La crise économique de l’impérialisme d’après la théorie marxiste

rosa1

Nous avons produit ce document d’analyse économique de la crise systémique du capitalisme d’après les préceptes de Lénine et de Rosa Luxemburg suite au débat que nous avons mené avec quelques économistes français (1).

 

Le capitalisme du début du XXe siècle et le capitalisme monopoliste (impérialiste) du début du XXIe siècle sont presque identiques. Le capitalisme moderne répond aux mêmes stimuli économiques; vise le même objectif de reproduction élargie du capital (C); utilise les mêmes vecteurs de valorisation de la plus-value (pl); et d’accumulation du profit qu’à l’époque de Karl Marx (Das Capital); la financiarisation globalisée et mondialisée en moins (2). Ces derniers développements correspondant à ce que Lénine et Rosa Luxemburg ont caractérisé comme l’étape impérialiste du développement capitaliste suprême, ultime et décadent (3). Nous présenterons dans la suite de cet article les concepts modernes de financiarisation, globalisation, mondialisation et inter-nationalisation de l’économie d’après la théorie marxiste de l’économie politique.

 

L’étape présente de la lutte révolutionnaire

 

Quelle est l’étape urgente des activités de la gauche révolutionnaire dans le mouvement ouvrier contemporain ? Ce n’est pas de structurer les ouvriers dans des mouvements de résistance à la crise systémique du capitalisme. Ce n’est pas non plus de les rassembler dans des bataillons de combat pour monter aux barricades insurrectionnelles. Ce n’est pas davantage de les mobiliser pour les luttes grévistes – bien que la lutte gréviste soit à l’ordre du jour partout dans le monde capitaliste. Dans plusieurs pays d’Europe la coupe est pleine et les ouvriers excédés sortent en grèves « sauvages » comme disent les patrons. En Amérique latine et en Chine, on assiste au même phénomène de grève spontanée. En Afrique et au Moyen-Orient des guerres inter-impérialistes – par sous-fifres interposés – font s’entretuer des travailleurs et des paysans d’un même pays et d’une même contrée, dans une immense fourberie ethnique, religieuse, nationaliste, impérialiste et barbare. Au Canada, les courroies de transmission syndicales désorientent les luttes grévistes des travailleurs pour les diriger vers les tribunaux bourgeois alambiqués.

 

Après la déchéance du mouvement communiste international; après la dislocation de la  IIIe Internationale et la débandade du mouvement ouvrier mondial, l’étape présente, sur la voie révolutionnaire, celle qui confronte tout militant marxiste, est de clarifier les principes théoriques qui permettront d’analyser concrètement le monde présent dans son ensemble et dans ses éléments constituants. L’analyse doit d’abord porter sur les aspects économiques, industriels, commerciaux, financiers, et par la suite porter sur les facteurs politiques, idéologiques et sociologiques, afin de comprendre comment le monde impérialiste évolue – se reproduit – selon les concepts scientifiques marxistes appliqués à la réalité  contemporaine. Vers où se dirige le monde capitaliste en crise systémique, ce système qui n’en finit plus de tituber sans tomber ? Quels sont les principes (les contradictions) et les vecteurs (les classes sociales) qui font se mouvoir ce bateau ivre qui s’empêtre et dégénère sans s’effondrer définitivement… pour l’instant ?

 

C’est à cet exercice d’analyse scientifique marxiste des réalités de la crise économique systémique de l’impérialisme que nous vous convions. Chacun doit comprendre que cet exposé participe au combat sur le front idéologique de la lutte de classe. Cet exposé vise à clarifier les concepts – les idées – dissimulés derrière les argumentations militantes faussement résistantes de la gauche bourgeoise décadente. Cette gauche bourgeoise qui se propose encore une fois de désorienter la classe ouvrière dans son combat, ce que les marxistes doivent empêcher à tout prix.

 

L’étape présente de développement du mouvement révolutionnaire est marquée par la nécessité de reprendre les thèses scientifiques marxistes et de les opposer aux thèses anarchistes,  révisionnistes, opportunistes, maoïstes et réformistes qui s’épandent parmi la classe ouvrière mondiale et la désoriente de sa mission révolutionnaire qui réclame le renversement total du capitalisme et l’édification d’une société nouvelle, socialiste, puis communiste encore inconnue.

 

Capitalisme et impérialisme

 

Commençons par clarifier les concepts de capitalisme et d’impérialisme, les idées les plus galvaudées par une certaine gauche pédante et ignorante. L’impérialisme n’est pas la solution que les capitalistes ont imaginé pour sauver le capitalisme de brocante. L’impérialisme ce n’est pas la volonté d’ingérence des grandes puissances  contre les pays indigents. L’impérialisme ce n’est pas une superpuissance politique, idéologique et militaire dirigeant une cohorte de pays économiquement puissants  cherchant à imposer leur hégémonie sur divers pays indigents, « indépendants » et soi-disant « résistants ». L’impérialisme n’est pas l’antithèse du nationalisme patriotique bourgeois. L’impérialisme ce n’est pas le Premier monde d’une trilogie rocambolesque opposant les grands aux moyens et aux petits pays en sursis (sic). Tout cela ce sont les formulations de Kautsky un politicien bourgeois, social-démocrate allemand, du siècle précédent. Tout ceci n’est que l’apparence dissimulant l’évidence. Ces thèses ne sont que fumisteries derrière lesquelles se dissimulent l’opportunisme et le réformisme de la droite comme de la gauche bourgeoise.

 

L’impérialisme c’est le mode de production et les rapports de production capitalistes  rendus à leur stade ultime de développement, au moment où le système économico-politique ne parvient plus à résoudre ses contradictions internes. Ces contradictions qui anciennement mettaient les forces sociales en action pour les résoudre et de ce fait entraînait la croissance du capital et le développement de la société capitaliste. Aujourd’hui, les contradictions, et les classes sociales chargées de les résoudre, paralysent plutôt le système économique et détruisent les forces productives et les marchandises en surproduction relative.

 

Ainsi, quand la société féodale attachait le paysan à la terre aux rendements déclinants, l’empêchant de migrer vers la ville pour s’employer comme salarié dans les manufactures émergentes, Marx disait que la contradiction du mode de production féodale, c’est-à-dire l’opposition entre la classe des seigneurs propriétaires de la terre et la classe des serfs enchaînés à la terre, devait être résolue par la libération des forces productives du servage afin qu’elles se transforment en classe ouvrière salariée et industrielle, ne possédant en propre que leur force de travail sur le marché de la libre concurrence capitaliste. Cette contradiction antagoniste au sein du féodalisme a été résolue à travers la révolution bourgeoise industrielle qui transforma le monde en transformant le mode de production. Depuis, ce nouveau mode de production capitaliste s’appuie sur ses propres contradictions motrices et ses propres classes antagonistes, la bourgeoisie capitaliste et le prolétariat salarié.

 

Le capitalisme marqua d’abord une avancée pour l’humanité. Il permit de démultiplier les forces productives et les marchandises à commercialiser à travers une exploitation intensive d’une portion de l’humanité (les ouvriers) résidante aussi bien en pays capitalistes avancés qu’en pays capitalistes arriérés. La différence entre ces deux catégories de pays capitalistes n’est pas une différence structurelle, mais une différence superficielle. Cette différence est le fruit de la division internationale du travail et de la production, et donc de l’accaparement de la plus-value et du capital privé et étatique bourgeois. C’est ce que Rosa Luxemburg, comme Lénine, appelleront le développement inégal, combiné et par bond du capitalisme dans divers pays, hier tous capitalistes et aujourd’hui tous impérialistes.

 

Le monde actuel n’est pas divisé en un triptyque de « Trois mondes capitalistes » de plus ou moins grandes dangerosités (sic). Le monde capitaliste contemporain est regroupé sous un seul mode de production hégémonique alors que quelques reliquats épars du mode de production féodal sont toujours en cours d’intégration systémique (Afghanistan, Bhoutan, Népal, Mauritanie, Mali, Centre Afrique, etc.) Le monde capitaliste-impérialiste est divisé en deux immenses forces, la classe capitaliste monopoliste hégémonique mondiale, et la classe ouvrière internationale révolutionnaire, qui pour le moment accumule ses forces afin d’ébranler et, nous l’espérons, renverser l’Ancien Monde.

 

L’impérialisme c’est le mode de production capitaliste à son stade suprême et décadent d’évolution. Un système de production globalisé, internationalisé, intégrant la totalité des moyens de production existants, des transactions commerciales, des tractations  diplomatiques, des échanges internationaux; la totalité des alliances et des affrontements se développant sur la Terre tout entière. L’État d’Haïti fait partie intégrante de l’ensemble impérialiste mondialisé et globalisé. L’État impérialiste haïtien a la particularité d’être pauvre, de jouer un rôle modeste et spécifique dans l’ensemble impérialiste mondial. Il est le fournisseur de main-d’œuvre peu qualifiée et bon marché des multinationales du sucre établies en République dominicaine ainsi que de quelques manufactures de textile installées à Port-au-Prince. Le reste de la population d’Haïti est considéré comme un « avatar » par l’impérialisme mondial qui lui accorde bien peu d’importance. Cette population peut mourir, disparaître sous les décombres, s’entretuer, l’impérialisme international n’en a cure. Il en est de même pour les populations du Libéria, du Sierra Léone et de la Guinée soumises aux affres de l’épidémie d’Ebola. L’approvisionnement en  travailleurs miniers guinéens compétent préoccupe Rio-Tinto-Alcan, entreprise multinationale australienne, britannique et canadienne. Le reste de la population, qui ne laisse pratiquement aucune empreinte économique dans le paysage impérialiste mondial, ne préoccupe nullement ce géant. Nous pourrions reprendre cette démonstration pour chacun des petits pays intégrés au mode de production capitalisteimpérialiste et pour ceux pas encore totalement intégré comme l’Afghanistan, hier objet de toutes les attentions et aujourd’hui retourné à l’âge de pierre et à l’oubli depuis que les États-Unis et l’OTAN y ont stoppé les avancés de l’impérialisme russo-chinois.

 

Imbroglio théorique à propos de l’impérialisme

 

La gauche bourgeoise conteste la conception de l’impérialisme global et mondial que nous venons de présenter et soutien plutôt que les pays émergent tels le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), divers pays de l’Amérique Latine (MERCOSUR et Alliance bolivarienne) et certains pays d’Asie (Corée du Sud, Taïwan, Indonésie) se seraient développés par eux-mêmes en tant que puissances capitalistes ne s’appuyant que sur leur propre capital national, ce qui leur donnerait une certaine « indépendance nationale » vis-à-vis ce qu’ils appellent les puissances impérialistes occidentales. Ces supputations réformistes et opportunistes ne tiennent pas la route et ne reposent sur aucune donnée validée. Le dernier pays isolé qui est parvenu à construire seul son infrastructure industrielle lourde et légère (secteur 1 et 2 selon Marx) fut l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (1921-1939). En 1939, cette nouvelle puissance capitaliste terminait son intégration dans le monde impérialiste mondialisée et globalisée, d’abord dans l’alliance germano-soviétique, puis, en 1941, au sein du consortium américano-soviétique qui s’est partagé le monde de l’après-guerre. Le petit prolétariat russe de 1917 (7 millions d’individus), faible, peu expérimenté, et largement minoritaire parmi les masses paysannes arriérées (35 à 50 millions d’individus), illettrées, miséreuses  et paupérisées, ne pouvait construire seul la société post-industrielle socialiste de l’abondance en sautant par-dessus l’étape du capitalisme industriel et sans le soutien du prolétariat du monde entier. Le reste du prolétariat mondial avait lui aussi une marche historique à compléter avant de faire germer de ses mains laborieuses la nouvelle société socialiste post-capitaliste.

 

Depuis l’époque soviétique aucun pays, y compris la Chine paysanne, semi-féodale, nationaliste, puis impérialiste, n’est parvenu à s’ériger en puissance capitaliste indépendante hors de l’ensemble impérialiste globalisé et mondialisé. Depuis l’URSS, tous les pays qui se sont industrialisés l’ont fait sous la gouverne des entreprises privées capitalistes occidentales en collaboration avec la bourgeoisie et les compagnies privées ou semi-étatiques de ces pays « émergents » (sic).

 

Ce n’est pas le statut de privé, public, semi-étatique, ou de consortium à propriété partagé qui détermine le statut capitaliste ou socialiste d’une entreprise. Pour qu’une entreprise soit socialiste, elle doit se développer dans une société totalement socialiste, c’est-à-dire vivant, sous la dictature du prolétariat. Une société ne peut être mixte, une entreprise ne peut être à propriété mixte capitaliste et socialiste. Cela est impossible. Les deux modes de production capitaliste et socialiste (puis communiste) ne peuvent absolument pas coexister pacifiquement et encore moins sur un territoire national bourgeois. En 1917 et en 1949, les tentatives de construire le socialisme dans un seul pays isolé était voué à l’échec et le resteront à jamais.

 

Les pays capitalistes émergents

 

Le concept de pays capitalistes émergents doit être compris comme une mesure de la progression d’un pays capitalisme-impérialiste par rapport à d’autres pays capitalistes-impérialistes plus avancés et aussi par rapport à d’autres pays capitalistes-impérialistes indigents, moins performants, bénéficiant de moins de capitaux et de moins de ressources naturelles. Quoique cette dernière variable soit de faible valeur explicative comme le prouvent le développement de villes États comme Singapour, Monaco, Hong-Kong et Macao, etc.

 

La « révolution altermondialiste »

 

Face à la crise systémique de l’ensemble du mode de production impérialiste qui secoue tous les continents, les courants de la gauche bourgeoise  sont unanimes et ils déclament qu’un Nouveau Monde est possible (sic). À l’exemple de Warren Buffet le multimilliardaire, ils réclament une plus juste répartition des revenus entre les riches, dont les 1% accapare presque 20% du patrimoine mondial, alors que les 99% restants se partagent le 80% résiduel. Pire, quelques milliards d’individus subsistent dans une immense pauvreté, sans eau potable, et avec moins de 2 dollars par jour pour se nourrir et se vêtir. Nous connaissons toutes ces calamités issues de l’impérialisme débridé. La question qui nous confronte n’est pas de reconnaître cette réalité souffrante, mais de la transformer, de la changer radicalement… Mais comment ?

 

La go-gauche radical s’aventure à quémander des augmentations de salaire pour tous les salariés. Différentes tactiques sont présentées pour redistribuer l’argent et hausser le salaire minimum (SMIC). Ou alors pour augmenter les prestations d’assistance sociale et d’assurance chômage. On propose de réduire les tarifs des services publics. On suggère de hausser les impôts des riches et d’enrayer l’évasion fiscale. Évidemment, ces pseudo « solutions » ne concernent que les pays occidentaux, puisque dans les pays du tiers-monde ces prestations  et ces services ne sont même pas disponibles pour l’immense majorité… Comment hausser un salaire minimum qui n’existe pas et alors que 50% des travailleurs sont sans emploi ? Comment hausser des prestations d’aide sociale inexistantes ? Misérables bobos altermondialistes, petits-bourgeois gauchisants et décadents.

 

Enfin, quelques économistes aussi «progressistes» que le nobélisé Joseph Stiglitz ex-conseiller du Président américain Bill Clinton, et l’altruiste Thomas Piketty, à la remorque du  millionnaire John Maynard Keynes attestent qu’il y a va de la survie du capitalisme et qu’il faut augmenter les revenus des salariés pour relancer la consommation (4). On en vient à ne plus rien comprendre. Pensez donc, l’économie impérialiste s’écroule, les thuriféraires universitaires et les Nobels d’économie biens pensants ont trouvé la solution (augmenter les revenus des consommateurs afin de relancer la demande) et les magnats de la finance, les capitaines d’industrie, les larbins politiciens n’écoutent rien et refusent d’appliquer le remède qui pourrait sauver tout leurs biens. Comment expliqué une telle contradiction entre la raison et les centres de décision ? C’est que la « solution » des sommités de l’économie est bidon et les pontifes de l’économie politique capitaliste ronronnent pendant que la gauche bourgeoise s’époumone.

La semaine prochaine : Le travail salarié et la loi de la valeur

 

LE MANIFESTE DU PARTI OUVRIER :  http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

16 pensées sur “La crise économique de l’impérialisme d’après la théorie marxiste

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    11 décembre 2014 à 16 04 20 122012
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    la dictature du prolétariat, voilà la seule solution à notre démocratie poisseuse.

    Par contre toute les luttes qui visent à amoindrir les profits et augmenter le pouvoir d’achat des prolétaires sont autant de prises de conscience qui permettront d’avoir le raisonnement que tu développes car on ne née pas avec le gêne du communisme, on le devient, confronté à une impossibilité de dépasser les contradictions du capitalisme.

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    12 décembre 2014 à 12 12 12 121212
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    excellent ta critique des « solutions » à la Stiglitz ou Piketty. Pas d’accord lorsque tu balaie les expériences soviétiques et chinoises-tant leurs succès que leurs échecs(et, pour moi, ils sont été défaits ,détruits(causes internes et externes) mais ils ont bel et bien eu le mérite d’exister et d’essayer(durant une période, à analyser et définir) avant d’être détruits(donc complétement reintégrés dans les système impérialiste. ceci dit, bien sûr, la lutte des classes de ce siècle exige un redéploiement théorique/pratique, faute de quoi, on va(de nouveau) dans le mur(réformiste ou pire…).Merci pour ton travail opiniâtre(et « opinioné »(franglais).sc, Maurice Mendels Flandre, Belgique.

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      29 décembre 2014 à 10 10 14 121412
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      @ M. Leroux

      Je suis d’accord avec toute la première partie de votre intervention. Si je n’ai pas nommé ces classes sociales dans cette partie de mon texte c’est que je le fais abondamment partout ailleurs dans le texte. Il n’y a vraiment pas moyen pour le lecteur d se tromper.

      Je ne suis pas certain que vous ayez raison dans cette phrase «A mon sens l’impérialisme n’est pas le stade ultime du capitalisme qui se survit dans la crise.
      Il n’est qu’ un aspect de.celui ci et un moyen de sa survie.»
      L’impérialisme présente des caractéristiques (que Lénine a identifié et d’autres se sont ajoutées) que Marx n’a pas pu totalement identifié à l’origine du capitalisme – même si ces caractéristiques existaient déjà en germe à l’origine du capitalisme ) et pour cette raison nous pouvons parler d’un nouveau stade dans le capitalisme… conservant toutes les caractéristiques du capitalisme le mode de production (MPC) et lui ajoutant ou mettant en relief d’autres caractéristiques – telle la financiarisation – la monétarisation – la tertiarisation de l’emploi. Toutefois le capitalisme reste et demeure fondamentalement le capitalisme dans ses fondements les plus fondamentaux.

      Je suis d’accord avec votre phrase : «Le capitalisme ne peut résoudre la contradiction majeure de devoir maintenir dans le carcan de la propriété privée la production et les echanges qui sont sociaux.» EXACT

      Aussi d’accord avec vos remarques à propos de l’État capitaliste à détruire. Sur ce point ajoutons que c’est un point crucial qui nous sépare de toute la racaille révisionniste, opportuniste, réformiste, social-démocrate, etc.

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    29 décembre 2014 à 4 04 33 123312
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    Je voudrais revenir sur un aspect de cet article. La definition que tu donnes de l imperialisme :
    « L’impérialisme c’est le mode de production et les rapports de production capitalistes  rendus à leur stade ultime de développement, au moment où le système économico-politique ne parvient plus à résoudre ses contradictions internes. Ces contradictions qui anciennement mettaient les forces sociales en action pour les résoudre et de ce fait entraînait la croissance du capital et le développement de la société capitaliste. Aujourd’hui, les contradictions, et les classes sociales chargées de les résoudre, paralysent plutôt le système économique et détruisent les forces productives et les marchandises en surproduction relative ».
    Il faut nommer ces classes. La bourgeoisie qui est proprietaire de tout le travail que fournissent les proletaires et des moyens de produire.
    Le capital resulte des profits réalisés qui ont pu reintegrer le cycle de production. Quand la crise ne bloque
    pas ce processus, la « beauté » de ce système (comme disait Marx) est que le capital s accumule sous des formes differentes (argent, moyens de production, marchandises) et qu il n a pas de frontières…
    La taylorisation puis l automatisation ont permis d accroître la productivite et de reduire la quantité de travail necessaire.
    C est le fond du problème dans le cadre de ces contradictions dont tu parles. Car si la productivite a permis d augmenter la plus value sous sa forme relative ce qui a eu des effets positifs sur le pouvoir d achat des ouvriers (notamment en faisant baisser le cout des marchandises produites) elle est aussi associée a l augmentation de l intensité du travail et on sait que les limites humianes à la productivite élevée sont atteintes aujourd hui.
    Dans me même temps la mondialisation a permis d abaisser le cout des matieres premieres.
    D où l intérêt que representent les differents organismes capotalisteainternationaux qui visent a abaisser partout les cout du travail.
    Mais une autre contradicion apparait :
    C est qu’ ainsi la surproduction et la sous consommation des masses qui s appauvrissent bloquent l accumulation du capital.
    A mon sens l imperialisme n est pas le stade ultime du capitalisme qui se survit dans la crise.
    Il n est qu’ un aspect de.celui ci et un moyen de sa survie.
    Le capitalisme ne peut resoudre la contradiction majeure de devoir maintenir dans le carcan de la propriété privée la production et les echanges qui sont sociaux.
    Les prolétaires, de part leur exclusion de la production, seront amenés à s attaquer à l Etat qui représente le capitaliste parce que devenu incontournable. L Etat est le poste de commandement de la bourgeoisie.
    Ils le detruiront en premier.

    Pierre Lehoux

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    29 décembre 2014 à 10 10 34 123412
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    @ Maurice

    Je sais que je touche là à un aspect très sensible du mouvement communiste international. Il m’aura fallu 40 ans de ma vie pour parvenir à comprendre et à accepter la raison.

    La chose est pourtant simple. Nous sommes matérialistes historiques et dialectiques nous ne sommes pas des idéalistes.
    L’explication d’une taupe kroutchevienne dissimulée dans le Comité Central et qui surgit tout à coup et renverse tout un mode de production socialiste à elle toute seule – la taupe traitre. Même chose avec Liou Chao chi, lin Piao, Et Deng tsiao Ping.
    Toute cela est du roman de science fiction à la Harry Potter. Comment le mouvement communiste international a-t-il pu gober ces fantaisies. Et comment expliquer le même phénomène en Albanie. Le dirigeant meure et le socialisme avec lui ??? Ca n’a aucun sens historique. Ou est la lutte des classes dans ce salmigondis ?

    Nous devons nous raisonné – pleurer puis nous ressaisir. La création du mode de production communiste – suite à une longue transition socialiste – sera une oeuvre objective concrète – matérialiste qui requiert des conditions matérielles – sociales – économiques – politiques – idéologiques précises. La société russe de 1917 ni la société chinoise de 1949 ni la société albanaise de 1945 ne renfermait ces conditions objectives et subjectives internes et externes (Cuba non plus et tous les autres de même)

    Le socialisme sera la société POST modernisme – impérialiste ou les moyens de production seront énormes – la technologie à son paroxysme et la classe ouvrière à son apogée – incontournable – sur le plan économique. C’est le pouvoir politique qu’il faudra conquérir. Le socialisme ne eut germer et naitre de la misère de la pauvreté de l’llletrisme, de l’agriculture de subsistance, de la famine.

    Nous ne sommes pas des curés ou des mollahs ou des soeurs de la charité. La misère nous fait du chagrin mais c’est le prolétariat travailleur qui est notre destin.

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      3 décembre 2015 à 13 01 01 120112
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      Voilà le mouvement du capitalisme d’Etat en URSS.
      En 1917, dans les principales villes russes(Moscou, Leningrad, Kiev, Bakou).La grande industrie était présente.Les conditions étaient là pour supprimer l’ancienne division du travail.
      Non pas sur tout le territoire( où la paysannerie domine), mais là où elle était nécessaire(grande industrie).
      Car la condition normale de l’utilisation de l’industrie est la suppression de l’ancienne division du travail, c’est à dire la formation des ouvriers aux branches de la grande industrie(existant sur le territoire).
      Voici ce que Marx dit:
      “ Au moyen de machines, de procédés chimiques et d’autres méthodes, elle bouleverse avec la base technique de la production, les fonctions des travailleurs et les combinaisons sociales du travail, dont elle ne cesse de révolutionner la division établie en lançant sans interruption des masses de capitaux et d’ouvriers d’une branche de production dans une autre. La nature même de la grande industrie nécessite le changement dans le travail, la fluidité des fonctions, la mobilité universelle du travailleur… Nous avons vu que cette contradiction absolue… finit par détruire toutes les garanties de vie du travailleur…, qu’elle aboutit… à la dilapidation la plus effrénée des forces de travail et aux ravages de l’anarchie sociale. C’est là le côté négatif. Mais si la variation dans le travail ne s’impose encore qu’à la façon d’une loi physique dont l’action, en se heurtant partout à des obstacles, les brise aveuglément, les catastrophes mêmes que fait naître la grande industrie imposent la nécessité de reconnaître le travail varié et, par conséquent, le plus grand développement possible des diverses aptitudes du travailleur comme une loi de la production moderne, et il faut à tout prix que les circonstances s’adaptent au fonctionnement normal de cette loi. C’est une question de vie ou de mort. Oui, la grande industrie oblige la société, sous peine de mort, à remplacer l’individu morcelé, porte-douleur d’une fonction productive de détail, par l’individu intégral qui sache tenir tête aux exigences les plus diversifiées du travail et ne donne, dans des fonctions alternées, qu’un libre essor à la diversité de ses capacités naturelles ou acquises [Le Capital,Livre I, pp. 165-166]. ”

      Après, les deux plans quinquennaux, l’URSS était la première puissance industrielle de l’Europe.
      C’est pour cela qu’elle était capable de produire par milliers des tanks, des avions, des machines-outils.
      En 1949, elle produit la bombe la plus puissante du monde avant même la vielle Angleterre.Sa technologie a dépassé celle l’Angleterre.Pays où, Marx a découvrit les conditions de la suppression de la division du travail au niveau de l’individu.

      Mais l’URSS, malgré l’existence de la grande industrie, continue a se mouvoir dans l’utilisation capitaliste des moyens de production.Donc,la contradiction entre la grande industrie et les forces de travail agissait pleinement.C’était du capitalisme d’Etat.

      On va peut-être me dire que c’était à cause de Staline.
      Mais même lorsque Lénine était au pouvoir, les ouvriers utilisaient les moyens de production à la manière capitaliste.
      Car pour former les ouvriers, à travailler dans plusieurs domaines, il faut la participation de tout le monde au travail productif pour réduire le temps de travail social au minimum.Donc la division du travail entre l’Administration d’Etat et la production disparaît.
      Écoutons Engels sur cela:
      « En se rendant maîtresse de l’ensemble des moyens de production pour les employer socialement selon un plan, la société anéantit l’asservissement antérieur des hommes à leurs propres moyens de production. Il va de soi que la société ne peut pas se libérer sans libérer chaque individu. Le vieux mode de production doit donc forcément être bouleversé de fond en comble, et surtout la vieille division du travail doit disparaître. A sa place doit venir une organisation de la production dans laquelle, d’une part, aucun individu ne peut se décharger sur d’autres de sa part de travail productif, condition naturelle de l’existence humaine; dans laquelle, d’autre part, le travail productif, au lieu d’être moyen d’asservissement, devient moyen de libération des hommes, en offrant à chaque individu la possibilité de perfectionner et de mettre en oeuvre dans toutes les directions l’ensemble de ses facultés physiques et intellectuelles, et dans laquelle, de fardeau qu’il était, le travail devient un plaisir.

      Cela n’est plus aujourd’hui une fantaisie, un vœu pieux. Avec le développement actuel des forces productives, l’accroissement de la production donné dans le ! fait même de la socialisation des forces productives, l’élimination des entraves et des perturbations qui résultent du mode de production capitaliste, celle du gaspillage de produits et de moyens de production, suffisent déjà, en cas de participation universelle au travail, pour réduire le temps de travail à une mesure qui, selon les idées actuelles, sera minime »(https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611ac.htm#sdfootnote187sym).

      Les léninistes utilisent l’argument de la productivité pour maintenir l’ancienne division du travail en URSS.Mais ceci est réactionnaire.C’est en fait pour maintenir leurs contrôle sur les moyens de production au dépend des ouvriers.
      Écoutons encore Engels:
      « Il n’est pas vrai, d’autre part, que la suppression de l’ancienne division du travail soit une revendication uniquement réalisable aux dépens de la productivité du travail. Au contraire, par la grande industrie, elle est devenue condition de la production elle-même. »(https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611ac.htm#sdfootnote187sym)

      Pour Engels donc, l’utilisation normale de la grande industrie ne peut se faire que dans le cadre de la suppression de la division du travail au niveau individuel.
      Très loin des théories fumistes léninistes et stalinistes rejetant la suppression de l’ancienne division du travail sous prétexte qu’il faut d’abord encore(et encore !) augmenter la productivité malgré l’existence de la grande industrie.

      Au contraire, avec la suppression de l’ancienne division du travail, la productivité augmente rapidement que celle de n’importe quel industrie capitaliste.
      La seule raison qui empêchait de supprimer cette division du travail était l’existence de la propriété privée des moyens de production.Car cette propriété ne peut être supprimer que lorsque l’ancienne division du travail disparaît.

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