Le début de la débacle!!!

.

Voyons les dernières années de combat entre les Anglo-Saxons et les Bretons.

579 : Frihwald succéda à Théodoric, en Bernicie, et régna 6 ans (jusqu’en 585) (Nennius)                                                                                                                               

580 : Gwrgi et Peredur, fils d’Elifert décèdent.

Gwrgi et Peredur sont répertoriés en tant que fils de Eliffer (vieux gallois : Elidir, ou Eleuthère) Ils font partie de la « Grande Warband » (cascord maur). Ils auraient combattu à la bataille de Arfderydd en 573. Ils furent tués lorsque leur troupe les abandonna à la bataille de Caer Greu par un certain Eda Glinmaur (Triades galloises). Nous avons vu qu’ils étaient tous les deux reliés à la « légende » d’Arthur (Peredur aurait été Percival).

584 : Bataille contre l’île de Mans et l’enterrement de Daniel de Bangor (Annales Cambriae). (Officiellement Daniel de Bangor Fawr ou Saint Daniel ou saint Deniel ou saint Deinioel fut le premier abbé et le premier évêque de Bangor, ville située sur le Menai, détroit qui sépare l’île d’Anglesey du reste du Pays de Galles. Il est mort le 11 septembre 584)

Cette année Ceawlin et Cutha battaillent contre les Bretons à Fethan-lea et Cutha est tué. Ceawlin prend plusieurs villes et beaucoup de butin et, plein de colère, retourne chez lui (Chroniques Anglo-Saxonnes).

586 : Beli ap Rhun était un roi de Gwynedd (Pays de Galles). Il monte sur le trône probablement en 586 à la mort de son père, Rhun. On ne sait presque rien de lui car il régne lors d’une ère de relative paix et stabilité politique et ne semble avoir commis aucune action susceptible d’intéresser les chroniqueurs de l’époque. Son fils Iago lui succéde vers 599 (officiel).

Hussa succède à Frewald en Bernicie et règne 7 ans (jusqu’en 593). Quatre rois le combattent : Urien, Rhydderch Hen, Gwallawg, et Morcant. Durant ce temps, parfois les ennemis, parfois les Cymry (Bretons) étaient vainqueurs. Urien les bloque pour trois jours et trois nuits dans l’île de Medcaud (Lindisfarne?) Mais pendant cette campagne Urien  fut assassiné sous l’impulsion de Morcant par jalousie de ses qualités militaires qui surpassaient celles de tous (Nennius).

Il faut dire qu’Urien était un « hérétique » donc Pélagien. Dans la légende il épouse la sœur d’Arthur Pandragon. Il s’oppose, au départ, à l’accession d’Arthur au Trône, se révolte avec des rois voisins, puis vaincu, devient vassal et allié d’Arthur. Il est tué par Liofan Llaf Difo à Aber Lleu, payé par le futur roi de Bryneich, Morcann ap Coleddor (dont le grand-père du même prénom, avait tué Arthur, donc un Catholique) qui, dit-on, en était jaloux. Je suis cependant porté à croire que Morcann  fit tuer Urien pour détruire l’alliance des Bretons du Nord qui achevait de repousser les Saxons à la mer. Ce qui donna l’avantage aux Angles qui reprirent possession du territoire perdu. Évidemment, l’Église Catholique regagnait tout ce territoire elle aussi. À noter que le fils d’Urien, appelé Owein, avait passé la majorité de sa jeunesse à la cour du roi Arthur. Il sera lui aussi, éventuellement battu par Morcann. Sa traitrise ne l’aidera pas parce que Aethelfrith, avec l’appui de l’Église s’emparera de plusieurs royaumes dont le sien pour les réunir et en faire le royaume de Northumbrie si cher à Bède le « Vénérable ».

588 : Décès d’Aelle, roi de Deira, dans la 30e année de son règne et Aethelric, fils d’Ida règne pendant 5 ans sur les deux provinces (Chronique des chroniques et Chronique Anglo-Saxonnes).

Ælle (également Aelle ou Ella), aurait été le premier roi du Sussex, dans le sud de l’Angleterre, à partir de 477 et peut-être jusqu’en 514. Les informations à son sujet sont si maigres que son existence même ne peut être affirmée avec certitude (officiel) (on ne peut avoir plus maigre que ça; c’est bien évident).

D’après la Chronique anglo-saxonne, Ælle et trois de ses fils, venus du continent, auraient débarqué en Grande-Bretagne près de l’actuel promontoire de Selsey Bill et affronté les Bretons. En 491, ils auraient remporté une victoire sur le site du village actuel de Pevensey, massacrant un grand nombre de leurs adversaires et mettant en fuite les autres. Même si les événements rapportés par la tradition sont invérifiables, la toponymie du Sussex montre clairement que la région fut soumise à une colonisation extensive et ancienne des Saxons, appuyant l’idée qu’il s’agirait d’une de leurs premières conquêtes.

Ælle est, selon le chroniqueur Bède le Vénérable, le premier roi à avoir exercé l’« imperium »  ou « suzeraineté »  sur les autres royaumes anglo-saxons au sud de l’Humber. Dans la Chronique anglo-saxonne, rédigée environ quatre siècles après sa mort, Ælle est désigné comme le premier « bretwalda », ou « seigneur de Bretagne » ; mais rien ne prouve qu’il ait porté ce titre à l’époque. La date de mort d’Ælle est inconnue, de même que l’identité de son successeur à la tête des Saxons du Sud (officiel).

On vient de découvrir la date de sa mort (588) et l’identité de son successeur (Aethelric) plus haut. Comme quoi : « Cherchez et vous trouverez! ».

589 : Conversion de Constentin III de Domnonnée (Annales Cambriae).

Le saint père Colomba avec saint Gall et autres disciples éprouvés, vient d’Irlande  en Burgundy et là, avec la permission du roi Theodoric, construit le monastère de Luxeu. Amené ensuite par Brunihilda, il va en Germanie en laisse saint Gall sur place. Il passe ensuite en Italie et fonde le monastère de Bobbio où il devient le dirigeant d’une large congrégation de moines (Chronique des chroniques)

590 : Grégoire devient Pape (Officiel).

591 : Ceol, fils de Cuthulf, qui était le frère du roi Ceaulin, commence son règne de 5 ans sur le Wessex (Chronique des chroniques).

Cette année, en Bretagne, il y eut un grand massacre à Woddesbeorg et Ceawlin fut expulsé (Chronique Anglo-Saxonne).

592 : Un bataille se déroula à Wodnesbeorh (Woden’s mount) et le roi Ceaulin fut chassé de son royaume lors d’un grand massacre dans la 33e année de son règne (Chronique des chroniques).

Le Pape Grégoire est élu à Rome (Chronique Anglo-Saxonne) (la nouvelle arrive 2 ans trop tard; voir 590). Remarquez que ce retard dans les dates peut servir à appuyer cette chronique à cause de la longueur du « voyage » pour apporter la nouvelle.

593 : Ceaulin, Cuichelm et Crida périssent. Aethelric, roi de Northumbrie décède et son fils Aethelfrith régne pendant 24 ans. Il avait 7 fils : Eanfrith, Oswald, Oslaf, Oswiu, Offa, Osuudu et Oslac ainsi qu’une fille Aebbe (Chronique des chroniques).

Aethelfrith (l’artiste) prend le pouvoir dans les deux royaumes (Bernicie et Deira) et règne 24 ans (jusqu’en 617) (Nennius).

Ethelfrith (ou, mieux Æthelfrith, anglo-saxon Æþelfriþ), mort en 617 est le premier chef de guerre anglo-saxon à avoir unifié les royaumes de Bernicie et de Deira, constituant ainsi l’ébauche de la future Northumbrie. Il est aussi pour l’historien le premier de ces rois du Nord à être un peu plus qu’une ombre. Les sources qui le concernent sont très lacunaires et très problématiques, mais elles permettent tout de même d’entrevoir quelques enjeux de ses combats incessants (officiel).

Bède le Vénérable, dans son patriotisme northumbrien, est très indulgent pour ce païen sanguinaire, à l’occasion massacreur de moines, car il reconnaît en lui le véritable fondateur du royaume. 

L’ Historia Brittonum (ch. 63) assure qu’Æthelfrith a régné sur la Bernicie pendant douze années, puis pendant douze autres années sur la Northumbrie unifiée. Cela permet de fixer les dates d’Æthelfrith entre approximativement 592et 616 (officiel).

Æthelfrith succède donc vers 592/93 à un obscur roi de Bernicie nommé Hussa qu’il a dû tuer ou au moins chasser du pouvoir, car on trouvera un peu plus tard un fils de Hussa allié à ses ennemis bretons du Dalriada. Hussa n’apparaît pas dans la généalogie d’Ida le fondateur de la Bernicie et paraît donc avoir appartenu à un clan rival. Æthelfrith, lui, est un des petits-fils d’Ida. Son accession au pouvoir peut donc être considérée comme une restauration de la famille du fondateur (mais il est surtout appuyé par l’Église).

594 : Aethelbert règne en Angleterre (Annales Cambriae).(Officiellement, Il épouse, probablement avant son avènement, une princesse mérovingienneBerthe, fille du roi de Paris Caribert, s’alliant ainsi au plus puissant royaume d’Europe occidental).

C’est peut-être l’influence de Berthe qui incite le pape Grégoire Ier à envoyer le moine Augustin évangéliser la Grande-Bretagne. Augustin arrive dans le Kent en 597 à la tête de la mission grégorienne. Peu de temps après, Æthelberht reçoit le baptême; des églises sont fondées et les conversions massives au christianisme commencent dans son royaume. Æthelberht pourvoit de terres, la nouvelle église à Cantorbéry, où est fondée la future abbaye Saint-Augustin.

Évidemment lorsqu’on donne un territoire pour une Église ou un monastère, on y joint un certain nombre de familles d’agriculteurs ou de travailleurs, à être « charitablement »  taxés pour subvenir aux besoins des moines.

Æthelberht a laissé un code de lois qui constitue le plus ancien document législatif écrit dans une langue germanique connu. Sous son règne, le Kent est un pays prospère, commerçant intensivement avec le continent et recommençant à battre monnaie, pour la première fois depuis l’invasion anglo-saxonne.

595 : Décès de Saint Columba (Annales Cambriae). (Officiellement il décède en 597).

Décès du roi Dunod fils de Pabo (Post Prydain) Selon la tradition, cette mort arriverait 125 ans après celle de son grand-père putatif.

596 Le Pape Grégoire envoya Augustin avec des moines en Bretagne pour prêcher la Bonne nouvelle. Tout le monde à peur de venir et Augustin retourne voir le Pape pour faire canceller la mission. Une lettre du pape confirme la mission.

Dans la 147e année qui suivit l’arrivée des Angles en Bretagne et la 14e  indication(?), le Pape Grégoire, poussé par une inspiration divine (indiquée déjà 14 fois, il était « dure de  comprenure » en joual-vert!) envoya Augustin, serviteur de Dieu, et un certain nombre  de moines craignant Dieu, prêcher la parole de Dieu à la nation anglaise (Chronique des chroniques).

Augustin de Cantorbéry, né au vie siècle et décédé le 26 mai 604, était un moine bénédictin, prieur d’un monastère de Rome. Envoyé avec un groupe de moines par le pape Grégoire le Grand pour ré-évangéliser l’Angleterre, il en devint le premier évêque, puis archevêque, à partir du siège de Cantorbéry. Augustin est accompagné d’une quarantaine de compagnons, dont plusieurs moines. La mission grégorienne arrive au Kent en 59720. Æthelberht leur permet de s’installer dans sa capitale de Cantorbéry et d’y prêcher, avant de se convertir lui-même au christianisme (officiel).

597 : Arrivée d’Augustin. Environ 150 ans après l’arrivée des Angles en Bretagne. (Les Annales Cambriae donne la date de 595).

Le groupe d’Augustin s’élevait à 40 hommes. Ethelbert était le roi de Kent. Il demanda à Augustin de rester là où il avait accosté jusqu’à ce qu’il décide ce qu’il ferait avec eux. Son épouse Bertha, fille du roi de Paris Charibert, était Chrétienne. Il organisa une conférence en plein air. Augustin arriva avec une bannière portant une croix d’argent et l’image du Christ sur une plaque. Le roi leur permit de prêcher le Christianisme et de les nourrir. Il les installa à Canterbury (Bède).

Les missionnaires de Grégoire arrivent en Bretagne cette année; comme l’indique Bède, et ils convertissent Aethelbriht, roi du Kent dans la 35e année de son règne. Ce ne fut pas long pour que le roi donne l’épiscopat de Canterbury à Augustin, la métropole de son royaume. Supposé donnée par le roi, Augustin reçu possession d’une Église bâtie à l’époque des Romains et la consacra au nom du Sauveur. Ceolulf, fils de Cutha, frère du roi Ceaulin, succéda dans le royaume de Wessex et régna 14 ans. Il était toujours en guerre soit contre les Angles, les Bretons, les Pictes ou les Scots. Il était le fils de Cutha, fils de Cenric, fils de Cerdic (Chronique des chroniques).

Augustin revint à Arles et fut consacré Archevêque de la nation anglaise (officiel).

Cette année Ceolwulf commença son règne sur le Wessez et combattit sans arrêt les Angles, les Pictes et les Scots (Chronique Anglo-Saxonne).

La Chronique anglo-saxonne précise que le pays fut constamment en guerre sous son règne. L’exploit le plus connu de Ceolwulf fut sa victoire contre le Sussex en 607. Frère de Ceol, fils de Cutha et petit-fils de Cynric, son successeur fut son neveu Cynegils (officiel).

599 : Iago ap Beli. Très peu d’informations nous sont parvenues de son règne. Il semblerait que Iago ait signé une sorte d’alliance avec Pybba dans laquelle ce dernier promet de ne pas attaquer le Gwynedd en échange de la protection, si besoin est, du Gwynedd contre la menace northumbrienne. En 604, après avoir été détrôné par Æthelfrith, Edwin, roi de Deira, se réfugie auprès de Iago. En conséquence, Æthelfrith se retourna contre le Gwynedd et massacra les moines du monastère de Bangor . Puis il affronta en 613 les forces de Gwynedd et de Powys à la bataille de Caer-Legion (aujourd’hui appelée Chester).

On ignore si Iago prit part à la bataille. Peut-être est-ce le cas et il y aurait alors trouvé la mort. Mais peut-être avait-il déjà abdiqué en faveur de son fils, Cadfan, pour mourir une autre année dans un monastère (officiel).

600 : À cette époque la plus grande part de ce qui est maintenant l’Angleterre se trouvait conquise par des envahisseurs venus du continent, comme les Angles, les Saxons et les Jutes (officiel) (Nous avons décelé l’aide de l’Église de Rome durant tout ce temps).

Date de la Bataille des Saxons (Degsastan) (Officiel).

 Elle oppose les rois Ethelfrith de Bernicie et Áedan mac Gabráin de Dal Riada, qui a envahi le royaume d’Ethelfrith. Bède le Vénérable date la bataille de 603, et indique que malgré l’infériorité numérique des Northumbriens et la mort de Théodbald, frère d’Ethelfrith, avec la majeure partie de ses forces, Áedan est vaincu et forcé de fuir. Le manuscrit E de la Chronique anglo-saxonne, qui donne la même année que Bède, précise que Hering, fils du roi Hussa de Bernicie (le prédécesseur d’Ethelfrith), combat aux côtés d’Áedan, ce qui implique peut-être des querelles dynastiques au sein de la lignée (officiel) Je pense plutôt que ce sont des querelles religieuses entre Pélagiens et Catholiques.

601 : Le Pape Grégoire envoya un compagnon à Augustin qui était déjà Évêque. Il envoya également plusieurs abbés parmi lesquels Paulinus.

Le Pape Grégoire envoie une lettre au roi Aethelbert avec des cadeaux lui enjoignant de devenir Chrétien et d’acquérir plusieurs qualités nécessaires à un monarque lui servant l’exemple de l’Empereur Constantin. Il l’enjoint de Christianiser son peuple et les rois qu’il a sous ses ordres(Bède). Ces lettres du Pape appuient la thèse du combat contre le Pélagianisme.

À noter : Toutes les lettres pertinentes envoyées par des Papes sont retranscrites dans le texte de Bède le Vénérable.

Déroulement du synode de Urbs Legionis (Chester; impliquant Augustin) (Anales Cambriae)

Fils du roi Ælle de Deira, Edwin est contraint à l’exil lorsque le roi Æthelfrith de Bernicie conquiert le Deira, vers 604. Ses pérégrinations le conduisent à la cour du roi Rædwald d’Est-Anglie, qui vainc Æthelfrith en 616, permettant à Edwin de monter sur les trônes de Bernicie et de Deira. Après la mort de son protecteur Rædwald vers 624, Edwin devient le plus puissant souverain de Grande-Bretagne, et Bède le Vénérable l’inclut dans sa liste des rois ayant exercé l’imperium sur les autres monarques anglo-saxons.

Edwin se convertit au christianisme en 627. Il est vaincu et tué en 633 (ou 632) à la bataille de Hatfield Chase par les armées coalisées du roi gallois Cadwallon ap Cadfan et du païen Penda de Mercie. Après sa mort, les royaumes de Bernicie et de Deira sont à nouveau séparés sous deux rois païens. Bien que jamais canonisé, il est considéré comme un saint et fêté le 12 octobre.

Histoire d’Edwin :

Lorsqu’Æthelfrith s’empare du royaume de Deira, le jeune prince Edwin est contraint à l’exil. Il passe les années qui suivent au pays de Galles (peut-être en Gwynedd), puis en Mercie où il épouse la princesse Cwenburg, fille du roi Cearl de Mercie. Elle lui donne deux fils, Osfrith et Eadfrith. Sa recherche d’un protecteur puissant contre Æthelfrith, dont la puissance s’étend vers le sud, le conduit à la cour du roi Rædwald d’Est-Anglie, qui est alors l’un des plus puissants monarques du sud de l’île (Edwin se promène donc dans des royaumes pélagiens).

Æthelfrith cherche à convaincre Rædwald de tuer Edwin, sans succès. Selon Bède, c’est la femme de Rædwald qui aurait rappelé à son mari le devoir de protection qui lui incombe vis-à-vis de son invité. En fin de compte, Rædwald prend les armes contre Æthelfrith et le bat à la bataille de la rivière Idle en 616. Æthelfrith est tué lors de l’affrontement, et Edwin peut lui succéder à la tête du Deira comme de la Bernicie, dont il chasse les fils du roi défunt

Peu après son arrivée au pouvoir, Edwin envahit et conquiert le royaume celtique d’Elmet. Franchissant les Pennines, il soumet les peuples jusqu’à la mer d’Irlande et envahit l’île de Man et Anglesey.

Le roi Edwin établit la loi et l’ordre dans le royaume et devint vite le plus puissant roi d’Angleterre ; il est compté parmi les huit bretwaldas de la Chronique anglo-saxonne. Bède rapporte que durant la dernière année du règne du roi Edwin, la loi et l’ordre régnaient dans ses possessions au point qu’un proverbe disait « une femme pourrait transporter son bébé nouveau-né à travers l’île de mer à mer sans aucun risque ».

En 625, sa première femme étant décédée, il épouse Ethelburg, sœur du roi Eadbald de Kent, une chrétienne. Au départ, sa demande en mariage est repoussée, parce qu’il n’est pas chrétien ; un contrat est finalement établi, reconnaissant à Ethelburg la liberté de culte et incitant fortement Edwin à se convertir. Une fois l’accord trouvé, Ethelburg emmena avec elle en Northumbrie son confesseur, Paulin (Paulinus), un moine romain qui avait été envoyé par le pape Grégoire Ier pour aider saint Augustin dans son travail de conversion de l’Angleterre, et qui venait juste d’être consacré évêque d’York. L’évêque y vit une opportunité pour répandre la foi dans le nord de l’île (on peut dire que l’Église menait une guerre « diplomatique »).

Trois évènements déterminent finalement la conversion d’Edwin : une tentative ratée d’assassinat de la part des Saxons de l’Ouest ; l’abandon du paganisme par le grand prêtre Coifi, qui se charge lui-même de détruire les idoles païennes conservées à Goodmanham (on devrait peut-être inverser la chrono de ces deux événements) ; finalement, le rappel par Paulin d’une expérience mystérieuse qu’Edwin avait vécue quelques années auparavant pendant son exil. Edwin se convertit au christianisme en 627. Comme le rapporte Bède le Vénérable, il est baptisé par Paulin à Pâques, après la naissance d’une fille. Bon nombre de membres de la cour d’Edwin et de ses sujets du Yorkshire et du Lincolnshire se convertissent aussi.

En 632 ou 633, le roi anglo-saxon païen Penda de Mercie et le Breton Cadwallon ap Cadfan de Gwynedd envahissent la Northumbrie. Ils rencontrent les forces d’Edwin à Hatfield Chase le 12 octobre et sortent vainqueurs de la bataille. Edwin est tué lors de l’affrontement, de même que son fils Osfrith. Un autre de ses fils, Eadfrith, est capturé par Penda et exécuté peu après la bataille. Les Catholiques perdent donc encore du terrain.

L’union des royaumes se défait aussitôt. En Bernicie, le fils d’Æthelfrith, Eanfrith, s’empare du trône, tandis qu’en Deira, c’est un cousin d’Edwin, Osric, qui prend le pouvoir. Tous deux sont païens, et à leur tour vaincus et tués par Cadwallon dans l’année qui suit Hatfield Chase. Les envahisseurs sont finalement chassés par Oswald, le frère chrétien d’Eanfrith, qui unifie pour de bon la Northumbrie.

La mort d’Edwin marque un bref coup d’arrêt de l’expansion du christianisme en Northumbrie. L’évêque Paulin s’enfuit au Kent, accompagné de la reine Æthelburh, de leurs enfants Eanflæd et Uscfrea, ainsi que d’Yffi, fils d’Osfrith et petit-fils d’Edwin. Uscfrea et Yffi sont envoyés à la cour du roi franc Dagobert pour plus de sécurité. À moins qu’Oswald n’ait fait pression sur le roi Eadbald de Kent pour qu’il le débarrasse de concurrents gênants à la succession du royaume d’Edwin. Quoi qu’il en soit, tous deux meurent jeunes sans jamais être rentrés en Grande-Bretagne. Æthelburh, quant à elle, se fait nonne et fonde une abbaye à Lyminge.

À la fin du VIIe siècle, la fille d’Edwin, Eanflæd, devenue abbesse de Whitby, fait transporter les reliques de son père à l’abbaye. Son culte reste néanmoins peu suivi, contrairement à celui de son successeur Oswald. À Rome, le pape Grégoire XIII approuve implicitement son culte en incluant Edwin parmi les martyrs anglais repris sur les fresques murales du Collège anglais de Rome. Il est fêté le 12 octobre

Comme on peut s’en rendre compte, « l’âge sombre » de l’Angleterre se termine à cette époque; car les informations deviennent nombreuses.

603 : Bataille de Dagsastan. (Des Saxons voir « officiel » en 600).

L’Angle Ethelfrid, roi de Northumbrie, ravageait les Bretons plus que tout autres en leur conquérant du territoire. Aedan, roi des Scotts, inquiet de ses succès l’affronta avec sa grande armée qui fut mis en pièces à Dagsastan (dans la 11e année de son règne et la première de l’Empereur Phocas (Chroniques des chroniques)).

 Le frère d’Ethelfrid, Théodobald fut tué avec toutes les forces qu’il commandait. C’était la première année du règne de l’Empereur Phocas. Cette bataille régla le sort des Scots qui n’attaquèrent plus jamais la Bretagne (Bède).

Les annales Anglo-Saxonne disent Aethelferth; c’est probablement une erreur. Ils ajoutent que c’était Hering, fils de Hussa, qui commandait l’armée à cet endroit.

L’évêque Augustin avec le roi Ethelbert organisent une conférence avec les évêques et les docteurs de la plus proche province Bretonne à Augustine Oak. Augustin propose d’unifier l’enseignement et le rituel qu’ils usent, surtout au sujet du jour de Pâques. Même un miracle d’Augustin ne parvient pas à les décider. Ils décident alors d’une autre rencontre où plus de participants Bretons assisteraient. Les bretons prirent conseil d’un vieux sage qui leur dit : « Si Augustin se lève à votre arrivée pour vous montrer de la déférence, suivez-le. S’il ne se lève pas c’est qu’il vous méprise  et est hautain, donc ne le suivez pas ».  Augustin ne se leva pas à leur arrivée. Ils refusèrent d’accepter les changements qu’il proposait dans le rituel. Augustin les menaça leur disant que s’ils n’acceptaient pas la paix, ils auraient la guerre et seraient tués (Bède).

Effectivement,  en 613 Ethelfrid, longtemps après la mort d’Augustin, avec sa grande armée fit un grand massacre de cette nation hérétique à Lagacaestir (Chester) (Carlegion chez la Chronique des chroniques). Voyant les préparations de la bataille Ethelfrid observa les prêtres  qui priaient pour leur combattant. La plupart était du monastère de Bangor. Le roi dit « S’ils prient contre nous, même sans armes, ils nous attaquent. » il commanda alors de les tuer avant d’attaquer l’armée adverse qu’il vainquit avec beaucoup de pertes. Sur 1200 prêtres, seulement 50 purent éviter la mort (Bède). (Après avoir dit, plus loin, que le roi eut beaucoup de pertes, Bède dit que le chef de l’ennemi s’enfuit aussitôt, au lieu de défendre les prêtres attaqués en premier. Qui a bien pu tuer les soldats du roi?)

 

604 : Les Saxons de l’Est sont convertis par leur Évêque Melitus sous le roi Sabert.

L’Archevêque Augustin consacre deux évêques : Mellitus et Justus. Mellitus prêchait dans la région de Londre où Sabert, neveu d’Aethelbert, était roi et soumis à son oncle (Essex dont le roi Aethelberht construisit une Église à Londre, sa métropole) (Chronique des chroniques).

Justus prêcha à Dorubrevis (Rochester) où le chef d’armée était Hrof. (Augustin le consacra Évêque à Dorubrevum (Hroveceaster). Il consacra également  Laurence pour être Archevêque à sa place puis le 26 mai il décéda (Chronique des chroniques).

 Après cela, Augustin décéda le26 mai. Laurentius succéda à Augustin comme Archevêque. Il ajouta son prêche aux anciens habitants du pays (les Bretons), les Scotts et les Irlandais. Le rituel des Églises étaient toujours différents surtout le jour de Pâques n’était pas le même (Bède).

Je sens que les esprits s’échauffent dans cette histoire. J’ai hâte d’écrire le prochain article.

André Lefebvre

avatar

Andre lefebvre

Mon premier livre "L'histoire de ma nation" est publier chez: http://fondationlitterairefleurdelyslibrairie.wordpress.com/ André Lefebvre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *