La cystite de la lune de miel

CAROLLE ANNE DESSUREAULT :

 

J’ai déjà souffert d’infections urinaires il y a quelques années. Je me souviens encore de la remarque de l’infirmière qui après les tests sanguins me confirmait que je souffrais d’une cystite : « Ce sont les hommes qui nous transmettent leurs bactéries avec leur pénis ! »

Disons que c’était brutalement dit ! Sur le coup, j’étais un peu choquée. J’imagine que je ressentais un malaise face à mon partenaire, lui avec qui je partageais cet océanique bien-être suite à un contact amoureux si précieux et bénéfique.

Pourtant, cette professionnelle était dans le vrai. Les femmes sont quatre fois plus atteintes par la cystite que les hommes – plus particulièrement celles qui sont actives sexuellement. Les rapports fréquents irritent les muqueuses et peuvent provoquer de minuscules fissures. La principale bactérie de la cystite proviendrait de l’intestin dont la sortie de l’anus est proche de l’urètre. Pendant les rapports, il y a augmentation de frottements et de fluides corporels.

Au cours de la relation sexuelle, les germes qui sont généralement présents dans l’anus se retrouvent à l’entrée du vagin et donc près de l’urètre féminin. Lors de la pénétration, l’urètre s’ouvre plus facilement facilitant la remontée des bactéries par l’urètre vers la vessie et l’infectent. Dans les cas graves, la remontée se fait de la vessie aux reins par l’urètre.

Pourquoi les femmes sont-elles plus sujettes aux infections urinaires que les hommes ? C’est simplement une question d’anatomie.

Les hommes – du fait qu’ils ont un pénis – ont un urètre assez long et cette voie d’entrée pour les bactéries est éloignée du rectum – contrairement aux femmes dont l’urètre est très court.

         urètre féminin                                                urètre masculin

La majorité des cystites surviennent après un rapport sexuel en raison de la proximité entre l’anus et l’urètre chez la femme.

Ainsi, les jeunes femmes au début de leur vie sexuelle sont propices aux infections de même pour les femmes qui après une longue période d’abstinence reprennent des rapports sexuels. Ou, lorsqu’un nouveau partenaire apparaît, ou même, durant une grossesse. Même les femmes post-ménopausées sont à risque de contracter une infection urinaire en raison de la baisse d’oestrogènes. Il est important de préciser que cette infection n’est pas sexuellement transmissible.

Pour les hommes, les infections urinaires sont plus rares. Lorsqu’ils en contractent une, ils se doivent de subir des examens poussés – dit le Dr Bhojani – car l’infection peut indiquer une cause ou une condition plus grave. De plus, la prostate grossissant avec l’âge, les hommes d’âge mûr sont davantage exposés aux infections et devraient la faire vérifier parce que souvent la prostate bloque la sortie de la vessie qui se vide mal. Il peut rester un peu d’urine dedans, ce qui favorise la prolifération et la propagation des bactéries.

 Les précautions à prendre après un rapport sexuel ?

  • uriner immédiatement après les ébats amoureux
  • utiliser un savon doux
  • éviter de passer d’un orifice à l’autre durant les rapports sexuels
  • ne pas se retenir d’uriner
  • vider sa vessie complètement chaque fois
  • lutter contre la constipation car elle empêche de bien vider la vessie

 Quels sont les symptômes causés par l’infection urinaire ?

Tout d’abord, une inflammation de la vessie qui génèrent une douleur et une sensation de brûlure lors de la miction, une envie urgente et plus fréquente d’uriner, pour n’évacuer que quelques gouttes, de la pesanteur dans le bas-ventre. Parfois, il peut y avoir du sang dans l’urine. De la fièvre et des douleurs au dos, un signe que l’infection a atteint les reins.

Que faire ?

Il faut boire beaucoup d’eau pour aider à nettoyer la vessie. Éviter le café qui est trop diurétique. Consulter un médecin sans tarder. Quand l’infection est avérée, le médecin préconise la prise d’antibiotiques.

Il existe des produits pour prévenir les cystites qui empêchent les bactéries de s’accrocher à la vessie et qui aussi décrochent celles qui sont déjà fixées. Un médecin peut prescrire une dose d’antibiotique à prendre juste avant ou après les rapports intimes. Si la patiente souffre souvent de cystites, le médecin pourra opter pour une dose quotidienne pendant six mois afin de permettre à la vessie – rendue très inflammatoire par les infections- de guérir. On suggère aussi de prendre en parallèle des capsules de canneberge. Le jus de canneberge ne guérit pas car il n’est pas assez concentré.

Divers autres facteurs de risque

Il va de soi qu’il existe d’autres facteurs de risque d’attraper une infection urinaire. Les diabétiques, par exemple, parce qu’ils ont une sensibilité accrue en raison du taux élevé de sucre dans l’urine qui favorise la prolifération des bactéries, les personnes âgées parce que leur système immunitaire, entre autres, est plus faible, et parce qu’elles boivent moins d’eau. Il y a aussi la baisse d’oestrogènes, les problèmes de prostate, les hospitalisations plus fréquentes, la pose de sondes, etc. Les pierres aux reins ou une intervention chirurgicale peuvent provoquer une infection urinaire.

Les règles d’hygiène, une saine alimentation et surtout boire huit verres d’eau par jour constituent des moyens pour soigner l’infection urinaire ou la prévenir.

 

 

 

Sources

Le manuel Merck

Femannose (prévention des cystites)

Article de juillet août 2019 – Revue LEBELAGE.CA

TERRAFEMINA

avatar

Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d'argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l'épanouissement de la personne par la pratique de l'attention vigilante : la pleine conscience.

Une pensée sur “La cystite de la lune de miel

  • avatar
    29 août 2019 à 1 01 10 08108
    Permalink

    J’approuve le contenu et l’illustration aussi … :)))) je devrais rechercher des dessins ensoleillés sur le même thème, style et couleurs fleuries pour décorer le salon d’ailleurs, et passer l’hiver en bonne compagnie :)))

    sérieusement, vous avez raison ! les germes, les microbes er les champignons qui s’attaquent aux muqueuses génitales sont un vrai problème à ne pas prendre à la légère ! les cystites ne sont qu’une part infime, je touche du bois j’en ai jamais fait mais je connais un ex collègue qui vit avec, l’enfer sur terre et c’est pas le genre  »négligé »! bref, lorsqu’on est chanceux de ne pas développer des cochonneries héréditaires, des maladies métaboliques, des parasites et autres maladies virales ou auto immunes, on a tendance à se laisser aller, et on oublie que la bonne hygiène, les bonnes pratiques sexuelles, la bonne alimentation, le renforcement du système immunitaire, le sport surtout, et l’apport en vitamine D forment un tout essentiel à tout âge! je suis bien obligé de l’admettre… et récemment, après avoir longtemps souffert de problèmes de transit, gastriques, de constipation etc, j’ai appris que le gluten pouvait être la cause de tous mes maux, sans être allergique ou intolerant au gluten (J’ai fait le test) , et il faut dire que depuis 2 ou 3 mois que je suis sans gluten, je me sens tellement mieux ! il parait que le gluten de blé à tellement été manipulé génétiquement que c’est ce qui nous rend malades depuis 50 ans, il attaque les tissus, les os, le cerveau, le système immunitaire, il est responsable des maladies prématurées de la vieillesse et il affecte même notre peau, notre moral et notre bonheur ! alors, goodbye Gluten, j’en suis débarrassé et heureux !

    je suis tout de même impressionné de la capacité des Québécois(e) à s’être adapté aux rigueurs du climat et au manque de soleil ou les carences en vitamine D ! on dirait que l’air frais les maintient en forme ! impossible pour moi, je suis encore nouveau dans le climat arctique d’ici, mon ADN est toujours exotique et c’est tant mieux comme ça ! et si je vais pas au soleil et à la mer une fois par an, je peux y laisser ma peau (problèmes de peau justement, d’humidité et sécheresse non maîtrisé) et autres problèmes de déprime en hiver :)))) ! je profite d’ailleurs de mes voyages hors canada une fois par an pour consulter un dermato à chaque fois ! impossible d’en consulter ici en temps raisonnable à moins que ça soit votre tante :)))! les délais d’attente sont incroyables, et la meilleure, après avoir attendu 9 mois la dernière fois, le dermato d’ici refuse qu’on traite plusieurs choses à la fois ! c’est un seul problème par consultation et il faut prendre rendez-vous pour l’apocalypse… pour l’autre !….

    Quoique, les Québécoises, sont aussi heureuses au soleil des caraïbes que des sirènes dans l’eau, j’ai largement pu le constater par moi même :)))! et y’en a qui y vont 3 à 4 fois par an…sans être riches, l’important c’est pas l’hôtel ou le standing, mais le soleil et la mer… et elles ont raison ! la dernière fois au sud humide des caraïbes pour moi remonte à quelque temps déjà, mais on s’est bien amusé, on se baignait le jour, et la nuit ! et comme disait la chanson, y a du soleil et des nanas ! autant en profiter :))) et c’est dire qu’on a beau se dire qu’on est  »progressiste », le progrès ça n’empêche pas la  »pause bêtises » loin de l’hiver sibérien ! franchement, je vais pas me gêner !

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *