LA DETTE SOUVERAINE ET LA CRISE DE L’IMPÉRIALISME

 

LA DETTE SOUVERAINE ET LA CRISE DE L’IMPÉRIALISME

 Nous abordons aujourd’hui le problème récurrent et fort complexe des déficits publics américains et du gonflement vertigineux de leur dette souveraine. Nous expliquerons le mécanisme économique qui engendre ces déficits et qui suscite le gonflement de leur dette souveraine, le défaut de paiement et la dévaluation du dollar US. Nous verrons que ce processus est inhérent au modèle de développement impérialiste et qu’à terme il engendre la création de gigantesques entreprises multinationales sans patrie, sans allégeance, sans foi et sans loi, prêtes à flouer l’économie américaine si nécessaire  afin de poursuivre leur marche inexorable vers l’accumulation de profits.

LE MODÈLE DE LA « PLATEFORME »

Un nouveau « modèle de division internationale du travail » serait  en train de se répandre sur la planète. À commencer par les États-Unis d’Amérique, les grandes multinationales, américaines d’abord, canadiennes, australiennes, israéliennes et européennes ensuite, auraient développé une nouvelle façon de produire et de vendre des marchandises en accumulant des profits astronomiques. En fait, il s’agit de l’implantation systématique du modèle de division du travail impérialiste mais à une échelle jamais égalée auparavant. Selon l’économiste Charles Gave ce nouveau mode de division internationale du travail, que les technologies de l’information et de la communication facilitent grandement, s’appelle faute de mieux le système de la « Plateforme » (1).

C’est la systématisation de ce modèle de développement économique impérialiste qui provoque les présentes perturbations économiques, budgétaires, monétaires et commerciales mondiales. Ce ne sont pas les mauvaises décisions des banquiers, des spéculateurs boursiers, des industriels ou des politiciens qui engendrent ces crises systémiques répétitives qui s’abattent comme la peste sur les peuples du monde mais l’application mécanique des lois inexorables du développement impérialiste redécouvertes par Charles Gave.

Nous savons tous que chaque pays tient une comptabilité nationale d’où l’on peut observer annuellement les fluctuations de sa balance commerciale (2), de sa balance des paiements (3), de son PIB (4), de son endettement cumulatif et de ses déficits budgétaires (5), de ses emprunts et de la valeur de sa monnaie nationale. Selon l’économiste Charles Gave, toute cette comptabilité nationale est de moins en moins pertinente et elle permet de moins en moins d’analyser et de comprendre les crises économiques et financières mondiales.

D’après l’éminent économiste, la logique de la comptabilité nationale est sans intérêt.  En fait, que les sociétés multinationales se proclament « Américaines », « Canadiennes », « Israéliennes », « Européennes » ou « Chinoises », elles domicilient où elles le veulent leurs déficits commerciaux : « les marchés n’ont pas compris que nous sommes en train d’assister à la privatisation des balances commerciales (nationales et internationales NDLR). » (6).

Dans son article de macro économie Charles Gave donne l’exemple de la société de micro-informatique DELL dont le siège social est situé au Texas.

Tous leurs ordinateurs sont conceptualisés de façon « virtuelle » dans leurs centres de recherche. Aucune de leurs machines vendues aux États-Unis n’est construite sur place. Elles sont toutes montées au Mexique ou en Chine, et importées en Amérique après coup. L’originalité est dans le fait que Dell ne possède pas les usines dans lesquelles ses machines sont assemblées (ce qui est différent de la délocalisation industrielle). La seule chose que fait l’entreprise Texane est de préciser les caractéristiques techniques que devront avoir ses ordinateurs. Ensuite, des industriels indépendants de Dell s’engagent à les produire au coût fixé par Dell.

Des trois fonctions nécessaires à la commercialisation d’un produit – conceptualisation, fabrication et vente – Dell a réussi à externaliser la plus dangereuse et la plus cyclique, la fabrication. Charles Gave explique ensuite que par une telle division internationale du travail un ordinateur construit en Asie, vendu 700 $ aux États-Unis, muni d’un système d’exploitation Microsoft (dont le siège social est à Seattle mais la production délocalisée), équipé d’un processeur Intel (dont le siège social est aux USA mais la production délocalisée), monté d’un écran fabriqué à Taiwan dans un boîtier – clavier fabriqué en Chine, la part du produit de la vente empochée par des firmes dites de « nationalités américaines » sera de 300 $ (et leur marge bénéficiaires de 262 $ soit 87 %) et la part des entreprises dont le siège social est en Asie de 365 $ (et leur marge bénéficiaire de 28 $ soit  7,7 %). (7).

Les impérialistes internationaux trouvent ce mode de division internationale du travail très avantageux et il se répand chaque jour davantage. Cependant, quand l’ordinateur vendu en ligne par Internet entre aux États-Unis, ce pays enregistre une forte détérioration de sa balance commerciale.

Dans l’exemple ci-dessus l’exportation dite « américaine » a été de 275 $ alors que l’importation aux États-Unis a été de 670 $ (bénéfice de Dell et taxes en sus), d’où les États-Unis enregistrent un déficit commercial de 395 $. Malgré cela la rentabilité des sociétés dites « Américaines » présente un certain nombre d’avantages fort désirables aux yeux de n’importe quel investisseur :
– Elle est très stable : la partie cyclique (la production) a été affermée à des industriels extérieurs. – Elle est très élevée : la recherche, le développement et la vente par Internet ne suscitent pas des besoins de fond de roulement importants. La rentabilité sur capital investi est donc forte. – Elle ne nécessite pas d’apports de capitaux nouveaux : Dell n’a pas besoin d’emprunter pour son développement.

– Elle est très transparente : si le coût du travail augmente trop fortement au Mexique, Dell ne renouvelle pas ses contrats de production au Mexique pour en signer de nouveaux au Brésil, ou en Chine…  De ce fait, les prix à la production demeurent sans arrêt sous pression, d’où le peu d’inflation, du moins jusqu’à ce que les travailleurs du tiers-monde revendiquent des hausses salariales afin de bénéficier eux aussi du pactole du développement capitaliste dans leur pays.

La Chine avec son système policier très répressif possède à cet égard un avantage certain et elle maintien ainsi les salaires de ses ouvriers aussi bas que possible. Toutefois, ceci n’empêche pas le Yuan chinois de subir des pressions à la hausse que le gouvernement chinois ne peut résorber, ce qui entraîne une augmentation du coût des importations américaines en Chine et l’exportation de l’inflation chinoise aux États-Unis.

LA BALANCE COMMERCIALE

Tout ceci à pour effet que les pays émergents se retrouvent avec des excédents commerciaux considérables vis-à-vis des États-Unis, qui pourtant ne veulent strictement rien dire selon l’économiste Gave, puisque la maîtrise des flux (importations de marchandises aux États-Unis) est à cent pourcent dans les mains de sociétés dites « Américaines ». De réclamer de ces pays de réévaluer leurs monnaies contre le dollar ne règlera rien (ce qui laisse entendre que les sénateurs américains pétitionnaires ne font que de la figuration pour le public américain) (8).

De fait, ces pays émergents en voie d’industrialisation accélérée sont intégrés à la zone dollar. Ce qui veut dire en termes simples que la balance commerciale d’un pays où les sociétés s’organisent selon les principes de la « plateforme » ne veut plus rien dire. Pour raisonner à nouveau comme cet économiste, l’avantage comparatif qui crée le déficit américain n’est pas en Chine, mais aux États-Unis. Ce sont les sociétés américaines qui domicilient où elles le veulent le déficit américain. Si le Yuan est réévalué, Wallmart passera ses commandes au Vietnam. Le déficit US restera le même, mais il sera comptabilisé au Vietnam (si les entreprises oeuvrant au Vietnam sont vietnamiennes, ce qui n’est pas assuré) plutôt qu’en Chine, et le chômage augmentera en Chine.

Gave ajoute : « Les pays qui pour des raisons politiques (rejet de la globalisation et de la  mondialisation) refuseront ce modèle de production verront leurs entreprises absolument laminées, car elles seront forcées de conserver des activités de production cycliques et peu rentables dans des zones où elles n’ont rien à faire. À terme, elles disparaîtront, et tous leurs emplois avec elles (et pas seulement les emplois industriels). Et le protectionnisme ne les sauvera pas plus qu’il n’a sauvé l’industrie textile en France. » (9).

Le raisonnement de Gave laisse entendre que les investisseurs étrangers désirent détenir des actions de ces sociétés américaines, et que les dollars excédentaires qui entreraient ainsi aux États-Unis serviraient à acheter des actions de ces sociétés ou des obligations émises par les gouvernements des États-Unis. Ce qui signifierait que l’équilibre des paiements américains se ferait en prenant en compte les ventes d’actifs américains aux étrangers.

Ce dernier raisonnement de l’éminent économiste est totalement faux cependant. La preuve en est que depuis 2008 les investissements étrangers (directs et de portefeuilles) ne cessent de diminuer aux États-Unis à cause de l’instabilité du dollar américain (10).

Le modèle de division internationale du travail appelé « plateforme » entraîne la relocalisation de la production dans les pays pauvres ce qui réduit d’autant le pouvoir d’achat des travailleurs des pays riches car l’augmentation des emplois du secteur tertiaire ne compense pas la destruction des emplois dans le secteur secondaire, et qui plus est, les emplois tertiaires créés sont parfois si mal payés (MacDonald et Tim Horton) que les capacités de consommation des travailleurs d’occident sont réduits à presque rien, ce que les banques compensent pour un temps par l’élargissement du crédit à la consommation qui ne fait qu’accroître l’endettement des ménages jusqu’à la prochaine crise des « subprimes ».

Plus loin Gave explique que les constructeurs asiatiques sont totalement dépendant du marché nord américain pour survivre et que donc ils ne peuvent pas refuser de vendre leurs marchandises aux firmes ayant siège social aux États-Unis contre des dollars dont la masse internationale est toujours plus importante et la valeur marchande toujours plus réduite (le dollar ne vaudra bientôt plus qu’un demi euro). Ce raisonnement est également faux. À court terme le constat est exact, mais à moyen terme la Chine et l’Inde ont commencé à développer leurs immenses marchés domestiques et ils se rendront ainsi de plus en plus indépendants du marché nord américain et alors ils refuseront les dollars plombés et c’en sera fini pour cette devise.

PRIVATISATISATION DES BALANCES COMMERCIALES

L’économiste Gave ajoute : « Les marchés n’ont pas compris que nous sommes en train d’assister à la privatisation des balances commerciales nationales. Ce qui veut dire en termes simples que quiconque reste enfermé dans la logique de la comptabilité nationale pour effectuer ses investissements va tout droit à la ruine. » (11).

Le développement impérialiste signifie la totale intégration du capital industriel et du capital bancaire en un capital financier international « off shore », sans patrie, sans intérêt national et voué exclusivement à l’accumulation de profits et de dividendes internationaux. En cela Gave a raison de souligner que pour ces puissants spéculateurs boursiers et pour ces grandes entreprises multinationales la seule comptabilité globale qui vaille est la comptabilité internationale. C’est d’ailleurs pourquoi ces ploutocrates réclament l’internationalisation des organismes de gestion et des mécanismes de régulation économique.

Ce qui provoque la présente crise budgétaire américaine (défaut de paiement de leur dette souveraine gigantesque de 15 000 milliards de dollars) est du au fait que les dépenses du gouvernement fédéral et des États américains sont croissantes alors que les revenus étatiques sont en baisses.  Nous savons déjà pourquoi les dépenses américaines sont si importantes – guerres d’agression incessantes, subventions aux entreprises privés et aux banques soit – 1 200 milliards en 2008 seulement (12) – mais pourquoi les revenus des impôts sont-ils en baisse alors que les firmes américaines sont prospères et font des profits records ? Même si Barak Obama augmentait le taux d’imposition des entreprises américaines cela ne changerait rien.

C’est que les entreprises dites « Américaines », c’est-à-dire ayant leur siège social aux États-Unis (alors que leurs manufactures et leurs centres d’affaires sont répartis un peu partout dans le monde) ne rapatrient plus leurs profits aux États-Unis afin d’éviter de les « dollariser » et de les voir dévaloriser par l’inflation et la dévaluation de cette monnaie. Les trusts et les entreprises multinationales Américaines choisissent de localiser leur profits dans des centres bancaires « off shore », dans des paradis fiscaux (Caïmans, Bahamas, Monaco, Macao, Israël, etc.) où ils se mélangent aux capitaux du monde interlope et une fois blanchies ils sont réinvestis dans les pays émergents ou dans des fonds boursiers spéculatifs.

« Pour prendre la mesure du choc qui se prépare, il est utile de savoir que même les banques américaines commencent à réduire leur utilisation des bons du trésor US pour garantir leurs transactions par crainte des risques croissant pesant sur la dette publique US. Le groupe GEAB croit qu’un autre 15 000 milliards d’actifs-fantômes spéculatifs vont s’envoler en fumée dans les prochains mois de 2011 et 2012. En ce moment les grandes entreprises accumulent de la trésorerie en prévision de ce choc financier qui verra les trésoreries gouvernementales  s’effondrer. » (13).

INFLATION ET DÉVALUATION DE LA MONNAIE

Au milieu de ce salmigondis la Fed (banque fédérale américaine) songe à un troisième épisode d’assouplissement quantitatif…Comprendre ici que la Fed songe à émettre de nouveaux dollars pour acheter les obligations d’épargnes des gouvernements américains que de moins en moins de spéculateurs (y compris les banques américaines) désirent acquérir car l’investissement est trop risqué. Cette troisième émission de monnaie  engendrera la dévaluation du dollar et une inflation importante aux États-Unis; méthodes par lesquelles le gouvernement américain transfert le coût de la crise de la dette souveraine sur le dos des petits salariés, des retraités, des pauvres et des démunis qui verront leur maigre pouvoir d’achat s’éroder encore davantage (14).

Pour le gouvernement américain les bénéfices combinés de l’inflation et de l’émission de monnaies est double puisque d’une main il décharge le fardeau de la dette sur le peuple (par la hausse des prix et des recettes fiscales de l’État) et de l’autre il réduit d’autant sa dette extérieure en dévaluant les créances en dollars de ses créanciers. C’est la raison pour laquelle de nombreux pays dans le monde cherchent à transiger avec d’autres monnaies que le dollar américain, ce que nous avions déjà souligné dans une étude antérieure (15).

Pendant ce temps, les immenses trusts internationaux, les multinationales de tout acabit, les spéculateurs boursiers et les banquiers internationaux observent l’économie mondiale, spéculent, jouent avec les actifs du monde entier et cherchent à tirer leur épingle de ce jeu macabre dont les lois inéluctables les entraînent inévitablement vers la catastrophe économique. Mais attention, ce système économique moribond ne s’effondrera pas de lui-même, il imposera encore et toujours plus de sacrifices aux peuples du monde entier afin de se maintenir à flot. Seule une révolte généralisée pourra l’abattre et construire un monde nouveau…Qu’attendons-nous pour le construire sur ses ruines ?

 

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(1)   http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&sid=053e0aaefedc212a4a462d98f84517c2

(2)   http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=USA&codeTheme=7&codeStat=NE.RSB.GNFS.ZS

(3)   http://www.wikiberal.org/wiki/Balance_des_paiements

(4)   http://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_int%C3%A9rieur_brut

(5)   http://lexpansion.lexpress.fr/economie/etats-unis-vers-un-deficit-budgetaire-record-en-2011_247745.html

(6)   http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&sid=053e0aaefedc212a4a462d98f84517c2

(7)   http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&sid=053e0aaefedc212a4a462d98f84517c2

(8)   http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/etats-unis-chine-la-grande-87177

(9)   http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&sid=053e0aaefedc212a4a462d98f84517c2

(10)  http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=USA&codeStat=BX.KLT.DINV.CD.WD&codeStat2=x

(11)  http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&sid=053e0aaefedc212a4a462d98f84517c2

(12)  http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/329846/crise-financiere-de-2008-le-soutien-de-la-fed-aux-grandes-banques-a-atteint-1200-milliards?utm_source=infolettre-2011-08-23&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

(13)  GEAB no 56 Spécial été 2011. Crise systémique globale – dernière alerte avant le choc de l’automne 2011. in L’Étoile du Nord, vol 9 no 3. Mai-juin 2011.

(14)  Aux Etats-Unis la Fed est poussée à injecter des liquidités dans l’économie. Le Monde, 17.08.2011. Page 11.

(15)  http://www.centpapiers.com/la-chine-imperialiste/74924

30 pensées sur “LA DETTE SOUVERAINE ET LA CRISE DE L’IMPÉRIALISME

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    24 août 2011 à 11 11 31 08318
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    (Y) (Y) Tout le monde devrait lire cet article et le relire, de même que celui de Gave auquel il réfère, jusqu’à l’avoir parfaitement compris. C’est la clef essentielle.

    Pour les curieux, voir aussi cet extrait de mon livre « La crise de l’abondance ».

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/02/24/eldorado/

    Pour les archéologues des idées, voir aussi ce texte prémonitoire de Crisis & Beyond que j’ai écrit et publié il y a une trentaine d’années (en anglais)

    Now, leap forward and suppose that production itself is subcontracted. Once a zaibatsu has its strategy, controls its market, has obtained financing, enjoys the necessary credibility, maintains privileged relations with the State and has paid consultants to prepare plans for production, why not subcontract the realization of these plans, on a project basis, to a « production team »? The President of a zaibatsu named GM may call upon Mr. Smith, Mr. Jones or Mr. Doe – each one a Director of so many different teams of production managers – and ask for proposals or bids for the production, let’s say over 5 years, of so many units of a particular model just designed by the zaibatsu’s engineers or, more likely, by a team of engineers and designers working under contract with the GM zaibatsu….  »

    http://www.nouvellesociete.org/3233.html

    Pierre JC Allard

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    24 août 2011 à 14 02 16 08168
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    Je suis d’accord que «seule une révolte généralisée pourra l’abattre» mais, pour «construire un monde nouveau», ça prend des plans. Ça prend une bonne idée. Par exemple, derrière l’économie solidaire, il y a l’idée de mettre la solidarité au lieu de la recherche du profit comme moteur de l’économie. L’économie solidaire n’est peut-être pas une idée de la stature suffisante pour «construire un monde nouveau». Alors quoi? Il me semble que la «révolte généralisée» a plus de chance de se produire quand quelqu’un va présenter une meilleure idée pour organiser la vie après la révolution.

    Serge Grenier

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      24 août 2011 à 14 02 45 08458
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      J’espérais que quelqu’un me présente cette remarque tout à fait pertinente.

      De fait, on ne détruit pas un système sans avoir en tête l’objectif d’en construire un autre, différent.

      L’économie solidaire est un rêve utopique de petit bourgeois chrétien pré-scientifique.

      Seul le SOCIALISME comme corps de concepts peut offrir un modèle de construction d’une nouvelle société.

      Pas le socialisme de L’URSS du temps de Krouctchev ni de la Chine d’aujourd’hui évidemment et ne parlons pas des socialistes français de grâce ni de Québec Solidaire merci.

      MAIS attention, un nouveau système social ce n’est pas une création d’un penseur ni d’un groupe de penseurs. Les lois inéluctables, scientifiques rigoureuses de l’édification d’un nouveau mode de production sur lequel reposera de nouveaux rapports de production sera l’oeuvre de la classe sociale qui a un intérêt objectif, conscient, désalinant à l’ériger et c’est la classe ouvrière qui a cette mission historique mais il lui faut un état major – une direction révolutionnaire que je cherche partout dans le monde sans la trouver nul part.

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      24 août 2011 à 22 10 43 08438
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      Salut Serge!

      Par moment, pour retrouver sa créativité, on doit tout reprendre à zéro. Notre monde est tellement surchargé qu’il est parfois difficile d’entrevoir l’horizon. Quand nous aurons réussi à éclaircir un peu le paysage, peut-être sera-t-il plus facile pour nos neurones de se remettre à fonctionner. Avant de faire des plans, ça prend un espace où installer sa table à dessin!

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        27 août 2011 à 10 10 15 08158
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        « Pas le socialisme de L’URSS du temps de Krouctchev ni de la Chine d’aujourd’hui évidemment et ne parlons pas des socialistes français de grâce ni de Québec Solidaire merci.»

        Le parti est jeune et vous y êtes le bienvenu, pour y présenter une motion dans le sens de vos propos. Personne ne vous en empêchera et le parti peut tout aussi bien adopter votre proposition. Québec-solidaire est dirigé par la base et les représentants, les porte-parole, n’ont aucun pouvoir décisif sur sa base. Ils doivent se plier au diktat de la base, ou plier bagages et aller dans un autre parti.

        Alors votre petit air hautin vis-à-vis Q-s, qui est bourré de socialistes aussi durs que vous, et de plus modérés personnages, vous pouvez le ravaler. Il y a des communistes chez Q-s, ainsi que des socialistes. Il y a des fédéralistes et des indépendantistes. On pourrait, évidemment, appeler tout cela une conciliation de classe, où on marche main dans la main avec la bourgeoisie, mais le débat interne est présent, entre socialistes et ces autres. Ce parti n’est pas monolithique et de grâce, admettez au moins que les partis unifiant la gauche en général, sont beaucoup mieux au pouvoir, que ces partis libéraux et autres, qui se clament du capitalisme. Au Venezuela par exemple, je préfère de loin le PSUV que l’opposition. Et je crois bien que le prolétariat vénézuélien ne s’ennuie pas trop des prédécesseurs de Chavez, bien qu’il soit critiquable sur bien des aspects.

        «c’est la classe ouvrière qui a cette mission historique mais il lui faut un état major – une direction révolutionnaire que je cherche partout dans le monde sans la trouver nul part.»

        Je n’ai pas trouvé non plus, l’État major, vous me ferez signe lorsque vous le verrez. J’ai milité au sein du PCQ, avec lequel j’avais beaucoup de désaccords et d’où j’ai fini par partir, à cause de ces divergences, révisionnistes à mon avis. N’empêche, c’est bel et bien cette division historique qui a toujours eu raison de nous, parce que nous sommes tous un peu trop pointilleux sur bien des aspects.

        Et effectivement, je ne serai jamais nostalgique du socialisme russe ou chinois, bien qu’il faille juger ces évènements dans leur contexte, et non hors de ce contexte, comme le font trop souvent, tant les communistes, les socialistes que les particuliers n’y connaissant rien. Reste que la Russie fut sous le dictat d’un homme et de sa junte, et non pas d’un prolétariat et que c’en est aujourd’hui de même avec la Chine, qui pratique un capitalisme oligarchique.

        Ça fait dur, évidemment… Mais on se tourne vers quoi, Robert? Admettons que je fuis Q-s, il me reste quoi?

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    24 août 2011 à 15 03 45 08458
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    @ Sanzalure

    « Il me semble que la «révolte généralisée» a plus de chance de se produire quand quelqu’un va présenter une meilleure idée pour organiser la vie après la révolution »

    Oui, mais ce n’est pas l’essentiel. La seule base stable est la nature humaine, avec ses faiblesse connues, et le défi n’est pas le nouveau plan (Voyez le projet Nouvelle Société qui est le plus complet qui ne soit pas un simple réchauffé du communisme ou du fascisme), mais les procédés qui permettent de concilier en équilibre solidarité et égoïsme, procédés qui doivent s’adapter constamment aux nouvelles technologies.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/une-nouvelle-societe-12-min/

    PJCA

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      27 août 2011 à 10 10 16 08168
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      Mais Pierre, la nature humaine est relative à son contexte…, ne l’oublions pas.

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    24 août 2011 à 16 04 40 08408
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    @ Robert Bibeau

    Dans une société postindustrielle où produire est devenu trivial, il n’existe plus vraiment une classe ouvrière possédant une certaine cohésion, mais un gigantesque escalier où les travailleurs n’ont pas d’intérets communs, mais une multitude de statuts inégaux, chacun travaillant pour LUI et lui seul.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/05/31/186-bonne-fete-travailleur/

    On peut présenter cette réalité autrement en disant que la « classe ouvrière » est devenu « tout » – puisque la classe « capitaliste » est devenue un si petite minorité que sa suppression sera une formalité – mais le résultat net est une absence de solidarité au sein de cette classe ouvrière qui s’orientera vers ses dissensions dès que son adversaire traditionnel sera disparu ce que je crois imminent.

    Les appartenances ne se forgent donc plus selon la fonction (travail), mais reposent sur d’autres critères, ethniques, religieux… qui, hélas, mènent à des oppositions. Créer une société de justice doit donc se faire par un effort de la collectivité, MALGRÉ l’égoîsme de l’individu, en soulignant l’absolue nécessite de la collaboration qui n’est PAS un réflexe naturel.

    Vous cherchez une direction révolutionnaire, mais je ne crois pas qu’elle existe, je ne crois même pas qu’elle puisse exister sans une phase d’anarchie préalable, car toute force qui émanerait de la société actuelle obéirait aux mêmes rapports de force qui prévalent en celle-ci et serait seulement une version encore plus efficace et tyrannique de la société actuelle.

    Il faut faire « table rase », créant une nouvelle situation d’où naitront de nouveaux objectifs, donnant le pouvoir a de nouveaux acteurs que nous ne pouvons pas identifier.

    Je propose beaucoup de solutions qui ont le mérite de répondre aux problèmes que nous connaissons présentement, mais qui ont celui encore bien plus important d’ouvrir la voie à l’application librement consentie et sans violence de solutions complètement inédites.

    Les solutions que nous ne pouvons aujourd’hui imaginer, aux nouveaux problèmes totalement inconnus qui surgiront dés que nous sortirons de l’immobilisme qui a été le résultat fatal du capitalisme.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/10/28/196-apres-la-crise/

    PJCA

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    25 août 2011 à 10 10 41 08418
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    Il se peut que je comprenne tout de travers, mais c’est quoi la différence entre le socialisme et l’économie solidaire? J’ai toujours pensé que l’économie solidaire c’était une des façons de mettre le socialisme en pratique.

    Serge Grenier

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    25 août 2011 à 12 12 45 08458
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    @ Serge

    Par économie solidaire j’imagine que tu penses à différentes formes de coopératives, au micro-crédits, aux trocs, etc. auro-collectif, etc. Jardin collectifs…etc.

    Tout cela n’est qu’utopie et illusion pour apaiser les révoltés et les occupés à faire de la petite entraide les amusés et leur permettre de se sentir BON.

    Les caisses populaires sont nées de cette utopie lors de la précédente grande dépression. Tricofil est né de cette illusion lors de la dépression suivante et aujourd’hui les écolos, les altermondialiste sont payés pas le système (directement ou de façon détournée) pour ressortir ce lapin du sac.

    Les caisse POP c’est du coopéraif ? QU’est-ce qu’ils ont changés dans le système financier mondial ou canadien ? Rien. Ils se plient aux lois inexorables du marché ou elles seraient éliminés par la concurrence les caisses POP.

    Tricofil tu connais même pas c’est mort avent que tu aies le temps de le voir mourir

    Un système social donné élimine toute autre forme de rapport de production tel un vampire. Tu ne peux avoir des rapports de production socialistes sous le système de propriété privé des moyens de production ou alors ca concerne 0,0001 % de l’économie globale et même moin TOI et ta blonde plus 4 voisins disons.

    Il faut détruire un système de productionet de propriété afin de laisser la place et le temps aux nouveaux rapports de production de naître et de s’installer sinon l’ancien système cannibalise le nouveau.

    Le socialisme ne peut exister que sous le socialisme pas dans le ventre du capitalisme.

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      27 août 2011 à 10 10 18 08188
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      Là, je suis d’accord…

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    25 août 2011 à 18 06 41 08418
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    Oui je me souviens de Tricofil et c’est vrai que les Caisses populaires sont une grande déception pour tout le monde.

    Mais je trouve un peu utopique l’idée que :

    «Il faut détruire un système de production et de propriété afin de laisser la place et le temps aux nouveaux rapports de production de naître…»

    Car «le temps que de nouveaux rapports de production» naissent se calcule en années tandis que notre survie après la destruction du système de production actuel se calcule en jours, sinon en heures.

    Ça ne laisse pas beaucoup de place pour l’espoir…

    Serge Grenier

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    25 août 2011 à 22 10 11 08118
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    @ Sanzalure

    Je dirais – mais c’est une boutade – que l’économie solidaire, c’est la privatisation du socialisme 🙂

    Quand RB dit :  » Il faut détruire un système de productionet de propriété afin de laisser la place et le temps aux nouveaux rapports de production de naître et de s’installer sinon l’ancien système cannibalise le nouveau.  » et que je parle d’une « phase d’anarchie préalable, car toute force qui émanerait de la société actuelle obéirait aux mêmes rapports de force qui prévalent en celle-ci et serait seulement une version encore plus efficace et tyrannique de la société actuelle » On pense exactement la même choses On en est au palier de savoir quelle est la façon la plus opportune de présenter les choses…

    Quand on parle de détruire le système de production, on ne tape pas sur les machines avec des clefs anglaises… La propriété change immédiatement, la gestion et les objectifs au pc, et les plans a long terme aussitôt qu’on a eu le temps de voir les vrais besoins et les modes de transition les plus efficaces.

    Prévoyez trois ans, si vous avez des gens totalement dévoués… et des fusils fideles.

    Si vous êtes prêts à en mettre dix, il y a une alternative…

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/04/17/lapproche-fractale/

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/04/18/une-structure-modulaire/

    PJCA

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    26 août 2011 à 12 12 17 08178
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    «On choisit de vivre en société, pour avoir plus en travaillant moins. Il faut donc qu’une société soit efficace : c’est sa raison d’être.» – PJCA

    Il faut aussi sortir du cercle de l’opinion des Rue89 Agoravox GrandSoir et oser le palier de la réflection à contre-courant tel les Illich (courtisé et rejeté par le pouvoir) et les Baudrillard.


    En apparence au moins, la division du travail permet en effet de produire davantage, elle facilite la mise au point de technologies performantes et la création d’objets innovants. Or, cette voie est une impasse, parce qu’elle prive l’homme de sa capacité à être autonome, de « la capacité personnelle de l’individu d’agir et de fabriquer, qui résulte de l’escalade, constamment renouvelée, dans l’abondance des produits.
    Ainsi, lorsqu’on met bout à bout le temps passé à gagner de quoi acheter une voiture et les charges qu’elle entraîne pour l’entretenir et la faire rouler, et que l’on compare ce temps au nombre de kilomètres parcourus, on arrive à une moyenne de… 6 km/h. Pas plus vite que la marche à pied, et moins que le vélo, deux modes de transport autonomes.

    – Ivan Illich

    Baudrillard inspira de nombreux artistes jusqu’aux frères Wachowski de Matrix, dont il dénonça la récupération :  » Matrix, c’est un peu le film sur la Matrice qu’aurait pu fabriquer la Matrice »


    Tous les discours et les commentaires trahissent une gigantesque abréaction à l’événement même et à la fascination qu’il exerce. La condamnation morale, l’union sacrée contre le terrorisme sont à la mesure de la jubilation prodigieuse de voir détruire cette superpuissance mondiale, mieux, de la voir en quelque sorte se détruire elle-même, se suicider en beauté. Car c’est elle qui, de par son insupportable puissance, a fomenté toute cette violence infuse de par le monde, et donc cette imagination terroriste (sans le savoir) qui nous habite tous.

    – Jean Baudrillard, L’esprit du terrorisme.

    Avec Illich décédé en 2002 et Baudrillard en 2007, la tradition du philosophe qui prenait la plume pour changer complètement notre regard sur l’actualité est en train de se perdre de plus en plus.

    AS

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    26 août 2011 à 13 01 11 08118
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    Je ne crois pas qu’il subsiste un seul endroit sur cette planète où l’on puisse vivre autrement qu’en société, donc on ne peut pas choisir de ne pas vivre en société. On peut choisir de vivre ou de ne pas vivre. Mais si on vit, on ne peut vivre qu’en société.

    Pour ce qui est d’en avoir plus en travaillant moins, vous peut-être, mais pas pour moi, non merci ! J’adore mon travail et je déteste les cossins. Je ne veux pas moins travailler, je veux moins de gaspillage.

    J’ai lu vos articles sur l’approche fractale et la structure modulaire. C’est intéressant, mais dans mes amis, ma famille et les gens que je fréquente, je pense bien être le seul capable de lire et de comprendre ce genre de discours. Alors je ne vois pas par quel chemin ça va se matérialiser historiquement si la majorité n’est pas capable de comprendre l’idée.

    Bref, je suis d’accord avec vos observations très justes de la situation actuelle dans le monde, mais je ne comprend toujours pas c’est quoi votre plan pour construire un monde différent.

    Serge Grenier

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    26 août 2011 à 23 11 29 08298
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    @ Aude Sapere

    j’ai rencontré plusieurs fois Illich a Cuernavaca, lequel avait accepté de nous conseiller (IRNES) dans un projet au Honduras. A mon avis, il a été l’un des penseurs les plus importants de notre époque et j’ai dit clairement m’être inspiré de ses idées dans « Deschooling Society » pour ma proposition de reforme de l’éducation

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/08/26/une-education-humaine/

    Cela dit, c’est un truisme que de dire que la division du travail entraine une perte d’autonomie de l’individu -commensurable à sa dépendance envers les autres, bien sur – mais Illich n’a jamais prétendu qu’il faille arrêter cette division du travail, indispensable à l’évolution de la société, seulement en compenser les effets pervers sur l’individu par une ouverture au palier de l’éducation. Je ne dis pas autre chose.

    Je n’ai pas eu la chance de tels liens avec Baudrillard, mais, sans m’immiscer dans la théorie du phénomène, je suis convaincu – et je l’ai dit souvent – que le terrorisme dans sa forme actuelle est une création du pouvoir bien plus souvent qu’une expression spontanée de la résistance à l’oppression.

    PJCA

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      27 août 2011 à 0 12 51 08518
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      Baudrillard annonce, dès les années 70, l’émergence d’une société entièrement dominée par une insignifiance radicale. Une société où il est devenu impossible de combattre l’ennemi de classe, et même de l’identifier, parce qu’il n’y a plus rien pour quoi combattre, plus de référentiel auquel se ramener pour objectiver le conflit.
      Ce que vous décrivez par un gigantesque escalier où les travailleurs n’ont pas d’intérets communs.

      Baudrillard décrit le salarié comme un captif à qui l’on n’a pas fait l’honneur de la mise à mort. Sa condition est humiliante, précisément parce qu’elle révèle qu’il n’est digne que de la vie. C’est l’ère du vide, la crise des valeurs.
      Qu’elle soit compensée par une éducation plus humaine offrant ‘un tronc commun minimal’ pour être autonome ne changera momentannément que la perception que l’on a du travail dans un monde de complexité et de spécialisation.

      À quoi servent les connaissances du généraliste s’il ne peux répararer lui-même son grille-pain (prévu industriellement ne durer que deux ans) parce qu’il contient une composante électronique (absolument inutile) relevant non seulement d’un apprentissage spécialisé mais aussi techniquement irremplacable du fait de sa manufacturation en chaine de montage.
      C’est un gaspillage d’énergie dont parle Sanzalure, dû au besoin de consommation à outrance exigé par le système financier et économique actuel.

      Illich ne propose pas l’abolition de la division du travail mais une réorientation vers un produit d’une économie orienté vers le durable s’impose. Le recyclage comme panacée est insuffisant. Un changement profond, non sur la division du travail mais sur le résultât du travail, se doit de faire tabula rasa comme prémisse à toute réflection. L’« honnête homme » de Pascal se sentant moins inutile s’il produit des choses qui dépasseront en durée sa simple existance.

      AS

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    26 août 2011 à 23 11 56 08568
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    @ Sanzalure

     » Je ne crois pas qu’il subsiste un seul endroit sur cette planète où l’on puisse vivre autrement qu’en société  »

    Je le crois aussi. Mon allusion est un rétrospective aux conditions initiales qui ont présidé à la naissance des sociétés.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/02-la-division-du-travail/

    Mon « plan » pour construire un monde différent évolue constamment… Derniere édition:

    http://nouvellesociete.wordpress.com/9-construire-la-ns/

    Mais ca change avec la crise actuelle et j’en parlerai

    PJCA

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    27 août 2011 à 9 09 55 08558
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    @ Pierre JC Allard

    Vous êtes un auteur extrêmement prolifique. Dommage que je ne dispose pas de plus de temps pour lire l’ensemble de vos propositions.

    Un titre a attiré mon attention «Viser la jugulaire du système». Bien pensé! J’imagine que le reste est à l’avenant.

    Je pense dans cette direction moi aussi.

    Serge Grenier

    P.S. Je n’ai rien écrit dedans depuis plus d’un an, mais mon blog donne une idée de ma façon de penser : http://sanzalure-paradoxes.blogspot.com/

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    28 août 2011 à 17 05 28 08288
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    Quelqu’un peut-il m’expliquer qu’en cliquant sur les liens de geostratégique.net, on me souligne que j’ai été banni de ce site?
    Je n’y suis jamais allé…
    Quelqu’un peut y aller?

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    29 août 2011 à 1 01 56 08568
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    @ GP

    Suis allé lire quelques commentaires. Semblent des fanas du militaire et de l’armement. Ils bannissent beaucoup de monde et en discutent. Peut etre tout a fait innocent, mais pourrait être aussi le genre de site où on se communique de l’information chiffrée. Ma politique de vivre et laisser vivre me fait m’éloigner de ces sites spécialisés.

    PJCA

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    29 août 2011 à 17 05 13 08138
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    Dangereux que cette réflexion je cite  » Baudrillard annonce, dès les années 70, l’émergence d’une société entièrement dominée par une insignifiance radicale. Une société où il est devenu impossible de combattre l’ennemi de classe, et même de l’identifier, parce qu’il n’y a plus rien pour quoi combattre, plus de référentiel auquel se ramener pour objectiver le conflit. Ce que vous décrivez par un gigantesque escalier où les travailleurs n’ont pas d’intérets communs.  »

    Il faut vraiment être un intellectuel BOBO décroché, suintant la masturbation intellectuelle pour écrire ce type de réflexions  » qu’il n’y a plus rien pour quoi combattre » N’importe quoi et son contraire.

    Des raisons pour combattre… Rentre à la chop textile près rue St-Laurent dans le Nord, sur Chabanel, va coudre des chemises à la vitesse de l’éclair mais jamais assez vite et pas payé et tu verras si après un an tu n’auras pas des Christ de raisons de te révolter…

    Va faire un tour en Tunisie ou un gars s’immole pour avoir droit de vendre des fruits (ses descendants du moins) va en Somalie ou ca meurt de faim pendant que ce jette les aliments à la tonne aux USA t’en veux des raisons de COMBATTRE Baudrillard ? Continue à fumer ta pipe au firmament mon homme…

    Il Y a toujours une classe ouvrière qui ne se définit pas du tout par le salaire mais par la position de ses membres dans le procès de production et dans les rapports de production induit par ce procès de production.

    Le fait que l’exploitation du tiers monde ait permis à nous impérialistes de nous donner quelques meittes d’avantage sur le dos des peuples du tiers monde ne change rien à cette raélité car le jour approche ou même ces mietets se feront plus rares ICI MËME…et vous verrez la petite bourgeoise pleurnicharde se lever pour réclamer la béqué qui ne lui sera plus servit … et à la soupe populaire mon intello (comme en Argentine).

    Et ils attendront docilement que les choses reviennent pour réintégrer leur petit appartement douillet Mais rien n’est moins certain.

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      29 août 2011 à 18 06 16 08168
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      Robert Robert…

      vous prêchez à un convaincu, croyez moi.

      Toute les raisons que vous évoquez je les ai déjà évoqués ailleur et j’ai probablement combattu bien avant vous la bourgoisie.
      Fils d’un laveur de plancher de nuit avec 7 enfants (sourd-muet de surcroit) je travaillais déjà à 14 ans dans une usine d’acier pour payer mes études.
      Je connais aussi la condition des ouvrièrs de rue Chabanel des années 70-80 pour avoir visité justement ses manufactures pour mon travail.
      En 2002 j’ai personnellement rencontré des citoyens Argentins venus nous exposer comment ils s’y prennaient pour s’en sortir en faisant du troc avec un système de monnaie parrallèle implanté dans leur pays.

      J’exposais l’opinion de Baudrillard comme je lis toute autre opinion en guise de réflection, ce qui ne veux pas dire que je suis de son avis. Il y a des réflections par contre qui sont valables partout et venant de tout origine qui peuvent être discutés. (sans pogner les rideaux et la liturgie).
      Sur vos points exprimant leur exploitation je suis entièrement de votre avis. Je vais une coche plus loin… quand cette bataille des prolétaires sera gagnée, il y a aussi les conditions de vie physique et morale pour qualifier une vie belle, et ça pour tout le monde. Ya pas que le travail qui soit un projet de société.

      Qui défend le travailleur salarié hormis les syndicats et qui ont un peu de pouvoir? En France on a pu constater le contrôl total des syndicats ou 2 millions de manifestants bien encadrés où les haut-parleurs des organisteurs enterraient déjà leurs clameurs et n’ont absolument pas fait plier la dictature Sarko. Ça ne vous questionne pas ?

      Je suis cependant surpris que vous vous offusquiez continuellement après des gens de gauche avec une colère qui voudrait nous diviser. Vous vous en prenez à Québec Solitaire avec la condescendance des gens de droite, c’est assez particulier, faut avouer.

      Denis Gélinas

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    29 août 2011 à 22 10 51 08518
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    POur s’unir il faut d’abord se démarquer.

    Je vous défie de me présenter une citation ou je m’en prends à Québec solidaire avec condescendance (si vous comprenez bien le sens du mot condescandance)

    Je ne dénonce pas Québec Solidaire avec condescendance, je les dénonce avec véhémence, ce que vous appelez avec colère pour vous divisez.

    Je souhaite simplement séparer les forces véruitables de la gauche de tout ce qui est social-démocrate et social-chauvin pseudo gauche et qui mystifie les gens ordinaires – lepeuple avec leur langage gauche du genre « renverson le capitalisme » puis qui propose d’exiger d’Ottawa une plus grande part de la péréquation provinciale ou que Québec exige de plus fortes redevances pour le minerais extrait des mines au Québec…

    Je suis certain que vous comprenez…

    Surveiller mon éditorial de cette semaine MERCREDI qui portera spécifiquement sur cette thématique ainsi que celui de la semaine prochaine

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    30 août 2011 à 5 05 52 08528
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    @ Robert

    «Des raisons pour combattre… Rentre à la chop textile près rue St-Laurent dans le Nord, sur Chabanel, va coudre des chemises à la vitesse de l’éclair mais jamais assez vite et pas payé et tu verras si après un an tu n’auras pas des Christ de raisons de te révolter…»

    Vous avez raison Robert, et chaque matin que je me lève, je sais que je fais vivre cette famille, possédant ces moyens de production. Elle me tape dans le dos, me demande d’en faire plus, me dit que c’est bien un jour, que c’est mauvais le lendemain.

    Je suis passé au bureau du Boss récemment, pour avoir chialé parce que notre trottoir de sécurité était bourré, on me l’a reproché. Je passe à côté de mes camarades en «transpalette» à haute vitesse, pour bien servir le ô kapital, et parfois, je vois surgir un d’eux, entre deux palettes de boîtes. Dangereux… Mais c’est mal de chialer pour la sécurité, voyez-vous? On va me monter un dossier pour ça… N’empêche, prochaine étape, CSST. Photos. Et j’enregistre désormais tous mes passages au bureau du Boss, avec l’enregistreuse qui m’a servi à enregistrer les conversations du temps de mon accident de travail. Bref, du temps où je vivais un autre calvaire, que bien des travailleurs vivent.

    Nous sommes prolétaires, exploités par les bourgeois, il n’y a aucune raison de ne plus se battre, il y a toutes les raisons pour se battre, au contraire et comme je le disais aux libertariens, les prolétaires avertis comme nous refuseront toujours le diktat d’une minorité sur notre majorité. Il y aura toujours lutte de classes, tant qu’il y aura des classes.

    @ Denis

    «Je suis cependant surpris que vous vous offusquiez continuellement après des gens de gauche avec une colère qui voudrait nous diviser. Vous vous en prenez à Québec Solitaire avec la condescendance des gens de droite, c’est assez particulier, faut avouer.
    Denis Gélinas»

    En fait Denis, pour avoir milité au sein du Parti communiste du Québec, le véritable là, et pour avoir eu vent des crises entre le PCC/PCQ et le PCQ, où division il y a eu, et pour avoir connu les chicanes entre le PCQ VS PCR, etc.., je peux vous dire que certaines personnes, hautaines, crachent constamment sur leurs camardes, qui pensent un peu différent. Et au sein du PCC surtout, il y avait cette espèce d’omniscience autoproclamée, qui dicte aux autres qu’ils sont tous dans le tort…

    Robert n’en fait peut-être pas partie…, je ne voudrais lui faire ce procès d’intentions, mais il est ce qu’il est envers les autres camarades, se fichant Éperdument de la connaissance de ses camarades, quant aux origines des combats de classes, etc.. il y a parfois des acteurs sur la toile, de moins de 17 ans, qui s’intéressent au socialisme, imaginez-les se tromper devant le camarade Bibeau… Ils ne s’en remettraient guère… Ils largueraient le socialisme et iraient jouer au Playstation avec les autres zombies…

    «Je ne dénonce pas Québec Solidaire avec condescendance, je les dénonce avec véhémence, ce que vous appelez avec colère pour vous divisez.
    Je souhaite simplement séparer les forces véruitables de la gauche de tout ce qui est social-démocrate et social-chauvin pseudo gauche et qui mystifie les gens ordinaires – lepeuple avec leur langage gauche du genre « renverson le capitalisme » puis qui propose d’exiger d’Ottawa une plus grande part de la péréquation provinciale ou que Québec exige de plus fortes redevances pour le minerais extrait des mines au Québec…»

    Je le redis, Québec-solidaire est un parti jeune, pouvant prendre toutes les directions possibles. Il peut même devenir un autre PQ… Mais en aucun cas, les socialistes de ce mouvement adhèrent aussi bêtement aux idées contradictoires de Q-s, sans débat. C’est pathétique de voir autant d’omniscience en un seul commentaire. Q-s est jeune, s’il prend un virage qu’il ne faut pas prendre, ce sera entre autre partie, grâce aux efforts du camarade Bibeau, s’en tenant loin, n’y faisant pas sa part, puisque le parti fonctionne avec la participation des membres à sa base. Bibeau, je ne vous y ai pas vu. Comment pouvez-vous critiquer les débats de Q-s, sans y participer? Et vous y avez droit. Alors…

    En attendant, on se demande encore pourquoi certains membres du PCC/PCQ vénèrent toujours Staline…, t’sé…

    Pour ma part, je suis d’accord sur le fait qu’il faille aller plus loin que de se donner un meilleur capitalisme, car de toute façon, il ne peut y avoir de capitalisme plus humain. Perte de temps, effectivement. Mais de là cracher sur tout le groupe, parce que certains de nos camarades prolétaires dorment au gaz, non merci, je laisse ça aux sectaires du PCC, où le monolithisme règne…

    Solidairement aux exploités qui ne le savent pas qu’ils le sont,

    Sylvain Guillemette.

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    30 août 2011 à 5 05 56 08568
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    Tout ça me fait penser au débat entre Chartrand, qui défendait les syndiqués, et son camarade que j’ai eu l’occasion de rencontrer. Pierre Lamoureux je crois… Il défendait pour sa part, la défense des travailleurs non-syndiqués.

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