LA CRISE FINANCIÈRE EST DE RETOUR.

Robert Bibeau. Producteur. http://www.les7duquebec.com

 

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L’économiste s’insurge « Dans un jeu, il ne faut pas se faire refiler les mauvaises cartes. Dans le grand poker des monnaies, il ne faudra pas rester assis sur l’argent déprécié quand surviendra l’implosion du système monétaire de l’euro. Ces temps-ci, c’est la clique italienne autour de Draghi, banquier arnaqueur de Goldmann-Sachs qui est le plus grand fraudeur contre les marchés. Selon la constitution de la BCE, le comité doit garantir la stabilité de l’euro. Ceci signifie ne pas gonfler la masse monétaire plus que la productivité, donc maintenir la balance entre la valeur de la monnaie et la valeur des biens.  La BCE fait exactement le contraire:

 

–    Elle a gonflé le volume de la masse monétaire sans égard. Elle l’a multiplié par rapport au volume des biens et ainsi, elle a créé un énorme potentiel d’inflation, contre lequel on fait maintenant barrage de manière très artificielle.

–    La BCE n’a le droit de financer ni la dette grandissante des États ni les banques arnaqueuses. Depuis une année, la clique autour de Draghi fait l’un et l’autre, en s’endettant de plus en plus, avec 60, et bientôt avec 80 milliards d’euros par mois, sans en obtenir l’impact voulu sur la conjoncture. 1,74 billion d’euros ont été distribués comme aide, sont restés comme dette et sont partis en fumée sans effet.

–    Avec l’intérêt zéro, la BCE a dépouillé les instituts d’épargne et leurs clients de plus de 34 milliards d’euros par an. Elle les a trompés et les a poussés dans des situations personnelles difficiles. Mais elle n’a pas répondu à sa tâche de maintenir le taux d’intérêt en tant que prix de marché d’une monnaie solide. » (1)

 

Arrêtons-nous ici pour questionner l’auteur de cette diatribe ; pourquoi Draghi fait-il tout le contraire de ce qu’il faudrait faire selon l’économiste ?  Draghi est-il méchant ou mécréant ? Est-il incompétent ?  De fait, le banquier Draghi est un pantin qui ne contrôle rien, et comme ses amis de la FED (qui ne contrôle rien), il utilise les outils inefficaces que le mode de production capitaliste en cavale lui offre dans sa besace.

 

Le professeur d’économie poursuit « Maintenant, il faut assumer les négligences du manque de gestion de la crise de l’euro après 2008, celle-ci ayant provoqué endettement débridé et spéculation. Au lieu de cela, on a continué les errements de l’endettement grandissant des États en faillite et des banques arnaqueuses au détriment de l’Allemagne, avec le cautionnement financier global de Mme Merkel sous forme du Mécanisme européen de stabilité (MES). »

 

Il est tout à fait exact que suite au krach boursier de 2008 rien n’a changé. Mais pourquoi rien n’a changé ? Parce que personne ne peut changer les lois de l’économie politique capitaliste. Selon l’amer monsieur Hamer, tous ces gens seraient suicidaires !  Ou alors, ce sont des désespérés, qui ne l’écoute pas, lui qui sait et qui conseille comme vous le lirez plus loin.

 

L’économiste enclenche « Les problèmes dus au gonflement sans limites de la masse monétaire ont grandi au même degré. Ainsi, la nécessité d’une correction est beaucoup plus grande qu’en 2008. Comme l’apprenti-sorcier, la BCE ne peut plus reculer sans explosion du système monétaire. Elle ne peut augmenter les intérêts pas mêmes de 1,0% sans pousser les États de l’Europe du Sud, en manque de liquidité et en faillite, parce qu’ils se retrouveraient devant des intérêts plus élevés pour leur dette astronomique et devraient assumer de nouvelles dettes plus chères, ce qui dépasserait leurs possibilités. »

 

Donc, les chefs d’États du Sud européen comme ceux du Nord européen sont coincés, fous, incompétents ou suicidaires selon l’analyste ? Ou alors, eux aussi sont des désespérés qui ne peuvent rien changer sur le bateau ivre en train de sombrer corps et biens et sur lesquels nous sommes tous naufragés.

 

L’analyste ne décolère pas « En plus, la troupe de Draghi est soumise au syndicat financier américain et n’a pas le droit d’augmenter les intérêts en Europe sans l’autorisation du FED. Ce dernier ne la donnera pas, parce qu’autrement l’euro serait plus rentable pour les spéculateurs que le Dollar ce qui provoquerait un drain massif de dollars en dehors de l’Europe. Et ceci aurait pour conséquence le défaut de paiement de l’empire américain du dollar, qui est également éclopé et surendetté. »

 

Mais, monsieur Hamer vous avez écrit précédemment qu’une hausse de la valeur de l’euro, ou du taux d’intérêt rétribuant l’euro, entraineraient de facto la faillite du système monétaire européen, ce qui entrainerait par ricochet la faillite du dollar américain, deux monnaies de l’impérialisme mondial intimement imbriquées. Faudrait savoir, on réévalue où on dévalue les monnaies pour sauver le rafiot qui prend l’eau ? La réponse, ni l’un ni l’autre. Dans les deux cas, le désastre sera aussi grand.

  

Poursuivons la lecture de l’opuscule « Normalement un trop de liquide, dû à une augmentation débridée de la masse monétaire, a pour conséquence une inflation. Les banques spéculatrices empêchent ceci, sur ordre de la BCE, parce qu’ils ne dirigent pas l’argent emprunté à un intérêt de 0% dans l’économie réelle, dans des investissements, dans un surplus de productivité et dans des postes de travail. »

 

C’est tout à fait exact. Mais pourquoi les banques européennes, américaines, canadiennes, australiennes, japonaises, etc. ne dirigent-elles pas les surplus monétaires vers des investissements profitables, valorisants, lucratifs, productifs et dans des postes de travail payant monsieur le savant ? Parce qu’il n’y a pas de marché où écouler cette surproduction supplémentaire qui sortirait de ces usines mort-nées. Présentement, il y a suraccumulation de capital et trop de marchandises sur le marché malgré les pénuries relatives et malgré les famines qui ravagent plusieurs parties du monde, et malgré les millions d’Occidentaux qui fréquentent les soupes populaires, les restos du cœur et les friperies dégarnies.

 

« Par contre, les banques desservent pratiquement exclusivement la dette des États en faillite par exemple la Grèce. Ceci est sans risque pour les banques, car ce ne sont pas les États en faillite seuls qui assument la responsabilité pour cette dette, mais par le biais du MES, entre autres l’Allemagne. Depuis que la BCE pompe chaque mois 60, maintenant déjà 80 milliards d’euros dans la dette étatique, elle ne produit pas de croissance économique, mais une redistribution non productive, financée avec des dettes:

–    Avec le cautionnement des États solides, les États peu sérieux du Sud européen peuvent continuer à se faire le coup de leurs bureaucraties étatiques gonflées et de leurs systèmes sociaux.  –    Les banques arnaqueuses ne doivent pas se consolider, mais peuvent attiser encore plus la bourse et la spéculation avec l’argent gratuit de la BCE.  –    Même des pays qui étaient une fois économes ont maintenant suffisamment d’argent pour inviter tous les pauvres du monde comme visiteurs perpétuels du système social. Ces pays se chargent d’obligations sociales que personne ne pourra jamais payer après la fin de la crue monétaire de la BCE. »

 

Le professeur d’économie a-t-il songé que les États payeurs du nord de l’Europe aimeraient ne pas renflouer les États faillis du Sud, Madame Merkel le répète à l’envi. Les États bourgeois du Nord européen préfèreraient conserver leurs deniers pour leurs banquiers et leurs manufacturiers.  Alors la question est bien, monsieur le juriste, de savoir pourquoi ces États à peine moins endettés ont-ils endossé les emprunts des états à peine plus endettés ? Parce qu’ils n’ont pas le choix, ils sont tous enchainés les uns aux autres ces banquiers, ces créanciers, ces milliardaires, ces monopoles multinationaux dans la même galère qui a nom « Mode de production capitaliste en faillite ».

 

Quelles alternatives pour la BCE?

 

« Pour les raisons mentionnées, la BCE ne peut augmenter les intérêts, sans risquer la faillite d’États et de banques. Elle ne peut pas non plus arrêter la crue monétaire, sans provoquer des faillites avant tout des États de l’Europe du Sud. La BCE a dépassé le point de non-retour. Elle n’a pratiquement plus de chemin de retour, sans provoquer un crash de l’euro. » Ce que nous disons depuis le début de cet article pathétique.

 

Autres alternatives ?

 

« La FED a gonflé la masse de dollars à tout va comme la BCE. Ainsi, elle a financé les États-Unis avec des dettes et en plus, elle a créé des bulles financières immobilières, des dérivés, et encore d’autres. Si une de ces bulles éclate, c’est le dollar qui éclate et avec lui l’euro et tout le château de cartes monétaire occidental. Donc une crise économique mondiale pire que celle des années 1930. Mais il se peut aussi que la clique de Draghi prépare elle-même une correction de la monnaie. La promotion de l’abolition de l’argent en espèce signifie qu’il n’y aurait plus que la monnaie digitale dans les ordinateurs des banques, entreprises et comptes privés. Alors, une dépréciation ou une réforme totale de la monnaie pourrait s’effectuer par simple clic de souris, sans devoir imprimer ou frapper de l’argent. Donc une affaire de quelques secondes. »

 

De fait, la question n’est pas de savoir SI la bulle financière éclatera, mais QUAND elle éclatera… et inutile de quitter le bateau de l’euro au milieu des flots déchainés, pour épouser une nouvelle fiancée (franc, mark, couronne, livre sterling, etc.), le naufrage sera pour tous les passagers ceux d’une frêle esquif à la dérive et pour ceux du Titanic transatlantique. Une confidence à vous tous, chacune des banques centrales prépare une dévaluation de sa monnaie… puisque ce sera la seule « solution » après la déflation et la Grande dépression que nous annoncions dans un article précédent (2).

 

Monsieur Hamer poursuit son apocalypse « Ce serait également une nouvelle redistribution, car des valeurs monétaires seraient anéanties, mais les valeurs réelles seraient toujours présentes. Mais les États, à la place d’une cure d’amincissement draconienne sur eux-mêmes, pourraient essayer de confisquer les valeurs réelles de leurs citoyens. Tout en prétextant le principe de l’égalité-équité, mais en vérité parce qu’ils ne sauraient supporter politiquement des mesures draconiennes d’économie. » Vous avez une bonne intuition, monsieur l’économiste, c’est bien ce que préparent les banques centrales.

 

« Il faut donc voir la politique de l’intérêt zéro de la BCE comme le dernier tir d’un bateau de guerre qui est en train de couler. C’est un signe qu’il est pour nous urgent d’agir et de transformer l’argent en valeurs réelles. »

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J’aime la métaphore du Bismarck en perdition, mais un doute m’assaille, n’avez-vous pas écrit qu’il a dix ou cent fois plus d’argent (virtuel) en circulation qu’il n’y a de marchandises disponibles sur les marchés – comment transformer ce trop d’argent en marchandises ? Autre doute qui me trouble, les États capitalistes nous laisseront-ils déguerpir avec nos devises ? Et pour aller où ? Enfin, pour la plupart des pèquenots que nous sommes, nos épargnes, ce sont nos maisons ou ce qu’il en reste et notre fonds de pension qui est administré en fiducie, intouchable et irrécupérable ! J’ai bien peur que votre solution désespérée soit impraticable (3).

 

En conclusion, il est impossible d’échapper à la crise économique systémique du mode de production capitaliste en restant à l’intérieur du système capitaliste – et ce n’est pas pour M. Draghi et sa clique faute d’essayer par tous les chemins maritimes minés, ils sont tous enferrés des deux côtés de l’Atlantique et le problème c’est le Titanic (ou le Bismarck) et non le capitaine qui a déjà quitté le paquebot, rescapé sur un rafiot qui prend l’eau.

 

 

Références

 

13 pensées sur “LA CRISE FINANCIÈRE EST DE RETOUR.

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    11 mai 2016 à 16 04 18 05185
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    Cet article me fait penser à une question qui me taraude:
    pourquoi n’y a til pas d’inflation lors que on injecte 80 milliards de dollars aux EU et autant en euros en UE .
    Ou se situe l’inflation???
    dans les pays emergents????

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      12 mai 2016 à 8 08 21 05215
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      Bonjour Monsieur Vila

      EXCELLENTE QUESTION.

      1) En effet cette profusion de monnaie en Europe (euro) aux USA (dollar) en Chine (Yuan) au Japon (yen) aurait du déclencher une inflation à deux chiffres dans le cadre de l’économie capitaliste classique.

      2) Ce n’est pas le cas comme vous constatez sauf dans certains pays émergents et certains pays de la périphérie impérialiste.

      3) C’est que l’économie capitaliste à sa phase impérialiste s’est répandue sur la Terre toute entière et si anciennement la comptabilité de la sphère financière se faisait davantage État par État (le commerce international y comptait bien entendu mais moins qu’aujourd’hui). Aujourd’hui la comptabilité de la sphère financière (la circulation de l’équivalent général – l’argent devant normalement représenter la circulation des marchandises) se fait par grand oligopole multinational et par État les deux combinés,

      4) Ce phénomène accentué par l’interrelation entre les grandes banques mondiales et la liaison instantanée des bourses mondiales permet au système financier mondialisé d’avaler (les économistes parlent de TROU NOIR FINANCIER) le surplus de numéraire et de le faire disparaître dans la spéculation boursière sur actions.

      5) Dans un article précédent traitant de la DÉFLATION j’ai expliqué ce phénomène qu’un économiste réformiste dénonçait – à savoir que des firmes comme GOOGLE avale littéralement des masses de capitaux monétaires bien au-delà de leur VALEUR RÉELLE.

      6) Quelle sera le résultat de cette inflation dirigée-masquée vers les actifs boursiers de grandes corporations impérialistes multinationales ? SIMPLE, regarder ce qui s’est passé en 2008, qui fut un krach boursier D’AJUSTEMENT, multiplié l’impact d’ajustement entre sphère financière (monétaire) et sphères de la production-consommation par mille ou par dix mille et vous aurez une idée approximative de ce qui attend l’humanité lors de cette Grande Dépression que je prédis…

      7) Malheureusement, ce ne sera pas fini, Voyez ailleurs sur ce webmagazine, les préparatifs de guerre en cours, entre les deux grandes alliances impérialistes … car tout ceci se terminera par une nouvelle guerre mondiale.

      Robert Bibeau. Producteur Les7duQuebec.com

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    14 mai 2016 à 10 10 17 05175
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    Nous assistons plutôt à une déflation caractérisée par une dévalorisation du capital en général.
    Les Banques Centrales n’ont aucun intérêt à remonter leur taux ce qui relancerait une inflation encore plus destructrice ce que les États ne souhaitent pas étant donné la taille de leur dette.

    L’expansion inouïe du capital financier dans les trente dernières années n’a d’original, dans l’histoire du capitalisme, que son gigantisme particulièrement extraordinaire.
    Lequel cependant est plutôt une manifestation de l’ampleur des difficultés auxquelles s’est heurtée la valorisation du capital à partir des années 70: elles rendaient nécessaire une ampleur proportionnelle du dopant.
    Les taux d’endettement des ménages, des États, et de nombre d’entreprises atteignaient des niveaux astronomiques, bien au-delà de leurs capacités de remboursement.

    Puisque le gonflement du crédit est inhérent aux nécessités de la valorisation du capital, il est illusoire d’imaginer abolir « l’énorme influence » qu’a acquis le capital financier sans le faire du rapport social capitaliste qui fonde cette nécessité.
    Sans accroissement du crédit, pas d’accumulation!
    Et si la condition première de l’accumulation (le profit) n’est pas réalisable, le crédit même offert gratuitement par les Banques centrales, reste dans le système financier, comme cela se passe aujourd’hui.
    Cette « énorme influence » ne fait que manifester celle des nécessités de la valorisation du capital dans le capitalisme contemporain.
    On ne peut donc pas séparer le « mauvais » capital financier du « bon » capital industriel, ni corseter et brimer le premier en pensant ainsi pouvoir favoriser le second à qui reviendrait une plus grande part de la plus-value, ce qui l’inciterait à investir et croître.

    Qu’il ait gonflé « excessivement » selon les économistes, dans la démesure de spéculations de plus en plus en hasardeuses (comme les célèbres subprimes) ou pures escroqueries (genre Madoff),
    de « produits financiers » de plus en plus déconnectés de la richesse réelle, c’est déjà le propre des mouvements de l’argent en tant que marchandise autonome (et même quasi indépendante sous sa forme papier, ou maintenant informatisée, déconnectée de l’or) par rapport aux autres marchandises dont il est censé représenter la valeur.
    Et ça l’est encore bien plus du crédit qui est spéculation par définition (et création privée de monnaie par les banques). Ces spéculations sont seulement plus ou moins aventureuses et massives. Or elles le sont à un maximum à la veille des krachs, pour deux raisons au moins:

    Premièrement, le cycle d’expansion du capital est alors à un sommet, donc aussi la masse des titres financiers et leurs cours, puisqu’on anticipe que la courbe ascendante va continuer, qu’on ne veut pas rater jusqu’à la dernière hausse, la dernière spéculation.

    Deuxièmement, la suraccumulation de capital qui commence à se faire jour, le prix très élevé des cours boursiers qui finit par amoindrir leur rendement poussent les financiers à tenter des spéculations de plus en plus risquées, déconnectées de la production réelle de plus-value (comme l’échafaudage genre château de cartes des « produits dérivés » les uns des autres, dont les
    « sous-jacents » ne sont eux-mêmes que des titres financiers, ou des « notions » tels des taux de change, des indices boursiers, etc.).

    Un indice significatif de la situation de suraccumulation du capital contemporain, c’est que l’offre de crédit a eu beau gonfler sans cesse, elle ne jouait plus son rôle de dopant de la croissance du capital productif.
    Les tombereaux de « liquidités » déversés par les Banques centrales (notamment par la FED de M. Greenspan après le krach des NTIC du début des années 2000) sont comme passés à la trappe au lieu de servir à stimuler production et consommation.

    Les économistes médiatisés parlent alors de « trappe à liquidités » pour caractériser cette situation où les « liquidités » restent dans la sphère financière, où elles gonflent en opérations financières improductives de croissance24 et en bulles spéculatives, jusqu’au krach inéluctable puisqu’il s’agit de capital fictif, parce qu’elles ne trouvent pas les occasions de se convertir en moyens de production rentables (de production de plus-value).
    Cela manifeste clairement les difficultés du capital à convertir la plus-value en capital additionnel, c’est-à-dire à se reproduire de façon élargie, à perpétuer sa valorisation qui est la condition de son existence.
    Cela témoigne donc de la suraccumulation de capital productif de plus-value (et donc cela induira nécessairement sa désaccumulation, la récession).
    Et cela manifeste enfin que la cause de la crise n’est pas fondamentalement le « trop »
    de « liquidités », mais cette suraccumulation. Car ce « trop » n’est que relatif aux blocages de la valorisation, qui sont les vrais problèmes du capital. Il apparaît comme capital financier fictif parce qu’il ne peut pas se convertir en « vrai » capital, en moyens de production rendant assez de profits.

    Certains des critiques du capital financier se veulent radicaux en se posant comme « anticapitalistes ».
    Ils proposent que l’État, supposé représenter « l’intérêt général », capte l’essentiel de la plus-value par l’impôt au détriment du capital et des capitalistes privés.
    Il pourrait alors augmenter les emplois publics et parapublics, lancer de « grands travaux », financer des investissements.
    Il pourrait aussi ajouter à tout cela l’obligation d’une hausse des salaires et une bonne dose de protectionnisme. Et voilà la consommation et la production nationales, la croissance et les emplois nationaux qui repartiraient à la hausse !
    Miracle d’un capitalisme étatisé!

    Comme si cet État pouvait agir efficacement pour la croissance capitaliste en dehors du cadre des lois de la valorisation telles qu’elles jouent dans la situation contemporaine!
    Situation telle que cette valorisation est bloquée par l’efficacité même avec laquelle le capital fait produire (productivité élevée, division planétaire du travail très accentuée, etc.).
    Et cela l’État n’y peut rien changer.

    La crise est le moment, et a pour fonction, de rétablir le procès de la reproduction élargie du capital.
    Il s’agit donc pour les États, qui sont responsables de reproduire la société capitaliste, de mettre en œuvre une politique de crise qui crée les conditions d’une relance de la croissance, c’est-à-dire d’une croissance de la production-réalisation de la plus-value qui soit aussi celle du taux de profit. Pour y parvenir trois conditions au moins sont à réunir.

    1°) Détruire les capitaux « excédentaires », surcapacités de moyens de production, stocks de marchandises, capitaux financiers. Notamment les titres de la dette des États, qui ont été accumulés en masses énormes pour détruire les dettes privées, et qui le seront eux-mêmes pour une part par l’inflation et le défaut de paiement, pour l’autre par l’impôt et la réduction des dépenses de services publics tels que l’enseignement, la santé, etc. Ces destructions ne sont réalisables qu’au moyen de grandes violences: un chômage massif, une dégradation considérable des conditions de vie des masses populaires, et pire encore, jusqu’à des guerres.
    En Europe par exemple, la situation des peuples de nombreux pays tels la Grèce ou l’Espagne, qui s’aggravera encore d’ailleurs, est celle que connaîtrons, et commencent à connaître, les autres. Dans le même temps les États devront aider encore davantage le capital (exonérations de charges, aides financières diverses, crédit gratuit, nationalisations, etc.).

    2°) Accroître les moyens coercitifs de l’État (national, ou fédéral comme l’envisagent certaines fractions des bourgeoisies européennes). En effet, puisque ces destructions entraînent aussi le délabrement de la condition de prolétaire, et même leur destruction en grand nombre sur la planète (misère absolue, famines, guerres), il est inévitable qu’ils résistent et que s’accentuent les résistances et révoltes (avec quelle orientation est une autre question), et donc que s’accentue la dictature de la bourgeoisie pour y faire face.
    Et aussi pour tenter de l’emporter dans les conflits extérieurs qui vont, eux aussi, s’accentuer puisqu’ils décideront quels capitaux seront détruits et quels autres survivront. L’histoire des années 30, comme l’actualité, enseigne que cet étatisme accru se présente toujours comme un changement du personnel gouvernant, les nouveaux arrivés prétendant qu’ils sauront, eux, mettre l’État au service du peuple en mettant le capital (souvent nommé « l’économie ») au service du peuple, voire qu’ils développeront un capitalisme sans capitalistes grâce aux nationalisations.

    Ces deux premières conditions peuvent être réalisées ensemble si la bourgeoisie l’emporte dans la lutte des classes qui va se développer.

    Mais le capitalisme ne sera pas pour autant sorti de sa crise, car il en faut pour cela, last but not least, une troisième.

    3°) Cette troisième condition, c’est de trouver les moyens d’une nouvelle et forte hausse de la productivité. En effet les destructions qu’opère la politique de crise ne règlent pas pour autant à elles seules le problème du blocage de la reproduction élargie du capital.
    Elles ont pour objet de tenter de rétablir le taux de profit en ramenant la masse des capitaux à proportion de celle de la plus-value. Mais ce faisant elles enclenchent une spirale récessionniste qui vient s’opposer à ce résultat espéré: fuite des capitaux devant l’investissement productif, chômage massif et baisse des revenus des travailleurs qui font effondrer la consommation, baisse des recettes de l’État malgré les hausses d’impôt qui lui interdit toute relance « keynésienne » de l’économie, d’autant plus qu’ils sont tous déjà surendettés.
    On voit bien aujourd’hui leur impuissance à concilier ces deux objectifs contradictoires que sont « la rigueur », c’est-à-dire la récession, pour réduire les capitaux excédentaires fixés dans leurs dettes gigantesques, et la « croissance » de leurs dépenses également nécessaire pour y parvenir!
    Des deux côtés, c’est la crise qui non seulement continue mais s’aggrave.

    Ceux qui pensent que le capitalisme peut sortir de la crise s’encouragent en disant: il l’a déjà fait! Pleins d’espoirs ils mettent par exemple en avant qu’en 1945 la dette des USA se montait à 130 % du PIB, celle de la Grande-Bretagne à 260 %, tandis que Japon, Italie, Allemagne, France, etc., étaient des champs de ruines, leurs États en faillite, et que cela n’a pas empêché les Trente Glorieuses.

    Certes, mais premièrement ces niveaux d’endettements étaient consécutifs aux énormes dépenses de la guerre, laquelle avait réalisé une des conditions de la reprise rappelée ci-dessus: la destruction d’une masse énorme de capitaux. L’endettement d’aujourd’hui n’est pas la contrepartie d’une telle destruction de la sur accumulation de capital (même si les guerres en Irak, Afghanistan, Libye, etc., y ont contribué).

    Deuxièmement, et c’est une condition dont nous avons signalé l’importance, le capitalisme a pu, sur la base de ces destructions, trouver les moyens de nouvelles et fortes hausses de la productivité tant dans l’industrie, avec la généralisation du fordisme (et les financements du plan Marshall), que dans l’agriculture avec le développement de grandes exploitations « productivistes » (remembrement, mécanisation, intrants chimiques, etc.).
    Ces gains de productivité appliqués à la reconstruction qui pouvait se développer sur les vides laissés par les destructions de la guerre ont été suffisamment élevés pour pouvoir entraîner une hausse de l’emploi et du niveau de consommation des masses en même temps que de la plus-value relative, générant une « spirale vertueuse » de croissance.
    Le capital était alors aussi poussé à un partage significatif de ces gains de productivité avec les masses salariées du fait que la situation de l’époque l’y obligeait, en même temps que la gauche politique et syndicale contribuait puissamment à briser les luttes ouvrières et à reconstruire l’État bourgeois.

    Ainsi les trois conditions essentielles pour une reprise de la croissance, (destructions massives de capitaux, prolétaires soumis à l’État, gains de productivité importants) étaient réunies (dès la fin des années 40 en France). On a vu pourquoi cette croissance « fordiste » s’est bloquée, vers la fin des années 60 dans les métropoles du monde « libre », jusqu’à laisser place à la récession à partir du krach de 2008.
    Reste à déterminer si la bourgeoisie peut à nouveau réunir ces trois conditions afin de pouvoir sortir de la crise en ouvrant un nouveau cycle d’accumulation du capital.

    Tant qu’elle domine dans la lutte de classe, donc tant qu’elle réalise la condition n°2 (prolétaires soumis à l’État), elle peut aussi réaliser la n°1 (destructions). Il n’en va pas de même pour la n°3 (productivité), tout aussi indispensable pour relancer la fameuse croissance « régulée » de la production/consommation.

    En effet des obstacles, sérieux au point d’être quasi insurmontables, s’opposent aujourd’hui à ce que la bourgeoisie investisse sérieusement dans l’obtention de nouvelles et fortes hausses de productivité. Tout simplement parce qu’ils en obèrent la rentabilité.

    Certes la concurrence oblige toujours chaque capitaliste particulier engagé dans la production à essayer de risquer malgré tout quelques investissements susceptibles de lui donner un avantage technologique sur ses concurrents, que ce soit en termes de productivité ou de mise sur le marché de nouveaux produits.
    Il peut obtenir par là ce que Marx a appelé une « plus-value extra » (vente à un prix supérieur à la valeur sociale du produit, situation de monopole sur un produit), c’est-à-dire temporaire, le temps que ses concurrents fassent de même, et qu’alors les prix s’abaissent, notamment dès que la protection des brevets tombe (cf. par exemple le cas des génériques en pharmacie, les produits des NTIC « copiés » par les chinois, coréens, etc.).
    Ils s’abaissent parce que les valeurs des marchandises s’abaissent du fait de la productivité élevée.

    Aujourd’hui chaque capitaliste particulier doit malgré tout essayer de poursuivre ses investissements technologiques pour survivre dans la concurrence (qu’il tente aussi d’éliminer en la rachetant). Il y est poussé par cette nécessité et l’espoir de cette plus-value extra.
    Mais aussi il en est découragé par les rendements dégradés de ce type d’investissement et la perspective de ne même pas pouvoir amortir son investissement en cette époque de crise chronique.

    Ainsi on voit que la situation du capitalisme contemporain est telle que tout progrès dans les applications de la science à la production (de la productivité) tend à aggraver les obstacles à la valorisation du capital général qui ont été rappelés ci-dessus plus qu’il ne contribue à en repousser les limites.
    C’est-à-dire qu’il constitue plus un facteur de dévalorisation du capital que de sa valorisation.

    Or l’extraction de la plus-value sous sa forme relative par le moyen d’une forte augmentation de la productivité générale était une des conditions indispensables à la reprise de la croissance, c’est-à-dire de la valorisation du capital!
    Voilà que la situation est telle que cette augmentation aboutirait au résultat inverse, sa dévalorisation.

    En effet, au cours de son développement historique le capitalisme a dû utiliser des moyens qui, comme celui des gains de productivité, étaient à la fois facteurs de valorisation et de dévalorisation, les deuxièmes finissant par l’emporter sur les premiers.

    C’est notamment le cas de trois d’entre eux, bien connus: le capital financier (le crédit), le capital commercial et, de plus en plus important et grossissant, l’État.
    Ces moyens ont stimulé la production de la plus-value, de l’extérieur du procès de sa production, et sa réalisation. Mais ils ne pouvaient exister et se développer qu’en tant que consommateurs de la plus-value sociale puisqu’ils n’en produisent aucune.
    Leur accroissement est devenu d’autant plus fort que croissaient aussi l’accumulation du capital et les difficultés de sa valorisation (cette croissance étant évidemment aussi celle des contradictions du capital) puisque leur rôle était d’en être un stimulant.
    Mais stimuler n’est pas produire.
    Et quand les conditions internes de la production de la plus-value se sont mises à dépérir fortement, jusqu’à manquer comme nous avons vu que c’est aujourd’hui le cas, l’accroissement de ces stimulants ne pouvait plus jouer leur rôle sur une valorisation ainsi dépérissante.
    À l’inverse, son effet sur la dévalorisation était devenu énorme, à proportion du grossissement de ces moyens externes. Ils contribuaient alors à accroître ce dépérissement, consommant toujours plus de plus-value sociale qu’ils n’aidaient à en produire (l’exemple du crédit et du capital financier est sur ce point particulièrement clair).
    Comme pour le dopage: on doit en consommer toujours plus pour être stimulé, mais finalement survient l’overdose!

    Les capitalistes ne peuvent plus réunir les trois conditions essentielles ci-dessus rappelées pour sortir de la crise en ouvrant un nouveau cycle de reproduction élargie du capital, contrairement à ce qu’ils ont pu faire jusque-là lors des crises passées de suraccumulation de capital/sous-consommation des masses.
    Telle est la spécificité historique du capitalisme contemporain et de sa crise.

    Il est absolument nécessaire, pour déterminer une lutte politique efficace, réaliste, permettant de sortir de cette crise, de comprendre cette spécificité afin d’en tenir compte.
    Car elle indique que toutes les tentatives de relance de la croissance capitaliste, non seulement ne peuvent être recherchées qu’aux moyens, « classiques », de destructions massives d’hommes, de moyens de production, de richesses de toutes sortes, et d’une dégradation d’autant plus considérable des conditions de vie des masses que la plus-value sera davantage extraite sous sa forme absolue, mais qu’elles sont de plus sont vouées à un échec rapide.

    Tous les partis politiques et idéologues proposant des recettes pour une nouvelle croissance du capital, pour un « bon » capital créateur d’emplois correctement salariés, etc., doivent être considérés comme bonimenteurs ou des charlatans.
    Ni les émissions monétaires massives des banques centrales pour couvrir les dettes publiques, ni l’étatisation accrue de l’économie et de la société, le protectionnisme et le nationalisme, ni un capitalisme « vert », ni des augmentations de salaires au détriment des profits, bref, rien de ce qui n’engage pas un procès révolutionnaire pour sortir du capitalisme, à commencer par la destruction de son État, ne peut à notre époque, compte tenu donc de la spécificité historique ci-dessus énoncée, permettre de sortir de la succession ininterrompue de catastrophes (chômage, misère, guerres, totalitarismes, destruction de la nature) que le capitalisme empilera et accroîtra nécessairement pour tenter de survivre.

    Pierre Lehoux

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      15 mai 2016 à 9 09 18 05185
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      Salut Pierre

      Je vois que tu as bien lu Tom Thomas – et que tu le cites très bien.
      Je ne puis qu’être d’accord avec cet extrait et particulièrement la conclusion – Il n’existe aucun moyen de sauver le soldat CAPITALISME qui doit trépasser pour que le prochain advienne non pas par le fait des communistes – je parle ici des sectes dogmatiques auxquelles les communistes s’agrippent dans leur désespérance présente – mais sera le fait de la classe prolétarienne révolutionnaire qui se dotera d’organisations devant la servir dans sa révolution de classe…

      Tu remarqueras que je ne promouvoit pas l’anarchie – je crois à la nécessité de l’organisation révolutionnaire – mais je crois qu’elle sera le fait des révolutionnaires prolétariens eux-mêmes.

      Merci pour ton commentaire

      Robert Bibeau. Producteur. http://www.les7duquebec.com/

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    16 mai 2016 à 11 11 02 05025
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    Quant à la solidarité internationale anti-imperialiste elle est aussi le cheval de bataille des communistes de l ‘ AAM en particulier mais aussi de l ‘ OCML VP.
    Les pays dominés sont en première ligne du combat contre l ‘ exploitation.
    C ‘ est en s ‘ attaquant à son État imperialiste que l ‘ on prend conscience de la veritable nature de ce système.
    Les communistes doivent être solidaires avec les luttes des forces anti impérialistes dans le monde.
    C’est une manière de créer un autre rapport de forces.

    PL

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      16 mai 2016 à 12 12 26 05265
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      Merci Pierre de me fournir l’occasion de présenter un point théorique très important.

      Tu écris en parfaite concordance avec la pensée dominante parmi les communistes que JE TE CITE « Les pays dominés sont en première ligne du combat contre l ‘ exploitation. »

      MAIS camarade, un « pays » dominé et combattant l’exploitation ça n’existe pas – c’est un concept anti prolétarien révolutionnaire, antimarxiste et antimatérialiste dialectique que ces « pays » exploités ou combattant l’exploitation!

      D’ailleurs les gens qui propagent cette mystification sont si conscient de leur erreur qu’ils se croient obligés d’ajouter cette phrase « Les communistes doivent être solidaires avec les luttes des forces anti impérialistes dans le monde. »

      Tu auras noté que dans cette dernière phrase que tu paraphrases … les communistes sont solidaires des « forces anti-impérialistes » dans le monde.

      Questions : Qu’elles sont ces « forces » ???? En quoi sont-elles « anti-impérialistes » ? QU’est-ce que c’est qu’être « anti-impérialiste » ? Quelles sont les caractéristiques de la lutte « anti-impérialiste » ?

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    16 mai 2016 à 13 01 21 05215
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    C ‘ est pourtant aussi évident que le nez au milieu de la figure.
    Toi qui as lu Tom Thomas tu devrais connaître l ‘ analyse qu il fait du partage du monde entre pays dominants dont les capitaux sont dans des secteurs essentiels (produits à forte valeur ajoutée, monnaie forte, laboratoires, centres financiers etc.) et pays dont les capitaux sont secondaires (sous traitants la plupart du temps, mais dont le financement alimente des bourgeoisies compradores).
    Prenons le cas de l ‘ Inde, des Philippines, de la Colombie etc. où se sont développés des mouvements de libérations qui contrôlent des teritoires importants.

    C’est dans ces pays dominés par les Centres imperialistes (qui centralisent toutes les richesses).que ce situe  » la zone des tempêtes ». Je ne paraphrase rien et je n’ai aucune envie de me justifier.
    Simplement si l ‘ on emploie le même langage on des chances de mieux se comprendre…tu reliras nos bases d ‘ actions qui sont sur notre bulletin et sur notre site et tu pourras constater que ce que je dis est bien écrit et constitue l ‘ ossature de notre association de communistes…voilà
    .

    Pierre Lehoux

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      16 mai 2016 à 17 05 43 05435
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      Bonjour Pierre.

      Merci pour ta réponse. C’est très aimable de ta part.

      Je dois d’abord t’informer que je suis un prolétaire révolutionnaire, ceci signifie qu’en toute chose un seul et unique critère (ou facteur) me sert à juger – évaluer – analyser – comprendre – expliquer… ce critère étant l’intérêt et le futur de ma classe sociale prolétarienne.

      Ceci étant posé… je m’interroge sur les exemples que tu donnes de « pays », « forces » ou « mouvements » menant des combats « anti-impérialistes » de « libération » – Tu mentionnes Colombie, Philippines, Inde.
      Question que je me pose aussitôt – la classe prolétarienne est-elle libérée, émancipée, dirigeante, désaliénée dans ces zones dites « libérées » (zones de guerilla paysanne) de ces trois pays ?

      NON, pas plus que la classe prolétarienne n’était libérée – émancipée – désaliénée – au pouvoir – en URSS paysanne (1917) en Chine maoiste (1949) à cuba castriste (1959), Angola du MPLA, Mozambique (1975) Burkina Faso, etc…etc.

      C’est donc que ta définition de la lutte anti-impérialiste se fonde sur une conception non pas prolétarienne révolutionnaire mais anticoloniale de libération nationaliste bourgeoise (genre Chavez, Morales, Péronniste, Kadhafi, Sadam Hussein, Khomeyni, Assad, Mendela, etc.) Partout, où une bourgeoisie locale décide de vendre plus cher sa collaboration à l’exploitation internationale de la classe ouvrière nationale et même à jouer une alliance impérialiste (OTAN) contre une autre alliance impérialiste (Chine-Russie-BRICS) aux dépends du prolétariat national.

      Comme tu le vois, cette dérive anti-impérialiste bourgeoise mène loin une fois qu’on s’y engage. Ainsi Khomeini n’a-t-il pas été un farouche opposant de l’impérialisme américain ??? OUI, car il était un farouche défenseur de l’impérialisme iranien. Rien à espérer de ce côté pour le prolétariat révolutionnaire iranien. (ce qui ne signifie pas du tout que j’appuie la moindre attaque – invasion américaine contre quelque pays que ce soit, y compris l’Iran et la Syrie, dont il revient aux prolétaires locaux de se débarrasser des dirigeants et pas aux drones de l’OTAN).

      Idem pour ces régions dites « libérées » par les FARC en Colombie que les forces petites-bourgeoises et paysannes des FARC s’apprêtent à « libérer » de leurs emprises pour en remettre officiellement le contrôle à l’État fasciste colombien (J’aime mieux ne pas penser aux pogroms – et aux massacres qui attendent ces pauvres paysans vivant dans ces zones rétrocédées d’une faction bourgeoise à l’autre faction bourgeoise étatique). Il suffit d’aller voir au Salvadore et au Nicaragua où sévissaient les Sandinistes pour l’anticiper.

      La révolution prolétarienne ne peut en aucun cas se faire par régions – zones – communes – de Yenan la paysanne vers Shanghai la ville dévergondée prolétarienne (sic)… La campagne arriérée entourant la ville dépravée (sic).

      La révolution prolétarienne sera prolétarienne (non pas paysanne), globale, mondiale, totale, urbaine, anticapitaliste, couvrant la Terre toute entière (la ou le capitalisme s’est étendue) comme un raz de marée… victorieuse ou écrasée – pas de place pour des zones « libérées » (sic) au milieu de la jungle urbaine impérialiste criminel de guerre.

      Voilà notre anti-impérialisme à nous prolétaires révolutionnaires. Ce n’est pas d’une zone d’exploitation nationale administrée par nos seigneurs nationaux (bolchéviques ou maoïstes ou castristes, ou guévaristes, ou sankariste, ou Ho-Chiministe, ou Kmeristes, ou…) dont nous rêvons mais d’une planète purgée du mode de production capitaliste avec la classe prolétarienne au pouvoir et surtout pas un parti communiste dont la plus grande préoccupation sera de vérifier si tel ou tel meneur-dirigeant possède sa carte du parti ???

      Non, il ne possède pas sa carte du PARTI, il possède sa carte de membre de la classe prolétarienne révolutionnaire (:-))

      Robert Bibeau. Producteur. Les7duquebec.com

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    17 mai 2016 à 2 02 01 05015
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    Les mouvements révolutionnaires ne sont pas sans contradictions. Le Parti Communiste à venir non plus. Toute organisation est rraversee de courants.
    Lorsque la bourgeoisie (au moins l ‘ idéologie bourgeoise qui y sévit) prend le dessus on en connaît les conséquences (URSS,Chine etc. ).
    C’est l ‘ analyse de ces contradictions qui fait avancer le mouvement communis te.
    Ceci étant personne ne nie que ces mouvements sont l ‘ expression d ‘ un rejet de l ‘ impérialisme. Y compris les formes extrémistes actuelles qui mobilisent sur ce thème anti-imperialiste.
    Les communistes sont les seuls qui peuvent tracer une ligne de démarcation entre les mouvements qui conduisent vers un maintien de l ordre établi et qui avancent masqués sous un discours antiimperialistes et ceux qui s ‘ opposent réellement à la bourgeoisie.
    C’est tout le travail des communistes d ‘ établir des bases claires,d ‘ avoir une boussole qui permettent à l ‘ ensemble d ‘ avancer…

    PL

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      17 mai 2016 à 8 08 01 05015
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      Salut camarade.

      Justement, c’est le point que je souligne spécifiquement dans mon intervention précédente. Les mouvements qui se disent anti-impérialistes ne le sont pas. Et comme tu dis que les communistes sont les seuls qui peuvent tracer une ligne de démarcation -alors je m’inquiètes car tu traces une ligne qui englobe parmi les révolutionnaires prolétariens des forces et des mouvements bourgeois – capitalistes et fondamentalement réformistes (souhaitant transformer – réformer – réparer – et consolider le capitalisme). Il ne suffit pas de se proclamer anti-impérialisme pour en être.

      La boussole que nous offre les communistes me semble bien imprécise.

      Voici quelques repères qui servent de « boussole » aux révolutionnaires prolétariens dans tout ceci.

      1) Le mouvement – l’organisation est-elle un organisation de classe du prolétariat – formé de prolétaires et ne défendant que les intérêts du prolétariat (pas du peuple, encore moins de la nation – nous crachons sur la nation bourgeoise)

      2) L’analyse que présente ce mouvement – organisation – est-elle une analyse de classe adoptant le point de vue exclusif du prolétariat (ce qui ne signifie pas que nous ne connaissons pas le point de vue bourgeois mais nous ne le défendons surtout pas – pas même celui de la petite-bourgeoisie)

      3) L’action idéologique et politique de ce parti – mouvement – organisation est-elle essentiellement tournée vers la révolution – le renversement de l’ordre en place – du pouvoir et de l’État bourgeois essentiellement et uniquement (jamais de réformisme – même les luttes sur le front économique sont toujours des lutes de résistances aux assauts du capital) Nous laissons aux petits-bourgeois le soin de brailler pour le salaire minimum à 15 $, pour une meilleure distribution de la richesse, pour que l’on ferme les paradis fiscaux et que l’on taxe les riches, l’équité fiscale, etc. etc.

      Si ce sont les critères et l’action des communistes alors bravo les communistes vous vous approchez des révolutionnaires prolétariens.

      Robert Bibeau Producteur Les7duquenec.com

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    17 mai 2016 à 16 04 23 05235
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    Comme tu le sais, si tu as lu nos articles, nous appuyons tous les mouvements qui s’opposent à l’impérialisme même si certains tels le Hamas dans le feu de l’action contre Israël, nous rebutent …que faut il faire ?
    Renoncer à soutenir le Hamas alors qu’il s’attaque les armes à la main aux forces fascistes israéliennes mais dans le même temps bien montrer que le soutien aux nationalistes palestiniens n’est pas une finalité.

    C’est comme les luttes de résistances que tu condamnes. Bien sûr qu’elles sont insuffisantes et qu’elles ne feront jamais tomber le système mais il faut expliquer aux prolétaires qu’il faut aller plus loin et s’attaquer résolument à la « tête » c’est à dire à la superstructure que représente l’État parce que c’est là que se situe le poste de commandement, c’est là que sont prises toutes les décisions qui les touchent de plein fouet et que la démocratie est un vain mot, un masque qui est en train de tomber d’ailleurs pour laisser la place au visage hideux du fascisme.

    Pour en venir aux prolétaires ils sont dans leur grande majorité imprégnés de l’idéologie bourgeoise.
    Si ce n’était pas le cas ils seraient déjà organisés dans un Parti indépendant de la bourgeoisie et se reconnaîtrait en tant que prolétariat.
    Alors la première tâche des révolutionnaires comme toi c’est de les aider à s’organiser.

    PL

    PL

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      17 mai 2016 à 21 09 56 05565
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      Nous sommes au cœur d’un débat majeur au sein du mouvement révolutionnaire prolétarien.

      Je suis heureux que toi communiste tu acceptes de le mener avec nous. Félicitation, le sectarisme recul chaque jour et nous en sommes heureux.

      La question en débat ici est bien QUE DOIVENT FAIRE LES RÉVOLUTIONNAIRE PROLÉTARIEN EN CES TEMPS OU LE MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE EST BALBUTIANT – ÉVANESCENT – FAIBLE – DÉSORIENTÉ – DÉSORGANISÉ – FAMÉLIQUE – DIVISÉ – ANÉMIQUE – presque inexistant ?

      Certainement pas appuyer tout mouvement soi-disant anti-impérialiste. Parce que ces mouvements ne sont pas anti-impérialiste. Ainsi le HAMAS n’est absolument pas un mouvement anti-impérialiste et n’est pas impliquée dans un mouvement de résistance anti-impérialiste. La lutte de résistance de la bourgeoisie palestinienne pour récupérer ses terres et son prolétariat et ses paysans – expropriés par la bourgeoisie israélienne avec le soutien de l’impérialisme américain – alors que l’OLP avait le soutien de l’impérialisme soviétique déchu n’est en rien une lutte anti-capitaliste pour l’émancipation de la classe prolétarienne de tout le Proche-Orient.

      La lutte de libération des palestiniens est la lutte de libération de la bourgeoisie palestinienne qui veut faire ses propres affaires – et le fait que des paysans et des jeunes chômeurs et des travailleurs sincères meurent inutilement pour que leur bourgeoisie nationale récupère ses terres et son prolétariat et sa paysannerie pour en assurer elle-même l’exploitation pour son bénéfice ne valide pas cette lutte de libération nationale bourgeoise dans laquelle le prolétariat palestinien ne doit pas servir de chair à canon pour le bénéfice de l’une ou l’autre ds factions Hamas – OLP – Djihad – sioniste – Israël

      Notre guerre à nous prolétarien révolutionnaire est ailleurs…

      Mais attention, je n’ai jamais publié la position que tu lis ci-haut car si je ne dépenserai pas un once d’énergie pour soutenir une lutte de libération nationale bourgeoise j’ai autre chose à faire que de les dénoncées à moins que ces gens nous pose la question … Nous avons autre chose à faire en ces moments de grande léthargie du mouvement prolétarien et de sectarisme dogmatique des organisations qui se prétendent de la gauche radicale (sic).

      Même que plusieurs de ces sectes sont carrément anti-prolétariens – la seule classe révolutionnaire – qu’ils calomnient et dénigrent publiquement – Comment peuvent-ils prétendre servir de guide à ces embourgeoisés ????? On a du travail devant nous comme tu le vois.
      Et la première tâche n’est pas de les organisés, mais de comprendre le monde qui évolue autour de notre classe afin de l’expliquer et d’anticiper – l’organisation – la classe la fera germée autour d’elle au moment ou elle se mettra en marche – Je serai là pour servir pas pour la diriger (:-))

      Robert Bibeau Producteur Les7duquebec.com

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    18 mai 2016 à 9 09 13 05135
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    Tu eludes la nécessaire lutte contre l ‘ idéologie bourgeoise au sein dù prolétariat.
    Bien après la perte du pouvoir politique de la bourgeoisie, les idées de classe (la separation sociale des conditions de la productipn n etant pas abolie) demeurent.
    C’est une lutte pour le temps libre, pour la diminution du travail abrutissant et son remplacement par des machines ce qui sous entend que le prolétariat s ‘ empare de toutes les conditions de la production de sa vie (intellectuelles et anuelles) afin de maitriser les sciences et pour cela poser des alliances avec les puissances intellectuelles dans un premier temps.
    PL

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