LE CIRQUE ÉLECTORAL, entretien avec Robert Bibeau sur «La démocratie aux États-Unis»

Par Ferdinand Mayega (LVC). Le 27.06.2018.  Sur http://www.les7duquebec.com

Voici sept questions au sujet du livre :  La démocratie aux États-Unis. Les mascarades électorales paru chez l’Harmattan à Paris en janvier 2018 :   http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-democratie-aux-etats-unis-les-mascarades-electorales/. (1)

 

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LVC: Monsieur Bibeau, vous avez publier un ouvrage aux éditions L’Harmattan qui a pour titre: La démocratie aux États-Unis et pour sous-titre : Les mascarades électorales, qu’est-ce qui a motivé votre choix d’écrire un ouvrage sur ce que l’on pourrait appeler la dictature démocratique dans la première puissance mondiale, un pays voisin du Canada?

 

Robert Bibeau.  Je suis journaliste – éditeur du webmagazine «Les 7 du Québec.com » diffusé depuis Montréal. Je suis retraité et je milite depuis plus de quarante ans dans le mouvement ouvrier.  J’ai écrit ce volume par nécessité. Après 40 ans de militantisme, et regardant par-dessus mon épaule, deux siècles de luttes ouvrières, j’ai constaté que la quasi-totalité de la gauche avait erré en se prosternant devant le pseudo processus démocratique électoraliste. Jamais une révolution sociale – je réfère ici à un changement radical du mode de production, et non pas à un changement de la garde à la tête d’un gouvernement bourgeois – jamais, dis-je, une révolution sociale n’a émergé des urnes. Pire, toutes les trahisons qu’a subies la classe ouvrière dans sa lutte pour l’émancipation sociale ont été marquées par une mascarade électorale bidon – façon d’apaiser les révoltés – de les désarmer idéologiquement et politiquement. Chaque liquidation du mouvement ouvrier révolutionnaire s’est soldée par un cirque électoral où le prolétariat s’est départi de son initiative et a remis sa révolte entre les mains des politiciens – ce que la go-gauche appelle pompeusement « l’avant-garde » formée d’apparatchiks politiques sectaires, cheval de Troie parmi le prolétariat. Dans le volume, j’explique comment gauche et droite politique sont les deux visages d’une même fourberie.  Donc, je me suis mis à l’étude du processus électoral bourgeois en société capitaliste avancée. Les États-Unis d’Amérique, la France et le Canada m’ont servi de terrain d’investigation afin de démonter les mécanismes de cette arnaque centenaire. Le volume décrit le processus électoral aux États-Unis à partir de l’exemple de l’élection controversée de Donald Trump en 2016. Notez que cette élection bidon n’avait rien de singulier dans son organisation et elle répondait au canon des élections démocratiques bourgeoises, si ce n’est qu’elle marqua la réorientation politique du grand capital américain suite à la grave crise économique de 2008. Au dernier chapitre je présente l’analyse du comportement électoral exemplaire du prolétariat français lors de l’élection de Macron en 2017.

 

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LVC: dans votre ouvrage, vous fustigez l’État fétiche des riches, l’état-major central du grand capital, fondement de « l’industrie du cirque électoral », etc. D’après vous, les États-Unis n’ont pas de leçons de démocratie à donner aux autres pays du monde notamment ceux considérés comme moins démocratiques ou plus dictatoriaux. Pourquoi le pays de l’Oncle Sam n’est pas un modèle à vos yeux malgré son autoproclamation en tant que « gendarme du monde » en termes des droits de la personne?

 

Robert Bibeau : notre webmagazine a publié de nombreux articles sur la démocratie électoraliste. (2) L’un de ces articles avait pour titre : La dictature c’est ferme ta gueule et la démocratie c’est cause toujours.  (3) Ce titre résume bien mon propos. La démocratie représente le bon policier qui nous incite à nous mettre à la table de la collaboration de classe pour que le prolétariat, la classe sans pouvoir économique, politique ou idéologique, n’ayant que sa force de travail à vendre pour survivre, se compromette et remette son sort entre les mains de politiciens véreux, tous semblables. Si jamais l’un d’entre eux souhaitait défendre la classe ouvrière, il ne serait jamais élu, ou il serait abattu. La dictature c’est le mauvais policier qui réprimerait durement si on ne jouait pas docilement le jeu de la démocratie électorale, jeu où un simple ouvrier n’a aucune chance de l’emporter face à un gang de riches. Pensez un instant qu’un candidat à la présidence américaine doit recueillir un milliard de dollars pour parcourir le processus électoral bidon. Combien d’ouvriers peuvent amasser une telle somme pour faire campagne? De fait, une mascarade électorale, aux États-Unis ou dans n’importe quel pays, est un processus par lequel différentes factions du capital mettent leur pouvoir dans la balance et se chamaille afin d’arracher l’appui du plus grand nombre de pèquenots ce qui leur donnera l’avantage de diriger, sous conditions, l’appareil d’État fétiche dans l’intérêt des riches. En période de croissance économique, les politiques des administrateurs des riches seront expansionnistes, concédant des avantages sociaux en récompense aux électeurs méritants. En période de récession économique, les thuriféraires administratifs des riches imposent l’austérité. Les populistes de gauche comme ceux de droite – bonnet-blanc et blanc-bonnet font la même chose.

 

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LVC:  pourriez-vous nous expliquer la corrélation étroite qui existe entre la croissance de la désespérance sociale et la croissance du vote des partis d’extrême droite par exemple avec la montée du populisme aussi bien aux États-Unis, en France, en Italie, en Allemagne, en Hollande ?

 

Robert Bibeau : premièrement, entre un parti politique de droite, de gauche, ou de centre la phraséologie diffère, mais c’est exactement la même affaire. D’une élection à l’autre, les ouvriers sont à même de le constater. Parfois, un parti de gauche mène une campagne électorale sous un verbiage de gauche, une fois élue, il mène une politique de droite, il n’a pas le choix, les impératifs économiques subsument les désidératas politiques. L’inverse est aussi vrai. Ainsi, dans mon livre je cite François Hollande qui a admis son impuissance face aux puissances d’argent. Deuxièmement, la populace n’a absolument aucune prise sur l’économie ou la politique. C’est pour cela que j’appelle l’exercice électoral une « mascarade » dont l’unique objectif est de faire dire aux électeurs ce que l’une ou l’autre des factions du capital veut entendre. Troisièmement, du postulat précédent il découle que pendant des années la machine de propagande médiatique se déchaine pour amener la populace à voter pour les populistes de gauche – c’est-à-dire pour les tenants des dépenses publiques effrénées – ce qui mène l’État des riches à la faillite – afin de justifier au mouvement suivant la montée de la faction populiste de droite qui, dénonçant les mauvais résultats économiques des populistes précédents – se propose comme alternative par des politiques d’austérité. Quatrièmement, vous devez considérer que politique d’austérité ou politique de gaspillage des deniers publics payés par les ouvriers – le résultat est le même… la récession. Donald Trump en fait l présentement a démonstration. Dans ce scénario les simagrées électoraux auxquels se plient les riches n’ont aucune incidence sur la marche des affaires économiques et après quelques siècles de ce jeu de chaise musicale gauche-centre-droite le prolétariat l’a compris d’où son abstention massive, sauf, dans les pays qui commencent à imposer ces jérémiades électorales. Éventuellement, l’expérience aura raison des illusions de la votation.

 

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LVC :  d’après vous, cette corrélation étroite est entretenue et voulue par le grand capital pour maintenir les ouvriers, les plus défavorisées ou les moins nantis dans un état de dépendance. Comment cette stratégie du monde du capital est-elle ficelée?

 

Robert Bibeau : d’abord, je voudrais m’excuser de la façon que je présente mon intervention, ce qui donne l’impression d’un complot tricoté par une organisation secrète maître de notre destinée collective. Pourtant, c’est exactement le contraire, les puissances d’argent ont si peu d’emprise sur le développement du mode de production capitaliste et de ses rapports de production que malgré tous leurs efforts ils ne parviennent nullement à enrayer la crise systémique et leurs stratagèmes pour stopper leur déveine sont vains. La machine économique, politique et idéologique fonctionne selon des lois inexorables et mène le modèle capitaliste de développement à la faillite. Ceci m’amène à votre question à propos d’une supposée corrélation entre la croissance de la désespérance sociale – la montée du vote populiste de droite ou de gauche – et un état de dépendance de la classe ouvrière – intentionnellement ficelé par les conspirateurs capitalistes.

 

  1. J’ai répondu précédemment à propos de cette hypothétique corrélation qui n’est pas une fatalité, mais le fruit d’une réaction désespérée du système pour se sauver. J’ajouterai que la tentation fascisante n’est pas du tout une prédisposition prolétarienne, mais strictement une tare petite-bourgeoise. Petite-bourgeoisie qui a charge ensuite de transmettre ce virus à la classe ouvrière qui s’en était très mal défendue dans les années 1930, mais s’en défend vigoureusement présentement. Je n’ai aucun doute que le système ne réussira pas une seconde fois le coup du « fascisme de droite » opposé au « fascisme de gauche ».
  2. Il est exact que la classe ouvrière dépend économiquement de la classe capitaliste. Mais cela n’est pas le résultat d’un complot ourdi par la méchante bourgeoisie. C’est plutôt un gène spécifique au mode de production capitaliste qui est fondé, dois-je le rappeler, sur la propriété privée des moyens de production, de commercialisation et de communication. Ce qui inclut la propriété privée de la force de travail que l’ouvrier doit vendre à vil prix sur le marché.
  3. La dépendance économique de l’exploitée n’est pas le résultat d’un stratagème maléfique mené par les riches, elle est inscrite dans le génome du prolétaire qui ne pourra s’en défaire qu’en abolissant le propriétaire privée et l’État chargé de le perpétuer.

 

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LVC : après lecture de votre ouvrage, j’ai fait un rapprochement au sujet de l’exploitation du monde ouvrier par le grand capital avec une théorie économique développée dans les années 70 par certains économistes du développement, la théorie de la dépendance. Cette théorie affirme que le centre développé exploite la périphérie sous-développée à l’intérieur du système économique mondial plus précisément par l’échange inégal. Qu’en dites-vous?

 

Robert Bibeau : les prémisses de ce syllogisme sont véridiques. Sous le mode de production capitaliste en phase impérialiste nous observons une division des tâches d’exploitation du capital (capital variable salarié et capital constant immobilier et mobilier) entre différents pays. Ainsi, les États-Unis ont pour fonction au sein de la mondialisation de réguler les échanges financiers correspondants au commerce international. Ce pays a aussi pour tâche d’ouvrir de nouveaux marchés non pas pour augmenter l’équité et réduire les inégalités, mais pour assurer la valorisation du capital – augmenter la production de plus-value ouvrière afin de faire en sorte que le mode de production capitaliste assume sa mission de reproduction élargie. Le Cameroun a pour fonction de fournir des matières premières (café, bois, bauxite, cobalt, nickel, diamant, pétrole, etc.) pour faire tourner la roue de l’économie. (4) Bref, l’économie impérialiste a donné naissance à la mondialisation néolibérale où les entreprises des pays développés, comme celles des pays émergents, sont entrelacées en un grand tout mondial que les économistes appellent : « la mondialisation différenciée de la chaîne des valeurs ». Cette mondialisation s’est produite spontanément sans que quiconque ne l’ait programmé.  Ainsi, tous sont dépendants de tous, et réciproquement avec bien entendu, des centres de décision centralisés sur quelques marchés boursiers externalisés. C’est ici que je me dissocie de la théorie tiers-mondiste de la soi-disant « dépendance » et des « non-alignés ».  L’objectif des théoriciens de la « dépendance » était d’embrigader les travailleurs et les paysans du tiers-monde dans des luttes de soi-disant libération de leur bourgeoisie nationale exploitée vis-à-vis des nations exploiteuses habituellement occidentales. Je n’ai pas l’espace ici pour démonter cet écheveau opportuniste et réformiste complexe. Je dirai simplement qu’une nation ne peut exploiter une autre nation, qu’une nation ne peut être exploitée par une autre nation. Ce sont les classes sociales qui exploitent ou sont exploitées. Pour le reste j’ai abondamment discuté de cette problématique dans mon livre : Question nationale et révolution prolétarienne sous l’impérialisme moderne   publiée chez l’Harmattan en 2017 (5).

 

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LVC : l’économiste du développement H W Singer affirmait: « On ne peut pas indéfiniment prêcher la parole du bon ordre démocratique aux pays du Sud sans établir un bon ordre démocratique dans l’économie mondiale. » Pour revenir à la démocratie aux États-Unis, pensez-vous qu’il sera possible un jour de construire une démocratie plus saine et humaine dans ce pays? Sinon, quels sont les scénarios les plus prévisibles dans ce pays dans les prochaines années?

 

Robert Bibeau : qu’est-ce que la démocratie? Il y a bien des sortes de démocratie. À Athènes, l’antre de la démocratie sous le mode de production esclavagiste, l’assemblée démocratique regroupait l’ensemble des hommes libres avec pour chacun le droit de parole, le droit d’élire et d’être élu. Les esclaves n’étant pas des êtres humains n’étaient pas conviés à ces assemblées « démocratiques ». Aux États-Unis la démocratie du peuple, par le peuple, et pour le peuple, implique que chaque personne en âge de voter se rend aux urnes et appose une croix sur un bulletin de vote qui fait foi de son droit et de son égalité devant la loi. Hormis le petit-bourgeois, qui croira que le prolo surendetté, précariser, logeant dans sa voiture, à la recherche d’un emploi mal payé, a le même poids économique, politique et médiatique que le multimilliardaire propriétaire d’une chaîne de médias « libres et indépendants » (sic)? Pire, si par inadvertance, et par solidarité, la multitude des pèquenots sans-le-sou se donnait la main pour voter pour un va-nu-pieds qui serait parvenu à se faufiler, quel ouvrier croit que l’élu serait assermenté avant d’être assassiné ? Si par mégarde invraisemblable l’élu est assermenté et intronisé et qu’il gouverne, quel ouvrier ne sait pas ce qu’il advint de Salvador Allende, le Président chilien assassiné? Si ce pèquenot – tel un héros – parvenait à accomplir l’entièreté de son mandat que pourrait-il décider, imposer, ou légiférer? Comme je le souligne abondamment dans l’ouvrage, le pouvoir d’un polichinelle politique est quasi nul. Barack Obama n’est pas parvenu à fermer la prison illégale de Guantanamo, une bien petite réalisation comparée à l’éradication de la pauvreté dans ce pays fragilisé. Il n’existe qu’une perspective à long terme pour l’Amérique et pour le capitalisme mondialisé, c’est d’être renversé par les ouvriers et un nouveau mode de production prolétarien devra être imaginé après la prochaine crise systémique ou la guerre atomique.

 

Le problème qui confronte le monde ne se réduit pas à une question de démocratie, mais à un problème de survie.

 

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LVC : le G7 au Canada vient de montrer un désaccord profond entre les États-Unis de Donald Trump et les six autres membres. L’escalade verbale a été perceptible entre Trump et Trudeau au point que Justin Trudeau est qualifié de traitre par l’administration Trump malgré la volteface de ce dernier pour un accord commun dans le communiqué final. Quelle analyse faites-vous de cette méfiance réciproque entre les deux voisins d’Amérique du Nord et partenaires historiques?

 

Robert Bibeau : ce G7 au Canada (2018) est la démonstration de la déconfiture économique du monde capitaliste. Au cours de ce G7, Donald Trump a voulu imposer à ses alliés sa stratégie pour une sortie de crise économique et sociale agressive ce que ses alliés ont refusé de peur de tout faire sauter dans leur entité respective. Les alliés des Américains pensent qu’il faut y aller de façon modérée et progressive sinon les ouvriers vont se révolter. Donald Trump pense que le capital n’a pas le temps d’attendre et qu’il lui faut frapper les ouvriers de manière répétée afin de les forcer à accepter les sacrifices qu’il a déjà commencé à leur imposer. Le rôle des médias est d’embrouiller tout cela et de laisser croire qu’en haussant les tarifs douaniers il défend les emplois aux USA, c’est tout le contraire qui surviendra. La puissance impériale américaine périclité et elle voudrait taxer ses partenaires en ne leur laissant rien pour profiter, les capitalistes du monde entier ont commencé à se rebiffer contre leur suzerain et les menaces de guerre sont grandes. Seule la résistance du prolétariat mondial nous protège d’une guerre menaçante. Pour le reste de mes prédictions en ce qui concerne cette guerre commerciale radicale je vous invite à lire notre éditorial sur notre webmagazine international. (6)

 


 

NOTES

 

  1. Robert Bibeau (2018) La démocratie aux États-Unis. Les mascarades électorales. Paris. L’Harmattan. 150 pages. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-democratie-aux-etats-unis-les-mascarades-electorales/   http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-democratie-aux-etats-unis-les-mascarades-electorales/

Le volume est disponible en anglais, français, italien, espagnole et portugais.

 

  1. http://www.les7duquebec.com/?s=d%C3%A9mocratie

 

  1. La dictature c’est ferme ta gueule et la démocratie c’est cause toujours

 

  1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Cameroun

 

  1. Robert Bibeau (2017) Question nationale et révolution prolétarienne sous l’impérialisme moderne. Paris. L’Harmattan. 150 pages. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/question-nationale-et-revolution-proletarienne-2/ Le volume est disponible en anglais, français, italien, espagnole et portugais.

 

  1. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lempereur-donald-redefinit-lalliance-atlantique-du-g7-au-g2/ et http://www.les7duquebec.com/7-au-front/six-indices-economiques-annoncant-leffondrement/  et  aussi  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/trump-declare-la-guerre-commerciale-a-lue-et-au-canada/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

8 pensées sur “LE CIRQUE ÉLECTORAL, entretien avec Robert Bibeau sur «La démocratie aux États-Unis»

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    27 juin 2018 à 23 11 02 06026
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    Notre Système est en voie d’effondrement, et le régime politique qu’il représente, totalement à l’agonie actuellement, apparait sous son aspect inepte le plus évident aux yeux de tous ou presque tous : le vol est dans les lois, dans les administrations, dans le commerce, dans les mœurs, le crime est de tous côtés autour de nous, l’injustice est partout, l’hypocrisie triomphes.
    L’erreur s’est glissée partout, qu’elle soit religieuse, philosophique ou scientifique, elle règne en souveraine maîtresse, on l’impose par suggestion social, elle est dans nos mœurs, elle est dans l’enseignement donné à nos Enfants, elle est dans nos institutions. Nous en sommes tellement imprégnés que nous n’en avons plus conscience, nous avons fait de cet état de choses notre état normal. Pendant des siècles l’esprit humain a été enfermé dans un réseau d’erreurs, et nos institutions modernes, qui en dérivent, sont pour lui comme un instrument de torture qui veut le forcer à prendre une direction qui n’est pas celle que lui avait donnée la Nature.
    Rappelons rapidement ce qu’est, en réalité, une démocratie, ce régime de gouvernance considéré par les plus nombreux comme un immense progrès humain.
    La démocratie est un régime politique qui avilit en abaissant les bons, c’est une tyrannie qui s’exerce par un mouvement de traction morale, de bas en haut ; elle fait descendre, elle empêche les meilleurs de s’élever, elle abat les têtes qui dépassent le niveau des médiocres, empêchant ainsi l’éclosion des types supérieurs, elle supprime le respect et rend les petits insolents.
    le libre examen ou libre-arbitre, que nous avons cru si longtemps être le dernier mot du progrès, est, au contraire, une cause de désordre et de discorde si on le donne à ceux qui ne savent pas s’en servir.
    Laisser les ignorants, qui sont les plus nombreux, choisir pour tous c’est livrer le monde au chaos, à la guerre, c’est retourner à la barbarie.
    Toute élévation du type humain demande un régime aristocratique.
    https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/le-bien-et-le-mal.html
    Cordialement.

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      28 juin 2018 à 7 07 39 06396
      Permalink

      @ ANWEN
      @ Tous

      Tous je l’espère auront compris que les 7 du quebec ne s’associent pas du tout à cet appel au retour du pouvoir aristocratique. Notre dénonciation virulente de la pseudo démocratie parlementaire vise à bien démontrer que l’activité électorale est la forme moderne – bourgeoise – qu’a prise le pouvoir aristocratique ancestral. Dans la mascarade électorale – démocratique parlementaire – on laisse croire aux prolétaires qu’il a l’opportunité de s’exprimer mais exclusivement dans le cadre piper du jeu électoral où en cela comme dans tout le reste en société capitaliste – l’argent (la forme fétiche du capital) est seul maitre et c’est l’argent qui décide à travers le vote instrumentalisé.

      Si les péquenots ne jouent pas le jeu comme lors du vote sur l’UNION européenne en France alors le jeu référendaire est annulé et sans effet.

      Comment la go-gauche réagit-elle à ce mythe « démocratique parlementaire » ??? Elle s’y jette à corps perdu et la droite aristocratique appel à la dictature NOUS nous appelons à la révolution.

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    28 juin 2018 à 7 07 41 06416
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    Pourquoi la Démocratie n’existe pas et ne peut exister
    Publié le 8 mai 2010 par LDT
    Plus grand slogan trouvé il y a plus de deux cents vingt ans par nous(pas cocorico, non, surtout pas de cocorico), la Démocratie, le pouvoir au peuple, est devenue le meilleur message de propagande au monde pour fomenter des révolutions et écarteler des sociétés. Ce n’est pas pour rien que les américains, qui n’ont jamais eu une grande idée de ce qui se passait dans le monde, s’en servent à toutes les sauces, pour toutes leurs guerres et pour toutes leurs politiques. Simple comme bonjour à utiliser, le slogan démocratie peut se mettre dans toutes les bouches et toutes les têtes, enfin dans toutes les têtes stupides mais personne n’en manque de celles-là. Il suffit d’expliquer le principe derrière le slogan: en démocratie, l’état ne fait que ce que tu veux qu’il fasse, n’a le droit de faire que ce que tu lui donnes le droit de faire, et ne peut s’opposer à toi car le principe démocrate te protège. L’eldorado du pauvre ou du petit-bourgeois, c’est la démocratie, le régime génial ou la société ne remue que quand le peuple l’y autorise. Pour autant, tout ce qui a été créé grâce au slogan démocratie est un mensonge, de la première à la dernière ligne.
    Tout d’abord, le principe démocratique veut que la politique n’agisse que selon les demandes du peuple, et prétend que sans l’autorisation du peuple il ne peut agir. Or c’est totalement impossible, et chaque décision politique le prouve: ce qui est impossible n’est pas de demander son avis au peuple sur chaque choix à faire, c’est que le peuple ait un avis à donner. La connaissance nécéssaire pour savoir quels choix faire dans des domaines pointus, économie, urbanisme, politique industrielle ou sécuritaire, écologie, défense, diplomatie, en réalité la quasitotalité des décisions à prendre nécessitent un savoir particulier que le peuple ne peut avoir, par manque de temps, de cervelle ou d’intérêt personnel, le peuple est ignorant de la réalité de la politique. La politique, ses cordes, ses secrets et son
    domaine de connaissances propre est la propriété des politiciens seuls, l’effacement du pouvoir de la noblesse de l’Ancien Régime n’a été remplacé que par des barons et comtes de partis, défendant leur propre camp plutôt que l’intérêt de la nation comme le faisait l’aristocratie officielle d’autrefois, mais ce n’est pas la question. Je ne veux pas encore départager les monarchistes et les républicains ici, c’est un sujet qui pourrait me prendre des jours et des jours. La démocratie, voilà son premier péché, celui de prétendre apporter au peuple un pouvoir qu’il n’a pas et n’aura jamais, une force politique offerte à des gens qui ne sauront jamais s’en servir et qui se reposeront sur d’autres politiciens plutôt que d’apprendre à utiliser ce pouvoir pour eux-mêmes. Par essence, aucun pouvoir ne peut être utilisé sans le savoir nécessaire, et une preuve évidente et exemplaire de cela, c’est bien l’ignorance des héritiers de Louis XIV qui n’ont pas su utiliser à bon escient la cour royale qu’il avait formé et se sont fait écraser par le rouleau compresseur des révolutionnaires quand l’aristocratie a trop abusé de son pouvoir et que Louis XVI n’a pas su les faire plier. Le pouvoir que la démocratie a prétendu donner au peuple ne lui a jamais été donné car il n’a jamais pu le comprendre. La révolution? Ce fut des années de massacres au nom du combat contre les anti-révolutionnaires. Les prétendus régimes démocratiques? Ce ne sont que de longues périodes de mensonges où des politiciens obtenaient le pouvoir par leur propension à la vénalité, et qui retournaient leur vestes dès qu’ils avaient atteint leur objectif. Notre soi-disant régime démocratique actuel? C’est le même principe, à la différence près que l’état autrefois ne se gênait pas pour écraser ceux qui le combattaient, quand bien même ils combattaient d’éventuels électeurs. Aujourd’hui l’état se laisse grignoter jusqu’à plus être, il n’a plus la légitimité de rien, et au nom des volontés de tout un chacun il ne peut agir que quand l’opinion publique le lui autorise. Mais voilà, l’opinion est celle d’ignares qui ne savent quoi choisir et qui se mèneront à leur propre ruine.
    Le grand crime de la démocratie est celui de raconter à chacun qu’il obtiendra un droit sur sa vie en tant que citoyen d’une nation démocrate alors qu’en réalité, il n’obtient qu’un droit de peser sur les actions des politiciens, pas toujours en bien. Si encore le citoyen en démocratie pouvait essayer de servir la communauté, de défendre la voix de chacun, mais ce n’est pas ce qui se passe, le système des élections étant fait pour pousser les citoyens les uns contre les autres dans des grandes luttes idéologiques ou claniques, et c’est ce système même qui fait la dépassement de l’état-nation par les luttes intestines, c’est cette frange du système pseudo-démocratique qui détruit les nations de l’intérieur, en appelant les citoyens à se battre les uns contre les autres au nom de leur « droit démocratique ». La démocratie ne sert qu’à vendre un mensonge aux gens pour les faire se combattre les uns les autres.
    Bien sûr, objecteront les ignares, c’est mieux qu’une monarchie ou une dictature, bref qu’un système autoritaire, car en démocratie on n’ignore pas l’avis du peuple. Erreur. Gravissime erreur, que de croire que quand l’autorité est au pouvoir, il n’y a pas de place pour l’écoute! Quand l’autorité est au roi, au dictateur ou aux classes sociales aristocratiques, bien sûr la rébellion est punissable, bien sûr que la défiance au pouvoir est repréhensible, alors qu’en démocratie on considère qu’elles sont normales. Mais bien qu’on n’accepte dans aucun régime honnête(donc autoritaire, un régime sans autorité ne peut subsister) aucune forme de rébellion, on écoute son peuple et ses doléances dans toute monarchie au monde. De fait, aucun roi ne peut tenir son pouvoir sur un peuple qu’il ne reconnaît pas, contrairement à un dictateur qui règne par la terreur. Le mensonge démocratique a été aussi de faire passer les rois comme des gens imbus de leur personne, incapables de s’intéresser à leur peuple et qui ne vivaient que pour fêtes et orgies, sans prendre le temps de regarder avec quel argent elles étaient payées. Que ceci ait existé du fait de Louis XIV, bien sûr c’est vrai, lui-même l’a avoué sur son lit de mort, qu’il avait porté trop peu d’attention à son peuple. Mais le contrôle du pays qu’avait créé le Quatorzième par sa cour a dépassé ses objectifs, et au lieu de rameuter les nobles du royaume à la cour pour mieux les contrôler, cela les a définitivement éloignés de leurs sujets, chose que Louis XVI a compris mais n’a absolument pas su réparer. La Révolution n’est pas arrivée par évolution démocratique, elle est arrivée par échec monarchique, un échec que l’on peut soigner et rectifier aujourd’hui.

    Il y a un dernier grief que j’ai contre le mensonge démocratique, au-delà du fait qu’il assure la sécession du peuple en un tas de clans et qu’il est un mensonge en soi, il est la raison principale de la décadence politicienne, ce qui rend la vie politique de plus en plus puante et qui en fait le royaume de la vénalité et des faux-culs. Par principe d’autorité, dans une société normale, le supérieur dirige le subordonné selon un des trois systèmes qui cohabitent en société, l’oligarchie, l’aristocratie et la monarchie. Chacun des trois systèmes possède son propre fonctionnement et sa propre hiérarchie, qui frictionne parfois avec les autres. Le mensonge démocratique force les politiciens à faire propagande auprès du peuple pour les pousser à ceci ou cela plutôt qu’agir, mais il les empêche aussi d’agir quand le peuple ne veut d’aucune solution, même quand il FAUT en prendre une. Un exemple simple, et assez douloureux pour qui connaît l’histoire de France: 1938. Daladier. Munich, le serrage de main à Hitler plutôt que la baffe et la déclaration de guerre. L’avion. L’arrivée à Paris, le tarmac. Daladier, sûr de se faire lyncher, ouvre la porte de son avion pour être applaudi. Il prononce la phrase tristement historique pour la France, et affreusement démonstrative de la démocratie: Ah les cons, s’il savaient! Mais il ne savent rien. Et quand on leur propose une guerre maintenant ou une guerre plus tard, ils répondront Non! Ou on ne votera pas pour vous. Le peuple est comme ça, trop ignare pour comprendre et trop pétri de droits pour être responsable. Pour être plus direct, le peuple est un tas de cons égoïstes qui ont besoin d’un de Gaulle pour leur botter le train ou d’un Roi pour les diriger. 1938 n’est qu’un exemple. D’autres sont valables ici ou là: les Etats-Unis ou l’URSS? Aucun!(Mais de Gaulle était encore là pour les protéger). La guerre pour la grandeur de la France ou la décrépitude jusqu’à la mort? Aucun! La bonne santé sociale et l’ordre moral ou la gratuité de tout et une société répugnante? Aucun!
    Le peuple est comme ça, con et égoïste. Et pas grandchose ne le fera changer, à part des siècles et des siècles d’apprentissage et d’évolution. Peut-être des millénaires. La démocratie ici, non contente de pousser le peuple à se scinder pour se battre contre lui-même(chose qui existait déjà sous la monarchie c’est tout à fait vrai), réussit à forcer les politiciens à mentir et à être des faux-culs professionnels pour ne pas se faire rejeter par le peuple « démocrate ». C’est cela, le vrai mensonge démocrate: faire croire que le peuple a le pouvoir alors qu’il ne l’a pas, faire combattre le peuple contre lui-même pour des clans et des idéologies plutôt que pour l’intérêt commun national, et mettre les aristocrates de la politique dans une position telle qu’ils ne peuvent que mentir pour se préserver car dire la vérite est leur assurer la fin de leur pouvoir. Toutefois, il existe de bonnes façons de contrôler le peuple même en soi-disant démocratie, j’en parlerai demain.
    Louis D. Tisserand

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      28 juin 2018 à 8 08 15 06156
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      @ Tisserand

      Encore un commentaire fasciste de droite et je cite : « Tout d’abord, le principe démocratique veut que la politique n’agisse que selon les demandes du peuple, et prétend que sans l’autorisation du peuple il ne peut agir. Or c’est totalement impossible, et chaque décision politique le prouve: ce qui est impossible n’est pas de demander son avis au peuple sur chaque choix à faire, c’est que le peuple ait un avis à donner  » auquel NOUS ne nous associons pas du tout évidemment

      Ce n’est pas le « peuple » qui nous préoccupe ici sur Les7duquebec.com mais le prolétariat – c’est la majorité du peuple mais cela exclut la petite-bourgeoisie et la bourgeoisie en attendant que de nombreux éléments de cette classe sociale soit paupérisé et prolétarisé – ils nous rejoindront alors et nous serons heureux de les accueillir s’ils peuvent fermer leur grande gueule et écouter les vieux prolétaires expérimentés et on leur montrera à tous que nous avons un avis à donner quand on sait que possédant le pouvoir il sera écouter et appliquer et surtout LOIN DE NOUS L’AVANT-GARDE GO-GAUCHE qui nous remet toujours dans la merde

      Pardonnez mon langage

      robert Bibeau

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    28 juin 2018 à 7 07 51 06516
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    Bonne question … pour les aveugles
    Nous savons depuis longtemps que nous sommes plutôt en LOBBYCRATIE (gouvernement par les lobbies)
    bonne journée

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    28 juin 2018 à 8 08 04 06046
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    Bonjour Monsieur BIBEAU,

    Je partage ce que vous exprimez au niveau de « Dans le volume, j’explique comment gauche et droite politique sont les deux visages d’une même fourberie. »

    La même chose existe concernant la France… C’est pour cela, travaillant sur la démocratie, que j’ai créé l’association que j’anime. Aujourd’hui les élus, en France ne le sont qu’à minima avec des scores de 30% des inscrits. Ils n’ont aucune représentativité.

    Je vais diffuser votre courriel et acquérir le livre.

    Solidarité.

    Gérard G

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