L’antisémitisme comme indice de détérioration mentale

Antisemitisme

YSENGRIMUS

NOTE LIMINAIRE: CECI N’EST PAS UN ARTICLE SUR ISRAËL ET/OU LA PALESTINE. CE CONFLIT RÉGIONAL NE SERA PAS COMMENTÉ ICI.

On partira, si vous le voulez bien, du portrait-robot de deux antisémites ordinaires que j’ai connu personnellement et en lesquels vous devriez arriver à reconnaître assez aisément deux cas-types clairement découpés et aussi navrants, au demeurant, l’un que l’autre.

Mon premier antisémite, c’est Yvan «Jean» Chouvalov (non fictif). Jean naît en 1904 de parents russes réfugiés en France. Il grandit dans le milieu des intellectuels russes français du quatorzième arrondissement à Paris. Lénine, réfugié à Paris circa 1908-1909 l’aurait fait sauter, enfançon, sur ses genoux, lors d’une rencontre sociale de réfugiés russes (c’est du moins ce que Jean racontera ad nauseam à ses petits-enfants jusqu’à ses vieux jours et, fatalement, de par l’insistance de Jean, la légende restera dans la famille). Bercé à la fois par les rouges et les blancs (un nombre significatif de ces bolchevistes de la première heure étaient en fait des aristocrates), très fier de son nom russe à saveur nobiliaire, Jean ne parle pourtant pas russe et ne se soucie en fait pas trop du brassage des nationalités. Dans une prise de bec restée mémorable avec une parente, il se fit un jour traité de «russe blanc». Cela le vexa beaucoup car il ne comprit pas cette injure, sans doute quelque obscure attaque sur les origines géographiques ou les vues idéologiques d’ancêtres dont il ne savait goutte et auxquels il ne s’identifiait pas spécialement. Jean est bien plus français que russe en fait et, jeune, il ne formule pas ses réflexions en termes ethniques ou nationalistes mais bien en termes universels. Les juifs, pour lui, ce sont des gens comme les autres et il n’en fait pas spécialement une question particulière. Il grandit dans une banlieue rouge des alentours de la capitale. Compagnon de route et électeur de base du Parti Communiste Français, Jean n’exercera jamais de fonctions politiques. Il pratique trente-six métiers prolétariens: cantonnier, outilleur, chauffeur de taxi. Sous l’Occupation, Jean s’occupe moins de résistance que de marché noir. Il fabrique des sandales avec du cuir non enregistré et confectionne du savon de contrebande. À la Libération, il redevient chauffeur de taxi à Paris. Il lit beaucoup, vote systématiquement PCF et s’associe à toutes les luttes sociales du Parti, en gardant l’œil bien fixé sur la ligne dudit Parti. Froidement anti-américain et sereinement prosoviétique, il pense souvent au jour où les chars conduits par ses «grands frères russes» paraderont sur la place de la Concorde et libéreront Paris du joug du grand Capital. Mai 68 le fera ricaner et les Accords de Grenelle le feront grincer des dents. Jean lit L’Humanité, joue aux boules avec les copains, siffle un petit ballon de rouge de temps en temps et regarde ses enfants puis ses petits-enfants grandir tranquillement. Vers 1980, à l’âge de soixante-seize ans environ, les petits-enfants de Jean lui font un beau cadeau, le genre de cadeau qu’en sa qualité d’intellectuel autodidacte de gauche, il adore: une splendide biographie illustrée de Jean Jaurès. Jean trépide d’enthousiasme et se met à raconter qu’il a sauté sur les genoux de cet homme politique dans sa toute petite enfance. Les petits-fils et les petites-filles de Jean froncent les sourcils et se regardent entre eux, un peu interloquées de voir la légende léninienne familiale se muer subitement en cette fadaise jaurésienne parfaitement ad hoc et que Jean d’ailleurs ne reprendra pas. Il semble assez patent, ce jour là, que notre bon Jean est en train de doucement perdre la boule. Peu de temps après, Jean se met à un nouveau hobby. Il recouvre patiemment une table de bois de ce papier doré que l’on trouvait autrefois dans les paquets de cigarettes. Il œuvre à transformer cette banale table en quelque chose ressemblant à un autel d’église orthodoxe. Non, indubitablement, dans de tels moments, l’entourage de Jean se dit qu’il n’a plus toutes ses facultés. Or c’est justement dans ces années là qu’un peu au milieu de tout et de rien, Jean va se mettre à délaisser la lecture de L’Humanité au profit de celle de France-Soir (qu’il prétendra lire exclusivement pour «prendre connaissance de la version de l’ennemi de classe pour mieux la combattre») mais surtout il va se mettre à tenir des propos ouvertement antisémites qui augmenteront en virulence et en incohérence et ce, jusqu’à sa mort en 1990. Il ressassera les développements obscurantistes usuels sur le contrôle des médias et de la politique par les juifs et sur la grande conspiration sioniste. Il se mettra à noter sur un calepin les noms des personnalités de la télé d’origine juive et se mettra à invectiver au moment de leur apparition sur le petit écran. Ce sera là une surprise catastrophée et hautement désagréable pour ses enfants et petits-enfants, tous des rouges ou des roses de bonne tenue, de voir ainsi le vieux cramoisi se coaguler, se rembrunir et se mettre à basculer, comme spontanément, dans la grosse parano conspiro obscurantiste. Outrés, les descendants et descendantes de Jean lui tiendront fréquemment la dragée haute dans des engueulades familiales qui deviendront de plus en plus épiques et amères à mesure que le poids des années se fera sentir et que l’antisémitisme de Jean prendra une dimension de pesante ritournelle en forme de chant du cygne malsonnant. Même après sa mort, ses enfants et ses petits-enfants n’en reviendront jamais vraiment, de la commotion causée par ce revirement aussi frontal que tardif du vieux coco.

Mon second antisémite, c’est Cyprien Morel (nom fictif). Né dans un village du Québec en 1919 de parents agriculteurs, élevé dans un milieu ethniquement homogène et ouvertement intégriste catholique, Cyprien est l’intellectuel de la famille. On lui fait suivre le cours classique, dans une congrégation de curetons dont nous tairons ici pudiquement le nom (c’est tous les mêmes de toutes façons). Il s’intéresse aux mathématiques et à l’histoire. L’histoire du Québec, telle que racontée par le chanoine Lionel Groulx, l’exalte. Il a aussi des talents de dessinateur et de sculpteur. Certains enseignants de Cyprien lui «expliquent», circa 1935, que la province de Québec est tenue par la juiverie anglophone et que cette dernière est l’ennemie jurée des coopératives agricoles, des caisses mutuelles «populaires» et de la petite entreprise canadienne-française. Cyprien adhère à un mouvement de jeunesses catho proche des Bérets Blancs, distribue de la propagande antisémite, lit Le Goglu, feuille antisémite de l’entre-deux guerre et participe, circa 1942, à la même manifestation qui vit un de nos théâtreux notoires arborer la svastika dans les rues de Montréal. Il soumet certaines de ses caricatures au comité éditorial du Goglu qui en retient deux, mais le journal sera fermé par les autorités canadiennes avant que les œuvres de Cyprien ne rencontrent leur public. Constatant que la ci-devant «cinquième colonne» se fait singulièrement serrer les ouïes, dans nos campagnes, pendant les années de guerre, Cyprien, réformé pour un léger boitillement congénital, décide de s’assagir. Il entre comme commis-comptable dans l’épicerie de son grand-père maternel. Il gravira patiemment les échelons, héritera de l’entreprise après-guerre et la fera fructifier en achetant ou ouvrant des succursales. Cyprien en vient à faire partie d’un solide petit conglomérat de magasins d’alimentation canadien-français. Lui et des compatriotes partageant son messianisme luttent pour empêcher un marché d’alimentation spécifique d’établir un monopole au Québec: le juif montréalais SteinbergLa quête pour la survie du petit commerce de détail et la hantise antisémite fusionnent étroitement en Cyprien. Il se fait remettre un certain nombre d’exemplaires du Protocole des Sages de Sion, imprimés nuitamment, circa 1957, dans une version française très passable, sur une des rotatives d’un petit éditeur catholique montréalais. Cyprien gardera pendant plusieurs années, dans une boite de carton au grenier de sa grande maison de campagne, l’ouvrage suavement séditieux. Il le distribuera parcimonieusement, sous le manteau, uniquement à des amis fiables, car, c’est bien connu, cet ouvrage secret est si imprégné d’une vérité précieuse et mirifique que la juiverie, qui contrôle la police et la justice, ferait un sort à ceux qu’on pincerait en flagrant délit de le distribuer ou de le lire. L’oecuménisme verra un accrochage sérieux entre Cyprien et le curé de son village. Pendant toutes ses années de dur labeur, Cyprien, maintenant père de sept enfants, a toujours maintenu son violon d’Ingres de sculpteur. Portraitiste compétent, il façonne, moyennant une rétribution strictement symbolique (Cyprien est désormais à l’aise, on l’aura compris), le portrait des notables du village, dans le granit blanc. Un jour, circa 1972, le curé du village lui fait une commande formelle: une madone en pied pour la facade de la nouvelle église du village. Enthousiaste, Cyprien sculpte sa madone en quelques mois, dans le plus grand secret, sans préalablement en soumettre les croquis au curé. Quand l’œuvre est terminée, Cyprien emmène le bon abbé soixantard dans son hangar et lui dévoile privément l’œuvre. Le petit calotin est atterré. La madone de granit blanc est magnifique. Mais elle est aussi tellement sérieuse, austère, roide, pieuse. Elle tient dans ses mains une croix de bonnes proportions qu’elle brandit comme une bannière. La croix et la bannière, tu me le dis… Le curé fait valoir que l’œuvre est un peu rébarbative, passablement pré-vaticane et qu’il aurait mieux valu une madone moderne, souriante, plus amène et tenant, par exemple, un bébé dans ses bras. Cyprien se drape dans sa dignité et tonne: «La croix, c’est le signe de ralliement des chrétiens. Vous m’avez commandé une madone, pas une déesse orientale enjuivée». Le curé proteste, fustige l’antisémitisme carré et explicite de Cyprien et se tire. La madone à la croix restera dans le hangar de Cyprien. Et ce dernier se fera de plus en plus doctrinaire au fil des années. Ses fils deviendront des ingénieurs, des hommes d’affaire, des politiciens municipaux. Ses filles deviendront des avocates, des techniciennes de laboratoire, des médecins. Certains des enfants de Cyprien (mais pas tous…) sont antisémites, comme leur père. Ils ne le disent pas trop fort, naturellement, car la juiverie contrôle tout et a le bras long, enfin, disent-ils… Cyprien Morel meurt en 2000, toujours en pleine harmonie avec ses idées, après de longues années d’une retraite tranquille à causer à voix douce au coin du feu, avec ses vieux amis et ses fils, des hauts et des bas de la foi catholique dans l’exécrable civilisation contemporaine et des victoires et des défaites du mystérieux «clan juif».

Dans mon petit exemple ici, Jean Chouvalov est un antisémite de la onzième heure genre Staline, militant internationaliste perdant la boule sur ses vieux jours, ou Marlon Brando, acteur absorbé par son art, qui se tape souverainement du reste, et ne se met à déconner qu’il y a des juifs à Hollywood qu’au soir de sa vie. D’autre part, Cyprien Morel est un antisémite de la toute première heure, genre Hitler, doctrinaire de souche, ou Mel Gibson, catho intégriste tournant même des films formulant ses élucubrations – autrement dit: fous raides aussi, mais, eux, dès le début. Il y a deux types bien distincts d’antisémitismes. C’est quand même pas anodin, ça. Et, de Louis-Ferdinand Céline (type: Cyprien Morel) à David Ahenakew, (type: Jean Chouvalov), on pourrait assez facilement classer les personnalités antisémites que l’on connaît sous ledit profil Jean Chouvalov ou sous ledit profil Cyprien Morel. Ça tiendrait parfaitement.

Ceci dit, quand on observe la résurgence antisémite actuelle, elle me semble être plus du type de celle de Jean que du type de celle de Cyprien. Cyprien est un antisémite historique, produit précis d’une époque obscurantiste, imprégnée elle-même de religion, de xénophobie ethnocentriste, de régionalisme corporatiste et de protectionnisme nationaliste. Il est un antisémite de doctrine et, même durable, pugnace, cette vision est vouée, l’un dans l’autre, à faire date sans plus, à rester cernée, encagée dans son époque (inique et criminelle, certes, mais limitée dans le temps). Jean, pour sa part, est un antisémite pathologique, récurrent, résurgent, tendanciel, un cinglé de fin de course qui formule sa démence paranoïaque naissante dans un gabarit historique, politique et collectif plutôt que familial, privé ou individuel. C’est le rejet convulsionnaire d’un groupe spécifique se coulant dans une forme historique spécifique. Mais pourquoi les juifs? me dirons les fins-finauds. Réponse: parce que, Cyprien Morel oblige, ce sont les juifs que notre horizon culturel du moment a encodés comme ça, en Jean Chouvalov. Notez d’ailleurs que si Jean s’en prenais aussi abruptement aux lombards, aux maltais, aux roms ou aux cinghalais, vous me demanderiez, sur le même ton biaiseux: «Mais pourquoi les maltais, mais pourquoi les roms?» Il est crucial de comprendre que c’est toujours historiquement déterminé ce genre de pathologie, tant et tant qu’on est toujours dans du «mais pourquoi tel groupe?» en fin de compte. Ces hystéries là ne peuvent pas rouler à vide. Elles se chopent un objet, une cible, au hasard de l’histoire (qui, lui, au demeurant, n’est jamais un hasard). Il n’y a rien de magique, d’essentiel ou de principiel dans le juif ou le lombard le vouant, comme fatalement, à la vindicte, éphémère ou durable, de certains segments des masses. Ce que j’affirme ici, c’est qu’historiquement les Cyprien Morel, qui sont des fous mais des fous durs, articulés, construits, doctrinaires, ont relayé une fixation antisémite multi-centenaire. Elle fait encore dépôt dans notre culture sociopolitique collective. Elle traîne comme un vieux rhume. Elle colle dans l’esprit comme une vieille pube ressassée. Les Jean Chouvalov passent alors par là, ne s’en soucient pas, traversent les émanations intellectuelles de leur temps comme on traverse un fin brouillard humide, n’en sentent pas la pression initialement… mais finalement, quand ils ramollissent intellectuellement et faiblissent mentalement, ils finissent par se les choper, dans leurs versions les plus grossières et stéréotypées imaginables et, redisons-le, à la grande surprise interloquée de leurs pairs.

Je pense vraiment que l’antisémitisme (le primaire comme le doctrinaire) est l’indice d’une détérioration mentale s’exprimant via un modèle intellectuel délabré, gâté, daté, régressant, irrationnel et foutu. On peut d’ailleurs élargir la réflexion en direction de la dimension collective et historico-sociale de cette idée. On peut effectivement faire observer que, dans notre histoire récente, l’antisémitisme comme option collective, comme psychologie de masse, si vous me passez l’expression, se manifesta dans des périodes, justement, de Grande Dépression… noter ce mot, et ceci n’est pas un calembour. Le discours antisémite est la manifestation d’un désordre mental irrationnel, individuel ou collectif, pulsionnel, défoulatoire, sectaire, quasi incantatoire. Lisez les échancrures de lisérés de commentaires parfaitement hystéros de certains blogues à la page que je ne nommerai pas ici (notamment quand ils parlent d’Israël et de la Palestine – ce que je ne fais jamais), à la lumière de cette modeste hypothèse. Vous serez sidérés de constater que l’antisémite est soi un fou doctrinaire (Cyprien Morel) soit un pauvre quidam ordinaire en état de détresse sociale qui déraille et se met subitement à délirer le politique (Jean Chouvalov). Il n’y a là rien, mais absolument rien, de plus.

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Ysengrimus

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15 pensées sur “L’antisémitisme comme indice de détérioration mentale

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    14 juin 2013 à 8 08 11 06116
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    J’ai connu dans mon enfance des admirateurs d’Adrien Arcand, tous des fous de la bêtise humaine. C’est plus facile d’accuser des bouc-émissaires que de prendre ses responsabilités et de reconnaître ses erreurs et de les corriger. Mais il faut reconnaître que l’idéologie du peuple élu est aussi une grave bêtise humaine et sa critique ne doit pas être confondu avec de l’antisémitisme ou de l’antiaméricanisme.

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    14 juin 2013 à 9 09 41 06416
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    Tout a fait daccord avec vous M.Huet.

    D’autant plus que ette idéologie du peuple élu ne peut qu’induire au racisme de la part de celui qui croit en faire parti.

    A la longue, l’effet mirroir se fait ressentir.

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      15 juin 2013 à 7 07 45 06456
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      Ce dernier est bien bilatéral, comme messieurs Huet et vous-même le prouvez ici…

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    14 juin 2013 à 9 09 42 06426
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    Article bien écrit, ce qui n’est pas une surprise et qui ne manquera pas de susciter un grand intérêt, mais sera-t-il commenté de bonne foi? Une des premières upanishads qu’on lance en Inde a la tète de ceux d’ailleurs qui se disent en « recherche de la vérité » – ce qui n’exige qu’une paire de sandales à enlever et une entente minimale sur le sens qu’on donnera aux mots pour décrire l’ineffable – débute sur cette phrase que je trouve apaisante.  » On ne peut dire de la Réalité quelle est, ni qu’elle n’est pas, ni qu’elle est ET n’est pas, ni qu’elle n’est NI n’est pas  »

    Apaisant. Comme la fille qui vous reçoit en peignoir avec un maquillage parfait en précisant quelle a une migraine terrible. On comprend qu’il y a du fantasme dans l’air, mais qu’il suffit de suivre les « instructions ». Apaisant, je vous dis…

    Ainsi, nous savons tous que LE Juif n’existe pas, mais qu’il existe des tonnes de Juifs qui n’ont en commun que d’être tous différents. C’est à çà qu’on les reconnait, d’ailleurs… Car qui associe spontanément Raphael et Mussolini, mais je vois des déplacements de pupilles à la PNL quand je dis que j’aime Mendelssohn dans un groupe où il y a des Juifs et des Gentils. Essayez, vous verrez…

    Est-ce que l’antisémitisme « est » ou n’est pas… etc. ? Je n’en trouve pas trace en moi; pour le Juif comme l’autre, n’est-ce pas un rôle social assumé? (cf L’enfance d’un chef) Que dire au Juif susceptible que vous aimez bien? Suivez les instructions. Apaisant.
    PJCA

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/11/123-the-shoah-must-go-on/

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    14 juin 2013 à 13 01 58 06586
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    Il n’y a pas longtemps, j’ai entendu à la Télé un célèbre pourfendeur de l’antisémitisme déclarer sans broncher : «il ne faut pas confondre racisme et antisémitisme, parce que l’antisémitisme est beaucoup plus grave».

    Depuis lors, je me méfie comme de la peste des ANTI-ANTISÉMITES.

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      15 juin 2013 à 8 08 05 06056
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      Ne m’imputez pas les propos mal cités d’un personnage indéfini. Tenez-vous en à mon texte et relisez le bien. Indubitablement, il vous concerne…

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    14 juin 2013 à 14 02 06 06066
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    C’est marrant, camarade Laurendeau, d’avoir reniflé ça ! Je ne m’en étais jamais avisé !

    Il faut dire que j’ai passé mon enfance dans une marmite d’anti à peu près tout, qui m’a durablement inspiré le plus corrosif mépris pour tout ce qui radote contre un groupe humain ; de l’exécrable au pire, l’échelle de ces fous comportait les degrés suivants :
    – ressortissants du village voisin, dits « enculés »
    – habitants de la région voisine, dits « pédés de la vallée »
    – communistes, dits « sales rouges »,
    – Négros, dits « termites »,
    -Alsaciens , dits « traîtres »,
    -Arabes, dits « Salarabes »
    -Juifs, dits « juifs » (il faut cracher)
    -ressortissants des régions lointaines, englobé sous le vocable « Parisiens ».

    Étant né à 350 km dans le nord-ouest de Paris, j’étais un Parisien, c’est à dire bien plus immonde qu’un crapaud pourri.

    Ainsi donc, équipé d’un intérêt proche du zéro absolu pour les étiologies de ces élucubrations dont les conséquences sont extrêmement douloureuses pour les cibles, je n’ai jamais rien vu O_O, et je suis tout étonné qu’un quidam ait pu classifier les dingos en deux catégories qui, ma foi, ont l’air de bien se tenir ! Bravo au quidam, je promets de vérifier dans les blogues les hypothèses du monsieur.

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      15 juin 2013 à 7 07 43 06436
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      Distinguer les petits cyber-hitler des petits cyber-staline reste une priorité, mon camarade. Simple question de compréhension élémentaire de la chimie du cloaque.

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  • Ping :Le symptôme usuraire | Les 7 du Québec

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    30 janvier 2014 à 15 03 11 01111
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    Et celui-ci! Sublime!

    Ma maman est de Thessalonique. Je lui poste tout de suite le lien.

    Merci, les envieux, merci, merci.

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  • Ping :L’antisémitisme comme indice de détérioration mentale « Le Carnet d'Ysengrimus

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    22 février 2019 à 11 11 14 02142
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    @ Ysengrimus
    Même usées les vieilles chaussettes se portent bien.

    J’aime ta façon de pousser du pied l’écueil du conflit régional Israël – bourgeoisie palestinienne.

    Pour la description humaniste de deux variétés pratiques d’anti-juifs (je ne dirais pas antisémite car il n’est fait nulle mention des peuples sémites dans ton texte et qui plus est – le peuple juif n’existe pas) je la trouve éclairante. Sans en avoir l’air tu introduis les classes sociales dans ton étude (le petit épicier CF face à la chaîne par action Steinberg qui sera finalement avalée par MÉTRO).

    J’aimerais cependant avoir ton avis sur ceux qui instrumentalise l’antisémitisme faisant de cette thématique – somme toute marginale dans l’historiographie mondiale où les soi-disant juifs comptent pour 18 millions d’individus sur un total de 8 milliards – le cœur des contradictions sociales et politiques dans un pays comme la France????

    Serait-ce l’indice d’une détérioration mentale encore plus grave????

    Robert B.

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      22 février 2019 à 12 12 33 02332
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      Je dis oui, hein.

      Que reste-t-il du marxisme français, du socialisme français, du radicalisme bourgeois français, même des physiocrates français? Où sont passés Althusser, Condillac, Helvétius, Diderot… sans parler de Descartes. Si une des premières pensées socio-politiques du monde ne s’est pas gravement mentalement délabrée et fascisée, c’est vraiment qu’il y en aurait, des chaussettes inusables. Or, ce n’est pas le cas, comme tu le signales si bien…

      La France est un pays petit-bourgeois européen tsointsoin qui pense comme tel et se donne les boucs émissaires tocs classiques comme tels… Sans plus…

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    23 février 2019 à 22 10 09 02092
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    Pour aborder ce sujet délicat et c’est le moins que l’on puisse dire, je pense qu’il faudrait définir d’abord et une bonne fois pour toutes ce qu’est l’antisémitisme ! Bien que les deux formes d’antisémitisme que vous définissez et préconisez comme Primaire et Doctrinale soient toutes les deux aussi dégueu l’une que l’autre, il reste que c’est le fruit d’une perception fondamentalement religieuse et d’une évolution de pensée aussi bien en orient qu’en occident qui ne soient pas égales, la première ayant conservé son caractère religieux chez les musulmans extrémistes, le seconde ayant troqué son caractère religieux une fois l’occident débarrassé de la religion, par une oppression raciale ‘’sémitique’’ qui soit plus grave en réalité, puisque les écrits antisémites, qui théorisent cette haine, qui relèvent quasiment de l’endoctrinement moderne à l’encontre des juifs, on les retrouvera chez une large portion de penseurs ‘’des lumières’’, même les plus érudits, les plus exceptionnels, et même chez des juifs Athées comme Karl Marx qui sans doute l’ayant abordé dans un sens de vouloir sortir les juifs de leur condition sociale !

    Bref, nul ne pouvait devancer l’histoire et prédire ce qui allait arriver plus tard, Après plusieurs épisodes de persécution de juifs partout en Europe, Il en résultera l’horreur du nazisme que l’on connait, qu’un Imam et Mufti de Jérusalem prêchera aveuglément dans un contexte d’une Palestine aux prises avec le colonialisme Anglais et sioniste qui affichaient leur volonté d’y créer le nouvel état Israélien … Bref, de ce pourrissement historique, ayant surtout légué des paradoxes inconciliables aux générations suivantes, en plus de la violence et les revendications et guerres successives dans la région.

    C’est ce leg politique et historique paradoxal qui fera que ce terme acquiert une dimension politique plus tard dans une Europe aux prises avec son passé, une dimension politique à une terminologie qui soient dangereuses dès lors qu’elle sera employée à tort et à travers par un peu tout le monde et à chaque occasion ! y compris lors de prises de positions sur des évènements violents et précis autour d’Israël et ses choix militaires ou politiques par quiconque ou par des intellectuels qui ne soient pas spécialement basé en Israël et dont les pro israéliens utiliseront à souhait aussi bien contre leur ennemis arabes, que contre quiconque qui critiquera Israël ou le sionisme à tort ou à raison… bref, l’activisme pro israélien de plusieurs intellectuels dans le monde entier, n’hésitant pas à avoir recours au terme de l’antisémitisme finira par se retourner contre eux, alimentant de nouveaux canaux antisémites, et multipliant les ennemis des juifs et des israéliens gratuitement!

    Se pose alors la question toute bête : C’est la faute à qui qu’on en arrive là? Est-ce la vôtre et la mienne de devoir juste en parler et débattre ? Est-ce la faute de ses enfants qui crèvent sous l’occupation et les mauvaises conditions qu’ils subissent ? Est-ce la faute des Israéliens convoyés en nombre en Israël pour l’occuper et y croire en un état ! Est-ce la faute au sionisme qui n’a jamais délimité un territoire et qui a toujours revendiqué l’ensemble de la région ? Est-ce la faute des palestiniens chassés de leurs terres ! Bref, ce débat est devenu dangereux, en plus de devoir condamner quantité non négligeable d’intellectuels et de politiciens à vouloir se prononcer dessus ! même des intellectuels de gauche Israélienne, des rabbins anti sionistes, des juifs du monde entier et d’Israël qui ne soient pas tous d’accord avec la manière dont des gouvernements d’extrême droite successifs abordent les questions complexes de cohabitation et de droits des uns et des autres ! De peur de stigmatisation, de peur d’être frappé et désigné comme antisémite ou antisioniste dans ce cas-ci, alors que le débat peut et doit légitimement se faire de manière strictement politique, apaisée, détachée de la religion !

    Cette escalade de violence, de justifications, et d’absence de progrès sur la question palestinienne-Israélienne ne fait que compliquer les choses, la haine des juifs par des arabo-musulmans extrémistes qui soit motivée par la religion ou la politique, quoique ancienne elle aussi, gagne du terrain et devient une réalité que nul ne peut contester aujourd’hui, tout comme nul ne peut contester le caractère raciste et haineux utilisé par certains extrémistes juifs ou pro israéliens de droite contre tout arabe indésirable !

    Or que ce terme d’antisémitisme à déjà un sérieux un problème de terminologie pour compliquer les choses, car les arabes sont aussi sémites que les juifs ! et que bon nombre d’arabes et musulmans n’ayant rien contre les juifs refusent catégoriquement d’y être associés ou assimilés ou demandent alors à ce qu’ils soient inclus comme groupe persécuté dans le terme antisémites au même titre que les juifs ! bien que certains Israéliens aient décidé que ce ne soit pas le cas et accusent les arabes de leur avoir volé la terre de leur ancêtres, leur religion par l’islam, et maintenant leur descendance car selon eux bien que Ismaël , père des arabes soit le fils d’Abraham qui descend de Sem ou Cham, cette descendance serait patrilinéaire, et non héritée par la mère selon la tradition juive qui les exclurait du sémitisme!

    bref, tenter de circonscrire une appellation sémitique qui soit historique, anthropologique et linguistique pour tous les peuples de la région pour en faire une exclusivité religieuse et raciale spécifique à ceux qui soient de religion juive n’est pas bien malin… et ne fait qu’aiguiser les susceptibilités…c’est un peu comme les Américains, qui décideront tout seuls et sans prendre l’avis de quiconque que le terme Caucasien soit celui qui détermine une personne blanche de descendance Européenne ! Alors que le terme caucasien est un terme encore une fois anthropologique qui parle de populations qui s’étendent de l’Europe au moyen-orient , de la corne de l’Afrique et même d’Afrique du nord !

    Bref, le propos ici est que ce terme d’antisémitisme aujourd’hui à acquis une charge historique, politique, symbolique et sémantique qui pose problème à tout le monde autour du conflit Israélo-palestinien et n’aide en rien la véritable cause des juifs persécutés ou lésés dans leur droits partout dans le monde, autant qu’il leur attire la vindicte de groupes identitaires, religieux ou non religieux, et ne fait au final que nourrir une nouvelle idéologie de suspicion, d’exclusion, et de haines éventuelles à leur égard qui ne soit nullement souhaitable ou tolérables en tous cas !

    Alors c’est quoi la solution vous me direz ? la solution est qu’il incombe à tout le monde à commencer par les européens et Israéliens de devoir ‘’dépolitiser’’ le terme antisémite par la voie juridique en lui ôtant tout caractère généraliste ou politique et le définir par des textes de lois pour délimiter quand il devrait s’appliquer ou pas d’abord, et vu la controverse terminologique sémitique du terme, le subtiliser par un terme autre qu’antisémitisme pour désigner toute discrimination à l’encontre de toute personne de confession juive israélienne ou non, et n’y associer un critère de race précis que si ce sont les juifs concernés qui le réclament et l’exigent et le définissent, et si ce n’est pas le cas abandonner ce terme de race qui ne fait qu’aggraver le clivage sans pour autant être précis car si les Ashkénazes, Séfarades et Mizrahim sont des branches qui soient spécifiques aux descendants des juifs originels du moyen orient ils ne partagent pas pour autant un patrimoine génétique unique comme beaucoup d’autres groupes identitaires autour du globe…mais là est un élément secondaire vous me direz car le critère racial a surtout germé en Europe antisémite… bref, il incombe à tout le monde ; juifs et non juifs de s’entendre sur ce qui détermine une atteinte à l’intégrité physique et morale d’une personne de confession juive… et qu’il est temps de mettre la politique Israélienne de côté pour la confiner dans la réalité de l’occupation et non de la religion bien que ce soient des pro israéliens qui entretiennent cet amalgame… les Européens par ailleurs doivent une bonne fois pour toutes reconnaitre le tort qu’ils ont fait subir aux juifs sans chercher à déplacer aujourd’hui la gravité de ce passé vers des jeunes paumés banlieusards qu’ils ont eux-mêmes ghettoïsé et exclus comme ils excluaient des juifs pauvres avant la guerre et pendant la guerre. Ceci n’excluant pas de poursuivre en justice toute personne arabe ou musulmane de poursuites racistes et xénophobes si elle devait les formuler expressément contre un juif, et non contre un intérêt national ou un programme politique !
    Aujourd’hui, la controverse en France autour de l’affaire Alain Finkielkraut va en s’aggravant, ce dernier a déclaré : « L’antisémitisme moderne n’est pas une variante du racisme, c’est une variante de l’antiracisme. Tous les antisémites, aujourd’hui, sont des antiracistes. » !!! Voilà comment cet intellectuel ‘’de gauche’’ réagit ! Plutôt habile comme réplique pour mettre le feu aux poudres et rendre service aux véritables antisémites.. tout en jetant le discrédit sur les gilets jaunes, et toute personne qui se dise victime de discrimination ! Aucun pays ne souhaite le casse-tête de la justice française en tous cas, et surtout si une loi est promulguée par Macron comme il a promis surtout si elle manque de clarté et de délimiter la xénophobie et le racisme comme il se doit ! on verra !

    En terminant voici une définition du mot Sémite copiée de l’encyclopédie Universalis :

    ‘’L’adjectif « sémitique » a été forgé par l’orientaliste allemand A. L. Schlözel dans le tome VIII (1781) du Repertorium für biblische und morgenländische Literatur de J. G. Eichhorn, pour désigner des langues dont la parenté était perçue dès le Moyen Âge par les docteurs juifs : l’hébreu, l’araméen et l’arabe. L’appellation était choisie par référence au « tableau des peuples » de la Genèse (X) où Sem, fils de Noé, est donné comme le père d’Abram et l’ascendant d’Eber, éponyme des Hébreux, ainsi que de Yoqtan, ancêtre de diverses populations d’Arabie.

    Cela est purement conventionnel, puisque le texte biblique range parmi les descendants de Sem les Élamites et les Lydiens, dont les langues n’étaient pas sémitiques, et, en revanche, fait des Cananéens des enfants de Cham, alors même que l’hébreu est défini ailleurs (Isaïe, XIX, 18) comme la « langue de Canaan ». Néanmoins, l’usage s’en est universellement répandu et le terme « Sémites » a été appliqué à tous les peuples parlant ou ayant parlé des langues sémitiques, peuples qui ont joué un grand rôle dans le Proche-Orient asiatique dès l’aube de l’histoire et auxquels le monde actuel est redevable de l’écriture alphabétique et des trois grandes religions monothéistes : le judaïsme, le christianisme et l’islam. Le critère linguistique est le seul qui permette de définir avec certitude une famille sémitique et de postuler une unité préhistorique des Sémites.’’

    Enfin, comme je l’ai indiqué dans mon long et dernier commentaire dans l’article, ‘’sommes nous islamophobes ?’’ il y a bien des similitudes entre ce que peuvent vivre aujourd’hui des Juifs et des musulmans comme discriminations ou rejet et stigmatisation ! je pense qu’on devrait rechercher des solutions intelligentes et les encadrer par des lois, et cesser d’un côté comme de l’autre de prélever des arguments dans la politique et les conflits ! c’est aussi simple que cela dans mon esprit !

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