Le monde impérialiste change et redéfinit ses alliances

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La gauche bourgeoise est pleine d’admiration pour les institutions internationales «citoyennes» dont ses dotées la grande bourgeoisie mondiale tels l’ONU, l’OCDE, l’OTAN, L’Union européenne, la Banque mondiale et le FMI. Chaque jour, la go-gauche voit évoluer ses anciens camarades des temps passés dans les arcanes du pouvoir délétère. Bien entendu, du bout des lèvres les bobos de la go-gauche critiquent ces organisations du grand capital pour manquer à leur devoir de compassion et ainsi détourner l’attention vers ces exécutants insignifiants. Il ne faut pas que l’ouvrier découvre que le monde impérialiste change pendant qu’eux déchantent et s’attristent de ne pouvoir réformer le capitalisme. Le pouvoir véritable n’est pas dans ces organisations officielles stigmatisant l’équilibre machiavélique entre puissances impérialistes hégémoniques.

 

Il y a plusieurs années nous annoncions dans les pages du webmagazine Les 7 du Québec et sur divers webmagazines politiques de la francophonie que le vaste monde impérialiste mondialisé et globalisé, qui regroupe tous les pays capitalistes de la planète, changeait rapidement et se réorganisait selon de nouvelles variantes et de nouvelles tangentes entre pays dominants et leurs alliances hégémoniques agressives.

 

Les États-Unis d’Amérique fortement désindustrialisés nous apparaissaient déjà en difficulté malgré leur surenchère financière fumiste et mystifiante. Les États-Unis dirigent l’Alliance Atlantique que ses alliés commençaient déjà à déserter et à trahir. Nous avions alors donné de nombreux exemples de la débandade de l’Alliance Atlantique, et de l’OTAN son organe militaire, au Proche-Orient, en Afrique et en Europe (Serbie-Kosovo).

 

Reprenons certains constats que nous avions alors soulignés. Il apparaît évident que les États-Unis n’ont pas réussi à imposer leur hégémonie sur l’Afghanistan (petit pays pauvre et démuni) ni sur la région du Caucase convoitée à la Russie. Le Pakistan, leur plus proche alliée, à protéger et dissimuler Ben Laden et les États-Unis d’Obama n’ont rien trouvé de mieux que d’assassiner l’invité secret de leurs alliés dans cette contrée, transformant leur ami en un ennemi qui n’attend que le moment de sa revanche. L’Irak est une poudrière que douze ans de massacre américain n’ont pas vaincue ni apaisée. Aujourd’hui, des bandes de mercenaires rebelles, ex-agents de l’impérialisme au Levant, font fi des ordres de leurs anciens adjudants et développent leur propre politique autonome avec les armes qui leur ont été donné par l’oncle Sam et ses alliés apeurés. L’Arabie et la Turquie y pêchent en eau trouble défiant leur ami et allié étatsunien !

 

Au Liban, le Hezbollah mène la danse malgré les atermoiements de la gouvernance américaine et en Syrie Bachar el Assad, soutenu par l’impérialisme russe, tient tête à la coalition américano-turco-saoudienne. L’impérialisme israélien, longtemps la base militaire américaine avancée au Levant, prend aujourd’hui de plus en plus d’autonomie, refusant le diktat des États-Unis. Ce pays développe ses propres alliances en prévision des bouleversements qu’il pressent. Les autres pays de la région dont l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Yémen développent leur propre politique extérieure avec impertinence et dans le dos de la puissance américaine devenu soudainement incapable d’imposer son hégémonie de puissance. Rien n’indique que la politique de l’Alliance Atlantique triomphera dans cette région du monde.

 

L’Iran, impose ses règles et cet impérialisme est sur le point de signer un accord sur le nucléaire qui fera rager  Israël, mais contentera les Étatsuniens qui ont décidé de jouer la carte iranienne en échange de la carte israélienne. Dans cet accord l’Iran ne cèdera pas un pouce de ce qu’il avait déjà convenu de céder (très peu) en échange de sa capacité de contrôler une partie de cette contrée «poudrière pétrolière» et d’assurer l’acheminement du pétrole à travers le golfe Persique pour approvisionner l’Europe l’allié enchaîné de l’Amérique.

 

La Turquie, soudain sans parrain, se cherche des amis et ne parvient qu’à mécontenter tous ceux qu’elle voudrait rallier. Il lui est difficile de faire son lit entre l’Arabie, la Russie, l’Iran et Israël. Un point est clair cependant, la Turquie comprend que son ancien mentor étasunien est de moins en moins son suzerain. Et nous pourrions ainsi poursuivre le tour d’horizon des pays qui sont appelés à se réaligner au cours des prochaines années.

 

Mais quel est le facteur décisif qui entraine cette nouvelle division du monde impérialiste à l’économie globalisée, mondialisée et interreliée ?

 

Nous avions répondu à cette question il y a plusieurs années. Marx nous a enseigné que c’est l’économie qui dirige le monde et nous ne l’avons jamais oublié. Il y a des années, les États-Unis étaient déjà en grande difficulté économique. Il était donc facile de prévoir leur déclin sur tous les plans et sur tous les terrains, militaire, politique et diplomatique. Ce qui advint.

 

Face à l’ogre décadent, voici la hyène rugissante. Le FMI le dévoile enfin après des années de mensonge statistique que nous avions alors dénoncé. Voici les données du FMI pour le PIB par pays en 1995 et voilà ses prévisions pour les 10 plus puissantes économies du monde en 2015. Ce que nous avions prédit dès 2012 se confirme.

 

1995 (en milliards d’US$)                  2015 (Prévisions du FMI)

  1. USA                7.664               1.     Chine              19.230
  2. Japon              2.880               2.     USA                18.287
  3. Chine              1.838               3.     Inde                   7.883
  4. Allemagne      1.804               4.     Japon                4.917
  5. France             1.236               5.     Allemagne        3.742
  6. Italie               1.178               6.     Russie               3.643
  7. Royaume-Uni 1.161               7.     Brésil                3.173
  8. Inde                1.105               8.     Indonésie           2.744
  9. Brésil              1.031               9.     France               2.659
  10. Russie                955               10.   Royaume-Uni   2.547

 

 

Observez la force économique (le PIB) d’une puissance impérialiste et vous saurez ce que cette puissance  manigance de grand ou de petits complots pour s’emparer de nouveaux marchés ou pour maintenir son hégémonie sur des régions de ressources ou pour exploiter de nouveaux essaims de travailleurs salariés, unique source de plus-value.

 

Prenez note que quatre pays de l’alliance BRICS  (Brésil, Russie, Inde, Chine) se retrouvent au 1er, 3e ,6e et 7e rang alors que les pays de L’Alliance Atlantique se retrouvent aux 2e, 4e, 5e, 9e et 10e rangs.

 

Prenez garde cependant, au sein de l’Alliance Atlantique en décadence les tensions sont fortes et un thuriféraire comme l’Allemagne peut faire faux bond à tout instant et se rapprocher de l’alliance chinoise montante. Cependant, ce n’est pas la Chine que convoite l’Allemagne, mais bien la Russe riche des matières premières nécessaires à l’impérialisme  germanique et au marché avide de machines-outils performantes que produit l’Allemagne en surabondance. L’Allemagne est ainsi écartelée entre ses intérêts économiques et ses alliances politiques, diplomatiques et militaires. La théorie marxiste nous enseigne qu’en dernière instance les intérêts économiques auront toujours préséance.

 

La situation est semblable pour l’Empire nippon dans la zone Asie-Pacifique que Barak Obama a déjà identifiée comme la zone du prochain conflit mondial. Le Japon a besoin des ressources naturelles de la sphère d’influence chinoise et il possède des technologies et des machines-outils dont la Chine est friande. Les intérêts économiques poussent le Japon dans les bras de la Chine, alors que son assujettissement politique, militaire et diplomatique avec l’Amérique le contraint à s’éloigner de son potentiel allié. À long terme les intérêts économiques nippons devraient le pousser vers la puissance hégémonique chinoise, la première puissance économique mondiale dès 2015.

 

Le monde impérialiste change ses alliances et cette tendance se perçoit à travers les multiples conflits régionaux particulièrement concentrés dans les zones de ressources énergétiques (les mystiques religieuses ne servant que de prétextes à ces affrontements titanesques par petits peuples interposés) et la classe ouvrière du monde entier n’a rien à gagner dans ces conflits pour la division du monde entre grands requins prédateurs. La classe ouvrière doit poursuivre sa résistance à toutes les politiques d’austérité qui visent à lui reporter sur le dos le fardeau des crises successives et se préparer idéologiquement et  politiquement à changer le mode de production mondiale.

 

 

5 pensées sur “Le monde impérialiste change et redéfinit ses alliances

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    27 novembre 2014 à 12 12 27 112711
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    Bonjour, ‘Les États-Unis d’Amérique fortement désindustrialisés…’ J’ai beau retourner la question dans tous les sens, je ne parviens pas à croire que le phénomène résulte de décisions prise par des idiots. Je suis persuadé que rien n’a été laissé au hasard, reste à savoir qui a tout planifié et ultimement pour quelle raison.

    Nous avons atteint la limite du système monétaire tel qu’il a fonctionné depuis des siècles. La population est trop élevée et il y a trop de produits en circulation. Un indice : la création de monnaie à partir de rien des banques centrales. Nous sommes rendu au point où ça prend un ‘système’ monétaire et j’ai l’impression que ce système doit être le même à la grandeur de la planète. J’ai l’impression que ce sera la seule façon de gérer les crédits et les dettes de manière à maintenir un équilibre sain car, ultimement, tout devient ‘relatif’.

    Ça ne se fera pas en une génération mais les humains devront comprendre qu’ils ne sont pas soit blanc, noirs ou jaunes; soit catholiques, juifs ou musulmans; riches ou pauvres; mais des habitants de la planète terre qui font tous partie de la grande famille des humains.

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    28 novembre 2014 à 8 08 50 115011
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    Merci Robert pour cette excellente analyse qui donne matière à la réflexion. En ce qui a trait à la Turquie, quelque peu orpheline, je te dirai qu’elle a de quoi se réjouir avec la visite du pape qui vient tout juste de fouler son sol…

    Bonne journée

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    28 novembre 2014 à 10 10 18 111811
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    @ Gilles H.

    Monsieur H, je vous cite :
    «je ne parviens pas à croire que le phénomène résulte de décisions prise par des idiots. Je suis persuadé que rien n’a été laissé au hasard, reste à savoir qui a tout planifié et ultimement pour quelle raison.»

    Ca fait quatre ans que j’explique toutes ces choses ici même sur LES 7 DU QUÉBEC.

    Depuis Marx l’économie politique est une science et non plus une mystique religieuse et animiste. Bien entendu que rien dans l’économie capitaliste n’est le fruit du hasard. Marx nous a enseigné que le mode de production capitaliste monopoliste était soumis à des lois impératives dont le mantra est la recherche du profit maximum mu par les rapports de classes antagonistes l’une cherchant la reproduction élargie du capital (toujours plus) et l’autre classe (ouvrière) vendant sa force de travail (son seul bien propre) contre salaire pour se reproduire (élargie) en tant que classe sociale (enfants – familles- etc.)

    Le système capitaliste pas du tout soumis aux «décisions prises par des idiots» mais répondant à des lois d’accumulation du capital exige des «décideurs pas idiots» de prendre telle ou telle décision précise s’ils désirent accumuler encore plus de capital, comme de délocaliser les usines là ou le coût de la main-d’oeuvre – d la force de travail – de sa reproduction élargie – est le plus bas et donc la marge de plus-value la plus élevée (le profit maximum).

    Quelque soit le capitaliste «pas idiot» qui ne se soumet pas à ces lois imprescriptibles est écarté de la scène économique et politique par le jeu de la concurrence féroce entre requins financiers et industriels tous complices contre la classe ouvrière mais tous en duel les uns contre les autres.

    Aux plus forts la poches comme on dit au Québec. Et en ce moment ce sont les chinois les plus forts jusqu’a ce que les indiens possiblement leur dame le pion les USA ont fait leur temps à la tête de la GUILDE des vampires marchands.

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    28 novembre 2014 à 11 11 03 110311
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    Bonjour, Parce qu’il faut tenir compte des paramètres de l’équation, entre autres le fait que l’humain soit biologique-vulnérable-mortel, il va de soi d’éprouver de la résistance face à la souffrance mais au bout compte, quand le mal et le bien s’affronte – ce qui est inévitable dû à la nature du vivant – il en résulte habituellement un certain équilbre où le bien trouve sa place.

    ‘On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs’ alors ce qui se passe en ce moment – ce que vous décrivez – est inévitable dans l’évolution vers un éventuel équilibre et j’ai l’impression que tout cela est planifié.

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