai le plaisir de vous écrire, et c’est avec Jacques-Yves Cousteau que je dis, cher intervenants, que le combat doit se porter ailleurs. C’est le devenir de la planète qui doit nous engager aujourd’hui, quelle que soit notre obédience. C’est l’avenir de toutes les formes de vie qui doit soutenir notre attention. Le reste nous fourvoie, comme d’habitude, dans une direction unilatérale, celle du pouvoir. Je ne mange pas de ce pain-là !

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