Le jour J – «Le jour le plus long» de l’invasion de l’Europe

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12.06.2019-Invasion-English-Italian-Spanish-Portuguese

 

Le jour J – le 6 juin 1944 – une immense armada composée de milliers de navires de guerre vogua des côtes d’Angleterre à la conquête des côtes normandes dans le sens inverse de Guillaume le Conquérant (1066) venu, quelques siècles auparavant, imposer son hégémonie à la paysannerie et à l’aristocratie anglaises. Neuf siècles plus tard, c’est le capital impérialiste atlantique qui est à la poursuite du capital allemand sur les terres françaises et européennes pour y imposer son hégémonie. Cet affrontement moderne entre le capital «libéral» atlantique – associé à l’Est au capital «dirigiste» soviétique – en guerre contre le capital «totalitaire» allemand – a couté la vie à des dizaines de millions de prolétaires occidentaux, africains et asiatiques, chairs à canon de cet affrontement mondialisé. (1)

 

En préparation de la prochaine guerre mondiale – vers lequel tend ce mode de production décadent – il parait important pour le grand capital international de commémorer ce débarquement et de répéter à satiété le mensonge de la soi-disant «Libération» (sic) des populations européennes asservies par le capital allemand. Quel prolétaire a été libéré de l’esclavage salarié sur les plages d’Omaha Beach le 6 juin 1944? Aucun évidemment! Au prix de leur vie, les prolétaires dupés changèrent simplement de maitre. Du capital Allemand, un temps dominant, ils changèrent d’allégeance et ils prêtèrent serment, qui à l’Ouest du « Rideau de fer », à leurs nouveaux maitres américano-britanniques; qui à l’Est du « Rideau de fer », à leurs nouveaux maitres soviétiques… et le monde capitaliste mondialisé était prêt pour un nouvel affrontement généralisé (chaud et froid). « L’impérialisme c’est la guerre », a dit un célèbre révolutionnaire.

 

Peu importe la ridicule polémique à propos de quel camp impérialiste – Soviétique ou d’Amérique – sacrifia le plus de vies humaines dans cette reconquête inhumaine, peu importe quel camp a fourni le plus grand effort de guerre pour assurer l’invasion de l’Europe assiégée de tous côtés (Est, Sud, Ouest), et peu importe quel camp assuma le plus lourd fardeau pour l’assujettissement des peuples occupés, et peu importe quel camp offrit la plus grande contribution à la défaite de l’impérialisme allemand décadent, le résultat reste le même.(2) Après la marche sanglante outre-Manche – amorcée à l’Ouest par « Le débarquement de Normandie », après un florilège de bombardements génocidaires sur les villes françaises – de viols en série – de massacres mécanisés – de sacrifices innombrables  – à travers l’Europe toute entière (à l’Est comme à l’Ouest, après l’Afrique du Nord), l’épopée triomphale du capital étala son manteau d’opprobre sur cette terre de misère. Par la suite, chaque peuple du monde «civilisé» fut contraint de rallier l’un ou l’autre des deux camps impérialistes – d’Amérique ou soviétique – y compris le peuple japonais nucléarisé (6 août 1945 – Hiroshima), le peuple chinois tétanisé et tous les peuples «libérés» par leurs nouveaux geôliers … Cinquante ans plus tard (1990) la Seconde Guerre mondiale prit fin définitivement avec l’effondrement de l’un des deux camps impérialistes et le commencement d’un nouvel affrontement entre le camp impérialiste atlantique et le capital des pays «émergents» d’un tiers-monde «libéralisé» et mondialisé.(3)

 

La Seconde Guerre mondiale fut une guerre impérialiste pour la conquête de nouveaux marchés et l’établissement de l’hégémonie d’un camp impérialiste sur les autres. Chacun des grands carnages qui marquèrent cette saga sanglante s’inscrit dans cette stratégie de conquête et d’asservissement par l’un ou par l’autre camp impérialiste dont le prolétariat a servi de prétexte et de chair à canon pour justifier les pires atrocités, mais surtout pas pour gagner notre «liberté» d’esclave salarié.

 

L’effort de propagande guerrière que le capital international consacre à la commémoration de ce drame historique est à la mesure de la mystification mise en œuvre.  Pour le prolétariat mondial, le «devoir de mémoire» consiste à se rappeler qu’ils nous ont menés à la boucherie mondiale à deux reprises… et qu’ils préparent une troisième guerre pour trancher leurs différents commerciaux… Dire non à la guerre c’est d’abord dire non au capital et c’est mettre fin au capitalisme sous toutes ses formes (de gauche comme de droite).

 

 


Notes

 

  1. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/le-mythe-de-la-liberation-cristallise-le-6-juin-1944/
  2. https://lesakerfrancophone.fr/le-jour-j-et-son-mythe-dune-victoire-americaine
  3. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/239225/
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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

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