La Jérusalem convoitée …

UnknownCAROLLE ANNE DESSUREAULT :

On ne s’y retrouve plus dans le conflit israélo-arabe israélo-palestinien qui perdure depuis … pas loin d’un siècle.

Tout d’abord, qu’est la Palestine ? Il y a la Palestine en tant qu’espace géographique et la Palestine en tant qu’État palestinien, deux réalités distinctes l’une de l’autre.

La région de la Palestine au Proche-orient se situe entre la mer Méditerranée et le désert à l’est du Jourdain et au nord du Sinaï, une terre autrefois appelée Terre Sainte à l’époque des Croisades. Ses surfaces correspondent aujourd’hui à Israël, à la Cisjordanie, à la Bande de Gaza et à la Jordanie.

L’État palestinien est un état observateur non-membre de l’ONU situé au Proche-Orient, dans la région géographique de la Palestine. Le Conseil palestinien a proclamé Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine bien qu’il n’administre pas la ville. Les frontières revendiquées sont celles qui prévalent depuis le 5 juin 1967 entre Israël, l’Égypte et la Jordanie avant la guerre des Six Jours mais leur tracé définitif doit depuis lors toujours faire l’objet de pourparlers entre Israël et la Palestine. Mahmoud Abbas, secrétaire général de l’OLP, préside actuellement l’État palestinien. Les territoires palestiniens sont Jérusalem-Est, la Bande de Gaza et la Cisjordanie.

Habitée depuis des millénaires, la région de la Palestine a connu de nombreuses dominations d’empires et de brassage de peuples. Elle fut dominée tour à tour par les Canaéens, les Hébreux-Juifs, les Assyriens, les Perses, les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Croisés, les Ottomans et les Britanniques. On le voit, elle n’est pas née d’hier. Une étrange et fascinante aura l’enveloppe. Elle représente la terre promise où s’érige la Jérusalem terrestre, symbolique de la céleste.

Reportons-nous en 1920 où les Britanniques, suite à la conquête d’une bande de territoire au cours de la Première Guerre mondiale, contrôlent et administrent la Palestine. En 1923, ils scindent cette belle région en deux parties : la Palestine à l’ouest du Jourdain, destinée à accueillir un foyer national juif, et l’Émira hachémite (princes arabes) de Transjordanie à l’Est. Le pays est l’objet d’un grave conflit entre le nationalistes juifs sionistes et arabes palestiniens, qui s’opposent l’un à l’autre ainsi qu’à l’occupant étranger.

Vont suivre trois LIVRES BLANCS pondus par les Britanniques pour pallier la situation qui dégénère rapidement en conflits.

LE 1ER LIVRE BLANC en 1922 – Livre blanc de Churchill – publié pour répondre à l’opposition des Arabes palestiniens aux termes du mandat quant à l’établissement d’un foyer national juif et à l’immigration juive en Palestine.

LE 2e LIVRE BLANC – Après les émeutes de 1929, le Livre blanc britannique remet en question la poursuite de l’implantation juive en Palestine et favorise la priorité à l’emploi de la population arabe, et ce, même au sein des entreprises juives. Les institutions sionistes réagissent avec virulence. Les responsables du mouvement et ceux de l’Agence juive démissionnent. Suite à ces démissions, le gouvernement britannique remet au directeur de l’Agence juive le décrit d’annulation du livre blanc. Malgré tout, l’immigration juive freine.

LE 3e LIVRE BLANC – en 1939 – fait suite à la Grande Révolte arabe en Palestine. Livre appelé Livre  Blanc de Malcolm MacDonald. Le document précise que la Palestine ne peut être conçue comme une entité politique exclusivement juive. Ce livre blanc veut apaiser le soulèvement de la population arabe de Palestine en limitant la vente de nouvelles terres aux Juifs. L’immigration juive est limitée 75 000 personnes sur une durée de cinq années afin que la population ne dépasse pas le tiers de la population arabe.

Un État palestinien unitaire (à majorité arabe) et indépendant est envisagé dans un délai de dix ans : « Le gouvernement de Sa Majesté déclare aujourd’hui sans équivoque qu’il n’est nullement dans ses intentions de transformer la Palestine en un État juif… Le gouvernement de Sa Majesté [a le] le désir de voir s’établir finalement un État de Palestine indépendant …  Si, au terme de dix ans, il est avéré que l’indépendance doive être ajournée, le gouvernement britannique consultera les habitants de Palestine, le Conseil de la SDN). »

Les institutions sionistes mondiales réagissent et se mobilisent. Le Livre blanc provoque également une vague d’attentats anti-britanniques commis par l’Irgoun (organisation sioniste en Palestine mandataire, proche du Parti révisionniste). Les attentats seront suspendus après le début de la Seconde Guerre mondiale, mais repris quelques années plus tard par une dissidence de l’Irgoun. Même durant la Seconde Guerre Mondiale, l’opposition politique des institutions sionistes officielles ne sera pas interrompue. Lorsque certains membres du Yishouv intégreront les rangs de l’armée anglaise, l’opposition se poursuivra, et élaborera son « programme de Biltmore » de 1942, réclamant un État juif sur l’ensemble de la Palestine. De 1944 à 1948, les organisations armées, Lehi (Combattants pour la Liberté d’Israël), Irgoun, et aussi Haganah (Organisation clandestine sioniste) tueront plus de 300 britanniques, des dizaines de Juifs et quelques milliers d’Arabes.

La région est de plus en plus ingouvernable. L’affaire est portée en 1947 devant l’ONU par le Ministre des Affaires Étrangères britannique.

PLAN DE PARTITION PAR L’ONU – Ainsi, en 1947, l’Assemblée générale des Nations unies vote le partage de la Palestine entre un État juif, un État arabe, et fait de Jérusalem et de sa région une ville internationale. Le lendemain, la guerre éclate entre les juifs et les arabes de Palestine.

Le plan est rejeté par les dirigeants de la communauté arabe qui considère le partage comme une violation du droit de la majorité des habitants de la Palestine qui, à l’époque, est composée de deux tiers d’Arabes (1 200 000) et un tiers de Juifs (600 00) principalement émigrés d’Europe pendant la période du mandat.

Le lendemain du vote, la guerre civile éclate et six mois plus tard, les Britanniques qui ne parviennent plus à concilier les divergences d’opinion annoncent leur abandon du mandat sur la région et quittent la place. La Première Guerre israélo-arabe débute. C’est une guerre civile du fait que les deux groupes, Arabes et Juifs de Palestine, dépendent d’un même pouvoir central ; par la suite, le conflit interpalestinien évolue vers une guerre inter-États entre Israël et plusieurs États arabes.

Le 15 mai 1948, l’État juif déclare son indépendance sous le nom d’Israël avec la reconnaissance de jure de l’État d’Israël par les Etats-Unis et l’URSS.

Les États arabes voisins interviennent dans le conflit. En septembre de la même année, le Haut comité se réunit à Gaza et proclame la formation du gouvernement arabe de toute la Palestine mais sans reconnaissance internationale. À la fin de la guerre, Israël occupe les territoires qui lui ont été alloués par le plan de partage ainsi qu’une partie de l’État arabe et de Jérusalem-ouest. Elle annexe l’ensemble. La Cisjordanie et Jérusalem-Est sont annexés par la Jordanie et Gaza est placé sous administration militaire égyptienne.

Depuis, les conflits israélo-arabe et israélo-palestinien se poursuivent.

 

À SUIVRE …

http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_de_partage_de_la_Palestine

http://fr.wikipedia.org/wiki/Palestine

 

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Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d’argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l’épanouissement de la personne par la pratique de l’attention vigilante : la pleine conscience.

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