LA GUERRE DE CLASSE OUVRIÈRE EN FRANCE – À BAS LA LOI-TRAVAIL !

Robert Bibeau. http://www.les7duquebec.com

 

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Encore une fois la classe ouvrière française est à l’avant-garde de la résistance prolétarienne mondiale. Les jeunes, les étudiants, et un assortiment de petits-bourgeois – souvent gauchisants – se sont mis en marche contre la loi Travail-El-Khomri. C’est toujours le même scénario, à chaque mouvement de contestation les jeunes et les étudiants prennent les devants, suivit des petits bourgeois en voie de paupérisation et des intellectuels, des professionnels de la figuration venues déverser leurs billevesées à la télé pour paumés encore « Debout » à une heure avancée.

 

Il est évident que le « peuple », comme disent les néo-maos, la « masse populaire » comme disent les trotskistes, « le mouvement de masse » comme le prénomme les marxistes-léninistes, « le citoyen de la société civile » comme le dénomme les « communistes », ne peut stopper la machine d’État capitaliste… Ce qui, après un certain temps de manifestations essoufflées, engendre les grands rassemblements de « Nuit Debout et cul assis », histoire de marquer le pas, de faire du temps, faute d’un véritable mouvement insurrectionnel. Les rassemblements comme « Nuit Debout », il en fut de même Place Tahrir au Caire il y a quelques temps, sont l’exact moment de basculement du mouvement ; de la phase de montée vers l’insurrection à la phase d’enlisement petit-bourgeois-intello – le moment de la récupération par les agences de renseignement et par les ONG du « containement » militant. Surgit alors toute une panoplie d’organisations de la pseudo-gauche, doublées des ONG subventionnées par l’État spolié, adoubé par les « penseurs » stipendiés. Puis viennent les « casseurs », policiers affrétés, les anarchistes enragés, coupés de la réalité. Une vraie cour des Miracles de la débâcle populiste. C’est du moins le sort qui guettait jusqu’à récemment le mouvement de résistance populaire à la Loi Travail-El-Khomri.

Participants yell and shout at the same time as other 'Nuit Debout' movements take place around the world (8pm GMT+1) during the general assembly of the movement against the French government's proposed labour reforms at the Place de la Republique in Paris on May 15, 2016. The Nuit Debout movement on May 15 launched a call for everyone to "occupy public spaces worldwide, to gather together, express themselves and take back politics into their hands" entitled "Global Debout". France's embattled Socialist government survived a vote of no-confidence on May 12 over its decision to force the controversial labour reform bill though parliament. / AFP PHOTO / Geoffroy Van der Hasselt

Mais voilà que l’infanterie ouvrière s’est mise en marche et la paix sociale est compromise au grand dam de la bourgeoisie.  Les routiers, les ouvriers des raffineries, les cheminots, et des milliers d’ouvriers manufacturiers ont bloqué l’approvisionnement en pétrole, mettant l’économie française en difficulté.  Dorénavant, on passe aux choses sérieuses comme seule la classe ouvrière sait le faire. La lutte de classe vient de monter d’un cran et je ne parierais pas sur les chances du gouvernement.

 

Que faire à partir de maintenant ? Fini les enfantillages petits-bourgeois de « Nuit Debout sur les genoux » et autre péroraison pour bobos retraités. La nuit, c’est devant les raffineries qu’on la vit, c’est là que ça se passe sous la direction de la classe ouvrière en guerre. Alors les jeunes, les chômeurs et les gauchistes, on se rallie dans le respect et la discrétion. C’est la classe qui mène le combat, un vrai combat, qui confronte le pouvoir économique bourgeois… c’est autre chose que de flâner Place de la République à pérorer sur un autre monde « possible » dans la semaine des trois Hollande. Nous savons parfaitement que les bureaucrates n’ont qu’une idée en tête… à savoir « Comment liquider le mouvement discrètement. » Cependant, laissons les ouvriers se dépatouiller avec les fonctionnaires syndicaux, et appuyons sans rechigner toute résistance venant de la base ouvrière syndicale et non syndicale. Bref, écoutons la classe ouvrière en colère, elle saura faire.

 

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Ainsi, un collectif de chercheurs – intellectuels – universitaires bien rémunérés ont publié un article intitulé : « La tribune de Martinez n’explique rien » (1) où il est écrit que « Le 26 mai 2016 l’Humanité, qui a publié la tribune du secrétaire général de la CGT Philippe Martinez « La modernité c’est le progrès social, pas la loi travail ». Depuis quand la France (sic) a-t-elle été consultée sur la loi El-Khomri, sommes-nous tentés de demander ? De toute manière, ce n’est pas la France (sic) qu’il faudrait consulter mais la classe ouvrière. La guerre contre la loi bourgeoise El-Khomri n’est pas une bataille de la CGT, ni une lutte du « peuple de France » (sic), mais une guerre de la classe ouvrière contre la classe des patrons.

 

Les thuriféraires universitaires poursuivent leurs amalgames : « Malheureusement, la tribune de Philippe Martinez nous éclaire sur un point : la volonté manifeste de la direction de la CGT de passer sous silence le rôle de la mondialisation du capitalisme, du grand capital mondialisé et d’instances telles que l’OCDE, l’OMC, le FMI, la Commission Européenne… Une fois de plus, le secrétaire général de la CGT ne souffle mot sur ces questions stratégiques. Même silence sur les conséquences prévisibles de l’actuel blocage de l’économie, sur la menace de délocalisation émise par le PDG de Total » (2).

 

Mais ça fait 30 ans que Total délocalise, tout comme les autres multinationales dites « françaises », et quand ça fait leur affaire les capitalistes chauvins brandissent le tricolore et la Marseillaise. Autant les fonctionnaires syndicaux se contorsionnent pour brouiller les cartes et présenter le mouvement de résistance ouvrière comme une lutte pour le droit de « négocier le prix de la soumission » ; autant, les jérémiades des intellectuels, de Mélenchon et de la coterie de gauche visent à détourner le mouvement de résistance concrète, qui fait mal, et qui frappe l’économie capitaliste en plein cœur.

 

cheminot

Sur les barricades du blocage ils sont en panne les débats oiseux à propos de la mondialisation et des institutions européennes. Bientôt, la go-gauche proposera aux ouvriers de quitter leurs chantiers occupés pour aller voter pour une flopée de députés stipendiés qui poursuivront le jeu de la chaise musicale électorale. En France, en ce moment, la meilleure façon d’enrayer la mondialisation c’est de défier et de faire reculer les capitalistes français et leur gouvernement, entrainant avec eux les impérialistes allemands et suivants.

 

Debout, de jour comme de nuit sur les barricades de la classe ouvrière pour stopper l’approvisionnement en carburant jusqu’au retrait de la loi Travail-El-Khomri sans négociation ni compromission.

 

heure

 

(1)    http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/26/la-tribune-de-philippe-martinez-dans-l-humanite-n-explique-r-51634.html (2) La tribune de Philippe Martinez dans l’Humanité n’explique rien (I)  [la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/26/la-tribune-de-philippe-martinez-dans-l-humanite-n-explique-r-51634.html et aussi http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/27/la-tribune-de-philippe-martinez-dans-l-humanite-n-explique-r-51637.html

 

4 pensées sur “LA GUERRE DE CLASSE OUVRIÈRE EN FRANCE – À BAS LA LOI-TRAVAIL !

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    28 juin 2016 à 13 01 23 06236
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    Robert

    Toujours dés que le vent souffle un peu , le camarade Bibeau voit le prolétariat en guerre de classe, il n’y a pas que lui qui a ce genre de pulsion. Tu m’ avais fait l’éloge du prolétariat américain comme étant a l’ avant garde, maintenant c’ est la classe ouvrière de France.

    Le mouvement est certes intéressant, une sorte d’ éclair dans la grisaille, bien qu’ ayant certains aspects de Mai 68, il n’ a pas sa vigueur, nous y reviendrons.

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      28 juin 2016 à 13 01 57 06576
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      Camarade Mile merci pour ce commentaire

      Rappel toi que la classe prolétarienne est TOUJOURS en guerre de classe, continuellement, si une seconde seulement elle cessait de lutter – de résister – de combattre contre la surexploitation – d’abord sur le front ÉCONOMIQUE dans chaque usine – atelier – centre de transport – port – chantier – elle disparaitrait comme CLASSE et deviendrait un amalgame un « peuple » passif tourment – résistance aussi bien que moins visible sur le front politique et idéologique (ce que je tente humblement de représenter – une parcelle dans l’univers de résistance de note classe sociale) qui résiste cette fois à l’aliénation morale et psychologique – dont nous harcèle la classe petite-bourgeoise chien de garde du capital.

      OUI la classe prolétarienne américaine est valeureuse c’est elle qui faite face au quotidien dans chaque lieu de travail à la section américaine du grand capital le plus cynique le plus brutal le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité. Et juste pour cela elle mérite toute notre admiration.

      Mais voici que POUSSÉ par le prolétariat français qui gronde de plus en plus – les bureaucrates syndicaux vendus (et on s’en fout il ne peut d’aucune façon en être autrement sous le capitalisme au stade impérialiste comme les syndicalistes communistes l’ont prouvé dans l’histoire) ils sont obligés dis-je de lancer une grève valeureuse qui a bloqué un certain temps l’économie française en partie.

      Qui d’autre que notre classe en France a pu mettre à genoux ne serait-ce qu’un instant la classe politique et capitaliste française ???? NUL. Le seul et unique rôle des RÉVOLUTIONNAIRES PROLÉTARIENS CONSISTE à répéter sans relache que c’est là la voie juste – le combat important qui fera avancer notre classe et reculer MOMENTANÉMENT LE CAPITAL… SEUL VICTOIRE QUE NOUS PUISSIONS ESPÉRER SOUS LE CAPITALISME Mais expérience nécessaire de notre classe afin de se préparer aux combats bien plus difficile qui l’attende pour libérer toute l’humanité.

      NUL n’a le droit de rester assis sur la cloture à commenter la lutte de notre classe en dilettante – du genre « Tant que toutes les conditions objectives et subjectives ne seront pas réunies moi je joue les critiques de cinéma… et patati et patata.

      Camarade un peu d’humilité. Notre classe est engagée dans une guerre qui durera encore des dizaines d’années peut être plus avant qu’elle – ELLLE – pas nous, ELLE ait transformée le monde

      Alors longue vie aux classes prolétariennes américaine et française toutes deux valeureuses et admirables.

      Robert Bibeau. Producteur. Les7duquebec.com

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    28 juin 2016 à 22 10 00 06006
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    Robert ,un exemple de guerre de classe (extrait d’une brochure en préparation)

    1926:La grève générale des mineurs britanniques

    «à cette époque, quatre hommes mouraient
    au fond de la mine toutes les 24 heures» (Rapport samuel)
    Le contexte

    La grève générale de 1926 intervient dans un contexte de poussée révolutionnaire où partis et syndicats vont se faire mettre sur la touche par le mouvement de base .La grève générale de 1926 marquera l’apogée de ce qui fut appelé «le vieux mouvement ouvrier traditionnel » encadré par les syndicats et les partis.
    Nous allons ci dessous résumer brièvement cette grève générale, qui va durer 9 jours et fit trembler la classe dirigeante britannique et ses syndicats .En mars 1926, une Commission gouvernementale rendit un rapport qui considérait que les mines n’ étaient plus rentables, qu’il fallait ( comme actuellement en Roumanie et en Ukraine) abandonner la subvention salariale et réduire les salaires. Dans le même temps, le patronat de l’ industrie métallurgique cherchait à augmenter le temps de travail -non payé- les patrons des chemins de fer voulaient eux aussi faire chuter les salaires et les entrepreneurs de l’ immobilier réviser les condition de travail. Tous les ressorts d’ une crise sociale étaient réunis , l’ industrie charbonnière britannique ne tenait plus le coup face à la tendance à la baisse des prix mondiaux du charbon, ceux-ci connurent une chute nette en 1925, du fait du plan Dawes1 visant à faire « payer les boches » notamment en nature, par la livraison de charbon en réparation des dommages de guerre.
    A cela il faut ajouter le retour à l’ étalon-or, qui maintenait une livre forte qui entravait les exportations britanniques.
    Les prémices de la grève générale
    Pour améliorer productivité, c’ est-à-dire le taux de profit, les patrons britanniques devaient augmenter le taux d’ exploitation de la classe ouvrière. Cela dans un contexte de poussée révolutionnaire où la conscience ouvrière était renforcée par l’ émergence de la révolution russe d’ octobre 1917. Aussi quand l’ état britannique voulut envoyer des armes à l’ armée polonaise pour mater la révolution bolcheviks ; le Conseil d’Action Syndicale appela en 1920 à une grève générale pour empêcher l’envoi des armes et le gouvernement dut céder. Un an plus tard la confrontation entre le gouvernement et les mineurs va reprendre suite à l’ annonce de mise en vente des mines et de baisses de salaires. En prévision le gouvernement britannique fit déployer des troupes dans les zones minières.

    Malgré l’existence d’une alliance formelle entre les syndicats de mineurs, de cheminots et de travailleurs des transports — la “Triple Alliance”2 — les autres syndicats non seulement refusèrent de soutenir les mineurs, mais allaient retirer les préavis de grève de solidarité laissant les mineurs seuls face à l’ Etat; ceux ci furent battus et avec eux tout le mouvement ouvrier britannique. Cet échec portera le nom de “vendredi noir”.3

    En trois ans, les salaires des mineurs chutèrent de 26%, ceux des sidérurgistes de 20% et ceux des travailleurs du textile de 20%. Les patrons de l’ industrie métallurgique exigeaient une augmentation du temps de travail -non payé-, dans le secteur de la construction se sont les conditions de travail qui sont remises en cause , pendant que ceux des chemins de fer (privés) veulent faire chuter les salaires. Durant la même période, environ 2 millions de travailleurs quittèrent les syndicats. En 1925, le premier ministre, Stanley Baldwin ne trouva pas mieux que de nommer chancelier de l’ échiquier le très détesté briseur de la grève de 1921 ,Winston Churchill. Le sort des mineurs anglais fut scellé,dés 1911, quand Winston Churchill succède à Lord Fischer reprenant son objectif d’ aller vers une utilisation de plus en plus importante du pétrole. Dés mars 1926, suite à la publication d’ un rapport de la commission gouvernementale;les mines sont jugées non rentables,et dorénavant il faut abandonner les subventions salariales et fermer des puits.

    La situation était mure pour un nouvel affrontement.

    Sachant qu’il allait devoir de nouveau se confronter aux mineurs, l’ état avait depuis longtemps préparé sa panoplie répressive allant de la trahison syndicale à la mobilisation de la troupe en passant par les organisations de briseurs de grève. Le gouvernement fort de sa capacité à vaincre une nouvelle foi le fleuron de la classe ouvrière mis les syndicats en difficulté en imposant une menace de lock-out pour le 1er mai si les syndicats rejetaient ce que le gouvernement exigeait. C’est ainsi que le 1er mai , un million de mineurs furent lock-outé, cette action visait à faire plier le TUC qui immédiatement après le lock out se précipita à la table des négociations. Seulement la base des mineurs refusa le bradage négocié par le TUC , l’ État se retira des négociations au prétexte qu’une grève illégale touche le Daily Mail.

    En effet , par solidarité avec les grévistes les ouvriers imprimeurs refusèrent de publier l’ édition du 3 mai du Daily dont l’ éditorial For King and Country ( « pour le roi et pour le pays ») était hostile aux mineurs. Cette réplique joua le rôle d’une étincelle et le 4mai 1926, il y avait entre 1,5 et 1,75 million de grévistes, tous les secteurs clefs de l’ économie vont être paralysés : transport, gaz, électricité, industrie métallurgique et chimique, mines, port et docks , plus de quatre millions de grévistes défiaient le pouvoir royal.

    Le dirigeant des cheminots, J. H. Thomas,avait raison de déclarer, deux semaines avant la grève : “Parler actuellement comme si, dans quelques jours, tous les travailleurs du pays allaient être appelés à faire grève, c’est déchaîner des passions qu’on pourrait avoir du mal à contrôler.” Le pouvoir venait de comprendre que les mineurs ne suivrait plus le TUC et qu’il fallait « lâcher les chiens » pour la grande battue. Tout en décrétant l’ État d’ urgence, les permissions de l’ armée et de la marine furent annulées et des troupes envoyées en Écosse, en Galles du Sud, à Londres et dans le Lancaschire.

    Une guerre de classe de neuf jours va s’ engager

    Un véritable plan de guerre fut établi en secret, partageant le pays en dix divisions, chacune dirigée par un Ministre ayant le pouvoir de contrôle sur les transports, le courrier, la distribution de nourriture et de charbon. Dans le même temps, le gouvernement créa des “Comités de service volontaire” et une “Organisation pour le maintien des fournitures”, avec pour objectif d’organiser des jaunes4 et de les former à conduire trains et camions. Enfin, une nouvelle force armée, la “Réserve Civile de Police”, composée d’ex-soldats “loyaux”, fut créée afin d’imposer l’ordre et de protéger les jaunes. L’ État venait de prendre le relais du TUC incapable d’ empêcher la grève par le simple fait, que les patrons des mines déclarèrent le 30 avril 1926 qu’ils refuseraient les mineurs qui n’ accepteraient pas les conditions suivantes : une augmentation du temps de travail,et des accords salariaux locaux. En réplique, la classe ouvrière allait manifester massivement le 1er mai à Hyde Park à Londres. Les syndicats s’ abaissèrent à vouloir négocier l’impossible. Le leader syndical de l’ époque Jimmy Thomas en fera l’ aveu :
    “J’imagine que mes critiques habituelles diront que je m’abaissais, et c’est vrai. Dans toute ma longue vie je n’ai jamais supplié et imploré comme j’ai supplié et imploré toute la journée d’aujourd’hui.”

    Dans le bassin houiller de Fife, en Écosse, les groupes une milice ouvrière d’environ 700 membres ouvriers empêchèrent l’activité des jaunes. Voici des extraits du rapport officiel qui fut tiré après la grève :

    “L’organisation était bien huilée. Tout était arrêté — il y avait même des piquets sur les voies des chemins de fer. Le Conseil organisa un service de courrier sans pareil : trois voitures, 100 motos et autant de vélos que nécessaire. Ce système couvrit tout le Fife, amenant et diffusant l’information et transportant des orateurs partout dans le pays… Après des attaques policières contre les piquets, le Corps de Défense, qui rassemblait 150 travailleurs au début, fut réorganisé. A la fin, nous étions 700, dont 400 dirigés par des travailleurs qui avaient été caporaux pendant la guerre, à marcher en formation militaire à travers la ville afin de protéger les piquets. La police ne s’est plus montrée.”

    L’ armée mobilisée

    Au nom du principe démocratique, le gouvernement issu du suffrage universel va, contre les mineurs, déclarer l’ état d’urgence et déployer l’ armée dans les comtés industriel. La Royal Navy va de son coté mettre à quai des navires de guerre dans toute la Grande Bretagne, certains bâtiments furent positionnés dans les estuaires. Il y avait plus de 4 millions de grévistes, les travailleurs du bâtiment,du transport et du rail,les imprimeurs,la sidérurgie, la métallurgie, la chimie lourde… Le TUC ne répondait plus présent et avait perdu le contrôle de la situation, le gouvernement utilisa alors l’OMS (« Organization for the Maintenance of Supplies, OMS »),un organisme spécialement mis sur pied par Lloyd George pour briser la grève, sous couvert d’ assurer un service minimum. Le groupe d’extrème droite (The Loyalists) se mis massivement au service de l’ OMS. La situation mettait aux prises à ce moment la 3 millions de grévistes contre 323 000 antigrèvistes issu des classes moyennes et supérieures , le tout complété par l’ utilisation de l’ Emergency Power Act de 1920, permettant de mobiliser soldats et bénévoles pour faire fonctionner l’ économie.

    La fin de la grève et les briseurs de grève
    Les fins de grève sont toujours le moment où la bourgeoisie va régler ses comptes avec ceux qui ont mené le mouvement hors des frontières du « droit de grève ». C ‘est le moment où la justice de classe passe à l’œuvre et que des listes de grévistes s’ établissent en secret pour l’ avenir. La grève de 1926 ne fera pas exception, plus de 3000 grévistes seront inculpés et les salaires amputés. Les patrons menèrent partout des représailles contre les grévistes.

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