LA MONDIALISATION NÉO-LIBÉRALE, C’EST…

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Critique de la pensée réformiste néolibérale

Les expressions «néo-libéralisme», «mondialisation», «globalisation», «monétarisation», «financiarisation» et «austérité» sont présentées comme autant de caractéristiques d’un nouveau stade de développement du mode de production capitaliste. Pourtant, l’économie politique de la «mondialisation», de la «globalisation» et de «l’austérité» a été étudiée et décrite par Lénine dès 1916. Par contre, il est justifié d’affirmer que l’économie politique impérialiste moderne est entrée dans une nouvelle phase de développement depuis les années 1968-1973 et la répudiation des accords de Bretton Woods, l’abolition de la convertibilité-or du dollar américain et des autres devises, et l’adoption du régime des changes monétaires flottants (1). C que d’aucuns appellent une «chaîne de Ponzi» économique spoliatrice. Cette nouvelle phase de l’impérialisme ne constitue que l’exacerbation de contradictions déjà présentes dans le capitalisme classique poussées à leurs limites.

D’après les critiques de la mondialisation néolibérale, le mode de production capitaliste commercial (mercantile),reposant sur le commerce et la colonisation aurait évolué vers le capitalisme industriel néocolonial, marqué par le protectionnisme et les barrières tarifaires afin de protéger temporairement les marchés nationaux structurants de la concurrence étrangère. Ce mode de production – ce système économique – a ensuite évolué vers le «néolibéralisme, mondialisé, globalisé, monétariste et financiarisé» que nous connaissons aujourd’hui. Les caractéristiques de ce «nouveau» système économique néolibéral seraient que l’ensemble de l’économie est aujourd’hui accaparé par le secteur privé et une poignée de banquiers (les puissances d’argent, ce talisman) au détriment de l’État-providence défenseur du bien public citoyen. L’État, hier encore juste et équitable – arbitre impartial entre les forces sociales contradictoires (sic) – aurait été usurpé et accaparé par une clique de riches – en collusion – se cooptant, complotant et pervertissant les fonctionnaires – stipendiant les politiciens par des caisses électorales occultes et des pots-de-vin, et s’accaparant de tout le pouvoir politique démocratique (sic).

Les médias dans nos sociétés libres et démocratiques (sic) auraient manqué de vigilance et parfois même ils auraient malencontreusement fermé les yeux sur ces malversations. La mission de l’opposition électoraliste altermondialiste, sociale-démocrate, nationaliste et écosocialiste de la gauche bourgeoise serait aujourd’hui de s’emparer par les bulletins de vote de l’État dévoyé et de réorienter l’appareil étatique et gouvernemental dans la direction de son penchant naturel en faveur de l’équité et de la justice sociale.  Tout ceci n’est que fumisterie réformiste vous l’aurez compris.

Le but ultime de cette opposition civique et citoyenne larmoyante est le retour de l’État providence – symbole des quelques années de bombances où la petite bourgeoisie exultait (2). La petite bourgeoisie, courroie de transmission et «porteuse d’eau» du grand capital, voudrait ainsi conserver ses privilèges (ses chaînes dorées) et ne pas subir les affres du néo-libéralisme mondialisé globalisé. Ce système sans-cœur et prévaricateur qui détruit toutes les bases de «l’harmonie sociale» que le petit-bourgeois a eu tant de mal à crédibiliser aux yeux des ouvriers et des salariés spoliés (3).

« À partir des années 1970, avec la montée en puissance des pensées de Milton Friedman et de Friedrich Hayek le mot néo-libéralisme prend un autre sens. À partir de Michel Foucault, le néolibéralisme est alors présenté comme une technique de gouvernement, une politique économique et sociale étendant l’emprise des mécanismes du marché à l’ensemble de la vie. Friedman et Hayek sont désignés en France comme en étant en grande partie les inspirateurs bien qu’ils ne se soient jamais réclamés du néolibéralisme, mais seulement du keynésien, et limite voire supprime l’intervention étatique. Le contexte économique marqué par la fin du système de Bretton Woods relance les discussions entre écoles économiques et leur intensité a contribué à populariser ce terme » (4).

Les idéaux et les principes du réformisme néo-libéral

Les termes « néolibéralisme mondialisation globalisation monétarisation  financiarisation » désignent aujourd’hui un ensemble d’orientations  idéologiques, économiques et politiques d’inspiration réformistes et opportunistes qui partagent plusieurs idées communes :

  • Le courant de pensée néolibéral dénonce l’aspiration d’une portion des intellectuels bourgeois qui s’opposent de bon droit à « l’austérité » et espèrent illusoirement le maintien de « l’État-providence » en déliquescence. Il dénonce les jérémiades pour un accroissement des interventions gouvernementales dans l’économie sous forme de règlementations. Il  dénonce le maintien de charges fiscales pour les entreprises privées concurrentielles et « déficitaires » (sic). Ils dénoncent la prise de contrôle d’entreprises privées par l’État « socialiste », entreprises qui devraient, selon les intellectuels néolibéraux, être rétrocédées au secteur privé, dès que renflouées avec l’argent public. Ce à quoi s’opposent les petits-bourgeois altermondialistes et pseudo-socialistes, au motif que ces entreprises étatiques rentables profiteraient aux contribuables.
  • Le courant de pensée néolibéral fait la promotion de l’économie de libre marché au nom de la liberté de l’agent économique producteur et de l’acteur économique – consommateur et au nom de « l’efficacité » économique de la libre entreprise  concurrentielle et monopolistique (sic). Argument des plus ludiques quand on observe la crise économique structurelle et systémique qui n’en finit plus de démontrer l’inaptitude de la libre entreprise capitaliste à survivre sans guerre génocidaire, sans crises financières, sans famine endémique, sans pandémie meurtrière et sans cataclysme. La gauche bourgeoise devrait être suffisamment avisée pour réaliser que le libre marché et la libre concurrence n’existent pas sous l’impérialisme monopolistique.
  • Le courant de pensée néolibéral prône la dérégulation et la dérèglementation des marchés qui devraient se réguler par les forces et les lois naturelles du marché « libre » et le jeu de la libre concurrence. Les réformistes rétorquent que trente années de dérèglementation-dérégulation ont entraîné l’intensification de la corruption, de la collusion, du pillage des administrations publiques; l’accentuation de la fraude fiscale; l’extension de la spéculation boursière; la dérive monétaire et bancaire; la destruction des services publics; la multiplication des empoisonnements alimentaires; la profusion des accidents ferroviaires, aériens, routiers, maritimes et pétroliers; l’extension des guerres régionales; ainsi que l’anarchie totale de l’économie. Tout ceci est véridique, mais il est tout aussi vrai que ces tendances sont inscrites dans le code génétique de l’impérialisme et ne peuvent être enrayées en restant au sein de la calamité.
  • Les idéologues néolibéraux défendent l’austérité et aspirent à la disparition du secteur public au bénéfice du secteur privé dans les domaines rentables et profitables. Évidemment, la classe ouvrière n’acquiesce nullement à ce salmigondis ubuesque. Le militant vigilant perçoit rapidement que les pouvoirs  sont indifférents à ses atermoiements véhéments. Seule une opposition très musclée comme la grève générale illimitée pourra contrecarrer les décisions arrêtées en haut lieu.
  • Les intellectuels néolibéraux exigent que les secteurs d’activités économiques de production, de distribution et des services publics non profitables soient abandonnés s’ils ne sont pas essentiels à la reproduction élargie du capital. Ou alors qu’ils soient mis à la charge de l’utilisateur-payeur libérant ainsi du revenu gouvernemental pour augmenter les subventions aux entreprises privées sous prétexte de « stimuler l’économie », de créer des emplois (très lourdement subventionnés, précaires et éphémères) et pour rembourser aux banquiers la dette souveraine ayant totalement échappé au contrôle gouvernemental des majordomes du capital.

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D’un commun accord tous s’entendent pour que les budgets étatiques soient impérativement mis au service du grand capital pour sa reproduction élargie. Ce détournement des argents des régimes de pension, des dépôts bancaires, des crédits publics, qui dorénavant ne passeront plus par un processus d’essaimage généralisé (aide sociale, allocation familiale, garderie subventionnée, transport en commun, logement subventionné, soins de santé, éducation et services publics vilipendés), mais s’engouffreront directement dans les goussets des monopoles et des milliardaires. Au Canada, le chantage des entreprises forestières et des alumineries exigeant une nouvelle baisse des tarifs d’électricité, déjà sous-facturée, est une manifestation authentique de cette dictature impérialiste sur la gouvernance publique (5).

Les critiques du « néolibéralisme » geignent que ce faisceau de mesures d’austérité et de désengagement des gouvernements accroit les inégalités sociales; déstabilise le tissu collectif citoyen; compromets la paix civique; pille les ressources naturelles et déséquilibre l’État dans ses pratiques juridiques en l’engageant « trop fortement » du côté des possédants, lui retirant son verni terni « d’arbitre juste et impartial » au-dessus des classes sociales. Il est pourtant excellent que ces sépulcres capitalistes blanchis soient mis au pilori et que l’on découvre les dents cariés de ces affidés désespérés  (pour demeurer dans ces péroraisons à propos de dentiers et d’édentés).

Le laisser-faire « dirigiste » néolibéral. 

Contrairement à ce que l’on prétend, loin de « laisser faire », l’État intervient constamment et de plus en plus vigoureusement pour organiser et soutenir la reproduction élargie du capital. D’abord, pour assurer la valorisation (plus-value et profits) du capital qui est la condition de base de la reproduction du système d’économie politique impérialiste moderne. La  mondialisation néo-libérale globalisée caractérisée par l’austérité et la non-intervention de l’État n’est que mensonge et duperie qu’accréditent les organisations de la gauche bourgeoise par leurs dénonciations du pseudo désengagement de l’État. Il n’y a jamais eu de désengagement de l’État. Il y a simplement des mesures d’austérité et de réorientation des engagements de l’État directement en faveur du capital sans passer par aucun intermédiaire ce qui ralentit le mouvement de circulation du capital.

Chaque jour l’État se désengage des services publics et réduit ses dépenses destinées à la reproduction de la force de travail et au soutien social. Cependant que chaque jour l’État-providence pour les riches transferts les deniers publics ainsi épargnés en direction des programmes de soutien destinés aux capitalistes (au Québec, on dénombre 2 300 programmes de subventions aux entreprises distribuant quelques milliards de dollars en subventions aux entreprises – vérifiez chacun dans votre pays impérialiste et vous y trouverez la même panacée) afin d’assurer la reproduction élargie du capital dont l’État maintenant policier est le commandeur universel, l’état-major de la classe possédante et ceci quelle que soit la fraction de la bourgeoisie qui contrôle le pouvoir politique du pays (6).

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LA SEMAINE PROCHAINE :  L’économie «réelle» en guerre contre l’économie «virtuelle»

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Une pensée sur “LA MONDIALISATION NÉO-LIBÉRALE, C’EST…

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    18 septembre 2014 à 14 02 28 09289
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    Bsr svp je vous demande de bien vouloir me faire part de vos publications c est très intéressant merci

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