LE CANTIQUE DE STIGLITZ L’ÉCONOMISTE TOXIQUE

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Les chimères que la bourgeoisie et les médias à sa solde construisent dans la tête des salariés (90% de la population active) sont tenaces et les ouvriers qui ont ingurgité ces préjugés ne les abandonnent pas dans l’hilarité. Chaque jour nous devons reprendre notre travail d’information face à la désinformation venue des cités universitaires Nobélisées.

 

L’économie commande à la politique et non l’inverse

 

Ainsi, un mythe que les économistes bien-pensants, ce qui comprend Joseph Stiglitz prix Nobel d’économie et Thomas Piketty l’économiste altruiste, répandent abondamment concerne l’asservissement de l’économie par le politique. Les gouvernements de par le monde appliquent tous des politiques plus ou moins sévères d’austérité ce qui serait la source de la présente crise économique et sociale.  Ce dont s’émeut l’économiste Stiglitz qui déclare : «Le monde est aujourd’hui aux prises  avec une terrible maladie qui ravage notamment l’Europe et les États-Unis : l’austérité» (…) «Nous savons pourtant, depuis la Grande Dépression, que l’austérité ne fonctionne pas. Le Fonds monétaire international [FMI] en a refait la démonstration plus récemment [lors des dernières crises monétaires] en Amérique latine et en Asie, et c’est à nouveau le cas actuellement en Europe. Ce qui est stupéfiant, c’est qu’autant de dirigeants politiques continuent malgré tout d’appuyer ces politiques discréditées, même si des voix aussi conservatrices que le FMI leur disent aujourd’hui que leur austérité est dangereuse et qu’il faut s’occuper de toute urgence de stimuler l’économie. C’est comme si les gouvernements avaient cessé d’écouter» (1).

 

Un simple badaud pourrait-il rappeler à l’éminent économiste que la maladie qui ravage l’Europe, et l’Amérique du Nord, ainsi que les autres pays du monde capitaliste, ce n’est pas l’austérité, c’est la récession économique pour cause de surproduction de marchandises faute de marchés où les écoulées. Des tonnes de marchandises dorment dans les entrepôts, sur les docs, dans les magasins, alors que nombre d’usines fonctionnent à la moitié de leur capacité et que la misère s’épand comme du chiendent. Les politiques d’austérité sont des conséquences de cette crise de surproduction qui interdit de réaliser la plus-value objet du développement économique capitaliste.

 

L’austérité ce sont des mesures administratives et législatives que les politiciens aux ordres du grand capital sont contraints de mettre en œuvre. Le politicien qui ne s’y soumet pas est aussitôt chassé du pouvoir. Que les manifestants des parades aux casseroles se le tiennent pour dit, il faudra davantage que des marches festives pour faire reculer les gouvernements de leurs prérogatives au service des riches.

 

Quelqu’un pourrait-il expliquer au Nobel d’économie que les gouvernements et les gouvernants bourgeois n’ont pas spécifiquement vocation d’imposer ou d’empêcher les mesures d’austérité, non plus que de réguler l’économie, ni d’atténuer la pauvreté, non plus que d’assurer une plus juste distribution du capital entre les capitalistes et les ouvriers comme le susurre l’économiste de «gauche», ex-conseiller du Président  Bill Clinton du temps où justement l’industrie américaine délocalisait ses usines vers l’Asie sous les yeux ébaubis de l’illustre économiste.

 

Les causes de la crise et de l’austérité, son compagnon d’infortune

 

L’économiste Thomas Piketty a lui aussi publié un gros pavé à propos de l’injustice distributive de l’économie capitaliste sans que cela ne change le moindrement les politiques des gouvernements (2). Faut-il rappeler que sous le mode de production capitaliste l’argent, la richesse, le capital, a toujours tendance à se concentrer – à s’accumuler – s’agglutiner – à un pôle du spectre social et à s’amenuiser – s’anémier – à  l’autre extrémité, là où les gens sont paupérisés.

 

Présentement, le problème économique n’est pas que le capital se concentre entre  les mains du 1 % les plus riches de la planète. Ce capital, qu’accumule les rentiers – tondeurs de coupons milliardaires – est du capital fictif – bidon – une création évanescente de la spéculation boursière. Tout ce fatras s’envolera aux premiers vents de la dépression. La source de la crise économique qui appelle les mesures d’austérité tant décriées c’est que le capital industriel réel ne parvient plus à se valoriser et à se reproduire (élargie) en faisant suinter de la plus-value des bras des ouvriers, d’où les mesures d’austérité de l’État des financiers courant au secours de la «providence» de ces pays de cocagne en déperdition.

 

Le professeur Stiglitz constate : «L’accroissement des inégalités de revenus va de pair avec un accroissement des inégalités politiques. Notre démocratie s’en retrouve déformée» (3). Professeur Stiglitz, auriez-vous noté que cet accroissement des «inégalités» a débuté sous le Président Reagan et s’est poursuivi sous Bill Clinton, votre patron à la Maison-Blanche ?

 

Depuis la naissance du capitalisme, il n’y a jamais eu d’égalité économique entre les capitalistes et les travailleurs et il n’y a jamais eu d’égalité politique entre ceux qui monopolisent le capital, les moyens de production, les commerces, les moyens de communication, le pouvoir politique et financier et ceux qui ne possèdent que leur force de travail – leurs bras salariés à vendre à vil prix – pour survivre.

 

Il y a cent ans, lors de la Grande dépression de 1929 la démocratie des riches se résumait à poser une croix sur un bulletin de vote tous les quatre ans afin de trancher qui de l’équipe des riches Conservateurs ou des riches Libéraux; des riches Républicains ou des riches Démocrates allaient gouverner le pays dans l’intérêt de sa classe et de sa clique. En 2014, rien n’a changé monsieur Stiglitz. Pourquoi donc votre émoi à propos de la démocratie  pervertie ?

 

Le Professeur Stiglitz mystifie la réalité économique

 

Voici que le philosophe Stiglitz observe que : «Si on peut vendre des produits toxiques, comme la cigarette, qui tuent des gens, on peut aussi vendre des idées toxiques, comme l’austérité»(4). L’austérité n’est pas une idée ni un concept. L’austérité est une série de mesures politiques et économiques non pas de droite, ni de gauche, puisque tous les gouvernements, de gauche comme de droite, imposent des mesures d’austérité. Les bobos, les rentiers, les bureaucrates syndicaux, les employés de la fonction publique ont beau voter à gauche, au centre, ou à droite, rien n’y fait, les mêmes mesures d’austérité sont imposées par tous les gouvernements. Pourquoi ?

 

Le Nobel d’économie, ex-conseiller politique de Bill Clinton au début de la crise systémique du capitalisme prétend que tout cela serait la conséquence des penseurs de droite qui essaimeraient leurs solutions bidon aux gouvernants et aux gouvernés. Cette aporie n’est que fumisterie. Les populations «votantes» (ce qui excluent de plus en plus d’ouvriers et de jeunes qui n’ont plus confiance dans ces mascarades électorales) ont beau protester, changer de Président ou d’attelage au gouvernement, rien n’y fait, les politiques d’austérité sont imposées année après année.

 

L’économiste a beau constater la dégradation des conditions de vie du peuple il ne parvient pas à comprendre les causes de ces souffrances. Il déclare : «L’Italie ne s’est jamais portée aussi mal depuis les années 30. Les économies grecque et espagnole sont objectivement en dépression. Les millions de chômeurs européens sont un spectaculaire gaspillage de capital humain dont le continent ne se remettra pas avant 10 ans (…) puis il ajoute la richesse médiane des familles américaines a reculé de 40 % depuis la crise et est revenu à ce qu’elle était il y a deux décennies.» (5) Tout cela est vrai, mais pourquoi en est-il ainsi professeur ?

 

Toujours aussi inconscient, l’expert ajoute : «La faillite de Léman Brothers et la Grande Récession ont provoqué un déchaînement de promesses de changements dans le fonctionnement du secteur financier, comme de l’économie en général. Les progrès ont été décevants. Certaines règles ont été resserrées, mais le monde bancaire en est ressorti encore plus concentré qu’il ne l’était. La récente découverte de la manipulation du Libor – un indice au cœur de l’immense marché des produits dérivés – et la restructuration chaotique de la dette grecque ont montré comment le fonctionnement de la finance échappe encore à presque tout le monde.» (6)

 

L’économiste Stiglitz aurait-il une prémonition ?

 

Voilà que notre économiste indolent s’approche innocemment de la vérité. Mais comme son constat est inconscient et que sa mission idéologique et politique est de raviver l’espoir de «réformer le capitalisme»,  à contrario de ceux qui veulent le renverser et l’abolir, le professeur de l’Université Columbia ne tire pas les conséquences de sa condescendance qu’il tente aussitôt de dissimuler comme une tare imprudemment dévoilée.

 

C’est que l’économie politique capitaliste est régie par des lois immuables auxquelles les économistes, les experts et les conseillers, les larbins politiciens et les capitalistes financiers doivent se plier.  Nul n’a la possibilité d’y échapper, quelle que soit leur volonté réelle ou affectée.

 

Maître Stiglitz, l’économiste bourgeois, dévoile sa totale ignorance de ces lois économico-politiques quand il déclare : «Si la crise de l’euro a forcé les gouvernements européens à reconnaître certaines lacunes de leur ambitieux projet, il leur manque toujours une union bancaire, une union budgétaire, une stratégie de croissance commune ou encore une politique industrielle commune» (7).

 

Qui dira à Joseph Stiglitz que l’Union européenne s’est dotée d’une politique économique, financière, bancaire, budgétaire et industrielle commune. Même que les politiques de l’UE sont communes, non pas seulement aux pays européens, mais à tous les pays du glacis impérialiste mondial. Les multiples accords de libres-échanges et les traités de commerce international, que tous les pays impérialistes signent entre eux vise justement à harmoniser ces différentes politiques économiques et industrielles afin que tous les pays capitalistes enfermés dans une seule et unique économie globalisée, mondialisée, internationalisée assurent la reprise – non pas de la prospérité – non pas de la croissance – non pas de la justice distributive – non pas de la fin de la misère, du chômage, et de la pauvreté – mais bien la reprise de la valorisation et de l’accumulation de la plus-value et du Capital (C) pour la classe des grands prédateurs capitalistes internationaux (8).

 

Le reste des élucubrations de la sommité nobélisée n’est que péroraisons et incantations d’un économiste fumiste grassement payé pour endoctriner les ouvriers  sous des monts de piété. Il y a un siècle cette mission relevait du sacerdoce, aujourd’hui, ce sont les clercs plumitifs qui assurent l’homélie pour le salut de la patrie (sic).

 

Le mieux que peut faire la classe ouvrière est de se taire et de laisser braire les parlementaires et de poursuivre sa résistance gréviste aux assauts du capital et de se préparer idéologiquement et politiquement à sa mission révolutionnaire.

 

 

 

 

Pour un complément d’analyse économique et politique : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

3 pensées sur “LE CANTIQUE DE STIGLITZ L’ÉCONOMISTE TOXIQUE

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