LA SIGNIFICATION DE L’ABSTENTION RÉVOLUTIONNAIRE AU COURS DES MASCARADES ÉLECTORALES

Bibeau.robert@videotron.ca       Éditeur     http://www.les7duquebec.co

 

L’abstention révolutionnaire répudie la mascarade électorale.

Dimanche, le 18 juin 2017, la classe ouvrière de France a posé un geste de résistance historique. C’est à plus de 70% que la classe a refusé de voter au deuxième tour des élections législatives françaises, cette mascarade électorale que le grand capital français organise régulièrement pour distraire la plèbe. Une telle rupture du prolétariat d’avec la petite-bourgeoisie organisatrice électorale du capital et un tel rejet massif du cirque électoral ne sont pas le fruit du hasard et doivent être perçu comme des gestes qui manifestent la maturation de la conscience de la classe qui semble avoir répondu massivement à un mot d’ordre quasi insurrectionnel.

Certains militent en faveur de l’abstention électorale en espérant servir ainsi une leçon aux crétins parlementaires, et aux électoralistes qui se pavanent à l’occasion de ces parades électorales. Sans le savoir, ceux-là affichent leur adhésion à ce cirque que la bourgeoisie offre régulièrement au prolétariat puisqu’il ne constitue pas une menace à son pouvoir hégémonique. S’il en était autrement, la solution « Allende » serait vite appliquée.

L’abstention révolutionnaire n’est pas une campagne de « bouderie » organisée par la petite-bourgeoisie afin de démontrer au grand capital qu’il devrait lui accorder une place dans l’hémicycle et quelques sinécures administratives au sein de l’appareil d’État bourgeois. L’abstention révolutionnaire du démocratisme bourgeois c’est bien autre chose que cela. Ce n’est pas un appel à mieux camoufler l’arnaque électorale, mais le rejet total du cirque électoral. Cela survient au moment où la guerre de classe se radicalise entre les deux puissances sociales antagonistes et que le paysage politique s’éclaircit bien que la bourgeoisie pense – elle – qu’il s’assombrit.

Hormis ceci, le petit-bourgeois pourra bouder dans son coin jusqu’au prochain scrutin… jouant ainsi son rôle de faire valoir de la démocratie électorale. C’est ce dont s’entretenait à Marseille le nouveau polichinelle de la gauche « soumise » qui déclarait candidement «L’abstention écrasante qui s’est exprimée aujourd’hui a une signification politique offensive. Notre peuple est entré dans une forme de grève générale civique» (1). Voilà comment si prend la go-gauche répudiée pour parasiter le mouvement ouvrier et proposer à ses maitres du grand capital de récupérer le mouvement d’abstention afin de revamper le crétinisme parlementaire parmi la classe ouvrière.

Qu’est-ce qu’une « grève générale civique » sinon une bouderie des vaincus électoraux frustrés de ne pas avoir reçu leur part de strapontins et de charges administratives rémunérées ? Si ce n’était des médias à la solde qui répandent ces billevesées, ce serait simplement attristant de voir la déconvenue de ces demandeurs d’asile politique dans l’hémicycle. Quant à nous, la misère réelle des ouvriers saqués et de leurs dépendants paupérisés a de quoi nous chagriner. Mais les simagrées de la go-gauche ne sont que collusion, soumission et collaboration pour accréditer l’allégation outrancière que la « démocratie parlementaire » est un exercice égalitaire et le meilleur moyen pour la populace d’exprimer son opinion sur la chose politique et l’actualité financière, si l’on croit que les larbins politiciens ont un quelconque pouvoir dans la sphère économique, ce qui n’est évidemment pas le cas. Les lois de l’économie-politique capitaliste s’appliquent et nul polichinelle politique ne peut y contrevenir. Donald Trump l’a appris depuis son intronisation à la Maison-Blanche. Macron n’aura pas cette révélation, il a déjà donné toutes les assurances de sa soumission et ne conserve aucune illusion sur son pouvoir de saltimbanque.

« L’abstention ciblée, le vote blanc, l’annulation citoyenne » sont autant de manifestations de résignation, de soumission, de collaboration à cette immense mystification antiprolétarienne que constitue toute mascarade électorale populiste, depuis son apparition au début du capitalisme (industriel et institutionnel), jusqu’à nos jours. Réjouissons-nous cependant, cette forme de boycott des élections bourgeoises est habituellement la première étape avant le rejet définitif, juste avant que le prolétaire (ils sont encore moins de 30% à voter) ne réalise qu’il consent par là à son aliénation en participant, de pleins consentements, à ce vaudeville ubuesque où la classe ouvrière ne peut pas gagner sa liberté ni se désaliéner dans le cadre de ce jeu manichéen où tous les partis en lice acceptent les règles du jeu politique capitaliste dont le premier oukase est : « Le pouvoir d’État bourgeois tu ne renverseras pas », quand justement, c’est La condition de la désaliénation de notre classe sociale.

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Faut-il ignorer le « système » ?

Un camarade pense que par l’abstention révolutionnaire un prolétaire « ignore le système » et ce camarade propose de s’organiser entre militants gauchistes « en dehors du système »!  C’est une erreur. L’abstention révolutionnaire, le refus de participer au vote qui clôture toute mascarade électorale, n’est pas un geste passif et négatif d’isolement, mais au contraire un geste politique offensif de rejet – de répudiation – retirant toute légitimité et appelant la construction d’une alternative prolétarienne collective. Aucune libération, aucune désaliénation ne peut ni ne pourra être individuelle, c’est entre autres ce qui distingue la petite-bourgeoisie extrémiste, parfois terroriste ou djihadiste, des militants prolétariens révolutionnaires. La classe prolétarienne ne peut « ignorer le système social » qui l’opprime ; dans lequel elle vit et gagne sa pitance à travers son labeur quotidien – si l’ouvrier a la « chance » d’avoir un emploi évidemment. Les autres prolétaires au chômage se pressent aux bureaux d’emplois et n’auront droit qu’à la visite compassée des candidats députés, qui de toute manière, ne peuvent que passer.

Un autre camarade écrit : « Tout le monde souhaite que Macron réussisse, mais personne ne dit ce qu’il doit réussir. Alors je vais vous le dire bien que vous le sachiez déjà, Macron doit réussir à faire en sorte que la bourgeoisie puisse exploiter encore plus qu’aujourd’hui le prolétariat. » (2) De fait, un économiste français a chiffré précisément le montant que l’équipe Macron devra « saigner » au prolétariat français. Comparant les chiffres de ce que le grand capital allemand a réussi, notamment par l’afflux de millions de réfugiés, à arracher récemment aux travailleurs allemands, c’est de 25% que le cout de la force de travail française devra être réduit compte tenu de sa productivité robotisée moindre qu’en Allemagne, où la misère se répand pourtant (3). Voilà la seule et unique mission de l’Équipe Macron. Le reste est carnavalesque et ne vise qu’à amuser la galerie des petits-bourgeois politiciens de gauche comme de droite qui pleurent leur expulsion de l’hémicycle où de toute manière ils n’auraient rien pu faire pour soulager notre misère.

Et c’est justement ce point crucial que la classe ouvrière française semble avoir compris ce 18 juin 2017 à Paris ; l’un ou l’autre des candidats dans chaque circonscription électorale c’est du pareil au même. Le verbiage peut différer, mais la capacité de régler la crise économique systémique est également partagée = nul = et ceci concerne aussi le pion principal, le chef de l’équipe Macron. Attendez que les cinq années de royauté présidentielle se soient écoulées et vous verrez ce qu’il adviendra du dauphin de Sarkozy et de Hollande.

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L’abstention révolutionnaire écarte une illusion et ouvre une perspective.

L’abstention révolutionnaire répudie définitivement ce cirque électoral et présente l’unique alternative. Une fois rejeter par principe, définitivement, toute mascarade « démocratique » électoraliste quelle voie s’ouvre à la résistance prolétarienne contre ces assauts manigancés par le capital avec la complicité de leur personnel politique élu et non élu – bureaucratique – les institutions régaliennes, et l’assistance de la petite-bourgeoisie de gauche comme de droite qui perd ainsi son utilité de chien de garde et de courroie de transmission, voilà le motif de leur désespérance ? La classe prolétarienne n’aura d’autres issues que de mener la résistance sur les lieux où porteront les attaques à ses conditions de travail, son salaire et à ses conditions de subsistance. L’usine, l’atelier, la manufacture, le bureau, le chantier, etc., et ensuite, le quartier, la municipalité, la rue, l’autoroute, le pavé, la barricade… en avant camarade pour la grève générale illimitée, sauvage, et sans la tutelle des syndicats embourgeoisés.

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Grève générale sauvage illimitée.

Des mascarades électorales la bourgeoisie en appelle chaque fois que le prolétariat s’affaire à défendre ses intérêts de classe. Des grèves générales le prolétariat devrait en appeler chaque fois qu’il défend ses intérêts de classe. La grève générale asphyxie le capital, le prive de son oxygène – la plus-value – et le mets à genoux comme en mai-68 l’a démontré. Cependant, le prolétariat – hors tutelle gauchiste, communiste, marxiste-léniniste – ne devra pas vendre son droit d’ainesse contre un plat de « Grenelle ». Les enjeux sociaux sont trop importants. C’est un vieux monde démocratique bourgeois que nous devons renverser et un Nouveau Monde démocratique prolétarien que nous devons ériger. On ne fera pas cela en mettant une croix sur un bulletin de résiliation vis-à-vis le nom d’un pèquenot républicain capitaliste en marche citoyenne, soumis, communiste ou trotskiste !

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L’abstention révolutionnaire, un geste de solidarité internationale

Le grand capital international y inclut sa phalange franco-française, a attaqué le gouvernement afghan, irakien, somalien et libyen ; puis il a soutenu le coup d’État du maréchal Sissi (le bienaimé du dictateur Moubarak) contre le président Morti dument élu par une large majorité de la populace égyptienne ; puis les troupes de la bourgeoisie française ont tué au Mali, et en Syrie, au cri de « Vive la démocratie électorale et parlementaire » la quintessence de la «vox populi» que l’humanité bourgeoise puisse érigée. Évidemment, pour aucune de ces interventions militaires meurtrières l’État des riches, ni en France ni ailleurs, n’a daigné consulter ou même écouter la voix populaire qui dénonçait vertement ces massacres et ces crimes de guerre démocratiques.

En répudiant massivement les mascarades électorales bourgeoises, fer-de-lance des mimiques « démocratiques » patentées, où le pouvoir économique des riches lamine toute possibilité de le confronter, la classe ouvrière française contribue puissamment à lever le masque de l’impudique squelette démocratique. Tout travailleur bombardé dans les pays du tiers-monde peut aujourd’hui répliquer à ses agresseurs occidentaux débonnaires venus lui imposer sa démocratie plénipotentiaire : « Manant militariste, assassin, retourne à ta niche dans les pays de l’électoralisme démocratique décadent dont votre propre prolétariat ne veut pas ».

Même prolétariat international, même combat contre l’arnaque électorale démocratique bourgeoise.

 

 

(1)    http://lelab.europe1.fr/legislatives-melenchon-voit-dans-labstention-la-greve-generale-civique-du-peuple-francais-3364628

(2)    Do. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/pourvu-que-macron-echoue/

(3) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/selon-le-fmi-le-risque-de-pauvrete-augmente-en-allemagne/

 

 

 

 

 

13 pensées sur “LA SIGNIFICATION DE L’ABSTENTION RÉVOLUTIONNAIRE AU COURS DES MASCARADES ÉLECTORALES

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    22 juin 2017 à 13 01 08 06086
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    @ TOUS

    Suite a ce jeux de dupe des dernières élections législatives , comment transformer ce mouvement fortement majoritaire qui regroupe les Abstentionnistes, les bulletins blancs, les nuls, dans un vaste mouvement autour du « SECESSIONNISME « que nous proposons dans nos recherches depuis déjà de nombreuses années dans une réflexion constructive ( voir ci-dessous)

    Nous venons d’être parfaitement inondé par des médias de toutes sortes et de tous courants politiques qui n’envisagent pas dans leurs propos de « RENDRE VISIBLE LE REEL »

    Bernard Bruyat

    Chercheur indépendant sécessionniste

    OPDLM / MRIE
    Université du pas de coté

    Bernard Bruyat Paul Ariès

    Paul Ariès : Le rapport militant au monde comprend toujours deux postures. Le désir de changer le monde existant et celui de se retrancher. Le religieux a montré cela avec les mouvements d’action religieux et les monastères. Le syndicalisme a longtemps articulé aussi ces deux postures avec sa section syndicale, ses clubs de sport, d’espéranto, son orchestre, sa coopérative, etc. On parlait aussi de socialisme ou de communisme municipal. Ces gauches-là ne savent plus faire contre-société. Les milieux antiproductivistes doivent renouer avec cette gauche maquisarde, cet esprit de dissidence. Faire sécession c’est faire école et notamment école buisonnière. Ce faire secession est indispensable tout autant pour ceux qui croient encore qu’il est possible de changer ce monde et ceux qui pensent qu’il faut en construire un autre. Nous avons toujours besoin de penser et de changer le monde à partir d’un lieu (théorique, poétique, pratique…) non capitaliste, non productiviste. Ce faire sécession n’est pas le châtiment de la désillusion mais le meilleur chemin pour rouvrir le champ des possibles.

    Bernard Bruyat, lors des (F)Estives de Marlhes, vous êtes intervenu lors de la table ronde consacrée à la question de la participation aux élections pour y défendre l’hypothèse de la sécession et de la désaccoutumance à la croissance ; qu’entendez-vous par là ?

    Bernard Bruyat : La secession est une action, et je peux lire dans une édition du ”Nouveau Larousse élémentaire” qui a accompagné mes enfants dans leur scolarité : Secession : “Action de se séparer de ceux avec lesquels on était uni”. Il n’est donc, comme je l’ai souligné dans mon intervention aux (F)estives de Marlhes, pas question de fuite, mais de se retirer d’un système de gouvernance qui nous laisse croire que la seule façon d’être unis est la régle définie par des partis politiques et leurs représentants “élus”. Les élections pratiquées dans notre système de gouvernance éloignent de plus en plus nos contemporains de leur quotidien. Pour l’image : la secession en tant qu’action consiste à refuser de jouer à la Belote avec les régles du Tarot (et vice versa) mais aussi à rechercher un autre jeu de carte ou les cartes auraient toutes la même valeur à “la donne” mais en laissant à chacun sa décision de les utiliser pour en faire des atouts.

    Pour exemple : “le revenu inconditionnel d’existence”. C’est aussi dans cette action de sécession que j’ai parlé aux (F)estives de “la désaccoutumance à la croissance” Ivan Illich ,qui laisse à chaqu’un le soin de se soigner et de choisir son traitement pour endiguer cette maladie très contagieuse de “La Croissance”. La “Décroissance” m’apparait plus comme un slogan de campagne électorale pour certains courants politiques.

    La sécession n’est-elle pas une fuite irresponsable (sacrifier l’éthique des responsabilités à l’éthique des convictions), un refus de “faire avec” le monde “réellement existant” ?

    Bernard Bruyat : La sécession n’est en rien une fuite irresponsable. Il ne saurait y avoir d’éthique des responsabilités sans convictions. La conviction dans la sécession est le contraire du destin ou de la carrière : la conviction, c’est notre ligne d’émancipation, de libération. Faire sécession, c’est aussi fuir les dispositifs de pouvoir, “l’assistante sociale qui veut nous réinsérer, le conseiller d’orientation et nos parents qui veulent nous aider à définir notre avenir, le syndicat qui veut nous encarter à la fin de la grève sauvage, les parents qui veulent sauver notre mariage, la psychothérapie, les juges, les flics et moi même, lorsque je rédige mon CV et élabore mon projet de vie, ma carrière mon avenir”, Simon RUPTURE. Faire sécession exige la recherche du REEL dont nous sommes à tout moment détournés (avec notre consentement implicite) afin de le rendre VISIBLE : cela nous amène obligatoirement à faire des choix… Pour cela nous devons renoncer à …

    Paul Ariès : La sécession n’a rien d’une démarche sectaire. Je crois bien au contraire qu’elle nous oblige à penser des alternatives polyphoniques qui permettront non seulement à chacun d’agir selon ses préférences mais aussi de donner moins d’importance aux conflits théoriques/dogmatiques. Les communautés qui durent sont celles qui savent entretenir un rapport ouvert et vivant sur le reste du monde comme Longo Maï. La sécession est une façon de dire que l’insurrection de la vie, de nos existences doit accompagner sinon précéder l’insurrection des consciences. Nous devons montrer qu’il est possible de vivre maintenant. Nous devons développer d’autres rapports humains, ce que nous peinons aujourd’hui à faire. La sécession est aussi une façon de dire qu’il n’existe pas une seule façon de faire autrement mais de nombreuses tout en affirmant que ces chemins se feront en marchant. L’enjeu est d’abord pour moi de redévelopper des cultures autochtones, celles des milieux populaires, celles des naufragés du système. C’est un appel à cesser de regarder les classes moyennes pour regarder les gens de peu. Il n’y a pas d’issue possible sans ces cultures autres que la culture dominante. Mon combat est celle de la Vie bonne et du bien vivir amerindien. Faire sécession n’interdit pas nécessairement de tenter de faire fructifier ce qui existe ailleurs voire même de l’institutionnaliser par le jeu politique. Je suis partisan d’une désobéissance y compris de la part des municipalités, des communautés d’agglo, pourquoi pas, sur certaines questions de départements ou de régions.Le Sarkophage publie en janvier un texte de Bernard Bruyat sur la défense et la promotion des châtaigneraies en Ardèche, c’est déjà pour moi une façon concrète de faire sécession, c’est à dire d’avoir une autre vision du monde et d’autres pratiques.

    En quoi la sécession reste une prise politique de position, voire est une reprise de position politique ? Faire sécession, est-ce refuser catégoriquement toute présence à des votes ?

    Bernard Bruyat : Faire sécession ne signifie pas prendre position contre des partis politiques ou des idéologies au service du pouvoir C’est refuser le langage commun du politiquement correct. La reprise d’une position politique (gestion de la cité) ne pourra se faire qu’après avoir fui tous ces prédateurs qui veulent nous encadrer dans des structures normatives et gestionnaires qui nous dépossèdent de notre expression directe et nous privent de nos capacités à rechercher notre émancipation. Faire sécession doit nous aider à nous réapproprier la chose publique par la dissidence qui nous est interdite par un système institutionnel dit démocratique qui nous écarte à tous moments et dans tous les domaines de nos désirs de réfléchir notre condition humaine. Faire sécession n’entraîne pas forcément le refus catégorique du vote mais nous amène à regarder toutes ses dérives ( ex : refus de participer au vote qui s’inscrit dans un système reconnu comme anti-démocratique tel que l’organise la Constitution de 1958.

    Paul Ariès : Faire sécession peut être une façon de refuser les élections. C’est une posture totalement légitime et nous avons besoin qu’elle soit cultivée. Faire sécession peut être aussi une façon de faire contre-société tout en participant aux tentatives pour transformer ce monde. Je crois que ce sont des moments de vérité parallèles et complémentaires. Je me refuse au jeu de savoir qui est le plus révolutionnaire des deux. Les deux modèles ont à ce jour fait preuve d’une efficacité toute relative. Nous devons tirer les leçons aussi bien du socialisme par en haut que du socialisme par en bas… car par exemple le mouvement coopératif était infiniment beaucoup plus fort autrefois qu’aujourd’hui. J’aurai tendance à déplacer la question : ne pas faire de la sécession une religion mais un vecteur pour refuser le mythe de l’abondance… La Ligue du Nord par exemple souhaite parfois faire sécession pour refuser d’aider le sud… La sécession n’est pas toute la solution mais un bout de solution. Je préfère rester dans la société avec des communes qui choisissent de construire la gratuité des biens communs que de faire sécession dans le cadre d’une communauté qui marchandiserait et technologiserait plus encore l’humain. Le Sarkophage publie en janvier un texte de Bernard Bruyat sur la défense et la promotion des châtaigneraies en Ardèche, c’est déjà pour moi une façon concrète de faire sécession, c’est à dire d’avoir une autre vision du monde et d’autres pratiques.

    Si négativement la “sécession” est rupture avec une certaine politique, positivement, elle est engagement dans des “en-dehors”, des “alternatives concrètes”, des “expérimentations sociales”, est-ce suffisant ?

    Bernard Bruyat : Faire sécession est bien RUPTURE et ne doit pas une fois de plus n’être qu’une adaptation par certains courants politiques à des fins électorales : “une vraie rupture est une chose sur laquelle on ne peut pas revenir, qui est irrémissible parce qu’elle fait que le passé a cessé d’exister”. La sécession comme je l’affirme dans ma présentation au cours des différents débats ou colloques, c’est déjà savoir que “si nous faisons ce que nous avons toujours fait, nous obtiendrons ce que nous avons toujours obtenu”. Faire sécession n’est pas une fin en soi, ce n’est qu’un outil de libération pour entreprendre la déconstruction de notre système de gouvernance. Partant de ce chantier bien d’autres pistes restent à rechercher et exploiter qui viendraient enrichir un travail de reconstruction. Le revenu inconditionnel d’existence est la première pierre de ce chantier et sur cette base encore bien d’autres pistes restent à rechercher. Faire sécession, c’est aussi prendre en compte le bouleversement que représente ce concept de déconstruction auprès de nos contemporains pour bâtir d’autres alternatives sur de solides bases sociales. Je préciserais à nouveau que tout cela ne pourra se faire sans SECESSION car il ne s’agit pas de faire “A PARTIR DE” mais “EN DEHORS DE”.

    Paul Ariès : Nous devons certes faire sécession et essaimer mais aussi tirer les leçons des échecs passés, français ou étrangers. Pour faire court : la transformation de la société par en bas n’a pas plus abouti au 20e sicle que par en haut. Le recul du mouvement coopératif que j’ai analysé dans “No Conso” ne s’explique pas par exemple seulement par la volonté de la gauche communiste de sacrifier le mouvement coopératif notamment dans la production. Le mouvement coopératif n’a pas été capable d’opposer ses propres produits aux produits capitalistes. En avaient-ils d’ailleurs ? N’a-t-il pas autant accompagné que combattu le développement du capitalisme ? Le faire sécession n’est pas d’abord une affaire d’échelle mais de contenu politique/idéologique y compris des produits. Pourquoi n’y a-t-il pas par exemple de banque alternative liée aux mouvements révolutionnaires alors que des mouvances spiritualistes peuvent aujourd’hui disposer de leurs propres réseaux ? Pourquoi n’a-t-on pas développé (et le faut-il ?) des réseaux d’écoles en dehors de l’école capitaliste ? Pourquoi les municipalités ou les Comités d’entreprise ne créent-ils pas leurs propres réseaux d’approvisionnement notamment sur le plan alimentaire (la restauration sociale représente tout de même un repas sur quatre en France) ? Ce Faire sécession interpelle donc autant les confédérations syndicales, les municipalités que les individus ou les communautés. Nous devons nous poser la question de la domination et de la transition en termes gramsciens. On ne réalisera pas une masse critique suffisante pour inventer une autre société (ou transformer celle-ci) sans matérialiser nos valeurs/intérêts dans des institutions, dans des rituels, dans de nouveaux territoires. Ce faire sécession impose aussi d’en finir avec le fétichisme des appareils, des leaders, du vocabulaire. Nous devons accepter que tout ne soit pas parfait, nous devons accepté de nous trompé et d’être trompé. La seule certitude que nous avons c’est que ce faire sécession imposera que le chemin se fasse en marchant. Le faire sécession a deux ennemis : la compromission avec la société dominante et la scission sectaire. Ce faire sécession est d’abord une cure de dissidence dont ont besoin les mouvements sociaux. Nous devons cependant prendre garde de ne pas saborder la solidarité (les SP) au nom du séparatisme. Le Faire sécession n’est pas le choix du repli sur soi. Nous ne sommes pas des survivalistes. Le faire sécession campe pour moi résolument du côté de l’optimisme : il s’agit de donner envie de changer

    Parmi tous les “chantiers” possibles, lesquels vous semblent les plus prometteurs ?

    Bernard Bruyat : L’“inconditionnalité” du Revenu d’Existence nous oblige à rompre avec toutes les pratiques politiques communes à tous les acteurs de notre vie sociale (partis, syndicats, associations…) pour reconnaître à chaque individu son droit à l’existence (et non plus à la subsistance conditionnée au mérite de chacun). Le “revenu inconditionnel d’existence”, véritable avancée sociale doit s’accompagner de bien d’autres chantiers de recherche “du local au mondial” qui ne seront réalisables que dans “la sécession”…

    Paul Ariès : Il est bien sûr difficile et surtout sans intérêt de hiérarchiser dès lors que nous sommes partisans d’un socialisme antiproductiviste. Je pense cependant que la question de la gratuité est essentielle. Je parle d’une gratuité économiquement, culturellement, politiquement construite. C’est tout le sens du colloque sur la gratuité des SP locaux que le sarkophage a co-organisé avec la communauté d’Agglomération les lacs de l’Essonne. La gratuité a un coût donc elle oblige à faire des choix. Elle permet d’interroger nos usages : gratuité du bon usage et renchérissement ou interdiction du mésusage… Priorité à la satisfaction des besoins sociaux fondamentaux. La gratuité peut être une façon de rendre la parole au peuple. La vraie démocratie c’est toujours de postuler la compétence des incompétents. Ce recours à la gratuité ne va pas sans budget participatif, sans démocratie directe. Le grand enjeu n’est pas en effet de culpabiliser les gens mais de donner envie de changer. Faire sécession n’est qu’un moyen de jouer sur cette politique du désir, car seul le désir véritable est foncièrement anti-productiviste et anticapitaliste. Le livre Vivre la gratuité publié il y a deux ans était généreux mais un livre d’intellectuels. Le nouveau livre Liberté, égalité, gratuité (Golias) publié il y a une semaine regorge d’initiatives concrètes : les belles idées ont rencontré une volonté politique. Ce n’est certes qu’un début, tout peut même régressé, mais mieux vaut ce début que du sur-place.

    A quelles conditions la sécession peut-elle réussir à ne pas être qu’une variante élargie mais “terriblement communautaire” de l’individualisme ?

    Bernard Bruyat : Faire sécession doit permettre de rompre avec l’individualisme. La sécession ne doit pas se réduire à un mouvement auquel les individus pourraient s’identifier à travers la revendication d’une appartenance. Cette appartenance se manifeste par l’utilisation et la promotion du vocabulaire de “la pensée unique” dont usent et abusent les politiques au sein des “COMMUNAUTES TERRIBLES ”(celles-mêmes qui prétendent combattre le communautarisme).

    Paul Ariès : Nous ne devons pas être dupes de tout ce qui peut se jouer sous ce terme. De la même façon que la mondialisation n’est pas la poursuite de l’internationalisme prolétarien, le capitalisme totalitaire a aussi en réserve sa propre conception et ses propres pratiques du faire sécession. Les “villes privées” comme les régimes de retraite par capitalisation sont aussi une façon de faire sécession. Le capitalisme vert est une façon de préparer l’adaptation d’une partie de l’humanité (les riches, les puissants) à faire sécession grâce au transhumanisme et donc à abandonner des milliards d’humains à leur triste sort. La perspective de sécession n’est donc pas uniquement dans notre camps. Ce n’est pas par hasard que les Etats-Unis défendent les grandes sectes. Ma façon de prôner le faire sécession est tout sauf une machine de guerre contre l’Universel. L’histoire de la fin du 19e et du début du 20e siècle a montré avec le syndicalisme à bases multiples et avec le communisme municipal que le faire sécession peut au contraire coïncider avec la construction de la république. Ce faire sécession fera oeuvre utile sous deux grandes conditions.1) Etre porteur d’un projet d’émancipation collectif et individuel. On ne fait pas sécession pour faire bande à part, mais pour construire un faire société différent, pour retrouver une puissance sur nos vies à défaut d’un pouvoir. 2) L’autre condition est de construire une société ouverte. J’ai trop travaillé sur les sectes expertes en sécession pour ne pas savoir le danger qu’il y a à refuser le droit commun. Nous devons par exemple toujours défendre le droit concret des individus à pouvoir revenir dans la grande société ce qui suppose des droits sociaux. Je dirai paradoxalement que nous devons apprendre à conjuguer le faire sécession et la défense de valeurs universelles. Dans le contexte actuel, ce faire sécession est non seulement la condition pour pouvoir créer, faire du neuf (même avec du vieux), mais pour défendre des idées de liberté, d’égalité, de fraternité. Ce faire sécession passe d’ailleurs par des actes de désobéissance qui ne sont pas le retour à l’illégalisme du 19e siècle mais l’insoumission à visage découvert, au nom d’une conception supérieure des droits humains : désobéissance individuelle, citoyenne, professionnelle, institutionnelle.

    3 comments to L’hypothèse de la sécession
    · Bernard Legros

    Combattre le « système » soit en son sein, soit dans ses marges est un débat interminable qui secoue les mouvements d’opposition depuis longtemps (pour ne pas dire toujours), et aucun des deux camps ne pourra définitivement prendre le pas sur l’autre.
    En attendant, dans une vie de militant, il me semble qu’un double parcours puisse être envisagé, en deux étapes successives. Certains peuvent choisir de faire sécession dès le départ, avant même de s’être frotté aux dures réalités du système. C’est un choix respectable, mais qui ne me paraît pas le plus judicieux, ni le plus éthique.
    A l’inverse, certains ne peuvent envisager en aucun cas de combattre à la marge, mais totalement immergés dans la réalité sociale la plus crue, ainsi en est-il de la majorité des marxistes-léninistes.
    Enfin, il y a ceux qui commencent la lutte à l’intérieur du système, mais peuvent, de guerre lasse, finir par jeter l’éponge et se réfugier dans ce que certains appellent avec mépris des « robinsonnades » comme, par exemple, un éco-village. Ce choix est éminemment respectable car nul n’est tenu de se sacrifier pour une cause qu’il juge plus ou moins perdue en son âme et conscience.
    Alors, quant à lutter « dans » ou « hors de », je pense que la meilleure solution est de combiner les deux approches dans une dialectique mûrie.

    2011 fut l’année des « Indignés », 2012 sera celle de la mobilisation générale des citoyens pour changer ce monde ! Pas besoin d’être grand clerc pour se rendre compte qu’il est débile de soumettre des êtres humains à des critères financiers: ça nous bouffe notre enthousiasme et notre liberté ! Nous voulons un monde libre et gratuit.
    Nous n’avons pas fait tout ce chemin pour nous laisser commander par des structures internationales ou des institutions nationales. L’être humain est vivant, il a construit des outils de toutes sortes pour améliorer le bien-être de la communauté, ce n’est pas maintenant qu’il va obéir à un outil.
    Je me permets de rappeler ce qu’avait dit Jean Rostand à la tribune des Nations-Unies : »J’ignore quel sera le système d’économie le plus apte à assurer l’équitable distribution des biens matériels et spirituels ; mais je suis à peu prés sûr que l’époque ne peut plus être lointaine où l’on s’étonnera que durant tant de siècles, tant de choses aient pu rester le privilège de si peu de gens, et que la société ait pu se partager en groupes si inégalement traités qu’on y différait, par le quotient intellectuel, par la résistance aux maladies, par le taux de criminalité. »
    Que l’Europe ait oubliée son but ne m’étonne pas trop, influencée par « la croissance », mais les citoyens savent que ce sera nous et nos enfants qui devrons faire avancer le projet d’un monde libre et gratuit pour tous, tout autour de la planète. L’argent n’est qu’un outil, nous pouvons nous en passer. Par contre, nous ne pourrons nous passer de la mobilisation générale de tous les êtres humains, petits et grands, riches et démunis, salariés et chômeurs, inclus et exclus, pour rendre ce monde libre et gratuit.

    Je compte sur vous pour que personne ne désespère. Que les pouvoirs politiques, financiers, économiques se souviennent qu’ils deviennent LE principal obstacle à la poursuite du bonheur des vivants.

    Est-ce que ma réponse prouve que j’ai bien compris les interventions d’Ariès et de Bruyat ? Merci aux deux intervenants de m’avoir fait découvrir le monde où j’habite

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    22 juin 2017 à 16 04 52 06526
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    trop, beaucoup trop de confusion, de contradiction

    Une, caractéristique, il est écrit « La gratuité a un coût donc elle oblige à faire des choix. » puis

    « Ce recours à la gratuité ne va pas sans budget participatif, sans démocratie directe. »

    Ainsi, si la gratuité a un coût, donc un budget, cela implique nécessairement que certains devront en assumer la charge. Donc, vous n’avez rien changez au système, sinon la répartition entre ceux qui devront travailler pour permettre la gratuité aux autres. Vous pouvez alors vous donner l’illusion de sécession sur la forme en rebattant les cartes des rapports de classes, mais pas changé le principe de l’exploitation des uns par les autres, des travailleurs par les « gratuités ».

    Ce que je veux vous signifier, c’est qu’il est impossible de parler de gratuité et de budget qui n’implique pas mécaniquement l’exploitation des uns par les autres. Soit tout est gratuit sans budget nécessaire, soit rien est gratuit et alors on parle de répartition de la charge entre tous selon des règles d’équités, où il peut pas être fait l’impasse sur le principe du mérite personnel.

    Dernier exemple, mais il y en a bien d’autres, il est écrit « La vraie démocratie c’est toujours de postuler la compétence des incompétents. »

    Absurde !

    c’est une contradiction dans les termes insolubles. L’incompétent ne peut pas être par définition compétent. Soit il est compétent, soit il ne l’est pas. Par contre, rien n’interdit qu’une personne devienne compétente ou réciproquement ou qu’il y ait incertitude, mais à une situation donnée, soit elle l’est, soit elle ne l’est pas.

    La vraie démocratie ne consiste pas à postuler la compétence des incompétents, les pires dictatures le font aussi et plus encore, car ce qui prime c’est la soumission. La vraie démocratie, selon son étymologie, donc sa définition, est toute entière dans la transparence de tout le processus décisionnel concernant la vie sociale, donc, de la communauté. Autrement dit, la démocratie interdit formellement tout secret d’Etat, tout conseil de quelque nature et quel que soit le sujet à huis clos portant sur la société, sans que cela implique mécaniquement un acte ou action dictatoriale. Sans que cela corresponde à un complot ou une conspiration à l’encontre d’une partie des citoyens. Comme tous les pays prétendument « démocratiques » sont visés par le secret des décision politiques, le complot n’est pas une théorie, c’est un fait politique. Un institution politique. Comme ce principe du secret est aussi celui qui domine l’économie, celle ci est aussi de nature complotiste.

    Etc…

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      23 juin 2017 à 8 08 43 06436
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      @ herve hUM

      1) Tu as bien raison de t’insurger devant les incohérences de cette proposition de SÉCESSION.

      2) Pour ma part j’aimerais faire un bout de chemin sur la question de la « démocratie »
      Pour commencer acceptons ta définition :  » La vraie démocratie, selon son étymologie, donc sa définition, est toute entière dans la transparence de tout le processus décisionnel concernant la vie sociale, donc, de la communauté. Autrement dit, la démocratie interdit formellement tout secret d’Etat, tout conseil de quelque nature et quel que soit le sujet à huis clos portant sur la société, sans que cela implique mécaniquement un acte ou action dictatoriale. »

      a) D’une part tu admets toi-même que cette TRANSPARENCE n’existe pas et qu’elle ne peut exister socialement… même ma femme a des secrets pour moi et l’autre jour elle s’est opposée a un voyage sans que je sache pourquoi !!!

      b) Peut-on imaginer une dictature tout à fait TRANSPARENTE disant tout à ses commettants ? Ainsi dans une prison le directeur pourrait décider de tout dire aux prisonniers y compris le code informatique de sécurité en autant qu’ils a bien isolé les détenus et les empêches de communiquer avec l’extérieur

      c) La Démocratie ne serait-elle pas un leurre – un piège – pour attraper les abeilles besogneuses avec du miel empoisonné ???

      robert bibeau http://www.les7duquebec.com

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    23 juin 2017 à 14 02 20 06206
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    D’une part tu admets toi-même que cette TRANSPARENCE n’existe pas et qu’elle ne peut exister socialement… même ma femme a des secrets pour moi et l’autre jour elle s’est opposée a un voyage sans que je sache pourquoi !!!

    Ne me fais pas dire ce que je n’écris pas. La démocratie n’existe dans aucun pays où il y a secret de quelque nature que ce soit, donc effectivement à ma connaissance, dans aucun pays. Mais cela ne veut pas dire que c’est impossible, je fais que rappeler la condition, soit, la totale transparence puisque si la démocratie est la souveraineté du peuple, tout ce qui lui est caché viole sa souveraineté. En droit, un souverain à qui on cache des choses, cela s’appelle un complot, une conspiration contre le souverain.

    D’ailleurs, ton cas particulier ne dit pas le contraire, il l’affirme ! Ta femme exerce sa dictature en t’imposant sa décision de manière unilatérale. Note bien qu’elle aurait pu te mentir, ce qui ne change rien, car le mensonge est aussi une manière de garder le secret. C’est d’ailleurs la tactique favorite des gouvernements dits démocratiques !

    Une dictature peut se permettre d’être transparente dans le cas que tu cite, à savoir, que le peuple ne dispose d’aucun moyen d’opposition, donc qu’il soit emprisonné, mais je connais pas de dictature qui prenne ce risque, car un dictateur qui se vante d’exploiter et de réduire son peuple à la misère attise l’opposition et aucune prison est sûre à 100%, ni système informatique, car il y a toujours des traitres. Donc, toutes usent de la manipulation, du mensonge, du secret et complotent en permanence.

    Autrement dit, la démocratie n’est pas un leurre, ce qui est un leurre, c’est de croire qu’elle peut accepter le secret sur certains points qui concerne la vie publique. Que les conseils des ministres ou autres conseils spéciaux peuvent être secrets, car par définition, ce qui est public ne peut être privé ! C’est con, mais c’est imparable. Le leurre, c’est de faire croire qu’il faille des « secrets défenses » pour protéger le peuple, car en fait, il faut des « secrets défenses » pour l’exploiter et le diriger à l’insu de son plein gré !

    Au fait, pourquoi je reçois à nouveau tes articles alors que je te l’ai pas demandé ?

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      23 juin 2017 à 20 08 49 06496
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      Je ne répondrai qu’a ta dernière question ??? Je ne sais pas, peut-être est-ce parce que tu as cliqué sur la case recevoir les commentaires ???

      Je t’ai retiré de ma liste de diffusion our le rest je ne sais

      robert bibeau http://ww.les7duquebec.com

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        24 juin 2017 à 8 08 07 06076
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        Bonjour Robert

        peu importe, c’est pas grave.

        Au fait, tu connais Silvio Gesell et son principal livre « l’ordre économique naturel » ?

        Eh bien, c’est exactement la position que je défend moi même. Sauf sur un point, mais à son époque il ne pouvait pas le voir.

        S’il y a un livre à recommander et à diffuser à toute force, c’est celui là…

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          24 juin 2017 à 15 03 03 06036
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          @ hervé

          présente nous un résumé de ce livre et les informations pour se le procurer et nous publierons ton texte

          Merci à l’avance

          Robert Bibeau

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            24 juin 2017 à 19 07 48 06486
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            Donc, tu ne connais pas Silvio Gesell ? C’est impardonnable !

            Je ne peux pas te faire un résumé, trop dense et surtout, il faut le lire.

            Je ne suis pas d’accord avec lui sur la forme, mais sur le fond, si !

            Pour lire son livre, suffit de taper son nom sur google et tu trouvera un pdf où son livre est recopié en totalité.

            tu seras certainement pas d’accord avec lui, mais tu dois le lire pour étoffer ta connaissance.

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        24 juin 2017 à 10 10 56 06566
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        Comment sera t’il possible sans faire « SECESSION » d’ éviter de marcher dans un champs de ruine laissé par cette constitution faite par un homme pour un homme et entretenue aujourd’hui par la mégalomanie des femmes et des hommes de pouvoir . Qu’ils soient jeunes ou anciens avec ou sans majorité exprimée ils s’accordent le droit divin d’ imposer aux non croyants majoritaires que nous sommes leur religion de la croissance .
        A quel titre devrions- nous subir cette folie dangereuse pour l’avenir de l’Humanité ?

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          24 juin 2017 à 14 02 58 06586
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          @ M. BRUYAT

          Pour faire « sécession » de la société capitaliste qui vous impose le diktat de ce petit larbin qui joue au Roi soleil il vous faut détruire cette infrastructure et cette superstructure systémique qui vous opprime sinon votre sécession ressemblera a celle de d’autre ici qui croit qu’il peuvent aller vivre seul en dehors du système … mais le systéme est englobant et ne laisse aucun espace de liberté aucun EN-DEHORS – LES HIPPIES DES ANNÉES 1970 ONT FINI PAR LE COMPRENDRE.

          POUR LE RESTE pas certain que la majorité des pauvres du tiers monde soient contre la croissance avec leur famine et leurs sécheresse pour 4 milliards d’entre eux

          robert bibeau http://www.les7duquebec.com

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            25 juin 2017 à 3 03 09 06096
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            Bien sur que je suis d’accord avec votre dernière phrase mais ce sont « NOS PAUVRES » et je crois que nous tenons à les garder dans « cette structure systémique » . Les très gros profits virtuels que mettent en place Google;fasbook et amazon dans le »TRANSHUMANISME » me semble aujourd’hui écraser toutes nos idées de contre que ce soit du « capitalisme  » ou de la « pauvreté » . Je n’accepte ni l’un ni l’autre . J’habite une planète et tous les enfants du monde sont mes enfants.

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    23 juin 2017 à 14 02 31 06316
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    erratum

    j’écris
    la vraie démocratie ne consiste pas à postuler la compétence des incompétents, les pires dictatures le font aussi et plus encore, car ce qui prime c’est la soumission.

    Certes, c’est la soumission, mais à une tierce personne qu’est le dictateur, le bourgeois le clérical ou le roi. La démocratie c’est aussi la soumission, mais envers aucune personne, « ni maître ni Dieu », seulement envers les règles communes qui s’imposent d’elles mêmes sur la seule base de la raison faisant appel à l’équité sociale. Parce qu’il n’y a de justice sociale que s’il y a équité entre les êtres.

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    26 juin 2017 à 16 04 48 06486
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    le 5 juillet nous publierons un texte en français de ce gauchiste proudhoniens monsieur Silvio Gesell avec référence. Son oeuvre principale n’étant pas disponible en français.

    En effet, je ne risque pas d’être d’accord avec un socialiste utopiste -pré-matérialiste dialectique

    Mais ces performances économiques sont intéressantes et j’ai apprécié

    Merci d la suggestion

    Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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