L’ASSERMENTATION CONTROVERSÉE DE DONALD TRUMP (le capital industriel contre-attaque)

Bibeau.robert@videotron.ca      Éditeur    http://www.les7duquebec.com

 

Il n’y a plus rien à comprendre dans la politique américaine.  Le Président le plus à « gauche » que l’Amérique ait connu est un multimilliardaire issu du sérail des oligarques. C’est aussi le Président le plus honni par la gauche qui a réussi à rassembler des milliers de petits-bourgeois, de jeunes, de LGBT, d’amants de la nature, ainsi que des « lover » animaliers à Washington DC. C’est aussi le premier candidat Républicain, depuis Abraham Lincoln, qui a ravi le soutien électoral de la classe ouvrière au Parti Démocrate et à la go-gauche réformiste.

 

Donald Trump fut le premier candidat à la présidence des États-Unis à réellement se préoccuper de gagner l’appui de la classe ouvrière américaine. Il a passé plus de temps que quiconque à courtiser l’électorat des États industriels et à promettre aux travailleurs de leur donner ce qu’ils demandent : l’abolition de l’Obama Care ; le ralentissement de l’entrée des travailleurs étrangers dans un pays où le chômage atteint 18% de la main-d’œuvre (oubliez les statistiques frauduleuses du Département du travail) ; et enfin, la promesse entre toutes, celle qui réjouit tout travailleur ayant du cœur au ventre, des emplois, des « jobs ». Pire, cet « imprévisible » énergumène réalise, après son assermentation, ce qu’il a promis avant son élection, il consacre tout son temps à pourchasser les destructeurs de « jobs » et à courtiser les créateurs d’emplois, du jamais vu dans les annales politiques américaines. Vous comprenez maintenant pourquoi il n’y a pas d’ouvriers dans les manifestations anti-Trump.

 

Donald Trump n’est pas un Président anti-establishment, s’il l’était, il n’aurait jamais été élu à ce poste prestigieux que l’establishment américain réserve à ses meilleurs fantassins. Par contre, Donald Trump est effectivement contre le capital parasitaire, une faction puissante parmi l’oligarchie étatsunienne. Donald Trump est l’ultime réponse, la plus percutante et la plus désespérée, des ploutocrates à leur dégringolade mondiale et à la décrépitude de l’économie nationale. Donald constitue un remède bancal à un mal radical – le déclin de l’empire américain.

 

C’est la raison pour laquelle l’intelligentsia et les médias aux ordres ont tant de mal à comprendre le phénomène Trump.  Vous constatez ce désarroi chez les médias « peoples » et les médias de « formatage » – mais pas dans les médias de « management » comme le montre cet article de John Pilger (1) – qui, ne pouvant comprendre que leurs patrons aient changé de côté, taxe le Président intronisé d’imprévisibilité. Depuis quand a-t-on vu à la tête d’un grand pays développé un homme qui promet des réformes radicales et les mets en branle prestement une fois assermentée ? De fait, la chose la plus « imprévisible » qui soit avec Donald Trump c’est que ce Président semble croire ce qu’il dit et faire ce qu’il a promis, du jamais vu à la Maison-Blanche ! (2)

 

Une fois que l’on dissipe l’écran de fumée médiatique qui ne sait quoi dire et repasse les clichés clintoniens de la gauche réformiste et sexiste, tout devient limpide dans la nouvelle politique du grand capital étatsunien. En effet, il faut toujours se rappeler qu’un homme politique, fut-il Président des États-Unis, n’est jamais que l’affidé du capital mondialisé (3).

 

Devant leur déconfiture économique, de plus en plus évidente, et sachant eux, ces grands capitalistes, que la fortune boursière des 1 810 milliardaires n’est que poussière et retournera en poussière, ils ont décidé de prendre le taureau par les cornes et de forcer le rapatriement aux États-Unis de la véritable richesse – qui n’est pas financière, bancaire ou boursière –, mais industrielle et commerciale. Celui qui contrôle la production et la mise en marché contrôle le monde entier (4). C’est la raison pour laquelle Donald Trump conspue les capitalistes chinois, ceux qui contrôlent la production, mais pas la commercialisation que les USA et l’Europe continuent de maitriser. C’est la raison pour laquelle la faction républicaine du capital étatsunien déchire les traités de libre-échange qui lui retire de la puissance de vente internationale et domestique. J’ai longtemps pensé que les grands capitalistes américains avaient oublié ces vérités. Je me suis trompé. Ils y ont toujours pensé, mais ils n’avaient jamais été placés au pied du mur de la faillite collectivisée. À problème crucial solution radicale, voici la rose Donald, à toi de danser.

 

On aura compris que le gauche agiotage des « imbéciles utiles » est en porte à faux par rapport aux enjeux de l’empire. Mais il faut convenir que si cette excitation manipulée – manipulatoire obtient une telle couverture médiatique c’est qu’elle est suscitée-supportée par des puissances « occultes » qui représentent une faction du grand capital parasitaire qui aimait bien la politique molle et opportuniste d’Obama et de sa fratrie. C’est 14 mille-milliards de dollars de deniers publics que son gouvernement leur a versés.  Pour ma part je crois que la faction strictement spéculative du capital – entourant un dénommé Soros – est derrière ces protestations qui rallient la fine fleur de la petite bourgeoisie occidentale paupérisée. Rien à craindre de ce côté cependant. Depuis quand des manifestants du weekend en reçoivent-ils pour leur peine ?

 

Nous conseillons fortement à la classe ouvrière américaine de n’entretenir aucun espoir envers Donald Trump et sa clique, pas plus qu’en aucune autre clique, ils sont tous pareils fut notre slogan de campagne et il demeure d’actualité. Donald Trump ne pourra pas réindustrialiser l’Amérique, car sa désindustrialisation est la conséquence des lois de l’économie politique capitaliste. D’ici là, camarades, observez la joute au sommet de la hiérarchie des riches en espérant que votre « héros » d’un jour n’y perdra pas la vie. J’ai malheureusement l’impression que son exécution est en préparation.

 

Notes

 

(1)   http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/le-probleme-ce-nest-pas-trump-cest-nous/   et  http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/trump-un-monstre-pour-lestablisment/

(2)   http://www.les7duquebec.com/7-au-front/america-comes-first-again-realite-ou-utopie/

(3)   http://www.les7duquebec.com/7-au-front/trump-un-president-comme-les-autres-donald-sen-va-ten-guerre/   et http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/lageopolitique-americiane-derriere-le-show-televise/

(4)   http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/huit-hommes-plus-riches-que-la-moitie-la-plus-pauvre-de-la-population/

7 pensées sur “L’ASSERMENTATION CONTROVERSÉE DE DONALD TRUMP (le capital industriel contre-attaque)

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    25 janvier 2017 à 10 10 16 01161
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    Le jeu ne fait que commencer et les conséquences pas encore en route. Ce qui veut dire, qu’il y a l’effet de l’annonce et l’exécution de ce qui est annoncé.

    Les lois de l’économie capitalistes sont inviolables dans leur chaine de relation de causalité.

    Les barrières douanières, si elles entrent en vigueur au taux affichés, une fois entrées en application, vont entraîner un séisme planétaire où Donald pourra toujours dire qu’il n’y est pour rien, que c’est la faute aux autres qui font pareil que lui et ne veulent plus de leur argent de monopoly.

    Mais les conseillers de Donald sont rusés, ce ne sont pas des nés de la dernière pluie, car certes, le traité est disons supprimé, mais qu’à t’il dit le Donald ? Qu’il fallait des négociations bilatérale ! Qu’est ce que cela veut dire ? Qu’en attendant, c’est le statut quo et nul ne sait combien de temps va durer ces négociations bilatérales… Comme disait un humoriste français, cela va durer « un certain temps ! »

    L’enfer est pavé de bonnes intentions dit on, il faut surtout comprendre que c’est l’enfer qui pave le chemin de pseudos bonnes intentions pour tromper ceux qui empreintes le chemin avec la foi des honnête gens.

    Le confusionnisme, est l’arme fatale de la tromperie et de la manipulation des masses populaires, qui depuis quelques millénaires s’y laissent prendre 99 fois sur 100. Gageons que ce soit la 99ème fois !

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      25 janvier 2017 à 12 12 57 01571
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      En effet, que les lois de l’économie-politique sont incontournables.

      Et l’une de ces lois est qu’un mode de production tend à l’expansion par sa logique interne – et à dominer le monde entier

      Une autre loi est que cette expansion avive surmultiplie les effets des contradictions interne système ce qui le fait imploser

      Donald n’est qu’un instrument dans tout cela qui en tentant d’empêcher l’implosion va l’accélérer (CQFD)

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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      25 janvier 2017 à 12 12 59 01591
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      @ Canville

      Merci beaucoup pour votre commentaire

      Mais relisez le texte vous devriez commencer à mieux comprendre après une 2e lecture (:-))

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      25 janvier 2017 à 16 04 55 01551
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      Je vais vous aider un tout petit peu à comprendre,

      Si Donald applique les barrières douanières telles qu’aux taux affichés, le dollar s’effondre immédiatement, c’est à dire, que le dollar sera en faillite, sauf à négocier le remboursement de la dette, mais chacun sait que c’est impossible. L’autre alternative, étant de sortir le pistolet et de le mettre sur la tempe des autres lors des négociations bilatérales, mais on n’est plus dans la configuration de l’après guerre, mais de l’avant guerre !

      La contradiction fondamentale du capitalisme n’est pas tant la baisse tendancielle du taux de profit, les ploutocrates s’y feraient sans trop de difficulté, mais le fait que le capitalisme est un système expansionniste pour se justifier auprès des prolétaires. Or, fondé sur le principe de la concurrence, toujours pour pouvoir imposer la soumission des prolétaires, il ne peut pas aller au delà de l’empire et ce dernier, nécessite qu’il y ait au moins deux empires en lutte pour que cela ait un sens (expliqué par Orwell dans 1984). Donc, la mondialisation est un interdit du système capitaliste (elle finit par détruire l’argument concurrentiel). C’est là sa contradiction insurmontable qui fait qu’arrivé au stade suprême de son expansion, soit , la mondialisation, il doit créer une guerre mondiale pour revenir au nationalisme nécessaire au principe de la concurrence. La « guerre » au sommet de la ploutocratie mondiale est ici, entre ceux qui croient utopiquement pouvoir contrôler la mondialisation et ceux qui ne le croient pas et veulent donc revenir au nationalisme pour maintenir leur domination sur leur population via l’état d’urgence économique permanent.

      Ce qu’il faut en conclure, c’est que pour le prolétaire, peu importe ces « joutes » entre ploutocrates, il faut virer cette clique du pouvoir, c’est tout !

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    26 janvier 2017 à 10 10 27 01271
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    Bonjour,

    Quelqu’un pourrait-il m’expliquer cette phrase du commentaire d’hervé hum svp? J’aimerais beaucoup comprendre ce mécanisme

    « Si Donald applique les barrières douanières telles qu’aux taux affichés, le dollar s’effondre immédiatement, c’est à dire, que le dollar sera en faillite, sauf à négocier le remboursement de la dette »

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      26 janvier 2017 à 12 12 28 01281
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      Il s’agit d’une analyse personnelle et rien n’interdit que je me trompe, loin s’en faut, tant il faut tenir compte de la duplicité de ceux qui tiennent les rênes de l’économie et de la monnaie.

      Mais la raison en est que le dollar est LA monnaie internationale et si les dirigeants des USA, qui sont émetteurs de cette monnaie, renchérissent le coût des marchandises par les taxes douanières et poussent les autres pays à faire de même, c’est renchérir le dollar, mais au bénéfice des USA qui sont émetteurs de cette monnaie. La question sera alors posé de l’intérêt de continuer à soutenir le dollar plutôt que de l’abandonner. Le risque est alors que les pays n’acceptent plus le dollar comme monnaie internationale et préfèrent s’en passer et alors, de ne plus accepter de prêter à crédit et de fournir quoi que ce soit, notamment des matières premières, contre un billet de banque qui ne coûte rien à produire. Pour certains, comme les pays du BRIC, ce serait même l’occasion idéale pour l’abandonner, car ce serait la faute exclusive des dirigeants US. Chacun devant se justifier auprès de sa propre population. Ils demanderont que les USA remboursent leur dette souveraine, d’abord par du travail manufacturé. Comme les dirigeants de ce dernier refuseront, ce serait la faillite du dollar actuel. Ce serait une manière de remettre les compteurs à zéro, mais tous ceux qui ont leur épargne libellé en dollar n’apprécieraient pas du tout.

      Dans ce jeu là, seuls les propriétaires économiques font du commerce et acceptent d’accumuler de l’argent, mais à condition qu’ils puissent l’utiliser où et comme bon leur semble. Que l’émetteur n’abuse pas de sa position dominante, enfin, pas trop ! Tant que l’émission de monnaie par les QE n’est destiné qu’au jeu boursier, cela tient, parce qu’on est dans l’économie virtuelle et que cela enrichi les mêmes. Mais là, c’est toucher l’économie réelle et ce n’est plus la même histoire, là, c’est le prolétariat qui est le premier touché.

      Aucun gouvernement, travaillant pour sa classe possédante, ne souhaite faire perdre son épargne à cette dernière, sauf s’il s’y trouve obligé par la politique des dirigeants US et ce, pour répondre à la colère de leur population, car une telle décision risque de provoquer une forte inflation et un moment de ralentissement des échanges commerciaux affectant toutes les économies.

      Wait and see !

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