LE MODE DE PRODUCTION CAPITALISTE EST CONDAMNÉ À PÉRICLITER

Bibeau.robert@videotron.ca   Éditeur   http://www.les7duquebec.com

 

Les fondements du mode de production capitaliste

 

Le mode de production capitaliste (MPC) repose sur la valorisation (reproduction élargie) du capital et sur son expropriation. Pour ce faire, le capital aliène le travail – se l’approprie. Il exproprie les fruits du travail qu’il transforme en marchandise commercialisable – transformant ainsi le travail humain en marchandise afin d’en extirper la plus-value que le capital s’approprie. De fait, c’est cette transformation du travail humain en marchandise qui permet au capital de transformer toute réalisation humaine en marchandise ce qui inclut la production de marchandises intellectuelles tels les inventions, les brevets, les œuvres d’art, etc.  Le capital fait du travail vivant, fait du travailleur, une extension de la machine – des moyens mécaniques de production, mais aussi, aujourd’hui, des moyens informatiques, numériques, cybernétiques de production. L’argent, sous ses multiples formes, que d’aucuns stigmatisent et accusent de tous les maux, n’est qu’un intermédiaire qui opérationnalise ce processus en le rendant pus fluide.

 

Pour ce qui a trait à la mécanisation de la production, Marx a bien décrit le processus en action sous le capitalisme triomphant de l’Angleterre du XIXe siècle, au cours de sa phase impérialiste moderne ascendante. Cependant, Marx ne pouvait décrire le même phénomène relativement au travail intellectuel, scientifique, cybernétique puisque ces développements étaient peu avancés à son époque.

 

Aujourd’hui, ceux qui étudient le phénomène de numérisation et de robotisation des moyens de production ont bien perçu l’ampleur du phénomène numérique, informatique, technologique, scientifique qui ne contredit en rien la dialectique générale opposant les moyens techniques de production, ou capital mort, au travail salarié, ou capital vivant, dans le cadre des rapports de production capitalistes (1). Via les moyens cybernétiques de production, le travail intellectuel rejoint le travail manuel qui ensemble fusionne dans l’aliénation du travail salarié sous la dictature oppressive du capital, lui-même soumis aux lois impératives de sa reproduction élargie que les marxistes appellent l’accumulation du capital.

 

Intégration-expansion et intensification-approfondissement

 

Allons plus loin, si le mode de production capitaliste ne s’effondre pas immédiatement, alors même qu’il est traversé de multiples contradictions qui obèrent son développement, cela est dû à deux phénomènes concomitants :

 

Premièrement, le mode de production capitaliste intègre et absorbe, pourrait-on dire, les dernières terres, les derniers peuples, les derniers grands groupes paysans agraires vivant quasi sous le féodalisme que l’on appelle « néocolonialisme ». Des populations que le capital n’avait pas encore totalement intégrées à son processus de reproduction élargie ; des contrées marginalisées, excentrées, ou le capital, pourtant présent, se contentant de collecter la rente ; de spolier les ressources en les transformant minimalement localement ; d’exploiter une portion de la population, laissant la majorité, tels des clients en jachère, sous le joug des anciennes classes dominantes, en marge de l’industrialisation. Ce sont la Chine, l’Inde, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique… Ce processus d’intégration rapide de ces régions au mode de production hégémonique donne lieu à l’apparition des puissances capitalistes « émergentes » et bouleverse les rapports de forces au sein de l’impérialisme mondialisé. Cet apport de nouvelles forces de travail productives permet au mode de production de poursuivre sa valorisation et sa reproduction élargie du capital et cela fonctionnera aussi longtemps que ce processus d’expansion géographique ne sera pas complété. Pour ce faire, le mode de production capitaliste doit achever la destruction des anciens rapports sociaux de production précapitalistes (néocolonialistes), d’où ces multiples guerres aux confins de la Terre qui forcent la migration de millions d’hommes et de femmes prolétaires qui transfèrent leur misère d’un continent à un autre, jusqu’en Occident, où ces transformations économiques et sociales ont eu lieu bien avant. Nous n’assistons en cela qu’a la mise à niveau du tiers-mode « néocolonial » et « émergent » et à l’apparition de nouvelles puissances dans le monde impérialiste. Il s’agit ici d’un processus économique d’expansion géographique et démographique de l’exploitation de la force de travail mondial visant la reproduction élargie du capital international (c’est ce que l’on appelle l’impérialisme moderne, ascendant dans les pays « émergents », alors qu’il est déclinant dans les pays d’Occident).

 

Deuxièmement, le développement des moyens scientifiques, numériques, informatiques, cybernétiques de production permet une intensification de l’exploitation de la force de travail pour assurer la valorisation et donc la reproduction élargie du capital international.

 

La contradiction fondamentale qui paralyse le développement

 

Ce second processus est contradictoire avec le premier. En effet, l’expansion géographique accroit le nombre de prolétaires aliénés et augmente la quantité de force de travail exploité et ainsi fait augmentée la valeur totale de cette force de travail (le salaire nécessaire global est en hausse d’où une baisse relative du surtravail et du taux de plus-value) ce qui réduit le taux d’exploitation moyen du travail salarié. Le second processus – l’intensification de l’exploitation de la force de travail par la mécanisation – robotisation – numérisation – innovation réduit la quantité de force de travail vivant nécessaire à la production et surtout réduit sa valeur relative (par unité de marchandise produite même si le salaire des servants des machines robotisées augmente). Ce processus appelé « hausse de productivité du travail » va dans le sens d’une augmentation du taux d’exploitation de la force de travail salarié et d’une hausse du taux de plus-value. Ce processus intéresse particulièrement le capital productif (industriel), alors que le capital rentier, roturier, s’en désintéresse, s’efforçant plutôt de capter la plus-value sous forme de rente spéculative. Ici précisément, le contrôle que les banquiers exercent sur l’argent (le capital monétarisé, le capital financier) leur permet de s’emparer d’une partie de la valeur créée dans la sphère de la production industrielle. Il s’ensuit une dichotomie entre le clan des capitalistes industriels et commerciaux et le clan des capitalistes financiers, banquiers et boursiers. Il faut bien comprendre cette mécanique dialectique. D’un point de vue matérialiste, ce ne sont pas les acteurs économiques – industriels, banquiers, spéculateurs boursiers, commerçants, administrateurs, personnels politiques, qui composent leur rôle dans la sphère de reproduction et de circulation du capital. Ces différents rôles, ou tâches sont inhérents – consubstantiels – au processus de reproduction du capital. Si l’un ou l’autre de ces acteurs économiques ne jouent pas son rôle prédéterminé, la main invisible du marché le fera phagocyter par ses concurrents. Voilà pourquoi, les solutions réformistes visant à modifier la mécanique de fonctionnement du capitalisme ne peuvent fonctionner. Elles sont pures illusions, une façon d’occuper la petite bourgeoisie paupérisée, victimes vindicatives, comme le prolétariat de surcroit, du déclin de ce mode de production moribond.

 

Bien entendu, le phénomène d’expansion géographique aura une fin, et le phénomène d’intensification de l’exploitation aura aussi une fin. Du moment que toutes les populations du globe auront été soumises au salariat l’expansion s’essoufflera. À l’instant où plus aucune force de travail vivante ne sera requise pour produire et reproduire le capital – quand des robots produiront les robots, l’objectif de la cybernétique – c’en sera fini de l’intensification de l’exploitation du travail salarié. Toutefois, nous pensons qu’il y aura toujours une certaine quantité de force de travail vivante intégrée dans la marchandise – y compris dans la marchandise que l’on appelle les « robots producteurs de robots », ne serait-ce que la force de travail intellectuel des concepteurs et des programmeurs des robots producteurs de robots. Par contre, le cout de production de cette force de travail hautement spécialisée sera amplifié.

 

Pour résumer, moins de main-d’œuvre salariée plus couteuse (à former) produit plus de marchandises moins couteuses à produire (contenant moins de valeur, moins de force de travail vivante), engendrant un chômage important, ce qui par ricochet réduit la valeur moyenne de la marchandise main-d’œuvre non spécialisée et provoque des conflits sociaux récurrents alors que le taux de profit moyen va en diminuant.

 

Donc, la quantité de travail salarié vivant requise pour produire les marchandises est en baisse drastique (par unité produite). Une large part du prolétariat est déjà superflu, voire nuisible, des bouches inutiles à nourrir et à reproduire, un fardeau social qui grève la reproduction élargit du capital. Et ces affamés qui traversent les continents à la recherche de travail salarié apportent avec eux des mœurs et des coutumes dans lesquelles la bourgeoisie occidentale ne se reconnait pas et qu’elle voudrait éradiquer en lançant les prolétaires occidentalisés guerroyer contre les prolétaires orientalisés. Ultimement, les lois mécaniques du capitalisme forceront la classe capitaliste mondialisée à se débarrasser de ce bois mort, de ce fardeau social, de ces prolétaires surnuméraires.

 

Le modèle chinois de développement capitaliste en phase impérialiste

 

Un exemple simple et contemporain suffira à illustrer cette dialectique paradoxale. En Chine capitaliste, 350 millions de paysans ont déjà été prolétarisés (pour une population active totale de 775 millions d’individus). Leur niveau de productivité augmentant (environ 6,6 % annuellement) ceci fait de la Chine la première puissance industrielle au monde (pas encore la première économie mondiale, mais ça viendra). Mais voilà qu’il reste environ 350 millions de paysans chinois à prolétariser. Ils se déplacent en masse vers les mégapoles urbaines à la recherche d’emplois. C’est-à-dire, que ces millions de paysans cherchent à vendre l’unique marchandise qu’il possède, leur force de travail, contre un salaire nécessaire, sachant qu’ils abandonneront aux propriétaires de l’usine (étatique bourgeoise ou privé bourgeois) leur surtravail, la plus-value qui sera réalisée seulement quand la marchandise sera commercialisée et vendue (transformée en monnaie, ce qu’espère le banquier chinois). Mais la Chine a bien peu d’emploi industriel rémunérateur à offrir à ces millions de paysans nouvellement urbanisés (13 millions d’emplois ont été créés en 2015, surtout dans les services tertiaires de proximité), car la concurrence marchande des autres puissances impérialistes mondialisées force le capital chinois internationalisé à robotiser sa production pour réduire le prix de ses marchandises, soutenir le niveau d’exploitation de la force de travail et maintenir le taux de plus-value général, sinon le capital migrera hors de Chine attestant en cela que la Chine capitaliste est bien intégrée au monde impérialiste globalisée.

 

Fin 2016 la Chine aura acheté plus de la moitié des robots mécanisés, numérisés, produits dans le monde entier. Cela amène la Chine à saquer des millions de prolétaires déjà embauchés (2). Pire, les consommateurs des pays avancés n’ont pas l’argent requis pour acheter la totalité des marchandises industrielles produites par la Chine et sa production double tous les sept ans. De plus, les capitalistes commerciaux occidentaux paient les capitalistes chinois en crédit-dettes, en dollars de pacotilles, et demain – au moment du grand krach boursier – cette monnaie de singe disparaitra en fumée ainsi que les fortunes boursières des milliardaires du monde entier, y compris celles des milliardaires chinois totalement intégrés à l’économie impérialiste globalisée. Le mode de production capitaliste d’État en Chine ou aux États-Unis ne peut pas résoudre de telles contradictions, quelle que soit la clique de potentats qui dirige le Parti « Communiste » chinois ou la Maison-Blanche. Les krachs boursiers internationaux répétés sont les manifestations de cette contradiction qui oppose le capital industriel productif mondial (comprenant le capital vivant salarié) et le capital financier international spéculatif et parasitaire (3).

 

Deux forces convergentes minent le mode de production capitaliste

 

Ce double processus d’expansion et d’intensification de l’exploitation du prolétariat par le capital mondial est le fruit de deux forces convergentes ; d’une part, le capital occidental délocalise ses unités de production vers les pays de la périphérie afin de réduire la portion du salaire nécessaire ; et, d’autre part, le capital national se consolide dans les pays « émergents » qui s’intègrent au capital mondial. Le développement impérialiste, inégal et combiné, se répartit ainsi différemment géographiquement, mais sa mécanique générale de reproduction élargie demeure la même et se bute aux mêmes paradoxes. Ces bourgeoisies indigènes des puissances « émergentes », en accédant au pouvoir économique, réalisent la nécessité de consolider leur pouvoir politique national. Au cours du XXe siècle, ces bourgeoisies nationalistes (tiers-mondistes) sont même parvenues à mobiliser la paysannerie, le prolétariat national et la gauche bourgeoise en faveur de leur émancipation de classe, édifiant leur pouvoir capitaliste national sur le sang des peuples autochtones, ce que la gauche bourgeoise appela les « luttes de libération nationale pour le droit à l’autodétermination des peuples ». Les guerres civiles et leurs carnages, qui ravagent l’Afrique notamment, à chaque élection bourgeoise téléguidée, ne sont rien d’autre que les manifestations de ces disputes entre clans bourgeois nationaux commandités par une puissance impérialiste ou par une autre. Rien à voir avec l’émancipation de la classe ouvrière et du prolétariat.

 

Ce rapport dichotomique entre le processus d’expansion des régions d’exploitation du capital productif mondial – et le processus d’intensification de l’exploitation du capital dans chacune des régions entraine la paralysie des forces productives – annihile les efforts de valorisation du capital productif et plonge le capital mondial dans une suite de crises systémiques dont les Krachs boursiers, les crises de la dette, l’inflation monétaire, la déflation, la récession et la dépression économique sont des manifestations qui rongent le cœur de la mondialisation dite « néolibérale ». Du jour où le capital productif ne peut plus se valoriser pour se reproduire – le mode de production capitaliste est condamné.  C’est ce que nous appelons la décadence du mode de production capitaliste, dont les manifestations sont multiples et interpellent les médias, les ONG, les syndicats et les petits bourgeois de gauche, abandonnés et paupérisés, qui s’émeuvent de leurs chèques de paye nouvellement amputés par l’austérité. La classe ouvrière connait depuis longtemps cette dégradation de ses conditions de vie et de travail. La classe ouvrière vit sous l’austérité depuis nombre d’années et y résiste depuis longtemps, mais ce ne sera pas suffisant.

 

La dialectique matérialiste contre le « complotisme » 

 

Attention, contrairement aux théoriciens du complot mondial, contrairement aux altermondialistes et autres réformistes de tout acabit, qui imaginent un comité central international et un Bureau politique bancal – regroupant des milliardaires malfaisants – planifiant consciemment une guerre thermonucléaire pour faire disparaitre quelques milliards de prolétaires solidaires, nous pensons que ces milliardaires, regroupés en alliances impérialistes mondiales concurrentes (OTAN, Alliance de Shanghai, BRICS) – eux-mêmes en concurrence inter capitaliste au sein de chacune de leurs alliances – seront poussés inexorablement à provoquer une guerre thermonucléaire planétaire comme ils le furent lors de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. L’assassinat d’un Archiduc ne constituera qu’un fait divers dans cette galère, tout comme l’incendie du Reichstag ou l’effondrement du World Trade Center. Le mode de production paralysé appellera des malfrats au pouvoir pour représenter le patronat, et fera la partie belle à quelques psychopathes au service du capital internationalisé, que les médias bourgeois dégénérés présenteront comme une solution aux difficultés d’un monde enflammé. Cette soi-disant “solution” apocalyptique n’en sera pas une – pas davantage que la Première et la Seconde Guerre mondiale n’ont entravé la marche funèbre du capitalisme sénile.

 

La guerre ou la révolution ?

 

C’est tout ceci qui nous fait dire que la classe prolétarienne internationale est coincée et réellement en danger. Ou bien le prolétariat se mettra en marche, massivement, en tant que classe sociale consciente, et renversera le capital, son État bourgeois, cette superstructure obsolète, incapable d’assurer le développement des moyens de production, d’échanges et de communication ; – ou bien le prolétariat se verra retranché des milliards de bras pour que ce mode de production décadent reprenne son processus de reproduction ascendant dans les conditions du siècle précédent. L’expérience passée nous laisse croire que la guerre thermonucléaire sera nécessaire pour déclencher le réflexe salutaire des prolétaires. Le mode de production capitaliste est condamné à péricliter mais pour s’effondrer le prolétariat devra le renverser.

 

Camarades, protégez-nous de « l’avant-garde », nos ennemis on s’en charge !    Prolétaires du monde entier, unissez-vous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12 pensées sur “LE MODE DE PRODUCTION CAPITALISTE EST CONDAMNÉ À PÉRICLITER

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    9 septembre 2016 à 1 01 11 09119
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    Mes remarques sur ton texte GB

    Les fondements du mode de production capitaliste
     
    Le mode de production capitaliste repose essentiellement sur la valorisation – reproduction élargie – du capital et sur son expropriation. Pour ce faire le capital aliène le travail – se l’approprie. Il s’approprie le fruit du travail qu’il transforme en marchandise commercialisable – transformant ainsi le travail humain en marchandise afin d’en extirper la plus-value. De fait, c’est la transformation du travail humain en marchandise qui lui permet de transformer toute production (tout produit-tout fruit du travail humain) en marchandise (ceci comprend aussi la production intellectuelle, les inventions, les brevets, etc.).  Le capital fait du travail vivant (prolétarien), une extension de la machine – des moyens mécaniques de production (machinerie) mais aussi aujourd’hui, informatique-numérique.

    GB-Il manque un point essentiel , la contradiction entre la valeur d’usage et la valeur d’ échange. Le produit mis sur le marché est médiatisé par l’ Echange (L’argent), le communisme veut abolir la valeur d’ échange.
     
    Pour ce qui a trait à la mécanisation, Marx avait bien décrit le processus en action dans le capitalisme triomphant de l’Angleterre du XIXe siècle, dans sa phase impérialiste moderne montante. Il ne pouvait décrire le même phénomène relativement au travail mental – intellectuel – scientifique de recherche-invention – la science et les moyens électroniques-numériques-robotiques – hautement technologiques et sophistiqués de production, parce que ce développement était peu avancé à cette époque.

    GB-La phase impérialiste n’ existe pas chez Marx, Dire qu’il ne pouvait anticipé l’ avenir
    robotique… est faux, il a dés le début de la grande industrie posé les jalons de son développement et à ce jour rien n’ a vraiment changé dans sa définition de la machinerie.
     
    Aujourd’hui, ceux qui étudient le phénomène de numérisation-robotisation de la production marchande ont bien perçu l’ampleur du phénomène numérique, technologique, scientifique qui ne contredit en rien la dialectique générale opposant les moyens techniques de production et le travail salarié vivant, manuel et/ou intellectuel, dans le cadre des rapports de production capitalistes (et qui seront subsumés dans le cadre du mode de production communiste).
     
    Dans le cadre du mode de production capitaliste, le travail intellectuel rejoint ainsi le travail manuel qui fusionnent dans l’aliénation du travail salarié sous la dictature oppressive du capital, lui-même soumis aux lois impératives de sa reproduction élargie (que nombre de marxistes appellent l’accumulation) unique raison d’être de ce mode de production.
     
    Intégration-expansion et intensification-approfondissement
     
    Allons plus loin, notre seconde thèse matérialiste dialectique prolétarienne stipule que si le mode de production capitaliste ne s’effondre pas immédiatement alors même qu’il est traversé de multiples contradictions qui obèrent son développement, c’est à cause de deux phénomènes concomitants :
     
    Premièrement le mode de production capitaliste assimile, intègre et absorbe pourrait-on dire, les dernières terres, les derniers peuples, les derniers grands groupes paysans agraires vivant quasi sous le féodalisme. Des populations qu’il n’avait pas encore totalement intégré à son processus de reproduction élargie ; des contrées marginalisées où le capitalisme était présent mais se contentait de collecter la rente, de spolier les ressources, d’exploiter une portion de la population laissant la majorité sous le joug des anciennes classes dominantes, en marge de l’industrialisation, soit la Chine, l’Inde et l’Afrique…

    GB-La tu reprends la théorie de rosa luxemburg, sur la nécessité du capital de s’approprier les secteurs non-capitaliste et de crever s’il n’ en trouve plus. Cette limite que Rosa Luxemburg met en avant va alimenter la théorie de l’ effondrement reprise par une partie de la gauche allemande , sauf Pannekoek qui va critiquer cette théorie. GB

    Ce processus d’intégration-assimilation de ces régions au mode de production donne lieu à l’apparition de puissances capitalistes « émergentes ». Cet apport de nouvelle force de travail productive permet au mode de production de poursuivre sa reproduction élargie et cela fonctionnera aussi longtemps que ce processus d’intégration-assimilation ne sera pas totalement complété.

    GB-Ce fut aussi la vision de Pannekoek sur la Chine

    Pour ce faire, le mode de production capitaliste doit détruire les anciens rapports de production précapitalistes, d’où ces multiples guerres aux quatre coins de la Terre qui forcent les migrations de millions d’hommes et de femmes prolétaires qui migrent en déplaçant leur misère d’un continent à un autre jusqu’en Occident où ces destructions-transformation ont eu lieu auparavant. Nous n’assistons qu’a la mise à niveau du tiers-mode « émergent ». Il s’agit ici d’un processus économique d’extension spatial et d’expansion géographique et démographique de l’exploitation de la force de travail mondial visant la reproduction élargie du capital.

    GB-Je ne pense pas que les dites guerres soient en relation avec la destruction des rapports de production capitaliste , au Moyen Orient tout le monde sait qu’il s’ agit du pétrole et que les USA s’ accommode bien du tribalisme islamique. Tu sembles oublier que les guerres sont principalement un moyen de détruire une partie de la surpopulation relative , un moyen de prévenir les révolutions.GB
     
    Deuxièmement, le développement des moyens scientifiques, numériques, techniques, technologiques de production permet un approfondissement et une intensification de l’exploitation de la force de travail pour assurer la reproduction élargie du capital.

    GB-Ces moyens, au grand dam des capitalistes eux mêmes ont pour résultats d’ accentuer toujours plus la contradiction entre travail vivant et travail mort, l’intensification de l’ exploitation ne peut être l’aspect principal sachant le peu de poids du travail vivant dans chaque unité produite, d’ou l’importance de la masse de plus value. GB

     
    Ce second processus est dialectiquement contradictoire avec le premier. L’expansion accroit le nombre de prolétaires aliénés et augmente la quantité de force de travail exploitée et, relativement, fait augmentée la valeur globale de cette force de travail (salaire nécessaire global en hausse d’où une baisse de la valeur du surtravail et du taux de plus-value).
    Ce n’ est pas claire du tout

    Le second processus – l’intensification-approfondissement de l’exploitation de la force de travail par la mécanisation-robotisation-numérisation réduit la quantité de force de travail nécessaire et surtout réduit sa valeur relative (par unité de marchandise produite même si le salaire des servants de la machine augmente).

    GB-La tu me donnes raison sur la non centralité de la force de travail humaine, dans le capitalisme industriel et financier, sauf dans le secteur manufacturier ou l’on peut considérer qu’il utilise toujours l’ exploitation type plus value absolue ( même si les machines à coudre ou autres sont hyper moderne) le systéme d’ exploitation est celui de la chaîne et des cadences.GB

    Ce processus appelé « hausse de la productivité de la force de travail » va dans le sens d’une augmentation du niveau d’exploitation de la force de travail et d’une hausse du taux de plus-value. Ce processus intéresse particulièrement le capital en expansion. Alors que le processus d’expansion territoriale de l’exploitation du capital réduit le niveau d’exploitation de la force de travail salarié globale. 

    GB-Il y a hausse de la productivité OK, mais c’ est le fait de la machinerie, la force de travail de l’humain est de plus en plus petite d’ou la baisse tendancielle du taux de profit.GB
     
    Bien entendu, ce phénomène d’extension spatial ou d’expansion géographique aura une fin, et le phénomène d’intensification-approfondissement aura aussi une fin. Du moment ou plus aucune force de travail ne sera requise pour produire et reproduire le capital élargi – quand des robots produiront les robots (ce que d’aucuns appellent la marginalisation de la force de travail). De fait, il y aura toujours une certaine quantité de force de travail vivante intégrée dans la marchandise – même dans la marchandise « robot-producteur de robots », ne serait que la force de travail intellectuel des concepteurs et des programmeurs des robots producteurs de robots. Nonobstant ceci, il demeure que la quantité de travail salarié vivant requis pour produire les marchandises est déjà et sera davantage en chute libre.

    Ce jour-là, compte tenu des lois impératives du mode de production capitaliste, la force de travail salarié, le prolétariat, deviendra superflu, voire nuisible, une bouche inutile à nourrir et à reproduire, un fardeau qui grèvera la reproduction élargit du capital. Les lois mécaniques du capitalisme forceront la classe capitaliste mondialisée à envisager l’élimination de ce bois mort, de ce fardeau social, de ces prolétaires surnuméraires.

    GB- La on est d’ accord, mais il faut que tu sois conséquent avec toi même

    Deux forces convergentes minent le mode de production capitaliste
     
    Ce double processus d’expansion et d’intégration du capital mondial est le fruit de deux forces convergentes ; d’une part, le capital occidental qui délocalise ses unités de production vers les pays de la périphérie ; et, d’autre part, la consolidation du capital vernaculaire dans ces pays dits « émergents », bourgeoisie indigène qui, en accédant au pouvoir économique, a besoin de consolider son État bourgeois et de renforcer son pouvoir politique. Au cours du XXe siècle cette bourgeoisie est même parvenue à mobiliser la paysannerie, le prolétariat et la gauche bourgeoise en faveur de son émancipation, édifiant son pouvoir capitaliste national sur les monceaux de cadavres autochtones, ce que la gauche tiers-mondiste appellera les « luttes de libération nationales pour le droit à l’autodétermination bourgeois ».  

    GB-Il ne sert à rien de voir le MPC miné par …Des sa naissance le MPC est sous le fouet de la concurrence du marche ou crève ce qui l’oblige en ce modernisant en permanence à scier de plus en plus la branche sur laquelle il est assis , celle de l’ exploitation du travail vivant, en ce sens il creuse son tombeau. GB
     
    Il est à noter que ce rapport dialectique entre le processus d’expansion des zones d’exploitation du capital productif et le processus d’intensification de l’exploitation du capital productif entraine la paralysie des moyens de production – annihile les efforts de valorisation du capital et plonge le capital dans une succession de crises systémiques dont les crises boursières, les crises de la dette, l’inflation monétaire, la déflation, la récession et la dépression économique sont des manifestations profondes qui rongent le cœur de la mondialisation dite « néo-libérale ». Du jour où le capital productif ne peut plus se valoriser pour se reproduire – le mode de production capitaliste est condamné.  C’est ce que nous appelons la décadence du mode de production capitaliste, dont les manifestations sont multiples et interpellent les médias, les ONG, les syndicats et les petits bourgeois de la gauche abandonnés et paupérisés qui s’émeuvent au bout de leurs chèques de paye amputés.     
     
    La dialectique matérialiste contre le « complotisme » 

    GB-Ce passage est hors sujet, mais nous pouvons en parler ultérieurement, il est révélateur que tu considères avec d’ autres « la Première ou la Seconde Guerre mondiale ont entraver la marche funèbre du capitalisme sénile. » En fait de sénilité ce fut tout à fait le contraire , les forces productives de l’ Europe et celles naissantes de l’ Amériques devaient s’ affronter pour dégager la voie à l’ expansion du plus puissant et son hégémonie financière. Il n’y a la rien de sénile, depuis 1914 les forces productives n’ont cessé de croître entrecoupées par des crises, guerres, révolutions ( marche normale du capitalisme). Bien entendu tu peux me répondre comme le CCI que la décadence c’ est que le capitalisme ne puisse plus se développer autrement que par des « crises, guerres, révolutions ». GB
     
    Attention, contrairement aux théoriciens du complot mondial, les altermondialistes et autres réformistes, qui imaginent un comité central international et un Bureau politique suprême – regroupant des milliardaires malfaisants – planifiant consciemment une guerre thermonucléaire pour faire disparaitre quelques milliards de prolétaires de la Terre, nous pensons que ces milliardaires, regroupés en alliance impérialiste mondiale concurrente (OTAN, Alliance de Shanghai, BRICS) – eux-mêmes en concurrence inter capitaliste au sein de chacune des alliances – seront poussés inexorablement vers la guerre thermonucléaire planétaire comme ils le furent lors de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. L’assassinat d’un Archiduc ne constituera qu’un fait divers dans un tel cataclysme, tout comme l’incendie du Reichstag ou l’effondrement du World Trade Center. Le mode de production paralysé appellera des malfrats, et fera la partie belle à des psychopathes au service du capital internationalisé, que les médias bourgeois dégénérés présenteront comme une solution aux difficultés du monde entier – en réalité aux difficultés de reproduction élargie du capital – mais cela les va-nu-pieds ne sont pas censés le réaliser. Pire, cette soi-disant “solution” apocalyptique n’en sera pas une – pas davantage que la Première ou la Seconde Guerre mondiale ont entraver la marche funèbre du capitalisme sénile.   
     
    C’est tout ceci qui nous fait dire que la classe prolétarienne sera réellement en danger. Ou bien le prolétariat se mettra en marche, massivement, en tant que classe sociale, et renversera le capital, son État bourgeois, sa superstructure obsolète – incapable d’assurer le développement des moyens de production, d’échanges et de communication, pour le bienêtre global de la race humaine tout entière – ou bien le prolétariat se verra retranché des milliards de bras pour que ce mode de production décadent reprenne son processus de reproduction ascendant dans les conditions des siècles précédents.
     
    Camarades, protégez-nous de « l’avant-garde », nos ennemis on s’en charge !   

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      12 septembre 2016 à 19 07 15 09159
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      Tel que promis à GB voici quelques commentaires à propos de ses commentaires.

      1) la question de la valeur d’usage – valeur marchande que tu abordes Gérard n’est pas la contradiction fondamentale du mode de production capitaliste. Tu comprendras qu’il n’y a qu’une seule contradiction fondamentale qui régit un mode de production – il ne peut y en avoir deux. La contradiction valeur d’usage – valeur d’échanges découle de la première et sera résolue par la résolution de la contradiction fondamentale. Le mode de production communiste en émancipant le travail salarié – en mettant fin à l’emprise du capital – abolira de facto la valeur d’échange qui n’est pas le médiateur – c’est la monnaie qui est le médiateur – mais la valeur d’échange étant abolie – l’échange de valeur sera abolie et donc la monnaie – son médium.
      Nota : Ce n’est pas le travail qui sera abolie – c’est le travail SALARIÉ – comme mode d’échange de la valeur de la force de travail contre le salaire requis pour reconstituer la force de travail.

      2) A propos du machinisme – Camarade tu abordes cette question en dogmatique – prends garde. La question qui confronte LES RÉVOLUTIONNAIRES PROLÉTARIENS (tu noteras que je n’écris pas les marxistes les marxistes-léninistes et c’est voulu) ce n’est pas ce que Marx a écrit non plus si Marx a traité de l’impérialisme – ca c’est la préoccupation des DOGMATIQUES – SECTAIRES – des professeurs marxologues des universités bourgeoises – Nous ce qui nous préoccupe c’est le monde réel.
      A) L’impérialisme existe en 2016 et B) la cybernétique existe en 2016 et que devons-nous en penser pour comprendre notre ennemi le MPC que nous devons abattre. Comment utiliser nos connaissances de ces deux réalités pour renverser le MPC ????

      3) Dans un prochain texte j’expliquerai ce qu’est l’impérialisme. Ce n’est pas le monde réel qui doit se conformer à la définition (marxiste ou pas) mais la définition qui doit se conformer au monde réel.

      4) Pour Rosa Luxembourg – d’accord avec ton « accusation » Je suis un admirateur de Rosa une grande révolutionnaire (tu remarqueras que je n’écris pas une grande marxiste – Marx disait lui-même qu’il n’était pas marxiste et moi non plus je ne le suis pas alors inutile de chercher si mes textes sont conformes au dogme marxiste – quoique je sois un fervent admirateur de Marx – justement parce io n’était pas marxiste).

      5) Sur la guerre tu dis la même chose que moi en cherchant à le présenter comme différent – sorry.

      6) Sur la « non-centralité du travail humain – vivant  » dans le mode de production capitaliste alors là tu commets une grave erreur anti-marxiste (ce qui pour moi n’est pas grave mais pour tes amis marxistes ils t’accuseront d’hérésie grave au point de t’excommunier. De fait, je suis en total désaccord avec toi – TOTAL sur ce point précis. ET PAS DU TOUT PARCE QUE TU DEVIENS ANTI-MARXISTE ça je m’en fiche. Je suis en désaccord parce que tu erres en fait et en théorie. Sous le MPC la contradiction fondamentale oppose le travail au capital et le MPC s’enraye par que comme tu dis IL SCIE LA BRANCHE SUR LAQUELLE IL S’ASSIS. Écrit autrement ça signifie que le MPC ne parvient plus à valoriser- reproduire élargie – le capital… et c’est cela sa SÉNILITÉ. CE qui ne signifie pas que par son expansion – intensification de l’exploitation du travail salarié le MPC ne parvient pas à retarder sa chute et connaître des regains – sursaut de vie – (ce que Lénine n’a pas compris lui qui croyait qu’en 1917 le travail était mure pour renverser le capital dans le monde entier ou alors dans un seul pays = impossible).

      7) La force de travail vivante est le fondement du MPC – et c’est parce que le MPC ne parvient plus à l’exploité suffisamment – parce qu’il l’exploite trop (on est ici en pleine dialectique) que le MPC est condamné. Le succès du MPC est la garantie de sa chute – son déclin CQFD. Le MPC creuse sa fosse en surexploitant une partie de la force de travail et en détruisant la partie inexploitable de la force de travail

      Robert Bibeau. Éditeur http://www.les7duquebec.com

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    9 septembre 2016 à 17 05 53 09539
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    Merci infiniment Gérard Bad pour tes commentaires d’un haut niveau
    Je lis tout cela et je te reviens voila un débat de haut niveau – bravo.

    Robert Bibeau Éditeur

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    11 septembre 2016 à 4 04 57 09579
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    Encore un excellent article.

    Pourquoi est-ce que tous les prétendus communistes ne sont pas capables de voir cela?
    C’est extrêmement précisément le coeur de la théorie de Karl Marx….

    Si vous n’existiez pas Robert, je commencerais franchement à désespérer.

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  • Ping :Le mode de production capitaliste est condamné à péricliter | eburnienews | Diaspora ivoirienne | Actualité Politique | Diaspora africaine en France

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    12 septembre 2016 à 6 06 58 09589
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    je suis surpris mais pas étonné par la généralisation sur les altermondialistes. Comme si ceux-ci pouvaient tous se résumer aux collabos qui ont enterré l’altermondialisme lors de la manifestation mondiale contre la guerre en Iraq. Ils étaient tous là: Attaq, les communistes et la plupart des syndicats. Cette manif ressemblait à une promenade du dimanche: pas un slogan. En fait ce fut un enterrement. Les seuls mots d’ordre absolument pathétiques se résumèrent, après les discours de ces mêmes collabos, à « N’oubliez pas de visiter nos stands » et « Rentrez bien chez vous »! L’altermondialisme était mort.

    De plus, je suis étonné mais pas surpris de constater que ce texte ignore une donnée fondamentale du capitalisme contemporain: l’épuisement rapide et inexorable des ressources naturelles non renouvelable conduit le capitalisme à sa perte. C’est ce que constate les rapports de la CIA sur le sujet. Or les gros capitalistes ont été les premiers à les lire ces rapports. Ils en ont conclus que la seule solution pour éviter cet épuisement rapide est de diminuer massivement la pression sur ces ressources. Dés lors, ils se sont mis, à l’instar des Bush, à se faire construire des bunkers sous-terrains dans lesquels il est possible de vivre en autarcie complète pendant 200 ou 300 ans.

    De tels bunkers coûtent très cher. Or ces gens-là n’ont pas pour habitude de gaspiller leur argent. Quand ils dépensent ainsi des millions de dollars, c’est qu’ils investissent sur l’avenir. Voici donc un fait têtu qui prouve s’il en est besoin quel avenir ils nous préparent: la mort nucléaire, et pour les survivants la mort de faim et de froid dans un hiver interminable. Les survivalistes qui n’ont pas de tels bunkers sont des idiots qui prennent leur fantasme (survivre à un hiver nucléaire de 200 ou 300 ans) pour la réalité.

    Le capitalisme est globalisé depuis les colonisations. Il peut combattre ses contradictions en absorbant les derniers endroits de la planète qui ne sont pas encore capitalistes ou en faisant des guerres, mais il ne peut combattre l’extinction rapide et inexorable des ressources naturelles non renouvelables. C’est pourquoi la troisième guerre mondiale ne sera pas une conséquence d’une force ou d’une disposition soit-disant innée du capitalisme vers la guerre, mais la conséquence d’une volonté psychopathique des pires des capitalistes pour rester les maîtres du monde, ceci car ils savent parfaitement que le capitalisme est sans défense face à la disparition rapide et inexorable des ressources naturelles non renouvelable.

    Ce qui pour un communiste pose aussi une question: le productivisme. Selon de nombreux auteurs, le productivisme dans une société communiste sera supérieure à celui d’une société capitaliste car il sera débarrassé de la concurrence capitaliste qui mets de coté quand ce n’est pas en faillite certaines productions. Donc le grand risque d’une société communiste est que son productivisme fasse de nous des esclaves du travail, et donc qu’il épuise rapidement et de façon inexorable, comme dans une société capitaliste, les ressources naturelles non renouvelables. Or sans ces ressources, l’industrialisation même communiste n’existe pas. Voilà pourquoi et malheureusement, je ne suis pas surpris.

    La seule solution envisageable est de retourner à des sociétés locales. Pendant des centaines de milliers d’années, l’humanité à réussi à vivre et à se développer en n’utilisant que les ressources locales, ceci avec une technologie rudimentaire et sans faire de guerre organisée. Pour ce faire, il nous faudra nous débarrasser non seulement du capitalisme, et c’est là où je rejoins ce texte, mais aussi de ce qui le rend possible, à savoir le concept même de civilisation, et avec lui tout le fatras politique hérité du passé. La démocratie est née en Grèce: elle ne concernait que le 10% de citoyens qui n’étaient pas esclave. Aujourd’hui et avec les droits de l’homme, elle ne concerne que les riches, lesquels ont de fait beaucoup plus de droits que les pauvres. Les pires d’entre eux se sont même arroger le droit de se préparer à survivre à la guerre nucléaire et à son hiver interminable à l’échelle d’une vie humaine. En fait et comme le montre très bien Roger Garaudy, dans toute l’histoire, la seule universalité de la civilisation est son rejet de l’autre, de sa culture et de son mode de vie. Voilà pourquoi le communisme ne peut être qu’une étape vers une société basée sur l’exploitation des ressources locales, condition nécessaire pour ne pas exploiter l’autre et ses ressources. En politique, cela implique que le communisme sera une étape vers l’anarchisme, ou et au point où nous en sommes, il ne survivra pas plus longtemps que le capitalisme et nous serons tous morts.

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      12 septembre 2016 à 19 07 49 09499
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      @ Dominique
      Merci beaucoup pour ton intervention – de haut niveau comme celles de GB et des autres ici présents.

      En passant je ne suis ni marxiste et à fortiori ni socialiste – ni social-démocrate – ni léniniste – ni communiste – ni stalinien – ni rien de tout cela. Je suis révolutionnaire prolétarien (les deux mots sont importants également)

      Complexe les concepts que tu présentes 1) Tu commences par une affirmation « l’épuisement rapide et inexorable des ressources naturelles non renouvelable conduit le capitalisme à sa perte. et l’humanité à sa perte et sa destruction »

      Cette affirmation sur laquelle repose l’ensemble de ton texte est fausse. La planète Terre recèle encore d’immenses réserves et elle en reçoit de l’atmosphère = l’énergie solaire = à profusion. Le problème de la race humaine n’est pas l’épuisement des ressources – mais le fait que le Mode de production capitaliste en vigueur ne permette pas d’harnacher ces ressources par le travail humain et juste ce qui est nécessaire pour reproduire l’espèce humaine.

      Le MPC donne d’un côté un gaspillage énorme de ressources que l’on jette alors que de l’autre côté = le tiers-monde qui se retrouve aussi dans nos villes du Nord = on manque de l’essentiel.

      La différence entre un altermondialiste (qui prétend que la solution est de priver tout le monde et ramener la société industrialisée à l’État du tiers-mode) et un RÉVOLUTIONNAIRE PROLÉTARIEN c’est que nous nous pensons que de détruire le MPC est la solution pour sauver l’humanité y compris les riches (qui ne seront plus riches par après évidemment).

      Oublions ces fadaises de casemates ou les riches vivront 300 ans sans air – sans atmosphère -sans soleil et le reste…. je ne traite pas de science fiction.

      Prenons le concept de PRODUCTIVITÉ auquel les altermondialistes n’entendent rien – que dalle.

      La productivité est un concept phare du MPC ce n’est pas un concept transcendant la lutte de classe. J’en traite dans mon papier. PRODUCTIVITÉ signifie augmenter l’intensité du travail – ET ICI GÉRARD FAIT UNE ERREUR EN PENSANT QUE PRODUCTIVITÉ SIGNIFIE éliminé la travail vivant en le remplacant par les techniques de production ce qui ferait que la productivité élimine la centralité du travail salarié

      Cela est faux. La productivité du travail salarié signifie simplement que le travail vivant devient une denrée de plus en plus cher – cristalliser dans une machinerie de plus en plus sophistiquée (un robot constructeur de robots par exemple) c’est du capital constant que seul le travail vivant peut transférer à la nouvelle marchandise (le mot marchandise est important ici – il charrie tout un rapport de production complexe)

      Donc productivité est un concept impossible sous le mode de production communiste (qui n’a jamais existé nul part sur terre sauf sous le communisme primitif) Voilà la preuve que les soi0disants sociétés « socialistes » étaient en réalité la voie soviétique vers le capitalisme – le MPC et sa productivité. D’où ces sociétés détruisaient l’environnement (exemple la Chine) pire que le capitalisme classique.

      Je termine Dominique NON LA SEULE SOLUTION N’EST PAS DE RETOURNER AU COMMUNISME PRIMITIF. La seule solution est d’abord d’abattre ce mode de production en déclin (même si Gérard ne comprend pas le concept de DÉCLIN D’UN MODE DE PRODUCTION ) et de laisser la classe prolétarienne révolutionnaire (vous me voyez arriver avec mes gros sabots) construire un nouveau mode de production différent que Marx n’a pu décrire sauf votre respect camarades puisqu’il a vécu au début du capitalisme industriel au moment ou le MPC n’avait pas encore développer le niveau actuel de PRODUCTIVITÉ TECHNICISÉ.

      L’explication est dans la contradiction fondamentale du mode de production qui génère les rapports de production que tu dénonces Dominique.

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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    12 septembre 2016 à 7 07 26 09269
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    Cher camarade Robert.CE texte très bien mais tu oubli que l’union de la classe ouvriere dans l’immédiat est impossible.auncun syndicat ne met en oeuvre l’éducation nécessaire pour aller vers le renversement du capitalisme ils se contentent de manifester sur l’économie ( salaires amélioration de leurs vie au travail etc…) ils n’explique pas le changement de société que m ‘ait en place le capitalisme comme tu le dis si bien et la robotique et le numérique va mettre au chômage une grande parti des êtres humains ( ouvriers) dans les deux ans avenir .et notre plus gros problème c’est cette petite bourgeoisie gauchissante
    Idem en politique (pas de parti communiste révolutionnaire pas de révolution )
    Je regrette que tu ne sois pas allé plus loin dans ce texte car tu finis en disant prolétaires de tous les pays unissez vous
    Il manque comment ??et cela passe en attaquant les organismes qui pourraient le préparer alors qu’ils s’associent au capital.

    Amitiés
    Joseph lop

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      12 septembre 2016 à 7 07 59 09599
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      Salut Camarade Joseph LOP

      1) Tu as raison de souligner que les syndicats ne font pas de formation – ne font pas évoluer la conscience de classe du prolétariat – n’explique pas au prolétariat qu’il est – LUI – la solution à cette succession de crises systémiques du mode de production capitaliste dont nul ni personne ne peut sortir l’humanité toute entière. Ni le réformisme, ni les syndicats, ni les soi-disant communistes, ni la classe ouvrière ne peuvent sortir l’humanité de cette crise systémique du capitalisme… Je ne préconise pas que l’on sorte de la crise économique du capitalisme. Je préconise que l’on renverse – abatte le mode de production capitaliste – PAS QUE L’ON CONQUIERT LE POUVOIR D’État mais que l’on détruise l’État bourgeois que l’on ne conserve rien de cet État – instrument d’aliénation de notre classe.

      2) Il n’y a pas de parti révolutionnaire prolétarien – nul part sur terre – présentement et c’est normal et sain qu’il en soit ainsi présentement. Cette non existence d’un parti révolutionnaire est le reflet de l’État de conscience dans la classe prolétarienne. La conscience de classe ne précède pas le mouvement de la classe il en procède. Les forces objectives du capitalisme vont bafouer – écraser malmener notre classe prolétarienne et c’est inévitable – incontrôlable – et de cette aliénation de ces malversations va surgir le mouvement insurrectionnelle comme une réaction normale – spontanée – instinctive de la classe qui dans le mouvement spontanée – incompressible – insurrectionnelle va maturer et devenir conscient du cours processus même de l’insurrection (qui ne sera pas encore une révolution – insurrection n’est pas révolution mais elle en est un moment spontanée nécessaire précédant la Révolution). De cette maturation de ce haussement de la conscience de la classe dans le cours même de sa bataille de classe CLASSE CONTRE CLASSE – qui s’échelonnera sur des années = naitra l’organisation comme UNE émanation de la conscience de la classe et qui dialectiquement structurera en retour la conscience de la classe et en fera un mouvement révolutionnaire de la classe pour la prise de pouvoir sur l’ensemble de la société sous les trois INSTANCES ÉCONOMIQUE – POLITIQUE ET IDÉOLOGIQUE (en dernier ressort et non pas en premier comme le croyaient les bolchéviques. Ce fut leur erreur.

      3) Les syndicats tels que nous les connaissons – devenus des appendices de l’appareil d’État bourgeois seront hors de ce mouvement et les organisations actuelles qui se prétendent marxistes – communistes disparaitront ou seront marginalisées – ou s’enliseront encore plus en tant que sectes anti-prolétariennes – ou se fusionneront dans la nouvelle organisation de la classe – Le Parti qui ne peut absolument pas exister au préalable – avant – la conscience de la classe, avant l’insurrection… comme l’a prouvé l ‘histoire du Parti bolchévique et de tous les partis qui ont conquis le pouvoir étatique bourgeois sans conquérir le pouvoir économique – politique et idéologique en dernier ressort (et non pas en premier). C’est d’ailleurs le véritable sens du concept de DICTATURE DU PROLÉTARIAT – QUI VISE PENDANT LA PHASE DE TRANSITION SOCIALISTE – du passage du pouvoir économique (premier) au pouvoir politique (détruisant l’État bourgeois qui sera un long processus) au pouvoir idéologique – la conscience ne précède pas le mouvement elle en procède – (la dernière instance ou la classe prolétarienne imposera son hégémonie.

      4) Oubliez les enseignements léninistes sur l’organisation qui pré-existent telle un État major de la classe – en-dehors ou au-dessus de la classe – Nomme moi une organisation qui actuellement soit une “avant-garde” de la classe et qui ait une influence significative dans la classe – Ça n’existe pas, il y a la gauche bourgeoise – sectaire dogmatique – soumise au “centralisme démocratique” une justification de la dictature du politbureau – inventée par les bolchéviques pour faire taire toutes les oppositions pas seulement trotskiste mais hollandaise – italienne – française – allemande – pour expulser – ostraciser – les couper de la classe. (et ce furent les partis communistes de la 3e Internationale – et d la 4e Internationale – que sont-ils devenus ??

      5) Il y a des éléments conscients sans lien organisationnel – (J’en suis et je subis l’ostracisme des soi-disant organisation ML et MLM etc. ) qui cherchent – analysent – débattent sans sectarisme – sans censure – avec tous et rejettent sectarisme – dogmatise – clanisme – et centralisme démocratique etc.

      6) La classe prolétarienne se soulèvera en masse sans parti, surtout sans parti – car tous les partis de la gauche bourgeoise sont des éteignoirs – des entraves au cheminement de la classe. Ce soulèvement insurrectionnelle aura lieu malgré eux. Mais ensuite la question du parti deviendra importante dans le cour même du processus révolutionnaire ou la conscience évoluera et exigera un accoucheur – le parti né de la classe pas au-dessus – ni à côté – ni en avant – Tes camarades devraient t’expliquer tout cela plutôt que de brimer sous le centralisme démocratique = anti-démocratique prolétarien. Le débat ouvert est la clé de la démocratie prolétarienne.

      Robert Bibeau
      12.09.2016

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        12 septembre 2016 à 9 09 01 09019
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        Je me permets de reproduire ici un message que j’ai reçu par courriel d’un camarade qui garde l’anonymat.

        Voici le texte intégral que j’ai reçu

        BONJOUR CAMARADE ROBERT BIBEAU

        TU DIS QU’ IL FAUT DÉTRUIRE L’ÉTAT BOURGEOIS . NON IL FAUT DÉTRUIRE L’ IMPÉRIALISME MONDIAL CAR IL DÉTIENT L’ ÉTAT BOURGEOIS .
        MEME SI LE PEUPLE SE SOULÈVE, LE MOUVEMENT SERA REPRIS PAR LA BOUGEOISIE CAR LE PEUPLE N’ PAS LA CONSCIENCE DE CLASSE NÉCESSAISERE.
        LA PRISE DU POUVOIR QUE TU LE VEUILLES OU NON SE FERA PAR LE PARTI COMMUNISTE RÉVOLUTIONNAIRE SUR LES BASES MARXISTES-LÉNINISTES. SINON L’ EXPLOITATION CONTINUERA CAR LA BOURGEOISIE GAUCHISTE PERPÉTUERA LE POUVOIR DU CAPITAL.

        IL EST VRAI QU ‘IL N’Y A PLUS DE PARTI COMMUNISTE DANS LE MONDE ET POUR CAUSE ILS LES ONT DÉTRUIT ET CONTINU DE LES DÉTRUIRE CAR LES BOLCHEVIKS QUE TU ATTAQUES (?) ONT DONNÉ AU PROLÉTARIAT LE SYSTÈME DE VIE QUE N’A JAMAIS DONNÉ ET NE DONNERA JAMAIS
        L’ ÉTAT QUI SORTIRA DUPEUPLE QUI SERA BOURGEOIS.
        LEPEUPLE EST ANESTÉSIÉ.

        CAMARADE ROBERT BIBEAU JE N ‘AI PAS TES CONNAISSANCES MAIS DANS MA VIE DE MILITANT J’AI ASSISTÉ À LA DESTRUCTION DES IDÉES RÉVOLUTIONNAIRES, À LA DESTRUCTION DU SOCIALISME EN PARTICULIER EN UNION SOVIÉTIQUE PAR LECAPITAL (étatsunien). VOIS OU EN EST LE PROLETARIAT RUSSE AUJOURD’HUI?
        OU EN EST LE PEUPLE FRANCAIS – CANADIEN ?
        L’IMPÉRIALISME EN ATTAQUANT LE COMMUNISME RÉVOLUTIONNAIRE MARXISTE-LÉNISTE A DE BEAUX JOURS DEVANT LUI (!)
        L’ESCLAVAGE EST LA! LA MISÈRE EST LA! LA GUERRE EST LA!

        CAMARADE BIBEAU TU SITE SOUVENT MARX. SORT DE BONS TEXTES QUI DONNERONT LA LIGNE L’ÉDUCATION A LA CLASSE PROLETARIENNE QUI EN A TANT BESOIN ET LA ON POURRA CONVAINCRE LE PROLÉTARIAT DE S’UNIR COMME LA DIT MARX ET QUE TU SITES TOI AUSSI HAUTET FORT A JUSTE TITRE.

        UN SALUT FRATERNEL

        JJSS

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    12 septembre 2016 à 20 08 38 09389
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    Salut JJSS

    Nous disons la même chose sur un point CELUI-CI : « IL FAUT DETRUIRE L’ IMPERIALISME MONDIAL CAR IL DETIENT L’ ETAT BOURGEOIS. » (détient = contrôle – gouverne)

    Mais camarade – la destruction de l’impérialisme – qui est un pouvoir concret – précis – tangible – prendra la forme concrète de la destruction de l’État capitaliste = État major politique de l’impérialisme. L’impérialisme n’est pas un esprit – c’est le nom que l’on donne au pouvoir ÉCONOMIQUE – POLITIQUE ET IDÉOLOGIQUE de la classe capitaliste hégémonique.

    De fait, cette destruction de l’État bourgeois se fera corrélativement à la destruction du pouvoir économique bourgeois sur l’ensemble de l’infrastructure (économique) capitaliste et de l’infrastructure politique capitaliste (l’appareil d’État de façon très concrète). L’hégémonie de la classe prolétarienne sur l’idéologie – le mode de pensée – les moeurs – les coutumes – la culture – ne viendra qu’ensuite après un long – très long processus de développement des forces productives sociales prolétariennes – donc l’établissement du pouvoir prolétarien sur l’économie et l’administration – la gouvernance – l’État de transition – l’État socialiste prolétarien visant l’abolition de la dictature du prolétariat dans une société sans classe sociale donc sans état et sans dictature du prolétariat – qui ne sera plus nécessaire puisque nous serons tous prolétaires. Quand il n’y aura plus qu’une seule classe sociale c’est qu’il n’y aura plus de classes sociales, ni d’État de classe.

    Fraternellement
    Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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  • Ping :L’ORGANISATION – DE L’INSURRECTION À LA RÉVOLUTION

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