La passion d’Augustine

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CAROLLE ANNE DESSUREAULT :

Un film de Léa Pool très touchant, sensible et rempli de musique.

La passion d’Augustine met en scène une religieuse passionnée de musique, directrice d’un couvent pour jeunes filles qui viennent y apprendre le piano en plus d’un enseignement général. Les élèves remportent au fil des ans d’importants prix. L’histoire se déroule dans la région du Richelieu au début des années 60 juste avant l’instauration du système d’éducation publique au Québec.

Le rôle d’Augustine est joué par Céline Bonnier. Une performance magistrale, sobre, sensible, dépouillée. Un autre personnage qui impressionne énormément est celui de la nièce d’Augustine, Alice, rôle interprété par Lysandre Ménard. Cette jeune pianiste est tout simplement renversante de talent et d’authenticité. Elle perce l’écran. Et elle joue divinement au piano. Il n’y a pas eu de doublure. D’ailleurs, plusieurs des jeunes comédiennes jouent du piano «pour le vrai» étant des élèves du Conservatoire. Quant à Lysandre, elle est diplômée du secteur collégial de l’École de Vincent-d’Indy et enseignante au Secteur Musique Plus pour tous. À trois reprises, elle a présenté des performances au Carnegie Hall !

"LA PASSION D'AUGUSTINE"Lysandre Ménard

Revenons au personnage central autour duquel tourne le scénario, celui d’Augustine, femme indépendante et fière, rebelle à l’obéissance et qui cache un passé amoureux douloureux. Dans un couvent, c’est une vie essentiellement vécue avec des femmes. Même si les caractères des religieuses diffèrent, l’harmonie règne quand même dans le couvent de Mère Augustine. C’est surtout auprès de la Mère supérieure de la Congrégation du Sacré-Coeur que la religieuse entre en conflit. Son manque d’humilité choque la Mère (rôle interprété par Marie Tiffo) parce qu’elle persiste à dire  mon couvent, mes élèves, et fait fi des remontrances qu’on lui fait. Augustine doit sans cesse se battre pour convaincre la Supérieure de l’importance de la musique dans la vie de ses élèves. Sans cesse, elle est critiquée pour les dépenses engendrées par les instruments de musique et le financement de l’établissement.

En accueillant sa nièce Alice au couvent en raison de la maladie de sa soeur, Auprès de la jeune fille rebelle, elle renoue contact avec sa jeunesse : elle revit sa peine d’amour, sa passion pour une carrière musicale étouffée. Une forte complicité se développe entre la tante et la nièce avec le temps, après avoir percé bien des voiles.

À commencer par le voile physique pour Augustine. Les religieuses du couvent vont vivre quelques bouleversements ceux-ci apportés par une vague de féminisme et l’instauration par le gouvernement du Québec d’un système d’éducation publique, mettant ainsi en péril les institutions d’enseignement religieux.

J’ai particulièrement aimé le passage où les religieuses enlèvent leur costume de « soeur » pour prendre un vêtement laïque. Si Augustine avance avec audace vers le changement, plusieurs résistent et craignent de se retrouver seules à 80 ans. Pour plusieurs, retirer le voile est un choc dévoilant les rides du cou et du front, les cheveux. Il n’y a pas que le visage, il y a aussi les jambes visibles dans des bas transparents et des chaussures plus féminines. Ces femmes vivent un radical changement d’identité.

Augustine est une femme en avant de son temps. Elle s’est toujours appliquée à inciter ses élèves – qu’elle appelle « ses filles » – à se réaliser par leur talent. Elle voulait qu’elles aient un autre choix que celui de se consacrer à un homme si elles le désiraient.

Lorsque le système d’éducation publique se met en place, la Mère Supérieure vend le couvent de musique que dirige Augustine et la transfère à Rouen comme simple enseignante dans un village éloigné. La foi d’Augustine est remise en question en même temps qu’elle vit le deuil de sa soeur et la perte de son enseignement de la musique qui est toute sa vie.

Elle décide de quitter la vie religieuse et fonde sa propre école de musique École Simone Beaulieu. Elle poursuit sa passion et présente ses élèves à des concours dont sa nièce Alice qui se distingue par son interprétation très sensible de Rêve d’amour de Franz Liszt.

La musique est le coeur du film. Si bellement interprétée par toutes ces élèves. Je souligne la touchante voix de Elizabeth Tremblay Gagnon en interprétant Tristesse de Frédéric Chopin.

La réalisation musicale a été faite par les Productions François Dompierre.

Les arrangements ont été faits par François Dompierre et Claire Ouellet.

 

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Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d’argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l’épanouissement de la personne par la pratique de l’attention vigilante : la pleine conscience.

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