LE CAPITAL FUIT LES ÉTATS-UNIS

Par Robert Bibeau. Producteur. http://www.Les7duquebec.com

 

À la recherche de placements profitables, porteurs de plus-value.

 

Signe avant-coureur de grand krach financier – boursier – monétaire, globalisé et mondialisé que nous appréhendons, voilà que les roturiers et les cambistes fuient le navire amiral du capitalisme mondial en débandade.

 

Le manque d’activité sur le marché des titres aux États-Unis pousse les investisseurs à tourner leurs regards vers l’Europe et le Japon afin de trouver des placements plus rentables pour leurs capitaux, constate un analyste de CNN. À la différence des États-Unis, les pays européens et le Japon attirent davantage les investisseurs, leurs économies reposant essentiellement sur les exportations, écrit CNN (alors que l’économie des Etats-Unis repose sur les importations et la consommation). De fait, les économies japonaises, européennes et chinoises n’ont pas encore fait le plein de capitaux spéculatifs. Quand ces économies auront complété leur cycle de valorisation de capitaux financiers, les conditions de l’effondrement économique mondial seront rassemblées. Cette opération de déplacement des « placements » n’est qu’une façon de gagner du temps avant la Grande Dépression.

 

« À la recherche de meilleurs endroits pour placer leurs capitaux, les investisseurs (sic)  abandonnent les États-Unis et affluent vers l’Europe et le Japon », lit-on dans l’article de CNN.  L’année dernière, le yen, le dollar canadien et l’euro ont fortement baissé (application du principe de taux de change flottant) face au dollar. Tout porte à croire que cette tendance se maintiendra si la Réserve fédérale (FED) des Etats-Unis maintien son taux directeur aussi bas (0,25 à 0,50%). On suppute même que cela pourrait provoquer un boom des exportations au Japon et en Europe, vu les prix bon marché de leurs produits. Mais en contrepartie la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis accroîtrait le nombre de faillites personnelles et les  dépôts de bilan de petites et moyennes entreprises américaines – celles qui contrairement aux monopoles s’appuient essentiellement sur le marché continental américain pour survivre (ALENA). On peut donc anticiper selon le principe des vases communiquant qu’une hausse du taux d’intérêt par la FED entraînera un vent de faillite, l’effondrement du marché états-unien, une misère incommensurable et la descente aux enfers des salariés états-uniens.  Tout ceci dans le fol espoir des capitalistes financiers américains de rapatrier les capitaux qui fuient présentement les Etats-Unis. Le danger serait alors une révolte sociale éventuelle aux Etats-Unis. L’armée est-elle prête et disposer à la réprimée ?

 

Le manque d’activités des bourses américaines.

 

Selon l’auteur de l’article sur CNN, l’une des raisons de la fuite des investisseurs des États-Unis consisterait dans le manque d’activité (manque de profitabilité) des titres américains sur les marchés, alors que la croissance des marchés européens et japonais est à deux chiffres. Le ballon spéculatif ayant atteint des sommets aux États-Unis la globalisation-mondialisation de l’économie capitaliste permet aux grandes corporations multinationales de déplacer leurs avoirs (titres – actions – obligations) d’un pays à un autre causant l’hémorragie ici et le trop-plein de capitaux là-bas.  De tels déséquilibres ne sont jamais propices à la croissance économique ni ici, ni là-bas. Preuve s’il en faut que tous ces potentats ne contrôlent rien de l’économie capitaliste.

 

Cette année, les investisseurs ont retiré 64 milliards de dollars de fonds américains et placé 158 milliards de dollars dans des fonds d’investissement internationaux, signale la société d’information et d’analyse Morningstar. Voilà un exemple de la volatilité des fonds de placement internationaux qui transitent souvent par des paradis fiscaux ce qui entraîne que même en se déplaçant, d’un continent à un autre, d’une bourse à une autre, ces avoirs, ces dividendes et ces profits spéculatifs (cette monnaie de singe en définitive) ne produisent aucun  impôt ni aucune redevance (si ce n’est les commissions des traders et des boursicoteurs). Mais peu importe puisque cet argent n’est que du vent dont la bulle éclatera mondialement dans peu de temps.

 

Que ferait-on d’une taxe Tobin contre la spéculation?  Sinon, générer encore davantage de cette montagne de vent spéculatif fictif donc encourager la spéculation ?

 

La conséquence de la crise économique et du dollar plombé

 

« Le fait que les investisseurs retirent leur argent de fonds américains témoigne de leur incertitude de l’avenir », estime Alina Lamy, analyste de Morningstar. D’après Mike McGlone, directeur de recherche à ETF Securities, « l’argent fuit les États-Unis où la FED mène une politique de moins en moins souple vers des endroits où les Banques  centrales deviennent plus accommodantes ».  Bien que l’économie américaine montre à présent un bon taux de croissance (sic), il n’est pas excellent et les perspectives de bénéfices y sont plutôt vagues, conclut l’auteur de l’article de CNN. En effet, pendant que les titres technologiques (Facebook, Google, Microsoft, Apple, etc.) absorbent tout le capital de risque, les entreprises s’endettent à des niveaux dangereux.

 

Voilà la riposte des banquiers et des spéculateurs boursiers aux prétentions du « marxiste » Piketty (sic) qui a découvert que les riches étaient trop riche et que les pauvres étaient trop pauvre et qu’il fallait faire la charité au démunis en prenant l’argent aux mieux nantis.

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Au même moment les boursicoteurs et les banquiers apeurés fuient la navire amiral américain. Les banques centrales européennes retirent leur or (quand elles le peuvent) de la Réserve fédérale des États-Unis (FED) dont les stocks de métaux précieux ont beaucoup diminué depuis quelques années.

 

« Les stocks d’or de la Réserve fédérale des États-Unis (FED) ont diminué jusqu’au niveau le plus bas de ces dernières décennies, les pays étrangers retirant leur or, confié autrefois à la FED. Ce processus de rapatriement est propice à l’économie mondiale » estime l’économiste américain Lew Rockwell.

 

« La FED et les partisans de sa politique économique diront que l’or ne joue aucun rôle monétaire. Mais pourquoi alors tant d’or est-il stocké à la FED, encore qu’il ne s’agisse pas que de l’or appartenant à l’Amérique, mais aussi à d’autres pays ? À signaler que les empires avaient l’habitude de garder chez eux l’or de leurs colonies ou des pays dépendants », a relevé le fondateur et président du Ludwig Von mises Institute dans une tentative de provoquer une montée de chauvinisme nationaliste européen à l’encontre du chauvinisme nationaliste américain que Donald Trump,  candidat républicain, exhibe comme un épouvantail à la veille des élections américaines.

 

Voilà qui devrait couper le sifflet aux nationaleux chauvins français, allemands et britanniques à propos de la mauvaise posture de l’euro qui serait responsable de la misère en Europe sur le point de succomber sous le poids de ses « péchés antidémocratiques » (sic).  Ce n’est pas l’euro – ni l’Euroland – ni l’Union européenne – ni la panacée « démocratique bourgeoise » (sic) qui sont responsables de la crise économique systémique du capitalisme mondialisé. Les économistes, les oligarques et les ministres de l’Europe sont des gens compétents, mais ils ne contrôlent ni ne maîtrisent aucun des grands paramètres de l’économie politique capitaliste, pas davantage que les banquiers des deux côtés de l’Atlantique par ailleurs, non plus que les capitalistes américains ou encore leur Président. On ne peut ressusciter un canasson en train d’agoniser. Il faut le laisser s’effondrer et lui administrer le coup de l’étrier qui le fera trépasser.

 

 

Pour compléter cette lecture :  LE MANIFESTE DU PARTI OUVRIER http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

 

 

 

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